21/10/2009 à 18h40

« Ruban blanc » : Haneke donne les clés, à vous de critiquer

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Michael Hanecke à Paris en septembre 2009 (Pierre Haski/Rue89)

Après le jury de Cannes qui a attribué la palme d’or au « Ruban blanc » de Michael Haneke, à vous de juger ! Ce film exigeant et puissant se mérite : 2h30 en noir et blanc, angoissantes, dures, froides. Mais c’est aussi une oeuvre à laquelle on pense longtemps après l’avoir vu. Michael Haneke a fourni quelques clés de son film à Rue89 lors d’un récent passage à Paris.

« Le Ruban blanc » se déroule dans un village du nord de l’Allemagne, à la veille de la Première Guerre mondiale. Un village soumis à la double influence d’une famille aristocratique et de l’église protestante, traversé par une série d’événements mystérieux, tragiques.

Michael Haneke s’est expliqué sur plusieurs aspects fondamentaux du film.

1

Le choix du noir et blanc

Le noir et blanc, explique-t-il, « donne une certaine distanciation » -et en plus, c’est un style qu’il adore. Au passage il critique la colorisation des archives d’époque, comme ce fut récemment le cas pour la série « Apocalypse » de France 2. (Ecouter le son)

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MH_Noiretblanc.mp3

2

Le protestantisme

Cette religion dominante dans le nord de l’Allemagne fournit la toîle de fond de ce film. Hanecke révèle au passage qu’il a voulu devenir pasteur lorsqu’il avait 14 ans...

Il attribue à la « rigueur du protestantisme » l’obéissance derrière laquelle se sont retranchés les nazis jugés après la guerre, et même l’extrémisme des dirigeants du groupe Baader-Meinhof dans les années 70. (écoutez le son)

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MH_protestantisme.mp3

3

Le fascisme

Certes, les enfants de ce film qui se déroule à la veille de la Première Guerre mondiale deviendront les adultes au moment de la montée du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, prévient Haneke, il ne s’agit pas d’un film sur le fascisme allemand, mais sur les sources du totalitarisme, notion beaucoup plus universelle.

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MH_fascisme.mp3

La palme d’or a fait couler beaucoup d’encre. A vous, aujourd’hui, de donner votre avis, selon la formule habituelle de notre Bande du ciné. (Voir la bande-annonce du film)

  • 21229 visites
  • 15 réactions
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  • William la révolte
    • Posté à 18h56 le 21/10/2009
    • Internaute 18458

    Avant de donner un avis, il conviendrait d’aller d’abord le voir.
    En province, on attend qu’il sorte en salle, mais connaissant le réalisateur autrichien pour avoir vu quelques unes de ses œuvres précédentes, je suis sûr que celle-ci va nous empoigner tout entier.

  • anini
    anini
    terrienne de souche !
    • Posté à 19h13 le 21/10/2009
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    Vu ce film cet après-midi !
    L’utilisation du noir et blanc convient parfaitement et sert la noirceur dégagée par le film .
    Les clair obscurs soulignent les personnages , la pureté des visages des jeunes filles contraste avec la rudesse des visages masculins . les paysages de neige sont également rehaussés par l’absence de couleur !
    La bande annonce se situe au début du film et reflète bien l’atmosphère de ce film !
    J’en suis sortie pleine d’interrogations et je crois que j’aurai besoin d’en parler car l’auteur ne délivre pas de réponse et son travail est tout en suggestions !
    Ce qui m’a frappée tout de même c’est la toute puissance des pères par rapport à leur famille qu’il s’agisse de leur femme ou de leurs enfants , leur violence même , lorsqu’ils se croient trahis par l’attitude des fils !
    Également la rigidité de ce peuple protestant qui ne concède aucun écart !

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 20h48 le 21/10/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Aprés lecture de cet article, comment ne pas penser qu’Haneke est un lecteur attentif de George Lachman Mosse. Petit-fils du fondateur du Berliner Tageblat, grand quotidien berlinois jusqu’en 1933. Peu connu en France, Stephane Audouin-Rouzeau signe la préface de ces deux éditions : DE LA GRANDE GUERRE AU TOTALITARISME - LA BRUTALISATION DES SOCIETES EUROPEENNES, George L. Mosse, Hachette, 1999.
    Les racines intellectuelles du III Reich George L Mosse Calmann- levy 2006.
    En lien, deux analyses pour ces livres
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    A lire absolument

  • eti
    eti
    observateur
    • Posté à 20h44 le 21/10/2009
    • Internaute 48047
      observateur

    Euh je dis ça comme ça, mais c’est HaneKe, sans C....

