Tribune 23/09/2009 à 15h49

Pour une réflexion économique alternative... mais comment ?

Serge Ruscram | Consultant

J’ai participé il y a quelques semaines à un petit-déjeuner-débat rassemblant une vingtaine d’économistes. L’animateur de la réunion, qui a fait l’exposé introductif, a occupé plusieurs postes parmi les dix plus importants de l’administration française ; il a dirigé une grande institution financière internationale et est conseiller du président d’une des plus grandes banques européennes. Certains des participants dirigent ou ont dirigé de grandes institutions internationales.

L’animateur commence son intervention en disant que la crise actuelle, qu’il qualifie d’extraordinaire, n’est pas une crise financière, mais d’abord une crise économique, et surtout une crise des économistes. Il considère que les économistes, et lui-même en particulier, ont, dans les années récentes, tous commis de nombreuses erreurs qui sont à l’origine de la crise actuelle.

Parmi ces erreurs, deux sont majeures :

  • les économistes se sont appuyés sur des modèles mathématiques sophistiqués en négligeant le fait que ceux-ci ne couvraient pas les cas extrêmes : en cas d’aléa exceptionnel, les modèles ne prévoient pas correctement les réactions du système économique ;
  • ils ont fondé, dans les dernières décennies, leur doctrine sur de nouveaux paradigmes : différence de nature entre la dette publique, par nature dangereuse, et la dette privée, anodine ; suppression du risque par sa simple dispersion ; efficacité de l’autorégulation, par exemple pour le système bancaire et financier, etc. La crise démontre que ces paradigmes étaient grossièrement faux.

Les gouvernements ont, de leur côté, fondé leurs politiques sur ces mêmes paradigmes déviants.

La seconde partie de l’intervention portait sur les perspectives. Elle ne faisait pas de pronostic sûr, mais était plutôt optimiste : l’euro devrait tenir, il ne devrait pas y avoir de défaillance majeure d’un Etat (au moins d’un État suffisamment important pour qu’une défaillance ait un effet global)... Il suffira de gérer efficacement les risques importants : relance qui serait fondée sur un accroissement de la dette et pas sur la consommation ; difficulté de réussir, au-delà de la période du court terme où la relance passe par une abondance de liquidités, à contrôler le volume de ces liquidités, ce qui sera d’autant plus difficile si la croissance reste faible et si la confiance ne se rétablit pas, avec dans ce cas risque de stagflation ; solution de facilité que représenterait le traitement de la gestion de la dette par un recours à l’inflation.

Beaucoup des participants à cette réunion sont représentatifs de cette « élite » d’économistes et de dirigeants de très grandes institutions qui détient l’essentiel du pouvoir économique -intellectuel et opérationnel. Or le consensus s’est fait sur les points suivants :

  • cette élite a failli collectivement, et cela a des effets financiers et économiques très graves, et en dernier ressort - cela a été reconnu mais ce n’était pas le sujet ni la préoccupation majeure des participants à la réunion - des conséquences sociales dramatiques ;
  • l’avenir est difficile à prévoir et la sortie de crise sera complexe ;
  • il suffit cependant à l’avenir de gérer le mieux possible pour que la réussite soit probable.

Cette réflexion est certes intéressante, mais très partielle et insuffisante ; elle n’a pourtant pas été poursuivie. Or deux questions découlent directement des considérations précédentes. Elles devraient logiquement apparaître comme le cœur du sujet à traiter, mais n’ont même pas été évoquées.

