27/09/2009 à 10h50

Quand Mao était le demi-dieu d'une Chine envoutée

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

A trois jours des soixante ans de la naissance de la République populaire, zoom sur le culte encore voué à Mao Zedong.


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Il y a un mystère Mao. Alors que la Chine célèbre le premier octobre le soixantième anniversaire du jour où Mao Zedong, de la terrrasse de la Porte de la paix céleste à Pékin, a proclamé la naissance de la République populaire, l’ampleur du culte dont a fait l’objet le « père » de la Chine communiste continue de fasciner et de surprendre (voir ces quelques secondes filmées le 1er octobre 1949).


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Un livre tout simplement intitulé « Le Mao », richement illustré et commenté, tente de montrer et de décrypter ce phénomène inégalé de culte de la personnalité au XXe siècle qui a entouré le Grand timonier, et qui continue à marquer la Chine d’aujourd’hui. Les auteurs : Claude Hudelot, écrivain et diplomate, passionné de Chine et grand collectionneur d’icones maoïstes, et Guy Gallice, artiste et photographe, lui aussi familier de l’empire du milieu.

Le livre est d’abord riche de ses illustrations : des centaines d’images de ces objets produits en série par la machine de propagande maoïste, badges, figurines en porcelaine, affiches, bouteilles de parfum, éventails, tasses en métal ou casquettes. Jamais sans doute la production de masse n’a ainsi été mise au service de l’image d’un seul homme, jamais ces objets n’ont à ce point pénétré la vie quotidienne de tout un peuple voué au culte d’un demi-dieu.

Claude Hudelot raconte pour Rue89 (Claude est un ami de mes années chinoises) sa découverte de la Chine des années Mao, dès 1964, et sa passion pour la Chine à laquelle il consacrera une bonne partie de sa vie professionnelle, notamment comme attaché culturel français à Pékin et Shanghai, à deux époques différentes. Une passion pour la Chine plus que pour Mao puisque, comme il l’explique ici, il a été influencé par Simon Leys, alias Pierre Ryckmans, le pourfendeur du Mao de la révolution clturelle, lorsque de nombreux intellectuels français étaient sous le charme des sirènes de Pékin... (Ecouter le son)

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Depuis les années 80, Claude Hudelot collectionne ces objets du culte maoïste, qui inondaient alors les marchés des villes chinoises au lendemain de la mort du Grand timonier. Il en possède littéralement des milliers, qui forment la trame de ce livre. Fascination malsaine ? Claude Hudelot a-t-il sombré malgré lui dans le culte de la personnalité de cet homme qui conduisit le destin des 700 millions de Chinois que chantait Jacques Dutronc ? Nous lui avons posé la question...

Il explique en quoi Mao est à la fois un « génie » et un « stratège », mais aussi l’homme qui a « bousillé la Chine » : (Ecouter le son)

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Hudelot3.mp3

Dans « Le Mao », les illustrations sont accompagnées d’un important appareil éditorial de décryptage du phénomène du culte de la personnalité, des personnages-clé de ce culte, comme le journaliste américain Edgar Snow ou les photographes dont les clichés ont servi de base à la fabrication des icones.

Mais les Chinois d’aujourd’hui sont largement tenus dans l’ignorance des outrances fatales de leur passé récent, comme l’explique Claude Hudelot. Deng Xiaoping, le successeur de Mao, a renoncé, à la fin des années 70, à « démaoïser » la Chine comme il y avait eu une « destalinisation » sous Khrouchtchev en URSS. Dès lors, le jugement du parti communiste (« Mao, c’est 70% de bon, 30% de mauvais ») suffit à clore le débat pour les générations futures.

Lire la suite : Mao, alibi révolutionnaire de la Chine moderne


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Mao Zedong reste donc l’alibi révolutionnaire d’une Chine qui a résolument tourné le dos à tout ce que professait le fondateur de la République populaire : en particulier dans le domaine économique où la planification et l’égalitarisme forcené ont cédé la place à un capitalisme d’Etat doublé d’un secteur privé digne du Far West, et d’un creusement des inégalités sociales qui figurent parmi les plus fortes au monde.

Mais surtout, l’enseignement manipulé de l’histoire officielle en Chine fait que tout Chinois en dessous de 40 ans ignore largement les millions de morts du Grand bond en avant, les horreurs de la Révolution culturelle, et les désastres économiques engendrés par l’application des préceptes du Grand timonier.

