Les Inrocks 08/10/2009 à 12h48

La société française était-elle vraiment mieux avant ?

Jean-Marie Durand | Les Inrocks

C’était mieux avant, le niveau baisse, les élèves sont nuls, les crimes augmentent, les diplômes n’ont plus de valeur, la France s’appauvrit, les citoyens se désintéressent de la politique... Deux sociologues, spécialistes des statistiques, viennent démonter certains de ces préjugés les plus grossiers.


Le bidonville de Nanterre (Demain.tv)


C’était mieux avant, le niveau baisse, les élèves sont nuls, les crimes augmentent, les diplômes n’ont plus de valeur, la France s’appauvrit, les citoyens se désintéressent de la politique... Ces discours rebattus ressassent les clichés les plus absurdes, proférés par des commentateurs qui substituent à la rigueur de l’analyse la précipitation du jugement aveugle.

Par-delà la recherche scientifique, les médias et les politiques font souvent passer auprès de l’opinion publique de pures contre-vérités pour des évidences indiscutées.

Deux Maurin, Eric et Louis, spécialistes des statistiques, viennent démonter certains de ces préjugés les plus grossiers. Ils proposent une lecture iconoclaste mais juste du fonctionnement de la société. Dans « Déchiffrer la société française », édifiante mise à plat des mécanismes sociaux (famille, santé, logement, mobilité, revenus...), Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, révèle les écarts entre les images dominantes et la réalité des faits, éclaire tous les points aveugles de la société par le filtre des chiffres.

Sans sacrifier la nuance ou minimiser les blocages réels (inégalités, école...), son travail synthétique réfute l’idée selon laquelle la France serait un pays en crise profonde, et remet à leur place tous ceux qui, parlant de l’ordre social, jouent sur les peurs.

C’est ce même souci de soulever les malentendus qui guide la brillante réflexion d’Eric Maurin dans « La Peur du déclassement ». L’auteur démontre que l’angoisse de perdre son statut social touche surtout les classes sociales supérieures, pourtant les mieux prémunies contre le risque.

Soucieuses de maintenir leur rang, elles mettent en place des stratégies séparatistes sur les marchés résidentiel et scolaire (accès aux institutions d’élite, aux quartiers éloignés des classes populaires), dont les effets sont manifestes sur la paix et la mixité sociales.

Comme autrefois la Grande Peur, les peurs actuelles, dont le déclassement reste le point d’orgue, demeurent nourries par les fantasmes et restent mauvaises conseillères pour ceux qui rêvent d’une société apaisée et plus juste.

 ? Déchiffrer la société française de Louis Maurin (La Découverte)

 ? La Peur du déclassement, une sociologie des récessions d’Eric Maurin, (Seuil, la République des idées)

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  • Hemenate
    • Posté à 13h00 le 08/10/2009
    • Internaute 856

    Sujet qui aurait pu être très intéressant si il avait fait l’objet d’un véritable article plutôt que d’une mauvaise quatrième de couverture du bouquin en question.

    Publicité déguisée ?

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à Hemenate
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 13h03 le 08/10/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      C’est vrai que ça aurait mérité d’être plus développé. Maintenant j’ai trouvé que le sujet était intéressant et comme nos partenaires des Inrocks en avaient fait ce rapide résumé, je me suis dit que ça valait le coup de le mettre quand même.

      Quant à la publicité déguisée, je vous assure que les auteurs ne sont pas de ma famille et que je n’ai pas d’action chez les éditeurs. Je pense quand même que je vais acheter au moins l’un des deux livres.

      • screugneugneux
        screugneugneux répond à Arnaud Aubron
        râleur-NRV
        • Posté à 13h55 le 08/10/2009
        • Internaute 43534
          râleur-NRV

        celà dit, au moins un exemple ( significatif ) pour illustrer le propos aurais été de bon tont. ( je voulais mettre : de bon « alloy » mais je ne sais pas comment ça s’écrit..... sniff)

        surtout qu’il y a un coté serpent de mer, c’est un discourt récurent ( les deux : le « c’etait mieux avant ! » et le « c’est mieux maintenant mais on le voit pas » )

        on va voire quel type de discutions ça engage....

