polemique 05/10/2009 à 12h33

« Madone de Bentalha » : l'art décrypte une photo de presse

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


La Madonne de Bentalha, sculpture de Pascal Covert (P. Haski/Rue89)

Le destin de cette photo est exceptionnel. C’est à Montréal, à la galerie de l’Université UQAM, que je suis tombé sur la sculpture de Pascal Convert, intitulée « La Madone de Bentalha ». Difficile de ne pas revoir immédiatement LA photo qui avait incarné les massacres des années 90 en Algérie, prise par un photographe de l’AFP, Hocine Zaourar, et qui a suscité tant de polémiques. Revoici la photo.



Bentalha10.JPG

Pascal Convert ne s’est pas contenté, si l’on ose dire, de reproduire en cire la scène de douleur prise dans la commune de Bentalha en 1997, après un abominable massacre nocturne. Dans ce travail qui remonte à 2002, il a fait tout un travail de recherche, de décryptage, d’explication, dans un documentaire projeté dans la galerie, et dont est extrait ce cliché de la « Madone ». (Voir un extrait du documentaire)

Cette photo a littéralement fait le tour du monde, placardée à la une des journaux sur tous les continents, et a remporté le World Press Photo 1997, la plus haute récompense pour un photographe. Mais elle a aussi suscité des tonnes de polémiques, notamment sur l’emploi du mot « madone » dans un contexte islamique, et même un procès en Algérie, lorsque le photographe de l’AFP a été accusé -à tort- d’avoir organisé une mise en scène.


Bentalha2.JPG

Dans un travail très original et stimulant, l’artiste français a repris le fil de cette photo. Il est allé à la rencontre du photographe Hocine Zaourar en Algérie, de ses amis, de ses détracteurs, a interviewé des experts comme Christian Caujolle, maître du décryptage de l’image, ou le philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman, ou encore le journaliste du Monde, Michel Guerrin, auteur du premier article sur cette photo intitulé « Une Madone en enfer ».


Bentalha24.JPG

Pascal Convert a essayé de comprendre comment cette photo avait été réalisée, la démarche du photographe, comment elle a échappé à son auteur, comment elle est devenue une icône (voir ci-contre comment L’Express la met à l’époque sur le même plan que l’accident de la princesse Diana) et comment une photo de presse peut à ce point devenir un enjeu dans la bataille du sens et des symboles qui entoure toute guerre civile.

Un travail qui s’inscrit dans une trilogie avec « La Pietà du Kosovo », tirée d’une photo de Georges Mérillon, et « Mort de Mohamed Al Dura », tirée des images du caméraman palestinien de France2, Talal Abou Rahmeh, à l’origine d’une violente polémique qui ne faiblit pas. L’œuvre fait aujourd’hui partie de la collection du musée d’Art moderne du Grand-Duché du Luxembourg.

La commissaire de l’exposition, Gaëlle Morel, explique que cette œuvre de Pascal Convert « interroge les principes esthétiques des images d’information » :

« L’artiste offre un nouveau regard sur ces clichés consommés par un large public et inscrits dans la mémoire collective. Transformer et réinterpréter ces photographies par le biais de la sculpture ou de l’installation impose ainsi de se mettre face à la douleur et au sort réservé à l’autre dans le monde contemporain. »

Le travail de décryptage de l’artiste est le bienvenu dans un monde saturé d’images, avec ses possibles manipulations (ainsi Christian Caujolle critique dans le documentaire le recadrage qui a été effectué sur cette « Madone », éliminant les éléments de contextualisation qui en auraient atténue la portée émotionnelle) ou encore la surinterprétation qui peut en être faite.

Mais n’oublions pas la source première de l’œuvre : la photo et le photographe, en l’occurence Hocine Zaourar (ci-dessous, dans ce cliché tiré du documentaire de Pascal Convert), qui a pris tous les risques pour témoigner de la tragédie que vivait son pays. Dans tous les conflits du monde, les photographes ont payé le plus lourd tribut pour rendre compte de ces drames.

Au moment où le photojournalisme est en crise profonde, cette photo et son prolongement réalisé par un artiste sont de formidables témoignages sur l’importance de l’image dans la production d’informations et de sens dans notre monde.


Hocine Zaourar

Pascal Convert, La Madone de Bentalha - Galerie de l’UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, 1400, rue Berri (angle Sainte-Catherine), Montréal (Québec) - jusqu’au 10 octobre - du mardi à samedi de 12 heures à 18 heures. Entrée libre.

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  • Anonyme

    Au lieu de se préoccuper d’Hadopi et de leur portefeuille, voilà à quoi devraient s’atteler ceux qui se prétendent artistes... Saisissant...

