04/10/2009 à 11h28

Pourquoi l’Irlande a finalement dit oui au Traité européen

Pascal Riché | Redchef Rue89

Seize mois après un premier référendum sur la ratification du Traité de Lisbonne, conclu par un retentissant non, les Irlandais étaient appelés vendredi à une nouvelle consultation populaire. Résultat très différent cette fois : les deux tiers des électeurs ont voté oui à la ratification.

Malgré de très fortes pressions, les Irlandais avaient osé défier, en juin 2008, les autres pays de l’Union européenne en votant non à 53,4%. Ils bloquaient ainsi l’ensemble du processus imaginé par les 27 pour tenter d’améliorer le fonctionnement de l’Union.

Leur vote avait soulevé l’indignation des ouistes d’autres pays, qui les accusaient d’ingratitude, leur pays étant celui qui a le plus profité des aides européennes.

Avec un taux de participation de 59%, contre 53% en 2008, le Premier ministre Brian Cowen peut cette fois se vanter d’un soutien « franc et massif » :

« Le peuple irlandais a fait un pas décisif pour une Irlande plus forte, plus juste et plus performante, et pour une Europe plus juste et performante. »

De plus, le oui irlandais pourrait faciliter les deux dernières ratifications manquantes, celles de la République Tchèque et celle de la Pologne. Le traité pourra alors s’appliquer.


Dessin de Rémy Cattelain

Dans les grandes lignes, le traité approuvé par les Irlandais prévoit une plus grande permanence pour le Président du Conseil européen, un renforcement des pouvoirs du Parlement européen, des moyens renforcés pour la politique étrangère et davantage de décisions à la majorité.

Reste une question : pourquoi les Irlandais ont-ils ainsi changé d’avis ?

1

Un besoin de bouée de sauvetage après l’effondrement de l’économie

Il y a un an et demi, l’économie irlandaise n’était pas trop pimpante : le taux de croissance avait chuté (de 5,3% en 2007, il est passé à -2,3% en 2008, et devrait être de -8% en 2009 !) et le nombre de chômeurs a atteint son plus haut niveau depuis dix ans...

A l’époque, on expliquait en partie le non par la mauvaise humeur des Irlandais, liée à l’économie. Mais avec la crise financière, le pays s’est brutalement enfoncé. Et les difficultés économiques, très sévères, sont aujourd’hui invoquées pour expliquer... le oui.


Dessin de Mykaia

Le taux de chômage (12,5 % de la population active) a triplé en deux ans. Le PIB a reculé de plus de 7% !


Graphique : the economist

Les entreprises, petites ou grandes (y compris Intel et Microsoft, gros pourvoyeurs d’emplois), et les syndicats ont soutenu le camp du oui, estimant que la crise était devenue trop grave pour se passer du soutien de l’Europe.

Dans les années 1990, avant que le pays ne se mue en « tigre celte » au début des années 1990, les aides euopéennes représentaient jusqu’à 3% du PIB.

2

Des garanties sur des points clefs du Traité

Les nonistes avaient plusieurs raisons de s’en prendre au Traité de Lisbonne :

  • Démocratie : le traité est abscons, personne ne peut comprendre ses enjeux, il est donc antidémocratique.
  • Avortement : il est interdit par la Constitution Irlandaise. Selon les opposants àl’avortement, la Charte des droits fondamentaux du traité risquait (ce qui était très discutable) d’affecter cette disposition constitutionnelle qui « reconnaît le droit à la vie de l’enfant à naître » . Le traité de Lisbonne reconnaît le droit à la vie des « personnes » , et confie à la Cour européenne de Justice le droit d’interpréter cet article.
  • Place de l’Irlande dans l’UE : avec la limitation du nombre de commissaires européens, il n’y aurait de commissaire irlandais que pendant 5 ans tous les 15 ans.
  • Neutralité : l’Irlande est un pays traditionnellement neutre, pour des raisons historiques (la proximité avec la Grande Bretagne). Les partisans du non mettent en garde contre un rapprochement de l’UE et de l’Otan, contraire selon eux aux intérêts de l’Irlande. L’Irlande a toujours eu une réticence vis à vis d’une trop grande intégration européenne en matière de défense ou de sécurité.
  • Fiscalité : selon les nonistes, une plus grande intégration de l’Europe risque de nuire à l’Irlande : l’UE ne manquera pas selon eux de chercher à harmoniser les fiscalités. Or le pays a profité du faible niveau de son impôt sur les entreprises (12,5% des bénéfices). Le traité de Lisbonne ne dit pas un mot sur le sujet.

