Décryptage 11/10/2009 à 10h50

Etre à tu et à toi en politique : connivence ou transparence ?

Julien Martin | Ex-Rue89

Longtemps utilisé par Karl Zéro, jusqu’à le caricaturer, le tutoiement en politique n’en reste pas moins un sujet tabou. Entre les politiques eux-mêmes, mais également entre politiques et journalistes. Connivence ou transparence ? Décryptage en six séquences.

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« Ne m’appelle pas Jean-Luc ! »

Le dernier épisode est en date est particulièrement rare. Invité à débattre avec Frédéric Lefebvre, le 5 octobre sur le plateau du « Grand Journal » de Canal +, Jean-Luc Mélenchon commence par tutoyer le porte-parole de l’UMP, comme dans leurs relations hors caméras, avant de s’arrêter net quand ce dernier appelle le président du Parti de gauche qu’il est par son prénom, et de s’expliquer en direct :

« Finalement, je vais vous vouvoyer, ce sera plus clair. C’est très mal ressenti parce que là nous sommes dans un rôle public : monsieur Lefebvre représente des gens qui sont de sa condition et moi de la mienne. Ceux qui nous regardent vivent mal le fait que l’on mélange les genres. C’est une erreur quand moi je le tutoie. » (Voir la vidéo)

Frédéric Lefebvre reste silencieux après avoir provoqué l’explication : « Il faut que tu choisisses. Ou tu me vouvoies ou tu me tutoies. » Il sait que le pas de deux de Jean-Luc Mélenchon est délicat à justifier. Une justification analysée par la sémiologue Mariette Darigrand :

« Le tutoiement est un signe de modernité professionnelle et sociale. Le tutoiement s’est beaucoup répandu ces dernières années dans la vie professionnelle. Les politiques, comme les autres corporations, sont touchés. Mais ils se méfient car ils craignent l’effet corporatiste. Le fait que les gens les sentent plus proches entre eux -quel que soit leur bord- que dans le lien avec les citoyens.

Jean-Luc Mélenchon hésite. Il veut avoir sa part de modernité, de cette décontraction des relations. Mais il se méfie de la connivence intra-professionnelle, ne veut pas être un collègue de Frédéric Lefebvre. Il dit donc : “Ne m’appelle pas Jean-Luc !” La modernité reste quand même du côté du tutoiement. »

► Séquence suivante : « Mon pote, tu ne seras jamais Président ! »

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« Mon pote, tu ne seras jamais Président ! »

L’échange est largement connu pour son contenu. A la veille des européennes de juin, dans l’émission « A vous de juger » sur France 2, François Bayrou fixe Daniel-Cohn Bendit et lâche :

« Je trouve ignoble, moi, d’avoir poussé et justifié des actes à l’égard des enfants que je ne peux pas accepter. »

La forme n’est pourtant pas non plus dénuée d’enseignements. Alors que le président du MoDem se tient au vouvoiement, persuadé que cette formalité va donner plus d’intensité encore à l’accusation qu’il veut solennelle, le chef de file d’Europe Ecologie multiplie les tutoiements. (Voir la vidéo)

Le leader centriste tente de se démarquer de celui avec qui il est alors au coude-à-coude dans les sondage, en insistant sur cette « ignominie », mais également en démontrant un « climat de connivence » entre Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Sarkozy.

« C’est désastreux pour François Bayrou », analyse Jean-Daniel Levy, politologue à l’institut CSA. D’une part, il reconnaîtra plus tard l’inopportunité de l’attaque. D’autre part, il ne parviendra pas à entamer la crédibilité de son adversaire écologiste. Au contraire :

« Par le tutoiement, dont il est spécialiste, Daniel Cohn-Bendit sort l’échange de l’affrontement politique et montre qu’eux-mêmes se connaissent bien. Il se permet même de lui dire : “Mon pote, je te le dis, tu ne seras jamais président de la République !” Ce qui alors ressemble plus à un simple constat qu’à une attaque frontale. »

► Séquence suivante : « Et Sarkozy tutoya Chirac »

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« Et Sarkozy tutoya Chirac »

Même Jacques Chirac se sera finalement vu donner du « tu » par Nicolas Sarkozy. La scène est relatée par L’Express. Au cœur de l’été 2008, dans la maison de la famille Bruni-Tedeschi, le couple Chirac est invité par les époux Sarkozy. La rivalité qui les avait opposés durant les quinze dernières années va presque s’envoler en un dîner. Au point, qu’à la fin de la soirée, raconte l’hebdomadaire :

« Surprise, après tant d’années, Nicolas Sarkozy se met à tutoyer Jacques Chirac. L’ancien maire de Paris tutoyait depuis toujours celui de Neuilly. »

Le tutoiement est désormais de rigueur du côté du palais de l’Elysée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Dès les premiers conseils des ministres, la rupture de style a été mis en œuvre, comme le relatait le site de LCI :

« “Beaucoup ont pris la parole”, a confirmé le ministre du Budget, Eric Woerth, parlant d’un Conseil alliant “beaucoup de simplicité” à “un certain formalisme”. “Il y a une vraie liberté de ton”, s’est réjouie la ministre de la Culture.

Nicolas Sarkozy appelle certains des ministres par leur prénom. Et si le vouvoiement semble revenir à l’école, le tutoiement fait son arrivée sous les dorures de l’Elysée. “Alain” (Juppé) fut quelque peu surpris. »

Surpris, Jean-Daniel Lévy ne l’est pas. Pour lui, cela s’inscrit dans la droite ligne de l’ouverture chère au nouveau chef de l’Etat, ainsi qu’à sa volonté d’atténuer le clivage gauche/droite :

« Quand on regarde un certain nombre de responsables politiques de l’UMP, on y voit une nette volonté de dépolitiser le débat. Cela correspond au style de Nicolas Sarkozy : il n’y pas de raison de se cacher, sur ses vacances, sur son salaire, sur son couple...

On affiche : “Je dis la vérité.” Cela permet surtout de montrer qu’au fond les clivages politiques ne sont pas si importants. On se connaît, on peut s’entendre. »

► Séquence suivante : « Tu es resté combien de temps au placard ? »

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« Tu es resté combien de temps au placard ? »

Avec Nicolas Sarkozy, ce qui vaut pour les politiques vaut également pour les journalistes : tutoiement à tous les étages. Là aussi, il s’agit d’une manière d’abolir les frontières. En témoigne la « vidéo off » de Nicolas Sarkozy diffusée par Rue89, avant son interview sur France 3, le 30 juin 2008.

