Tribune 14/10/2009 à 16h59

Migrants de Calais : un bref instant de pornographie

Dominique Sopo | Président de SOS racisme

L’opération-spectacle qui aura vu, le 22 septembre, la destruction très scénarisée de la « jungle » de Calais, à écouter le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, serait un succès contre les « passeurs » : elle aurait permis de rétablir l’« Etat de droit ». Ce ne sont que des rodomontades triomphalistes : chacun peut constater que de succès, il n’y en a point, mais de cynisme, énormément.

L’essentiel des adultes placés en centre de rétention ont été libérés, tant leurs droits avaient été bafoués. Indice intéressant sur le but réel de cette opération, au cours de laquelle aucune importance ne fut accordée au respect des droits les plus élémentaires que notre pays, fort heureusement, offre aux populations migrantes.

L’opération « jungle », reflet d’une politique abjecte

Ce qui s’est joué à Calais, finalement, a été la mise en œuvre d’une ligne de conduite politique des plus abjectes : celle qui consiste à agiter comme un épouvantail devant les yeux des Français le problème des « clandestins » et de tenter de jeter ces derniers en pâture à une opinion publique qu’on aura soigneusement chauffée en faisant de la lutte contre l’immigration clandestine le pivot de la politique d’immigration.

Et peu importe que le nombre de personnes en situation irrégulière soit finalement assez faible dans notre pays. Car, bien loin de toute hystérie anti-immigré, notre pays compte, sur son territoire, 200 000 à 400 000 migrants en situation irrégulière (dont une partie n’est qu’en transit vers d’autres pays, comme les Afghans du Calaisis), bien loin du tsunami de sans-papiers auquel la France semble parfois confrontée tant les communications, déclarations et opérations liées à ces derniers auront émaillé, depuis quelques années, l’actualité politique.

Peu importe également que l’immigration clandestine, dans un monde fort heureusement de plus en plus ouvert et aux moyens de communication rendant les déplacements de plus en plus aisés, ne puisse être jugulée par les rêves de lignes Maginot migratoires mais bien par une action sur les raisons profondes de cet état de fait, qu’elles soient économique ou politiques.

Peu importe encore que l’actuelle situation dans le Calaisis soit la conséquence logique et inévitable de la fermeture, naguère, du centre de Sangatte alors présentée, avec force simplisme, comme LA solution définitive à la présence de migrants dans le Calaisis.

Peu importe enfin que le HCR s’inquiète avec insistance de la situation de ces derniers dans le Calaisis, harcelés par les autorités de la République et par les passeurs que la République prétend affaiblir, par un étrange syllogisme, en s’en prenant aux migrants, l’objet de leur trafic.

Peu importe toutes ces considérations car l’opération de démantèlement de la « jungle » a été conçue, préparée et menée comme un show dont les figurants forcés furent les migrants. Ou à tout le moins les quelques-uns qui étaient restés sur place puisque, comme tout show dont on cherche le succès d’audience, il fit l’objet d’une campagne de communication digne de la sortie d’un Tarantino.

Et quel est, au final, le bilan de ce « spectacle » ?

Les migrants sont revenus dans les jours qui ont suivi se réinstaller dans de nouveaux campements, un peu plus loin des regards et des aides humanitaires et donc davantage à la merci des passeurs auxquels cette opération était censée porter un coup majeur sinon fatal.

L’Etat a montré un visage inquiétant en convoquant des caméras pour présenter comme des prises de guerre les migrants arrêtés. A cet égard, la situation des mineurs est sans doute la plus dramatique. Car sur quelle malsaine corde voyeuriste fallait-il jouer pour donner à voir ces visages souvent glabres dans les journaux du 20 heures, dans un climat dont l’obscénité m’a inspiré le titre de cette tribune ?