    • Flore Balthazar
      Flore Balthazar
      auteur de bédés
      • Posté à 12h50 le 05/10/2009
      • Internaute 58108
        auteur de bédés

      « Je ne pense qu’à l’art moyennant finances » Frank Capra.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 20h53 le 05/10/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Mog : Mais c’est ne faisant barrage à ce que représente Hadopi qu’on s’assurera que cet art puisse survivre, proliférer et avoir la diffusion qu’il mérite

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      Pierre JC Allard

  • miles.v
    miles.v
    Matheux
    • Posté à 12h54 le 05/10/2009
    • Internaute 80105
      Matheux

    Une chose me gêne dans cette article, pas un instant ne sont évoqués l’identité, l’histoire et le destin des deux femmes photographiées, une est totalement oubliée et la seconde réduite à une icône. Cela me semble tout de même faire partie de l’historique de ce cliché.

    • Don
      Don répond à miles.v
      • Posté à 17h34 le 05/10/2009
      • Internaute 899

      La force de cette photo est justement que les protagonistes en sont anonymes. Elle n’en devient que plus universelle.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h01 le 05/10/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    modestement , ma vue.

  • Dominique52
    • Posté à 13h13 le 05/10/2009
    • Internaute 53166

    Dommage de ne pas avoir développé toute la « filiation » : depuis la sculpture originale en passant par les « variations sur le sujet » et autres « mises en scènes » réalisées par des photographe parfois avec gravité, parfois avec humour. C’est cette composition qui est devenue intemporelle et est capable de provoquer ce réflexe de « déjà vu » chez n’importe qui.
    Comme le tableau « la cène » , « le penseur » de Rodin, la pose du drapeau à Iwo jima, etc...

  • thierry reboud
    • Posté à 13h28 le 05/10/2009
    • Internaute 20923

    Depuis que cette photo a été prise, je suis toujours étonné qu’on parle de madone au sujet de cette femme algérienne. Il me semble que, toujours en se référant à l’histoire de l’art occidental, les termes de pieta ou de mater dolorosa seraient plus opportuns.

    Effectivement, je me rappelle que la mort accidentelle de Spencer (dite Lady Di) avait coïncidé avec l’un des plus effroyables massacres de cette deuxième guerre d’Algérie : nous avions eu le même jour environ 300 morts d’un côté, 3 de l’autre, et pour le coup il n’y avait pas eu photo quant a à l’impact médiatique des uns et des autres. Spencer et ses acolytes défunts avaient gagné haut la main.

    Peut-être l’emploi du mot de madone tient-il à cette espèce de sanctification instantanée de Spencer à laquelle on a assisté (effaré, pour ce qui me concerne) à ce moment-là. D’une certaine manière, on peut sans doute y voir le signe du basculement de l’époque (et de ceux qui l’habitent) dans une religiosité confuse.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h41 le 05/10/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    LA photo qui fait le tour de monde sur toutes les unes, que tout le monde connait, célèbre parmi les célèbres, etc. etc.

    Mais comme c’est la première fois de ma vie que je la vois, j’ai presque l’impression qu’on me jette des pierres pour être aussi inculte. Et franchement, je vois pas en quoi elle est exceptionnelle, c’est juste une photo avec deux gonzesses dont une qui a l’air super triste, c’est tout.

    On parle de cliché de la guerre civile algérienne, mais ça pourrait aussi bien être son chat qui s’est fait écrasé, une crise cardiaque ou juste qu’elle vient de voir Michael Jackson.

    Quitte à choisir, je préfère mille fois la statue, au moins c’est pas une vraie personne et j’ai pas cette sale impression d’être un sale voyeur qui se repait des émotions des gens qui ne savent même pas que j’existe.

    • blablablaetblablabli
      blablablaetblablabli répond à Keldan
      patati et patata
      • Posté à 16h19 le 05/10/2009
      • Internaute 38523
        patati et patata

      peut-tre que tu l’ignore mais l’autre elle à tiens pour ne pas qu’elle fasse une syncope ,les musulmans expriment complétement la douleur jusqu’à son paroxysme d’un etre qu’ils ont perdu voir meme elles se griffent le visage jusqu’au sang (ndib) alors que c’est véritable péché ce qu’elles font disent les hommes musulmans,d’ailleurs les femmes ne vont pas au cimetière lors d’un enterrement, que se soit leur père mère ou fils.

    • hado34
      hado34 répond à Keldan
      ingenieur informatique
      • Posté à 16h25 le 05/10/2009
      • Internaute 42722
        ingenieur informatique

      @Keldan
      Si je vous apprend que cette femme a perdu tous ces enfants (7 enfants si je ne me trompe pas ! !) dans se massacre ! ! ! !