A Gérard Leclerc, journaliste de la chaîne, il demande : « Tu es resté combien de temps au placard ? » Et, comme pour affirmer -à tort ou à raison- qu’il n’est pas étranger à son retour en grâce, il ajoute à l’adresse des autres journalistes présents : « J’avais protesté quand on l’avait mis au placard. » (Voir la vidéo)

Sur le plateau, personne ne relève. Pas même l’intéressé. Comment dès lors ne pas faire naître ensuite des soupçons de connivence, quand moins d’un an plus tard le même Gérard Leclerc est nommé à la tête de La Chaîne Parlementaire, et ce contre l’avis du comité de sélection de l’Assemblée nationale ?

Pour sa défense, le journaliste déclarait alors « avoir toujours fait preuve de [sa] totale indépendance à l’égard de tous les pouvoirs ». Une indépendance dont un cadre de LCP doutait pourtant avant même la nomination ; il avait confié à Rue89 :

« C’est marrant parce que Gérard Leclerc, le journaliste que Nicolas Sarkozy tutoie, on sait tous que ce sera notre prochain président car il a le soutien de l’Elysée... »

► Séquence suivante : « Et tutoyer le Président ? »

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« Et tutoyer le Président ? »

Si le tutoiement du Président envers nombre de journalistes pose question, la réciproque également. C’est précisément avec cette seconde interrogation que le quotidien Libération faisait la promotion de sa nouvelle formule début septembre.


La question avait d’ailleurs été posée en mars à Antoine Guiral, journaliste de Libération en charge de l’Elysée, par Daniel Schneidermann sur ArretSurImages.net :

« Je le vouvoie bien sûr. Lui a souvent essayé de me tutoyer, mais je l’ai toujours vouvoyé et au bout de deux phrases il se met à me vouvoyer. »

Cette quasi offense au chef de l’Etat lui a d’ailleurs valu nombre de « petites humiliations » devant ses confrères de la part de Nicolas Sarkozy. Ce qui peut rendre difficile toute résistance. Daniel Schneidermann explique que le journaliste du Monde qui suivait l’actualité de l’Elysée lui avait fait une réponse différente un an plus tôt :

« Philippe Ridet du Monde, lui, nous avait raconté qu’il avait dû céder au tutoiement de Sarkozy, qu’il avait dû en arriver à tutoyer Sarkozy. »

Reste à savoir si le tutoiement rend « plus proche de l’information ou plus proche du pouvoir ». C’est aux lecteurs de l’apprécier.

► Séquence suivante : « Tu étais à l’aise sur les trucs perso ? »

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« Tu étais à l’aise sur les trucs perso ? »

Courante est donc la situation où un journaliste qui tutoie un politique en off le vouvoie lorsque les micros sont ouverts. L’une des illustrations les plus flagrantes se passe sur le plateau de France 24, quand, le 12 décembre 2007, la journaliste Roselyne Febvre reçoit Rachida Dati, alors garde des Sceaux.

Cette fois, c’est Bakchich qui s’était procuré les images et le son « off » avant l’émission et pendant la coupure publicitaire. Roselyne Febvre lui parle remaniement (« Et l’Intérieur ? A la Justice, tu as tout fait. »), campagne présidentielle (« On s’est bien marrés. »), questions de l’interview (« Tu étais à l’aise sur les trucs perso ? »), bijoux (« Elles sont sympa, ces boucles d’oreilles. »), etc. (Voir la vidéo)

La journaliste de France 24 s’en est ensuite expliquée dans une interview accordée à 20Minutes.fr. Elle a jugé la polémique créée par cette vidéo « d’une hypocrisie incroyable », tout en assurant que désormais elle « la bouclerait » :

« On a l’impression que l’on découvre la vie. Le tutoiement, tous les journalistes le savent et le font. J’ai suivi l’UMP pendant longtemps pour France 3. Les politiques, nous passons notre vie ensemble dans les avions.

Nous avons des intérêts partagés, ils ont besoin de nous, nous avons besoin d’eux. Mais ils ne nous veulent pas du bien et nous ne sommes pas amis. Je ne comprends pas le tollé suscité par la vidéo. Il y a bel et bien une connivence mais elle est superficielle. »

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  • Julien Martin
    Julien Martin
    Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
    • Posté à 22h15 le 10/10/2009
    • Internaute 14
      Ex-Rue89

    Petit aparté de l’auteur : il est difficile d’écrire sur le tutoiement en politique sans parler de sa propre pratique personnelle. Je ne tutoie pas les hommes et les femmes politiques, même si certains entament souvent une conversation sur le mode du tutoiement. Je n’ai jamais imaginé le faire, ce sont des relations de travail.

    Quand bien même cela m’arriverait un jour avec quelques uns (qui n’a jamais noué des relations amicales dans le cadre professionnel ? qui est « à l’abri » de voir une de ses connaissances personnelles entrer dans sa sphère professionnelle ?), je crois que ce qui est le plus important est de respecter toujours la même règle : tenter d’être le plus objectif possible.

    Autrement dit, si j’ai une information sur une personne, je la traite impartialement et la publie, que j’ai plutôt un a priori positif ou négatif sur elle. D’ailleurs, cela se vérifie quasiment à chaque fois : plus on fait des articles qui dérangent un politique, plus celui-ci vous respecte, à condition bien sûr que l’attaque soit juste. Ce serait bête de se priver ! Après, s’il le prend mal, c’est son problème. Et ça n’empêche pas d’écrire encore sur lui.

    • Aloïs
      Aloïs répond à Julien Martin
      .
      • Posté à 11h15 le 11/10/2009
      • Internaute 39938
        .

      L’objectivité n’existe pas, l’impartialité non plus...

      • Crainquebille
        Crainquebille répond à Aloïs
        • Posté à 12h02 le 11/10/2009
        • Internaute 64055

        « L’objectivité n’existe pas, l’impartialité non plus… »

        En avez-vous une preuve objective, impartiale ?

         
        • Aloïs
          Aloïs répond à Crainquebille
          .
          • Posté à 13h03 le 11/10/2009
          • Internaute 39938
            .

          Non car on ne saisit jamais la vérité dans son absolue. Ce que je dis est vrai, mais pas absolument. Ce qui fait que l’objectivité n’existe pas. Mais j’ai pas envie d’exposer une en nième fois ce que j’ai déjà exposé 100 fois sur rue89.

          • Crainquebille
            Crainquebille répond à Aloïs
            • Posté à 13h24 le 11/10/2009
            • Internaute 64055

            « Non car on ne saisit jamais la vérité dans son absolue. »

            ... ce qui suppose donc qu’elle existe, même si on ne la saisit pas en entier.

            « Ce que je dis est vrai, mais pas absolument. »

            Alors, des fois, ce que vous dites est faux, et donc des fois l’objectivité et l’impartialité existent ?

