12/10/2009 à 16h39

Nationalisme en Angleterre : Le Pen traverse la Manche

Hugues Serraf | Chroniqueur

L’appréciation, par un Français ayant vécu les angoissantes années FN, de la transformation progressive d’un groupuscule d’extrême droite britannique (le BNP, British National Party) en une vraie force électorale est nécessairement complexe.

Il y a d’abord un certain étonnement. Et l’abandon forcé de cette idée selon laquelle la Grande-Bretagne, pour tous ses Oswald Mosley et autres Enoch Powell, était immunisée contre l’émergence d’un parti protestataire de type frontiste. Oh, non pas que les amateurs de rosbif soient, eux mêmes, plus résistants (sic) que les mangeurs de grenouilles aux sirènes de la bête immonde (Jersey occupé, ça donne aussi une collaboration enthousiaste), mais l’on imaginait qu’un pays habitué au bipartisme et doté d’un système électoral peu favorable aux francs-tireurs ne serait pas le terreau idéal pour l’émergence d’un pareil mouvement...

Le débat politique contaminé par l’ethno-patriotisme beauf

Les travaillistes, comme les conservateurs, avaient d’ailleurs été capables, jusqu’à présent, d’héberger sans trop de dégâts idéologiques leur « loonies » respectifs -soit les radicaux qui préfèrent le Grand soir et la Nuit de cristal aux pesanteurs du débat démocratique. Cette époque est peut-être révolue.

Mais au-delà de l’étonnement, il y a aussi une vraie inquiétude. Celle de voir un débat politique généralement civilisé et libéral (au sens philosophique s’entend, ne commençons pas à partir dans toutes les directions) contaminé par le même ethno-patriotisme beauf que celui qui nous a donné un Le Pen au second tour de la présidentielle, un Villiers chez Sarkozy et un ministère de l’Identité nationale.

Comme le FN d’avant la présidentielle de 1981, le BNP a commencé par fédérer une poignée de nostalgiques de l’Empire colonial, d’ouvriers en rupture de communisme et de fans de Skrewdriver. Comme le FN d’après les européennes de 1984, il dispose désormais d’un leader en costume cravate susceptible d’être invité aux garden-parties royales, ainsi que d’une petite armée d’élus plus ou moins présentables (une cinquantaine au niveau local et deux députés au parlement de Strasbourg).

Mais une fois l’étonnement et l’inquiétude évacués perce aussi un chouïa de « Schadenfreude », ce sentiment emprunté aux Allemands et que l’on traduit généralement par « joie mauvaise », tant il est idiot de se réjouir de ce que le prurit dont vous avez longtemps souffert affecte désormais le voisin du dessus.

Car à observer la classe politique et les médias londoniens se torturer les méninges sur la meilleure manière de traiter le phénomène, on s’amuserait presque de les entendre poser les mêmes questions que leurs homologues français vingt ans plus tôt : inviter les leaders d’extrême droite dans les émissions de télé ou de radio ou pas ? Parler avec eux comme avec les représentants de n’importe quelle autre organisation politique ou pas ? Respecter leurs électeurs au sens où ils ne seraient que des brebis égarées ou les disqualifier comme autant de petits blancs ignorants et méchants ?

Bah, il faudra bien que les Anglais réempruntent ce long chemin « on their own », même si la lecture de l’imposante littérature sur le FN peut leur servir de viatique. Seul encouragement que l’on puisse leur fournir à ce stade : « l’irrésistible » ascension de l’extrême droite, ça finit pas s’arrêter un jour. Mais, gros bémol à ce message d’espoir, ça laisse des traces indélébiles.

Aller plus loin
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  • lavoine
    lavoine
    région parisienne
    • Posté à 17h02 le 12/10/2009
    • Internaute 27439
      région parisienne

    Montée des communautarismes et ses dangers et menace sur la nature de l’identité nationale entraînent logiquement des réactions nationalistes et patriotiques. Tout ça me semble sain.

