tribune 09/10/2009 à 12h20

Suicides au travail et management à la française

Marco Diani | Sociologue au CNRS

Pourquoi tant de suicides au travail en France ? La dramatique actualité récente souligne la terrifiante « anomalie » française : les suicides au travail et les suicides dans les prisons. Et depuis tant d’années, pourquoi si peu d’initiatives efficaces, malgré l’émotion, les enquêtes et les rapports parlementaires ? Enfin, pourquoi une telle surdité de la part des pouvoirs publics et des managers ?

Cette anomalie met à nu les failles d’une culture managériale qui ignore presque tout de la gestion des humains en situation de crise extrême.

Le suicide « au travail » bouleverse et indigne, la mort volontaire des enfermés, en revanche, suscite silence et désintérêt.

Et pourtant : au travail ou en prison, les différences sont moins grandes que ce l’on pourrait penser et les causes sont les mêmes.

Non seulement le milieu carcéral français génère sept à huit fois plus de suicides que dans l’ensemble de la population mais, à comparaison pondérée par populations et densités carcérales, il y en a quatre à cinq fois plus en France qu’en en Italie, aux Etats-Unis ou en Espagne.

Les suicides au travail ?

La société civile, les médias sont bouleversés par ces morts désespérés qui font l’effet d’un électrochoc. On cite les tragédies des familles, on pointe du doigt les pressions des « chefs », le malaise et le stress... mais les causes profondes restent inexplorées.

Le coût humain de la concurrence généralisée

France Telecom devient Orange, Renault fusionne avec Nissan. L’entreprise d’Etat, avec ses personnels « garantis », dans un environnement peu concurrentiel plonge dans la mondialisation accélérée, sans aucun ménagement des individus et des groupes qui formaient auparavant la communauté de travail, son principal amortisseur de crise.

On passe ainsi d’une quasi-absence de pression sur les performances et une cogestion humaine traditionnellement organisée avec les syndicats à un univers déshumanisé et impitoyable.

Dans ce contexte de destruction des solidarités, où chacun est en concurrence avec tout son environnement, les suicides représentent les coûts humains de la concurrence généralisée, individuelle et mondialisée à la fois. Et le management montre toutes ses limites et son absence de réactivité.

Voilà ce qui est grave et révélateur du déni de responsabilité des « managers » tant dans le « privé » que dans la sphère publique : entreprises et administrations s’en remettent au « symptôme » et au traitement individuel.

On présente les suicides comme une série noire : on parle de « contagion » pour les prisons ou de « mode », selon la macabre expression du PDG de France Telecom.

Et France Telecom de procéder à un audit : 100 000 salariés vont recevoir un questionnaire, on va leur envoyer des psychiatres, et un cabinet privé est chargé de mener une énième « mission d’évaluation des risques », et les promesses d’un avenir radieux pleuvent de partout.

Bizarre : au CNRS, à l’Inserm, dans les universités il y a des chercheurs de renommée mondiale, mais les administrations publiques ou les grandes entreprises se gardent bien de faire appel à ces compétences.

Plus inquiétant encore : parmi les grands projets de recherche que la ministre Valérie Pécresse souhaite voir financés par le « grand emprunt », n’en figure aucun sur les transformations du travail, le stress et conséquences perverses de la « modernité » sur les individus, les groupes et les organisations. Pour ne pas parler de la mort en prison, qui n’intéresse vraiment personne.

Les causes sont profondes, mais la France est le seul grand pays avancé ne disposant d’aucun programme sérieux de recherche sur les suicides, ou sur le travail, le stress et la souffrance au travail. Et personne pour étudier la profonde défaillance d’un management capable d’une si mauvaise gestion de crise du « facteur humain ».

En France, des managers inhumains et incompétents mais inattaquables

Par les exemples des prisons et du travail, nous sommes dramatiquement confrontés aux retards de la gestion stratégique en France, en un mot du style de management à la française.

En comparant les cultures managériales, force est de constater que l’on trouve probablement en France l’une des plus dures au monde, et de loin la plus sourde à la souffrance. Managers inhumains, manquant de professionnalisme, mais imbus d’eux-mêmes, et souvent si profondément incompétents. Mais, en revanche, tout puissants et toujours inattaquable.

Les suicides pointent la défaillance structurelle du management à la française, à savoir l’absence de véritable dialogue démocratique, et surtout de ce j’appelle « des espaces symboliques d’identité ».

Ces espaces doivent permettre la détection rapide et la prévision des crises, la création de nouveaux acteurs, afin d’élargir les relais d’alerte, et ainsi augmenter la circulation de la parole, autrement inaudible, de ceux qui souffrent.

Comment créer cet espace public partagé ?

D’abord en reformant les élites dirigeantes, si souvent ignares de la complexité et à la fragilité de la gestion des humains, et dont la formation par les « grandes écoles » est une véritable honte, tellement elle est, dans ce domaine, inexistante ou pauvre.

Ensuite en prenant en compte le poids historique encore si présent de la culture sociale d’Ancien Régime, où le subordonné, à l’instar du vassal, peut crever en paix aussi longtemps que le chef conserve ses privilèges et a toujours raison, malgré et envers tout.

La grandeur du pouvoir politique et du management dans la crise actuelle, serait de repenser et encourager ces espaces publics partagés, indispensables outils de communication et de vigie démocratique ne pas laisser la voie ouverte au désespoir et au populisme.

Alexis de Tocqueville l’avait déjà dit, il y presque deux siècles, mais en France on n’aime pas Tocqueville….

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h13 le 09/10/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Une décision est prise dans le haut management.

    elle est relayé et interprétée au passage par les dirigeants inférieurs, et appliquée et interprétée au passage par les petits chefs..

    Il y a une telle distorsion (entre le haut et le bas), que la base est souvent ébranlée..

    il est à noter que dans la hiérarchie du management on ne s’inter-contredit pas (cela ferait désordre).

    Le jour ou les petits chefs seront des psychologues, cela ira peut-être mieux...
    on en est loin...
    un berger est bien plus psychologue avec ses brebis..

