Vie de bureau 19/10/2009 à 19h54

Comment traiter son patron de « gros con » sans se faire virer

François Krug | Journaliste Rue89

Vaut-il mieux traiter son patron de « nul » ou de « fils de pute » ? Que risque-t-on en lui proposant d’aller se faire foutre ? Si l’affaire finit au tribunal, un cadre et un chauffeur routier ont-ils les mêmes chances ? Et pourquoi Doc Gynéco a-t-il apporté une contribution majeure à la question ? Eco89 a sélectionné dix perles juridiques, à garder en tête en cas d’engueulade.

Insulter son chef, c’est risqué : les sanctions peuvent aller du simple avertissement au licenciement pour faute grave, avec départ immédiat et sans indemnités. C’est aussi un art subtil : les expressions les plus déplacées ne sont pas forcément celles que vous croyez. L’essentiel n’est pas de choisir les bons mots, mais le bon moment.


En Seine-Saint-Denis en décembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

« Tu me fais chier ! »

C’est bon à savoir : lancer un gros mot, ce n’est pas forcément injurier. La Cour d’appel de Douai a donné raison à une salariée qui avait rétorqué à son chef : « Tu me fais chier et tu m’emmerdes. » Pour les juges, « de tels propos, certes déplacés et peu révérencieux, ne constituent pas pour autant des injures au sens propre du terme ».

« Allez vous faire foutre ! », avait lancé de son côté un salarié qui refusait de venir travailler le week-end. Selon la Cour d’appel de Versailles, « les propos qui lui avaient été reprochés avaient été tenus dans des circonstances particulières leur ôtant tout caractère injurieux ».

Ces jugements favorables ne signifient pas la réintégration dans l’entreprise. Mais en annulant la qualification de « faute grave », ils obligent l’employeur à verser les indemnités dont le salarié a été privé lors de son licenciement.

« Boeufs ! »

Inversement, on peut injurier sans utiliser de gros mots. Cette secrétaire croyait peut-être s’en tirer à bon compte en qualifiant son directeur de « nul » et d’« incompétent », et les chargés de gestion de « boeufs ». Raté : la Cour de cassation lui a donné tort.

Les juges en ont profité pour rappeler l’équilibre subtil entre la liberté d’expression du salarié, garantie par le code du Travail, et les exigences de la vie en entreprise :

« Si le salarié jouit, dans l’entreprise et en dehors de celle-ci, d’une liberté d’expression à laquelle il ne peut être apporté que des restrictions justifiées par la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché, il ne peut abuser de cette liberté en tenant des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs (...). Ces propos injurieux et excessifs constituaient un abus dans l’exercice de la liberté d’expression. »

« Con ! »

C’est peut-être le premier mot qui vous viendra à la bouche pendant votre prochaine engueulade. Maniez-le avec prudence, mais il ne justifiera pas forcément un licenciement pour faute grave.

La preuve avec ce directeur d’une coopérative laitière, mis à la porte après
avoir déclaré que le président du conseil d’administration était « con »,
et que les administrateurs étaient des « imbéciles » et des « incapables ». Pour la cour de cassation, il « avait seulement traduit en termes énergiques ses réserves ».

« Chochotte ! »

En fait, la gravité des injures varie selon le contexte. Une salariée d’une maison d’édition avait ainsi traité son chef de « chochotte ». La Cour d’appel de Paris a estimé que c’était excusable :

« L’incident s’était déroulé dans un contexte de tension pour l’intéressée lié à la restructuration de son service et à l’arrivée d’un nouveau chef alors qu’elle comptait 24 années d’ancienneté dans l’entreprise sans incident. »

Ceci dit, cette salariée a aussi bénéficié d’une erreur stratégique de son patron. La lettre de licenciement ne mentionnait que le terme « chochotte ». Les autres injures proférées ce jour-là (« pédé », « sale type ») n’avaient donc pas de valeur juridique, mais elles auraient peut-être conduit les juges à se montrer moins indulgents.