    • padiran
      padiran répond à lavoine
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 18h35 le 12/10/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      Maréchal nous voilà !
      Devant toi, le sauveur de la France
      Nous jurons, nous, tes gars
      De servir et de suivre tes pas
      Maréchal nous voilà !
      Tu nous as redonné l’espérance
      La Patrie renaîtra !
      Maréchal, Maréchal, nous voilà !

    • tweesty
      tweesty répond à lavoine
      Gaucher et contrarié
      • Posté à 14h58 le 13/10/2009
      • Internaute 83901
        Gaucher et contrarié

      Le nationalisme, c’est pas du communautarisme ?

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 17h36 le 12/10/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    le FN d’avant la présidentielle de 1981, .... a commencé par fédérer une poignée de nostalgiques de l’Empire colonial, d’ouvriers en rupture de communisme.

    encore une fois la bassesse frappe haut

  • mick69
    • Posté à 18h13 le 12/10/2009
    • Internaute 2907

    C’est marrant, dans la pensée libérale-neuneu, tous les communautarismes sont respectables en Angleterre (cf tribunaux & banques islamiques, médecins, profs et policiers voilés...), sauf le communautarisme d’origine (good old England, Beatles & bobbies)

    • Sowinski
      Sowinski répond à mick69
      • Posté à 10h46 le 13/10/2009
      • Internaute 45555

      Manifestement vous n’avez pas ouvert un journal anglais depuis 10 ans. Le seul esprit communautaire respecté en Angleterre est celui des riches et des classes moyennes blanches. Tout le reste est suspect.
      Et on entend beugler « proud of being British » et « defending British values » tous les 4 matins.

    • Azza
      Azza répond à mick69
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 13h27 le 13/10/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      C’est marant de coller les Beatles dans la categorie « communautarisme d’origine ».

      Des mecs qui ont revolutionne la musique en s’inspirant du blues noir americain et qui ont ete le premier groupe a coller un Sitar indien dans un morceau de pop... (je me l’ecoutait justement hier le morceau en question !). Ils ont aussi commence serieusement leur carriere en Allemagne...

      Le good old england, vous me direz ce que c’est, sachant que c’est quand meme le Royaume Uni et dans une moindre mesure les autres puissances coloniales qui ont invente la Mondialisation. La guerre de l’opium, vous en avez deja entendu parle ? Et Hong Kong, ca vous dit quelque chose ? Bikini, ca resonne a vos oreilles ? Et Diego Garcia, dont tous les habitants ont ete deportes pour laisser les Americains y installer leur plus grosse base de l’ocean indien sur cet ilot loue aux Britaniques...

      On peut quand meme pas faire de sa capitale la capitale du monde sans se retrouver a y voir vivre un jour des gens de toute la planete...

      Comme si les Romains avaient un jour eu leur nostaliques du « Good old Latium » !

    • solidario
      solidario répond à mick69
      (gènie)
      • Posté à 11h41 le 13/10/2009
      • Internaute 92762
        (gènie)

      c’est marrant de trouver les Beatles dans la patrimoine xenophobe-Lennon et Macartney sont tous les deux les fils d’immigrés (irlandais, mais quand même...)

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 18h21 le 12/10/2009
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    Sommes-nous prêts à tout pardonner, aux survivants du tatcherisme ?

  • thierry reboud
    • Posté à 18h35 le 12/10/2009
    • Internaute 20923

    Peut-être bien que le bipartisme, c’est un truc qui plaît beaucoup aux deux partis en question, mais moins aux électeurs, allez savoir. Parce que si le BNP fait aujourd’hui vaciller (juste vaciller, hein) le bipartisme, les Liberal Democrats et Paddy Ashdown avaient commencé il y a une dizaine d’années. Certes, on peut regretter avec vous que le bipartisme vacille dans ce sens-là (et aussi qu’il n’y ait toujours pas de parti de gauche de quelque envergure en Grande-Bretagne), mais le phénomène n’est peut-être pas aussi neuf qu’il y paraît.

    On peut d’ailleurs noter qu’un autre parangon du bipartisme, l’Allemagne, a connu aux dernières élections générales un éclatement assez remarquable avec le retour en grâces électorales du FDP, l’ascension de Die Linke et le maintien (en retrait, mais maintien malgré tout d’une présence plus qu’anecdotique au Bundestag) des Verts.