    • medicago
      medicago répond à pablico
      Plante cultivée
      • Posté à 08h08 le 10/10/2009
      • Internaute 58931
        Plante cultivée

      ce qui signifie que nous sommes encore plus moutons que des moutons...Mais la révolte est difficile et il y a des coups à prendre.
      ce qui fera changer les choses, c’est quand les brebis refuseront d’obéir aux instructions ’ordres) absurdes, piégeront les « dirigeants » dans leur pratique obsessionnelle de la double injonction contradictoire et surtout quand au fond du désespoir les agneaux devenus loup useront de la technique « Louise Michel » 5 ou 6 exemples de ce type bien médiatisés mettraient du plomb (au sens figuré) dans la tête des petits chefs devenus craintifs d’en recevoir au sens propre. J’espère sincèrement qu’il ne sera pas nécessaire d’en arriver là mais les solutions viennent de l’exercice du droit de révolte qui ne pourra s’exercer que quand renaitront les solidarités oubliées du monde du travail

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 12h58 le 09/10/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    On parle pas beaucoup du type de FT qui s’est pointé au boulot avec un fusil pour décaniller la direction.

    Il s’est ravisé, grâce au travail formidable des gardes du corps CFDT, et tout le monde, CGT-SUD compris, a décidé d’étouffer l’affaire.

    On regrète que le libéralisme ne s’inspire pas d’Adam Smith ou d’Alexis de Tocqueville, il n’en reste pas moins que la seule alternative sérieuse au capitalisme, c’est la socialisation des moyens de production et des produits. Et la démocratie sur le lieu de travail...

    • zorbeck
      • Posté à 20h53 le 09/10/2009
      • Internaute 9110

      Pas très sérieuse votre alternative, ce n’est pas avec les solutions d’hier ou d’avant-hier qu’on arrivera à analyser et encore moins à résoudre les problèmes d’aujourd’hui ou de demain.

      Vous avez d’ailleurs mal lu l’article, que je trouve excellent. Car de tous les pays économiquement avancés, la France est bien celui qui est le moins libéral, il suffit de constater la surabondance de législations ou le simple fait que le mot « libéral » fasse figure d’injure pour le commun des mortels. Et pourtant on s’y suicide plus qu’ailleurs, alors que dans votre logique ca devrait etre le contraire...

      Je pense pour ma part que cet article ouvre la voie vers d’autres analyses, qui permettent notamment de révéler des archaïsmes bien tricolores dans la gestion des personnes, dont l’élitisme outrancier n’est qu’un aspect du problème.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h32 le 09/10/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    Pourquoi ?

    Mais parceque depuis, au moins, le 19èm siècle pour la morale bourgeoise, le plaisir est coupable, forcément coupable et celui du peuple est en plus dangereux et vaguement repoussant.

    Aussi, un travail sérieux ne saurait donner du plaisir.

    Et pour vraiment montrer son investissement, se mettre le dos en sang est le bienvenu.

    Depuis maintenant 20 années, le refoulé de la droite se « décompléxifie », rejette les « tabous » et a pris le pouvoir maintenant.

    Et dans l’entreprise, la guerre contre le peuple qu’il convient de mater en le terrorisant (par le travail et par la crainte de perdre ce dernier) bat son plein.

    Il y guerre idéologique ouverte.

    L’entreprise en est un champs de bataille mais avec de vrais morts, toujours du même coté.

    Jusqu’à quand ?

    • Homer555
      • Posté à 17h54 le 09/10/2009
      • Internaute 45141

      « Et dans l’entreprise, la guerre contre le peuple qu’il convient de mater en le terrorisant (par le travail et par la crainte de perdre ce dernier) bat son plein. »

      J’ai exactement la même idée qui me traverse l’esprit quand je suis au boulot. Nous avons un système de management par la peur.

      Des managers très sympas et même fêtards dans leurs vies privée peuvent devenir odieux quand la crainte qu’ils ont de leurs hiérarchie se manifeste. Je me retrouve à rassurer mes chefs ou à leurs trouver une explication « potable » pour le directeur pour qu’ils arrêtent de me harceler. Parce que la peur à une sale tendance à descendre la hiérarchie en s’amplifiant. Pour mes propres raisons, j’ai la chance d’échapper à cette peur et de pouvoir me poser en « spectateur ».

      J’irais plus loin : Là où dans d’autre pays on utilise la carotte de l’argent (anglo-saxons) où le sentiment d’appartenance à l’entreprise (japon), il me semble que la France utilise encore beaucoup le stakhanovisme. On m’a appris dans mes études que c’est une méthode dépassée et morte et pourtant, je la ressent dans beaucoup d’entreprise Françaises. Les managers l’utiliserons soit au niveau de l’entreprise en comparant les employés et en montant une « chasse au branleur » qui aura alors peur d’avoir le chef constamment sur le dos et fera tout pour que ça tombe sur un autre, soit en comparant avec les concurrents en montrant bien aux employés que à coté les employés du concurrents sont beaucoup plus dociles et essayer de leurs mettre la peur d’une fermeture de l’entreprise. Mais dans les deux cas, c’est un cycle sans fin puisqu’il y aura toujours un dernier.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 23h24 le 09/10/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        « puisqu’il y aura toujours un dernier »

        Il y aura toujours un dernier tant que l’on fera des compétitions.. : -)

  • Olitchouf
    Olitchouf
    formateur
    • Posté à 14h06 le 09/10/2009
    • Internaute 44898
      formateur

    Intéressante, cette notion « d’espace public partagé ».
    Je tique un peu quand vous mettez en cause l’héritage de l’Ancien régime. D’après Donzelot, la Révolution, en supprimant les médiations, aurait plutôt mis l’individu directement face au pouvoir. (Donzelot évoquait en particulier la médiation du père de famille entre le pouvoir féodal et l’individu).
    En fait, je pense que c’est la dénonciation excessive du paternalisme dans l’entreprise qui est en cause. Ce paternalisme, exécré par réflexe et critiquable à bien des égards, aurait pu évoluer et se moderniser, en conservant la dimension humaine de cette culture. Si héritage d’Ancien régime il y a, n’est-il pas plutôt dans notre appel toujours vivace, mais informulé, d’une autorité parentale dans l’entreprise ? (mais c’est une idée dérangeante).