« SS ! »

Certaines références historiques doivent être maniées avec prudence. Un employé d’une usine de peinture industrielle a néanmoins obtenu gain de cause après avoir lancé : « Vous me faites chier et j’en ai marre de vos méthodes de kapo et de SS. »

Des injures particulièrement blessantes pour le patron, mais l’employé ignorait « que la plus grande partie de la famille de monsieur A. avait péri dans les camps de concentration nazis », a noté la Cour de cassation. Elle a préféré souligner une « exaspération légitime » et « la détérioration grave du climat existant entre le salarié et l’employeur ».

Pendant l’entretien préalable au licenciement, le salarié n’a pas retiré ses propos... mais il a admis « qu’il aurait mieux fait de traiter monsieur A. de “CRS” ».

« Mettez-vous cette note au cul ! »

Votre ancienneté peut aussi vous protéger. Un VRP l’a ainsi emporté devant la Cour de cassation après s’être exprimé : « Vous pouvez vous mettre cette note au cul, je pisse dessus. » « Un comportement (...) d’une rare violence et d’une rare grossièreté », selon les juges, mais excusable :

« Le salarié qui avait 22 ans d’ancienneté dans l’entreprise et avait donné entière satisfaction dans son activité s’était laissé emporter par une brève colère. »

« Fils de putes ! »

En Catalogne, un tribunal a estimé que l’injure « fils de pute » était devenue d’un « usage courant ». La justice française n’en est pas encore là, mais elle peut se montrer indulgente si la grossièreté fait partie de votre fonds de commerce.

C’est la jurisprudence Doc Gynéco. EMI avait rompu le contrat du rappeur après un rendez-vous mouvementé, conclu sur cette tirade : « Je ne peux pas faire de musique avec des fils de putes et des chiens errants. » Verdict un rien moqueur de la Cour d’appel de Paris :

« Le “rap” correspond à un style de musique et de chansons qui n’est pas particulièrement “académique”, ni dans ses sonorités ni, la plupart du temps, dans ses paroles, ni même quant à ceux qui le chantent.

Dès lors, la SA EMI Music France, société de production de musique, qui soutient ce genre de productions et promeut cette musique, à tout le moins pour des raisons commerciales et financières, est par conséquent malvenue à s’étonner voire à s’émouvoir des termes employés par ses interlocuteurs. »

« Pas là pour faire la pute ! »

Doc Gynéco n’est pas le seul à pouvoir placer le terme de « pute » dans ses conversations professionnelles. Un chauffeur de poids lourds a ainsi obtenu gain de cause devant la Cour de cassation après avoir déclaré à son chef : « Je ne suis pas là pour faire pute ! »

En effet, à en croire la jurisprudence, la gravité d’une injure varie selon les secteurs professionnels. Concernant les propos de ce chauffeur, les juges ont estimé « que leur vulgarité n’excédait pas les limites de ce qui est admissible dans l’univers professionnel des chauffeurs routiers ».

« Manipulateur ! »

Une erreur à éviter : injurier son supérieur en public. L’injure sera en effet considérée comme plus humiliante que si elle avait été lancée en tête-à-tête, et l’employeur pourra produire des témoins en cas de procédure aux prud’hommes.

Lors d’une réunion de direction, un imprimeur a ainsi décrit son patron comme « sournois », « manipulateur » et « malhonnête ». Il est allé jusqu’en cassation pour contester son licenciement, en vain. Verdict des juges :

« Les qualificatifs étaient d’autant plus reprochables qu’ils avaient été adressés au gérant devant témoins et qu’ils ne pouvaient être justifiés ni par un accès de colère, ni par le contexte de la réunion, l’attitude ou les propos des autres participants. »

« Enculé ! »

Si votre chef ne surveille pas son langage, l’injurier sera moins risqué. C’est l’enseignement de ce conflit entre deux frères. Le premier dirige un laboratoire de prothèses dentaires et a embauché le second, puis il l’a licencié, notamment pour avoir déclaré :

