Faut-il boycotter le débat public sur les nanotechnologies ?
un internaute
« Nano », le mot magique qui recouvre tout se qui se passe à l’échelle du milliardième de mètre, fait l’objet d’un débat public de six mois à partir de ce jeudi 15 octobre. « Une grande campagne de désinformation participative », met en garde un riverain, qui nous supplie de ne pas faire « ce que les médias français ont fait avec le nucléaire : informer les citoyens quand il est trop tard. »
Un « débat public » s’organise généralement pour recueillir l’avis des citoyens sur un grand projet d’infrastructure engageant beaucoup d’argent public. Cette fois, et « c’est une première », souligne Jean Bergougnoux, ancien directeur général d’EDF, ex-président de la SNCF et responsable de l’organisaton de ce grand débat, il concerne une question de société large, les nanotechnologies, qui engage notre avenir à tous.
Les nanotechnologies sont déjà présentes dans mille produits (un secteur en croissance de 379 % depuis sa création en 2006 selon un article du Monde), dont 60 % dans les domaines de la santé et du bien-être. Le secteur pesait 147 milliards de dollars en 2007, et pourrait atteindre les 3100 milliards en 2012. Jean Bergougnoux justifie sa mission :
« Nous sommes là pour écouter les citoyens afin d’orienter la recherche, protéger les travailleurs, faire les réglementations quand nécessaires. Lors du Grenelle de l’environnement, les associations ont exprimé les frustrations des Français sur des décisions qui ont été prises sans les consulter. Là, il n’est pas trop tard, il y a encore beaucoup de décisions à prendre. »
Contre-débat et appel au boycott
Le collectif citoyen Pièces et main d’oeuvre, né il y a huit ans à Grenoble pour éveiller la conscience citoyenne sur ces questions, vient de lancer son propre « site du débat public sur les nanotechnologies », nanomonde.org. Rue89 a interrogé une militante anonyme de ce collectif de citoyens méfiants, qui appellent à boycotter le débat public officiel :
« Le débat public, c’est un exutoire pour que les gens relâchent la vapeur. Mais le plan Nano-INNOV lancé par le gouvernement en mai dernier et qui prévoit 70 millions d’euros d’investissement public ne sera pas remis en cause s’il ressortait du débat public que les gens sont opposés au nanomonde. Tout est décidé d’avance et on dit aux gens vous pourrez discuter. »
Ces opposants estiment que l’Etat veut à tout prix éviter le « syndrome OGM », c’est-à-dire « un rejet par l’opinion d’une révolution technologique qui révolutionne nos vies d’une façon qui ne nous convient pas » :
« Ça fait partie de tous les outils que les sociologues de l’innovation appellent “ l’acceptabilité ” : comment on fait pour rendre acceptable une innovation ? C’est le monde à l’envers : la technologie ne vient pas répondre à des besoins identifiés, au contraire on dispose d’une technologie et on se demande comment la rentabiliser. »
La science-fiction devient réalité
Les nanotechnologies sont « dévastatrices » car elles nous promettent « l’homme machine dans un monde machine », résume le collectif Pièces et main d’oeuvre. Lors d’un des nombreux débats organisés depuis huit ans, les « gens sont choqués dès qu’ils savent ce que c’est », par exemple lorsqu’ils apprennent que les puces RFID (Radio Frequency Identification) sont des puces intelligentes qui mouchardent en « enregistrant tout ce qui constitue votre mode de vie ».
« A Clinatec, laboratoire de recherche biomédicale du Commissariat à l’Energie Atomique, on cherche à nous mettre des nanos dans le cerveau, on va traiter les humeurs des humains avec des machines sans se demander qui est derrière les machines ? »
Pour nanomonde.org, la réalité est en train de rejoindre la fiction, par exemple dans ses applications militaires : « Le programme FELIN de l’armée française, c’est exactement l’homme qui valait 3 milliards. »
Des spécialistes de la « stratégie d’opinion »
Sur la forme aussi, l’organisation de ce débat pose question. La commission est une autorité indépendante, mais saisie par sept ministères et financée (2 millions d’euros) par le ministère de l’Ecologie. Pour l’assister dans sa communication auprès des médias et du public, la commission a passé un contrat avec un prestataire qui avait déjà fait parler de lui dans l’affaire de la surveillance des profs : l’agence i&e consultants, conseil en stratégie d’opinion.
De plus, « les membres de la commission font partie du “ technogratin ” comme on dit, et ils disent eux mêmes qu’ils ne sont pas fondés à émettre des recommandations », souligne encore le nanomonde. Alors, faut-il participer ou risque-t-on de se faire manipuler ? Votre avis nous intéresse.
- Sur Rue89Education : 220 000 euros par an pour surveiller l'opinion
- Sur debatpublic-nano.orgLa "base de connaissance" fournie pour le débat public
- Sur nanomonde.orgLe site nanomonde.org
- Sur lemonde.frNanotechnologies : le point de vue environnemental
- Sur cite-sciences.frLe site de l'expo "Nano" à la Cité des sciences
- Sur rue89.comTous nos articles sur les nanotechnologies
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Neant
Neant
Le RFID n’est pas une nanotechnologie. La nanotechnologie est a l’échelle du nanomètre, le RFID est une bête puce de taille normale (quelques millimètres) reliée à une antenne. Il ne faut pas tout mélanger.
De même, rejeter une technologie entière sous prétexte qu’elle peut être mauvaise, c’est idiot. TOUT est mauvais il on l’utilise mal. Absolument tout. Le feu, l’écriture, les voitures, les ordinateurs, les ondes, tout.
Alors oui, j’en suis certain, les nanotechnologies seront mal utilisées. Oui, les politicards s’assoiront lourdement sur le principe de précaution pour créer trois emplois et fliquer encore un peu plus le bon peuple, oui il y aura probablement des cancers, des allergies, et des problèmes éthiques. Comme pour toutes les autres technologies. Les nanotechnos sont *déjà* là (crèmes solaires, bouffe, ameublement, carburants, etc etc), elles peuvent être utiles. Le débat n’en est pas à « faut il autoriser ces choses » mais « comment réglementer ces choses ».
Vous savez, cet article fait un peu penser à « certains extrémistes sont pour telle ou telle chose, donc je vais donner la parole a un extrémiste de l’autre coté ». On parle de science la, pas de morale. Tout se teste, tout se prouve, tout s’évalue. Leur débat est idiot car commandé par des politiques qui se foutent de la conclusion, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, les nanotechnologies peuvent être (et sont déjà) utiles (en particulier en medecine, astronautique, et un tas de trucs moins spectaculaires).




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