    Cordialement

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 14h10 le 09/10/2009
    • Internaute 30050
      sans

    Et certains manifestent pour un « travail décent », l’esclave réclame moins de coup ou de plus supportable !
    Il y aurait-il pas comme un oxymore, le sens premier de travail (Travaj) étant lié à la torture ?
    Torturer décemment ?
    Armes éthiques ?
    Dégats collatéraux ?
    Novlangue ! ! !

    Quoiqu’il en soit l’illusion d’un emploi salarié, activité dûment rémunérée pour tous s’est volatilisée. Avec cette disparition, va s’évanouir aussi pour beaucoup le réflexe de se définir en fonction de son « activité professionnelle ».

    Ni l’emploi salarié, ni les revenus du capital, ni les aides sociales classiques ne peuvent prétendre désormais garantir le droit à l’existence de chacun tel que défini à l’article III de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. C’est un fait : en raison de l’informatisation et de l’automatisation de la production, le plein-emploi ne peut plus être atteint. Par contre l’ouvrage est toujours d’actualité, et la tâche est immense.
    Il est plus que jamais nécessaire que chacun puisse oeuvrer, d’abord à prendre soin de lui-même, de ses parents, de ses enfants et de ses proches, oeuvrer ensuite pour contribuer aux biens communs accessibles à tous (connaissances, arts, culture, logiciels, etc.), s’activer enfin à inventer et à mettre en oeuvre à toutes les échelles les moyens qui permettront de léguer une planète vivable aux générations futures.

    Loin d’être un encouragement à la paresse, nous affirmons que le revenu de vie permettrait à chacun, dans la mesure de ses capacités et de son désir, de s’engager de manière sereine, libre et responsable, dans des actes essentiels pour l’intérêt général que les emplois traditionnels n’ont pas vocation à assumer.

    Qu’avons-nous à gagner ?

    L’institution du revenu de vie remet en cause l’activité « travail » tel qu’il est compris usuellement, à savoir comme base du capital et des rapports sociaux. On le sait, la réduction de l’activité « travail » au seul « emploi » provoque automatiquement l’exclusion de ceux qui en sont privés, la peur du chômage chez les salariés, et le contrôle social des assistés. Cette confusion entre l’activité « travail » et « emploi » a un coût énorme pour la société aussi bien financièrement que socialement. Les pathologies sociales et psychiques qu’elle entraîne ne sont tout simplement plus soutenables.

    Nous n’attendons pas du revenu de vie qu’il règle tous les maux, mais nous affirmons qu’il est absolument nécessaire pour surmonter la crise de confiance actuelle en réduisant le niveau intolérable, de pauvreté, d’exclusion et de peur.

    Action

    Au moment où les médias annoncent quotidiennement l’imminence de catastrophes provoquées par l’effondrement des économies, le réchauffement climatique ou les pandémies, nous affirmons qu’il existe un moyen efficace pour faire face collectivement et pour mobiliser les forces vives : c’est la voie du revenu de vie.

    Le revenu de vie ne doit pas être confondu avec le RMI, le RSA et autres allocations attribuées de manière conditionnelle. Le revenu de vie, lui, est automatique, inconditionnel et inaliénable. Il concerne tout le monde, riches ou pauvres. Il est attribué à chaque individu, de la naissance à la mort. Son montant est suffisant pour garantir à chacun une existence décente - quoi qu’il arrive -. Il est cumulable avec les autres revenus (salariés ou non). Il ne peut être saisi aux plus modestes, mais il entre dans l’assiette d’imposition des plus aisés.

    Le revenu de vie ne rémunère pas l’emploi, mais l’activité au sens large, la vie en fait !

    Lien

    • Cogito_ergo_sum
      Cogito_ergo_sum répond à Naradamuni
      Citoyen
      • Posté à 17h03 le 09/10/2009
      • Internaute 92316
        Citoyen

      Il y a du vrai dans ce que vous dites, mais je pense que le travail - appelons le activité, si vous préférez - n’est pas un esclavage par nature, il ne l’est que dans le cadre d’un système.

      Le fait d’avoir une activité est une composante indispensable de la vie de la plupart des êtres humains, qui veulent ainsi prouver leur valeur personnelle à travers leur utilité pour les autres.

      C’était ainsi - c’est encore un peu, de nos jours - la fierté de l’artisan produisant du beau, du bien construit ; de l’ouvrier contribuant à créer des produits utiles au plus grand nombre, etc ;

      Le CRIME de la société actuelle est de n’avoir qu’un seul étalon pour juger de l’utilité du travailleur : l’argent. La rentabilité. La productivité. C’est de réduire l’individu au rang d’outil de production. Je n’emploie pas le mot crime à la légère : c’est bien de cela qu’il s’agit !

      L’informatisation, l’automatisation, source de tous les maux ? Mais non ! L’informatisation permet d’avoir accès à davantage d’information, de meilleur qualité (parfois !) : elle pourrait, elle DEVRAIT donner plus de temps pour REFLECHIR sur ce que l’on fait de cette information. L’automatisation soulage l’humain des tâches les plus pénibles ou les plus ennuyeuses : elle pourrait lui permettre de se consacrer a des tâches plus enrichissantes, délicates ou exigeant de la créativité ;

      La STUPIDITE intrinsèque des modèles actuels est de ne voir dans l’informatisation, l’automatisation, que des moyens de FAIRE LA MEME CHOSE AVEC MOINS DE PERSONNES (rentabilité, toujours !) et non de FAIRE MIEUX ET PLUS.

      Les besoins de notre société sont immenses et loin d’être comblés. C’est ce défi là qu’il va falloir relever, et c’est autant un problème de politique que de management des entreprises.

  • Badgud
    Badgud
    Athée
    • Posté à 14h49 le 09/10/2009
    • Internaute 75022
      Athée

    Il y a déjà un très gros problème au niveau de la formation. Je ne sors pas d’une grande école, mais franchement les cours de management ne m’ont pas appris grand chose.
    On m’a informé sur les différents types de management, le management paternaliste, le management bureaucratique, etc...
    On m’a donné des conseils comme trouver la fibre sensible de l’employé pour le motiver et plein d’autres trucs comme ça. Quelques petits exemples concret et c’était tout pour ce qui avait un rapport avec le coté humain. Tout le reste, c’était de la méthodologie pour s’en sortir dans son boulot de cadre, rétroplanning, ect...