  • Tous ces économistes et ces politiques, aussi brillants soient-ils, ont donc fait des erreurs graves -constat non contesté et difficilement contestable-, et les quelques esprits indépendants à contre-courant qui avaient tiré des signaux d’alarme ont été marginalisés et bien souvent traînés dans la boue : quel mécanisme fait que la collaboration des intelligences individuelles a conduit à l’échec collectif ? Le mode de rémunération de ces élites - qu’il s’agisse de revenus monétaires ou d’accès à des pouvoirs divers - explique sans doute en partie leur aveuglement. Mais le problème est plus vaste : pourquoi l’idéologie ultralibérale a-t-elle régné sans partage à partir la fin des années 70, avec l’avènement de Margaret Thatcher puis de Ronald Reagan, puis la chute du système soviétique ? Quels paradigmes alternatifs nous proposent désormais ces élites ? Aucun !
  • Pour l’action future, comment réorganiser la réflexion économique et l’action politique pour éviter que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes brillants économistes et politiques ne recommencent à élaborer des théories aberrantes et à prendre des décisions suicidaires pour la société ?

Or le débat a paru satisfaire pleinement les participants : c’est inquiétant. Alors, allons-nous non pas reprendre les mêmes pour recommencer, mais garder les mêmes pour continuer ?

Comment, dans ce contexte, organiser une réflexion économique alternative qui soit cette fois de l’économie politique et pas des mathématiques financières schizophréniques ?

Comment travailler à construire une doctrine d’action politique de gestion du système, et pas de critique externe sans aucune volonté de participer à cette gestion ? Cette question se pose au premier chef aux partis politiques de gouvernement actuellement dans l’opposition, qui devraient élaborer des propositions alternatives précises.

Le Parti socialiste européen (PSE) a majoritairement décidé de s’abstenir lors du vote pour la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, et certains socialistes, en particulier les socialistes espagnols et portugais, ont voté pour lui.

Le moins qu’on puisse dire est que le Parti socialiste français (PS) n’a pas fait preuve d’une grande virulence contre M. Barroso. Les socialistes européens sont montés dans le train des libéraux, gagnant leurs trente deniers : la perspective d’une alternance à la présidence du Parlement européen avec le siège pour Martin Schulz et de quelques postes de commissaires. Ne vaudrait-il pas mieux pour le PS réfléchir à des alliances plus limitées mais rompant avec le social-libéralisme et permettant d’aborder les vrais problèmes ?

Aller plus loin
  • 4531 visites
  • 32 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 16h13 le 23/09/2009
    • Internaute 23064
      doctorant

    Le PS français a majoritairement voté contre Barroso... Ensuite Peillon ne représente pas le PS, et jusqu’à nouvel ordre depuis le congrès de Reims le PS est contre une alliance avec le Modem. On verra ce que ça donne aux régionales...

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 16h50 le 23/09/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    DIAFOIRUS ECONOMICUS

    Je m’inscris complètement en faux contre les assertions faites par l’auteur de cet article. Selon lui, ce serait les économistes qui seraient mathématiquement responsables de la crise. Voilà que nos Diafoirus seraient presque prêts à battre leur coulpe ! Je dis « presque », parce qu’évidemment ils qualifient aussitôt la crise d’ « extraordinaire », moyen toujours commode pour atténuer sa propre responsabilité.

    C’est prendre les choses à l’envers ! Les économistes (ou ceux qui se prétendent tels) n’ont fait que mettre en formules pseudo savantes un état de fait imposé par les « plus forts » (sic) pour déréguler totalement le système socio-économique bâti à la fin de la Seconde guerre mondiale.

    Les économistes ne sont en rien responsables de la crise, due à la seule inextinguible volonté de pouvoir de quelques puissants prédateurs, dont ils n’ont été que les fidèles et assez bêtas serviteurs.

    D’ailleurs les économistes ne sont jamais responsables de rien. A ce niveau d’incompétence crasse, on peut même parler d’irresponsabilité comique. Comme leurs maîtres, ils n’ont rien compris, ni rien vu venir. Et n’on évidemment aucune idée dont le monde va se sortir du guêpier.

    Je vous fiche mon billet que ce n’est pas ces tristes valets de cour qui aideront à corriger un tir plutôt mal barré pour leurs commanditaires, pour eux-mêmes, et hélas pour le reste de communauté humaine.

    ________

    Si cette bande d’insignifiants veut trouver quelques idées pour se faire un programme, il y en a un tout ficelé en 7 volets qui commence Lien ! Les droits sont gratos.