      • Keldan
        Keldan répond à hado34
        Now future & karpe diem
        • Posté à 17h22 le 05/10/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Vu le contexte, je me doutais un peu que le roi de la pop n’était pas la cause de son état : D

        Mais c’est ce que je reproche à cette (ces) photo, on ne comprend rien, on ne sait rien, on peut l’interpréter de trop de façon différente, ce qui vu la situation est un petit peu indécent, surtout que la femme est aisément reconnaissable.
        D’où l’intérêt de la statue, puisqu’on y reconnait personne (sauf que c’est tiré d’une photo mais bon...), on peut y voir ce qu’on veut, même en rire.

      • Hélène Quénot
        • Posté à 17h55 le 05/10/2009
        • Internaute 21017

        Hado34,

        Vous, vous nous l’apprenez, mais il a raison, Keldan, rien ne le dit ! Pour savoir ce que vous dites (et qui est sujet à controverses, je ne parviens pas à retrouver ma source), il faut qu’il y ait un commentaire à la photo.

        Une photo, hors de son contexte (et de son commentaire), ça dit rarement grand chose. Et il est assez subtil que celle-ci nous parle sans doute essentiellement parce que cette femme musulmane rappelle les « madones » ou les « pietas » chrétiennes. Cette imagerie est très profondément ancrée en nous, qu’on soit croyants ou athées.

        Et c’est bien le problème des images : on peut leur faire dire à peu près ce qu’on veut. Parce que, au final, c’est NOUS qui parlons sur elles. Elles, elles ne parle pas d’elles-mêmes...

    • rythme sinusal
      rythme sinusal répond à Keldan
      cardio
      • Posté à 00h10 le 06/10/2009
      • Internaute 90622
        cardio

      si je comprends bien votre raisonnement , toute victime doit obligatoirement etre une de vos connaissances pour susciter en vous( le polytoxicomane) la moindre compassion.
      triste et affligeant.
      cette femme vient de perdre 7 enfants en l’espace de quelques minutes et il faudrait peut- etre qu’elle vous paye( un joint ?) pour
      susciter en vous un quelconque sentiment.
      narcissisme quand tu nous tiens.
      et pourtant la photo est « PARLANTE ».
      votre inhumanité à vous est aussi parlante

      • Keldan
        Keldan répond à rythme sinusal
        Now future & karpe diem
        • Posté à 11h16 le 06/10/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Justement, t’as rien compris.

        C’est pas écrit sur la photo la raison pour laquelle elle fait une gueule pareille ! Une personne en état de choc, on peut pas dire que ça soit exceptionnelle, ça doit arriver à peine 10 000 fois par jour.
        Si elle avait le cadavre d’un gosse dans les bras, ça serait moins ambigüe, mais là on peut imaginer n’importe quelle raison, des plus graves aux plus futiles, et penser à n’importe quel contexte.

        Du coup sa photo tombe à plat si on a pas suivi chaque minute d’actualité depuis 30 ans et qu’on ne sait pas de quoi il s’agit.
        Mais c’est sûr, on devient tout de suite inhumain, narcissique et affligeant si on n’est pas un des braves soldats de la culture unique.

  • A.V.
    • Posté à 15h28 le 05/10/2009
    • Internaute 24685

    Que reste-t-il des deux femmes ? Pour décrire leur douleur en langage universel, Convert les extrait d’une histoire de souffrance particulière, humaine, pour les associer à une représentation inhumaine et imaginaire. C’est exactement l’inverse de la modernité (artistique ou historienne) qui montre la petite histoire comme histoire en elle-même. XXIe siècle. On pourrait oublier les icônes.

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
      in angulo
      • Posté à 19h35 le 06/10/2009
      • Internaute 10904
        in angulo

      « On pourrait oublier les icônes. »

      Lien
      Pas si simple : -)...

      A propos, toi qui a beaucoup « travaillé » la matière arbre, tu connais un bouquin qui s’appelle « Quand l’art rencontre la science » ?

      L’auteur, Jean-Claude Ameisen y met en vis-à-vis le Cri d’Edvard Munch avec l’écorce d’un arbre mort où l’on retrouve, comme spontanément sculpté dans le bois, une « réplique » du visage peint par Munch.

