polémique 03/10/2009 à 12h18

Mitterrand et la chute du Mur : en finir avec la légende

Frédéric Bozo | Historien


François Mitterrand et Helmut Kohl à Charlottenburg le 8 septembre 1994 (Reuters)

Quelques phrases extraites de plus de 600 pages de documents diplomatiques britanniques récemment publiés auront suffi à remettre une vieille lune au goût du jour : l’existence d’une soi-disant «  Entente cordialemon » entre François Mitterrand et Margaret Thatcher contre l’unification de l’Allemagne en 1989-90. Pierre Haski y est revenu ici-même, en mobilisant ses propres souvenirs à l’appui d’une démonstration menée à charge.

Il est vrai que les morceaux savamment choisis et distillés dans la presse (surtout, au départ du moins, dans la presse britannique) ont de quoi frapper les esprits : selon le résumé d’une conversation du 20 janvier 1990 entre Mitterrand et Thatcher, le président français se serait inquiété du retour des « mauvais » Allemands, n’hésitant pas à comparer Helmut Kohl à Adolf Hitler.

Nul besoin pourtant d’un historien patenté pour constater, à la lecture du document complet, que ces phrases ont été purement et simplement sorties de leur contexte.

D’abord parce que, devant Thatcher, Mitterrand prend bien soin de souligner que ce parallèle historique -bien évidemment outrancier- est avant tout un procédé qu’il utilise dans ses conversations avec les dirigeants allemands eux-mêmes pour leur faire prendre conscience de la nécessité d’une plus grande prudence à un moment où Kohl, dans les premières semaines de 1990, s’engage dans une véritable marche forcée vers l’unité allemande.

Ensuite et surtout parce que, ce jour là, Mitterrand martèle que rien ne peut arrêter un mouvement qu’il considère comme légitime et qu’il serait stupide et irréaliste de tenter de le faire ; tandis que Thatcher, elle, n’en démord pas : il faut porter un coup d’arrêt à l’unification, répète-t-elle sur tous les tons.

Bref, s’il est un document qui démontre qu’il n’y a pas eu d’accord franco-britannique pour s’opposer à l’unité allemande, c’est bien celui-là !

Variantes soviétiques ou est-allemandes

L’affaire a d’ailleurs tout du réchauffé. Dans « The Downing Street Years » (1993), l’ancien Premier ministre britannique, s’appuyant sur cette même conversation, affirmait déjà que le président français partageait sa crainte quasi-maladive de l’unification allemande -tout en reconnaissant à regret n’avoir pas réussi à le convaincre d’unir leurs forces pour l’empêcher.

Son ministre des Affaires étrangères, Douglas Hurd, était plus lucide : dans ses propres « Memoirs » (2003), il affirmait ne jamais avoir cru que Mitterrand partageait les préventions antiallemandes de Thatcher, si ce n’est par pur « jeu intellectuel. » So much pour l’entente cordiale...

A l’approche du XXe anniversaire de la chute du Mur de Berlin, ce genre d’interprétations systématiquement négatives de la politique mitterrandienne vont sans doute refaire surface, y compris leur variante « soviétique » (selon laquelle Mitterrand serait allé trouver Mikhaïl Gorbatchev à Kiev en décembre 1989 pour lui demander de s’opposer à l’unité allemande), où encore la variante « est-allemande » (selon laquelle il s’était peu après rendu en visite en RDA dans l’espoir d’en prolonger artificiellement l’existence).

Des interprétations qui, pourtant, ne résistent pas à l’examen des archives, aux travaux des historiens-ou au simple bon sens.

Trois vérités à rétablir

A partir de mon livre paru sur le sujet en 2005, trois vérités me paraissent devoir être rétablies concernant la

politique française dans cette période.

  • Certes, Mitterrand n’a pas tenu de « grand discours » ou fait de « grand geste » au lendemain de la chute du Mur, ce qui à ses yeux n’était pas son rôle (il n’était d’ailleurs pas le seul, et le président américain, George H.W. Bush, a subi les mêmes reproches). Il a pourtant été le premier chef d’Etat à souligner dès juillet 1989 -donc bien avant la chute du Mur- que l’unification allemande était « légitime » et il n’a jamais cessé de maintenir cette ligne en public comme en privé (la grande majorité des Français étaient d’ailleurs largement acquise à l’unité allemande, effet évident de quarante ans de réconciliation franco-allemande). Surtout, il n’a à aucun moment cherché à entraver l’unification -qu’il jugeait en tout état de cause inévitable- que ce soit en s’entendant avec Londres ou Moscou ou encore en émettant des objections juridiques (droits des quatre puissances responsables de l’Allemagne et de Berlin).

