Vie de bureau 19/10/2009 à 19h54

Comment traiter son patron de « gros con » sans se faire virer

François Krug | Journaliste Rue89

Vaut-il mieux traiter son patron de « nul » ou de « fils de pute » ? Que risque-t-on en lui proposant d’aller se faire foutre ? Si l’affaire finit au tribunal, un cadre et un chauffeur routier ont-ils les mêmes chances ? Et pourquoi Doc Gynéco a-t-il apporté une contribution majeure à la question ? Eco89 a sélectionné dix perles juridiques, à garder en tête en cas d’engueulade.

Insulter son chef, c’est risqué : les sanctions peuvent aller du simple avertissement au licenciement pour faute grave, avec départ immédiat et sans indemnités. C’est aussi un art subtil : les expressions les plus déplacées ne sont pas forcément celles que vous croyez. L’essentiel n’est pas de choisir les bons mots, mais le bon moment.


En Seine-Saint-Denis en décembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

« Tu me fais chier ! »

C’est bon à savoir : lancer un gros mot, ce n’est pas forcément injurier. La Cour d’appel de Douai a donné raison à une salariée qui avait rétorqué à son chef : « Tu me fais chier et tu m’emmerdes. » Pour les juges, « de tels propos, certes déplacés et peu révérencieux, ne constituent pas pour autant des injures au sens propre du terme ».

« Allez vous faire foutre ! », avait lancé de son côté un salarié qui refusait de venir travailler le week-end. Selon la Cour d’appel de Versailles, « les propos qui lui avaient été reprochés avaient été tenus dans des circonstances particulières leur ôtant tout caractère injurieux ».

Ces jugements favorables ne signifient pas la réintégration dans l’entreprise. Mais en annulant la qualification de « faute grave », ils obligent l’employeur à verser les indemnités dont le salarié a été privé lors de son licenciement.

« Boeufs ! »

Inversement, on peut injurier sans utiliser de gros mots. Cette secrétaire croyait peut-être s’en tirer à bon compte en qualifiant son directeur de « nul » et d’« incompétent », et les chargés de gestion de « boeufs ». Raté : la Cour de cassation lui a donné tort.

Les juges en ont profité pour rappeler l’équilibre subtil entre la liberté d’expression du salarié, garantie par le code du Travail, et les exigences de la vie en entreprise :

« Si le salarié jouit, dans l’entreprise et en dehors de celle-ci, d’une liberté d’expression à laquelle il ne peut être apporté que des restrictions justifiées par la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché, il ne peut abuser de cette liberté en tenant des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs (...). Ces propos injurieux et excessifs constituaient un abus dans l’exercice de la liberté d’expression. »

« Con ! »

C’est peut-être le premier mot qui vous viendra à la bouche pendant votre prochaine engueulade. Maniez-le avec prudence, mais il ne justifiera pas forcément un licenciement pour faute grave.

La preuve avec ce directeur d’une coopérative laitière, mis à la porte après
avoir déclaré que le président du conseil d’administration était « con »,
et que les administrateurs étaient des « imbéciles » et des « incapables ». Pour la cour de cassation, il « avait seulement traduit en termes énergiques ses réserves ».

« Chochotte ! »

En fait, la gravité des injures varie selon le contexte. Une salariée d’une maison d’édition avait ainsi traité son chef de « chochotte ». La Cour d’appel de Paris a estimé que c’était excusable :

« L’incident s’était déroulé dans un contexte de tension pour l’intéressée lié à la restructuration de son service et à l’arrivée d’un nouveau chef alors qu’elle comptait 24 années d’ancienneté dans l’entreprise sans incident. »

Ceci dit, cette salariée a aussi bénéficié d’une erreur stratégique de son patron. La lettre de licenciement ne mentionnait que le terme « chochotte ». Les autres injures proférées ce jour-là (« pédé », « sale type ») n’avaient donc pas de valeur juridique, mais elles auraient peut-être conduit les juges à se montrer moins indulgents.