    Tout ça au moment où des esprits éclairés, tant à gauche qu’à droite, nous jurent qu’en France, le bipartisme c’est l’avenir...

    • Azza
      Azza répond à thierry reboud
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 11h32 le 13/10/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Ben evidement que c’est l’avenir,

      comment voulez vous garantir l’existence du PS autrement ? et par voie de consequence celle de l’UMP ?

      Plus precisement : c’est LEUR avenir

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h31 le 12/10/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Je suis rarement d’accord avec le vaticinateur, mais là bravo. Très belle analyse du contexte en Angleterre et des montées des nationalismes en Europe en général.
    Emergence d’une « élite » bon chic , bon genre fréquentable par les médias , montée du chomage, deliquescence des autres partis politique. Ne reste plus que l’apparition d’un leader charismatique et tous les ingrédients sont prêts.
    En France avec le FN et J.M. Le pen, le problème se posait depuis que Mittérand à « légitimer » le FN par les élections proportionnelle de 1986. Mais Le Pen, heureusement, ayant un super égo n’a jamais transmis sa charge à quiconque, ce qui a permis à Sarkozy de rafler la mise aux dernières Présidentielles. Depuis qu’il a debauché Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon et son garde chasse, pêche, nature et traditions Frédéric Nihous, il pense avoir récupéré un partie du trésor.
    En Autriche, Jorg Aider à été la providence de l’extrême droite, qui depuis sa disparition ne s’en est toujours pas remis
    En Italie, Berlusconi sert de cheval de Troie à la ligue du Nord
    Il faut un certain nombre de facteurs pour voire réapparaitre la « bête » et plus le contexte économique est dure et plus le nombre de facteurs diminue en Angleterre et ailleurs.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 18h59 le 12/10/2009
    • Internaute 71674

    Arturo Ui s’essaye au chapeau melon :

    Plutôt que la désolante littérature sur le FN, un peu de Brecht, vous savez : « le ventre de la bête... ».

  • affreuxjojo
    • Posté à 19h41 le 12/10/2009
    • Internaute 29421

    Je regrette un peu que cet article, intéressant par ailleurs, évacue totalement le contexte économique.J’ai peine a croire que cette montée des extrêmes soit déconnectée des réalités sociales et économiques Britannique actuelles.

    • Azza
      Azza répond à affreuxjojo
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 11h39 le 13/10/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Le Royaume Uni a un probleme : il est drogue a la finance.

      La desintegration du secteur industriel a eu pour consequence que l’economie du pays depend aujourd’hui totalement de la sante du secteur bancaire. Du coup, les banques n’ont jamais ete aussi puissantes et font subir ce qu’elles veulent a une population ecrabouillee par l’endettement.

      Est ce que le BNP ne cartonne pas simplement parce que les gens cherchent une alternative aux indeboulonnables partis en place ? Tout comme les islamistes cartonnent dans les pays musulmans car, les oppositions democratiques y ayant ete eliminees, ils restent les seuls opposants en lice contre le regime en place (a mon avis bien contents de n’avoir en face d’eux qu’un repoussoir, qu’ils peuvent d’ailleurs aisement controler).

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 16h21 le 15/10/2009
        • Internaute 41144

        Si l’extrême droite avait un rapport avec la finance, si elle était un sous-produit du bipartisme, il n’y aurait pas eu de FHaine en France. Le bipartisme n’exclut pas du tout l’existence d’autres partis - comme par exemple les « Libéraix Démocrates » qui existent depuis des décennies au Royaume Uni et siègent à Westminster, et les Libéraux et les Verts en Allemagne. De même aux Etats-Unis, il existe une myriade de partis autres que les Républicains et les Démocrates (de l’extrême extrême gauche à l’extrême extrême droite) - ce sont les électeurs qui choisissent de ne pas voter pour eux.