La logique est évidente, surtout au moment où ils célèbrent les soixante ans de la République populaire : les dirigeants actuels ont d’abord comme véritable légitimité le fait d’être les lointains héritiers des pères fondateurs, et donc ceux-ci doivent continuer à être glorifiés. Un débat historique sur la place de Mao dans l’histoire n’est pas souhaitable.

Plus surprenante est l’indulgence internationale vis-à-vis du personnage de Mao : bien que l’information soit disponible, il n’a pas été totalement discrédité comme l’ont été les autres grands dictateurs du XXe siècle. La faute à Andy Warhol, qui, en faisant du Grand timonier un personnage central de la pop culture au même titre que Marylin Monroe et la boîte de soupe Campbell, l’a rangé du côté sympathique de l’histoire ? Claude Hudelot analyse ce phénomène : (Ecouter le son)

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Hudelot4.mp3

Les Parisiens ont pu (re)voir récemment la série des Mao de Warhol lors de la grande rétrospective du Grand Palais, où a été prise la photo ci-dessous.


Mao par Warhol au Grand Palais, 2009 (P. Haski/Rue89)

Pour ceux qui voudraient aller plus loin, un autre livre exceptionnel vient d’être publié en traduction française : « La Dernière révolution de Mao - Histoire de la Révolution culturelle 1966-1976 », écrit par deux éminents sinologues, l’Américain Roderick MacFarquhar, et le Suédois Michael Schoenhals. Les deux hommes ont revisité la Révolution culturelle à la lumière des témoignages individuels et de documents qui émergent avec le temps, et qui permettent de raconter à nouveau cet épisode central de l’épopée maoïste, « un tournant, la décennie décisive d’un demi-siècle de régime communiste en Chine ».

Une histoire centrée autour du personnage de Mao Zedong, de ses jeux de pouvoir, de ses lubies et de ses obsessions. Le livre s’ouvre d’ailleurs sur une de ses citations terrifiantes, qui remonte à 1958 :

« Les 600 millions d’habitants de la Chine ont deux particularités remarquables : premièrement ils sont pauvres, et, deuxièmement, ils forment une page blanche. Cela pourrait paraître regrettable, mais en vérité c’est une bonne chose. Les gens pauvres veulent le changement, ils veulent faire des choses, ils veulent la révolution. Une page blanche n’a aucune tache, on peut y peindre les images les plus nouvelles et les plus belles. »

Ces images, celles qui figurent dans « Le Mao » notamment, sont le reflet d’un passé qui laisse des traces durables. Un passé que les Chinois tentent de glisser sous le tapis en n’en conservant que des rêves de grandeur qui sont en train de se réaliser. Tant pis pour les victimes.

Le Mao - Guy Gallice et Claude Hudelot - éd. du Rouergue - 472 p., 52€.
La dernière révolution de Mao - Roderick MacFarquhar et Michael Schoenhals - Gallimard - 808 p., 35€.

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  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h05 le 27/09/2009
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Un culte pareil, ça doit en faire baver plus d’un, en France. Imaginez, un jour, les Français se baladant à vélo avec des chemises à col Nico...

    • A déménagé le 13-10-2012 2
      A déménagé le 13-10-2012 2 répond à Majesté
      non connue
      • Posté à 11h49 le 27/09/2009
      • Internaute 85164
        non connue

      Des talonnettes Nico vous voulez dire ? ? ?

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à Majesté
      • Posté à 13h04 le 27/09/2009
      • Internaute 12674

      Mao est encore aimé, mais dans une perspective plus moderne. Un petit exemple :

      Lien

      Je respecte cela.
      Paul Laurendeau

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 11h11 le 27/09/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    « Quand Mao était le demi-dieu d’une Chine envoutée », il l’était également pour bon nombre d’intellectuels français.

    Parmis lesquels on trouve en bonne place, André Glucksman, Denis Kessler, Jean François Revel (décédé aujourd’hui).

    Autant de penseurs qui ont manifestés toute leur vie une propension interressante à toujours se trouver quoiqu’ils prétendent, du coté de la justification des totalitarismes, politiques hier, économiques aujourd’hui.