  • L’obsession de Mitterrand était de s’assurer que le processus d’unification allemande se déroulât de manière compatible avec le maintien des équilibres internationaux et européens hérités de l’après-guerre. D’où, il est vrai, ses réticences pendant quelques semaines, à la fin de 1989 et au début de 1990, à l’égard de la politique d’unification rapide menée par Kohl -des réticences d’ailleurs moins absentes à Washington qu’on a bien voulu le dire- et ses inquiétudes quant aux réactions possibles de l’URSS. D’où, surtout, son insistance pour que soient traités dans un cadre diplomatique formel -ce seront les fameuses négociations à « deux plus quatre » au printemps et à l’été 1990- les problèmes internationaux liés à l’unification, à commencer par la question de la frontière germano-polonaise et celle de l’appartenance de l’Allemagne aux alliances militaires. Des problèmes au règlement desquels la diplomatie française aura d’ailleurs beaucoup plus activement contribué qu’on ne l’a dit.

  • La réponse mitterrandienne face aux bouleversements à l’Est a été, d’emblée, la poursuite de la coopération franco-allemande et la relance de la construction européenne. Pouvait-on au demeurant envisager de mettre en danger le « trésor » (l’appellation est de Kohl, et Mitterrand la partage) de l’amitié franco-allemande dans l’espoir chimérique et vain d’empêcher une unification que le général de Gaulle avait qualifiée dès 1959 de « destin naturel du peuple allemand ? » Conclu à peine deux ans après la chute du Mur, le traité de Maastricht, résultat de la volonté commune de Kohl et Mitterrand de répondre ensemble au défi de l’unification sur le terrain européen, est sans doute la preuve la plus tangible que la politique française était très éloignée des caricatures et des déformations qui ont encore cours aujourd’hui.

Il est heureux que le Quai d’Orsay ait décidé de publier ses propres documents sur la question, comme l’a annoncé récemment Pierre Lellouche en soulignant très justement que « le travail des historiens (...) doit se faire dans la sérénité et avec le sens de la nuance que seul permet l’accès à l’ensemble des documents d’archives ».

On ne saurait mieux dire : alors que les dirigeants de nos deux pays s’apprêtent à revenir solennellement sur ces événements, il serait bien dommage de manquer ce grand rendez-vous franco-allemand en maniant des contre-vérités historiques ou en malmenant un passé dont il n’y a pas lieu de rougir.

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  • Anticotte
    Anticotte
    Brèves de comptoir
    • Posté à 15h00 le 03/10/2009
    • Internaute 89858
      Brèves de comptoir

    Bon article qui refixe bien le cadre et l’état d’esprit régnant à l’époque. Il ne faut pas ignorer toute l’expérience historique de François Mitterrand qui savait qu’une réunification comportait des risques et que l’Allemagne resterait encore coupée dans les esprits pendant au moins deux générations. Il savait aussi que par rapport à la France, unifiée depuis des siècles pas ses rois, l’Allemagne était encore composée d’une multitude d’Etats jusqu’à la fin du XIX° siècle, ce dont la Constitution Fédérale témoigne encore.

    Mitterrand n’ignorait pas non plus que l’Histoire est pesante et que le manichéïsme de la guerre froide mettrait du temps à s’atténuer chez nos voisins. C’est pourquoi sa prudence s’explique en partie à l’époque, avec néanmoins le même souci de maintenir une amitié franco-allemande sans faille dans la droite ligne du fondateur de la cinquième république.

  • Dan51
    • Posté à 15h49 le 03/10/2009
    • Internaute 12803

    Cet article sert à réhabiliter Mitterrand mais oublie de longs moments d’Histoire... Je me demande ce que recherche M. Haski en publiant cet article.

    Je vis en Allemagne depuis 1973 et l’attitude de la France et de Mitterrand ont suscité dans tout le pays une profonde réaction, allant de la réelle tristesse à la colère ouverte.

    Mitterrand est en outre venu à Berlin-Est, dans l’encore-RDA en déliquescence pour donner un baiser à Erich Honecker et signifier par là qu’il préférait DEUX Allemagnes à une réunie. Les Allemands ne l’ont pas oublié, et moi non plus. Lamentable comportement, aveugle et hautain.