« Si tu as des couilles tu n’as qu’à me licencier. Je n’attends que ça. Licencie-moi, de toute façon tu n’es qu’un enculé (répété plusieurs fois) je vais t’en mettre une, de toute façon je vais te choper sans témoin, le labo je vais te le couler. »

Une tirade violente, mais finalement excusée par la Cour de cassation. Le patron était en effet connu pour son agressivité et ses remarques blessantes. Il avait notamment déclaré devant témoins à son frère :

« Quand je t’ai embauché tu n’étais qu’un clochard, sans moi tu n’es rien, je t’enverrai pleurer à l’assistance sociale pour bouffer ; pourquoi tu ne pars pas toi-même, tu t’accroches aux branches. »

Merci à Susana Lopes Dos Santos, avocate au cabinet Ravisy & Associés, pour ses éclairages juridiques.

Mis à jour le 20/10/2009 à 11h15 : plusieurs lecteurs nous ont signalé (sans nous insulter) que, dans la première phrase de cet article, il vaudrait mieux dire « vaut-il mieux » que « faut-il mieux ». Cette phrase a donc été corrigée.

Photo : en Seine-Saint-Denis en décembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

  • 210495 visites
  • 126 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • emiboot
    emiboot répond à hagalma
    No Homs land
    • Posté à 12h33 le 20/10/2009
    • Internaute 81944
      No Homs land

    La langue de Molière est tout de même une des rares où l’on peut insulter sans en avoir l’air
    et où une « salutation des plus choisies » en bas de page peut sonner avec mépris...
    Allons enfants de grivoiserie, le jour de l’ouvrir est arrivé
    La langue de la diplomatie... mon cul ;)

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à emiboot
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 14h31 le 20/10/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      ° Au lieu d’insulter quelqu’un qui semble ne rien vouloir comprendre ou admettre de vos arguments, vous pouvez dire :

      - « Ouais, je vois..je vois que vous ne me comprenez pas du tout ! ! - J’insiste pas davantage, c’est sans espoir ! »

  • darkmoon-désinscrit le17022010
    • Posté à 22h12 le 19/10/2009
    • Internaute 86863

    arf, moi j l’insulte pas mon patron ça changerai rien, je préfère lui dire que ça va pas quand il me pose la question, je préfère qu’il se sente un peu coupable, je préfère lui dire que ce qu’il fait c’est de la merde. c’est plus simple, ça l’insulte pas directement et en plus il comprend, enfin il en a l’air.

    l’est pas con mon patron juste pourri et ingrat.

  • Cocodou
    Cocodou
    (Dubitatif)
    • Posté à 22h12 le 19/10/2009
    • Internaute 89835
      (Dubitatif)

    Le patron qui a besoin de virer et/ou trainer en justice quelqu’un qui s’est énervé une fois, et de manière plutôt compréhensible si on en croit les jugements, est un incompétent qui mérite vraisemblablement les insultes qu’on lui a balancées, voire plus. Si le type n’est pas capable de gérer ce type de situation, qu’il change de métier. En plus il ne monopolisera plus des tribunaux pour faire son travail.

    • yalienx
      yalienx répond à Cocodou
      • Posté à 12h02 le 21/10/2009
      • Internaute 66859

      Heu, je crois que vous n’avez pas vraiment compris. Il s’agit surtout d’affaires dans lesquelles l’employé, licencié après avoir tenu les propos incriminés, porte l’affaire en justice afin d’obtenir une requalification du licenciement (i.e. l’abandon de la faute grave).

      Le patron, lui, a seulement licencié son employé. A juste titre sans doute, puisqu’il convient en tout état de cause de conserver son sang-froid dans son environnement professionnel. Et si on n’en est pas capable, ou si on choisi d’éclater, c’est sans doute parce qu’on n’en a de toute façon plus rien à faire et qu’on ne souhaite plus continuer l’aventure dans son entreprise.

      En tout cas, votre propos est totalement hors-sujet, et j’ai d’ailleurs du mal à comprendre comment l’auteur a pu le sélectionner alors même qu’il ne pouvait ignorer qu’il est totalement contre-nature par rapport à l’article qu’il a lui-même rédigé...