    • Philippe Mahieu de Warelles
      • Posté à 11h22 le 27/09/2009
      • Internaute 18856
        La Rochelle

      Tu oublies le psy des média, Miller ! ! et tant d’autres ! !

      Il faudra un jour faire le bilan des dégâts causé par ce tyran au delà de son propre pays !

      • Les Grands Champs
        Les Grands Champs répond à Philippe Mahieu de Warelles
        Retraité, le doigt là où ça (...)
        • Posté à 12h56 le 27/09/2009
        • Internaute 61722
          Retraité, le doigt là où ça (...)

        Miler le revendique encore !
        Et il en est fière le bougre.
        Peut-être que son 2 roues (puisqu’il dit ce déplacer comme ça) est de couleur rouge en souvenir du petit livre ?

    • ESTEVE
      • Posté à 11h52 le 27/09/2009
      • Internaute 23620

      Je suis très surpris de cette mise en cause de Jean-François REVEL ! Pouvez-vous éclairer notre lanterne : dans quel ouvrage ? Dans quelle déclaration ?
      Je trouve qu’il y a eu en France suffisamment de prosélytes du Maoïsme dans les années 70, qui aujourd’hui paradent toujours sur les plateaux de télévision et ne sont guère accablés de honte, pour ne pas en rajouter.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à ESTEVE
        menuisier
        • Posté à 12h23 le 27/09/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        Ecoutez, le nom de Revel m’est venu aussi naturellement que celui de Kessler et Glucksman (je connaissais le passé de Miller, mais qui se soucie de ce que pense Miller ?) dans ma liste des penseurs qui furent communistes (ou mao) et qui virèrent libéraux/atlantistes.

        Et là, après une recherche rapide suite à votre remarque, je ne trouve rien accréditant ce parcours pour Revel.

        Il me semble pourtant avoir lu quelque chose là dessus dans le livre de Bourseiller sur l’extrême gauche en France.
        Je vais essayer de creuser...

        EDIT : Vous aviez parfaitement raison.

        J’ai confondu (le physique peut être.. ?) Revel avec Alexandre Adler.

        Toutes mes confuses et un pan sur le bec comme on dit. : -)

         
        • Les Grands Champs
          Les Grands Champs répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          Retraité, le doigt là où ça (...)
          • Posté à 12h57 le 27/09/2009
          • Internaute 61722
            Retraité, le doigt là où ça (...)

          Nul n’est parfait, SAUF dieu ET les imbéciles !

        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 13h23 le 27/09/2009
          • Internaute 41144

          Merci pour cette mise au point : j’avais également tiqué en voyant Revel classé parmi les anciens maoïstes. C’était un ancien socialiste, ce qui n’est pas du tout la même chose. Mais vous faites encore erreur : Adler n’a pas plus été maoïste que Revel - il était au PCF, qui n’était pas spécialement. tendre avec Mao.

          On ne peut pas faire l’amalgame entre les anciens membres du PC et les anciens maoïstes : les cocos étaient largement plus sains d’esprit que les « maos », qui étaient des fous furieux.

          Par ailleurs, je ne comprends pas que vous attaquiez ces personnes sur leur évolution politique au cours de leur vie - j’ai tendance à penser qu’elle est tout à leur honneur, au contraire. Ces intellectuels brillants (je ne parle évidemment pas de Miller !) sont passés de l’idéalisme au réalisme, quand ils se sont aperçus de ce que donnait leur « idéal » dans le concret - « idéal » qu’il n’est pas illégitime ni incompréhensible d’embrasser à vingt ans.

          Ce qui est triste et condamnable, à mon avis, ce ne sont pas les gens qui au fil du temps réfléchissent et tirent les leçons de leurs expériences, mais ceux qui restent figés dans un dogmatisme rigide (et effrayant) quoi qu’il arrive - comme Badiou.

          • Anomie
            • Posté à 13h59 le 27/09/2009
            • Internaute 84361
              Vivant

            Badiou fait plus parti des « gens qui au fil du temps réfléchissent et tirent les leçons de leurs expériences »

            Sauf si pour vous cela veut dire craché sur son passé ...
            Il y a beaucoup de philosophes sur Rue89 !