Et, en effet, que fut l’opération menée à Calais sinon un bref instant de pornographie ? Un instant où furent exhibés de pauvres hères à la vie souvent en lambeaux et qui, se frayant un chemin vers la terre d’un nouvel espoir, se font voler jusqu’à leur intimité pour des raisons qui, finalement, n’ont pas beaucoup à voir avec leur situation mais beaucoup à voir avec une logique populiste dont ils sont le carburant de circonstance.

Du côté du Gouvernement, on nous explique, contre toute évidence mais avec une crâne assurance, que l’opération dans le Calaisis renverrait à un souci de faire respecter l’Etat de droit. Mais où est l’Etat de droit quand les conditions d’accès à l’aide humanitaire et à un accompagnement effectif vers des procédures d’asile ont été volontairement détériorées ? Où est l’Etat de droit lorsque des mineurs sont exhibés devant l’œil concupiscent des caméras ?

L’Etat de droit ne devrait pas être pas dissocié de l’humanisme qui le fonde

Où est l’Etat de droit lorsque les tribunaux, pourtant guère tendres en la matière, constatent que les droits des personnes retenues ont été grossièrement ignorés ? Où est l’Etat de droit lorsque des mineurs, bien loin de l’obligation que s’impose l’Etat d’assurer à ces derniers un accompagnement éducatif, se retrouvent dans des « centres d’accueil spécialisés » où rien ne les attend, sinon un hébergement d’urgence ?

L’Etat de droit, en France, n’est fort heureusement pas dissociable d’un humanisme qui le fonde. Tordre l’interprétation du droit, le bafouer au besoin et se lancer dans des pratiques attentatoires à notre conception de la dignité humaine, voilà qui nous place bien loin d’un quelconque Etat de droit si martialement revendiqué.

Mais de ce bref instant de pornographie, ses commanditaires essaient d’en faire un point d’appui. Au milieu de nouvelles « opérations » de démantèlement des campements et d’arrestations de migrants, il est aujourd’hui question de charters vers l’Afghanistan. Une fois de plus, il s’agirait de faire « respecter l’Etat de droit » et de montrer, en quelque sorte, la détermination de la France à lutter contre l’immigration clandestine. Exhibés, les Afghans vont-ils finir expulsés ?

La fermeté en matière migratoire, si contestable et archaïque soit-elle, est certes une option politique dans un jeu démocratique. Mais il y a une limite qu’un Etat de droit, précisément, devrait se refuser de franchir : celle qui consiste à mettre l’impératif de fermeté au-dessus de la vie des individus. Et c’est bien de cela dont il s’agirait si des charters étaient affrétés vers Kaboul, capitale d’un pays où l’on hésite même à y laisser nos soldats.

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  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 17h07 le 14/10/2009
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    Precision :

    de nombreux « sans-papiers » n’ont jamais ete immigres clandestins (vous savez, ceux qui s’introduisent sur notre territoire dans une remorque ou a la nage).

    Ils sont devenus « irreguliers » le jour ou l’administration a refuse de renouveler leurs papiers qu’ils avaient auparavant obtenus tout a fait legalement.

    Les presenter comme des personnes qui violent la loi est donc tout a fait abusif.

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 17h15 le 14/10/2009
    • Internaute 84604
      fumiste

    Pornographie, voilà LE mot pour bien des titres de l’actualité nauséabonde qui fait notre quotidien, au delà de cette pitoyable mascarade montée au mépris du droit à des fins de communication.

    L’heure est grave lorsqu’un gouvernement méprise ou ignore ses propres lois et tente sans cesse d’imposer son arbitraire administratif.

    • in girum
      in girum répond à alberich
      • Posté à 18h46 le 14/10/2009
      • Internaute 8170

      quel excellent papier, ça fait du bien.

  • onapatouvu
    onapatouvu
    perdu pour la science
    • Posté à 17h21 le 14/10/2009
    • Internaute 85117
      perdu pour la science

    Mais où sont donc passés les passeurs ?

    Besson avait assuré que toute cette saloperie avait pour principal but de mettre hors d’état de nuire les passeurs. Quels sont les résultats ?