    • jyeden
      jyeden répond à Le Yéti
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 17h01 le 23/09/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      entièrement d’accord avec le yeti

      en plus j’adore cette phrase :

      « l’avenir est difficile à prévoir et la sortie de crise sera complexe “

      il a fallu réflechir pour pondre ça ! ! !

      il faut impérativement et le plus vite possible créer un RMA (revenu maximum autorisé) inférieur à 4 ou 6 fois le smic

      cela suffirait à désarmer un peu tout ces gens là qui nous ont emmené là ou nous sommes

      car ces imbéciles (qui réfléchissent pour dire que l’avenir est difficile à prévoir) sont hyperpayés, et continuent à l’etre après avoir crashé l’economie

      • patdu49
        patdu49 répond à jyeden
        chomiste du maine et loire
        • Posté à 18h35 le 23/09/2009
        • Internaute 34595
          chomiste du maine et loire

        300% OK avec toi ..

        le reste c’est du blabla de mondains ..

        partage des richesses, point barre ..
        aucune personne sur la planète ne mérite d’avoir 5 fois + de revenus qu’une autre ...

        quelque soit son activité, son talent, sa beauté, son inteligence, sa resistance, sa popularité, ou son temps passé etc ...

        smic 1500€ net
        revenu maximum net d’impot 7500€

        et cela pour un foyer fiscal celibataire ..
        ensuite dégressif ou progressif selon si plusieurs revenus, couple qui bosse etc .. ou par rapport au nombre de personnes dans le foyer fiscal etc ...

         
        • karlM
          karlM répond à patdu49
          Précaire
          • Posté à 23h34 le 23/09/2009
          • Internaute 21378
            Précaire

          et partage du travail ! !

          • patdu49
            patdu49 répond à karlM
            chomiste du maine et loire
            • Posté à 08h09 le 24/09/2009
            • Internaute 34595
              chomiste du maine et loire

            oui karIM,

            dans un premier temps, c’est d’urgence les richesses, ensuite concernant le travail, on peut imaginer semaine de 4 jours etc ..

            déjà appliquée dans qq trop rares entreprises, avec que du bonheur pour tout le monde.
            moins de pollution, moins de frais de déplacement, moins d’absenteisme, etc ..

            maintenant c’est encore des choix de société, au cas ou on ne se dirige pas vers le partage du travail, alors il faut se diriger vers un revenu de vie correct, garanti, pour ceux qui ne travaillent pas.

            un peu comme ça se passe au Danemark ..

            -ou l’equivalent de notre RMI RSA est de 1200€ net pour une personne seule. (france 400€)
            -ou l’assedic, c’est 4 ans maxi, à 90% du salaire (france 2 ans maxi à 57%)
            -ou par demandeur d’emploi, il y a 4 fois + de budget, alloué à la formation professionnelle.
            -ou ils embauchent à fond dans les services pubics
            -ou être syndiqué est quasi obligatoire, si on veut cottiser à caisse de cotisation chomage, retraite etc .., donc rapport de force équilibré entre patrons et salariés, et bien + de transparence sur ou vont les profits etc ... (moins d’evasion fiscale, de fraudes fiscales, etc .. )
            -ou les jeunes primo-demandeurs d’emploi, ne sont pas laissés sans aucun revenu, env 700€ garantie, dés 16 ou 18 ans ( me rappelle pu) pour au moins parer aux frais de survie, de recherches d’emploi, ou de petits loisirs ... ( téléphone, fringues, permis, véhicule, déplacements, scooter, épargne pour prendre indépendance, tabac, ordi etc .. )

            voilà leur fléxi-sécurité ..

            en france on à la fléxibilité, mais pas la sécurité .. des travailleurs pauvres en pagaille .. des sans droits .., et on distribue du fric aux riches ... qui ne savent déjà plus quoi faire de tout leur pognon ...

            + de 1200 milliards d’euros rien que sur les seules assurances vie .. sur cette seule épargne ..
            sarko lui même, à + de 2 millions d’euros sur son assurance-vie .. et ça l’a pas empeché de s’augmenter de 140% son salaire.