Pour répondre à ces craintes, plusieurs garanties ont été apportées, uniquement sur les points qui inquiétaient la droite souverainiste : le Traité de lisbonne n’affectera pas la souveraineté irlandaise, notamment sur les questions de fiscalité, de neutralité militaire et d’affaires familiales telles que l’avortement.

Mais ces garanties n’ont pas encore été incorporées dans le Traité. Dublin a promis un autre vote de confirmation, une fois que ces garanties seront vissées dans le marbre juridique européen.

3

Des pressions très fortes sur les Irlandais

Amers, les nonistes dénoncent une « démocratie au forceps ». Déjà, en France et aux Pays-Bas, les gouvernements ont ratifié le Traité de Lisbonne par un vote parlementaire, de peur que leurs citoyens ne votent « non », comme ils l’avaient fait sur le Traité constitutionnel européen, voisin du traité de Lisbonne. Selon Attac, cette fois :

« Tous les moyens ont été mis en œuvre pour tenter de faire changer d’avis les Irlandais. A commencer par les moyens de communication, à coup de campagnes largement financées par les grandes entreprises comme Ryanair et Intel, qui ont donné des sommes énormes pour la cause du oui. »

Selon l’organisation, le oui de vendredi ne traduit pas une adhésion enthousiaste à la façon dont est construite aujourd’hui l’Union européenne : C’est avant tout un un « oui » obtenu « par la peur et l’insécurité provoquées par la gravité de la crise ».


Dessin de Large

Dessins de Rémy Cattelain, Mykaia et Large

  • 20516 visites
  • 110 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • JIEM 92
    • Posté à 11h37 le 04/10/2009
    • Internaute 30614

    Bonjour,

    Article paru à 11H28, 52 visites sans réactions à 11H35…
    C’est aussi triste que le résultat acquis au forceps par les eurocrates.
    Pauvre Europe qui ne fait plus rêver.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à JIEM 92
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h46 le 04/10/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Si je puis me permettre, vous allez un peu vite en besogne. On est dimanche matin, le fait qu’il faille attendre 7 minutes pour la première réaction n’est pas du tout inhabituel, au contraire.

      Quant à y voir une nouvelle preuve de désaffection pour l’Europe... Vous devriez ouvrir un institut de sondage. Avec ce genre de conclusions à l’emporte-pièce, vous feriez un malheur auprès des politiques et des médias.

      • coinpomme
        coinpomme répond à Arnaud Aubron
        dieu est une e-pothèse
        • Posté à 12h09 le 04/10/2009
        • Internaute 21711
          dieu est une e-pothèse

        .../...

        quand il y a un référendum pour l’Europe proposé aux Irlandais, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes ! !

        ...

      • Troll-en-folie
        Troll-en-folie répond à Arnaud Aubron
        Parano chronique
        • Posté à 12h54 le 04/10/2009
        • Internaute 87214
          Parano chronique

        Bof ! Pour des sondages orientés, bidonnés et qui donnent les réponses qu’attend le commanditaire, on est déjà bien équipés, pas la peine d’en rajouter.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à JIEM 92
      Testeur de temps libre
      • Posté à 11h48 le 04/10/2009
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Est-ce l’Europe ou est-ce la démocratie qui ne fait plus rêver ?

    • Alain59
      Alain59 répond à JIEM 92
      • Posté à 12h10 le 04/10/2009
      • Internaute 28521

      Quel commentaire voulez-vous qu’on fasse, nous pauvres français ? Notre avis ne compte pas, on nous l’a assez démontré.

    • pablico
      pablico répond à JIEM 92
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 12h38 le 04/10/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      le scandale du revirement est une chose.