         
        • tooms4444
          tooms4444 répond à screugneugneux
          p'tit con
          • Posté à 13h58 le 08/10/2009
          • Internaute 41634
            p'tit con

           ; -) tu ne sais pas non plus comment écrire « ton », de toute façon...

          • screugneugneux
            screugneugneux répond à tooms4444
            râleur-NRV
            • Posté à 14h34 le 08/10/2009
            • Internaute 43534
              râleur-NRV

            ouai,....
            je sais juste que je ne sais pas grand chose.....

            désolé pour vous....... : (

        • onapatouvu
          onapatouvu répond à screugneugneux
          perdu pour la science
          • Posté à 16h57 le 08/10/2009
          • Internaute 85117
            perdu pour la science

          Un dictionnaire, c’est bien utile. L’orthographe, on l’apprend tous les jours ; c’est vrai aussi pour les grands intelligents.

          Lien pour le Trésor de la Langue Française Informatisé : Lien

          • Dupdenem
            Dupdenem répond à onapatouvu
            précaire
            • Posté à 17h52 le 08/10/2009
            • Internaute 77558
              précaire

            Votre Trésor de la Langue Française Informatisé ne reconnait pas les ligatures, c’est dommage : essayez de vérifier l’orthographe d’œuf.

            • onapatouvu
              onapatouvu répond à Dupdenem
              perdu pour la science
              • Posté à 19h02 le 08/10/2009
              • Internaute 85117
                perdu pour la science

              C’est fort possible ; je ne sais pas écrire oeuf avec mon clavier (eh oui, je suis très nul).
              Il n’empêche que c’est, à mon avis un bon dictionnaire. Sur son site, on en trouve beaucoup d’autres (de l’Académie etc.)

              • Dupdenem
                Dupdenem répond à onapatouvu
                précaire
                • Posté à 20h14 le 08/10/2009
                • Internaute 77558
                  précaire

                Pourquoi seriez-vous nul ?
                Alt+0156 = œ
                Il y a une table des caractères dans les outils système sous windows, c’est pratique.

                • Rabelais
                  Rabelais répond à Dupdenem
                  Indécis chronique
                  • Posté à 07h55 le 09/10/2009
                  • Internaute 10415
                    Indécis chronique

                  Ben ça, c’était mieux avant...C’était plus facile d’écrire œuf avec un crayon qu’avec un clavier, et puis ça n’usait pas de Nucléaire...

                • sefero49
                  sefero49 répond à Dupdenem
                  Soldat mugissant
                  • Posté à 09h54 le 09/10/2009
                  • Internaute 12260
                    Soldat mugissant

                  Encore plus simple : utiliser le correcteur d’orthographe.

                  un œuf des œufs.....

                  le progrès a parfois du bon pour les anciens « nuls en orthographe “

                • onapatouvu
                  onapatouvu répond à Dupdenem
                  perdu pour la science
                  • Posté à 11h25 le 09/10/2009
                  • Internaute 85117
                    perdu pour la science

                  Merci du tuyau ; je vais vite le noter.

        10 autres commentaires
      • onapatouvu
        onapatouvu répond à Arnaud Aubron
        perdu pour la science
        • Posté à 17h30 le 08/10/2009
        • Internaute 85117
          perdu pour la science

        « Ces discours rebattus ressassent les clichés les plus absurdes, proférés par des commentateurs qui substituent à la rigueur de l’analyse la précipitation du jugement aveugle. »

        Cette analyse me semble erronée et dangereuse.

        Erronée parce qu’elle met en balance une description statistique du présent, d’un côté, et un sentiment (un ressenti) du vécu de l’autre. Le mythe du ’c’était mieux avant » ou du « c’est mieux ailleurs » ne date pas d’aujourd’hui. S’il prend plus d’acuité actuellement, ce n’est pas parce que l’on a plus de ceci ou moins de cela mais, à mon avis, parce que l’incompréhension du présent et l’inquiétude vis-à-vis du futur sont très fortes. Ni les chiffres ni la « théorie » de la crainte d’un déclassement de certaines catégories ne peuvent l’expliquer. La perte des repères traditionnels, le développement de la mobilité pas toujours voulue (géographique, sociale, familiale...) sont des causes parmi d’autres.

