Emery, le prince du cannabis, se rend à la justice canadienne
C’est peut-être la fin de l’une des plus grandes sagas de la marijuana. Marc Emery, autoproclamé « prince du pot » (l’herbe en américain) a accepté lundi de se rendre aux autorités canadiennes et de plaider coupable pour avoir vendu des graines de cannabis à des citoyens américains via Internet.
Suite à une entente entre avocats, il devra purger une peine de cinq ans de prison aux Etats-Unis. Il devrait être remis aux autorités de l’Etat de Washington d’ici un mois mais espère encore éviter l’extradition et bénéficier rapidement d’une libération conditionnelle, en vertu d’un accord entre les deux pays.
Lundi matin, devant sa femme et ses partisans réunis face à la cour suprême de
Colombie britannique, Marc Emery a à nouveau dénoncé la « prohibition
diabolique », encouragent ses amis à « planter les graines de la justice » :
« Les graines que je vends sont en vente aux Etats-Unis. Il y a une terrible hypocrise là-dedans. Je n’ai pas fait une seule victime. Personne ne peut dire : “Marc Emery m’a fait du mal.” Personne. Les politiciens qui défendent mon extradition soutiennent le crime organisé. » (Voir la vidéo, en anglais)
Marc Emery avait été arrêté par la police candienne en juillet 2005 avec deux de ses associés à la demande de la DEA (la brigade des stups américaine), qui l’accuse d’avoir vendu sur le Net l’équivalent de 3 millions de dollars de graines de marijuana chaque année à des citoyens américains et de blanchir l’argent de la drogue.
Libéré sous caution, il avait par la suite mené une bataille juridique hautement médiatique de quatre ans pour éviter l’extradition. Marc Emery, qui risquait au total 50 ans de prison s’il était allé au procès, a finalement accepté de plaider coupable de la seule charge de « complot en vue de produire de la marijuana ».
Leader du Parti marijuana et financier du mouvement antiprohibition
Figure de proue et financier du mouvement canadien pour la légalisation du cannabis depuis vingt ans, Marc Emery, 51 ans, possède le magazine, le site et la chaine de magasin Cannabis culture, où l’on vend des graines de la célèbre BC Bud, considérée comme l’une des meilleures (ou en tous cas des plus fortes) herbes du monde.
Extrêmement riche, excentrique multipliant les provocations (comme de fumer régulièrement du cannabis en public ou devant les caméras), il s’est présenté à plusieurs reprises à des élections, notamment pour la mairie de Vancouver, sous l’étiquette du Parti marijuana du Canada. Il avait auparavant milité au sein du parti libertaire canadien.
Se définissant comme le premier « martyr du cannabis », il avait entamé une tournée dans 30 villes du Canada pour rallier des soutiens à sa cause. (Voir la vidéo, en anglais)
Déjà été arrêté à 23 reprises, il a été emprisonné 18 fois, dont une fois pour trois mois. En 1998, il avait été condamné à 2000 dollars canadiens d’amende pour la vente de graines, la justice canadienne ne considérant pas cette activité comme un délit majeur.
Le Canada, et la Colombie britannique en particulier (Vancouver est surnommé « Vansterdam »), est en effet l’un des pays les plus tolérants en matière de cannabis. A plusieurs reprises, des propositions de loi visant à dépénaliser la consommation y ont été étudiées, mais ces projets avaient, notamment, achoppé en raison des pressions du voisin américain.
Voici l’ultime vidéo que Marc Emery a enregistré pour ses soutiens, la veille de sa rédition. (En anglais)
- Sur Rue89Cannabis thérapeutique : l'Etat canadien est un dealer gourmand
- Sur Rue89Les cabanes du Canada pâtissent du cannabis
- Sur Rue89Au Canada, Dieu ne fume pas que des Havanes
- Sur cannaweed.comLiberté pour Marc Emery, un texte du Circ français
- Sur cannaweed.comMarc Emery éviterait la déportation, sur Radio-Canada
- Sur thestar.comPrince of Pot heads to joint in U.S., the Star
- Sur cannabisculture.comLe site Cannabis culture
- Sur cannabisculture.comTous les articles sur la rédition de Marc Emery (en anglais)
- La page Wikipedia sur Marc Emery
- 17760 visites
- 53 réactions















Gabriel Nadeau-Dubois, talentueux porte-parole des étudiants québécois 








Je connais des gens à Vancouver qui vont bien râler
Lien
Font chier. Qu’ils aillent courir après les voleurs…
Paul Laurendeau




Partager