            « Mais j’ai pas envie d’exposer une en nième fois ce que j’ai déjà exposé 100 fois sur rue89. »

            Bien entendu, vous êtes libre de ne pas vouloir argumenter, et j’ai d’autres choses à faire que de suivre vos commentaires pour savoir ce que vous avez déjà exposé 100 fois.

            • Aloïs
              Aloïs répond à Crainquebille
              .
              • Posté à 14h18 le 11/10/2009
              • Internaute 39938
                .

              L’objectivité n’existe pas. Mais comme toute vérité scientifique elle contient une limite inhérente.

              Je vais argumenter pour essayer de vous convaincre.
              L’objectivité se définit comme « saisir les choses en se qu’elles sont », hors la connaissance d’une chose est toujours une relation d’à peu près entre l’esprit et le monde. Et ce, parce que l’on ne connait toujours qu’à peu près une chose. On connait son quartier, mais on ne connait jamais absolument son quartier (chaque grain de poussière, chaque atome de chaque grain de poussière, chaque électron...etc) . La vérité ne se saisit jamais dans son absolu, on ne connait jamais tout ce qui est, ni ce qui est. Donc l’objectivité -montrer les choses en ce qu’elles sont- est impossible, et ce car toute prise de connaissance d’une situation entraine la formation d’une opinion, d’un point de vue. Hors le point de vue contient une limite inhérente à lui même : il permet de voir les choses d’un seul point.

              Ce que je veux vous dire, c’est que toute restitution d’un fait, est nécessairement subjective. Mettez 100 personnes devant ce même fait, vous aurez 100 regards différents.
              L’objectivité n’existe pas. Et l’impartialité aussi. (ne pas prend parti, signifie donc être objectif. « moi je montre les choses comme elles sont, je ne prends pas parti pour untel ou untel.. »)

              Mon argumentation vous semble t-elle suffisante ?

              • Crainquebille
                Crainquebille répond à Aloïs
                • Posté à 15h04 le 11/10/2009
                • Internaute 64055

                « L’objectivité se définit comme “ saisir les choses en se qu’elles sont ”, hors la connaissance d’une chose est toujours une relation d’à peu près entre l’esprit et le monde. »

                Je ne connais pas un seul philosophe aujourd’hui qui définirait l’objectivité ainsi. L’objectivité est un état de fait : c’est le cas ou non que l’homme est animal bipède, que la France a un président de la République. Dès lors, la vérité est une relation entre une proposition et un état de fait, et on peut parler d’un discours objectif quand celui-ci est dans une relation appropriée aux états de fait qu’il évoque.

                Dès lors, il est erroné de dire que toute relation est nécessairement subjective, puisqu’au contraire, il y a des relations qui sont tout simplement des rapports de faits indéniables : que le président de la république française soit telle personne n’est par exemple pas une simple opinion (c’est vérifiable par tout le monde) et que le système solaire a tant de planètes n’est pas une simple question de subjectivité ; et on peut ainsi donner de nombreux exemples de relations objectives aux faits. En fait, l’objectivité pullule dans la vie quotidienne, puisque nous savons tous que nous devons manger pour vivre, que nous devons dormir aussi, que nous sommes des animaux constitués d’une certaine manière, qu’il y a des femmes, des hommes, que nous vieillissons, etc. Aucun point de vue subjectif dans ces observations que l’on peut multiplier à l’infini.

                Maintenant, il existe effectivement des cas où il y a des divergences d’opinions ; pourtant, le fait qu’il y a de telles différences de points de vue sur certain type de faits ne signifie pas que de manière générale tout soit subjectif, puisque de tout façon, d’après cette théorie elle-même, ce ne serait qu’un point de vue, et donc une opinion subjective pas plus valable que les autres. Ces divergences d’opinions ne conduisent pas tant à un relativisme généralisé qu’à une hiérarchisation des domaines où l’objectivité est plus ou moins possible.

                Cela permet de faire la part des choses quand Julien Martin dit :

                « si j’ai une information sur une personne, je la traite impartialement et la publie, que j’ai plutôt un a priori positif ou négatif sur elle. »

                Si l’information est que c’est un fait que tel homme politique s’est compromis par tel ou tel acte, et voici une lettre de cet homme qui le montre noir sur blanc, alors dire dans un article « tel homme politique s’est compromis etc. » est un rapport objectif et impartial. S’il ajoute : « quel saligaud ! » ou « mais en fait il avait des excuses », ce n’est plus objectif et impartial.

                • Aloïs
                  Aloïs répond à Crainquebille
                  .
                  • Posté à 18h52 le 11/10/2009
                  • Internaute 39938
                    .

                  Moi j’en connais pas mal de philosophes/sociologues qui ont prôné l’objectivité. Tel que Durkheim, Comte...

                  Je ne suis d’accord en rien sur chacune des choses que vous avancez...

                  « que le président de la république française soit telle personne n’est par exemple pas une simple opinion (c’est vérifiable par tout le monde) “

                  Absolument faux. Pour Dassault, Sarko est un gars bien, progressiste, qui consiste à améliorer le monde en transformant l’économie. Pour Bidule, Sarko est un connard qui détruit le système social en france.
                  L’appréciation d’un individu relève d’un sentiment purement SUBJECTIF !

                  ‘Si l’information est que c’est un fait que tel homme politique s’est compromis par tel ou tel acte, et voici une lettre de cet homme qui le montre noir sur blanc, alors dire dans un article tel homme politique s’est compromis etc. ’ est un rapport objectif et impartial.”

                  La compromission n’est pas objective. Les exemples ne manquent pas dans la justice pour montrer qu’elle s’est trompée. Et pourtant la Justice se doit d’être impartiale, mais le juge d’Outreau a pris parti malgré lui, il a omis certains détails de l’enquête. Tout enquête se base sur des faits. Mais elle ne peut se baser que sur cequ’elle a, et non pas sur tout ce qu’il y a. C’est pourquoi beaucoup d’innocents vont en taule par erreur. Et pourtant les faits étaient là... Mais ce qui était véritablement là, c’est une certaine interprétation des faits, par un rapport subjectif d’un individu à une situation.

                  De plus TOUT témoignage se base sur des dires. Et il y a toujours une différence entre ce qu’on dit faire -ou avoir vu- et ce qu’on fait -ou voit. Vous n’enlèverez jamais à l’Homme sa subjectivité. C’est ce qui fait qu’il est un Homme et non pas un Dieu. Il ne voit jamais tout ce qui ni ce qui est. Il est limité, il est un Homme. Et il n’est , n’a été, et ne sera, jamais objectif.

                  • Crainquebille
                    Crainquebille répond à Aloïs
                    • Posté à 20h47 le 11/10/2009
                    • Internaute 64055

                    « Moi j’en connais pas mal de philosophes/sociologues qui ont prôné l’objectivité. Tel que Durkheim, Comte… »

                    Oui, c’est pourquoi j’ai parlé de philosophes actuels.