        Cette analyse me semble dangereuse parce qu’elle prétend démontrer la fausseté d’un sentiment (c’était mieux avant) par des statistiques. Elle oppose la rigueur technique à un jugement « aveugle » ; autrement dit, elle nie les craintes et les peurs avant même d’essayer d’en rechercher les raisons. Elle les réfute avant même de tenter de les comprendre. Selon moi, c’est typique d’une démarche technocratique et fascisante.

        Nota : l’INSEE publie depuis des décennies des ouvrages sur de nombreux aspects de la vie des Français, très complets et documentés.

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 13h10 le 08/10/2009
    • Internaute 30050
      sans

    Merci pour l’info, en attendant pour suite la conclusion de votre lecture.

  • Francois Toulouse
    • Posté à 13h13 le 08/10/2009
    • Internaute 8648

    Si le discours « c’était mieux avant » est certainement trop répandu, je pense qu’il ne faut pas tout mélanger, et ne pas non plus trop faire confiance aux spécialistes et statisticiens.
    Je prends un exemple : jusqu’au début des années 80, il n’y avait presque pas SDF, ils étaient très rares, et souvent volontaires. Et à cette même époque, je ne connaissais pas de travailleurs salariés obligés de dormir en permanence dans leurs véhicules.
    Alors pourquoi voit-on des spécialistes venir nous dire que le pouvoir d’achat a augmenté, que valent les statistiques face à des réalités tangibles, observables ?

    ps : c’est pas une critique de l’article, mais cela m’a inspiré cette (haute, bien sûr) réflexion...

    • Tyb
      Tyb répond à Francois Toulouse
      (par ici, par là)
      • Posté à 13h18 le 08/10/2009
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      « Je prends un exemple : jusqu’au début des années 80, il n’y avait presque pas SDF, ils étaient très rares, et souvent volontaires. »

      et comment donc Orwell a t’il pu a écrire son « Dans la dêche à Paris et à Londres ? »

      • Majesté
        Majesté répond à Tyb
        On respire enfin
        • Posté à 13h40 le 08/10/2009
        • Internaute 77564
          On respire enfin

        J’ai quand-même tendance à aller dans le même sens que François Toulouse. On a beau dire, ce n’est que récemment que j’ai entendu parler des « working poors ». Dans les années 60, il n’était pas rare de voir une famille de 2 ou 3 enfants, dans laquelle seul le père travaillait, et qui faisait pourtant partie de la classe moyenne, avec maison, voiture et vacances. Aujourd’hui, le même homme, sans femme et sans enfant, serait assuré de vivre sur la corde (très) raide, et il lui suffirait d’un accroc pour basculer.

        Pour aller un peu plus loin, peut-on résumer la vie et la société à un alignement de chiffres ? Ca ne correspond à rien. Dessinez un humain typique, moyen, puis comparez votre dessin à tous les habitants de la planète, vous ne trouverez personne qui lui ressemble. Peut-on ignorer que le bien-être, ce n’est pas seulement avoir un IPhone, c’est aussi et avant tout un sentiment, qui peut ne pas correspondre aux statistiques. Avant, on avait au moins le sentiment d’être heureux et d’avoir des perspectives d’avenir. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

        C’est bizarre : quand les gens éprouvent un « sentiment d’insécurité », on s’empresse de mettre des agents dans la rue, d’installer des caméras partout, de fustiger les étrangers, et de restreindre les libertés. Quand on éprouve un sentiment de mal-être, ou le sentiment d’avoir perdu quelque chose par rapport à autrefois, on sort un listing de chiffres, sans remettre en cause le modèle de consommation à outrance. Oui, nous consommons plus qu’avant, mais est-ce que ça nous rend plus heureux ? En tout cas, je ne me souviens pas qu’avant, des employés se jetaient si nombreux par la fenêtre de leur bureau...

         
        • screugneugneux
          screugneugneux répond à Majesté
          râleur-NRV
          • Posté à 14h05 le 08/10/2009
          • Internaute 43534
            râleur-NRV

          je vous salut bien bas pour ces sages paroles.