      Quid du scandale de la non signature du président tchèque, et de la Pologne ?

      est-ce peut-être pour faire monter certaines enchères ?

      tout n’est pas joué sur ce plan B... à suivre attentivement.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à JIEM 92
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 20h36 le 04/10/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ JIem : Il y a aussi qu’on se lasse de parler pour rien. Les Irlandais, comme les autres, sont en démocratie médiatique. Manipulés ad nauseam par des pros qui ont bien appris depuis Tchakotine, Bernays et Goebells. On peut maintenant faire voter les gens comme on peut. Avec précision. Les hésitations et les résultats serrés sont pour le suspense. Il n’y a plus de démocratie.

      Il faut penser à l’avenir.

      Lien

      Lien

      Pierre JC Allard

    • Taur
      Taur répond à JIEM 92
      ...
      • Posté à 21h32 le 04/10/2009
      • Internaute 83338
        ...

      Jiem 92
      Article paru à 11H28, 52 visites sans réactions à 11H35…

      Bon, faut arrêter de croire que quand un article sort toute la planète doit le lire et réagir.
      D’un c’est le oui de l’Irlande, l’information a un intérêt en France, mais pas une importance ultra extra capitale.
      Secondo Rue89 est un site web parmi d’autres, toute la population n’est pas fixée dessus.
      Tertio, les gens ont une vie en dehors du web (ben oui).

      Ah, et 7 minutes, c’est des pécadilles...

    • kdb
      kdb répond à JIEM 92
      • Posté à 08h58 le 05/10/2009
      • Internaute 29729

      les Irlandais se sont résignés à voter « oui ».

      Leur désillusion sera grande quand ils s’apercevront que les exceptions qu’ils ont prétendument obtenues ne sont pas garanties juridiquement et que l’Union européenne, loin d’être une protection contre la crise économique, l’a suscitée et aggravée par ses politiques.

      Un traité qui reste fondamentalement la Constitution d’un super-Etat européen, centralisé, bureaucratique et incontrôlable, au sein duquel les citoyens, ayant abdiqué leurs libertés, n’auront plus voix au chapitre.

  • mixture fait maison
    • Posté à 11h41 le 04/10/2009
    • Internaute 91546

    Le désengagement est tel que à 59 % de participation, on parle de soutien « franc et massif »... Attendons de voir l’abstention aux régionales en France (51% prévu d’après un sondage)

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à mixture fait maison
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h51 le 04/10/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      C’est tout de même en hausse : le taux de participation au précédent référendum irlandais était de 53%...

    • Kereven
      • Posté à 11h53 le 04/10/2009
      • Internaute 29900

      Comme aurait pu dire notre ami Lefebvre, 100% des gens qui ont déposé un bulletin dans l’urne ont voté, la participation était donc franche et massive.

      • mixture fait maison
        • Posté à 18h58 le 04/10/2009
        • Internaute 91546

        Quand on voit l’ampleur de l’échec social, environnemental, culturel et moral de nos « démocraties » en hausse depuis 40 ans, ça me rassure plutôt de voir le taux d’abstention devenir massif partout et à tous les scrutins.

        Car ce ne sont pas des indifférents, ce sont des abstentionnistes volontaires qui donnent un sens politique à leur geste, en rendant absurde les actions pénibles et pitoyables de nos « responsables », et en affirmant la reprise en main démocratique de tous face à un tel désastre.

        La gauche se transformera enfin en autogestion anti-spectaculaire et anti-marchandise en mettant dehors tous ces insupportables assassins de la démocratie et cessant de produire des biens inutiles plutôt que de se jeter par les fenêtres des buildings.

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 11h41 le 04/10/2009
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Que Ryanair, exploiteur féroce, et Intel financent les campagnes pour le « Oui » et qu’après leur « Non », les irlandais aient été reconvoqués pour voter « Oui » dit tout sur la question. L’Europe est l’Europe du business et certainement pas celle des citoyens.

  • clive
    • Posté à 11h48 le 04/10/2009
    • Internaute 27908

    Les Irlandais voudraient-ils socialiser leurs pertes ?

    • lapokabrite
      lapokabrite répond à clive
      nihiliste
      • Posté à 17h41 le 04/10/2009
      • Internaute 68460
        nihiliste

      c’est le principe du capitalisme ,non ?