    Alors que la chute du Mur a déjà eu lieu, le 9 novembre 1989, François Mitterrand va faire un voyage démonstratif en Allemagne de l’Est, du 20 au 22 décembre, embrasse Erich Honecker et montre ainsi sa volonté clairement affichée pour le maintien de la RDA. Il déclare à cette occasion qu’une discussion sur les frontières existantes serait « très dangereuse ».

    Tout ceci se retrouve partout dans les archives des medias en Allemagne.

    En français, il y a quelques traces sur le net, dont :

    Lien

    Jacques Jessel, ministre plénipotentiaire honoraire sous le titre « La réunification allemande et les relations franco-allemandes » fait état de faits historiques que je ne peux que confirmer dans leur totalité. Jacques Jessel a été l’envoyé de la France en RDA en 1973 et 1974.

    • Les Grands Champs
      Les Grands Champs répond à Dan51
      Retraité, le doigt là où ça (...)
      • Posté à 20h38 le 03/10/2009
      • Internaute 61722
        Retraité, le doigt là où ça (...)

      « oublie de longs moments »

      Comme les années 50 ?
      L’observatoire ET la guerre d’Algérie par ex. ?
      Il était à l’époque comme Lang, il courrait après les maroquins.

      • tlaloc
        tlaloc répond à Les Grands Champs
        Retraité
        • Posté à 18h54 le 04/10/2009
        • Internaute 47359
          Retraité

        je répéte piusque vous le faîtes : au début de la guerre d’Algérie 85% des français et de la classe politique étaient pour l’algérie française s’y opposaient le PC et le PSU(dont Rocard) je l’ai vécu j’ai 69 ans vous avez l’air d’occulter beaucoup d’autres responsables de la guerre d’Algérie vous avez la mémoire très sélective de plus il n’a pas couru les postes entre 1958 et 1981 je me souviens aussi j’avais 18 ans Vive l’Algérie Française d’un certain C de Gaulle il s’est repris ensuite il est vrai pour l’observatoire effectivement c’est trouble autant que Clear stream ?

      • Mandrin
        • Posté à 01h02 le 05/10/2009
        • Internaute 21194

        Je ne suis pas sûr que vos informations ne soient marqués par un unilatéraliisme de bien mauvais aloi : comme vous l’a fait remarquer un contributeur l’Observatoire comme Clearstream c’est bien obscur.

        Je peux vous citer ce que m’a rapporté un historien connu, spécialiste de cette époque qui a rencontré Pesquet n fois et qui lui a sorti ne versions différentes : dans une il mettait en cause Debré et la Malène.

        Je retrouverai des révèlations faites à JF Kahn et / ou M. Cotta montrant que le coup monté contre Mitterrand avait aussi été monté contre d’autres personnes hostiles à De Gaulle.

        Mitterrand a eu un tort énorme dans cette affaire c’est de faire confiance à Pesquet qui était une crapule et de marcher dans la combine.Mais peut être avait-il des raisons et des souvenirs cuisants : en effet le complot étant génétiquement attaché aux pratiques gaullistes, Mitterrand se souvenait que 5 ans avant certains avaient essayé de le planter dans le complot dit « des fuites » et il n’était peut être pas mécontent de leur renvoyer le boomerang.

        Funeste initiative... Mais comme dans Clearstream qui a manipulé qui ?

        Deux questions : Pourquoi Debré s’est-il dégonflé après avoir harcelé Mitterrand sur ce coup ? Essayez de réfléchir à cette question...

        Pourquoi François Mauriac a-t-il pris la défense de François Mitterrand avec des arguments assez convaincants ?

        Il semble clair, sauf pour ceux qui sont d’un sectrarisme total qu’il y a eu un complot et que Mitterrand a eu un tort immense c’est de vouloir jouer au plus fin.

        Mais ne voir dans cette affaire que la responsabilité de Mitterrand c’est quand même faire preuve de beaucoup de sectarisme.

        Qui a monté ce complot ? Pesquet tout seul ? Allons donc...

        Un avis : vous arguments sont quand même sacrément bruts de fonderie et cela sent quand même le sectarisme mal dégrossi....