                    « Absolument faux. »

                    Peut-il y avoir un absolument faux, s’il n’y a pas d’absolument vrai comme critère ?

                    « Pour Dassault, Sarko est un gars bien, progressiste, qui consiste à améliorer le monde en transformant l’économie. Pour Bidule, Sarko est un connard qui détruit le système social en france. L’appréciation d’un individu relève d’un sentiment purement SUBJECTIF ! »

                    Ces appréciations supposent l’existence d’un président de la république, sans quoi elles n’ont pas de sens. C’est pourquoi j’ai parlé du fait qu’il y a un président identifiable, et non du jugement de valeur sur sa personne.

                    « La compromission n’est pas objective. »

                    Si elle constatée par un fait, si. Mais, par rapport à l’idée que je développe, j’aurais sans doute dû dire : Tel homme a fait ceci ou cela, ce qui est jugé comme une compromission ; de ce fait, le fait et le jugement de valeurs sont mieux distingués.

                    « Les exemples ne manquent pas dans la justice pour montrer qu’elle s’est trompée. »

                    S’il y a des exemples qui montrent que la justice s’est trompée, c’est donc qu’il y a des faits objectifs qui le montrent, sinon vous ne pouvez pas dire cela.

                    « Et pourtant la Justice se doit d’être impartiale, mais le juge d’Outreau a pris parti malgré lui, il a omis certains détails de l’enquête. »

                    Des détails qui ont donc été reconnus par la suite, et qui vous permettent de dire que le juge a été impartial.

                    « Tout enquête se base sur des faits. Mais elle ne peut se baser que sur cequ’elle a, et non pas sur tout ce qu’il y a. »

                    Si vous parlez de tout ce qu’il y a au sens de tout ce qui existe, ça me paraît évident, mais sans pertinence, puisque l’enquête doit relever les faits relatifs aux actions qui intéressent la justice.

                    « C’est pourquoi beaucoup d’innocents vont en taule par erreur. Et pourtant les faits étaient là… »

                    Oui, les faits objectifs sont là...

                    « Mais ce qui était véritablement là, c’est une certaine interprétation des faits, par un rapport subjectif d’un individu à une situation. »

                    Vous parliez plus haut d’omission, et maintenant d’interprétation. Je crois qu’il y a un changement de vocabulaire qui ne rend pas très clair le raisonnement qui validerait votre généralisation.

                    Je reprendrais ce que j’ai dit dans mon précédent message : il y a une hiérarchisation dans l’objectivité. Que le juge doive sélectionner et interpréter est évident, mais il y a des degrés qui tiennent par exemple à la nature des preuves. Un test adn est un fait plus fiable qu’un témoignage. Les enregistrements sonores, videos ou écrits des paroles ou actes d’une personne suspectée sont plus ou moins objectifs ou subjectifs : si la personne est filmée en train de tuer quelqu’un, on voit un fait qui garantit l’objectivité de la proposition qu’il a tué quelqu’un.

                    « De plus TOUT témoignage se base sur des dires. Et il y a toujours une différence entre ce qu’on dit faire -ou avoir vu- et ce qu’on fait -ou voit. »

                    Si le sujet est l’objectivité, le fait est que le témoignage n’est pas la seule source de notre connaissance, comme je l’ai indiqué avec les exemples ci-dessus.

                    « Vous n’enlèverez jamais à l’Homme sa subjectivité. »

                    Je n’ai jamais prétendu le faire.

                    « C’est ce qui fait qu’il est un Homme et non pas un Dieu. »

                    Possible, mais je n’ai jamais prétendu que l’homme est un dieu (de plus, ne sachant ce qu’est un dieu, je ne peux affirmer si la subjectivité est propre à l’homme par rapport à une nature divine).

                    « Il ne voit jamais tout ce qui ni ce qui est. Il est limité, il est un Homme. »

                    Je n’ai pas dit le contraire.

                    « Et il n’est , n’a été, et ne sera, jamais objectif. »

                    Cette affirmation est-elle une interprétation subjective ou une vérité objective ? Sinon, j’ai indiqué dans mon précédent message en quel sens l’objectivité est possible.

        6 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à Julien Martin
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h34 le 11/10/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      T’as raison , Julien ..Heu , vous avez raison monsieur Martin .

      ( Si nous les commentateurs libres on commence à tutoyer tous ces pourris de journalistes , on va devenir comme eux )

      Je blague , hein Julien . Tu le sais bien ..

      • ysengrimus
        ysengrimus répond à Numerosix
        • Posté à 14h28 le 11/10/2009
        • Internaute 12674

        « J’aime pas qu’on me tutoie » (Lacombe Lucien)

        P.L.

    • pablico
      pablico répond à Julien Martin
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 15h59 le 11/10/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      le « tu » fait peuple, la décontraction, le cool, l’ouverture d’esprit. etc..
      .
      Mais regardez bien, c’est une caste.

      la preuve :

      Regardez Jean à la défense…

      après la danse des éléphants au PS

      il y a don de la première Défense à l’éléphanteau UMP.

      la Caste (formée des divers clans) dans son ensemble a l’air de trouver cela normal.. Même pas Marine..en perd son pompon..

    • Mal Lu
      Mal Lu répond à Julien Martin
      • Posté à 12h37 le 11/10/2009
      • Internaute 24590

      M. MARTIN, juste une question actualisée par votre propos...

      Supposez que votre notoriété dans les colonnes de ce blog vous emmène face a M. KARL ZERO sur bfm, vous faites ce que vous écrivez ici ? Vous refusez la « proximité de façade » en vertu des grands principes que vous cernez parfaitement ici ?

      9 chances sur 10 que vous vous « coucherez » comme tant et tant de personnalités avant vous. Citez nous des personnalités des sphères dites « privilégiés » qui ont catégoriquement et ... durablement refusé ce tutoiement ?

      Je vous donne votre joker, ne vous sentez pas agressé. ce serait un papier d’un autre auteur, ma question serait identique.

      Dire et écrire, c’est bien, faire c’est mieux. Nous voyons celà dans l’accueil des ... SDF : Ils doivent être comme chez eux ... mais dans les locaux des autres sinon on les emmène à « tutoyer les forces de police ».

    • guyome
      guyome répond à Julien Martin
      • Posté à 12h40 le 11/10/2009
      • Internaute 11884

      « Après, s’il le prend mal, c’est son problème. Et ça n’empêche pas d’écrire encore sur lui. »

      Pas que son problème : s’il fait parti de vos sources et que pour X raisons, vous le braquer , vous n’avez plus d’info de sa part et plus rien avec quoi écrire. C’est d’ailleurs tout le sujet du livre sur le canard.