    Et avec ça, on est sensé se démerder, en clair on va apprendre sur le tas, mais bon il faut croire que ce genre d’apprentissage est à la mode.

    Ben sinon, j’ai fait des jobs/stages de techniciens, on avait un manager qui venait de temps en temps dans le laboratoire. Il n’avait quasiment aucune connaissance technique. Très souvent, on avait recours à des techniques interdites pour effectuer le travail qui était demandé. Les méthodes et le matériel utilisés n’étant pas du tout pratiques pour ce qui nous était demandé. Allez un exemple, pour le filtrage d’eau usée, souvent l’eau était très chargé et le filtre se bouchait très rapidement. Pour faire le travail dans les temps, on était obligé de gratter le filtre pour créer des petits trous afin que le liquide puisse s’écouler.
    Et cette technique tout le monde était au courant sauf le manager. On sent que le fossé entre les techniciens et le cadre est toujours immense.

    Il y a aussi le cadre qui arrive tout content avec la méthode qu’il veut mettre en place, car il l’a vu dans une autre entreprise. Sauf que les techniciens de sa section savent parfaitement qu’elle est complètement inadapté au travail qu’on leur demande.

    C’était à chaque fois comme ça, toujours dirigé par un cadre complètement à coté de la plaque. Si seulement, ils ne prenaient pas toujours les techniciens de haut, s’ls les écoutaient, ça pourrait s’arranger. Et je ne suis pas le seul dans ce càs là, mes amis qui sont techniciens ont tous eu ce problème.

    Là ce que je viens de dire, ce sont les cas minimes, heureusement aucun de mes amis ne s’est suicidé et j’espère que ça n’arrivera pas.

    Sur ce forum, j’ai déjà vu des discussions entre des cadres qui travaillent en France et des cadres travaillant à l’étranger, ils n’ont pas l’impression de faire le même métier. Il y en a un qui est coincé dans son bureau et l’autre qui est toujours sur le terrain à résoudre les problèmes que ces techniciens rencontrent. Le cadre qui teste lui meme la méthode qu’il veut mettre en place et celui qui l’a fait testé par ses techniciens, ect ...

    J’ai pu tester les deux (dans une entreprise française et une à l’étranger) et franchement on se sent beaucoup mieux en tant que technicien avec celui qui est proche de nous. Et je sais que si j’avais eu un gros problème (un de ceux qui aurait pu me pousser au suicide, heureusement ça ne m’est jamais arrivé), j’aurai eu beaucoup plus de facilités à lui en parler qu’à un cadre qui passe tout son temps dans son bureau.

    Alors après je ne sais pas pourquoi les cadres français sont tout le temps coincé dans leur bureau, est ce que c’est leur formation ou le travail que demande une entreprise française qui est différent ?
    Si des personnes ont assez d’expérience (cadre en France et à l’étranger) pour répondre à cette question, je serai très intéressé par la réponse.

    • Bougainville
      Bougainville répond à Badgud
      ca va...
      • Posté à 23h48 le 10/10/2009
      • Internaute 90874
        ca va...

      Effectivement, ce n’est pas la même chose de travailler dans une entreprise française et une entreprise étrangère. mais attention on parle ici de la grande entreprise car le problème concernant le management est surtout à mettre au crédits de notre cher système basé sur les Ecoles. France telecoms fait partie de ces boîtes où celui qui a fait une école d’ingénieur lambda n’aura pas le même déroulement de carrière que celui qui a fait une grande Ecole même si il est brillant. Il y a des endroits où on vous balance au visage votre origine académique pour justifier que un manque de promotion, même 20 ans après votre sortie d’Ecole. Merci la culture du diplôme, comme si on validait notre vie professionnelle avec 3 ans d’Ecole. Quand on fait sans cesse référence à son origine académique, cela révèle surtout que l’on a pas fait grand chose depuis.
      en cela, on assiste à un vrai choc culturel entre les managers « franchouillars » et les étrangers.

  • chapman
    chapman
    www.quaidesvalses.fr
    • Posté à 14h41 le 09/10/2009
    • Internaute 17863
      www.quaidesvalses.fr

    Bonjour,
    Il y a une notion de droit dans le code du travail qu’a ma connaissance personne ne relève, c’est qu’un suicide au travail est considéré comme accident du travail, que même le fait de se suicider et de laisser une lettre incriminant le travail est considéré ainsi. Ce qui fait que la famille va toucher des indemnités de l’entreprise comme un accident du travail l’aurait fait. les personnes qui se suicident connaissent ce droit et mettent ainsi leur famille à l’abri. Je voudrais noter également qu’a mon avis, le type de management que l’on évoque a contaminé toutes les sphères de la société. Je travaille régulièrement avec le service public (Mairie, ect...) et ce type de pression est courantes, j’ai même l’impression parfois que certains cadres ont eu la même formation, ce qui, soit dit en passant, enlève beaucoup à l’efficacité du système.

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 14h56 le 09/10/2009
    • Internaute 40715
      pas là

    En voilà encore un qui n’a pas lu les articles publiés ici même montrant qu’à france télécom on se suicide moins qu’ailleurs et moins qu’avant ! ...

    Et c’est sociologue au CNRS...

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 14h57 le 09/10/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    -« En France, des managers inhumains et incompétents mais inattaquables »

    Vous n’allez pas chercher la cause où elle se trouve :

    Il suffit de regarder en arrière ( et oui, Sarkozy n’est pas l’inventeur du management « hard » ) , c’est dans les années 90 qu’a été ancrée cette idée innovante en France du « travailler + etc... », et ceci avec l’assentiment de beaucoup de salariés du privé, mais aussi du public, qui voulaient se démarquer de leurs ainés des « 30 Glorieuses », accusés d’assistanat, d’immobilisme, et de pusillanimité.

    Sarkozy n’a fait que reprendre la formule, avec l’appui du Medef et des amis du Fouquet’s, mais aussi d’une bonne partie des électeurs.

    N’oublions pas qu’il a été élu et qu’il est encore aujourd’hui apprécié de nombreux Français... comme le Maréchal, qui était encore acclamé à quelques jours du Débarquement !

