La « voiture verte » polluera encore, mais pas pareil
Le gouvernement a sorti l’artillerie lourde en annonçant un grand plan « pour les véhicules hybrides et électriques rechargeables » avec un objectif de voir 2 millions de ces voitures rouler d’ici 2020.
Après le coup de gueule d’Alain Juppé sur le retard français sur la voiture propre, le débat a été riche sur Rue89, beaucoup de riverains craignant que ces nouveaux véhicules ne fassent que déplacer le problème de la pollution, sans y mettre réellement un terme. Pour Jesuistresjoueur, « l’électricité n’est pas la panacée » :
« La voiture propre, ça n’existe pas ! Vous m’expliquerez comment recycler les merveilleuses batteries nécessaires. Quant à la pile à combustible, elle rejette de la vapeur d’eau, soit le plus gros gaz à effet de serre ! »
Une solution gourmande en énergie électrique
Nombreux sont ceux pour qui la voiture ne peut par définition être « propre », c’est même un oxymore, estime Déluge. La voiture électrique présente certes l’avantage de ne rejeter aucun gaz dans l’atmosphère, d’être silencieuse et (bientôt) autonome sur des distances courantes. Mais fabriquée à grande échelle, elle nécessiterait un approvisionnement en énergie considérable.
Umff tente ce petit calcul :
« La consommation des transports (en 2003) était de 54 millions de tonnes équivalent pétrole (1 tonne équivalent pétrole = 11.600 kWh), soit, à énergie finale constante, environ 600 TWh (1 Twh = 1 milliard de kWh).
La chaine électrique étant deux à trois fois plus efficace que le moteur à essence, il nous faudrait de 200 à 300 TWh pour électrifier 30 millions de voitures. Soit de 40% à 60% de la production électrique française actuelle. »
Pas assez de lithium pour produire les batteries nécessaires
Pour éviter de passer par la case Total, il faudra donc inévitablement passer par celle d’EDF... Donc par l’énergie nucléaire, productrice de déchets à très long terme.
Autre problème, celui des matériaux. ljos s’inquiète du fait que « la terre ne possède pas suffisamment de lithium pour alimenter des millions de voitures Tesla », prenant l’exemple de ce petit bolide américain dont l’argument de vente est la propreté.
Il faut ajouter à cela le problème du recyclage de ces batteries lithium-ion, qui requièrent l’utilisation de produits chimiques eux-aussi très polluants. Morale de l’histoire : pour sauver le ciel du réchauffement de la planète, il faudrait sacrifier le sol en y stockant tous les déchets.
La voiture du futur se conduit à plusieurs
Seule solution, selon le groupe Chronos, un cabinet d’études spécialiste de la question : repenser modes de transports en profondeur en abandonnant l’idée que chaque particulier doit avoir sa propre voiture.
« La voiture électrique est aussi un levier pour développer d’autres modèles de mobilités tels que les voitures en partage du type d’Autolib, un transport public de voiture en commun. »
L’Autolib’, qui fonctionne sur le même principe que le Vélib’ parisien, est déjà en marche à Lyon, avec des modèles choisis en fonction de leur faible niveau de rejet de dioxyde de carbone.
Le projet parisien, axé exclusivement sur des véhicules propres, est toujours dans les cartons et dans les petites villes, rien n’indique qu’un tel système puisse être rentable.
« La voiture hybride n’est pas une voiture propre »
Sur la question des voitures hybrides, en revanche, les commentaires sont plutôt unanimes. Déjà cité plus haut, ljos dénonce leurs faibles performances comparées à d’autres modèles à essence : « Certains voiture non hybride rejettent moins de CO2 que des hybirdes... »
Beaucoup d’entre vous voient dans la Prius l’alibi écolo du fabricant de 4x4 Toyota. Devin estime que le constructeur japonais a très bien réussi son coup puisqu’ils « vendent toujours beaucoup de tout-terrain, mais tout le monde l’a oublié ».
Faut-il enfin rappeler que ce modèle, certes encore peu vendu à grande échelle, coûte au minimum 26 000 euros ? Pour le même Devin, cette question est un des nerfs de la guerre :
« Il est clair qu’avec la montée en cadence les prix vont diminuer, comme pour toute technologie nouvelle. Mais il faut aussi des incitations fiscales pour amorcer la pompe, sinon ça ne prendra jamais. C’est bien pour cela que le gouvernement a voté une subvention de 5000 euros aux voitures électriques. »
Une façon d’habituer les consommateurs à l’après-pétrole... mais pas à l’après-voiture.
- Sur Rue89La voiture propre, histoire d'un fiasco français
- Sur Rue89Le ras-le-bol des écolos face aux pubs pour les voitures « vertes »
- Sur asso.frLe dossier de FNE "la voiture propre n'existe pas"
- Sur gouv.frLe plan plan national pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables 1er octobrenational pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables
- 26288 visites
- 168 réactions















22








Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
Jusqu’à preuve du contraire une voiture électrique sera plus propre qu’une voiture à explosion. Nous sommes d’accord ou pas ? A analyse comparable bien sûr. Mais est-elle la panacée ? non. On peut penser au véhicule à air ou à eau par exemple qui polluerait encore moins.
Mais le véhicule électrique c’est une étape industrielle importante en permettant de redistribuer des emplois industriels dans une autre filière avec peu de formation complémentaire. Autrement dit ce serait un vrai sauvetage de notre industrie automobile.
Sur les batteries on commence à faire des progrès et ce qui est valable aujourd’hui ne sera pas valable demain. Et puis l’on peut développer dans le même temps une filière de récupération de Lithium avant que l’on trouve de meilleurs composants.
Enfin on nous met la production d’électricité comme frein. Mais le véhicule électrique doit s’inscrire dans une volonté écologique de développement énergétique. Il doit en être un outil pas le but ultime. Dans le même temps il faudra développer massivement les énergies renouvelables qui sont bien faibles en France alors que nous sommes un pays exportateur d’électricité je le rappelle.
Donc le véhicule électrique n’est pas la panacée mais il est une étape importante et réduira quand même énormément de nuisances pour la collectivité comme le bruit, la pollution de l’air. Et l’installation de bornes électriques fournira aussi du boulot. C’est une gigantesque source d’emplois en perspective et elle devra s’accompagner d’une politique sociale et solidaire. Tout se tient et tout doit aller ensemble. C’est à un vrai changement de société auquel on doit se préparer.




Partager