  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 11h51 le 04/10/2009
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    Une économie basée aussi sur la finance disant non par arrogance et maintenant oui pour faire jouer la solidarité inter-européenne... Les pays comme l’Irlande ont fait partir des entreprises du continent à leur profit (cf la fiscalité+effet d’aubaine pour celles-ci) et en aucun cas n’ont contribué à l’effort européen.
    C’était, je pense, un non pour ne pas partager sa croissance, aujourd’hui, c’est un oui pour le partage de la crise. Bel esprit.
    Le non de l’Irlande était un non au partage et non pas au libéralisme, contrairement a ce qui c’était passé en France en 2005.
    C’est bien que l’Irlande ai dit oui, encore que, je ne suis pas certain, finalement. (comprendre : le traité de Lisbonne est vraiment pas bien).

    • Fiona
      Fiona répond à Contestatairieux
      Enseignant
      • Posté à 15h17 le 04/10/2009
      • Expert 54454
        Enseignant

      « C’était, je pense, un non pour ne pas partager sa croissance »
      Vous n’avez vraisemblablement pas suivi le débat en Irlande. Tout comme en France (en 2005), le camp de ceux qui appelaient à voter contre ce traité était divisé entre d’un côté, les ultra conservateurs et les xénophobes et, de l’autre, des gens de gauche qui voient ce traité comme un danger non seulement pour l’Irlande, mais pour toute l’Europe !

    • Emmanuel M
      Emmanuel M répond à Contestatairieux
      Commentateur liberal
      • Posté à 13h10 le 05/10/2009
      • Internaute 39528
        Commentateur liberal

      C’est amusant. Bien que je ne sois pas du même bord politique que Contestairieux, j’aie l’impression qu’il appuie la ou ca fait mal.

      L’Irlande, après avoir lancé son économie à coup de dumping fiscal, redécouvre la solidarité en période de crise.

      Il manquerait plus qu’une candidature Islandaise à l’Union pour que la boucle soit bouclée.

  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h52 le 04/10/2009
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    La chose la plus grave, peut-être, en démocratie, c’est d’entendre : « bah, on n’est pas du tout d’accord, mais que peut-on faire d’autre ? ».

    C’est hallucinant, ce défaitisme. On entend la même chose un peu partout, notamment en France à propos de Sarkozy. Comme si, sur 60 millions de Français, il n’y avait personne capable de faire mieux que lui. Alors, avec résignation, on vote à l’encontre de ses propres convictions.

    Nous aurons l’Europe que nous méritons, et pour très longtemps. Mais nous aurons toujours les forums pour nous plaindre un petit peu, avant de courber l’échine et de suivre le troupeau en répétant le même mantra : « mais que peut-on faire d’autre ? »

    • Kereven
      Kereven répond à Majesté
      • Posté à 12h07 le 04/10/2009
      • Internaute 29900

      Nous avons surtout changé de société. L’objectif commun est d’avoir et non plus d’être. Si on votait avec un ipod et un iphone, le taux d’abstention serait quasi nul...

      • Taur
        Taur répond à Kereven
        ...
        • Posté à 21h42 le 04/10/2009
        • Internaute 83338
          ...

        Hehehe, sacrément simpliste...
        Tout le monde n’a pas un iphone et si tout le monde en avait, ceux qui n’en ont rien à cirer n’en auront toujours rien à cirer...

    • étudienragé
      étudienragé répond à Majesté
      http://sam-articles.over-blog. (...)
      • Posté à 12h16 le 04/10/2009
      • Internaute 84880
        http://sam-articles.over-blog. (...)

      Est-ce du défaitisme, résignation, ou l’occasion de s’affranchir individuellement de cette Europe, en développant sa réelle vie, son autodétermination ? Voter pour que cela ne change pas, ou arrêter de voter ? Mon choix est fait.

      Lien

    • mezneth
      mezneth répond à Majesté
      Onomatopée antropomorphe
      • Posté à 12h31 le 04/10/2009
      • Internaute 70709
        Onomatopée antropomorphe

      Peut être parcequ’on n’est pas en démocratie mais en république ?

      • Cataphractaire
        Cataphractaire répond à mezneth
        Keodedour ar bed
        • Posté à 17h50 le 04/10/2009
        • Internaute 58787
          Keodedour ar bed

        République vient du latin Res Publica signifiant chose publique. Cette chose publique est le peuple. Ce sont donc des mots très proches dans leur signification.