      • Mandrin
        • Posté à 01h00 le 05/10/2009
        • Internaute 21194

        Pour votre information qui semble avoir quelques lacunes ou être sacrément sélective voilà ce qu’a écrit Michelle Cotta dans un supplément tél du Nouvel Obs à propos de l’affaire de l’Observatoire :

        « Piège refermé sur le sénateur de la Nièvre. Piège tendu dans une époque encore troublée, tenté auparavant sur d’autres personnalités antigaullistes (dont Pierre Mendès France, me confiait Jean-François Kahn – longtemps après les faits, Kahn avait rencontré Robert Pesquet, l’exécuteur ») qui elles, dès les prémices de la machination, alertaient la Sureté nationale.

        Mitterrand, pour sa part, prête une oreille trop candide au dire de ce Pesquet. Ce dernier fut un ancien de ses informateurs et il prétend avoir mission de l’assassiner mais lui confie…ne pas trop y tenir, d’où son plan d’élaborer un faux attentat. Vrai opération de déstabilisation surtout. Les ennemis de Mitterrand préméditaient de le discréditer à jamais. L’opération réussit formidablement sur le moment. Cependant, un coup tellement tordu à l’analyse qu’il n’en souffrira pas trop longtemps, les poursuites à son encontre s’éteignant vite. Nous ne éloignons pas de 1965. Il n’est pas question d’attaquer Mitterrand avec l’affaire de l’Observatoire, ordonnait le Général en novembre ; raison invoquée : protéger la fonction au cas où Mitterrand viendrait à l’occuper.

        Revoyons à la baisse cette magnanimité, suggère Jean Lacouture . Il s’agissait en fait de simple bon sens gaullien. De la part de quelqu’un qui doit savoir top bien les tenants et aboutissants de l’affaire Pesquet. Ainsi si la presse y regardait de très près, un certain Baron gaulliste (Michel Debré . en 1959 Premier Ministre) pourrait bien être découvert comme étant le deus ex machina ».

        De plus, un mois avant Mitterrand, Bourgès Maunoury aurait subi le même harcèlement de la part de Pesquet ; or, le gouvernement qui le savait s’est abstenu de le dire à la justice pendant deux semaines (cf ce que dit le frère de Mitterrand, le père de Frédéric Mitterrand sur ce sujet dans un iouvrage).

        JF Kahn dit qu’on avait aussi tenté le coup sur Mendès (voir ce que rapporte Michelle Cotta).

        Je rappelle pour terminer ce que François Mauriac a écrit au moment de l’affaire : « Mitterrand aura payé cher d’avoir été moins fort que ses ennemis eux-mêmse avaient cru. Et moi je lui sais gré de sa faiblesse : elle témoigne qu’appartient à une autre espèce que ceux qui l’ont fait trébucher et qui, sans doute, avaient deviné en lui cette faille. Mitterrand demeurait capable de faire confiance à un homme taré qui feignait de se livrer à lui : c’est qu’il a été un garçon chrétien pareil à nous dans une province ».

        En espérant que cela contribura à votre réflexion....et que peut être cela vous rappellera un procès qui défraie la chronique.

        Les (mauvaises) habitudes dans un certain camp ont la vie dure...

    • Jo²
      Jo² répond à Dan51
      Situationiste
      • Posté à 20h48 le 04/10/2009
      • Internaute 91881
        Situationiste

      @ Dan51

      Deux remarques.

      1/ Vous devriez – et beaucoup d’autres si j’en juge par les commentaires – d’abord lire le livre de Frédéric Bozo. Ce qui est mon cas. Il me semble bien mieux informé que M. Jessel. L’idée selon laquelle tout était prévisible et allait de soi dans le cas de la réunification est peu défendue. Ni les Américains, ni les Allemands ne font cette erreur. Les historiens travaillant sur archives ne la font pas.

      2/ Votre message respire la certitude. En matière d’histoire, il faut préférer la nuance. L’épaisseur du temps. Cela permet, par exemple, d’éviter d’écrire que M. Mitterrand s’est rendu en Allemagne de l’Est pour embrasser M. Honecker. Il s’est effectivement rendu en Allemagne de l’est, voyage annoncé un an auparavant et qui s’inscrivait dans la succession des voyages effectués en Europe de l’Est à une époque où la diplomatie hexagonale cherchait à s’ouvrir sur ces pays là. Mais vous vous trompez sur Honecker. Il n’était déjà plus en poste... Remplacé par Krenz... Lui-même remplacé par Gerlach. Finalement, c’est surtout Modrow, le « réformateur », que Mitterrand venait rencontrer. Du reste, il n’était pas le seul à s’enquérir de ce qui se passait et à prendre contact avec les nouveaux dirigeants est-Allemands. Baker, le secrétaire d’Etat américain, y était quelques jours plus tôt. Cela fait-il des dirigeants américains des hommes hostiles à l’unification ?