  • tchouk
    tchouk
    étudiant
    • Posté à 22h23 le 19/10/2009
    • Internaute 93386
      étudiant

    Trouvez-vous normal d’expliquer aux gens comment insulter son patron sans avoir de problèmes devant la justice.
    La vous montré bien la mentalité française, anti-patron, à toujours chercher comment leurs nuire.
    Je trouve inadmissible de la part d’un site prétendant informer les gens de publier de tels articles.

    • asozial
      asozial répond à tchouk
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 05h25 le 20/10/2009
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      pauvre chouchou, les patrons sont tellement à plaindre, vite un petit parachute doré pour les consoler ! c’est donc pour ça qu’ils vont tous en Chine, c’est pour échapper aux vilains français avec leurs hideux fantasmes démocrates !

      • tchouk
        tchouk répond à asozial
        étudiant
        • Posté à 08h30 le 20/10/2009
        • Internaute 93386
          étudiant

        Mais la vous parler des grands patrons ! ! Le patron d’une PME qui bosse 75h par semaine, qui n’a pas un salaire exorbitant, mérite-t-il de se faire insulter ? ? ? ?
        Tous les patrons n’ont pas de parachute doré, ne délocalisent pas en Chine,...
        Les patrons ne sont pas seulement les patrons du CAC40 et des grandes administrations.

         
        • asozial
          asozial répond à tchouk
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 10h23 le 20/10/2009
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          bah, les petits patrons sont des grands patrons ratés...

        • emiboot
          emiboot répond à tchouk
          No Homs land
          • Posté à 13h20 le 20/10/2009
          • Internaute 81944
            No Homs land

          Et l’employé n’est pas forcement un glandeur prêt à tout pour ne rien foutre déconnecté de la dure réalité de son patron de pme. Certains vivent mêmes des heures très pénibles sous la houlette de patron au demeurant très travailleur, sais tu jeune padawa ?
          La capacité de travail provoque le respect, certes, (encore que j’ai autant de respect pour une mère de famille qui travaille, sincèrement) mais la qualité de management et l’humanité compte plus encore.

        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à tchouk
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 13h25 le 20/10/2009
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Souvent, hélas, il l’a un peu cherché le patron quand on en est dans les situation exposés ci-dessus. Maintenant, on est d’accord, des employés à la con, il y en a aussi.

          Ensuite, si je puis me permettre, vous me paraissez bien vindicatif jeune homme. Calme. Même si les opinions avancées divergent fermement des vôtres.

          On expose bien mieux la tête froide...

          • shillom
            shillom répond à Sid_Mo
            • Posté à 18h54 le 20/10/2009
            • Internaute 22134

            En tant qu’étudiant, il a justement la tête plus fraiche à ce niveau que les travailleurs que nous sommes, même si effectivement il faut un passif pour en arriver à cette situation...
            Mais on en reparle quand vous aurez quelques années d’expérience professionnelle, d’accord tchouk ?

        4 autres commentaires
      • Deamon7
        Deamon7 répond à asozial
        Petit agité
        • Posté à 09h42 le 20/10/2009
        • 49273
          Petit agité

        Non ils y vont pour echapper aux greves systematiques, aux 35 heures, aux vacances interminables, a la mauvaise volonte de certains, aux batons mis dans les roues par l’administration, les syndicats, etc...

        C’est con parce que les francais, fondamentalement, sont plutot competents... quand ils bossent.

         
        • asozial
          asozial répond à Deamon7
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 10h27 le 20/10/2009
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          ben oui, comme nous ne sommes pas dans une dictature, le travail n’est pas forcé, et comme ce n’est pas une finalité d’engraisser entreprises, états et autres parasites, le français pas trop con s’efforce d’échapper au travail autant que faire se peut...

          après si il y a des lobotomisés prêts à être convaincus que si ils ne travaillent pas comme des ânes pour que Bolloré paie des vacances à Sarkozy, ils ne vont pas aller au paradis, qu’ils bossent pour les autres !