      En suite, dans pas mal de parti de gauche le tutoiement est une constante entre « camarade » (PS,PCF,...) et rappelle aussi que tout responsable qu’il ou elle soit, cela reste une militante comme les autre.

      Enfin, le tutoiement n’est pas synonyme de relations amicales, dans de nombreux pays il n’existe simplement pas. Mais la quesitons des rapport entre les journaliste et le pouvoir reste.

      • marc44
        marc44 répond à guyome
        • Posté à 14h15 le 11/10/2009
        • Internaute 24488

        exact au PS, avec des responsables/élus qu’on rencontre rarement, cela indique qu’on parle avec sa casquette de militant et ne doit nullement être une marque d’irrespect.

        On écrirait donc à son député, son maire ou son président de CG/Région : Cher camarade, Monsieur de Maire/Président,...

    • Canadien_volant
      Canadien_volant répond à Julien Martin
      Waterloo... Morne plaine
      • Posté à 15h21 le 11/10/2009
      • Internaute 39993
        Waterloo... Morne plaine

      La pratique du tutoiement vise à créer de la connivence. Avoir entendu divers journalistes déclarer que leur tutoiement envers le Président ne nuisait nullement à leur objectivité m’a toujours interloqué : sont-ils naïfs ou complices ?
      La « connivence » entre politiques peut s’expliquer car ils sont dans la même sphère « professionnelle » mais chargés de « faire le show » dans leurs intervention. D’un point de vue de la réalité de leur action, on peut comprendre qu’ils ne partagent pas les mêmes principes mais qu’ils se connaissent assez pour se tutoyer au quotidien. D’un point de vue de la communication, ce tutoiement inspire la connivence car leur prise de parole n’est pas sensée relever d’une simple opinion mais d’une parole représentant leurs électeurs, sympathisants, etc... Ils parlent pour plus qu’eux-mêmes. Quand DCB bascule sur le tutoiement avec Bayrou, il lui tend en effet un piège : « François, ne fais pas semblant de t’opposer : on est copains et on a bu des coups ensemble ! ». C’est volontaire et très bien fait.
      La connivence entre politiques et journalistes est plus inquiétante : on ne devrait rien considérer comme « Off ». Si un homme politique dit quelque chose à un journaliste, celui-ci doit pouvoir le publier. Tutoiements et déclarations « off » ont détruit cette distance nécessaire. Cherche-t-on une preuve objective de la connivence ? Il est établi que les gens se marient majoritairement dans leur milieu socio-professionnel (médecins avec médecins, enseignants avec enseignants...). Faites la liste des unions entre politiques et journalistes et vous aurez la démonstration que la connivence est une réalité (voir la vidéo « off » de la discussion entre Rachida Dati et la journaliste chargée de l’interviewer où on s’apercevait qu’elles étaient super copines)

    • Instinct
      Instinct répond à Julien Martin
      Assis
      • Posté à 17h56 le 11/10/2009
      • Internaute 92247
        Assis

      « Autrement dit, si j’ai une information sur une personne, je la traite impartialement et la publie, que j’ai plutôt un a priori positif ou négatif sur elle. »

      Heu j’ai du mal là ... Et il n’y a aucune influence du Rédacteur en chef dans le choix de la publication ou dans son traitement ?

    • KRIS
      KRIS répond à Julien Martin
      • Posté à 20h02 le 11/10/2009
      • Internaute 25496

      Etre objectif c’est pas facile , le subjonctif non plus « que j’aie... » bien amicalement

  • Cogito_ergo_sum
    Cogito_ergo_sum
    Citoyen
    • Posté à 11h17 le 11/10/2009
    • Internaute 92316
      Citoyen

    Ah, si nous étions anglophones, la question ne se poserait pas, et ce serait plus simple !
    Sérieusement, ramener le degré de connivence possible à cette question de l’emploi du tutoiement ou du vouvoiement est un peu hypocrite et un peu simpliste.
    Dans n’importe quelle sphère de relations humaines, le tutoiement devient la norme entre personnes se connaissant bien. C’est une évolution que j’ai pu constater aussi bien dans la langue française qu’en allemand, italien ou espagnol, signe sans doute de la chute de barrières sociales anciennes. Il est probable que le « vous » de politesse finira par disparaître du français comme le Sie, le Lei ou le Usted des langues précitées, au moins dans l’expression orale.
    A partir de ce constat, il est assez illusoire de vouloir prendre ses distances en usant d’une forme ou d’une autre.
    La connivence possible entre deux personnes se mesure quand même plus au contenu du discours, à la pertinence (ou à l’impertinence), voire à l’agressivité du questionnement, qu’à l’emploi de tel ou tel pronom.
    Entre « Tu n’es qu’un pov’con » et « Il n’est pas exclu, finalement, que vous soyez dans l’erreur », laquelle de ces deux phrases vous paraît la plus suspecte de connivence ?
    Mieux vaudrait, sans doute, en cas de débat public, dire clairement en introduction : « Nous allons nous tutoyer parce que nous nous connaissons bien, ce n’est pas pour autant que nous nous appréciions », que de jouer avec les pronoms.

  • Un_Citoyen_de_plus
    • Posté à 11h23 le 11/10/2009
    • Internaute 29956
      individu

    Il a bien raison Mélanchon.

    Peut être que le tutoiement est re-parti de la « révolution » de 68, des années 70 a moins que ça ne soit à l’époque des sans culottes de la révolution ou du communisme mais ils sont tous morts.

    Les « communicants » de la droite ont repris le truc... et même les cheveux longs... Cabu l’à compris depuis longtemps puisque il dessine les beauf avec des queues de cheval depuis un moment. A ce propos, il suffit de voir le fils Sarkosy pour voir que les cheveux longs non vraiment plus rien a voir avec la « coolitude »... surtout si tu as le malheur de te faire percuter par son scooter ...

    Il n’y a pas que Karl Zero qui pratique le tutoiement et appelle les gens quels qu’ils soient par leurs prénom.

    Sarkosy lui aussi tutoie les journalistes et les appellent par leurs prénom. Et il avait les cheveux long quand il était ados....

    En fait il suffit de vouvoyer pour marquer et maintenir une distance. Souvent c’est très marrant de voir un patron tutoyer ses employés qui eux le vouvoient. Il ne faut pas se tromper.

    C’est un des atouts et intérêt de la langue.... Le tutoiement ou le vouvoiement devient une arme ou une marque de respect, de fraternité ou bien de distance....

    Ne pas l’utiliser a bon escient est une erreur tactique et de communication.