        • Autist Reading -
          Autist Reading - répond à patdu49
          In enculo cum vibro
          • Posté à 02h55 le 25/09/2009
          • Internaute 73535
            In enculo cum vibro

          Ouai...

          Sauf la prime fiscale à l’hétérosexualité reproductrice, çà m’a toujours dégoûté.

        3 autres commentaires
      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à jyeden
        In enculo cum vibro
        • Posté à 02h52 le 25/09/2009
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Et mettre l’impôt sur les bénéfices à 100%.

        Un salaire, çà suffit, et il n’y a jamais assez de thunes pour les hôpitaux et les écoles en tous genres.

    • Nopitch
      Nopitch répond à Le Yéti
      Analyste programmeur
      • Posté à 17h16 le 23/09/2009
      • Internaute 57136
        Analyste programmeur

      C’est pas comme si ils n’avaient pas été prévenus. Est ce qu’ils vont profiter de la crise pour écouter les critiques même quand tout semble aller « bien » ? J’en doute.

      Le nœud du problème il est là :

      Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

      Alors qu’est qu’on attend pour mettre le débat sur la table ?

    • Lohiel
      Lohiel répond à Le Yéti
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 17h38 le 23/09/2009
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      et en plus ils nous ont foutu la planète en l’air... comment, c’est pas eux ? si, c’est eux, avec leur système délirant et quasi-mystique (en ce sens qu’il ne se base pas sur la raison mais sur des croyances) !

      Nouveau rapport des Amis de la Terre
      « Institutions financières internationales et climat : la grande hypocrisie »

      Paris, le 22 septembre 2009 - Alors que se tient aujourd’hui le sommet de l’ONU sur le climat qui réunit une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, les Amis de la Terre publient une étude accablante : Institutions financières internationales et climat : la grande hypocrisie. L’ONG révèle que si les dirigeants mondiaux multiplient les déclarations annonçant leur volonté de lutter contre les changements climatiques, ils continuent à financer massivement les énergies fossiles et les industries les plus émettrices de CO2 à travers les institutions financières internationales (IFIs) dont ils sont les actionnaires. Le rapport épingle les activités de deux des plus grosses IFIs, la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI). Les Amis de la Terre demandent à la France, qui a un poids crucial au sein de ces institutions, de prendre des mesures pour mettre en cohérence les actions des IFIs et ses promesses en matière de lutte contre les changements climatiques.
      Intégrale de l’article :
      Lien

      Télécharger le rapport complet :
      Lien

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Le Yéti
      fasciné
      • Posté à 19h52 le 23/09/2009
      • Internaute 29635
        fasciné

      « Les économistes (ou ceux qui se prétendent tels) n’ont fait que mettre en formules pseudo savantes un état de fait imposé par les “ plus forts ” (sic) pour déréguler totalement le système socio-économique bâti à la fin de la Seconde guerre mondiale. »
      L’explication la plus communément admise, cf Halimi par exemple, c’est une conjonction d’intérêt entre les tenants de l’école autrichienne (Mont Pélerin, puis + ou - école de chicago) et des intérêts économiques forts qui leur ont permis de s’exprimer largement en finançant les thinks tanks ad hoc.
      Un peu le même style de mariage de la carpe et du Lapin qu’ont connus les Libertariens et les néocons dans les années 80-90.
      Avant le divorce...

    • kkadim
      kkadim répond à Le Yéti
      service public rhone alpes
      • Posté à 15h56 le 24/09/2009
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      pour exemple : essayant de comprendre quelque chose à ces foutus mathématiques économiques, je me suis plongé, avec beaucoup de peine dans le fatras qui tient lieu de science économique : pas de chance je tombais sur une magnifique formule avec un « Tx S » ; bon Tx je pige : c’est taux, mais c’est quoi ce putain de S ? , je farfouille et l’auteur, en note en bas de page indique que TxS indique le « taux de satisfaction ».
      moi qui est fait un peu de stats à la fac, ou plutot qui me suis farci un prof de stats particuliérement vicieux qui ne cessait de vous piéger pour vous montrer que les évidences des chiffres ne sont que des leurres, je sautais au plafond : et comment qu’il le calcul le gugusse son taux de satisfaction ? ? ? ? Mystére, mais de là découlait de superbes supputations.
      scientifiser le discours pour le rendre inaudible, voilà l’unique but de la science économique.