        Aucune opposition démocratique n’est « éliminée » dans ces pays, contrairement à ce qui s’est passé dans le monde arabo-musulman. Vos « explications » ne tiennent pas une seconde.

        Le BNP monte exactement pour la même raison que le FHaine est monté en France : un racisme certain, la peur de l’immigration et l’arrogance des islamistes qui, jusqu’au 7/7 appelaient publiquement à « détruire l’occident », à « massacrer », « décapiter », « égorger » les « ennemis de l’islam » - ceci en toute légalité.

        Le Royaume Uni était (et est toujours, pour le moment) l’un des pays les plus tolérants du monde (avec les Pays Bas), un de ceux où la liberté d’expression est la plus totale (seule limite : ne pas dire du mal de la reine : délicieusement exotique, isn’t it ?).

        Les attentats de Londres et de Glasgow ont traumatisé le pays. La violence des réactions aux caricatures de Mahomet aussi. Les députés sont en train de regarder du côté de la France pour chercher des solutions à l’islamisme galopant : exemple, les élèves filles - et les professeurs - avaient le droit de venir à l’école voilées (par-dessus l’uniforme réglementaire) ? Elles prétendent maintenant venir revêtues du voile intégral - des élèves ET des professeurs (bonjour la communication au sein de la classe).

        On assiste consternés à l’assaut porté contre la démocratie libérale (au sens POLITIQUE du mot), assaut mené grâce aux armes offertes par cette démocratie même. Une partie de la population ne voit de solution que dans l’extrême droite - qui apporte des « réponses » simplistes à des problèmes compliqués - une autre réfléchit à l’équilibre entre libertés publiques et sécurité publique...

  • Laurent-Weppe
    • Posté à 20h13 le 12/10/2009
    • Internaute 32921

    « Respecter leurs électeurs au sens où ils ne seraient que des brebis égarées ou les disqualifier comme autant de petits blancs ignorants et méchants ? »

    On peut aussi faire comme Sarko en France, ou Nixon, ses séides et leurs héritiers aux USA : faire semblant de les respecter en tenant un discours qui leur plaît dans le but d’en faire des idiots utiles qui votent « comme il faut ». Les traces américaines sont pires que les françaises : les électeurs extrémistes sont devenus indispensables pour gagner les élections, puis ils sont devenus militants, puis notables, et maintenant, les cinglés tiennent le parti républicain et on lit des appels au coup d’état militaire dans les pages des magazines conservateurs.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 16h32 le 15/10/2009
      • Internaute 41144

      « on lit des appels au coup d’état militaire dans les pages des magazines conservateurs ».

      Non, seulement dans des publications de cinglés qui, contrairement à ce qui se passerait en France, sont légales - la liberté d’expression étant totale aux USA (une seule restriction : ne pas crier « au feu » dans une salle de spectacle).

      Il n’y a jamais eu l’ombre de la queue d’un coup d’Etat militaire aux Etats-Unis dans leur histoire, jamais la moindre menace. L’armée y est d’un républicanisme exemplaire.

      Si les cinglés « tenaient » le parti Républicain, celui-ci n’aurait pas désigné McCain comme candidat à la présidence : il est tout ce que les cinglés haïssent. Si les cinglés représentaient un tel pourcentage d’Américains, Obama n’aurait pas été élu.

      La différence essentielle entre les Républicains et les Démocrates n’est pas où vous croyez : traditionnellement, les Américains ont peur d’un Etat trop fort (le « big government ») - c’est quasiment dans leurs gènes, parce que pour une grande partie d’entre eux, ils ont des ancêtres qui ont immigré aux Etats-Unis pour fuir des dictatures totalitaires. Dans ce cadre, les Républicains sont pour le moins d’Etat possible, les Démocrates pour le plus d’Etat possible. Lincoln était Républicain, les Démocrates du Sud étaient ségrégationnistes.

      Les visions simplistes sont toujours fausses.

      • Laurent-Weppe
        • Posté à 23h12 le 15/10/2009
        • Internaute 32921

        Pas de tentative de coup d’état aux USA ?
        Jamais ?
        Z’êtes sûre ?