« SS ! »

Certaines références historiques doivent être maniées avec prudence. Un employé d’une usine de peinture industrielle a néanmoins obtenu gain de cause après avoir lancé : « Vous me faites chier et j’en ai marre de vos méthodes de kapo et de SS. »

Des injures particulièrement blessantes pour le patron, mais l’employé ignorait « que la plus grande partie de la famille de monsieur A. avait péri dans les camps de concentration nazis », a noté la Cour de cassation. Elle a préféré souligner une « exaspération légitime » et « la détérioration grave du climat existant entre le salarié et l’employeur ».

Pendant l’entretien préalable au licenciement, le salarié n’a pas retiré ses propos... mais il a admis « qu’il aurait mieux fait de traiter monsieur A. de “CRS” ».

« Mettez-vous cette note au cul ! »

Votre ancienneté peut aussi vous protéger. Un VRP l’a ainsi emporté devant la Cour de cassation après s’être exprimé : « Vous pouvez vous mettre cette note au cul, je pisse dessus. » « Un comportement (...) d’une rare violence et d’une rare grossièreté », selon les juges, mais excusable :

« Le salarié qui avait 22 ans d’ancienneté dans l’entreprise et avait donné entière satisfaction dans son activité s’était laissé emporter par une brève colère. »

« Fils de putes ! »

En Catalogne, un tribunal a estimé que l’injure « fils de pute » était devenue d’un « usage courant ». La justice française n’en est pas encore là, mais elle peut se montrer indulgente si la grossièreté fait partie de votre fonds de commerce.

C’est la jurisprudence Doc Gynéco. EMI avait rompu le contrat du rappeur après un rendez-vous mouvementé, conclu sur cette tirade : « Je ne peux pas faire de musique avec des fils de putes et des chiens errants. » Verdict un rien moqueur de la Cour d’appel de Paris :

« Le “rap” correspond à un style de musique et de chansons qui n’est pas particulièrement “académique”, ni dans ses sonorités ni, la plupart du temps, dans ses paroles, ni même quant à ceux qui le chantent.

Dès lors, la SA EMI Music France, société de production de musique, qui soutient ce genre de productions et promeut cette musique, à tout le moins pour des raisons commerciales et financières, est par conséquent malvenue à s’étonner voire à s’émouvoir des termes employés par ses interlocuteurs. »

« Pas là pour faire la pute ! »

Doc Gynéco n’est pas le seul à pouvoir placer le terme de « pute » dans ses conversations professionnelles. Un chauffeur de poids lourds a ainsi obtenu gain de cause devant la Cour de cassation après avoir déclaré à son chef : « Je ne suis pas là pour faire pute ! »

En effet, à en croire la jurisprudence, la gravité d’une injure varie selon les secteurs professionnels. Concernant les propos de ce chauffeur, les juges ont estimé « que leur vulgarité n’excédait pas les limites de ce qui est admissible dans l’univers professionnel des chauffeurs routiers ».

« Manipulateur ! »

Une erreur à éviter : injurier son supérieur en public. L’injure sera en effet considérée comme plus humiliante que si elle avait été lancée en tête-à-tête, et l’employeur pourra produire des témoins en cas de procédure aux prud’hommes.

Lors d’une réunion de direction, un imprimeur a ainsi décrit son patron comme « sournois », « manipulateur » et « malhonnête ». Il est allé jusqu’en cassation pour contester son licenciement, en vain. Verdict des juges :

« Les qualificatifs étaient d’autant plus reprochables qu’ils avaient été adressés au gérant devant témoins et qu’ils ne pouvaient être justifiés ni par un accès de colère, ni par le contexte de la réunion, l’attitude ou les propos des autres participants. »

« Enculé ! »

Si votre chef ne surveille pas son langage, l’injurier sera moins risqué. C’est l’enseignement de ce conflit entre deux frères. Le premier dirige un laboratoire de prothèses dentaires et a embauché le second, puis il l’a licencié, notamment pour avoir déclaré :