          • Deamon7
            Deamon7 répond à asozial
            Petit agité
            • Posté à 11h34 le 20/10/2009
            • 49273
              Petit agité

            Qu’il echappe au travail s’il veut, mais qu’il ne vienne pas geindre quand il ne pourra plus se loger, mettre de l’essence dans son Scenic, aller chez Ikea le Dimanche, acheter des DVD a Noel, payer l’electricite et la connexion internet qui lui permettent d’ecrire sur ce site (peut plus le faire du boulot), nourrir sa famille et son putain de labrador.

            Tout ce que les asiatiques qui ne sont pas au travail force, loin de la, feront a sa place quand ils auront pris son boulot.

            • asozial
              asozial répond à Deamon7
              Bobo reprazent - aus Berlin.
              • Posté à 17h27 le 20/10/2009
              • Internaute 2273
                Bobo reprazent - aus Berlin.

              ben oui, tu bosses pour payer le canigou à médor, mais pas pour que la frrrrrrrrrrance soit la 4ième, non 5ième , non 6ième puissance mondiale ! tu crois que le caviar de talonnette 1er il est produit à roubaix ?

        3 autres commentaires
    • emiboot
      emiboot répond à tchouk
      No Homs land
      • Posté à 12h45 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Et pourquoi pas tchouk, dans un soucis d’équité ?
      On apprends bien aux patrons comment manipuler, diriger, pousser à bout de productivité des employés non ? Et comment leur mentir pour éviter des troubles ? Et comment et dans quelles conditions les virer avantageusement ?
      Jusqu’à preuve du contraire, on est entre humains.
      La question n’est pas la lutte des classes, ca va, on en est plus là.
      La question c’est que faire en cas de poussée irrépressible d’humanité gougate en présence de son patron, qui lui, par le lien de subordination, entre autre, est largement plus protégé ?
      Ne venez pas faire votre délicat, tchouk, je suis sure que les « patrons », eux, ont une jolie collection d’article sur comment virer un employé qui l’a ouvert une fois de trop comme celui qui ne l’ouvre jamais.
      Chocking, isn’t it ?

  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 22h32 le 19/10/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    Essayez d’être très poli avec la flicaille, cela « pourrait » être prit pour de l’insulte !
    Oui m’sieur l’agent, bien m’sieur l’agent, ils n’aiment pas du tout.
    Faut-il leurs dire :
    c’est bon connard j’ai compris, lâches-moi la grappe ! !

    • Erikiki
      Erikiki répond à DBL8
      Diablotin
      • Posté à 23h05 le 19/10/2009
      • Internaute 76835
        Diablotin

      Z’avez vos papiers ?

      =(

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 22h33 le 19/10/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    faut lui dire je vous embrasses

    • Erikiki
      Erikiki répond à patrick du 14-
      Diablotin
      • Posté à 23h23 le 19/10/2009
      • Internaute 76835
        Diablotin

      Devant caméra.
      Alors sans…
      …J’imagine pas.

      J’ai honte de notre humanité.

    • Oodini
      Oodini répond à patrick du 14-
      • Posté à 15h21 le 20/10/2009
      • Internaute 30418

      Je n’ai regardé que la première minute, mais déjà, je n’ai pas envie de lui jeter la pierre : il semble faire face à des employés absentéistes, nonchalants, hilares.. Bref, a priori, une belle bande de glandeurs.

  • pima
    pima
    assis sur ses fesses
    • Posté à 22h39 le 19/10/2009
    • Internaute 39367
      assis sur ses fesses

    je ne savais pas que « manipulateur » était une insulte.

    • François Krug
      François Krug répond à pima
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 08h37 le 20/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Tout dépend du contexte dans lequel les mots sont prononcés, et là, les juges ont estimé que le salarié était allé trop loin...

  • Erikiki
    Erikiki
    Diablotin
    • Posté à 23h04 le 19/10/2009
    • Internaute 76835
      Diablotin

    Si mon PDG me dit « casse-toi pôve con “ ?
    J’fais kôa ?
    J’le beigne ?