        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf répond à Majesté
          Chroniqueur
          • Posté à 14h35 le 08/10/2009
          • Internaute 26641
            Chroniqueur

          Dans les années 60, il n’était pas rare non plus de voir votre salarié vivre avec sa famille dans un logement minuscule avec toilettes sur le palier et se rendre à l’usine en mobylette. On peut se méfier des statistiques, mais expliquer que le niveau de vie des Français était plus élevé, que leurs besoins de base étaient mieux satisfaits, qu’ils étaient mieux soignés et partaient plus en vacances qu’aujourd’hui n’est pas possible.

          Et je ne parle pas des Iphone ou des MP3, mais plutôt de la viande, du poisson, de l’hygiène et de l’accès à la culture ou à une médecine de qualité. Tout ça n’est tout de même pas juste de la consommation pour la consommation, non ?

        • alberich
          alberich répond à Majesté
          fumiste
          • Posté à 14h36 le 08/10/2009
          • Internaute 84604
            fumiste

          Vous n’étiez pas vivant dans les années soixante. Ce n’est pas possible autrement .

          Il se trouve que j’ai commencé ma carrière professionnelle en 1969, Au cours de ces premières années il y a eu la révision de la loi de 1948 sur les loyers, ce qui m’a conduit à faire des milliers de surfaces corrigées dans Paris et sa banlieue proche.

          J’y ai vu comment vivaient les gens de cette époque dans des appartements sans sanitaires ni même parfois d’eau courante. Les familles entassées dans des deux pièces qui aujourd’hui seraient interdits à la location.

          Dans les années 60 le quartier de la Défense n’existait pas, c’était un coin de taudis innommables, dans les années 60 il y avait des bidonvilles partout en France, bidonvilles qui n’ont disparu qu’au milieu des années 80.

          Alors votre fable d’ouvriers à salaire unique avec maison, voiture, vacances, je ne sais d’où vous la sortez !

          • pierrejcallard
            pierrejcallard répond à alberich
            http://www.nouvellesociete.org
            • Posté à 23h58 le 08/10/2009
            • Internaute 3366
              http://www.nouvellesociete.org

            Le niveau de vie moyen est supérieur a celui des années 60. Mais les écarts se sont élargis et de nouveaux clivages sont apparus.. D’autres valeurs qu’économiques se sont imposée au rythme ou la pauvreté regressait et elle ne sont pas respectées. La violence est devenue plus grave. La solidarité s’effiloche. Le cynisme est partout. Nous sommes un civilisation en déclin.

            Lien

            Lien

            Pierre JC Allard

          • pascal.mart
            pascal.mart répond à alberich
            • Posté à 07h35 le 09/10/2009
            • Internaute 24521

            C« est tout à fait vrai...

            On allait m^me à l’école le samedi après-midi...

          • Rabelais
            Rabelais répond à alberich
            Indécis chronique
            • Posté à 08h03 le 09/10/2009
            • Internaute 10415
              Indécis chronique

            C’est vrai, à la fin des années 50, j’étais obligé d’aller voir Zorro à la télé dans la vitrine du marchand de postes, même que j’y allais a pieds car mes parents, O misère, n’avaient pas de 4x4 pour m’y emmener, et d’ailleurs pas de voiture du tout ! ...
            Heureusement, grace à vos réactions, je me rends enfin compte à quel point j’étais malheureux ! ...Merci !

        • Tyb
          Tyb répond à Majesté
          (par ici, par là)
          • Posté à 15h38 le 08/10/2009
          • Internaute 24914
            (par ici, par là)

          Je ne remettais pas en cause le cas des working poors même si effectivement comme le souligne les autres commentateurs il faut ne pas avoir connu les années 60 ou alors seulement le bon coté de la barrière pour idéaliser les sixties comme ça...

          Je remettais surtout en cause le fait de dire qu’il n’y avait pas de SDF ce qui est totalement faux... il y en a peut-être plus maintenant, mais même ça ça reste à prouver.

        • lled
          lled répond à Majesté
          (galérienne)
          • Posté à 20h25 le 09/10/2009
          • Internaute 45455
            (galérienne)

          ...Vous avez oublié les bidonvilles ou quoi ? Ces immenses champs d’abris en tôles dans lequels s’entassaient des familles entière dans des conditions insalubres, en attendant qu’on construise enfin ces habitations à loyer modéré qu’ils pourraient se payer.

          Relisez peut-être Paul Berna...