      • A.V.
        • Posté à 20h09 le 06/10/2009
        • Internaute 24685

        Non, pas lu. Je préfère largement le détournement du Cri sous les traits d’Omer Simpson que celui de la photo de Zaourar par Convert.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
          in angulo
          • Posté à 21h43 le 06/10/2009
          • Internaute 10904
            in angulo

          Pas mieux : -)

          Ameisen dit de cette écorce d’arbre qu’elle est un amas de cellules au même titre que le visage du Cri, composée de cellules qui s’autodétruisent et recouvrent la surface de l’arbre de manière protectrice...
          Il cite André Marquant, « J’ai senti certains jours que les arbres me regardaient », et ajoute :

          « Le peintre est à la fois celui qui invente et celui qui anime, qui donne un sens à ce qu’il regarde. Et dans le regard, en particulier dans le regard de l’artiste, mais aussi dans le regard du scientifique, il y a toujours ce sentiment de réciprocité : aller à la rencontre du monde puis essayer de se laisser habiter par ce que le monde nous dit, ou par ce que nous imaginons qu’il nous dit ».

          Il ne m’a pas semblé (j’ai été voir ses autres boulots) que Convert se laissait habiter par quoique ce soit sinon une certaine forme d’opportunisme.

          • A.V.
            • Posté à 22h19 le 06/10/2009
            • Internaute 24685

            L’humilité face à la matière, je l’ai connu en travaillant le bois vivant (« vert »). Tant que l’eau interstitielle (entre les cellules) demeure suffisante, il ne meurt pas et fait des rejets. Il meurt précisément quand on le travaille rapidement en l’affinant. Avec l’eau s’en va la vie. Ce passage, celui de la transfiguration qui mène de la nature à l’œuvre, te dit aussi : « Bientôt, ce sera ton tour de perdre ton visage. »

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 15h36 le 05/10/2009
    • Internaute 52504
      clm

    Excellent article à propos d’un sujet qui mérite d’être développé.

  • Corum Jhaelen Irsei
    Corum Jhaelen Irsei
    Quadra désabusé
    • Posté à 18h04 le 05/10/2009
    • Internaute 88686
      Quadra désabusé

    Il ne faut pas tout compliquer, politiser ou ’religiser’.

    Pour moi, cette photo est représentative d’un sentiment humain : la douleur. en ce sens elle n’est ni musulmane, chretienne ou bouddhiste, ni de gauche, ni de droite. Elle est vraie, c’est tout.

    Que les personnages en soient anonymes n’a aucune espèce d’importance, car cela dépasse le cas dramatique de cette femme. Et c’est sans doute pourquoi elle a tant frappé les esprits.

    Quand au terme de Madonne, cela me parait simplement l’effet d’une ressemblance vestimentaire et d’allure de la femme qui pleure avec l’image que l’on se fait de la mère de Jesus dans l’iconographie classique. Le terme ne me choque pas.

    • Lairderien
      • Posté à 21h22 le 05/10/2009
      • Internaute 22751

      Je suis d’accord avec vous, cette photo parle toute seule, même à ceux qui ironisent, parce qu’il ne veulent pas avouer qu’ils y voient la détresse d’une femme, d’une mère, tant de fois représentée, mais toujours la même, qu’on l’appelle Marie chez les chrétiens importe peu.
      Il s’agit d’une représentation de la Mère universelle qui souffre et crie sa détresse encore et toujours devant le sort injuste.

    • aimable
      aimable répond à Corum Jhaelen Irsei
      plasticien
      • Posté à 21h35 le 05/10/2009
      • Internaute 70198
        plasticien

      200% d’accord avec toi camarade, et pour le raprochement avec l’iconographie picturale ( particulièrement Renaissance), tu tapes dans le mille, le mot Madonne convenant parfaitement et non par exemple Piéta.
      Par contre, je reste qu’au seul stade de la photo, même si habituellement j’apprécie beaucoup le travail de Pascal Convert en tant que plasticien, et cette « sculpture » que j’ai vue mainte fois dans des expos, ainsi que dans le même genre et démarche identique sa Piéta du Kosovo, me laisse totalement froid, inconsistant et indifférant. Quel en est l’interêt, si ce n’est qu’une méchante repro en négatif ( au dela de la technicitée du médium employé), qui n’ajoute rien au choc émotionnel premier.
      Voir au pire un propos « putassier », genre épate bourgeois, qui admirerons le numéro, point barre.
      Sur ce coup ZERO pointer pour Convert , dommage

  • BételgeuseRigel
    • Posté à 18h33 le 05/10/2009
    • Internaute 91967
      ouvrier

    Bonjour à tous et tous
    C’est la première fois que je post sur Rue89, et il fallait que je commente cette oeuvre. Je suis vraiment ému à chaque fois que je vois cette photo.