    = ?)

  • bart94
    bart94
    technicien
    • Posté à 22h59 le 19/10/2009
    • Internaute 47630
      technicien

    je ne sais pas la représentativité de ces exemples, mais c’est intéressant de constater que les juges seraient prêts à comprendre une insulte en fonction du contexte, mais alors beaucoup moins la contestation plus calme de l’autorité de la hiérarchie.

    on peut rire et insulter le pouvoir, mais il ne faut surtout pas l’ébranler.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h17 le 19/10/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Il serait interressant de créer, à l’usage des futurs avocats, avocats en place ainsi que pour les juges prud’homaux, un lexique complet des injures circonstancièes, entrées dans la jurisprudence de la relation au travail. Une sorte de « que sais je » à usage des travailleurs, délégués syndicaux, hierarchie et Ressources Humaines.
    Un dictionnaire de l’injure allant de :
    A (Abrutis) à Z (Zoophile) en passant par E (enculé) serait utile pour tous les acteurs du droit sociale.
    Attention, la lettre F (Fonctionnaire) est actuellement en délibération auprès des plus hautes instances juridiques et est à manier avec précaution.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande le 2 janvier
    • Posté à 23h10 le 19/10/2009
    • Internaute 42903
      nc

    la bartade

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 23h22 le 19/10/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Et si on lui met une bastos le patron, eh ben il peut plus nous virer.

    Ok je sors.

  • Atacama-
    Atacama-
    sur terre
    • Posté à 23h44 le 19/10/2009
    • Internaute 64050
      sur terre

    Faut-il mieux traiter son patron de « nul » ou de « fils de pute » ?

    En tout cas, « vaut-il mieux » vaut mieux que « faut-il mieux », là, oui, en début de phrase...

    • François Krug
      François Krug répond à Atacama-
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 12h33 le 20/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Il vaut mieux dire « il vaut mieux », c’est vrai... C’est corrigé.

  • Erikiki
    Erikiki
    Diablotin
    • Posté à 00h13 le 20/10/2009
    • Internaute 76835
      Diablotin

    Je voulais écrire :

    Se mutiner ?
    Se mutiler ?
    Ou bien butiner ?

    Et puis, j’ai pas trouvé la chute.

    =(

  • LeTicien
    LeTicien
    Informaticien
    • Posté à 00h08 le 20/10/2009
    • Internaute 91779
      Informaticien

    De toute facon dans la France du nabot a roulette tout est interdit, on est flique, la flicaille pullulle, les medias dominants sont a la botte de l’UMP, les cameras sont partout bientot meme au fond des bois.... et dans les boites on met la pression a donf sur des salaries jetables et corveables a merci payes au lance pierre. Donc plutot que de subir, fermer sa gueule et prendre l’oseille c’est salutaire... et s’exprimer sur les forums avant qu’ils verrouillent aussi le web.

    Vous ne parlez pas de l’email moi je me suis fait virer a cause d’un email depuis j’ecris plus aucune opinion par email.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à LeTicien
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 11h55 le 20/10/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Excusez moi de rebondir sur la dernière partie de votre post : vous dites avoir été jetté pour un courriel.

      Sauf que, si je ne m’abuse, un courriel (s’il n’est pas en liste de diffusion) est une correspondance privée. Sur quels arguments vos patrons se sont appuyés pour justifier la divulgation d’une correspondance privée et son utilisation contre vous.

      Est-ce que vous avez attaqué en justice ?

      Je dois reconnaître que le cas m’intéresse particulièrement.

  • Anonyme

    Je suis étonné de l’indulgence des tribunaux dans les exemples donnés.
    Il y a 20ans j’étais syndicaliste et je voulais tutoyer le dirlo de ma boite pour le déstabiliser dans les réunions statutaires. J’ai demandé à l’avocat du syndicat si je pouvais y aller.