« Si tu as des couilles tu n’as qu’à me licencier. Je n’attends que ça. Licencie-moi, de toute façon tu n’es qu’un enculé (répété plusieurs fois) je vais t’en mettre une, de toute façon je vais te choper sans témoin, le labo je vais te le couler. »

Une tirade violente, mais finalement excusée par la Cour de cassation. Le patron était en effet connu pour son agressivité et ses remarques blessantes. Il avait notamment déclaré devant témoins à son frère :

« Quand je t’ai embauché tu n’étais qu’un clochard, sans moi tu n’es rien, je t’enverrai pleurer à l’assistance sociale pour bouffer ; pourquoi tu ne pars pas toi-même, tu t’accroches aux branches. »

Merci à Susana Lopes Dos Santos, avocate au cabinet Ravisy & Associés, pour ses éclairages juridiques.

Mis à jour le 20/10/2009 à 11h15 : plusieurs lecteurs nous ont signalé (sans nous insulter) que, dans la première phrase de cet article, il vaudrait mieux dire « vaut-il mieux » que « faut-il mieux ». Cette phrase a donc été corrigée.

Photo : en Seine-Saint-Denis en décembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 20h14 le 19/10/2009
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Bin moi je ne m’y risquerai pas...

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à ecor1
      • Posté à 20h46 le 19/10/2009
      • Internaute 12674

      « Cette enclave ouvertement et sereinement fasciste, qui fleurit comme un cancer au sein de notre démocratie paradoxale et en fait une coquille vide sans portée effective, sans substance réelle, c’est l’entreprise. “
      Paul Laurendeau

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 22h21 le 19/10/2009
      • Internaute 33755

      c’est sûr,
      mais à défaut, on peut se défouler au troquet du bas

      Lienenvoyé par Lien. - Lien

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 20h14 le 19/10/2009
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Quelle belle référence à Maradona !
    Est-elle employable par les joueurs de foot aux agents du fisc ?

    Apprenti footballer du 93

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 20h13 le 19/10/2009
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    Et quand c’est pas un patron mais une patronne,
    on peux dire casse toi povre connasse ?

  • hiaw
    hiaw
    Sur Terre
    • Posté à 20h13 le 19/10/2009
    • Internaute 79779
      Sur Terre

    Ah ben maintenant je comprends pourquoi il m’avais pas renouvelé mon cdd cet enculé

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 20h19 le 19/10/2009
    • Internaute 84604
      fumiste

    Le fil directeur dans ces anecdotes est que le lien de subordination n’entraîne pas la révérence du supérieur.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 20h27 le 19/10/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    DES PROGRÈS

    Petit à petit, on y vient : l’insulte faite aux patrons et à leurs sbires financiers se fait une place douillette en une des médias.

    Les hiérarchies ne tiennent que par le respect qu’on leur marque. Descendez ces voyous de leur piédestal moral, et ceux-là auront du souci à se faire.

    Reste une petite étape à franchir : ne plus se contenter de les insulter « sans se faire virer ». Mais les virer carrément eux-mêmes comme des malpropres, sans perdre son temps à les affubler de noms d’oiseaux.

    On y vient, on y vient...

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Le Yéti
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 20h53 le 19/10/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Je trouve dommage qu’on injurie. Les Japonais mourraient plutot que de dire ces grossieretés. Je préfèrerais l’approche du bristol et du rendez-vous au Bois.

      À défaut de subtilité, on pourrait encourager au moins la variété... Je me suis surpris, il y a quelques jours a dire deux fois « ordures » en parlant d’un même Ministre...