    Merci à tous.
    Salut

  • batoivre
    batoivre
    artiste-peintre
    • Posté à 18h48 le 05/10/2009
    • Internaute 66451
      artiste-peintre

    C’est surtout son « nombril »,que Mr Convert devrait sculpter,mais en « cire perdue » ! les pros,connaissent cette technique...

  • pikasso02
    • Posté à 22h03 le 05/10/2009
    • Internaute 10134

    En voyant cette photo le jour du drame j’ai cru voir une peinture de Poussin ou d’un peintre classique. J’ignorais que cette photo avait été composée pour nous rendre compte d’un massacre. Où est la tromperie ? Il n’y en a aucune. Si cette photo a fait le tour du monde c’est qu’elle possédait plus qu’une photo prise sur le vif. Que ces femmes jouent la comédie, l’important est dans l’impact. Et si cette photo a réellement été prise sur le vif, le photographe a du la choisir parmi des dizaines de clichés. Son choix fut en rapport avec l’art. Je ne comprends pas que les techniques photographiques soient encore cachées. Les images du passé ont toutes une histoire à nous raconter, que les mots des conservateurs et historiens ont fini par faire disparaître. L’image a perdu son histoire. Pourquoi en rajouter sur cette photo géniale rendant compte d’un massacre ? Le génie finit toujours par déranger. En art aujourd’hui, plus rien ne nous dérange. Simplement parce que les artistes ne sont plus des interprètes. L’art est derrière nous, pas devant. L’art est source et non océan.

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 10h19 le 06/10/2009
      • Internaute 10904
        in angulo

      Bonjour, pikasso2, le thème du jour m’a rappelé une certaine « suppliante » et ce que tu en disais sur un autre fil :

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      « Quant à la photographie de Peter Zimmermann qui aurait influencé Picasso pour sa “ Suppliante ”, regardez “ Les fusillades du 3 mai ” de Goya et vous saurez d’où elle vient. Elle était déjà présente dans Guernica. Regardez le personnage qui lève les bras à droite. Celui qui est censé tombé en flammes.
      Si vous avez un peu de temps, je vous invite à voir dans le catalogue de dessins du musée Picasso au n° 1085, un dessin à la mine de plomb et au fusain, “ Famille de pêcheurs au repos ”. Ce dessin a été réalisé le 20 décembre 1937, soit deux jours après “ La Suppliante ”. Le thème n’a plus à voir avec “ Guernica ”. Si vous regardez la femme les bras en l’air, qui étend des filets, c’est une copie conforme de “ La Suppliante ”. Même ses pieds sont esquissés et visibles. Quitte à passer pour un casse pieds, il serait bon de savoir et ne pas oublier que Picasso fut formé à l’ancienne. C’est le geste qui provoque son imaginaire. Aujourd’hui le mimétisme est rejeté. Pourquoi pas ! Mais doit-on parler des œuvres anciennes en ignorant la grammaire qui leur a permis de naître. »

      « C’est le geste qui provoque son imaginaire. Un personnage les bras en l’air, peut devenir un nouveau personnage dans une autre œuvre. » dis-tu.

      Il me semble qu’on est dans un tout autre cas de figure ici, et pour tout dire, je ne comprends pas (du tout) la démarche de Convert.

      • A.V.
        • Posté à 14h34 le 06/10/2009
        • Internaute 24685

        Salut Brogilo,

        Convert avait un deal avec le diocèse de son coin : vous me filez la cire et je fais une madone.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
          in angulo
          • Posté à 20h25 le 06/10/2009
          • Internaute 10904
            in angulo

           : -)
          Bonsoir A.V.,

          Tu ne trouves pas curieux qu’on ne nous montre pas l’oeuvre en entier ? ...

          Lien

          En tout cas, la proposition, plastiquement, est très pauvre ; ça me rappelle ce que disait André Lhote, il y a déjà quelques décennies de cela :

          « Aujourd’hui, cependant, le langage des étoffes demeure inintelligible aux peintres comme aux jeunes sculpteurs. L’antiquité et le Moyen Age l’avait pourtant entendu ce langage, et que ce soit fresque ou bas-relief, avait su tirer le plus noble parti du jeu des étoffes et du corps humain ; les courbes et les droites de celui-ci, se retrouvant, à la même échelle, dans les plis et les remous de celle-là, et l’ensemble est soumis à ce rythme dynamique que seul, parmi les impressionnistes, Van Gogh a su reconstituer, sa flamme intérieure propageant ses volutes parmi tous les éléments du spectacle. »

          Avec Convert, on est très loin du compte...

          Lien
          Art grec, danseuse.

          • A.V.
            • Posté à 21h33 le 06/10/2009
            • Internaute 24685

            Lien
            La Pieta du Kososvo, Georges Mérillon.