        Lien

        ahem...

        Et McCain, totalement étranger aux « cinglés » ?

        Lien

        ahem bis.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 23h58 le 15/10/2009
          • Internaute 41144

          « Z’êtes sûre ? »

          Oui, j’en suis sûre. L’exemple que vous citez est ridicule, ce n’est même pas une tentative. Depuis 1776, pas UNE tentative de coup d’Etat - combien de coups d’Etats réussis en Europe pendant tout ce temps ?

          Et j’en suis sûre aussi : McCain est totalement étranger aux cinglés d’extrême droite, c’est un type respectable, même ni on ne partage pas ses idées.

          Ce que vous n’arrivez pas à comprendre, c’est tout simplement qu’aux Etats-Unis, on a le droit de tout dire (sauf « Au feu » dans un théâtre) et de tout écrire : ça ne signifie pas que tout ce qui se dit et que tout ce qui s’écrit ait du succès après des populations. J’ai vu il y a longtemps en Floride une manif du KKK : une quinzaine de types pitoyables et ridicules sous leurs chapeaux pointus, conspués par une foule mi-furieuse mi-hilare.

          Vous avez tout faux sur toute la ligne.

          • Laurent-Weppe
            • Posté à 19h44 le 16/10/2009
            • Internaute 32921

            « aux Etats-Unis, on a le droit de tout dire (sauf “ Au feu ” dans un théâtre) »

            Parce que les « Death Panels » ce n’est pas crier « au feu ? »
            Parce que les campagnes d’intox de Betsy McCaughey ce n’est pas crier au feu ?
            Parce qu’inventer un « complot musulman » totalement imaginaire ce n’est pas crier au feu ? (et recycler la rhétorique antisémite par la même occasion) :
            Lien
            Parce qu’Orly Taitz ne passe son temps à crier au feu ? (et à se faire condamner par la justice US précisément pour cette raison ?).

            Quant à McCain, il s’agit quand même d’un individu qu’il a fallu ceinturer parce qu’il allait passer un militant républicain à tabac (son crime ? avoir installé un podium trop bas lors d’un speech de McCain en 86) ; qui a traité sa femme de « pouffiasse » (cunt) en 92 devant témoins, qu’il fallu ceinturer une nouvelle fois la même année parce qu’il s’apprêtait à en venir au mains avec Chuck Grassley, un autre sénateur, républicain comme lui... Pas vraiment un modèle d’équilibre mental, mais là on est face au même phénomène que lors des déclarations d’Hortefeux : dès qu’un notable laisse transparaître des vices qui ne sont pas très compatibles avec un comportement d’homme civilisé, il y a toujours quelqu’un pour dire « C’est un grand homme d’état, il mérite le respect »

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 01h09 le 17/10/2009
              • Internaute 41144

              C’est vraiment aussi difficile à comprendre ?

              Aux Etats-Unis, la Constitution garantit une totale liberté d’expression, à UNE exception près : crier « Au feu ! » dans une salle de spectacle (pareil au Royaume Uni où l’exception c’est de dire du mal de la reine). Il n’y a aucune opinion interdite, même les pires : ils considèrent à très juste raison que les opinions se combattent avec des mots, pas avec la loi. Pour autant, les opinions extrêmistes de droite comme de gauche sont extrêmement minoritaires dans le pays - ce n’est pas parce qu’on a le droit de tout dire, que tout est populaire, contrairement à ce que vous en déduisez. Chez eux les nazis se réunissent au greand jour, chez nous ils le font en cachette : certains en déduisent bêtement qu’il n’y a pas de nazis chez nous... On leur offre en plus, à nos nazis à nous, une belle image de « martyrs » - ils sont forcément « persécutés », puisque interdits...

              Je ne suis pas du tout une fan de McCain, mais je maintiens qu’il n’a rien à voir avec les cinglés fascistes qui d’ailleurs le haïssent et n’ont pas voté pour lui. C’est un type de centre droit dont les idées sont respectables même si on ne les partage pas.