      Ca ne m’arrivera plus. Je me suis remis à la culture

      Lien

      Pierre JC Allard

      • DBL8
        DBL8 répond à pierrejcallard
        Retraité
        • Posté à 05h59 le 20/10/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        « Je préfèrerais l’approche du bristol et du rendez-vous au Bois. “

        Le courage à disparu depuis longtemps pour de telles pratique.
        Pour ma part, je prends le pistolet et je laisse à mon adversaire l’épée ; il ne faut pas pousser, on ne sais jamais il sait peut-être tirer.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à pierrejcallard
        Petit agité
        • Posté à 11h11 le 20/08/2011
        • 49273
          Petit agité

        « I have nothing against words in tie and suit, but sometimes, only slang can do the job »

  • A déménagé le 13-10-2012 2
    • Posté à 20h32 le 19/10/2009
    • Internaute 85164
      non connue

    Patron , fils de pute , gros con , enculé , ce sont des pléonasmes en fait non ? ? : -))))

    • Xavier Denamur
      • Posté à 20h48 le 19/10/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Comme salarié ?
      Attention aux dérives faciles et inutiles. Parole d’un patron, « roi des cons » ou « petit con » d’après les propos qu’André Daguin m’a tenus dans l’enceinte du Sénat la semaine dernière.
      Tout ne serait qu’une simple histoire de gros cons ?

      • Deamon7
        Deamon7 répond à Xavier Denamur
        Petit agité
        • Posté à 08h45 le 20/10/2009
        • 49273
          Petit agité

        Andre Daguin, il est du Sud-Ouest non ? Sans doute voulait-il seulement exprimer energiquement ses reserves.

      • emiboot
        emiboot répond à Xavier Denamur
        No Homs land
        • Posté à 11h51 le 20/10/2009
        • Internaute 81944
          No Homs land

        On est toujours le con de quelqu’un non ?

  • étudienragé
    étudienragé
    http://sam-articles.over-blog. (...)
    • Posté à 20h39 le 19/10/2009
    • Internaute 84880
      http://sam-articles.over-blog. (...)

    Casse toi pov’ con ça marche ?
    Insulter un patron n’est pas constructif car on se donne souvent tous les torts. Arrêter de s’y soumettre l’est plus, en devenant son propre patron (sans manager les salariés évidemment).
    Après, on ne peut pas dire que tous les patrons soient des enculés, ils font juste leurs travail de requins dans une institution dictatoriale. Certes, certains avec plus de plaisir que d’autres ! !

    Lien

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber répond à étudienragé
      justicier potager
      • Posté à 13h29 le 03/11/2009
      • Internaute 93575
        justicier potager

      Devenir patron sans salarié ? C’est éviter quelques emmerdes, mais c’est aussi refuser de créer des emplois et donc d’offrir un travail à quelqu’un. Après, il est vrai que le choix de la micro-entreprise impose souvent de travailler seul.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 20h40 le 19/10/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    « Comment traiter son patron de “ gros con ” sans se faire virer »

    C’est pas la peine de lui dire . Il le sait .

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 20h40 le 19/10/2009
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    et si un enculé de fils de pute de patron m’insulte, je peux lui niquer sa race à ce gros con de merde ?

    (merci de ne pas supprimer ce commentaire malgré cette entorse à la charte, le contexte justifie pleinement les termes employés).

    • François Krug
      François Krug répond à asozial
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 21h25 le 19/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Je ne vais pas supprimer vos conneries, c’est quand même moi qui ai commencé...

  • 49
    49
     ?
    • Posté à 20h44 le 19/10/2009
    • Internaute 1412
       ?

    Ah ah excellent ! J’ai bien aimé l’appréciation des juges concernant « l’univers professionnel des chauffeurs routiers ».

    • KfC
      KfC répond à 49
      struggling for life
      • Posté à 23h05 le 19/10/2009
      • Internaute 84462
        struggling for life

      ça en dit long sur la façon dont la classe ouvrière est catégorisée ...

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 21h14 le 19/10/2009
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Madame l’EN,
    J’ai l’honneur de vous écrire pour vous demander que j’eusse aimé que vous ne me prenassiez plus pour une vulgaire changeuse de couche-culottes payée avec un lance-pierre dans une vie de Chatel.
    Avec mes remerciements, je vous prie etc..etc...