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 15h10 le 27/09/2009
              • Internaute 41144

              Badiou n’a tiré aucune leçon de rien du tout, il continue envers et contre tout à faire l’éloge de la Révolution Culturelle. C’est un vieillard au dogmatisme effrayant et rigide qui ferait passer Robespierre pour un enfant de choeur si par malheur ses idées arrivaient au pouvoir - ce serait Pol Pot 2, le retour.

              S’apercevoir qu’on s’est lourdement trompé dans la fougue et l’idéalisme de la jeunesse, parce que ce qu’on croyait un « idéal » voué au bonheur de l’humanité se révèle une machine à détruire, à enfermer et à massacrer, ce n’est pas « cracher sur son passé » - c’est tout simplement tirer les leçons de l’expérience.

              • chengyang
                • Posté à 22h32 le 27/09/2009
                • Internaute 38622

                C’est une INFAMIE d’associer Pol Pot à Robespierre ou à Badiou ! Vous êtes l’illustration de l’esprit de révisionnisme historique qui règne malheureusement chez beaucoup de personnes ici.

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 00h04 le 28/09/2009
                  • Internaute 41144

                  I love you too...

                  J’aurais pu également citer Tamerlan pour illustrer ce qu’est un boucher massacreur, mais j’ai préféré choisir un exemple français (relativement) récent et un exemple contemporain, exemple d’autant plus légitime que Badiou avait beaucoup d’admiration pour lui...

                  • chengyang
                    • Posté à 13h58 le 28/09/2009
                    • Internaute 38622

                    Justement, comparaison n’est pas raison : ni Badiou, ni Robespierre ne méritent cette appellation infamante de « boucher massacreur » !
                    Le premier est en effet un intellectuel qui a la faiblesse de penser que le marxisme est une philosophie politique qui peut encore aider à comprendre le monde, le second est un homme politique qui EN DERNIER RECOURS a utilisé la violence politique afin de sauver la révolution française menacée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

          • Tokani
            • Posté à 17h42 le 27/09/2009
            • Internaute 71184
              Oldmole

            Communisme et fascisme ayant la même origine matricielle on retrouve en chacun la même disposition à se fantasmer des ennemis imaginaire et la même propention à les génocider .
            Relire Nolte ou Furet ?

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 22h10 le 27/09/2009
            • Internaute 29846
              menuisier

            En même temps, mao ou PCF, entre les années 45/70 EN FRANCE, ça ne fait pas une grosse différence, au regard du bilan vu depuis 2009.

            Staliniens, maoïstes, suiveurs du kampuchéa, si maintenant ils se retrouvent dans les Think Tank des Républicains ou de Saint Simon...

    • Piedo
      • Posté à 12h24 le 27/09/2009
      • Internaute 43246
        Assis

      Revel, maoïste ? Pour le coup, je pense que vous faites fausse route...

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 00h53 le 28/09/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Déluge : Et je crois qu’on a bien tort de voir Mao qui s’estompe dans le passé... Plus je vois l’évolution de l’Occident et de notre démocratie, moins je suis convaincu que le temps travaille pour nous.

      Lien

      Pierre JC Allard

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 11h35 le 27/09/2009
    • Internaute 55044
      trouveur

    Merci pour votre article.
    Mao 70 % de bon, 30% de mauvais.
    Les chinois semblent être des gens particulièrement lucides.
    Rien n’est tout blanc ou tout noir, il y a forcément du gris. La balance penche du coté positif. Respect du grand timonier.
    Vous indiquez que l’écart a terriblement augmenté entre les classes riches et les pauvres. Ce n’est pas forcément dramatique, si le déplacement moyen s’améliore. Les pauvres, un peu moins pauvres ; Les riches, beaucoup plus riches. L’argent crée de l’argent. « L’effet boule de neige devient dommageable lorsque l’avalanche arrive ou lorsque la neige vient à manquer... ! »
    Je ne serais pas étonné que cela soit un proverbe Chinois. Hi...hi...hi !

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 13h26 le 27/09/2009
      • Internaute 41144

      « Rien n’est tout blanc ou tout noir, il y a forcément du gris. La balance penche du coté positif. Respect du grand timonier. »

      Ouahhh ! ! ! Les dizaines de millions de morts de la Révolution Culturelle doivent se retourner dans leur tombe ! « Bilan globalement positif », comme disait l’autre. Et pour Hitler, la balance penche de quel côté ? Il a construit de belles autoroutes en Allemagne, vous savez...