    Il me l’a fortement déconseillé, me précisant que dans 3 cas identiques le tribunal n’avait pas été tendre avec le salarié. Pourtant, tutoyer n’est pas insulter !

    Le vent tournerait-il ?

    • emiboot
      emiboot
      No Homs land
      • Posté à 12h59 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      tutoyer est une forme de familiarité, ça nie le lien de subordination donc, mais effectivement, on est peut être moins peigne-cul qu’il y a 20 ans...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à emiboot
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 14h55 le 20/10/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        ° En Anglais, comment fait-on pour distinguer le « TU », du « VOUS » lorsqu’on ne s’adresse qu’à une seule personne... ?

        La position des oreilles ? ... ou le frémissement du pif ?

  • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
    • Posté à 01h43 le 20/10/2009
    • Internaute 22426
      ....

    Alors là, chapeau bas ! ! ! ! ! ! Jamais je n’aurai pu imaginer que la vénérable Rue ose un titre S-I D-É-M-A-G-I-Q-U-E ! ! ! ! ! !

    On est en plein dans les clichés dénoncés il y a deux siècles (quasiment) par Tocqueville. Vous savez, cette belle phrase qui résume tout ironiquement : « les français veulent l’égalité dans la liberté et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage » (dans L’ancien Régime et la Révolution)

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 05h21 le 20/10/2009
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    c’est quand même cool de pouvoir lire en une à chaque fois qu’on se sera connecté à Rue89 aujourd’hui : « l’état suce ma bite ! »

    PS. les commentaires sélectionnés sont d’un plan-plan ! tas de couilles molles !

  • starsss
    • Posté à 05h45 le 20/10/2009
    • Internaute 24513

    J’ai toujours dit ce que je pense, ça m,a valu que des compliments. Dans la job, le respect et la confiance sont primordiales. Toutes mes jobs ont été et sont une expérience de vie plutôt positive. Je me suis fait aussi _maltraiter_ et me suis fait virer pour insubordination... Ces rapports de maître_esclave peuvent être renversés mais à chacun ses arguments et sa façon de voir les choses !

    Traiter un boss de

    _vous n,avez aucune dignité et vous n’êtes qu’un minable ! _

    ça fait du bien par ou ca passe !

  • Melchior
    Melchior
    (Employé)
    • Posté à 07h26 le 20/10/2009
    • Internaute 60599
      (Employé)

    Et concernant le pouvoir en place ? Est-ce que les journalistes de Rue 89 pourraient pousser l’investigation dans ce sens ?

    • François Krug
      François Krug répond à Melchior
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 12h40 le 20/10/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      On s’y intéresse aussi, et vous trouverez de nombreux articles sur le sujet sur Rue89. Comme cette enquête de Chloé Leprince sur l’augmentation des poursuites pour « outrage » :

      Lien

      On s’est aussi intéressé à des cas particuliers, par exemple :

      Nicolas Sarkozy, évidemment :
      Lien

      Nadine Morano
      Lien

      Yves Jego
      Lien

  • la vigilante
    • Posté à 08h16 le 20/10/2009
    • Internaute 3726

    j’en ai vu des Tags mais une chose est sur dans le 9-3 les sauvageons savent écrire ils ont même pris le temps de mettre l’accent à « état » d’ou sort cette image ?

    • emiboot
      emiboot répond à la vigilante
      No Homs land
      • Posté à 13h03 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      Cela me rappelle une « scène » entre le candidat Surmulot - heu - Sarkozy (surmulot est un petit animal charmant avec de longues dents, j’espère que ces rongeurs ne vont pas se sentir insultés de l’amalgame) et un jeune black propre sur lui mais des banlieues, qui posait JUSTE une question, sans insultes, rien, sur un plateau tv.
      Mais son niveau de français le rendait un peu difficile à comprendre pour qui n’écoutait pas attentivement, et son ton, contenu au demeurant, avait un peu cet accent racaille si charmant... Qui n’a point plu au candidat, lequel n’a d’ailleurs sans doute rien « capté », puisqu’il s’est contenté de jeter ce pauvre môme, au lieu de lui répondre.