            « Cette photo a servi de base à Pascal Convert pour son oeuvre Veillée funèbre au Kosovo. Elle a été prise le 29 janvier 1990, presque dix ans avant la guerre du Kosovo (mars 98 - juin 99), après une fusillade qui a fait 4 morts et 32 blessés. Dans le rite kosovar, un décès donne lieu à 48 heures de lamentation.

            Georges Mérillon a écrit sur le rouleau la légende suivante : “Veillée funèbre au Kosovo autour du corps de XX tué lors d’une manifestation pour l’indépendance”. Le magazine Time a d’abord refusé la photo, car il ne s’intéressait pas au Kosovo. L’image ne sera publiée qu’au printemps de 1990, en tout petit dans l’Express, puis peut-être dans le Figaro Magazine.

            Des équipes de télévision étaient passées avant le photographe. Il a attendu que les spots soient retirés pour avoir une lumière plus normale (sans surexposition). Une partie de la photo est un peu dans l’obscurité. Il y avait, selon les souvenirs de Georges Mérillon, une sorte de buée. La lumière adoucissait tout. Pourtant les gens étaient dans un état de désespoir et de révolte. »

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            Veillée funèbre au Kosovo, Pascal Convert.

            C’est terrible, cette incapacité à appréhender la souffrance autrement que par le prisme d’une certaine tradition artistique. Pour revenir à ton commentaire et à ce que m’inspire cette forme de néoclassicisme : on ne rentre jamais deux fois dans le même costume, ou bien ça fait des vilains plis.

          • thierry reboud
            • Posté à 23h02 le 06/10/2009
            • Internaute 20923

            Merci pour la vue de la sculpture entière. Au premier coup d’oeil, figure-toi qu’elle m’a évoqué immédiatement la Sainte-Thérèse du Bernin, sans doute à cause du déferlement d’étoffe :

            ... mais aussi, après coup, à cause du visage :

            • Compte supprimé le 3 janvier 3
              • Posté à 23h59 le 06/10/2009
              • Internaute 10904
                in angulo

              Bien vu, Thierry, la référence au Bernin, même si, du côté de des plis, c’est pas franchement à l’avantage de Convert.

              Donc, légèreté, confort, frivolité, Convert ou le grand retour du rococco dans sa forme marchandise ?

              C’est rasséréné que je m’en vais me coucher : -).

              • Adéménagé le 3 janvier 2011
                • Posté à 00h17 le 07/10/2009
                • Internaute 29846
                  menuisier

                Dès que l’on vous quitte des yeux, vous voilà qui discutez chiffon...

                Le plis, le replis et le repentir en baroque comparé.... :

                pfffffffffhhhhhhhhhhh

                • Compte supprimé le 3 janvier 3
                  • Posté à 23h14 le 08/10/2009
                  • Internaute 10904
                    in angulo

                  A propos de chiffons, Claude Lévi-Strauss a écrit ceci, dans « Le métier perdu » :

                  « Une complaisance de l’homme envers sa perception, s’oppose à une attitude de déférence, sinon d’humilité, devant l’inépuisable richesse du monde. »
                  (...)
                  « Les peintres antérieurs » (...) ne se lassaient pas d’exécuter un drapé pour rendre, en quelque sorte DE L’ INTERIEUR, les innombrables façons dont un tissu tombe selon qu’il est de laine ou de soie, de coutil, de droguet, de satin ou de taffetas, selon qu’il pend directement sur le corps ou qu’un vêtement de dessous le supporte, selon qu’il est coupé dans le droit fil ou en biais »

                  Fait de recettes, de formules, de procédés, d’exercice manuel aussi, dont l’apprentissage théorique et pratique exigeait des années, ce précieux savoir est aujourd’hui disparu.
                  On peut craindre qu’il en soit de lui comme des espèces animales et végétales que l’homme, dans son aveuglement, anéantit les unes après les autres.
                  Mais, irrémédiables dans le cas de formes vivantes qu’il faudrait un pouvoir divin pour recréer, cet anéantissement ne l’est peut-être pas dans le cas de savoirs traditionnels.
                  A condition, toutefois, de se convaincre que des mois de labeur, ne sont pas de trop pour peindre un très petit tableau (o bien un grand : Ingres mettait des mois, des années parfois à penser les siens) si l’on doit finalement réussir à fixer fût-ce une parcelle de la vérité du monde.
                  A l’issue d’un patient dialogue entre le modèle, des matières premières, des lois et des propriétés physiques ou chimiques et l’artiste lui-même d’où résultera une oeuvre condensant sous forme sensible, les termes d’un pacte scellé entre toutes les parties (...).