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 03h46 le 28/09/2009
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ Beatrice ; Le bilan de Gaulle n’est-il pas positif, même si quelques harkis doivent - a raison - se retourner dans leur tombe ?

        PJCA

      • LienRag
        • Posté à 10h43 le 29/09/2009
        • Internaute 34767

        Vous contribuez à donner raison à Badiou quand il montre à quelle déchéance de la pensée revient le fait de remplacer la politique par la morale...

  • Machiavel
    Machiavel
    voisin oisif
    • Posté à 16h41 le 27/09/2009
    • Internaute 21001
      voisin oisif
  • Kereven
    • Posté à 11h37 le 27/09/2009
    • Internaute 29900

    Mao a surtout été l’homme qui a rendu à la Chine son Empire, non pas coloniale, mais politique. Depuis le début du XX siècle et le dernier empereur, la Chine n’était plus, du moins plus cet Etat puissant et craint qu’elle avait toujours été. Jusqu’ici, chaque peuple qui avait renversé une dynastie et pris le pouvoir s’était sinisé au point d’être plus chinois qu’un Han (ethnie majoritaire). En prenant le pouvoir, suite à la longue marche et à la fin de la domination japonaise, le pire ennemi, Mao a réintroduit l’Empire, l’administration, la puissance chinoise. En cela il est un demi dieu, fascinant et inaccessible.
    C’est une fois au pouvoir qu’il a montré des signes importants de délires paranoïaques et d’incompétence. La Révolution Culturelle, si elle avait pour but de ramener sur terre une élite qui vivait dans un autre monde a été une catastrophe sans précédent. Premièrement ce ne sont pas les bonnes « élites » qui en ont été victimes, mais de plus les décisions associées ont ruiné le quotidien chinois, économiquement, socialement et humainement.
    Il fut un grand stratège, un grand militaire, mais un minable politique.

  • lavoine
    lavoine
    région parisienne
    • Posté à 11h46 le 27/09/2009
    • Internaute 27439
      région parisienne

    La nostalgie n’est plus ce qu’elle était. Et ceux des intellectuels qui naguère ne tarissaient pas d’éloges pour la Chine nouvelle, la Chine de Mao, un modèle que leur activisme forcené voulait imposer à nos sociétés, au monde occidental, sont les mêmes aujourd’hui , reconvertis dans l’establishment libéral voire ultra-libéral, qui, au nom des droits de l’hommisme et d’une écologie planétaire ayatollesque ,passant allègrement d’un totalitarisme à l’autre avec la conscience si tranquille qu’ils s’imaginent incarner la conscience universelle,tentent d’imposer, avec plus ou moins de succès, partout en France et ailleurs une autre forme de dictature intellectuelle. En cela je rejoins le message de Déluge.

    • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
      • Posté à 20h06 le 27/09/2009
      • Internaute 22426
        ....

      je suis assez d’accord avevc vous mais je trouve que mettre sur le meme plan le totalitarisme de mao et « l’establishment libéral » c’est un peu fort de café ! ! ! ! le libéralisme économique a contribué a la création dune école publique (besoin dune main doeuvre qualifiée), a l’émancipation des femmes (le sexe dun agent économique ne compte pas) etc. Sans régulation, ce système peut se révéler pas aussi bon qu’on l’escomptait, mais disons qu’il est parmi les moins mauvais. D’autre part, entre libéralisme économique et mao je signe pour le premier.

  • manusan
    • Posté à 11h50 le 27/09/2009
    • Internaute 40431

    « Mao, c’est 70% de bon, 30% de mauvais »

    Un paysan en 62 avait répondu aux cadres du PCC : « la famine c’est 70% la sècheresse, 30% cause humaine », on garda l’expression. Cette année là, la mare du village était pleine.

    Depuis on répète l’expression, mais on oublie l’essentiel, l’eau ne manquait pas.

    Au fait, Mao, s’il était là, il en penserait quoi de la Chine et de la révolution prolétarienne aujourd’hui ?