        8 autres commentaires
      • screugneugneux
        screugneugneux répond à Tyb
        râleur-NRV
        • Posté à 14h01 le 08/10/2009
        • Internaute 43534
          râleur-NRV

        avant il y avait des individus socialement et économiquement désinsérés, et parfois par choix,
        maintenant on voit des individus qui travaillent et vivent dans la rue ou en foyer. ils sont économiquement insérés, mais socialement exclus...

        passer de clochard a sdf n’est pas qu’une question de vocabulaire.

         
        • Jacques Bolo
          Jacques Bolo répond à screugneugneux
          Auteur-Editeur-Libraire
          • Posté à 12h44 le 09/10/2009
          • Internaute 37329
            Auteur-Editeur-Libraire

          Il faudrait peut-être arrêter un peu les conneries !

          Dans les années 60, la situation était mauvaise par rapport à aujourd’hui. Mais il y avait un sentiment d’amélioration parce qu’on sortait de la reconstruction après la guerre et les restrictions qui avaient duré jusqu’au milieu des années 50.

          Et ne parlons même pas du plan international : Stalinisme, franquisme, apartheid, dictatures sud-américaines....

          Ceux qui délirent sur la décadence ou la régression sont définitivement des cons (qui étalent leur ignorance sous des bons sentiments) ou des crapules (qui veulent sans doute plus de fric pour changer de 4x4).

        1 autres commentaires
    • bachibouzouk29
      bachibouzouk29 répond à Francois Toulouse
      bachibouzouk
      • Posté à 13h23 le 08/10/2009
      • Internaute 88237
        bachibouzouk

      c’est bien tout le problème des statistiques et des moyennes. Une moyenne ne veut rien dire de la réalité d’une société, une médiane c’est déjà mieux mais ne dit rien des inégalités.
      Le pouvoir d’achat de quoi ? peut-on comparer la baisse des prix des télés et l’augmentation du prix des loyers. L’un est essentiel, l’autre non.

      • Akaa
        Akaa répond à bachibouzouk29
        • Posté à 13h54 le 08/10/2009
        • Internaute 9590

        Trouver un indicateur efficace est très compliqué quand il s’agit de mesurer la réalité de vie d’une population. Sur les inégalités, on peut utiliser la courbe de Lorenz (basée sur l’indice de Gini si mes souvenirs d’éco sont bons). Voir ici : Lien

        Sinon, ça me fait penser aux railleries que j’entends souvent sur la recherche économique cherchant à calculer le « bonheur ». Les gens imaginent que c’est stupide, mais c’est déjà mieux que le PIB...

    • Iv
      Iv répond à Francois Toulouse
      Roboticien utopiste
      • Posté à 13h24 le 08/10/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Les derniers bidonville en France ont disparu dans les années 70. On a des SDFs de nos jours, peut être de plus en plus, mais on en n’est pas revenu aux bidonvilles de Nanterre, habités par les ouvriers qui construisaient la Défense.

      Je suis d’accord que ces peut etre dix ou 20 dernières années certaines choses ont empiré, mais on néglige souvent les grands progrès de fond qui ont été réalisés et qu’on tient pour acquis.

      • Zabo2
        Zabo2 répond à Iv
        NRV
        • Posté à 13h43 le 08/10/2009
        • Internaute 91008
          NRV

        à Roboticien utopiste
        « On a des SDFs de nos jours, peut être de plus en plus, mais on en n’est pas revenu aux bidonvilles de Nanterre »
        C’est mieux, maintenant on a des « jungles »

         
        • Iv
          Iv répond à Zabo2
          Roboticien utopiste
          • Posté à 14h12 le 08/10/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Les jungles ne sont pas formés de gens poussés par la misère mais de migrants qui sont là non à cause de leurs faibles revenus mais à cause de leur statut légal.

          Je suis d’accord que c’est également révoltant, mais des camps de réfugiés, qu’ils viennent de l’Espagne franquiste, des pays communistes ou de l’Afghanistan, ont toujours existé en France. Ce serait un progrès qu’on parvienne à fournir mieux à ces gens, mais leur existence n’est pas un retour en arrière, c’est une continuation.

          Par contre passer de Sangatte à la jungle de Calais c’était un retour en arrière, et la démolition récente de la jungle a encore été une régression, je suis d’accord.