    • Majesté
      Majesté répond à Majesté
      On respire enfin
      • Posté à 12h46 le 04/10/2009
      • Internaute 77564
        On respire enfin

      Kereven et Etudienragé,

      Je crois qu’une société basée sur l’avoir et non sur l’être, comme la nôtre, est une société qui n’a aucun avenir. Quand on met l’accent sur l’avoir, en enclenche une spirale sans fin de « toujours plus » et d’insatisfaction permanente. Nous avons la preuve aujourd’hui que ce système présente de graves lacunes.

      Quant au fait de savoir s’il faut voter ou pas, par IPhone ou dans l’isoloir, ce n’est pas le plus important. Notre société nous a complètement individualisés (conséquence de « l’avoir »), ce qui fait que quand quelque chose ne nous convient plus, nous sommes complètement isolés et démunis, et il ne nous reste que les forums pour tenter de recréer un semblant de lien social.

      Les grandes évolutions sociales de notre histoire récente ont toujours été obtenues dans la rue, jamais par les urnes ni par des individus isolés. Englués dans un semblant de bonheur, seuls dans notre coin avec un IPhone à la main, nous subissons. Si deux millions de personnes étaient descendues dans les rues de Paris avec une détermination sans faille, je ne pense pas que des lois du style Hadopi araient été votées.

      Les Européens veulent une Europe sociale ? Ils veulent être entendus par les autistes de la Commission ? Et si dix miilions d’Européens débarquaient des 27 pays membres dans les rues de Bruxelles, avec une détermination sans faille, est-ce que Barroso arborerait toujours un sourire aussi méprisant et infatué ?

      Nous dormons profondément, et ne voulons surtout pas être dérangés. Certains l’ont très bien compris...

      • Chad
        Chad répond à Majesté
        • Posté à 18h05 le 04/10/2009
        • Internaute 26424

        Crois-tu vraiment qu’on les laisserait défiler ? Il suffit de voir le dispositif policier hallucinant déployé à Colmar pour avoir qq doutes ?
        Mais, sur le fond, d’accord avec toi, c’est dans la rue que ça se joue (ou jouera).

    • Taur
      Taur répond à Majesté
      ...
      • Posté à 21h49 le 04/10/2009
      • Internaute 83338
        ...

      Ben oui, que peut-on faire d’autre ? ? ?
      Les gens ne sont pas d’accord mais pas pour les mêmes raisons, de même qu’il y en a qui sont d’accord mais pas non plus pour les mêmes raisons...
      On est gouverné par des stars, des gens qui causent, font leur show, sont dans les journaux et ne sont pas face à la population.
      La population s’inquiète des prix, de son salaire, d’une couverture maladie, de leur boulot. Les élites nous pondent des textes illisibles dont on ne peut pas véritablement jauger les conséquences. Et ceci pour des nations différentes (culture, structures, économie, etc.).
      Les médias sont omni présents et bombardent autant l’information que la désinformation.
      Du coup les gens votent ou ne votent pas. Chacun s’intéresse comme il peut à la chose suivant son niveau de compréhension et suis le troupeau comme il peut.

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 13h24 le 04/10/2009
    • Internaute 33755

    C’est irrationnel.
    L’Irlande n’avait pas eu besoin du traité de Lisbonne pour bénéficier de l’aide de l’Europe et être dans l’Europe. Et qu’elle dise oui ou non, l’Irlande intégrera toujours l’Europe et sera traité à égal d’un autre pays européen.

    Il n’y aura pas d’Europe à deux vitesses, ceux qui ont accepté le Traité et les autres qui restent derrière avec les vieux textes... C’est tous ensemble dans la même galère.

    Alors pourquoi ont-ils eu peur ?

    edit : Il est donc légitime de se poser la question de cette irrationalité en considérant que le texte de Lisbonne qui, bien que défendant les droits fondamentaux du citoyen européen, édicte de façon floue une mise en concurrence des services d’intérêt général, concept qui laisse la porte ouverte à une financiarisation de ces derniers. Si le profit s’installe ad vitam eternam dans la locomotive des besoins primaires, bloquant ainsi la spiritualité dans les wagons 2ème classe, on aura une aggravation de la crise.