    • framboise92
      framboise92 répond à framboise92
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 21h25 le 19/10/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Réponse de l’EN :
      Venez dans mon bureau pour qu’on fasse le point.

      Changement d’établissement et remontage de bretelles.

      Si j’avais mentionné « c..ne », j’étais en garde-à-vue.

      • framboise92
        framboise92 répond à framboise92
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 21h55 le 19/10/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        riez, c’est à peine exagéré !

  • Fulmens
    Fulmens
    Etudiant, diant, diant
    • Posté à 21h19 le 19/10/2009
    • Internaute 68026
      Etudiant, diant, diant

    J’ai une fois dit à mon patron que la prochaine fois qu’on ferait un barbecue dans la boite, c’est de lui que viendrais (littéralement) les pièces de viande.
    (Note : sauf que mon patron - de PME - est quelqu’un de très sympathique et accessible, et que je lui ai sorti ça au cours d’un dejeuner en tete a tete qui a dure 3h30 dans lequel il m’invitait ; après qu’il m’ai charié sur le fait que je mange beaucoup, comme quoi tout dépend du contexte et des personnes)

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 21h23 le 19/10/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Et avec les flics, juges, procureurs, ministres et autres sacs à merde, on fait comment ?
    Mes insultes préférées contiennent toujours le mot « sac » (sac à merde, sac à foutre, sac à bite, sac aux i...)

    • François Krug
      François Krug répond à tweesty
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 21h26 le 19/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Avec les flics, juges, procureurs, etc., nos experts recommandent que vous gardiez vos insultes dans votre sac.

      • Bobland59
        Bobland59 répond à François Krug
        cadre Cial retraité
        • Posté à 21h34 le 19/10/2009
        • Internaute 47677
          cadre Cial retraité

        Hélas oui, insultes à agent dans l’exercice de ses fonctions c’est tous les jours, même si c’est plus souvent l’inverse qui se passe .

        Car les flics n’ont pas toujours un langage très châtier surtout si tu as un faciès bronzé comme ils disent .

      • nopseudo
        • Posté à 21h48 le 19/10/2009
        • Internaute 31346

        et les journalistes ?

      • tweesty
        tweesty répond à François Krug
        Gaucher et contrarié
        • Posté à 22h56 le 19/10/2009
        • Internaute 83901
          Gaucher et contrarié

        Merci de vos précieux conseils, mais parfois, mon sac est trop petit.
        En plus, c’est un peu comme à la cantine ici, on peut dire toutes les grossièretés qu’on veut...
        Je remarque que personne n’a décelé l’astuce dans le dernier « sac... » du post précédent...

         
        • KfC
          KfC répond à tweesty
          struggling for life
          • Posté à 23h13 le 19/10/2009
          • Internaute 84462
            struggling for life

          Trop discret pour être efficace je le crains : /
          Une prochaine fois peut être : D ...

        1 autres commentaires
  • Bobland59
    Bobland59
    cadre Cial retraité
    • Posté à 21h30 le 19/10/2009
    • Internaute 47677
      cadre Cial retraité

    Et si c’est ton patron ou ton dirlo qui t’insulte on fait quoi ?
    C’est presque plus courant dans ce sens là que dans celui de l’article ..

    • François Krug
      François Krug répond à Bobland59
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 21h39 le 19/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Vous avez raison, c’est plus fréquent dans ce sens-là et cela peut relever du harcèlement moral. Nous y avons aussi consacré beaucoup d’articles (moins orduriers que celui-ci) :

      Lien

    • framboise92
      framboise92 répond à Bobland59
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 21h48 le 19/10/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      En voilà une question qu’elle est bonne !

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Bobland59
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 13h18 le 20/10/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Te rapprocher d’un syndicaliste le plus rapidement possible. En parler avec tes collègues. Dans tous les cas, surtout si l’insulte est courante, ne pas rester seul/isolé.