          • Zabo2
            Zabo2 répond à Iv
            NRV
            • Posté à 14h52 le 08/10/2009
            • Internaute 91008
              NRV

            Sur le fond des choses, je suis d’accord avec vous...

        2 autres commentaires
      • screugneugneux
        screugneugneux répond à Iv
        râleur-NRV
        • Posté à 14h17 le 08/10/2009
        • Internaute 43534
          râleur-NRV

        ce n’est pas totalement vrai,
        si on prend l’exemple des bidons ville de nanterre ou champigny, ils n’étaient pas dus a la misère économique, mais a l’afflux massif de main d’œuvre étrangère, et ils ont étés résorbés au fur et a mesure que cette population s’insérait dans la société ( il y avait pénurie de logements, en fait ils ont en quelque sorte construit leurs futurs logements...)

        a mon sens la situation économique la plus proche ou comparable est celle de l’immédiate apres guerre jusque dans les années 1955.

         
        • Iv
          Iv répond à screugneugneux
          Roboticien utopiste
          • Posté à 15h36 le 08/10/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Il n’y a pas beaucoup moins d’immigration ou d’importation de main d’œuvre étrangère de nos jours mais leur phase d’intégration se fait aujourd’hui par des HLM. Ce n’est pas Byzance, mais il y a un léger mieux.

        • alberich
          alberich répond à screugneugneux
          fumiste
          • Posté à 17h16 le 08/10/2009
          • Internaute 84604
            fumiste

          Bien sûr, il y a eu l’afflux de population dans un pays qui - on semble l’oublier - était encore dans une économie d’après guerre et de reconstruction.

          Les tickets de rationnement, l’appel de l’abbé Pierre n’étaient pas si loin, tout le monde en avait le souvenir.

          On ne parlait pas de SDF, qui par parenthèse est un terme de police, mais de gens à la rue contraints aux bidonvilles puis aux cités d’urgence bâties à la hâte pour parer au plus pressé.

          On parle de travailleurs exploités à un point tel que les accords de Grenelle augmentant le SMIG de plus de 35 % n’ont mis en faillite aucune entreprise.

          Voilà les années soixante, j’ai vu trop de gens pleurer de se voir expulsé de leurs taudis sans aucune garantie sur leur avenir.

          Ca je ne l’oublierai jamais, des gens qui se jettent à vos pieds en suppliant il faut l’avoir vécu pour le croire.

          Malheureusement, je n’y pouvais rien faisant juste les plans pour démolition.

        2 autres commentaires
      • mattzz
        mattzz répond à Iv
        • Posté à 14h17 le 08/10/2009
        • Internaute 28590

        Mais combien de cités ghettos a-t-on échangé contre les quelques bidonvilles de l’époque (qui subsistent d’ailleurs de nos jours, du moins parmi les populations d’immigrés roms) ?

        Bref, je trouve l’exemple d’autant plus mal choisi que le logement est l’un des points dont l’évolution des dernières décennies est indéniablement négative.

    • sigismund
      sigismund répond à Francois Toulouse
      autre/ne se prononce pas
      • Posté à 13h30 le 08/10/2009
      • Internaute 910
        autre/ne se prononce pas

      c’est surtout qu’’avant », c’était différent : prenons l’orthographe, nous savons d’après étude de leur courrier que nos grands-parents faisaient aussi des fautes... Mais la plupart n’était pas bac+5, qui sont sensés savoir qu’un participe passé ne s’écrit jamais « er » à la fin...

      Il y avait des pauvres, mais circonscrits dans des zones geographiques et sociales. Aujourd’hui beaucoup de gens sensés gagner correctement leur vie ont des difficultés à changer de machine à laver si elle tombe en panne...

      On pouvait rentrer dans une entreprise par la petite porte et gravir les échelons, chose presque impossible aujourd’hui.

      On ne demandait pas l’avis d’imposition des parents à des trentenaires en cdi pour consentir à leur louer un appartement...

      Après, c’est sur, le pouvoir d’achat augmente... si on se base sur le prix des écrans plasma qui est en forte baisse.

    • yalienx
      • Posté à 14h25 le 08/10/2009
      • Internaute 66859

      Et pourtant, le pouvoir d’achat n’a pas cessé d’augmenter en France au cours des dernières décennies ! C’est la stricte vérité !