    Lien

    • anini
      anini répond à Un_Citoyen_de_plus
      terrienne de souche !
      • Posté à 11h49 le 11/10/2009
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Qu’on le veuille ou non ,l’emploi du tutoiement systématique pose problème ,au sein même du lieu de travail !
      EX : Il est d’usage de se tutoyer dans l’enseignement ,je me suis fait reprendre vertement par deux collégues , genre : Dites donc , on a pas gardé les cochons ensemble !
      Mon compagnon lui ,chez Auchan était systématiquement tutoyé par ses supérieurs et ça du genre au lendemain au nom de la modernité , il n’a pu se résoudre à les tutoyer !
      Le ressenti est très étrange suivant la situation de chacun !
      Le tutoiement systématique des policiers est perçu négativement et c’est normal car je ne pense pas qu’on puisse en faire autant ,surtout dans les banlieues !
      Mes amies anglaises glissent du tutoiement au vouvoiement quand elles me parlent car elles ne savent pas lequel utiliser !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 11h22 le 11/10/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Avec Sarkozy, le tutoiement signifie essentiellement : « je te tue, toi ! ». En tout cas, c’est l’intention profonde, quand on y réfléchit bien.

    • JJ Reboux outrageur de poulets
      • Posté à 12h01 le 11/10/2009
      • Internaute 41591

      Je pense plutôt que le tutoiement chez Sarkozy signifie clairement (exactement comme lorsqu’un flic qui vous arrête vous tutoie) « tu es à moi, tu es sous ma coupe, tu es mon obligé, maintenant tu ne peux plus t’échapper… » (C’est flagrant quand on constate que l’ex-placardisé Gérard Leclerc, gentil toutou ayant accepté la soumission, est devenu président de la chaîne de télé du Parlement…)
      Sur le sujet, le livre de Philippe Ridet, « Le président et moi », est passionnant. La seule façon que ce journaliste (du Monde) a trouvé pour échapper à « l’attraction sarkozyste » a été… de changer d’affectation !

  • Emmanuel1
    • Posté à 11h30 le 11/10/2009
    • Internaute 32309

    C’est vraiment amusant de voir Sarkozy imposer le tutoiement à tout le monde, car le tutoiement réduit le respect de l’autorité cher à la droite, il est dans la droite ligne de mai 68 que dans sa com officielle il fustige tant !

    • Laurent.D
      Laurent.D répond à Emmanuel1
      Informaticien - Presta
      • Posté à 12h21 le 11/10/2009
      • Internaute 42721
        Informaticien - Presta

      Pas forcément, pour quelqu’un à responsabilité, cela permet de jouer sur l’affectif, et d’augmenter les chances d’obtenir ce qu’il veut.

      Bon après ce n’est peut-être pas volontaire aussi et une habitude de travail.

      Personnellement, je pense qu’il faut se délimiter, je tutoie mes collègues, certains de mes supérieurs mais pas tous, je m’arrête à un certain niveau, je vouvoie à un certain niveau même si je le vois tous les jours. Et ça ne me gêne pas du tout que ce dernier me tutoie. Qu’un autre supérieur que je ne vois jamais, s’il est à « plusieurs niveaux » au dessus de moi, me tutoie par contre, je ne trouve pas ça normal.

  • adaunis
    • Posté à 11h35 le 11/10/2009
    • Internaute 4255

    Vous !
    Tu me fais chier pourrait laisser penser qu’en s’adressant à un adversaire politique serait la « panacée » !

    A force d’être à tu et à toi, (parfois concrètement si on se réfère à l’historiette qu’on partagés notre illustre président et une journaliste du Figaro à l’époque de la séparation avec Cécilia et les achats en commun dans un grand magasin de la place de la Madeleine).
    A force donc, d’être dans cet imbroglio, spécifique à la langue Française, une ambigüité certaine existe.

    Le tort et le tort tue, est qu’il y a toujours une ambivalence, un conflit de sentiments, entre tous les acteurs de cette parodie sociale qu’est le jeu politicien (je dirais poli-ti -chien).
    Une forme « d’amour haine » l’explique très bien S.Freud.
    Lien

    Tu meurs plus vite en politique que dans la vie courante, mais ressuscite aussi vite.
    « Vous » engrange plus une notion de respect (même s’il est tronqué pernicieux et hypocrite).
    Les subtilités de notre langue, (je ne désespère de découvrir qu’ il y en ai tout autant dans les autres), font qu’ ainsi, les interviews, les échanges et les plateaux « tévés » ou radio, font apparaitre ces curiosités (connivences) comme le fait quelles ne sont que l’aspect représentatifs de « castes » hors du commun du simple mortel et citoyen que nous sommes.

    Le phénomène Karl Zéro, quelque soit son talent et cette addiction au tutoiement ne m’a à titre perso, jamais convaincu.

    Les politiques questionnés venaient faire ; soit une promotion, soit remplir un rôle, soit se mettre en valeur, et étaient prêt à tout pour cela, quitte à accepter ce jeu de rôle justement.
    Moi, j’attends plutôt, (chien que je suis), en tant que citoyen, qu’on dise à ces « comiques » :
    Vous ! tu m’emmerdes !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 11h35 le 11/10/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    PERSONNES ET PERSONNALITÉS

    Personnellement, je tutoie facilement les personnes.

    Mais jamais les personnalités venues représenter leur fonction.

  • Guillemette Faure
    Guillemette Faure
    Journaliste
    • Posté à 11h40 le 11/10/2009
    • Internaute 34
      Journaliste

    C’est à vérifier auprès d’un plus gros échantillon, mais de ce que j’avais vu, j’avais eu l’impression que Nicolas Sarkozy tutoyait très vite les hommes journalistes mais vouvoyait les femmes.

    • Erikiki
      Erikiki répond à Guillemette Faure
      Diablotin
      • Posté à 11h48 le 11/10/2009
      • Internaute 76835
        Diablotin

      =)

      Bien vu !
      La séduction à l’italienne.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Erikiki
        yetiblog.org
        • Posté à 11h53 le 11/10/2009
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        Pas la « séduction », la trouille.

        Le machisme, c’est la manière la plus vulgaire d’essayer de masquer sa trouille du « sexe opposé ».

        Mais chassez le naturel, il revient au galop sous cette forme de vouvoiement que notre zozo qualifiera bien sûr de « respect ».

         
        • anini
          anini répond à Le Yéti
          terrienne de souche !
          • Posté à 11h54 le 11/10/2009
          • Internaute 51759
            terrienne de souche !

          Bien vu !

        • Erikiki
          Erikiki répond à Le Yéti
          Diablotin
          • Posté à 11h58 le 11/10/2009
          • Internaute 76835
            Diablotin

          Oui bien sûr.
          J’entendais par là :
          exhibition d’affection*…

          =)

          * La trouille kôa !

        2 autres commentaires
      • anini
        anini répond à Erikiki
        terrienne de souche !
        • Posté à 11h53 le 11/10/2009
        • Internaute 51759
          terrienne de souche !