    Mise à part ces considérations un peu trop spéculatives, la défaite du non réside non pas dans la victoire au pilori du oui, mais dans le manquement des forces progressistes du non à se réunir autour d’un texte alternatif, clair et porté sur l’homme. C’est normal que la peur l’emporte si le courage politique fait défaut.

  • étudienragé
    étudienragé
    http://sam-articles.over-blog. (...)
    • Posté à 12h05 le 04/10/2009
    • Internaute 84880
      http://sam-articles.over-blog. (...)

    Effectivement, cette Europe ne peut (n’aurait jamais pu) faire rêver. Dans un contexte où une réunion intergouvernementale de 30-50 personnes s’accorde pour décider du sort de 500 millions d’individus, je vois mal comment on peut ne pas avoir la bouche amère...
    Cette Europe, qui vise à appliquer la logique supranationale en matière économique, c’est à dire purement et simplement à briser les gouvernances et la souveraineté économique au profit juteux des multinationales comme Ryanair ou Intel pour le cas Irlandais, plus personne n’en veut. L’Europe de 27 qui capitalise 30% du PIB mondial sur le pillage du Tiers-Monde me fait vomir.

    L’on pourra toujours dire que 67.13 % des irlandais ont voté pour le oui au traité de Lisbonne (cf dépêche de l’AFP), en réalité, c’est 67% des votants ayant voté « oui » (à retrancher de 59% de participation). Donc pas grand monde. Concrètement, ça fait 1 214 268 bulletins en faveur du oui, sur une masse électorale de 3 132 475 citoyens, et une population totale de 4 239 848 habitants. Donc un bref calcul donne 28.64 % de la population totale en faveur du Traité...c’est bien peu.
    C’est comme en 2007 lorsque Sarkozy 1er à été élu par 53% des 40 millions d’électeurs. (Soit 18 millions de français, à peine 1/3 de la population).
    Europe démocratique plus proche du citoyen ? ? J’en doute ! Surtout quand on assigne à nouveau le peuple de voter « bien » quand son choix déplaît à la classe politique.

    • antisceptique
      antisceptique répond à étudienragé
      européen
      • Posté à 16h53 le 04/10/2009
      • Internaute 91862
        européen

      Oh, mais quelle succession de calculs magnifique ! Sans doute le produit d’un esprit brillant ! Mais au fait, pouvez-vous nous indiquer quel régime politique actuel préférez-vous au système politique européen ?

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à antisceptique
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 20h54 le 04/10/2009
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ antisceptique

        On ne parle pas de régime politique, ici, mais de mode de scrutin. Bien sûr, toutefois, le fait qu’on ne cherche pas à modifier les modes de scrutin n’est pas innocent..

        Lien

        Lien

        Pierre JC Allard

  • Lucius Sergius
    Lucius Sergius
    Citoyen
    • Posté à 12h09 le 04/10/2009
    • Internaute 28239
      Citoyen

    « Pour répondre à ces craintes, plusieurs garanties ont été apportées »

    « Mais ces garanties n’ont pas encore été incorporées dans le Traité. »

    Eh bien ils peuvent maintenant attendre.
    On sait désormais ce que représente le truc répété douze fois qui orne le drapeau européen : de belles paroles susurrées et ça le met bien en étoile.

    « Tous les moyens ont été mis en œuvre “

    Ca se passe de commentaire...

    Des puissants on fait leur caprice de sales gosses et ont simplement violenté les principes élémentaires de la démocratie. Les ‘institutions’, qu’ils ont forgées en casant familles et amis, même les plus limités, à des petits jobs bien rémunérés selon des modalités parfois bien sinueuses, y ont tout simplement gagné la crédibilité qu’elles méritent.

    La République, c’était quand même bien.

    Delenda Carthago

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 12h13 le 04/10/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Petit calcul de probabilités :

    Un peuple a 50% de chances de voter OUI, et 50% de chances de voter NON.
    Mais s’il vote NON, on fait revoter une fois.

    Les chances du OUI sont donc 0,5 + 0,5x0,5 = 0,75 (75%)
    Les chances du NON sont 0,5x0,5 = 0,25 (25%)

    On a donc organisé le scrutin de telle manière que le OUI a 3 fois plus de chances de l’emporter que le NON.

    • -Candide-
      -Candide- répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Jardinateur
      • Posté à 19h43 le 04/10/2009
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      C’est le calcul qu’a fait Ségolène Royal pour 2012,
      et pourtant ça va foirer.
      Cherchez l’erreur !