      Rappelons simplement le témoignage livré par Kohl dans ses mémoires – sans doute le mieux placé pour juger des équilibres politiques et des intentions de chacun : « Deux cœurs battaient dans la poitrine de Mitterrand. L’un en faveur du soulèvement révolutionnaire en RDA ; l’autre pour la France, pour son rôle et son rang en cas de l’unification de l’Allemagne. »

      • Dan51
        Dan51 répond à Jo²
        • Posté à 13h05 le 05/10/2009
        • Internaute 12803

        L’idée selon laquelle tout était prévisible et allait de soi dans le cas de la réunification est peu défendue.

        Je n’ai rien écrit de tel... je relate les évènements vécus en direct, surtout l’impression de la visite de Mitterrand et de ses déclarations, qu’il ait embrassé Honecker, Modrow ou qui que ce soit de ce groupe d’Humanistes.

        Si vous parlez allemand, lisez par exemple cet article de l’excellent journal Die Zeit :

        Lien

        Un « Metternich en Europe »... qui décrit bien Mitterrand et l’attitude de la France en décembre 1989...

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 18h04 le 03/10/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Que les historiens se penchent sur le cas du chancelier Adenauer qui a promptement refusé la réunification sans condition que lui offrait sur un plateau d’argent Staline une ou trois années après la guerre.
    Tout le reste, n’est qu’histoire de pognons et surtout de moi je...

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 18h10 le 03/10/2009
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    je me demande si Mitterrand n’a pas enlevé Ben Barka ?
    Il faudrait peut-être interroger son neveu !

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 19h44 le 03/10/2009
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    C’est grâce au tandem KOHL-MITTERRAND que l’Europe s’est enfin « matérialisée » ; le traité de MAASTRICHT porté par la gauche (et pourtant voté en france inextrémis avec seulement 51,04% de oui et plus de 30% d’abstention) ne doit son existence qu’aux efforts conjoints des deux chefs d’état. La seule crainte du Président MITTERRAND était de voir l’Allemagne déséquilibrer son économie par l’effort financier gigantesque de la réunification. Alors, l’imaginer « bavant des arguties » contre Helmut et la réunification, c’est comme déclarer que SARKOZY est communiste ! Quoique, le petit Nico a déjà « servi » la soupe successivement à Seguin, Balladur, Chirac ! Il faut se méfier de ces « multicartes toujours prompts à retourner leur veste !
    Il serait aussi intéressant d’exhumer les réactions de la droite française de l’époque particulièrement inquiète devant la réunification d’une “grande” Allemagne influencée par les bouleversements à l’Est dû à la chute du bloc communiste ?

    • Les Grands Champs
      Les Grands Champs répond à DANJOU
      Retraité, le doigt là où ça (...)
      • Posté à 20h41 le 03/10/2009
      • Internaute 61722
        Retraité, le doigt là où ça (...)

      « Il faut se méfier de ces “ multicartes ‘

      EUH... rappelez-nous les idées de MITTERRAND au milieu des années 30 ! Vers qui allait ses idées et sympathies.
      Il n’a pas sauté le pas, mais tout juste.

      • DANJOU
        DANJOU répond à Les Grands Champs
        La france inquiète
        • Posté à 20h52 le 03/10/2009
        • Internaute 32845
          La france inquiète

        Il n’a pas...

      • Mandrin
        • Posté à 13h26 le 04/10/2009
        • Internaute 21194

        Juste une question : rappelez-moi l’année de naissance de F. Mitterrand ?

        On rediscute de votre flêche dès que vous aurez répondu ....

        Et ensuite on fera un florilège des siottises que les uns et et les autres ont sorties...à 18 ans !

        Pour vous rattraper Qui a écrit « on n’est pas sérieux quand on a 18 ans ! » ?

      • tlaloc
        tlaloc répond à Les Grands Champs
        Retraité
        • Posté à 18h59 le 04/10/2009
        • Internaute 47359
          Retraité

        et les ministres de Sarkosy qui à 20 ans ont fricoté avec le groupe d’extème droite Occident ? vous les condamnez ? moi pas on a le droit d’évoluer même dans le bon sens.