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à eti
      Redchef Rue89
      • Posté à 22h26 le 21/10/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      ...et vous faites bien. C’est corrigé, nos excuses.

  • getzo-
    getzo-
    Bukowski, Jazz et Werder Bremen
    • Posté à 22h01 le 21/10/2009
    • Internaute 78744
      Bukowski, Jazz et Werder Bremen

    C’est à chier comme tous les Haneke (attention la rédac il n’y pas de c avant le k) : ce cinéaste est « overrated » (surcoté) comme disent les américains. Il croit qu’on peut faire des films avec de bons sentiments en ignorant la cruauté, la vanité et la violence des hommes.

    Méfiez-vous des commentaires de spécialistes bidon et/ou du bla bla insignifiant des revues spécialisées.

    Autant la confusion sied à un David Lynch (par exemple dans Mulholland Drive), autant ici on ne comprend rien ni au projet cinématographique ni au récit historique ni aux personnages bien trop frileux et formatés.

    Et puis le blanc et noir est TROP moche.

    Bref ! 8 € 70 dépensés en pure perte : un kebab, un Fanta orange et un brownie m’auraient été plus bénéfiques

    • une-chaise-a-tokyo
      une-chaise-a-tokyo répond à getzo-
      libéral
      • Posté à 22h12 le 21/10/2009
      • Internaute 84137
        libéral

      Je pense qu’on peu reprocher pas mal de choses a Haneke, mais dire qu’il « fait des films avec de bons sentiments »...
      Soit vous vous trompez de réalisateur, soit vous n’avez pas vu ses films.

    • anini
      anini répond à getzo-
      terrienne de souche !
      • Posté à 22h14 le 21/10/2009
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Pourquoi aller voir un film que vous jugez d’avance ?
      Je ne me déplace jamais pour un réalisateur qui m’indispose ou m’ennuie !
      Il arrive qu’un film ne me procure ni plaisir ni intérêt mais je ne fais pas la démarche de m’y rendre si je suis sûre d’avance que je ne vais pas l’aimer !

    • Tokani
      Tokani répond à getzo-
      Oldmole
      • Posté à 06h46 le 22/10/2009
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Un film sombre et sublime sur la noirceur de l’âme allemande .
      Haneke sonde la matrice originelle du ventre ou est sorti la bête.
      Sa description tout en finesse Bergmanienne nous dépeint la structure mentale de ce peuble génocidaire avec une acuité qui n’a d’égal que sa lucidité....

      • Jerome_B
        Jerome_B répond à Tokani
        • Posté à 09h35 le 22/10/2009
        • Expert 81512

        Oui enfin, les allemands de l’époque, faut-il préciser ...... aujourd’hui, les allemands que j’ai la chance de connaître ne sont ni sombres, ni génocidaires et encore moins disciplinés (je dirais même que la discipline n’est pas leur qualité permière ....).
        Je crois par ailleurs que, à l’époque, bien d’autre peuples auraient été capables de génocide et qu’aujourd’hui même, ils en seraient encore capables et que tout celà n’a rien de spécifiquement allemand .....