                  • A.V.
                    • Posté à 23h56 le 08/10/2009
                    • Internaute 24685

                    « ...si l’on doit finalement réussir à fixer fût-ce une parcelle de la vérité du monde. »

                    Lien

                    • Compte supprimé le 3 janvier 3
                      Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
                      in angulo
                      • Posté à 08h47 le 09/10/2009
                      • Internaute 10904
                        in angulo

                      Superbe ! ...
                      Ou comment une chose minuscule peut prendre tout à coup des proportions considérables dans l’oeil de celui qui la regarde...

                      Morandi aussi a travaillé dans cet état d’esprit...

                      • A.V.
                        • Posté à 09h19 le 09/10/2009
                        • Internaute 24685

                        La première fois que j’ai vu ce coquillage, c’était au Petit Palais pour l’exposition Dutuit des eaux-fortes de Rembrandt. J’avais été frappé par son étrangeté. Comme contempler le fond de l’Univers. Bien vu le parallèle avec Morandi que je ne connaissais pas (pour le côté métaphysique).

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                        • Compte supprimé le 3 janvier 3
                          Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
                          in angulo
                          • Posté à 20h24 le 09/10/2009
                          • Internaute 10904
                            in angulo

                          J’ai un ami qui, il y a longtemps (1974), a fait de l’eau-forte de Rembrandt une « copie-interprétation » (même format) puis une autre, intégrée dans une composition d’un format plus grand (50/40cm), éditée par la galerie « il nuovo torcoliere » à 99 exemplaires en 1976, j’essaierai de t’envoyer des repros de tout ça, mais n’ayant rien sous la main, ça va demander un peu de temps...

                          Voici ce qu’il m’écrivait, il y a quelques temps, à propos de la gravure de Rembrandt :

                          « C’est une magnifique étude, une eau-forte de petite dimension, mais monumentale.
                          L’univers entier est contenu dans ce coquillage mystérieux, à la fois enroulé sur lui-même et offrant à lire sur son corps une écriture inconnue de nous ! ..Merveille de l’insondable... »

                          Vous vous rejoignez un peu, non : -) ? ...

                          En attendant, quelques Morandi sur le même thème, tous de 43...

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                          • A.V.
                            • Posté à 21h01 le 09/10/2009
                            • Internaute 24685

                            Là, les Morandi me font penser à Cézanne. Il y a 15 ans, je crois, qui les séparent de l’œuvre que j’ai postée.
                            Le sentiment commun que ton pote et moi avons eu à propos de l’eau-forte m’a fait me repencher dessus. L’impression de proportion monumentale (et donc de grand contenu dans petit) repose sur un jeu d’échelle. Rembrandt a appliqué des perspectives et des reflets/ombres impossibles pour un objet de cette taille. Le genre de truc que n’arrivaient pas à faire de manière convaincante (avant l’ère du numérique) les opérateurs de cinéma devant éclairer une maquette en modèle réduit d’un décor ou d’un bateau (par exemple).
                            Je repense aussi à Dave Bowman survolant la porte des étoiles à la surface de Japet (2001 la nouvelle, pas le film). Au moment de passer juste au-dessus du sommet du monolithe, il voit la perspective se retourner. Le « toit » s’inverse en creux et semble infiniment profond.

        12 autres commentaires
  • Atacama-
    Atacama-
    sur terre
    • Posté à 22h35 le 05/10/2009
    • Internaute 64050
      sur terre

    Je ne vois pas bien en quoi la sculpture de Pascal Convert, ni la vidéo qui l’accompagne, du moins dans l’extrait proposé ici, seraient un « décryptage » de la photo de Hocine Zaourar.

    C’est plutôt la sculpture qui mériterait « décryptage », le côté ...marial de la femme hurlant sa douleur y étant ce me semble bien plus accentué que sur la photo d’origine. Mais peut-être le décryptage est-il là, dans cette accentuation ?

    J’ai quand même la désagréable impression - à la lecture de l’article, en tout cas : peut-être est-il incomplet ? - d’un « artiste » se nourrissant, ici en tout cas, de polémique (voir la troisième source d’inspiration de la trilogie du sculpteur...) pour ne pas dire grand-chose.

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 08h53 le 06/10/2009
      • Internaute 10904
        in angulo

      Tout pareil que toi, Atacama, désolé : -)...

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 09h59 le 06/10/2009
      • Internaute 10904
        in angulo

      Il y a quand même un truc m’intrigue, c’est le choix du matériau par l’artiste, pourquoi la cire ? Est-ce pour accentuer le côté Saint-Sulpicien de la chose ?