    • chonchounet
      chonchounet répond à onapatouvu
      • Posté à 12h14 le 15/10/2009
      • Internaute 89758

      C’est vrai qu’ils avaient sorti l’argument des passeurs ... Je me demande si beaucoup de monde en France à vraiment gobé ça ...

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 17h24 le 14/10/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Le mot « pornographique » n’est pas assez violent pour qualifier ce qui s’est passé à Calais. Le mot « porcin » conviendrait mieux...
    Et Besson qui se vante de la « délicatesse » de ses petits soldats qui ont, paraît-il, enlevé leurs rangers pour piétiner un campement improvisé en mosquée.
    Ca, c’est ce que j’appelle être indécent ! ! !
    D’ailleurs, les Calaisiens ne sont pas dupes. Cette opération de com’ destinée à flatter le croupion des électeurs du FN et de la droite décomplexée n’arrangera ni leurs problèmes, ni ceux des migrants...
    Le lien d’action discrète à Calais (pour une fois, c’est presque pas drôle) :
    Lien

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 05h41 le 15/10/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ ...Ce qui s’est joué à Calais, finalement, a été la mise en œuvre d’une ligne de conduite politique des plus abjectes : celle qui consiste à agiter comme un épouvantail devant les yeux des Français le problème des « clandestins » et de tenter de jeter ces derniers en pâture à une opinion publique qu’on aura soigneusement chauffée en faisant de la lutte contre l’immigration clandestine le pivot de la politique d’immigration.]

    ▓ POUR SE FAIRE ACCEPTER SUR LE TERRITOIRE FRANCAIS…..
    Les immigrés n’ont qu’à se faire passer pour des Ours Slovènes !

    - L’Etat français leur accordera un droit d’asile (protégé)...au moins dans les Pyrénées !

  • Glasgo
    Glasgo
    Etudiant
    • Posté à 17h27 le 14/10/2009
    • Internaute 45259
      Etudiant

    SOS racisme c’est ceux qui crée des semblants d’ouvertures de débats ? ceux qui sont en relation non stop avec l’Elysée ?
    Dommage, ça partait d’une bonne initiative mais comme le disent les red dragons , ils ont tourné leur veste et se servent du prétexte des banlieues et de l’immigration et le médiatise que lorsque ça peut être utile pour le gouvernement...

    Dites moi si je me trompe mais j’ai même plus espoir...

    Et lorsque on demande à Hamé, membre du groupe la Rumeur ce qui le dérange avec cet asso il répond :
     » A peu près tout. Ils se proclament anti-racistes, avec cet anti-racisme de pacotille, un anti-racisme bon enfant, satellitaire du PS, et qui a été un organe de division, d’édulcoration, et qui a contribué à désamorcer le début de la radicalisation des luttes issues des quartiers populaires, qu’on a appelée la « marche des beurs pour l’égalité des droits ». Donc l’égalité des droits est passée à la trappe, et on a substitué à ces revendications des espèces de slogan à la Benneton qui ne mangent absolument pas de pain et qui tournent complètement le dos à la réalité sociale. Et puis c’est une association, une organisation politique, qui a été accueillie consensuellement par toute la presse, les milieux politiques, les milieux médiatiques. Harlem Désir (fondateur de président de SOS Racisme de 1984 à 1992, ndlr) a même été reçu par Chirac, le premier ministre de l’époque. Ca veut bien dire ce que ça veut dire : ils se sont imposés comme interlocuteur privilégié de la cause anti-raciste et de la cause des quartiers, mais c’est un titre qu’ils ont largement usurpé pour enterrer les réels problèmes, et pour ne pas qu’une jeunesse des cités organisée claque entre les mains du PS. Donc voilà, ce sont des traîtres. « 

    • admirateur-
      admirateur- répond à Glasgo
      • Posté à 18h01 le 14/10/2009
      • Internaute 32111

      Rappelons que les camps de rétention ont été légalisés en 1980 par la loi Bonnet et qu’ils ont traversé les années Mitterrand (pas Frédéric, l’autre)sans encombre

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 18h43 le 14/10/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    L’affaire de la jungle est d’autant plus pathétique, qu’elle est une tentative enfantine pour cacher l’immense fiasco de la présidence Sarkozy (faire oublier les promesses de Sangate).