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 00h44 le 22/10/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    On va être long et spolier beaucoup mais comme le film n’a pratiquement aucun intérêt, ce n’est pas bien grave.
    Le Ruban Blanc se présente à nous comme un fascinant et impressionnant échec de cinéma, peut-être le plus mauvais film de Michael Haneke, cinéaste qu’on goûte de temps à autre (la première moitié de Funny Games -l’originel- le Temps du Loup par endroits, et plutôt Code Inconnu ou Caché).
    La clef de cet échec a été révélée fortuitement ce matin sur France Inter par Jean-Claude Carrière qui a resserré le scénario d’abord conçu pour une mini-série finalement avortée. Script-doctor et réalisateur ont choisi d’éluder les scènes de violence et - bien plus gênant – les passages où les enfants « complotaient entre eux » (je cite Carrière). Le film se déporte donc du côté des adultes tous univoques soit répugnants (toutes les figures de l’autorité), soit transparents (les femmes), soit niais (l’instituteur narrateur en voix-off qui va mollement essayer de résoudre les mystères)
    On avait bien idée qu’un village prussien au début du siècle dernier, ce n’était pas tout à fait le Club Med. ; mais bon, comme le spectateur est peut-être mentalement déficient, Haneke surligne à tout va et fait de ses personnages de véritables repoussoirs tous chargés d’un défaut majeur censé dénoncer l’infamie de cette société patriarcale. Prenons le docteur : la première scène avec sa fille après sa sortie d’hôpital comporte ces deux phrases : « Cela te fait quel âge » suivie assez vite de « Tu me rappelles de plus en plus ta mère ». Comme la jeune fille a quatorze ans, on imagine aisément l’usage qu’il compte en faire. Mettons que certains spectateurs lobotomisés par l’ennui que dégage le Ruban Blanc n’aient pas saisi l’allusion. Un peu plus loin, le grand affrontement entre le médecin et sa maîtresse enfonce le clou (si je puis dire) puisque la sage-femme dit précisément qu’il « tripote sa fille » (gradation du mal qui avance !) On s’arrête là, non ? Non ! Puisque nous aurons droit à une ridicule scène nocturne où pleurnichant dans le noir, le frérot tout pitit surprendra bien évidemment son pôpa et sa soeurette en train de faire des choses pas protestantes pour un sou - ce que la jeune fille décrira pour apaiser l’enfant comme un « perçage d’oreille ». Kolossale Finesse ! ! !
    On l’a compris, le protestantisme hardcore, c’est le mal.
    Mais comme ça ne suffit pas pour faire un film, Haneke va essayer de déplacer le problème sur la génération suivante : les enfants victimes qui deviendront bourreaux à leur tour. Pourquoi pas ? Mais dans ces cas-là, il est vraiment préjudiciable qu’aient été coupées toutes les scènes montrant la marmaille fomentant sa vengeance. Si Haneke voulait vraiment mettre à jour les racines du mal, il y avait là de quoi nourrir son film et d’individualiser les caractères enfantins réduits ici à des silhouettes (pré-ado branloteur, Cassandre, trisomique, angelot à boucles blondes, etc..). On me dira que le flou dans lequel nage le Ruban Blanc rend le film troublant : rien n’est résolu à la fin, par ailleurs un summum de je m’en foutisme. Le problème, c’est qu’en l’état, le film se traîne lamentablement comme une version prétentieuse et pleine de chichis du Village des Damnés, qui traitait à peu près le même sujet en moins d’une heure trente avec une sécheresse et une économie de moyens admirables (la fin géniale avec le mur de briques en surimpression du visage de George Sanders, un vrai moment de cinéma). La différence majeure entre Wolf Rilla et Michael Haneke est que le premier faisait des séries B. alors que le second se réclame du Grand Cinéma d’Auteur multi-récompensé (la preuve !) et fait les films qui vont avec son statut.
    Dans le fond, Haneke est un schématique épris de rigueur qui livre des films le plus souvent calculés au millimètre avec deux trois trous pour faire un appel d’air : Vie, engouffre toi par ici ! Cela n’arrive certes pas à tous les coups. Le scénario plan-plan du Ruban Blanc pêche au moins sur un énorme point : le crypto-viol subi par le petit Sigi aurait dû l’amener à révéler les coupables. Mais non, rien n’est dit. N’allons pas croire que ce silence renforce le mystère, il l’annule plutôt comme une énième manipulation du metteur en scène. Haneke, c’est un peu la grosse hippopotame de Fantasia faisant la danse des sept voiles - on se fout un peu des petits bouts de chair molle qu’il dévoile puisqu’on soupçonne justement le tout d’être impropre à la consommation.
    Un mot quand même sur sa vision de la sexualité forcément dégoûtante. Haneke montre des êtres humains qui, époque et préjugés obligent, vivent très mal leurs désirs. Leur horreur de la chose est redoublée par la mise en scène, ce qui amène à penser qu’il n’est pas si loin des personnages que ça sur ce point (et certainement sur d’autres). Un exemple : là scène de rupture médecin/sage-femme démarre en amorce sur madame à genoux tentant d’« animer » son ami (le cadre pudique et serré fait qu’on ne distingue pas si c’est à la main ou à la bouche – presque tous publics donc). Il existe de mémoire un plan similaire dans la Pianiste avec Huppert et Magimel. Se peut-il que l’effet de signature de Michael H. ce soit une femme entre deux âges pas bien glamour échouant à dresser l’organe pourtant volontaire d’un monsieur encore valide ? Je passe comme un zéphyr sur l’effroyable lourdeur bergmanienne des dialogues entre le méchant docteur et sa pauvre maîtresse - à côté, les pires Scènes de la Vie Conjugale paraissent crédibles, c’est dire !
    On a vraiment l’impression de tirer sur une ambulance, mais nous vient à l’esprit que le Ruban Blanc est tout entier contenu dans un plan stupide d’un film autrichien d’Haneke, certainement 71 fragments…, film supprimé presque intégralement de mes synapses, on ne sait pourquoi. Alors voilà, travelling latéral sur des visages de petits communiants chantant d’une voix d’ange un cantique. Innocence, pureté ! Second travelling plus bas : leurs mains derrière le dos alors qu’ils se font passer de la drogue ! Souillure, perversion ! Devant tant de connerie (quel meilleur moment qu’une communion pour dealer du crack ?), même les bras de la Vénus de Milo en tomberaient.
    Résumons : la culpabilité est une grosse patate chaude qu’on se refile de film en film chez Haneke. Désolé, elle ne passera pas par moi !