      Deuxième point : si cela se produit à répétition, prendre contact avec les autres insultés. Un dirigeant qui insulte ne se bornera certainement pas à une personne. Ca peut arriver, surtout si c’est raciste ou misogyne ou homophobe. Dans ce cas, la particularité devient singularisme et stigmatise.

      Il faut alors espérer que certain(e)s collègues accepteront de témoigner, par écrit ou face au syndicaliste de la situation. Ce dernier, avec la personne, peut demander un entretien de conciliation avant de passer à l’attaque judiciaire. Et ce, même s’il n’est pas de l’entreprise.

      C’est le cas parfait ou idylique mais ça peut arriver. De temps à autre, le dirigeant ne se rend pas compte, la tête dans le guidon qu’il fait une connerie. La plupart du temps, si la situation prend de l’ampleur ou perdure, il faut se préparer à quitter l’entreprise avec pertes et fracas. Si possible pour le dirigeant indélicat.

      Mais pour ce faire, il faut ne pas être isolé ou seul et avoir de la ressource car le juge demandera des preuves et la justice est une fille de joie lente à offrir ses charmes. Et c’est pas dit en plus qu’en fin de compte on ai gain de cause ! Tout doit donc être pesé et réfléchi alors que, je le conviens la situation, personnelle comme morale, ne s’y prête pas.

  • hiaw
    hiaw
    Sur Terre
    • Posté à 21h35 le 19/10/2009
    • Internaute 79779
      Sur Terre

    Rappelez vous une histoire en Inde, des employés ont butté leur patron dans une société italienne je crois,

    Et le gouvernement avait dit que c’était une bonne leçon

    s’ils l’avaient juste insulté ça aurait été + constructif

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 21h43 le 19/10/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Si mon patron s’appelle Paul Emploi, j’ai le droit de le traiter de feignasse, d’auvergnat, d’incapable, de « branle mammouth », de mec qui nous payent à rien foutre ?
    Keskil peut me faire ? Me trouver du taf pour me punir ?
    Me délocaliser en Roumanie fabriquer des tongues pour cul-de -jatte ?

    • framboise92
      framboise92 répond à Charles Mouloud
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 21h50 le 19/10/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      mdr

    • emiboot
      emiboot répond à Charles Mouloud
      No Homs land
      • Posté à 11h59 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Alors incapable et feignasse, ATTENTION, c’est un jugement de valeur, ça pourrait être pris pour de la diffamation...
      « Branle mammouth » me parait bien, surtout qu’il n’y a plus de mammouth pour vérifier ce petit talent...
      Mais AUVERGNANT ! Argh ! C’est un coup à se mettre trois départements à dos, à juste titre, j’ai jamais moins feignasse que des auvergnats, ces incroyables tête de mule qui sont capables d’aller à l’usine la jambe cassée après une cuite et 3h de sommeil parce que ça se fait pas de louper le taff pour si peu...
      Non, vraiment, auvergnat c’est limite un compliment...

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à emiboot
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 13h19 le 20/10/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        Alsacien, ça marche aussi ?

  • tvargentine-
    • Posté à 21h51 le 19/10/2009
    • Internaute 17486

    Pourquoi vouloir insulter une personne quand on travaille dans une entreprise ou l’on se sent bien et dont le travail et le salaire permet de nous apporter une amélioration de notre vie ? ? ? ?

    Sans tomber dans les extrèmes comme le contenu de l’article qui ne laisse aucun autre choix que des insultes ,il conviendrait plutot
    d’analyser ici et là les raisons d’un echec stratégique de l’entreprise et pour cela il faut que les salariés intégrent la connaissance de l’économie.

    Je pense que la majorité des salariés,ont déjà intégré cette donnée et c’est pour cela qu’en France les mouvements de grêves ne prennent que dans l’administration qui disposent de syndicats politisés et déconnectés de la vie quotidienne des salariés du privé

    Lien

    • framboise92
      framboise92 répond à tvargentine-
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 22h13 le 19/10/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      que le privé se connecte à nos combats, ma foi , et plus souvent. Car, au final, c’est pour la même cause.
      Alors bon, ne cassez pas le public, il peut vous servir aussi.