    Que ce soit avec la suppression de de la police de proximité, la contrainte des prêts hypothécaires pour une « France de propriétaires », le « travailler plus pour gagner plus », la volonté d’une « France irréprochable », les cartes judiciaire, militaire et hospitalière, la présidence Sarkozy tourne au cauchemar et sombre dans un népotisme décadent.

    Cerise sur le gâteau, une des raisons du gâchis de la jungle, c’était le prétexte sanitaire, parce qu’il y avait une épidémie de gale à Calais, et on apprend qu’au centre même du pouvoir, Lien (la gale républicaine !).

    Ce n’est plus Bonaparte créant les lycées, c’est Napoléon à la Bérézina !

    • lancetre
      lancetre répond à Anastaze
      • Posté à 21h32 le 14/10/2009
      • Internaute 18658

      Besson va faire évacuer l’Elysée, vous croyez ?

       : -)))

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 17h34 le 14/10/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Rassemblement : Samedi 17 octobre à 17 h. à la Place Saint Michel à Paris
    Là où tant de victimes furent jetées à la Seine il y a 48 ans.

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à Autist Reading -
      enragée !
      • Posté à 22h02 le 14/10/2009
      • Internaute 22982
        enragée !

      Ne pas oublier ce massacre :
      lors d’une manifestation pacifique de travailleurs algériens ,la police a assassiné des centaines de manifestants, la Seine servit de cimetierre
      c’était en plein Paris ,le 17 octobre 1961, pendant la guerre d’Algérie ,
      une terrible répression qui se poursuivie bien au delà du 17 octobre pour les algériens raflés ,parqués dans les différents stade parisiens
      et déjà à l’époque la multitude regardait ailleurs.......J’avais 21 ans
      et je me souviens de l’horreur qui m’a saisit en apprenant le massacre ,et le deni et les mensonges de la presse aux ordres ,et
      l’absence de réactions de la multitude comme maintenant !

      ,ce massacre fût occulté jusqu’en 1980 ,et je doute que le 17 octobre 1961 soit au programme des lycéens d’ aujourd’hui !

      avec la traque des sans-papiers, j’ai vraiment l’impression que rien ne change, ou plutôt que çà recommence avec ce pouvoir qui nous couvre de honte,
      et tous ces gens qui ne veulent surtout ne rien voir et ne rien entendre ,et c’est pourtant en notre nom que la tragédie des sans papiers se perpétue

      Lien

  • MerlinPerLinPinPin
    MerlinPerLinPinPin
    Étudiant (Droit).
    • Posté à 17h35 le 14/10/2009
    • Internaute 90126
      Étudiant (Droit).

    Voici, si vous me le permettez, ma lettre ouverte envoyée à notre Président lundi dernier. Je n’ai, certes, pas d’espoir que cela le touche, mais je ne peux me résigner à l’idée de ne pas utiliser un des premiers avantages que la démocratie nous donne, à savoir pouvoir s’exprimer directement à notre Représentant (ou du moins par courrier).

    Cordialement.
    -_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-
    Objet : Demande d’annulation des charters pour les immigrés afghans.

    Le 12 octobre 2009

    Monsieur le Président de la République,

    Je Vous écris avec l’espoir que l’être humain que je suis puisse toucher l’être humain que Vous êtes, Vous aussi. Ne Vous méprenez donc pas dans le contenu des propos qui vont suivre. Il ne s’agit pas là d’une contestation de la part d’un sympathisant d’un autre parti politique que le vôtre. Je Vous parle ici d’Homme à Homme.