  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 17h04 le 23/09/2009
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    « Pour une réflexion économique alternative »

    Euh, on peut aussi (préventivement) amorcer une réflexion alternative - à l’économie.

    Que vouliez-vous bâtir
    - avec du faux ?

    _____________
    Rien. Rien. Rien.
    (le nouvel anarchisme chrétien)
    Lien

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h45 le 23/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    le vrai problème :
    l’élite.

    qu’est-ce qu’une élite ?
    est-elle élue : non
    est-elle choisie et sur quel critère ?
    est-elle challengée ?
    est-elle surveillée ?
    est-elle renouvelée ?
    obéit-elle à qui ?

    etc etc

    un truc qui n’est pas piloté et managé...peut s’avérer très dangereux pour ceux qui dépendent de cette élite.

    au fait, avez-vous demandé de dépendre d’eux ? ? .
    les avez vous choisis ?

    eux nous ont choisi...on doit-être des gens très bien tout compte fait. ; -) c’est rassurant.

    • patdu49
      patdu49 répond à pablico
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 18h49 le 23/09/2009
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire
    • jyeden
      jyeden répond à pablico
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 19h25 le 23/09/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      ce n’est pas une élite c’est une oligarchie

  • le_bienheureux
    • Posté à 18h26 le 23/09/2009
    • Internaute 63135

    Sur ce sujet là, un article de Contreinfo :

    Lien

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 18h28 le 23/09/2009
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    le PS ... le PS ...

    ah oui le PS ... ! !
    lol ..

    les supers mondains là ... les prétencieux hautains ...

    j’ai JAMAIS rien lu dans leur programme, la moindre petite chose pour erradiquer ne serait ce que la pauvreté en france, dans un des pays les + riches du monde ...

    à part faire de la gestion de la misère ... à part exploiter des contrats aidés dans leurs collectivités, des travailleurs pauvres, et eux se payer des domestiques ...

    si c’est ça qu’on ose encore appeler « opposition » ... on est mal barré tintin ...

    même pas capable ne serait ce que de plafonner les allocations familiales, dés que 2 madames proutprout en manteaux de fourrure, menacent devant les caméras et devant la CAF, de virer la prof de piano de marie-chantale et que ça va alors faire du chomage ...

    le PS qui trouve rien à redire sur le fond, au RSA du collabo Hirsch, qui ressemble au système Hartz allemand, flicage, radiations, travaux forcés et j’en passe ...

    le PS qui proposait un SMIC à 1500€ brut en 2012 .. soit -24% de charges 1140€ net ... hannnnn la la la la la ... ça c’est de la gauche décompléxée ...

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h29 le 23/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Que les économistes happy few des grandes décisions mondiales se posent des questions aujourd’hui n’est pas une mauvaise chose.

    En revanche, qu’ils ne s’en soient pas posé malgré le fait que le tiers de la planète crève de faim, et que les deux autres tiers ne savent pas transformer un progrès technique en progrès humain, ça les disqualifie totalement et définitivement de toute responsabilité à venir.

    Quand un calcul est faux, on le corrige.
    Mais quand une théorie est fausse, on passe définitivement à autre chose.