  • Mačak Crni
    Mačak Crni
    Etudiant en Grèce
    • Posté à 15h49 le 09/10/2009
    • Internaute 89684
      Etudiant en Grèce

    Intéressant, cet article.

    je souhaiterais rajouter une chose, c’est que la conception française du management n’est pas seulement due à la formation des managers, mais bel et bien au conditionnement que l’on subit dès le plus jeune âge. Combien de fois ai-je entendu lorsque j’étais au collège ou au lycée que plus tard, le patron aurait tous les droits, que je devrai me plier aux règles, mêmes les plus absurdes en fermant ma gueule ? Probablement des centaines de fois ! Pas étonnant qu’ensuite, chacun se taise face à son supérieur, vu qu’on lui a rabâché qu’il fallait le faire durant son enfance et son adolescence, quitte ensuite à intérioriser cette injustice, ce qui conduit aux actes que l’on connait... si peut-être l’on apprenait aux gosses que lorsqu’ils auront un boulot, il auront des droits, et que le patron n’aura pas toujours raison, on aurait déjà un gros changement dans les mentalités.

    La situation en France est tout de même alarmante. Quand je compare les expériences professionnelles que j’ai pu avoir là-bas, et celle que je connais actuellement ici, en stage au Kosovo, dans une compagnie locale, c’est le jour et la nuit ! Ici, je peux me permettre, et il est même conseiller, de reprendre son supérieur hiérarchique si l’on voit qu’il est en train de commettre une bourde, d’ailleurs, il n’hésite pas à me demander un renseignement s’il ne connait pas un point particulier du domaine où je travaille. et puis, surtout, alors que je suis encore (très) jeune, on a su me faire confiance et me donner un poste avec pas mal de responsabilités. C’est d’ailleurs assez étonnant de voir que le managériat à la Kosovare est plus souple que le français, quand on se rappelle que le régime yougoslave, particulièrement sous Milosevic, était pas des plus souples ici ! Quand je compare à la France, je sens que mon retour l’année prochaine là bas va être très dur...

  • Praxis
    Praxis
    Fonctionnaire
    • Posté à 16h26 le 09/10/2009
    • Internaute 81083
      Fonctionnaire

    Quant on lit un article pareil : Lien, par exemple, on ne peut qu’être frappé par la dimension de dénégation qui existe chez nombre de nos concitoyens, qui pensent vraiment qu’il n’y a aucun problème de management et qu’il ne faut surtout pas remettre en cause un système qui abouti pourtant sur des catastrophes individuelles et collectives (l’écologie, la crise économique, sociale).

    Face à ce danger, il faut absolument faire triompher une pensée différente, qui organise les relations sociales en tenant compte de plusieurs facteurs et plus uniquement des critères quantitatifs, des objectifs chiffrés axés sur les ventes, le profit.

    La droite est en train d’essayer de s’adapter à la nouvelle donne : c’est NS qui parle de réguler le capitalisme et de changer d’indicateur (mais là, franchement je salue cet événement - sauf qu’il doit venir de la gauche car elle reflète ses idées, et non de la droite qui provoque ainsi une dangereuse confusion des genres). Il faut absolument éviter cela car, une fois de plus, on ne changera rien, on déplacera le problème et il y aura toujours autant de violence symbolique et d’inégalités.

    Le combat, aujourd’hui, est un combat pour les idées, c’est à ce niveau qu’il faut se mobiliser. Quant on constate le vide dans lequel se débat la gauche, on ne peut que le déplorer : il y a urgence !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h45 le 09/10/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    FT : vers un plan anti-stress en décembre
    AFP
    09/10/2009 | Mise à jour : 10 : 53 

    Le PDG de France Télécom Didier Lombard a indiqué aujourd’hui qu’il entendait avoir « bouclé vers le mois de décembre » un plan anti-stress, voulu par le gouvernement dans les entreprises de plus de 1.000 personnes, après une série de suicides chez France Télécom.

    Ils vont diffuser de la musique douce et des images de nuages et de bruit d’eau dans les bureaux, nous attribuer à chacun une peluche et nous faire des massages thaïlandais ?

    • Pseudo
      Pseudo répond à Numerosix
      Enfin libre : -)
      • Posté à 16h54 le 09/10/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      « massages thaïlandais »

      Malheureux ! Je crains le pire.

      Après massages thaïlandais, ajoute tout de suite : thérapeutiques effectués par des boxeurs, euh des kinés de 40 ans en tenue décente.

    • Éric  Perrin
      Éric Perrin répond à Numerosix
      Ginkonaute
      • Posté à 17h05 le 09/10/2009
      • Internaute 51185
        Ginkonaute

      Déconne pas, dans ma boite il y a quelques temps on a eu droit aux massages avec musique new-age en fond sonore, avec le bruit de l’eau et tout et tout.
      Mais c’était dédié aux équipes les plus méritantes, pas aux dépressifs, pour la direction.les autres peuvent bien crever...
      (En plus le massage a été fait par un mec, quelle déception !)

      • Numerosix
        Numerosix répond à Éric Perrin
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h39 le 09/10/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Les syndicats doivent absolument se battre
        pour que TOUS aient les mêmes droits destressants !

        Nous voulons l’Internationale + les massages avec musique new-age en fond sonore, avec le bruit de l’eau et tout et tout + les cellules psychologiques.
        © hulk

         
        • Pseudo
          Pseudo répond à Numerosix
          Enfin libre : -)
          • Posté à 17h44 le 09/10/2009
          • Internaute 25947
            Enfin libre : -)

          Euh... L’internationale pendant les massages ? Je me demande quand même...

          • Numerosix
            Numerosix répond à Pseudo
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 17h46 le 09/10/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            C’est très destressant de chanter ...

            CHORALE OBLIGATOIRE !

          • Alain Pacifique
            Alain Pacifique répond à Pseudo
            enfin!! ça marche !
            • Posté à 20h29 le 09/10/2009
            • Internaute 24637
              enfin!! ça marche !

            si si, l’Internationale version new age, c’est coooolll ! !