      La difficulté avec les statistiques, c’est qu’elles affirment une norme (le pouvoir d’achat a en moyenne augmenté) sans tenir compte de certaines spécificités :

      - le pouvoir d’achat n’a pas augmenté pour tout le monde : si la classe moyenne a vu son pouvoir d’achat globalement augmenter, on a aussi vu une multiplication du nombre de SDF et de travailleurs pauvres.

      - le pouvoir d’achat a augmenté, mais les modes de consommation ont changé. On compare le pouvoir d’achat a « panier » constant ou a peu près, mais aujourd’hui on a le téléphone portable, les abonnements internet, les abonnements canal+, etc. qui bouffent en partie un budget.

    • pablico
      pablico répond à Francois Toulouse
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h48 le 08/10/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      C’était mieux avant
      vaste sujet ! !

      Mais scientifiquement et logiquement, c’est comparer des navets avec les carottes.
      le passé est fini, on ne le voit qu’avec des yeux nostalgiques (que ce qui a le plus plu)

      on ne vit que le présent..on n’a pas le choix.

      c’est la vieille histoire des conservateurs, et des modernes... de toute façon c’est toujours les modernes qui l’emportent, le temps joue pour eux sans mal...car il est leur allié..

      le passé n’est qu’une référence pour en tirer des leçons pour notre avenir...

    • possible
      possible répond à Francois Toulouse
      etre humain
      • Posté à 15h41 le 08/10/2009
      • Internaute 67615
        etre humain

      c’est peut-etre aussi la froideur des statistiques.
      Oui il y a des sdf aujourd’hui et c’est l’echec violent de notre societe parce que le lien social et familial s’est denoue mais statistiquement parlant la majorite des francais a certainement une vie plus confortable (materiellement parlant) qu’avant. L’habitude de tant de confort materiel nous rend certainement plus angoisse de tout perdre et nous donne l’impression que notre vie est plus difficile.
      Il suffit peut-etre de penser aux travailleurs de la mine de l’epoque pour se convaincre du contraire.
      Maintenant est ce mieux ou pas, c’est tres subjectif.
      Une chose est certaine, il y a un vrai manque d’espoir en France et notre societe est en pleine crise d’identite. J’ose esperer que nous nous tournons petit a petit vers l’avenir plutot que le passe.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 13h26 le 08/10/2009
    • Internaute 55044
      trouveur

    Deux types de comparaison existent :
    - l’une en fonction du passé : « C’était mieux ou moins bien, avant ».
    - l’autre en fonction de nos voisins : « En suède, la vie est plus douce. »
    La vérité provient du mélange de ces deux comparaisons. Regarder l’évolution d’un critère chez nous et chez les autres.

    Avec cette approche, la France s’est appauvrie par rapport à l’Allemagne dans les domaines suivants : production intérieure, produits exportés, nombre d’emploi, pouvoir d’achat moyen.

    A partir de ce constat, d’autres critères suivent : Moins d’entreprises, donc diplômes dévalorisés. Spécialiste en micro électronique cherche entreprise...si possible en France et pas à Taïwan...

    Ensuite, les statisticiens diplômés de Sciences Humaines peuvent raconter ce qu’ils veulent...Le fait est là : Nous achetons beaucoup trop de produits à l’étranger. Pour l’instant, « nos esclaves asiatiques » bossent pour nous...Mais attention au retour de bâton dans quelques années. Flambée des prix des produits que nous serons incapable de réparer à la moindre petite panne.

    • yalienx
      yalienx répond à Marcantoines
      • Posté à 14h32 le 08/10/2009
      • Internaute 66859

      Je suis entièrement d’accord sur le fait que nous achetons trop à l’étranger. Le problème, c’est que cette « erreur à long terme » est due autant à un manque de vision de nos élites (politiques et surtout grands patrons, qui préfèrent regarder le profit à court terme) qu’à un appétit consumériste de nos concitoyens (dont je fais partie). On préfère acheter moins cher (mais fabriqué à Taïwan) que payer peut-être 50% plus cher (mais fabriqué en France).