  • zelectron
    • Posté à 22h19 le 03/10/2009
    • Internaute 12718

    Ach ! so ! que Mitterrand soit remercié d’avoir en Juin 1981 désarmé les avions de tous les exposants au salon international du Bourget, comme ça nous on a pu prendre des places fortes de la France dans ce domaine qui avait été préservé pendant tant d’années. Creusot-Loire s’est dilué un peu plus tard sans faire de vague (musellement de la presse remarquable pour 120 000 employés). Yes i have forgotten : 80 milliards de commandes d’armement partis chez nos amis et concurrents étrangers.
    Les Mitterrandolâtres sont déçus ?

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 20h20 le 04/10/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    pour cette grande « époque » de l’Allemagne, relisez ce que Lafontaine alors chef du SPD a écrit, naturellement il a été descendu en flêche, mais c’était le seul politicien qui a dit la vérité concernant les coûts réels de cette réunification. (des milliards de DM sont allés des caisses de l’état est des Allemands de l’ouest dans les poches de quelques notables…sans compter le pillage complet de l’ex DDR,…est le peuple trinque toujours pour la reconstruction de l’exDDR

    Le jour où mes collègues Allemands de l’ouest mon parlé d’Elf, « Elf rachète le groupe pétrolier de l’exDDR, “
    Eclaté de rire, un des directeurs présent m’a demandé pourquoi ce fou rire, je lui ais demandé ‘ savez vous qui est Elf ?
    Après quelques explications, l’un deux a dit...les valises vont se promener ...alors...ma réponse ...ben oui.
    cela n’a pas duré Kohl fut pris en promenant sa valise

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 22h34 le 03/10/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Hors sujet,…pas tellement selon l’histoire entre la France et l’Allemagne

    Je voudrais savoir combien de vous connaissent vraiment l’histoire de l’Europe.
    Que deux questions
    -1- quelle ville était prévu pour être la seule capitale de l’europe.
    -2- dans quel pays se trouvait cette ville

    • Numerosix
      Numerosix répond à Jean-Luc LUMEN
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 22h57 le 03/10/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      C’est quoi les réponses ?

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à Numerosix
        en invalidité
        • Posté à 20h18 le 04/10/2009
        • Internaute 47198
          en invalidité

        Saarbrücken pour la ville, même que les bâtiments étaient déjà construits

        le pays = la Sarre

        Mon épouse et né de nationalité Sarroise et non Allemande

        la Sarre était un pays à par entière, comme le Luxembourg, Monaco, etc., de la fin de la guerre à 1958 ou 60 j’oublie toujours l’année exact.

        Faut dire que le peuple Sarrois ne le savait pas, il croyait être sous administration Françaises.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 01h49 le 04/10/2009
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Quant aux 3 points de l’auteur :

    1. L’absence de « grand discours », en particulier Americain, visait aussi ne pas fragiliser Gorby aupres de l’arriere garde sovietique : cela doit etre une revolution de l’interieur, portee par le peuple - pas un torpillage par l’Ouest. Je me souviens neanmoins d’un speech ridicule du pere Herbert a l’epoque, du style c’est la fin de l’histoire, la paix eternelle est en route. « 41 » n’a jamais ete un grand orateur de toute facon...

    2. La seule « obsession de Mitterrand » a toujours ete Mitterrand. Cet homme n’a jamais ete motive par la grandeur de la France ni par une vision historique. Peut-etre avait-il des allies a proteger... ou qui sait la trouille que quelques archives allemandes ressurgissent ?

    3. « La réponse mitterrandienne face aux bouleversements à l’Est a été, d’emblée, la poursuite de la coopération franco-allemande et la relance de la construction européenne. » Je ne crois pas que Kohl partage cette vision, mais Mitterrand a finalement essaye de sauver la face au bout d’un moment

  • Dan51
    • Posté à 10h56 le 04/10/2009
    • Internaute 12803

    Je suis étonnée de voir que peu de commentateurs se plongent vraiment dans les FAITS pour commenter. Ils suivent leur « sentiment » qui n’a RIEN à voir avec les réalités.

    Je vous encourage tous à lire dans son ensemble ce texte qui relate les évènements tels qu’ils se sont vraiment passés, par quelqu’un qui CONNAIT le pays et sait de quoi il parle :

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    Jacques Jessel était, ministre plénipotentiaire honoraire et a été l’envoyé de la France en Allemagne de l’Est en 1973 et 1974.