        3 autres commentaires
      • Guillemette Faure
        Guillemette Faure répond à Éric Perrin
        Journaliste
        • Posté à 00h03 le 10/10/2009
        • Internaute 34
          Journaliste

        Et vous travaillez dans quel type d’entreprise, Ginkoland (si vous travaillez dans un salon de massage, ça ne compte pas) ?

         
        • Éric  Perrin
          Éric Perrin répond à Guillemette Faure
          Ginkonaute
          • Posté à 11h51 le 10/10/2009
          • Internaute 51185
            Ginkonaute

          En fait je travaille chez l’un des grands dealer (ou leader ?) de la grande distribution.
          Et tout les ans ils nous organisent la grand messe de la motivation avec objectifs et challenges.
          Cette année leur grande trouvaille a été de récompenser ceux qui à leurs yeux le méritaient, en leur offrant une séance de massage avec musique douce de circonstance.

        1 autres commentaires
  • miles.v
    miles.v
    Matheux
    • Posté à 17h06 le 09/10/2009
    • Internaute 80105
      Matheux

    Tout cela est-il si surprenant, alors que l’on n’a plus de directions du personnel mais des directions des ressources humaines ?
    Et l’évolution n’a pas, semble-t-il, pas été que sémantique.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 17h50 le 09/10/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Cette anomalie met à nu les failles d’une culture managériale qui ignore presque tout de la gestion des humains en situation de crise extrême.

    Ben voyons, 100 % des suicides de FT sont des fonctionnaires.

    30 ans sans travailler, a se dorer la pillule et a aller a la peche aux moules en toisant ceux qui triment ; forcement quand on leur demande de travailler, leur nullite crasse leur saute au visage.

    Il y a beaucoup d’inutiles et se rendre compte a 50 ans qu’on est un inutile et bon a rien qui n’a eu et conservé ce boulot uniquement parce qu’ils etaient fonctionnaires, ca fait pas du bien.

    D’ailleurs, le service FT marche tjs aussi bien malgre les charrettes de nullos. Encore un effort.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 17h57 le 09/10/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Entre la stratégie du boucher et celle du boulanger (H.Sérieyx), le management d’obédience néo-libérale a tranché...si j’ose dire, depuis longtemps.
    Le plus navrant c’est que cela marche grâce à la collaboration soutenue de beaucoup de salariés qui répondent présent lorsqu’on actionne les ressorts les plus dégueulasses de l’âme humaine.
    Même plus besoin de menaces,d’intimidations ou de harcèlement. Il suffit d’appuyer sur le bon ressort au bon moment : promesses de promo, compétition, incitation à la délation, surveillances mutuelles, traitements de faveur...

  • Servais-Jean
    • Posté à 00h02 le 10/10/2009
    • Internaute 4591
      43

    A écouter à ce sujet l’émission de Daniel Mermet (avec entre autres, Frédéric Lordon) sur France-Inter de cet aprés midi, soit sur le site de France-inter à la rubrique « là bas si j’y suis », soit à partir de ce soir sur le site « la-bas.org ».

    Lordon + Mermet = De la dynamite à effet sélectif.

  • vol19
    • Posté à 21h21 le 09/10/2009
    • Internaute 13492

    Le management à la Française fonctionnait assez bien lorqu’il était soudé par une culture de métier forte, de type ingénieur pour le développement d’un idéal, subjectivement vécu comme un « chef d’oeuvre » mettant en avant une complexité ou une virtuosité scientifique ou technique. On a pu le voir dans le nucléaire, l’aéronautique... et beaucoup moins dans des process industriels ou des produits plus classiques.
    Le problème du management des dernières années, rachats, fusions, destruction de l’« esprit maison », d’un certaine culture de compagnonage autour de cultures de métier... donc ce qui faisait concensus, ce qui faisait noblesse a été détruit au détriment de logiques dites « projets » qui obligent de fonctionner dans des structures matricielles compliqués et contradictoires, l’enjeu professionnel est davantage financier que centré sur une esthétique technologique. Le travail à distance, souvent en langue étrangère ne font qu’accélérer la perte de sens.
    Dès lors, il ne reste effectivement qu’un management assez narcissique, mélange d’un style tantôt directif, tantôt participatif, brouillon organisationnelement, des castes en fonctions des écoles ou d’appartenance à des réseaux d’intérets, de grandes différences entre l’explicite et le tacite, le règne du « bon plaisir », ce qui génére frustration, souffrances, et surtout un conformisme (chacun ouvre son parapluie en toutes circonstances) ce qui mène à une absence de prise de risque et d’innovation. C’est aussi un management ou le poids des personnes est supérieur à celui des fonctions, ce qui créée des tensions personnelles.
    Tout celà, on le sait depuis bien longtemps. Dans les années 80/90, se sont développées des modes, des idéologies qui ont tenté de faire croire à une volonté de changement de ces rapports, « seminaires de management participatif », et de nombreuses autres modes qui se sont succédées. Les démarches étaient trop superficielles pour que celà puisse vraiment être intégrées et incompatibles avec la financiarisation....la formation, le management, le conseil qui est devenu lui-même l’objet d’un marché.
    En formation initiale commerce ou d’ingénieur, il y a eu des tentatives de mettre en place des sensibilisations mais fondamentalement se pose un problème d’institué, de dispositif. le modèle de sélection des élites françaises par les concours, se fait sur un modèle bureaucratique, qui favorise le bachotage, une sélection d’élèves encore peu mûrs, une pédagogie dans l’ensemble peu interactive encore marquée par des rapports assez infantiles. Le dispositif de formation fait peu réfléchir les élèves sous toutes ces dimensions managériales au contraire ces institutions pour se vendre elles-même par rapport aux prépas et aux entreprises cherchent à capitaliser sur le statut, sur l’image...et sur la transmission de modèles économétriques. Dans l’une d’entre elle, dont rue 89 a présenté un publicité, les éleves qui partaient un ans faire un stage ouvrier en entreprise étaient appellés les « masochistes » par un professeur de ressources humaines.
    A mon humble avis, la situation ne changera pas de sitôt, les institutions n’étant, hormis pour la communication, pas intéressées à y réfléchir en profondeur. Si elles le faisaient, celà obligerait à repenser fondamentalement le mode de recrutement, l’organisation et la durée des cours, et ce n’est pas sûr que ce soit même efficace pour des étudiants très jeunes de 20/23 ans qui n’ont aucune expérience préalable des organisations (contrairement à d’autres pays ou les étudiants sont plus agés).
    Je précise avoir travaillé dix huit ans sur ces sujets en formation continue ou en formation initiale.... avoir passé des phases d’espoirs et davantage de désespoir. Dans un proche avenir, je ne crois pas à des changements dans ces sens sauf dans des organisations et des métiers très particuliers. Enfin, il me semble positif qu’un débat revienne peu à peu sur ce sujet.