    PS : Sauvons quand même la seule belle séquence du film : la discussion sur la mort entre un petit enfant de 4 ans et sa sœur plus âgée, l’extraordinaire précision de la direction d’acteurs rend cette scène à peu près inoubliable (5 minutes sur 2 h 24, c’est toujours ça de pris)

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 03h05 le 22/10/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    j’ai la clé pour LUCKY LUKE, et pour WHiTEOUT ... (un polar blanc !)
    Haneke fait un cinéma qui donne envie de dormir, ennuyeux !

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 09h38 le 22/10/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Il y a les films pour ceux qui vont au cinéma
    Il y a les films pour ceux qui veulent juste en parler.

    Ce film est la caricature de l’oeuvre intelo.
    - Un sujet humaniste et bon sentiment pour caresser la bonne conscience du critique presse de droite, parisien, riche et avec bonne sans papier.
    - Un Aûûteur hong kongais, pakistanais, suedois ou cote d’ivoirien (bref un gars d’un pays sans industrie cinématographique)
    - Une image léchée, travaillée, genre je regarde des photos pendant 3 heures au musée des beaux arts (ouaich !)
    - Un scénario inexistant (c’est de l’Aââârt, pas une histoire)
    - Des personnages caricaturaux. Les méchants sont vraiments méchants : les américains, les riches, les patrons, les occidentaux, les blancs sont des gros méchants. Les gentils sont tous gentils : les noirs, les handicapés, les juifs, les pauvres sont tous gentils.
    - Et puis un beau paquet de perveristé sexuelle parce que tous ces cinéastes ont un peu la bite qui les travaille en zig zag.

    • getzo-
      getzo- répond à azerty69
      Bukowski, Jazz et Werder Bremen
      • Posté à 10h44 le 22/10/2009
      • Internaute 78744
        Bukowski, Jazz et Werder Bremen

      D’acc avec toi mais fais gaffe quand même, Hong Kong a une grande industrie cinématographique et la Suède de grands cinéastes.

      Il doit avoir quelque chose à se repocher ce Haneke en basant ces films sur le sentiment de culpabilité.

      En tout cas, il ferait d’arrêter le cinéma et d’aller jouer les guides touristiques dans le Tirol ou la vente de glaces à Innsbrück.

    • une-chaise-a-tokyo
      une-chaise-a-tokyo répond à azerty69
      libéral
      • Posté à 11h37 le 22/10/2009
      • Internaute 84137
        libéral

      Vous n’avez manifestement pas vu le film en question.