      La dernière fois que j’ai vu des sculptures en cire, c’était à Bon Jésus do Monte, près de Braga, dans le nord du Portugal,

      A chaque station, sa chapelle...

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      et dans chaque chapelle, un épisode en de la montée au calvaire...

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      ...en cire colorée, assez immonde, en fait (fin dix-neuvième)...

      Et en bas, dans la ville, à l’intérieur de la Sé, des ex-votos en cire également, du genre de ceux-ci, mais rose...

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      Mais Pâques approchant à grands pas on sent que Convert a voulu nous faire plus un truc du genre « poule en chocolat »...

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  • Pancho27
    • Posté à 01h16 le 06/10/2009
    • Internaute 26892

    Ce qui est choquant dans cet article, mais surtout dans la vidéo qui l’accompagne, c’est que rien n’est dit sur les véritables commanditaires du massacre de Bentalha, comme de ceux qui ont ensanglanté l’Algérie entre 1996 et 1998.
    La vidéo de Pascal Convert donne du massacre cette « explication » écrite : « Dans la nuit du 22 au 23 septembre [1997], environ 200 personnes sont massacrées à Bentalha par des terroristes du GIA (Groupe islamiste armé), qui prônent le Djihad, la Guerre Sainte. » C’est exactement la thèse officielle donnée à l’époque par le régime algérien.
    Comme si, depuis douze ans, aucune information supplémentaire n’avait filtré sur les circonstances de ce massacre. Or, en 2000, l’un de ses survivants, Nesroulah Yous, a publié un livre bouleversant, « Qui a tué à Bentalha ? Algérie, chronique d’un massacre annoncé » :
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    où il expliquait, de façon détaillée et preuves à l’appui :
    - que la tuerie avait fait 417 morts, et non pas 200, comme le prétend la vidéo (quelle révoltante désinvolture de son auteur face aux victimes !) ;
    - et, surtout, qu’elle avait nécessairement été pensée, organisée et conduite avec la participation active de l’armée algérienne.
    Depuis, de nombreux autres livres et témoignages ont confirmé que les « GIA » étaient en réalité, pour l’essentiel, des « groupes islamistes de l’armée », contrôlés et manipulés par les chefs du DRS (les services secrets de l’armée), afin d’utiliser la violence de criminels drogués prétendant agir « au nom de l’islam ». Et cela dans le cadre d’une guerre « contre-insurrectionnelle » destinée à terroriser la population.
    J’invite ceux qui en doutent encore – avant de m’insulter en m’accusant classiquement d’être un tenant de la « thèse du qui tu qui », pure invention du DRS pour disqualifier ceux qui ont dénoncé ses crimes – à lire le rapport circonstancié (81 pages) et dûment sourcé établi en mai 2004 par le Comité Justice pour l’Algérie, sous le titre « Le mouvement islamiste algérien entre autonomie et manipulation » :
    Lien
    Comme quoi le simple « message » d’une photo, aussi bouleversant soit-il, en l’occurrence la douleur indicible d’une mère, peut aussi servir à occulter le contexte qui l’explique, en l’occurrence la manipulation de la « violence islamiste » à l’origine de cette douleur. Une manipulation au cœur de la « machine de mort » mise en place depuis 1992 par les chefs du DRS, et dont on trouvera ici la description :
    Lien
    Il est bien clair que ce n’est pas le photographe de la « madone de Bentalha » qui est ici en cause, il n’a fait que son travail, et plutôt bien. Ce sont tous ceux qui, délibérément ou par simple négligence, ont omis en présentant cette image de rappeler le contexte de son existence même. On pouvait le comprendre en 1997, quand l’émotion, faute d’information fiable sur les tueries « islamistes », l’emportait inévitablement sur la raison. Cela n’est plus compréhensible aujourd’hui : comment admettre que la célébration de la pure esthétique compassionnelle, par un sculpteur et vidéaste, contribue, certainement à son corps défendant, à perpétuer l’entreprise de désinformation organisée par les généraux algériens pour occulter leurs crimes contre l’humanité ?

    • Atacama-
      Atacama- répond à Pancho27
      sur terre
      • Posté à 02h12 le 06/10/2009
      • Internaute 64050
        sur terre

      Depuis, de nombreux autres livres et témoignages ont confirmé que les « GIA » étaient en réalité, pour l’essentiel, des « groupes islamistes de l’armée », contrôlés et manipulés par les chefs du DRS (les services secrets de l’armée), afin d’utiliser la violence de criminels drogués prétendant agir « au nom de l’islam ».

      Quelques références de livres seraient les bienvenues.

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