  • sitoihien
    • Posté à 18h30 le 23/09/2009
    • Internaute 21237

    « La réflexion économique alternative », va se faire contre le capitalisme, mais pas par les responsables des couches dirigeantes de droite et de gauche qui sont pour la croissance, mais par ceux qui les contestent et qui sont pour la décroissance comme Paul Ariés dans la vidéo suivante

    Lien

    et par ceux et celles de la revue entropia
    Lien

  • Pas lolo
    Pas lolo
    fasciné
    • Posté à 19h47 le 23/09/2009
    • Internaute 29635
      fasciné

    Article intéressant.
    Juste deux remarques :
    « les économistes se sont appuyés sur des modèles mathématiques sophistiqués en négligeant le fait que ceux-ci ne couvraient pas les cas extrêmes : en cas d’aléa exceptionnel, les modèles ne prévoient pas correctement les réactions du système économique ; »
    Ceux qui disent cela n’ont pas encore fait leur deuil du DGSE. En fait, ils tentent de limiter la casse en enrôlant Taleb. D’autres sont déjà passé à l’après. Pour eux, même en période normale, le modèle dominant n’est que de peu d’utilité hors quelques applications spécifiques. Ca fait un bout de temps que les ingénieurs dignes de ce nom (bon ça fait un peu prol, par rapport à d’éminents zéconomistes) savent que les corrélations ont des limites d’applications.

    Discussion assez claire sur ce sujet :

    Lien

    « Pour l’action future, comment réorganiser la réflexion économique et l’action politique pour éviter que... »

    Il y a fort à parier que la suite des événements et les transformations éventuelles du système ne doivent rien à la volonté des politiques ou la réflexion des économistes. L’histoire bégayant, je ne doute pas (c’est mon coté optimiste) que de jolis procés, alliés à l’impatience d’une population qui passe son temps à faire la queue aux soupes populaires, n’ait raison de l’innovation financière et des bienfaits du pilotage à l’EVA, ainsi que du libre échange « non faussé ».
    Ca a été la commission Pecora dans les années trente, et ça commence avec Rakoff et Cuomo (et un mec du congrés dont j’ai la flemme de rechercher le nom) pour les affaires Bank of America/Merrill.
    Entre autres :

    Lien

    Si vous cherchez bien vous verrez que Cuomo fait preuve d’un « comportement criminel » envers des gentils cadres d’AIG en exerçant des pressions « insupportables », et que par ailleurs, Obama tente de le caser comme gouverneur de New York. Poste où il sera plus utile à la nation, que si il devait continuer à embêter les chochottes de Wall Street, aux nerfs si fragiles.

    Rakoff et son refus d’accepter le 33 millions USD d’amende (pas grave on tapera dans les 25 milliards donnés par l’état) de la SEC. Il veut des têtes. Et là aussi, il existe un risque systèmique. Pas sur que les dominos voudront bien tomber tout seuls.

    Lien

    Le congrès. Et ils sont prévenus que « l’avocat m’a dit de faire ça, et j’ai pas à vous dire ce que l’avocat m’a dit » ne marche pas devant une commission parlementaire.

    Lien

    J’oubliais, y a le FBI qui s’y met :
    Lien

    Une bien bonne de Durden :
    Lien

    Où il se fout de la SEC en lui sortant avec de jolis graphes en couleurs ce qui ne peut être qu’un magnifique délit d’initié, en leur proposant également un peu de matos pour pallier à leur modeste budget de 900 MUSD.

    Pour finir sur la « réflexion » économique alternative, j’aurais tendance à dire, qu’à partir ou le commun des économistes (ou des commentateurs des rubriques du même nom) se met à plagier Lordon, on entre dans une nouvelle ère.
    Dans le genre et sur le thème médiocriser la finance :

    Guaino :
    Lien

    Turner le boss du FSA, il continue :
    Lien

    « les Rantanplan de la classe politique dénoncent les bonus des traders tandis que les banques recommencent à piller l’économie réelle. »
    Eric Le Boucher.
    Lien