  • gus14
    gus14
    philosophe comme bhl...
    • Posté à 12h20 le 04/10/2009
    • Internaute 85776
      philosophe comme bhl...

    Dispositions concernant la politique de sécurité :
    Fait innovant dans un traité européen, le traité de Lisbonne engage les États membres à respecter les obligations réalisées dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Elle esquisse ainsi une défense commune associée aux décisions de l’OTAN et « donc permet aux Etats-Unis d’avoir une grande influence en Europe. »

    • Crepitus
      Crepitus répond à gus14
      Retraité
      • Posté à 14h32 le 04/10/2009
      • Internaute 85789
        Retraité

      Pire, en cas de révolte, voire de révolution, les autres pays européens peuvent intervenir. Je sais cela faisait déjà parti du pacte OTAN, seulement c’est encore empirer le contrôle des émotions populaires comme l’on disait au XVIII ème siècle

  • hagalma
    • Posté à 15h24 le 04/10/2009
    • Internaute 8451

    L’Europe ne nous appartient pas, à nous autres citoyens. C’est en tous les cas ce qu’il me vient à l’esprit quand je constate que les politiques se veulent plus forts que le suffrage universel. Ne nous reste que nos théâtres internes, scènes instrumentalisées, passionnantes pour certains, désespérantes pour d’autres. Mais peut-être au moins porteuses de mythes : volontarisme libérale, contrat social républicain, justice sociale... De mythe l’Europe n’en a pas, ou pas assez, ou plus. Elle est en tous les cas déconnectée de nous, elle nous est expliquée par des savants, des sages, des technocrates, qui essaient de nous convaincre, nous emballer, nous calmer. Mais ils nous abandonnent à sa porte, comme Delors qui nous lâcha en 2002 à notre pauvre petite république.
    Triste jour.

  • gus14
    gus14
    philosophe comme bhl...
    • Posté à 12h30 le 04/10/2009
    • Internaute 85776
      philosophe comme bhl...

    A quand une europe sans l’article 123 (interdiction de battre monnaie ou de passer par la BCE) ? A croire que les gens aime les interets et les dettes...
    A quand la suisse ,la norvege(pays le plus riche au niveau matiere premiere),andorre,le lichtenstein en europe ?
    A quand une europe qui n’appartient ni aux anglos saxons(americains et britanniques) ni aux banquiers(Rotschild,Lazare,...) ?

    • antisceptique
      antisceptique répond à gus14
      européen
      • Posté à 16h54 le 04/10/2009
      • Internaute 91862
        européen

      Et à quand les vacances pour des incantateurs pareils ?

    • antisceptique
      antisceptique répond à gus14
      européen
      • Posté à 16h54 le 04/10/2009
      • Internaute 91862
        européen

      Et à quand les vacances pour des incantateurs pareils ?

    • -Candide-
      -Candide- répond à gus14
      Jardinateur
      • Posté à 19h49 le 04/10/2009
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Ah quelle bonne remarque.

      A croire que l’inflation a toujours été considéré comme l’impôt le plus juste et le plus équitable...

      Les Irlandais ont pris conscience que, sans l’aide exceptionnelle de 120 milliards de la BCE, le pays se serait écroulé à la manière de l’Islande. Ils n’ont certainement pas envie de supprimer cet article.

      Vous avez raison sur un point cependant : vous philosophez comme BHL.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 12h33 le 04/10/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Le cas de l’Irlande est très symbolique de l’organisation politique dans laquelle nous baignons :
    - un environnement officiellement libéral
    - en réalité, l’individualisation des bénéfices, et la mise en commun des pertes.

    Sauf que la période individualiste n’a pas permis de mettre de côté la cagnotte permettant de compenser collectivement les pertes. Et qu’un tel système conduit inexorablement à la faillite de la chose collective.

    Autant de pays, autant de moyens, autant de commissions, et un manque de bon sens tellement criant...

    Je ne crois plus à cette Europe.
    Il faut (re)construire un noyau de pays qui jouent vraiment le jeu : fiscalité et droit du travail communs, dès le départ.