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à tvargentine-
      Citoyen
      • Posté à 01h40 le 20/10/2009
      • Internaute 28239
        Citoyen

      « c’est pour cela qu’en France les mouvements de grêves ne prennent que dans l’administration qui disposent de syndicats politisés et déconnectés de la vie quotidienne des salariés du privé »

       : -))))
      Ca faisait longtemps.
      Ben voyons, l’administration vit sur une autre planète, tout le monde y a une situation de rêve, la grève c’est gratuit et le grand chef c’est Albator...

      Ca ne serait pas plutôt parce que dans le privé il y existe tout un tas de menaces non dites de rétorsion et de vexations plus ou moins fortes, au cas où on « ne plairait pas » pour des raisons autres que strictement professionnelles, variables selon le « management » (physique qui ne conviendrait pas pour l’image, harcèlement pour raisons diverses ou simplement phénomène de « tête de turc » dans les grandes structures, je laisse le choix de la partie émergée de l’iceberg qui finit parfois devant les tribunaux), qui font que le droit de grève (comme beaucoup d’autres d’ailleurs), fondamental en démocratie, ne peut plus vraiment être réel du fait d’une certaine « ambiance » normalisée ? L’entreprise étant généralement justement le lieu par excellence où on ceux qui sont en position de force peuvent se permettre dans la pratique et en toute hypocrisie de mettre entre parenthèse les notions démocratiques les plus élémentaires (et par là même de vider de son sens dans toute la vie quotidienne cette grande invention politique), même si c’est souvent dissimulé par un joli habillage respectable ? En gros : en temps de « crise » ou de « tension » (qu’on semble entretenir consciencieusement quand elle ne touche pas trop les « élites » tellement elle est pratique) ferme-la, supporte n’importe quoi ou tu ne trouveras plus jamais de vrai boulot. Et effectivement, la plupart du temps, on « encaisse » n’importe quoi, « librement », certains jusqu’au suicide, l’actualité récente le prouve encore... Ou alors encore on s’emporte « bêtement » quand on est au bout du rouleau.
      C’est sans doute que les individus moyens sont de grands pervers polymorphes, essentiellement masochistes, évoluant au sein d’entreprises immaculées ?

      Vous vivez chez les bisounours, ou quoi ? Vous n’avez pas remarqué que les salariés intègrent justement très très bien « la connaissance de l’économie » quand c’est leur voisin qui est sur la sellette et qui déguste et non pas eux, comme dans tout bon petit système d’un genre un peu fasciste (et quand c’est bien le cas ils ont évidemment souvent plus de chance de voter et de penser très « bien » dans le « civil », comme c’est souvent le cas des « protégés » par népotisme qui sont évidemment à fond pour le système, on l’a vu dans les polémiques récentes : -)))
      Bienvenu sur Terre dans un monde de haine et de concurrence de plus en plus dérèglementée... Où il arrive que les insultes fusent.

      Je ne voudrais pas être trop méchant mais ça sent un peu trop la propagande des responsables en « ressources (in)humaines » qui n’ont plus trop la cote en ce moment, votre truc. On est sur le net ici et vous risquez d’avoir des réactions un peu plus spontanées qu’au bureau, parce que le principe c’est justement la liberté d’expression (enfin jusqu’à nouvel ordre... Des « libéraux » au pouvoir qui ont étrangement, pour des « libéraux », une grosse propension à tout restreindre n’aiment justement pas trop)...

      Je ne suis pas du tout pour la grève à tout va (c’est normalement un ultime recours), mais il faudrait cesser les tentatives de diversion avec des délires idéologiques des « écoles de » que certaines âmes faibles prennent pour argent comptant quand ça les arrange, et qui ne mènent à rien d’autre qu’à envenimer un peu plus les choses en prenant le plus grand nombre pour un tas d’imbéciles, tout en sachant qu’ils ne peuvent ordinairement rien dire...