      Je ne sais pas si les salaires seraient disons 50% plus élevés si on achetait français (i.e. plus élevés dans une proportion comparable au surcoût des produits), mais nous aurions en tout cas beaucoup plus d’entreprises industrielles en France.

      Cela dit, la délocalisation dans les pays à main-d’oeuvre peu coûteuse va dans le sens de l’histoire, et je ne crois pas que la France aurait pu maintenir son niveau de développement économique en se renfermant sur elle-même alors que ses voisins délocalisaient. Il aurait fallu une politique commune des pays occidentaux.

      Et puis, si ces délocalisations nous coûtent, il faut bien reconnaître aussi qu’elles ont des avantages : elles permettent sur le long terme aux populations locales de progresser (ex : les chinois voient leurs rémunérations croître et leurs conditions de travail s’améliorer, doucement certes, mais d’une manière irréversible). Et ça, dans un souci d’égalité à l’échelle mondiale, c’est plutôt bon signe.

  • Gilgamesh157
    Gilgamesh157
    Raleur professionnel
    • Posté à 13h33 le 08/10/2009
    • Internaute 26876
      Raleur professionnel

    Les spécialistes encore ! Les même qui ont pas vue la crise arriver où qui ont dit que la france serait pas toucher...
    Méthode coué « je vais bien tout va bien » c’est pas ça ce livre ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h32 le 08/10/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Ouais ouais, tout va très bien madame la Marquise...

    Comparez les chiffres de l’industrie française aujourd’hui et il y a vingt ans.

    Comparez le profil d’un chômeur et celui d’il y a vingt ans.

    Comparez une carrière professionnelle d’aujourd’hui et d’hier.

    Comparez les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres.

    La foi en l’Europe.

    La foi en la science.

    La foi en la politique.

    L’expression de la laïcité.

    Les libertés individuelles.

    La population des prisons, ses conditions d’incarcération, les suicides.

    La consommation d’antidépresseurs.

    La capacité de chacun à acquérir son logement à moins de 10 km de son travail.

    Le rapport entre parents et enseignants.

    ... je continue ?

    • Troll-en-folie
      Troll-en-folie répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Parano chronique
      • Posté à 18h46 le 08/10/2009
      • Internaute 87214
        Parano chronique

      Entièrement d’accord avec vous. Penser que c’est mieux aujourd’hui, ne peut résulter que du jugement d’une personne aveugle ou d’un égoïste qui lui vit très bien.

      Une chose en tout cas est incontestable, plus le temps passe et plus le monde part en couilles (si vous me permettez cette expression triviale).

    • Otreman
      • Posté à 22h59 le 09/10/2009
      • Internaute 45643

      Je prétends que c’est à cause du mauvais usage qui est fait du progrès technique qui se déverse jour après jour sur le marché de la consommation.
      La moindre démarche dans un contexte qui fait appel aux techniques actuelles doit être maitrisée, appréhendée avec application. Ça ne s’improvise pas, ça doit s’enseigner à l’école. Même la sage ménagère de 50 ans qui téléphone en conduisant sur autoroute doit savoir ce qui se passe par elle et autour d’elle....
      Le système éducatif est toujours en retard de 2 guerres pourtant ce ne sont pas les philosophes, les agrégés, les docteurs en « ....... ologie » qui manquent.

  • marc b
    marc b
    anarchiste communautaire
    • Posté à 13h33 le 08/10/2009
    • Internaute 47521
      anarchiste communautaire

    Les statistiques oublient simplement de parler de la désespérance. La pauvreté, la souffrance, l’injustice peuvent êtres surmontés à conditions d’avoir l’espoir d’en sortir. La vie n’est pas qu’une question de survie.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 14h07 le 08/10/2009
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Emmanuel Todd en parle très bien dans son bouquin « Après la démocratie » de la vision pessimiste de certaines aspects de la société alors que les chiffres montrent le contraire. Et il ne s’agit bien sûr pas d’une méthode Coué !

    « Ce qui me frappe, c’est la façon dont un simple arrêt du progrès est interprété comme un déclin. Comparée à l’extraordinaire progression observée depuis la guerre, la stagnation éducative est un choc, pour les profs et pour tout le monde. Mais le pessimisme culturel est une réaction hystérisée à ce choc. »

    Interview : Lien

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