HEC vante ses managers killers décomplexés en dessin animé
HEC vient de mettre en ligne une pub étrange, un dessin animé psychédélique qui vous promet une carrière en or. Juste après la sortie du livre expiatoire « J’ai fait HEC et je m’en excuse », pas sûr que le grand public apprécie.
Peu importe, ce n’est pas lui qui est visé. Le but, c’est de rappeler aux managers internationaux qu’HEC forme des killers. Des killers sympas, mais des killers quand même.
La pub imaginée par l’agence Ogilvy donne le tournis, voire le mal de mer. Sur fond d’électro, on monte, on descend, on enfonce des portes, on réconcilie les peuples, on sauve l’environnement et on grimpe à bord de navettes spatiales en forme de chaussures. (Voir la vidéo.)
Un peu dingue, mais parfaitement réfléchi. Le problème était simple : HEC est très bien classée dans les palmarès européens des écoles de commerce, mais elle est moins célèbre que ses concurrentes étrangères. Cette pub, diffusée sur le Web et sur France 24, et bientôt sur la BBC, sur CNN et sur Euronews, doit transformer HEC en marque internationale.
Trois marchés sont particulièrement visés : la Chine, l’Inde et les Etats-Unis. Des pays « où l’ambition est affichée ouvertement, où l’argent n’est pas un tabou et où le monde apparaît comme un terrain de jeu immédiat », explique Delphine Loevenbruck, directrice de la communication « corporate » d’HEC, dans un mail à Eco89.
En finir avec le « consensus mou »
Mais pourquoi proposer un dessin animé aussi barré aux futurs adeptes de la « powerpointisation des esprits » ? Pour ne « laisser aucune place au consensus mou, aux imageries convenues ou à la langue de bois », justifie Delphine Loevenbruck :
« Il permet de projeter les futurs candidats dans un parcours de réussite qui leur fasse envie, en échappant aux représentations pompeuses et à l’imagerie compassée souvent associée à ce type de discours quand ils sont traités au premier degré. »
Sur le campus de Jouy-en-Josas, les étudiants ne sont pas tous convaincus par la pub. Verdict de Pascal-Emmanuel Gobry, élève de la promo 2010 (et auteur sur Eco89 d’une tribune remarquée sur les bonus) :
« Moitié bling-bling à la Sarkozy, moitié pub d’opérateur télécoms ou de banque de détail qui cible les jeunes en les prenant pour des débiles... Surtout, l’impression principale que donne cette pub, c’est qu’HEC n’a rien appris de la crise - et c’est d’autant plus dommage que ce n’est pas vrai. Il y a plein de trucs originaux et intéressants qui existent à HEC et dont il y a de quoi être fier, autour de l’incubateur ou de la chaire “Entrepreneuriat et pauvreté”, mais on ne communique jamais là-dessus. »
HEC aura au moins prouvé qu’en matière de pub, elle applique son slogan : « Apprendre à oser. » La concurrence, elle, n’ose pas vraiment. Regardez par exemple la pub de l’ESCP : là-bas, visiblement, on ne boit que de l’eau et si on fume, ce ne sont pas des cigarettes qui font rire. Ceci dit, après le trip proposé par HEC, c’est reposant. (Voir la vidéo)
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Now future & karpe diem
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Si on se base sur le niveau de la pub pour déterminer quel est le profil recherché pour leur école, on peut donc en croire qu’ils veulent les plus gros neuneus de la planète...
Il devrait essayer après les émissions de trash-TV, il y aura surement plein de gens à qui parlera le message publicitaire.




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