  • brawd
    brawd
    contemplateur
    • Posté à 12h00 le 27/09/2009
    • Internaute 89491
      contemplateur

    Le culte de la personnalité n’est pas une spécificité communiste qui bien qu’avec Mao, Staline, Tito (Yougoslavie), Enver Hoxha (Albanie), Castro, Kim Jong II (Corée du Nord), n’a rien à envier aux dictatures d’extrêmes droites qui ont elles aussi fait l’objet des mêmes cultes avec Franco, Hitler ou Mussolini.
    La fascination de certains intellectuels pour ces fortes personnalités est déroutante, voir inquiétante. De par leur aveuglement quasi religieux, ils subjuguent voir formatent des générations complètes de citoyens en manque de repères
    L’homme providentiel n’existe pas, le sauveur de la nation, de l’Etat, l’Histoire en regorge, les cimetières sont remplis des dommages qu’ils ont causés à leurs peuples et aux autres.
    La démocratie est précieuse, il faut la protéger des batteleurs du « moi » et du « je »

    • Laurent-Weppe
      Laurent-Weppe répond à brawd
      • Posté à 19h31 le 27/09/2009
      • Internaute 32921

      Déroutante ? La fascination de certains intellectuels pour les tyrans est un grand classique : avant Mao, et avant les « guides de la nation », il y eu les despotes éclairés, et avant les despotes éclairés, il y eu les rois philosophes chers à Platon.

    • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
      • Posté à 20h07 le 27/09/2009
      • Internaute 22426
        ....

      les foules aussi furent fascinées, tout autant que certains intellectuels ! ! ! !

  • A déménagé le 13-9 2
    A déménagé le 13-9 2
    Poète disparu..
    • Posté à 12h35 le 27/09/2009
    • Internaute 81138
      Poète disparu..

    J’ai rencontrée une chinoise de 22 ans sur le web.

    Après plusieurs discussions, il s’avère qu’elle ne se doute pas de la censure en chine. Elle ignore les massacres perpétrés au Tibet par les communistes,... Toute une face de l’histoire chinoise qui lui est inconnue.

    • Majesté
      Majesté répond à A déménagé le 13-9 2
      On respire enfin
      • Posté à 13h04 le 27/09/2009
      • Internaute 77564
        On respire enfin

      Mais ce n’est pas propre à la Chine. Pouvons-nous affirmer, sans rougir, que nous vivons dans un système parfaitement démocratique et entièrement transparent ?

      N’y a-t-il pas aussi, chez nous, des secrets d’Etat auxquels il est déconseillé de s’intéresser de trop près ?

      Quant à l’histoire des pays occidentaux, est-elle toujours enseignée dans le respect total de l’objectivité historique ?

      Il suffit de penser à la manière dont les Etats-Unis ou le japon considèrent leur propre histoire (par rapport à l’esclavage et aux Indiens, ou aux massacres de Nankin et aux femmes de réconfort coréennes), ou la manière un peu simpliste dont l’Allemagne a été considérée au sortir des deux guerres mondiales, alors que le contexte global était bien plus nuancé que la lutte du Bien contre le Mal.

      Bien sûr, nous n’avons pas connu les grands massacres comme dans ces pays-là (quoique, il n’y a pas si longtemps, à deux pas de chez nous...), et un contexte n’est pas l’autre. Mais de là à croire que tout est rose chez nous...

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 15h01 le 27/09/2009
        • Internaute 41144

        « Pouvons-nous affirmer, sans rougir, que nous vivons dans un système parfaitement démocratique et entièrement transparent ? »

        Quelle comparaison scandaleuse ! Oui, on le peut : les Chinois n’auraient rien su de la « blague » d’un Hortefeux local, entre mille autres exemples.

        La démocratie, par définition, étant un système humain, n’est pas parfaite, et ne se définit justement pas comme telle - contrairement aux dictatures (comme celle de Mao, par exemple) qui prétendent toujours l’être. La démocratie se définit comme sans cesse perfectible, et c’est à ça que ses institutions travaillent.

        Vous n’avez aucune idée de la façon dont on enseigne l’histoire de l’esclavage et du massacre des Indiens aux Etats-Unis (sans oublier la guerre du Viet-Nam) : c’est en très bonne place dans les programmes scolaires, de fabuleux musées (gratuits) y sont consacrés où défilent toute l’année des centaines de milliers d’élèves encadrés par leurs professeurs. Vous confondez avec l’habitude française de déni de l’histoire... Les Américains sont aussi transparents sur leur histoire que les Allemands, les Français aussi peu (presque) que les Japonais.