    Monsieur le Président de la République, j’ai suivi avec attention l’attachement que Vous avez avec votre Ministre de l’Immigration, Monsieur Eric Besson, à démanteler ce lieu que l’on appelle « la jungle de Calais ». Et c’est la raison pour laquelle je m’autorise à Vous écrire aujourd’hui.

    Monsieur le Président de la République, Vous n’êtes pas sans savoir que des centaines de personnes « vivaient », si je puis dire, à cet endroit. Et c’est bien la raison pour laquelle Vous vous êtes accordé un point d’honneur à ce qui Vous apparaît ici comme un problème. En effet, il s’agit bien là d’un problème. Mais Monsieur le Président, avec tout le respect que je Vous dois, permettez-moi de Vous dire que c’est un problème que vous avez très mal évalué. Il ne s’agit pas là d’un quelconque problème que l’on peut résoudre d’un revers de la main, ou à l’aide d’une brigade de police. Monsieur le Président, il est question ici d’un problème Humain.

    Faisons ensemble une brève analyse. Parmi ces personnes vivant dans « la jungle », une grande majorité d’entre elles étaient de nationalité afghane. Ces jeunes gens ne sont pas des nuisibles tels que des insectes venus d’ailleurs et défrichant nos cultures ou nos ruches d’abeilles. Non, ces personnes livrées à elles-mêmes sont des être humains, comme Vous, comme moi. Elles ont un passé, mais aussi un présent, et surtout un futur. En agissant de la sorte, Monsieur le Président de la République, non seulement vous piétinez leur présent mais en plus de cela vous anéantissez toutes leurs chances d’avoir un futur.

    Dans votre décision à raser entièrement la jungle de Calais, Vous-êtes Vous seulement demandé pourquoi ces personnes vivaient dans de telles conditions, aussi dégradées soient-elles ? Vous-êtes Vous aussi imaginé dans quelles circonstances avait-elles pu venir jusque dans notre pays ? Visiblement non, car si tel était le cas, Vous auriez agi d’une toute autre manière. Vous dîtes lutter contre les passeurs ? Mais votre politique étrangère en matière de gestion de la crise afghane en est la source même. Comment est-il possible de vivre dans un pays en guerre, si ce n’est dans l’attente de rejoindre un autre pays, cette fois-ci en paix ? C’est ici que les passeurs interviennent. Vous me direz que l’OTAN se bat en leur nom, pour leur apporter notre démocratie occidentale. C’est tout à votre honneur, en effet. Mais en attendant, l’Afghanistan est toujours en guerre, et Vous Vous apprêtez à renvoyer ces gens dans un champs de mines et d’obus. Vous les ramenez là où ils ne peuvent avoir aucun futur, si ce n’est dans une probable mort donnée par l’armée des Talibans, ou celle de l’OTAN.

    Que faut-il à vos yeux pour qu’un citoyen étranger ait le mérite de rester dans notre pays ? Dois-je vous rappeler que votre propre famille était immigrée elle aussi ? J’aurais pensé que Vous puissiez comprendre le problème de l’immigration autrement, de façon plus humaine. Quelle différence y-a-t-il ici, Monsieur le Président, entre ces gens et votre famille ? Votre père était fils d’un notable de la petite aristocratie hongroise reconverti comme publicitaire, et votre mère était une future avocate. Mais Monsieur, permettez-moi de Vous dire que tout le monde n’est pas issu du même milieu social que vous, encore moins lorsque l’on naît en Afghanistan.

    Ces gens fuient la guerre, ils fuient la mort présente tout au long de leur vie, de l’Afghanistan jusqu’ici. Ils sont des demandeurs d’asile, protégés de cette façon par la Convention de Genève, que notre pays a signé en 1949, je tiens à Vous le rappeler. Il est de votre devoir, Monsieur le Président de la République, de montrer à votre Nation quel est son devoir, celui d’accueillir du mieux que nous le pouvons ces gens vivant dans le désarroi le plus total. Au lieu de cela, Vous Vous contentez de raviver la flamme des plus nationalistes d’entre nous. Mais quelle honte cela aurait été aujourd’hui si nous n’avions pas accueilli les réfugiés victimes d’exactions durant toute la durée du conflit de la Seconde Guerre Mondiale !