        Ou peut-être qu’il est « intimidé » ! le pauvre !

         
        • Erikiki
          Erikiki répond à anini
          Diablotin
          • Posté à 12h02 le 11/10/2009
          • Internaute 76835
            Diablotin

          Le vous comme tabouret en quelque sorte…

        1 autres commentaires
  • Erikiki
    Erikiki
    Diablotin
    • Posté à 12h44 le 11/10/2009
    • Internaute 76835
      Diablotin

    Nous avons le tutoiement
    Nous avons le vouvoiement.
    Nous n’avons pas le youoiement.

    Dommage.
    Il inclurait une autre position.
    Celle d’un détachement à tout amalgame allant du copinage au respect.

    Quant aux langues qui n’ont ni vouvoiement ni tutoiement, ben…
    C’est pas mal quand même.
    Cela ne fait pas polémique.

    =)

  • tintin79
    tintin79
    Pour + d'infos, voir les (...)
    • Posté à 11h52 le 11/10/2009
    • Internaute 92437
      Pour + d'infos, voir les (...)

    A mon sens le tutoiement à la perversité et le paradoxe de pouvoir, le cas échéant, humilier, rabaisser, voir même insulter son interlocuteur. Par déduction nous pouvons considérer que le tutoiement politique est donc hypocrite car les hommes politiques, tous clivages confondus, ne se font pas la « guerre » ; pire, naviguent sur la même économie de marché.

  • hagalma
    • Posté à 12h00 le 11/10/2009
    • Internaute 8451

    Le tutoiement est parfois devenu obligatoire dans les grandes entreprises, IKEA par exemple. Mais aussi Google, où je conseille au passage sur le dit moteur de recherche, à Vidéos, le visionnage de : Google, machine à penser. Où se révèle que la modernité professionnelle et sociale implique une allégeance au discours de l’entreprise qui proscrit tout positionnement un peu critique. Il est notable que dans les premiers jours de prise de poste du gouvernement Sarkozy c’est ce discours au formatage entrepreneurial qui a tenté son entrée sur la scène politique institutionnelle. Le « casse-toi-pauv’con » en participe, car l’on se dit tout, sans reste, sans opacité, preuve d’une loyauté à l’oeuvre commune ! C’est connivence ET transparence ! Et ça n’est probablement pas fini, la crise économique (des riches) étant venue momentanément remiser les excès de ce à tu et à toi. L’acte suicidaire de salariés est peut-être aussi à considérer en regard de ce discours qui « tue » tout espace d’appropriation personnelle. En deux mots soient dits, il y a des tu...qui tuent.

  • martinjo
    martinjo
    SARKOPHOBE
    • Posté à 12h43 le 11/10/2009
    • Internaute 38872
      SARKOPHOBE

    L’intervention de Jean-Luc Mélanchon m’a parue emprunte d’une véritable dignité.
    Mr Mélanchon, porteur des valeurs de gauche, autrement dit celles de la classe ouvrière et non pas celles des bobos, se devait de faire respecter sa représentation publique ! ( Autant il est digne de voir Marie George, Olivier, Jean-luc se tutoyer en public, autant il n’y a rien de digne dans le tutoiement de Cohn Bendit à l’égard de Bayrou !)
    Et, contrairement à ce que vous semblez vouloir affirmer, c’est plutôt Mr Lefevre qui m’a semblé déstabilisé. Mr Mélanchon a pu ainsi réaffirmer sa démarque d’avec la droite « sympha » que l’on ne cesse de vouloir nous présenter sous cette forme.
    Il ne peut y avoir de connivence !
    Et puis comment « engueuler » un homme que l’on tutoie. Le tutoiement est une marque d’affinité, une façon de dire je te connais et je t’apprécie. Etre apprécié de Mr Lefevre, c’est la pire des choses qui puisse arriver à un démocrate.

    Chapeau Mr Mélanchon !

    D’un autre côté, le tutoiement est certainement une marque de sympathie qui laisse entendre que l’on est proche du petit peuple :

    Imaginez Sarko lancer un : Cassez vous pauvre con à la « Balladurienne » ?

    On ne peut pas dire que ça « chie » à l’oreille Hein ?

    Non, ce casse toi pauvre con laissait bien entendre le profond respect, la véritable tendresse qui l’unit au peuple français et à la fonction républicaine qu’il représente.

    Il est vrai qu’il tutoie Bernard thibaut de la CGT, ça devrait nous détendre…..

    • Mal Lu
      Mal Lu répond à martinjo
      • Posté à 12h52 le 11/10/2009
      • Internaute 24590

      M Mélenchon, désarmé par ... Mme Chabot juste avant les « européennes », ce fameux soir d’énervement collectif, ne s’est il pas « rebiffé, tutoiement à la clé » contre la journaliste maître de séance ?

      C’est un homme qui peut aussi (et c’est normal) oublier ces « convenances publiques » et laisser ses nerfs débordés.
      La différence, c’est qu’aucun journaliste n’a relevé le clasch -il est vrai que celui opposant Bayrou/Dany était plus cinglant.

      L’encensement permanent ressemble aussi à une soumission intellectuelle envers notre « idole », nous faisant omettre ses coups de gueule, même si ils sont injustes face à l’opposant.

      • martinjo
        martinjo répond à Mal Lu
        SARKOPHOBE
        • Posté à 12h56 le 11/10/2009
        • Internaute 38872
          SARKOPHOBE

        Hélas, nous n’avons pas les mêmes valeurs....

    • langue-rouge
      langue-rouge répond à martinjo
      travailleur social
      • Posté à 19h27 le 11/10/2009
      • Internaute 50270
        travailleur social

      Justement, contrairement à vous je n’ai pas aimé le comportement de Mélenchon face à Frédéric Lefebvre.
      D’abord il commence par le tutoyer comme si c’était finalement naturel et il semble d’ailleurs qu’il le tutoie hors antenne puis comme pour faire illusion il se met à le vouvoyer.

      Besancenot non seulement vouvoie hors caméra mais jamais on ne le prendra dans ce piège du vouvoiement quand il polémique avec des représentants de partis qui ne sont pas à la gauche du PS.
      Cohn-Bendit avait tenté de l’entrainer dans le tutoiement lors de la campagne européenne et se voyait systématiquement répondre vous.

      Le tutoiement de Mélenchon me pose problème parce qu’il laisse entendre qu’il y a connivence même si cette connivence n’est pas politique. Il y a cette idée que Mélenchon et Lefebvre font partie du même monde, les responsables politiques, voir les élus, malgré leurs désaccords et que ça crée une sorte de complicité.