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 22h19 le 09/10/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    « force est de constater que l’on trouve probablement en France l’une des plus dures au monde, et de loin la plus sourde à la souffrance. Managers inhumains, manquant de professionnalisme, mais imbus d’eux-mêmes, et souvent si profondément incompétents. Mais, en revanche, tout puissants et toujours inattaquable »

    Attendez vous me plagiez là.

    Comment oser vous dire que nos ânes tout puissants et inattaquable seraient sourds, inhumains, profondément incompétents………oulaaaaaaaaaaa

    Je viens de relire le chapitre VI, les technocrates m’épatent, du livre « Au risque de déplaire » de Gérard NICOUD

  • Palme
    Palme
    cadre
    • Posté à 10h31 le 10/10/2009
    • Internaute 65711
      cadre

    article tout à fait exact
    il y a déjà plus d’une vingtaine d’années que des chefs d’entreprise allemands disaient que le « management à la française “ était une des plus archaiques et féodaux qu’ils aient vu

    certes ce n’était pas uniformes mais cela faisait déjà l’étonnement de dirigeants pratiquant la cogestion

    rappelons nous les lois Auroux vilipendées et qui avaient mis à jour des règlements intérieurs d’entreprises dignes du XIX è siècle , le refus systématique de toute avancée démocratique dans l’entreprise
    et quand m^me la gauche avait un peu avancé et quand elle proposait d’aller plus loin trouvait en face d’elle la droite et le patronat

    sur ce point je fais de la politique car ces situations je les ai connues et là dessus au moins il y avait dans la gestion d’entreprise des différences politiques

    aujourd’hui ‘ chaque toilettage du code du travail’ est un recul et je ne parle pas des remarques incessantes sur le fait que les salariés ne travaillent pas assez

  • matou
    matou
    médecin du travail
    • Posté à 11h07 le 10/10/2009
    • Internaute 33933
      médecin du travail

    Les médias évoquent peu le fait que ces suicides ne sont pas reconnus accidents du travail, ils ne s’étonnent pas non plus que des plaintes pénales ne soient pas déposées.
    Après un suicide altruiste ( le salarié qui se disait harcelé a tué sa femme et ses deux enfants avant de se suicider ) une plainte pénale a été déposée par les parents et suivie d’un non-lieu plusieurs années après ; les parents ont fait appel de ce non lieu, mais la chambre de l’instruction a refusé d’examiner le fond de l’affaire pour dire si le non lieu était ou non justifié : elle a décidé que la plainte n’était pas recevable car les parents ne pouvaient déposer plainte pour harcèlement moral à la place de leur fils décédé, ni en tant qu’ayants droit de leur fils, ni en tant que victimes par ricochet !
    Une plainte qui avait été reçue et instruite est devenue, en un tour de passe passe, irrecevable ! Cette affaire a une portée générale : les employeurs peuvent désormais harceler jusqu’à la mort, ils sont assurés de l’impunité ! Je suis étonné que les médias ne se fasse pas l’écho de ce déni de justice alors que les suicides au travail sont au coeur de l’actualité.
    Référence : affaire Rieux / Mairie de Béziers, décision de la chambre de l’instruction du 30 juin 2009.

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à matou
      en invalidité
      • Posté à 22h58 le 10/10/2009
      • Internaute 47198
        en invalidité

      décidément les 30 juin sont néfaste aux citoyens

      tout comme la loi du 30 juin 1838 avec de nos jours sons article le plus pourrit

      L-3213-2 qui permet à un maire, un préfet de vous embastiller à vie...rien que selon son bon vouloir

  • matou
    matou
    médecin du travail
    • Posté à 11h07 le 10/10/2009
    • Internaute 33933
      médecin du travail

    Les médias évoquent peu le fait que ces suicides ne sont pas reconnus accidents du travail, ils ne s’étonnent pas non plus que des plaintes pénales ne soient pas déposées.
    Après un suicide altruiste ( le salarié qui se disait harcelé a tué sa femme et ses deux enfants avant de se suicider ) une plainte pénale a été déposée par les parents et suivie d’un non-lieu plusieurs années après ; les parents ont fait appel de ce non lieu, mais la chambre de l’instruction a refusé d’examiner le fond de l’affaire pour dire si le non lieu était ou non justifié : elle a décidé que la plainte n’était pas recevable car les parents ne pouvaient déposer plainte pour harcèlement moral à la place de leur fils décédé, ni en tant qu’ayants droit de leur fils, ni en tant que victimes par ricochet !
    Une plainte qui avait été reçue et instruite est devenue, en un tour de passe passe, irrecevable ! Cette affaire a une portée générale : les employeurs peuvent désormais harceler jusqu’à la mort, ils sont assurés de l’impunité ! Je suis étonné que les médias ne se fasse pas l’écho de ce déni de justice alors que les suicides au travail sont au coeur de l’actualité.
    Référence : affaire Rieux / Mairie de Béziers, décision de la chambre de l’instruction du 30 juin 2009.

  • h-r
    h-r
    • Posté à 15h31 le 10/10/2009
    • Internaute 37765

    TRÈS BON ARTICLE, MERCI.
    L’articulation des arguments est d’une justesse imparable,
    la qualification des faits également.

    Ces données intégrées, comment agir ?