        Entre dire que « tout est rose » chez nous et comparer l’information dont nous disposons à celle dont disposent les Chinois, il y a une ligne que vous franchissez sans crainte du ridicule.

         
        • Majesté
          Majesté répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
          On respire enfin
          • Posté à 15h33 le 27/09/2009
          • Internaute 77564
            On respire enfin

          Ah oui, Hortefeux. Ils n’auraient rien su, alors que nous... Et qu’est-ce que ça change ? Il a suscité une vague d’indignation, il a balayé les critiques d’un revers de main cynique, et tous les « camarades » se sont empressés de prendre sa défense, car on ne touche pas à un protégé du petit timonier. Alors oui, nous savons. Et lui, il est toujours là. Si on n’avait rien su, serait-il ailleurs ?

          La démocratie n’est pas parfaite, je vous l’accorde. Pourtant, il semble très mal vu de la critiquer ; -)) Et les institutions travaillent à la rendre perfectible. Effectivement, on voit à quoi les institutions démocratiques travaillent. Surtout en France...

          Vous admettez tout de même que la France et le Japon s’adonnent au déni d’histoire. Ce n’est pas un détail, vous en conviendrez. Quant aux Etats-Unis, après avoir parqué les Indiens dans des réserves et les Noirs dans des ghettos (au sortir des champs de coton), ils parquent à présent leur histoire dans des musées. Pourtant, il y a quelques années, an Afrique du Sud il me semble, ils ont farouchement refusé de reconnaître leur responsabilité par rapport à l’esclavage. Et je suis certain que même Obama n’oserait pas le faire. Vous ne devriez pas mettre les Etats-Unis et l’Allemagne sur le même pied en ce qui concerne leur attitude face à leur histoire. L’Allemagne est sans doute le seul pays qui a osé regarder son passé droit dans les yeux et reconnaître ses responsabilités avec autant de force. Je lui tire mon chapeau.

          Une dictature à une qualité par rapport à une démocratie : elle suscite toujours une résistance. La démocratie, plus finaude, nous endort et nous fait accepter tout (il y a sans doute plus de caméras en Grande-Bretagne qu’en ex-RDA...), sans que nous y trouvions beaucoup à redire. Nous restons même convaincus qu’il ne peut exister aucun autre système aussi grandiose, et nous le défendons avec acharnement. Au moins, ça économise les chars, vu que nous nous chargeons nous- mêmes de protéger le système.

          Si vous restez persuadée que vous vivez dans un système parfait, ou à tout le moins perfectible, continuez à rêver. Mais méfiez-vous du réveil.

          Au fait, évitez de galvauder le mot « ridicule ». N’oubliez pas que c’est le seul mot qui relie les extrêmes.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 16h57 le 27/09/2009
            • Internaute 41144

            « Au fait, évitez de galvauder le mot “ ridicule ”. N’oubliez pas que c’est le seul mot qui relie les extrêmes. »

            Je ne le galvaude absolument pas quand je l’emploie à propos de vos interventions, vous venez d’en apporter une preuve supplémentaire.

          • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
            • Posté à 21h04 le 27/09/2009
            • Internaute 22426
              ....

            - quest ce qui vs fait dire que la france n’est pas vraiment une démocratie. le nbre de partis politiques, l’absence de liberté de presse ? Les tortures dans les comissariats ? Les cams « club med » ?

            - au préetxte quil existe des inégalités dans nos démcraties vs décrétez que ns ne sommes pas une démocratie. C’est un peu léger non ? Justement, c’est le relatif rapprochement des nievaux de vie, dans nos sociétés, qui rend l’inégalité et l’injustice si choquante. regardez l’histoire, et comparez au temps présents avec d’autres régimes au lieu de vous bercez d’idées générales, de pureté, d’absolu.

            -Je trouve votre phrase sur la dicature extrememnt choquante. Une dicature n’a pas de qualités. en démcratie il y a des résistances meme si il existe effectivement une propension a la « tyrannie de la majorité ». Et la chute de Nixon, et la résistance d’une partie, aussi infime soit elle, de la société civile lors de l’affaire dreyfus ?

            - béatrice na jamais dit quelle vivait dans un systeme parfait. seulement comme elle est bcp plus percutante que vs dans votre discussion, vs battez en retraite en déformant ses propos histoire de vs remettre en selle. C’est une attitude d’enfant qui rend imposible tte discussion. En fait vs ne voulez pas de discussion, vs etes dans le monologue. En ce sens d’ailleurs cela est inquiétant quant à votre rapport a la démocratie...

        • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
          • Posté à 20h13 le 27/09/2009
          • Internaute 22426
            ....

          tt a fait d’accord béatrice ! ! ! ! comme disait aron, le choix politique nest pas entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable ! ! ! ! et puis, comme disait Churchill, la démocraetie est le pire régime a l’exception de ts les autres ! ! !

          je trouve que bcp de commentaires, en filigrane ou explicitement, flirtent avec lantiaméricanisme et c’est la d’ailleurs une spécificité bien francaise. le commentaire auquel vs répondez si justemment en témoigne.

        5 autres commentaires
  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 12h50 le 27/09/2009
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Je pense moi que le communisme n’est pas à jeter, le marxisme est un outil de compréhension extraordinairement pertinent et toujours d’actualité. Le communisme n’est pas une machine à tuer contrairement à la société libérale qu’on nous impose mondialement

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 13h40 le 27/09/2009
      • Internaute 41144

      Sans blague !

    • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
      • Posté à 20h45 le 27/09/2009
      • Internaute 22426
        ....

      - c’est l’idée de vs vs faites du communisme qui n’est pas une machine a tuer. Ds la réalité HISTORIQUE, les pays se réclamant du communisme ont connu une situation comparable : tarissement de la production (perte de motivation), restriction des libertés (politiques, censure du Parti Unique), reconstruction d’une élite (bureaucratique). Le résultat est objectivement clair : d’une société communiste on a bien plus a craindre que de notre société d’aujourdhui. Et puis, posez vs la question ? pourquoi les ouvriers occidentaux - dont je fais parti tt en étant étudiant - ne sont pas révolutionnaires ? Paarce que ce qu’ils veulent, et c’est légitime, c’est améliorer sans cesse leurs conditions d’existence.

      et puis vos propos sont si généralistes... « l société libérale quon nous impose » (sic). mais la société communiste fut imposée a l’est de l’europe aussi. alors cessez de voir le bien d’un coté, le mal de l’autre. Cessez d’etre naif.

      en quoi la société libérale est elle plus meurtriere que la société communiste, je veux des preuves ? ? ? ? Moi, j’en ai sous la veste : staline, mao, hitler, ca doit etre a eux trois plus de cent millions de mort a l’aise. quelle société libérale, depuis le 20 eme siecle a fait pire ? comment osez aller aussi loin dans la mauvaise foi ?

    • San De-
      San De- répond à Guy Valte
      • Posté à 00h25 le 01/10/2009
      • Internaute 19339

      Mouais, marx ne pèse pas lourd comparé à Polanyi... un peu d’ambitions !

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 13h30 le 27/09/2009
    • Internaute 41144

    « ce phénomène inégalé de culte de la personnalité au XXe siècle qui a entouré le Grand timonier »

    Phénomène largement égalé par le culte de Staline, quand même, voire dans leurs pays respectifs par celui d’Hitler et de Mussolini, sans oublier Nasser, et surtout Che Gevara, l’assassin joli garçon sur les posters et les T-shirts !

    Gérard Mendel en a fait une étude passionnante dans « La Révolte contre le père ».

    • rodikol
      rodikol répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
      dindon de la force
      • Posté à 14h21 le 27/09/2009
      • Internaute 89098
        dindon de la force

      Merci de ne pas mettre Nasser sur le même plan que les autres bouchers. Le panarabisme a fait infiniment moins de dommages que les folies totalitaires qui ont embrasé le funeste XXème siècle.

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 14h58 le 27/09/2009
        • Internaute 41144

        Je n’ai pas voulu le mettre sur le même plan que des bouchers, mais en termes de culte de la personnalité il se posait un peu là aussi. Je pensais par exemple à son enterrement, qui a donné cours à des scènes d’hystérie comparables à celles qui ont eu lieu lors de l’enterrement de Staline ou de Khomeiny... Les dictateurs provoquent ce genre de réaction incontrôlée, due en partie, selon Georges Mendel, à un fort sentiment d’agressivité refoulée de la population.

        Ceci dit, le panarabisme est un fiasco retentissant, qui a plongé les populations dans le désespoir et la misère et ouvert grand la porte aux islamistes.

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