      Ce qui est une erreur dramatique de la part de Mélenchon. Pour moi, il ne fait pas partie du même monde que Lefebvre. Il est de l’autre côté de la barrière.

      Mais, il reste que ce tutoiement naturel chez Mélenchon est là pour rappeler que chez lui il y a une sorte d’ambigüité et ça me gène.

      • lifka
        lifka répond à langue-rouge
        • Posté à 00h32 le 12/10/2009
        • Internaute 37623

        Bien sur qu’ils font partie du même monde ! que croyez-vous qu’ils font quand ils sortent du studio ? Ils vont bras dessus, bras dessous casser la graine ensemble.

      • martinjo
        martinjo répond à langue-rouge
        SARKOPHOBE
        • Posté à 07h40 le 12/10/2009
        • Internaute 38872
          SARKOPHOBE

        Je partage votre gène quand à l’ambiguité de Mélanchon... De la à le faire manger dans la même gamelle que Lefevre (je ne dis pas que ce sont vos propos) mais nombreux sont ceux qui le laisse entendre, pour cracher un peu plus sur la vraie ( ?) gauche.

      • martinjo
        martinjo répond à langue-rouge
        SARKOPHOBE
        • Posté à 07h40 le 12/10/2009
        • Internaute 38872
          SARKOPHOBE

        Je partage votre gène quand à l’ambiguité de Mélanchon... De la à le faire manger dans la même gamelle que Lefevre (je ne dis pas que ce sont vos propos) mais nombreux sont ceux qui le laisse entendre, pour cracher un peu plus sur la vraie ( ?) gauche.

  • Mal Lu
    • Posté à 13h12 le 11/10/2009
    • Internaute 24590

    En ce moment, sur C+, on nous montre les « activistes » anti tout qui empêchent de belle façon, le ministre du logement de discouriser.

    Mais aussitôt, « coucou », tout ce beau monde pro et anti sont interwivés dans le le verre de l’amitié (flûte de champagne) à la main.

    Après 2 verres, rien de plus facile pour refaire le monde dans tous les sens, TUtoiement devenu de rigueur, plus de caste. Vive les caméras. Personne ne savait qu’elles étaient là.

    • A déménagé le 2 mai 2011
      A déménagé le 2 mai 2011 répond à Mal Lu
      Délinquante au coin de la rue
      • Posté à 15h34 le 11/10/2009
      • Internaute 26137
        Délinquante au coin de la rue

      C’est pas « mal lu » votre pseudo mais « Mal Vu et Mal Compris » !

      • Mal Lu
        • Posté à 13h05 le 12/10/2009
        • Internaute 24590

        Merci pour votre objectivité. Je ne vais pas polémiquer, seulement vous emmener à lire la réponse de Lifka à Langue rouge (légèrement en arrière sur ces interventions). . .
        Je cite canal+, car c’était SUR l’écran à l’instant T, donc prouvé : « tous ensemble, la coupe de champagne (payée par le contribuable ! ! !) et petits fours à la main.Ces jeunes manifestants “à donf dans leur chahutage anti” redevenus les invités modèles de la “république” via le hall d’accueil.
        Et Lifka exprime la même chose “en généralité”. Faire l’autruche est porteur et dans l’air du temps, mais s’exprimer sans vouloir avoir raison contre tous, juste pour partager ce que l’on ressent réellement peut aussi faire avancer la discussion, au moins l’élargir,
        sauf lorsqu’on tombe sur des eelisa et quelques autres.

        Que craignez vous si, en votre démocratie particulière, deux ou trois voix ne semblent pas dans le droit fil de votre pensée (unique ? je n’espère pas pour vous) se perdent dans le cours de la discussion ? Cela vous donne t-il le droit d’être désagréable envers vos voisins ? .

        Ceci dit, pour clore la discussion stérile, acceptez que la lecture, l’écriture et la compréhension d’un texte sont personnelle, fautes et erreurs de syntaxes comprises.

        Cordialement

  • Alexad
    • Posté à 13h18 le 11/10/2009
    • Internaute 8145

    Ce sont les élites qui instituent et régissent les codes. On s’est sans doute toujours tutoyé entre membres de l’assemblée ou du sénat (probablement d’ailleurs, selon son rang social et l’école dont on était issu), mais devant les caméras on s’y vouvoyait, marquant ainsi son statut d’élite (le tutoiement étant réservé aux ouvriers et modestes employés), et son positionnement politique en opposition à l’autre : gauche, droite, etc..

    Ces derniers temps sur les plateaux tv, ce sont je crois les politiques de droites qui systématiquement on introduit le tutoiement, d’abord entre eux (Dati, Bertrand, Lefevbre..), puis, vers leurs opposants. C’est probablement dans le cadre d’une stratégie qui tend à brouiller les cartes avec la prétendue ouverture par recrutements de pseudo personnages de gauche. Mélenchon se rend rapidement compte qu’il se fait piéger par cette stratégie et que dans le public, cette utilisation du « tu » se traduit par « copinage, tous les mêmes » et risque de se traduire par « autant garder ceux-là qui, au moins, sont “ transparents ”….

    Ce qui est intéressant dans ce sujet, c’est de pouvoir regarder et comparer nos “ élites ” selon les époques. Dans notre gouvernement actuel, certains sont issus des grandes écoles (ce qui fera dire à R. Yade de façon stupide “ je suis la plus diplômée du gouvernement… ”, mais Le premier de la classe et beaucoup de ses valets n’étant pas issus des mêmes institutions (quand ils n’ont pas menti quant à leurs diplômes…), tout le monde et chacun d’eux adoptent les postures de l’entente fraternelle (tutoiement et ridicules embrassades) pour donner plus de force à leur propagande… mais aussi rester dans les bonnes grâces de leur maître et éviter ses colères…..
    Fini l’intérêt général, c’est donc bien, je le crains, le traitement de leur seul et unique intérêt personnel…

    Que dire alors de ces images de marionnettes qui nous sont envoyées, de chefs d’Etat qui depuis ces toutes dernières années s’embrassent à chaque rencontre, s’attrapent le bras, se palpent, se tapent dans le dos ?
    Les Obama embrassant les Sarkozy, les Sarkozy embrassant Merkel, les Sarkozy embrassant Lula ? Je t’attrape par le bras le premier, geste repris immédiatement par l’autre, non c’est moi, course au “ pelotage ” et au dominant/dominé.
    Où sont les positions politiques et surtout sociales des responsables de millions milliards d’individus dans ces images ?
    Que représentent, aux yeux de quelques dizaines de personnes dotées de tous les pouvoirs, ces milliards d’individus dirigés par elles en pleine crise ?
    Je crains aussi qu’il ne s’agisse pour eux que d’atteindre l’assouvissement immédiat de leurs appétits en attendant les ordres des bourses….

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