    Il a publié « La réunification allemande et les relations franco-allemandes »

    Les faits historiques qu’il évoque, je ne peux que les confirmer dans leur totalité.

    Je conseille leur lecture aux lecteurs désireux de vraiment comprendre ce qui s’est passé... en lisant sa brève contribution

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  • MichelK
    MichelK
    sans paroisse
    • Posté à 11h36 le 04/10/2009
    • Internaute 38762
      sans paroisse

    Les états d’âme ou la sagesse (cachée) de Mitterrand qui aurait mieux su que les Allemands ce qui était bon pour eux ne m’intéressent pas beaucoup. Ce qui saute aux yeux c’est que cette réunification nous à provincialisés (Die Mitte liegt Ostwärts) et que nous aurions au moins pu avoir l’élégance de faire contre mauvais fortune bon coeur. Les Allemands se souviennent de notre refus de leur faire une place au Conseil de sécurité !
    Pour le reste l’aveuglement français sur certaines réalités humaines en Europe dure depuis trop longtemps pour qu’on en accuse Tonton. Souvenez-vous que nous soutenions les Turcs lorsqu’ils assiégeaient Vienne et que cette haine des Habsbourg nous a conduits (avec nos copains anglais) à redécouper l’Europe après 1918. 70 ans ans plus tard, Mitterrand commença par détourner son regard des massacres yougoslaves en parlant (si j’ai bonne mémoire) de querelles de tribus...

    • Dan51
      Dan51 répond à MichelK
      • Posté à 12h13 le 04/10/2009
      • Internaute 12803

      Souvenez-vous que nous soutenions les Turcs lorsqu’ils assiégeaient Vienne et que cette haine des Habsbourg nous a conduits (avec nos copains anglais) à redécouper l’Europe après 1918.

      Vous oubliez le conflit qui a été celui qui a entraîné les deux guerres mondiales, celui de 1870 où c’est la France qui a déclaré la guerre à l’Allemagne, alors constituée en Prusse.

      Je conseille à ceux qui aiment la réalité historique d’écouter l’excellente émission de France Inter « 2000 ans d’Histoire » du 24 mars 2009 :

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      Parce qu’elle est à l’origine de la chute du second Empire, de la proclamation de la IIIème République, de l’unité allemande, de la Commune de Paris, de la perte par la France de l’Alsace et de la Lorraine, et d’un contentieux franco-allemand qui allait durer jusqu’en 1945, rarement une guerre n’a eu autant de conséquences que celle que Napoléon III déclarait à la Prusse le 19 juillet 1870.

      Ainsi commence l’émission. En voici le sommaire :

      « La guerre de 1870

      “ Après l’invasion prussienne, il n’y a plus de malheur possible. Ce fut le fond de l’abîme, le dernier degré de la rage et du désespoir. ”

      Gustave Flaubert

      Parce qu’elle est à l’origine de la chute du second Empire, de la proclamation de la IIIème République, de l’unité allemande, de la Commune de Paris, de la perte par la France de l’Alsace et de la Lorraine, et d’un contentieux franco-allemand qui allait durer jusqu’en 1945, rarement une guerre n’a eu autant de conséquences que celle que Napoléon III déclarait à la Prusse le 19 juillet 1870.

      Sûr de la victoire de son armée, il n’imaginait pas ce jour là que, 6 semaines plus tard, il serait fait prisonnier par les Allemands à Sedan, et que son empire serait renversé par une révolution parisienne. “ Nous sommes archi-prêts, il ne manque pas un bouton de guêtre ” lui avait affirmé son ministre de la guerre, le général Lebœuf. Et c’est pourquoi, ce 19 juillet 1870, Napoléon III était persuadé que son armée serait à Berlin avant la fin de l’été. »

      Il serait grand temps que les Historiens européens collaborent pour écrire une Histoire plus proche des FAITS et non une idéologie nationaliste. Il existe un livre d’Histoire franco-allemand sur une petite période de notre Histoire commune, mais il en faudrait un sur toute l’Histoire du Continent européen... et non d’une Histoire manipulée à la sauce nationaliste, comme en France, et particulièrement sous le régime actuel, je rappelle juste la manipulation Guy Môquet...