    Par ailleurs, lutter contre l’immigration est l’acte le plus inhumain que Vous puissiez faire. Depuis des millions d’années, l’Histoire de l’Homme est caractérisée par les migrations. L’Homme est un éternel migrant. D’où qu’il vienne, son Histoire lui révèle son destin, celui de s’installer dans un lieu de vie favorable à son épanouissement physique et moral. Et en l’état actuel des choses, l’Afghanistan n’est pas un endroit destiné au développement décent de la vie humaine.

    Monsieur le Président de la République, je Vous demande donc solennellement d’annuler les vols de charters destinés à renvoyer les migrants afghans vers Kaboul. C’est la demande de l’Homme que je suis envers l’Homme que Vous êtes, au nom de tous ces Hommes dont il est de notre devoir de les protéger. Ces gens sont déjà victimes de la guerre, des passeurs, et des patrons sans-scrupules. Evitez-donc qu’ils soient aujourd’hui des victimes de l’Etat. Si contre tout espoir, Vous persévérez à renvoyer tous ces gens dans leur pays en guerre, sachez que Vous m’avez d’ores et déjà enlevé toute fierté d’être français.

    Ainsi, je Vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

    _-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-
    Lien

    • A déménagé le 2 mai 2011
      A déménagé le 2 mai 2011 répond à MerlinPerLinPinPin
      Délinquante au coin de la rue
      • Posté à 19h25 le 14/10/2009
      • Internaute 26137
        Délinquante au coin de la rue

      Pourquoi une majuscule à « Vous » ?
      Vous ne confondez quand même pas chouchou avec un dieu !

      Bon, je plaisante.... à mon avis, le respect pour la fonction ne doit pas aller aussi loin.

      Je souhaite qu’il (en minuscules) vous entende.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h21 le 14/10/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Autist Reading -
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 18h34 le 14/10/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Je vois que toi aussi tu es victime du bug avec les insersions sur imageshack.us.

      ° Je pense que c’est une situation provisoire, car cela m’est déjà arrivée plusieurs fois et cela est revenu à la normale peu après.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Yvon le Zébulon
        In enculo cum vibro
        • Posté à 00h55 le 15/10/2009
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        C’était la main jaune « Touche pas à ma montre ! »...

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Autist Reading -
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 05h44 le 15/10/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Ce matin encore, l’insertion d’images semble impossible !

          ° Y aurait-il un truc que je devrais faire et que je ne fais pas ?
          A moins que cela ne vienne d’un paramétrage particulier sur Rue89...

        1 autres commentaires
  • dranoel
    dranoel
    citoyen
    • Posté à 18h21 le 14/10/2009
    • Internaute 92933
      citoyen

    De telles contributions citoyennes devraient être diffusées tous azimuts.
    Dans les écoles, les lycées, les facs etc, afin d’aider leurs « pensionnaires » à ouvrir leurs yeux sur ce que la république (volontairement avec un petit r) est en train de concocter sur le dos -trop rond- de la démocratie, respectivement des droits de l’homme, dont cette même République (avec un grand R) est l’initiatrice et la détentrice (sur le papier à tout le moins . . .).

    La loi de la jungle est, hélas, plus que jamais au pouvoir. Et celle de la mauvaise foi, hélas médiatiquement entretenue, nous vaut un cancer sociétal quasi incurable

    • Hemenate
      Hemenate répond à dranoel
      • Posté à 18h52 le 14/10/2009
      • Internaute 856

      On devrait donc qualifier les points de vues avec lesquels vous êtes en accord de « citoyen », et ensuite les diffuser via les institutions de l’Éducation nationale.

      Et on appellerait ça démocratie, vous êtes sûr ?