    • lautzig
      lautzig répond à tvargentine-
      • Posté à 09h27 le 20/10/2009
      • Internaute 31396

      « Pourquoi vouloir insulter une personne quand on travaille dans une entreprise ou l’on se sent bien et dont le travail et le salaire permet de nous apporter une amélioration de notre vie ? ? ? ? »

      Vous pensez à Orange ou à Renault ?

      « ... pour cela il faut que les salariés intégrent la connaissance de l’économie. »

      Vous voulez dire qu’il faut que les ouvriers sachent que la part du résultat qui sert aux dividendes est sans commune mesure avec celle des augmentations ? Vous êtes completement à la masse man pôv monsieur.

      Pour ce qui est du couplet sur les fonctionnaires, c’est déjà répondu au dessus. Inutile d’en rajouter.

    • emiboot
      emiboot répond à tvargentine-
      No Homs land
      • Posté à 12h19 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Mais si ça se passe bien, on a pas envie d’insulter, évidement. L’insulte est le résultat d’une pression, d’un conflit, d’une incompréhension...
      Seulement « analyser les raisons d’un échec stratégique... » heu... Comment dire... « intégrer la connaissance de l’économie »... Ma foi... Nous ne sommes pas des robots, pas vrai ?
      Très cher tvargentine, cet article parle finalement de nos limites à tous, dans le cadre semi absurde et profondément antinaturel qu’est l’entreprise, privée ou publique, où les rapports humains, marqués par le lien de subordination, ne sont plus ni évident, ni forcement épanouissant...
      Quand à ceux qui connaissent et comprennent le cadre économique actuel, crois-tu vraiment que ça les détendent, que ça les rend moins injurieux face à certains cadre et patrons profondément indélicats qui pensent que le smic est un salaire normal et que le système économique actuel est viable et valide ?
      Au contraire, plus nous seront informés, nous masse des petits et moyens salaires, plus ça volera bas, j’en ai peur.
      Quand à ton affirmation selon laquelle les syndicat sont déconnectés dans l’administration... Que dire sinon que c’est ton avis personnel ? Le droit de grève c’est très précieux, et c’est un droit justement.
      Tout comme celui de dire ce que l’on pense...
      Les deux sont bien écornés, et surtout : quoiqu’on pense, il faut savoir le dire bien

  • meinbauch_gehoertmir
    • Posté à 21h52 le 19/10/2009
    • Internaute 88368

    je préfère quand même casse toi pauvre con.

    ps. on ne peut pas comparer hijo de puta à fils de pute. c’est beaucoup plus courant en espagnol !

  • hagalma
    • Posté à 22h11 le 19/10/2009
    • Internaute 8451

    Je vais forcer un peu le trait sans doute, mais aujourd’hui ne pas insulter serait presque une insulte. Ca l’est dans certains groupes d’adolescents où employer la langue de Molière et ne pas user de noms d’oiseaux peut vous valoir d’être viré. Et bien le groupe en entreprise n’est pas dispensé des effets de la grégarité, et l’obscénité y tient sa place ! L’insulte participe de l’idéal de l’émulation, et s’inscrit du discours à tu et à toi d’un management offensif. On se dit tout, on se dit tu, on se dit (s) pute ! Vous risquez parfois plus à vous risquez d’un : « voyez-vous très cher (vous parlez au patron) votre raisonnement est totalement passéiste » ! Tandis que : « putain tu fais chier avec tes idées relou », pourra être mis sur le compte de la franchitude dégoulinante de collaboration. Beurk...
    Le premier d’entre nous (après Dieu, quoique...) avec son : « casses toi pauv’con ! » illustre ce changement de paradigme : parler couillu est le signe qu’on en a, tandis que le subjonctif c’est pour les lopettes, les assistés, les suceurs d’aide. N’empêche ces guss, avec leur langage à sensation, mais y nous les gonflent ces cons...

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