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 17h52 le 04/10/2009
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Il ne faut pas toucher à la légende mitterrandienne. Il fut un très grand chef d’état, un géopoliticien visionnaire et, même, un homme de gauche ! La querelle d’historien est de peu d’importance, chacun faisant dire à l’histoire ce qui confirme ses préférences personnelles. Mais il faut cesser de bondir comme des cabris dès lors qu’on ose s’en pendre à l’image de l’homme des jardins de l’observatoire, au ministre défenseur de l’Algérie française et à l’ami de Bousquet.

  • sunra7
    • Posté à 10h15 le 05/10/2009
    • Internaute 30836

    Frédéric Bozo vitrifie les affirmation légères de M.Haski. Au fond son article témoigne bien de l’anti-mitterrandisme pavlovien de la gauche rocardienne et de ses affidés germanophiles ; toujours prêts à affirmer qu’il ne faut pas culpabiliser l’Allemange de peur d’ébranler ce cercueil vide qu’est le partenariat franco-allemand, mais ne loupant jamais une occasion de culpabiliser la France, de la rabaisser, lui reprochant de ne pas faire comme l’Allemagne. Un peu de factuel fait du bien de temps en temps.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 10h39 le 05/10/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Quoi ? Mitterand était déjà ministre de la culture à cette époque ?

    Ha non, l’autre, le pas connu, celui qui était déjà là du temps de la 3ème république.
    Le pauvre, enterré depuis un siècle, mais on continue à le vendre à toutes les sauces.

  • JadotA
    JadotA
    stable
    • Posté à 16h45 le 05/10/2009
    • Internaute 76382
      stable

    Une autre ambiguïté, vécue celle-là.

    Juste après la chute du Mur, panique à l’Élysée, la guerre froide avait ses bons côtés, les réactions étaient relativement prévisibles, Mitterand, par l’entremise de Lang décida en une semaine de monter un gros coup de comm’ culturel : inviter 200 jeunes artistes de RDA (inconnus) en France, à la grande halle de la Villette pour une prestigieuse présentation. Une logistique monstre pour ces « sans-papiers’, autorisations, passeports, visas, argent de poche, assurance, réservation vol, séjour, 5 jours à Paris, dont trois d’expo, concerts, lectures, BD, mode, etc… même une visite à l’Elysée (de tata Danielle) pour une cinquantaine d’entre eux…

    Visions surréalistes de rockers du block en cuir et charpies, avec clous, métal, chaînes, sachet plastic Aldi et d’humbles tâcherons dans les ors et velours de l’Élysée... Vertige ! Les bottes qui s’engoncent dans la moquette, premier Champagne décadent sans broncher, nulle critique, nulle jalousie, leur rage de vivre au vestiaire… Leurs yeux effarés devant le s mets du buffet qu’ils choisissaient suivant la couleur… Les laquais rigolards mais classe qui expliquaient que ça c’était du saumon et ça un sorbet fraise, qu’une autre coupelle serait judicieuse… et puis bon s’ils voulaient manger cela ensemble, voilà, bon appétit, Mademoiselle !

    Je me souviens de la pyramide de fromages, un mètre de haut et de base, 80 variétés… dévastée en quelques minutes…

    Des prestations dingues, car pour la plupart c’est la première reconnaissance artistique et paf, le zénith ! donc la foi aux tripes… des sons hard… genre 70, Gene Vincent, les Stones, amplis soudés… du rythme fait main avec les pieds… Ah Tatjana, la lionne d’enfer… plus elle braillait, plus ils craquaient, les mâles en mal de fleurs…

    Néanmoins le but du Sphinx était politique. Choisir une Allemagne mais laquelle ? La position de Mitterand (Randmitte) était inscrite dans le titre : “ EST OU EST ”

  • jivé13
    jivé13
    salarié comme plus de 90%des (...)
    • Posté à 14h19 le 07/10/2009
    • Internaute 52558
      salarié comme plus de 90%des (...)

    Face au concours d’érudition auquel se livrent quelques riverains, que je remercie au passage (notamment Mandrin pour ses rappels sur les 2 livres de Péan que j’ai lus aussi),je ne comptais pas intervenir.
    Et pourtant, beaucoup ne traitent pas vraiment de l’article de Bozo.
    Comme j’ai un âge qui m’a permis d’entendre et de lire à l’époque les discours de Mitterand, j’en garde le souvenir qu’il considérait la réunification de l’Allemagne comme légitime et qu’il le disait.
    Normalement ça devrait suffire !

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