    Commençons par construire ça avec l’Allemagne et la Belgique.
    Et ensuite, vient qui veut, mais ce coup-ci avec des critères d’adhésion qui seront basés sur une vraie solidarité, et une volonté sociale prédominante sur le reste.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Testeur de temps libre
      • Posté à 13h06 le 04/10/2009
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Ah bon ?
      L’Allemagne et la Belgique n’adhéreraient pas au « libéralisme » et seraient réputées pour leur société « égalitariste » ?
      Et la France, elle même, serait un exemple de fiscalité juste et équitable, gérée selon des principes « au bon sens criant » ! ? !

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 14h51 le 04/10/2009
        • Internaute 82025
          non connue

        C’est sûr qu’on ne risque pas de construire grand-chose si on se base sur le pire de chacun.
        Mais si au contraire, on considère les meilleures idées de chacun, on peut y arriver.
        Par exemple (rien d’exhaustif), j’aime bien :
        - en France, la sécu et les 35H
        - en Allemagne, la culture d’entreprise (notamment dans l’industrie), et le comportement respectueux du flic lambda
        - en Belgique, leur intérêt pour la Culture et l’édition, etc.

        N’oubliez-pas que l’électorat européen n’est pas constitué à 100% d’ultra-libéraux. Et que s’il a été possible de faire passer des textes libéraux comme Nice ou Amsterdam, sans majorité, il est possible aussi de faire passer plus de social. Encore faut-il qu’on le propose...

         
        • panik
          • Posté à 18h31 le 04/10/2009
          • Internaute 19428

          Moyennant quoi nous aurons une Europe qui cumulera le respect du flic belge pour le citoyen lambda, la culture d’entreprise française, la sécu et les 35 heures anglaises, l’efficacité et l’honnêteté de Barroso, et l’intérêt pour la Culture et l’édition des présidents français d’origine hongroise ....
          entre autres calamités !

        1 autres commentaires
  • survivant
    • Posté à 13h03 le 04/10/2009
    • Internaute 25864

    Les Irlandais comme il est écrit en fin de texte ont voté oui par crainte de se retrouver isolés financièrement face à la gravité de la crise. Certes ceci peut-être un argument, de là à faire croire aux Irlandais comme à de vulgaires arriérés mentaux qu’ils pourront ajouter leur petite touche finale relative aux coutumes du pays telle que : « le droit à la vie » ou encore garder leur neutralité et rester à l’écart de l’OTAN. Là les Irlandais auraient dû lire le traité à la loupe car celui-ci le stipule noir sur blanc. Les 27 pays de l’UE feront partis de l’OTAN par ce traité. Nous voilà rassurés par ce traité les 27 pourront envoyer de la chaire à canon toute fraîche pour régler le conflit Afghan. Quant à leur faire croire qu’ils garderont leur souveraineté là c’est le pompon. Enfin, les Irlandais comme les corses voudraient garder leur indépendance tout en gardant les aides Européennes. Ce qui risque de faire beaucoup d’émules nationalistes au sein des 27. Les marchands de cagoules vont pouvoir se refaire.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 14h12 le 04/10/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Bel argumentaire concernant le « besoin de bouée de sauvetage après l’effondrement de l’économie », mais n’est-ce pas un trompe-l’œil à l’image de ce que le FMI et la banque mondiale servent aux pays pauvres ?

    Je crois savoir que les aides européennes s’accompagnent de contreparties telles que le libre échange entre pays, etc.

    Évidemment, la plus grande facilité d’échange des capitaux, l’ouverture des marché, etc, cela permet d’avoir des entreprises fortes, capables de concurrencer les entreprises américaines, japonaises, ou chinoises. C’est le credo qu’on nous sert.

    « Mais » (car il y a un mais), si on regarde la chose au niveau intra-européen, ce sont les entreprises survivantes qui sont fortes. Les autres ont été mangé par le jeu de la concurrence, des opa et d’autres joyeusetés. Et c’est autant de chômeurs en plus.

    Ne vaudrait-il pas mieux deux, trois ou quatre entreprises, petites, mais qui donnent du travail à moult gens qu’une seule grosse entreprise, fut-elle forte, qui donne moult dividendes à ses actionnaires ?

    En Bref, le choix irlandais sacrifie-t-il sa santé à long-terme pour un court-terme qui parait alléchant ?

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3