              Certains Français ne comprenent pas du tout ce que sont les libertés fondamentales, malheureusement, et ne se battraient pas plus pour elles aujourd’hui qu’ils ne l’ont fait par le passé...

        3 autres commentaires
  • mick69
    • Posté à 20h55 le 12/10/2009
    • Internaute 2907

    L’épouvantail fasciste, ça fait 40 ans que l’oligarchie ultra-libérale l’agite pour faire diversion avec un fantasme, pendant que dans la réalité elle pille à pleines mains les richesses publiques

    J’ai l’impression que les dictatures fascistes sont des chiens de garde que l’oligarchie ne met en place que lorsqu’il y a, à ses yeux, un risque communiste dans la population. En dehors de ce cas, l’oligarchie préfère mettre en place une démocratie bidon et brutale dans le style George Bush ou Maltraité de Lisbonne : une démocratie bidon c’est mieux qu’une dictature pour écouler leur camelote consumériste

  • brawd
    brawd
    contemplateur
    • Posté à 00h27 le 13/10/2009
    • Internaute 89491
      contemplateur

    « Le Pen traverse la Manche ».....à la nage. Welcome Mister Le Pen.
    Les Irackiens de Calais et de Douvres vont être contents de savoir que l’ami de Sadam Hussein fait des « petits » en Angleterre

    • Waldeck
      Waldeck répond à brawd
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 10h48 le 13/10/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« Le Pen traverse la Manche »…..à la nage. »

      Non, il a simplement appelé sa fille « Marine » !

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 10h40 le 13/10/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Le protestantisme anglo-saxon avait « protégé » les USA, la GB, l’Allemagne, du communisme (je ne parle pas du soviétisme) qui était parvenu à prendre racine dans les pays à dominante catholique.

    Mais il ne l’avait pas tenu à l’abri des tentations de la droite extrême (je ne parle pas du nazisme ou du fachisme), ainsi certaines organisations peuvent-elles avoir pignon ( et opinion) sur rue sans vergogne et avec une relative complaisance des autorités, leur permettant à ces autorités d’avoir à bon compte un brevet de grande tolérance...

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 11h28 le 13/10/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Etonnant, votre étonnement...

    Il suffit de se promener à Londres pour constater la présence massive d’immigrés. Les mêmes causes produisant les mêmes efftets, il y a inéluctablement dans ce cas un sentiment de dépossession de son sol qui naît chez les « autochtones » et qui se traduit par des crispations identitaires et de la xénophobie, quand ce n’est pas du racisme pur et simple.

    Routine.

    En revanche, ce qui m’étonne, c’est que vous sembliez considérer que l’extrême-droite française a connu son apogée et serait désormais vouée au déclin.

    Alors que dans les dix ans qui viennent, le vieillissement de la population va s’accélérer et la pression migratoire va encore s’accentuer en France. Sans parler des retombées encore inapparentes de la crise financière

    Tous facteurs qui vont contribuer à un durcissement général de la société, et objectivement renforcer l’extrême-droite.

  • Alt-Z
    Alt-Z
    Dans le marigot Lepen89
    • Posté à 12h33 le 13/10/2009
    • Internaute 34267
      Dans le marigot Lepen89

    ...les radicaux qui préfèrent le Grand soir et la Nuit de cristal aux pesanteurs du débat démocratique...

    Bernard-Henri, sort de ce corps !

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 14h22 le 13/10/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Article intéressant et fine analyse M. Serraf...
    On est rarement d’accord mais là, je dois dire que vous avez visé juste.
    La seule chose qu’on pourrait conseiller aux médias et aux démocrates anglais, c’est de faire l’exact contraire de ce qu’ont fait les Froggies pour faire barrage au FN. Ca leur évitera d’avoir un facho en finale des élections et de tomber dans la psychose sécuritaire.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 15h43 le 16/10/2009
      • Internaute 41144

      « Ca leur évitera d’avoir un facho en finale des élections et de tomber dans la psychose sécuritaire ».

      Impossible dans leur système parlementaire : il faudrait que le facho en question réussisse à faire élire une majorité de députés fachos, ce qui n’est vraiment pas pour demain.