    Faut-il s’en remettre au juristes et autres avocats pour saisir au cas par cas les abus face au droit du travail ?
    Faut-il responsabiliser les syndicats pour venir en aide aux travailleurs opprimés ?
    Faut-il créer des modalités de sensibilisation, des moyens de dénoncer les incapacités manageuriales de dirigeants ou petits chefs zélés et imbéciles ?
    Faut-il encore sensibiliser les travailleurs, les citoyens sur le fait que, jusqu’à preuve du contraire, nous vivons dans une démocratie dans laquelle ils sont protégés par un cadre légal, au sein de laquelle rien ne justifie la pression ou le harcèlement, les alerter et les soutenir pour qu’ils s’en défendent ? Qu’au-delà de l’aspect juridique, rien ni personne n’est autorisé à piétiner leur dignité ?

    Comment ?

  • Hedoniste
    Hedoniste
    Agitateur social
    • Posté à 21h18 le 10/10/2009
    • Internaute 51866
      Agitateur social

    Il y a de plus en plus de suicides au travail ! ? ... et alors ! ?

    Organisons des cellules d’écoute, préparons des colloques, élaborons une loi, etc. ... ça occupera toujours les médias pendant que ... aux commandes, les capitaines économiques et financiers ont toujours la barre sur « plein régime », pour le plaisir des actionnaires sans visage, sans foi, ni loi si ce n’est celle de faire toujours plus d’argent, toujours plus de pouvoir, toujours plus, toujours plus, toujours plus, toujours plus,...

    A quoi bon chercher à colmater les fuites si on continue de foncer droit sur l’iceberg ! ! ! ! ? ? ? ?

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à Hedoniste
      en invalidité
      • Posté à 00h04 le 11/10/2009
      • Internaute 47198
        en invalidité

      « plein régime »...en sur régime, ils ont ajouté un turbo surdimensionné.

      A quoi bon chercher à colmater les fuites si on continue de foncer droit sur l’iceberg ! ! ! ! ? ? ? ?

      Les technocrates sauce mac Kinzey et autres vautours, pensent quand fonçant plein surrégime dans un iceberg ils pourront le traverser, ils ne sont pas que des cons ils sont complètement dingues et ceux qui les écoutent de même
      En règle générale...les vautours s’envolent avant la collision… s’il n’y a personnes qui leur tirent du plomb dans les ailes

      Il y a 15/18 ans ce Mac Kinzey est passé chez nous.
      Ils ont dit 20/25 % d’économie réalisable…Selon leurs estimation ! ! ! Et étude bidon

      De la façon dont à été réalisé leur estimation, j’aurais fait… 30/35% même 40%

      Ils ont tout simplement dit si vous voulez faire des économies…faut éliminer 20/25 % du personnel, jusqu’à 100 % dans certain services d’entretiens, … automatiser à outrance…

      Un gosse de maternel aurait dit pareil….mais n’aurait pas demandé 3 ou 4 millions

      Résultat…plus d’entretien des machines, « on répare en cas de panne…une question… »

      A l’époque j’avais demandé à un qui voulait mettre en place ce projet de m’expliquer où il allait trouver les personnes pour les réparations….
      Pas de problème, vous téléphonez au pol central, puis faxer une fiche de réalisation de travaux à faire et ça tourne….he be …
      Les fax sont venus en un temps record.
      Les équipes qualifiées, en réparation…un peu plus lentement… de qualifiés…ont oublie.
      Il faut dire, qu’à 95 % se sont des machines uniques au monde…et oui…ou tu connais cette machine ou tu t’oublis…
      Concernant le Pol central, (il existait déjà avant Mc Kinzey) comme il avait été de même dégraissé de presque 50 % …je vous laisse deviner le reste quand la cokerie, le laminoir, les hauts fourneaux, l’aciérie, l’agglomération, le service des ponts roulants (un pont roulant de 50/100 tonnes de capacité de levage, servant à la production qui tombe en panne tout est à l’arrêt)

      Nous avions « un triangle des Bermudes » (chimie) où il fallait amener les gars avec un pistolet dans le dos (ironie), je peux vous dire qu’il y en a plus d’un venant, du Pol central, pour effectuer des travaux d’entretien mécanique ou de tuyauteries qui s’est sauvé en courrant…

      Comme je l’avais pronostiqué, ce fut comme après Catharina sur New Orléans.

      10 ans après mon départ pour cause d’authentique invalidité, il doit rester des bons de « demande de travaux » signé par ma main.

      De temps à autre je reçois des appels téléphoniques…de demande d’aide

  • Bougainville
    Bougainville
    ca va...
    • Posté à 23h15 le 10/10/2009
    • Internaute 90874
      ca va...

    Pas terrible l’analyse, et puis merci pour la généralisation sur les cadres français. A part cela, je ne vois pas en quoi le rachat de Nissan par Renault est en cause dans les problèmes de l’entreprise, vous avez vu beaucoup de samourais massacrer nos ouvriers ?
    Et puis Monsieur le sociologue avez vous des responsabilités managériales dans votre institut ? Avez-vous déjà travaillé dans une entreprise ? Heureusement que nous avons de grands intellectuels qui peuvent résoudre tout les problèmes rien qu’en plongeant leur nez dans les bouquins puis en portant un regard rempli de certitude sur le monde depuis un bureau d’une administration ! Enfin,pour votre information, France Telecoms n’est pas la France, on n’est pas tous en train de se suicider dans les entreprises !

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 19h16 le 11/10/2009
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    Mais la démocratie en entreprise n’est absolument pas et n’a jamais été appliquée. J’ai fait parti d’une commission paritaire qui était composée d’autant de représentants du personnel que de la direction… mais le président de la séance, qui statutairement était le directeur général, avait voix prépondérante. La direction gagnait à tous les coups bizarrement.

  • Madame Veleta
    Madame Veleta
    employée
    • Posté à 23h54 le 13/10/2009
    • Internaute 92864
      employée

    En Espagne ça ne marche pas mieux...
    D´un point de vue maquiavélique et imaginant que le seul but d´une entreprise et d´atteindre des chiffres d´affaires et nous pensons que les employés sont des ressources : existe t´il une statistique ou un étude scientifique qui démontre que la pression, les menaces sur les employés et les décisions unilatérales sont nécessaires et la meilleur façon d´atteindre des objectifs de croissance ?
    Je trouve trop évidant que le problème du marché de travail dans mon pays est le manque d´organisation et la dualité qui exige la flexibilité et les compétences sur les chômeurs ou les chômeurs prospects et en même temps il encourage la rigidité dans les managers.