      Dans ce contexte j’aurais comprit qu’une insulte fuse, de la part du jeune, tellement il est pénible d’être pris pour de la merde même pas francophone par un type en tournée électorale. Même pas.

      Et les sauvageons parlent bien mieux la langue de leur pays qu’on ne veut le faire croire...

  • expat
    • Posté à 09h02 le 20/10/2009
    • Internaute 25627

    De nos jours il serait plus judicieux de faire un article nous disant ce que nous devons supporter de la part d’un patron ou d’un chef de service, apres tout ils sont en position de force et seraient plus porte a faire des comparaisons insultantes pour leurs employes.

    Quand est-il du chef de l’Etat il peut visiblement publiquement menacer et insulter, ne peut-on pas se debarrasser de lui sans indemnites, apres tout il est notre employe ! ! ! ! !

    Nous l’avons elu et nous le payons ! ! ! ! N’est-ce pas la definition du patron ?

    • emiboot
      emiboot répond à expat
      No Homs land
      • Posté à 13h04 le 20/10/2009
      • Internaute 81944
        No Homs land

      tu as déjà élu ton patron toi ?

      • expat
        expat répond à emiboot
        • Posté à 21h12 le 20/10/2009
        • Internaute 25627

        en effet, je fatigue !

        Je voulais dire quelque chose comme un employe

        Ils nous a balance son CV irreprochable, il nous a jure ne pas avoir de problemes familiaux ou autres et donc pouvoir se donner 100% a son job, et il devait aussi passer un espece d’audit, je n’ai pas vue le resultat, toujours est-il que si nous etions des patrons avec pouvoir il aurait du attendre plus longtemps son augmentation et sans doute a ce stade profiterions nous de sa nouvelle loi pour une separation negociee.

        Consolons-nous c’est un CDD

  • vdolot
    vdolot
    en sursis au pied des usines
    • Posté à 09h13 le 20/10/2009
    • Internaute 29592
      en sursis au pied des usines

    Que les colères parfois violentes des salariés deviennent des chroniques judiciaires, voilà une bonne preuve de la dégradation des conditions de travail... La liste des mesquineries ou véritables « saloperies » des chefs en direction de leurs employés serait plus longue que le budget de la Défense en France... C’est dire...
    Ce qui est le plus inquiétant je crois, c’est qu’au final, les juges deviennent le dernier rempart et ont la décision finale... Les juges finissent dans ce pays par être les seuls par qui sont prises des décisions...
    Aussi flippant qu’un score de l’extrême droite en Paca...

    • elmanol93
      elmanol93 répond à vdolot
      • Posté à 13h26 le 20/10/2009
      • Internaute 31108

      Pas vraiment à mon sens…

      Avant les années 70, les salariés se permettant un mot de travers prenaient la porte, sauf dans les milieux lourdement syndiqués.

      Après 70, le pleine emplois permettait aux salariés de nombreux secteurs le luxe d’insulter leur patron et de se barrer du jour au lendemain.

      Depuis 80 le marché de l’emploi s’effrite de façon exponentielle.
      Depuis 90 l’inspection du travail est soigneusement démantelée.
      Depuis 2000 le code du travail est détricoté.
      Depuis 2005 les prud’hommes fondent comme neige au soleil.

      Ces « chroniques judiciaires » connaissent un pic aujourd’hui, mais je ne suis pas sur que cela dure très longtemps vu l’orientation policière que prend la justice en France et en Europe.

      Les juges n’auront bientôt plus beaucoup de décisions à prendre mises à part celles que leur ordonnera leur hiérarchie.

  • 1975jmr
    1975jmr
    Responsable marketing www. (...)
    • Posté à 09h28 le 20/10/2009
    • Internaute 93410
      Responsable marketing www. (...)

    Un bon rappel de la jurisprudence qui permet vraiment de faire attention à ce que l’on fait ou dit... Car on est en Europe, pas en Afrique : -))) et j’en sais quelque chose

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3