  • Hemenate
    • Posté à 18h47 le 14/10/2009
    • Internaute 856

    Sans débattre du fond, il me semblait que SOS racisme était une association contre le racisme.

    Quels sont les actes racistes qui sont mis en cause dans cette tribune ?

  • Montpellier journal
    Montpellier journal
    (site d'information locale)
    • Posté à 18h50 le 14/10/2009
    • Internaute 66855
      (site d'information locale)

    Lire sur Montpellier journal où en sont les Afghans transférés au centre de rétention de Nîmes : Lien

  • marie 75
    • Posté à 18h51 le 14/10/2009
    • Internaute 3563

    Besson délocalise la peine de mort (cf siné)

  • réagis
    réagis
    lecteur
    • Posté à 18h55 le 14/10/2009
    • Internaute 92941
      lecteur

    un nouveau charter était prévu mardi 13 à 18h, a-t-il décollé ? les assos étaient-elles au courant ? la pression est énorme sur ce dossier c’est à vomir

  • kawouede
    • Posté à 19h44 le 14/10/2009
    • Internaute 27995

    Autre cas de pornographie de la part du ministre de l’éducation Luc Chatel : il a utilisé l’expression « chasse à l’homme » à propos des critiques contre la nomination de Jean Sarkozy à l’EPAD

    Quand les mots sont à ce point trahis, subvertis, par des trucs de communiquant sans dignité, quel crédit apporter à ceux qui sont censé incarner la République ?

  • ah.ça-ira.
    ah.ça-ira.
    citoyen en colère
    • Posté à 19h52 le 14/10/2009
    • Internaute 92947
      citoyen en colère

    Ouvrons un guantanamo pour ces envahisseurs ! Ce sont des terroristes qui envahissent nos friches industriels, ils volent le pain rassi destinés à nos propres pauvres, ils viennent piller nos poubelles pour se construire de somptueux palaces et salissent nos camions pour voyager gratuitement ! Besson protège nous !

  • lancetre
    • Posté à 21h35 le 14/10/2009
    • Internaute 18658

    Sur Besson, tout a été dit, magnifiquement, par Stéphane Guillon dans une récente chronique.Ce traitre lasse le mépris.

    Sur SOS-Racisme : Comment leur accorder encore la moindre confiance après les révélations sur les chèques adressés à Julien Dray ? Lequel Dray apporte son appui à la nomination de Jean Sarkozy ! Sic transit gloria mundi...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 02h46 le 15/10/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Solidarité avec la grève des travailleurs sans-papiers

    Depuis le lundi 12 octobre, plus d’un millier de travailleurs sans-
    papiers se sont mis en grève pour réclamer leur régularisation.
    Le Réseau Education Sans Frontières a signé, avec dix autres
    organisations, la lettre ouverte à M. le Premier Ministre lui
    demandant une circulaire de régularisation.
    Alors que l’Etat français bafoue la Convention Internationale des
    Droits de l’Enfant - qu’il a pourtant ratifiée - en emprisonnant
    des enfants dans des centres de rétention administrative et en les arrachant à leurs parents qu’on expulse vers des pays qu’ils ont fui, il continue de livrer les migrants sans-papiers à l’appétit
    de patrons sans scrupules.Les parents des enfants que nous défendons depuis de nombreuses années sont aussi des travailleurs victimes de cet état de fait. Les jeunes majeurs scolarisés pour qui le dix-huitième anniversaire sonne comme le glas de l’expulsion programmée en sont, eux, les futures victimes.
    Le Réseau Education Sans Frontières participe et soutiendra cette mobilisation pour la régularisation des travailleurs sans-papiers, ville par ville, quartier par quartier, piquet de grève par piquet de grève.

    Paris, le 14 octobre 2009

    Clotilde Maillard
    clo@club-internet.fr

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 19h51 le 15/10/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Merde j’ai vu pornographie j’ai accouru.

    Les migrants...