    Faut dire qu’aux échos, ça tourne au feu d’artifice. La semaine dernière on avait droit à Machin Thesmard et Augustin Lantier (meilleurs jeunes économistes français TM), talentueux auteurs du « grand méchant marché », ouvrage vantant les mérites de l’ultralibéralisme à tout crin et la privatisation de tout ce qui peut posséder un nom commun, venir nous vanter la régulation des marchés financiers. Parce que bon, faut arrêter de déconner, quand même...
    Que de chemin, intellectuel (deux intellectuels assis etc...), parcouru en un an.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 22h04 le 23/09/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Cet article est intéressant car il nous montre le désarroi total des « économistes » face à la crise.
    Quant aux capitalistes - actuellement des institutions financières controlant de fait le pouvoir politique sur toute la planète - ils ne s’inquiètent guère de la prochaine « plongée ». Car à n’en pas douter, une nouvelle crise financière s’en vient.
    Ce n’est pas eux qui payent mais nous. Et « eux » pensent de toutes façons rester à la place qu’ils occupent. Tout ce qu’ils peuvent craindre c’est une révolte populaire de grande ampleur.
    L’alternative existe. Depuis longtemps. Et tout le monde la connait même si on a peur de l’évoquer, ou si on préfère éluder parce que « ce n’est pas posssible ». Mettre en adéquation la production de biens avec les besoins. En finir avec la finance...etc.
    Je commèmore aujourd’hui le post qui avait fait un carton sur ce site il y a plus d’un an, évoquant une « fin brutale » pour les capitalistes...Le Scandale ; , ; et 42 boules. Les « boules » pour certains ! ... Aujourd’hui beaucoup de personnes trouverait mon propos banal sinon raisonnable... Couic.
    Je porte un toast à tous les révoltés qui aujourd’hui descendent dans la rue.
    Révolution Economique et Sociale !

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 00h18 le 24/09/2009
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Pour entendre un vrai économiste « alternatif » :

    Lien

  • deere
    deere
    employé
    • Posté à 06h59 le 24/09/2009
    • Internaute 87610
      employé

    ils ne font pas de virulence idéologique sur tout
    en se moment c est margage a la culote
    et personne bouge
    dommage

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 09h41 le 24/09/2009
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    les économistes, les gros cravatés qu’on voit souvant invités sur les plateaux de télé etc ..
    blindés aux AS .. qui écrivent des bouquins etc ...

    qu’ils soient tendance UMP ou tendance PS, sont quasi tous déconnectés des réalités de la vie du peuple ..

    ils sont souvant contre par exemple l’augmentation du SMIC net ou des minimas sociaux ...

    et t’as jamais un journaliste pour les mettre face aux réalités, en leur posant la question :

    COMMENT FAIT LA PERSONNE DANS TELLE SITUATION :

    un ex salarié se retrouve au RSA : 400,07€
    + APL 200€

    loyer 550€

    reste 50€

    pour payer :
    -nourriture
    -se déplacer, répondre aux convocations pole emploi sous peine de radiation, si pas de transport en commun et son pole emploi à 20 kms ? (carburant, assurance voiture, entretien ..)
    -edf gdf, eau, chauffage, bouteille de gaz etc ..
    -téléphonie/internet
    -assurance habitation, carte banquaire
    -vêtements, sous-vêtements, chaussures ..
    -tabac, journaux ..

    j’attend que ces gros cons de formatés d’économistes, ces mondains, répondent CLAIREMENT ... comment fait le mec ?

    -prostitution ?
    -braquage ?
    -vols, trafics de stupéfiants ?

    je ne parle même pas du mec de moins de 25 ans, qui lui a droit à ZERO € ..
    comment il fait s’il a pas de famille, s’il est pas fils à papa ?

    en tenant compte, le tout, que + de 5 MILLIONS de demandeurs d’emploi, pour environs 150 000 emplois .. mathématiquement qu’ils expliquent comment on fait , et la pression et les flicages fait sur les pauvres etc ... ou on leur rappelle leurs devoirs ... ou on les culpabilise, ou on les infantilise etc ... ou on les menaces ...

    et encore .. parmis ces emplois : emplois précaires, contrats aidés, CDD temps partiel, ou de moins d’un mois dans la majorité des cas, interim ... stages ...
    et les rares CDI, on y trouve encore des temps partiels ...

    même question aux hommes politiques bien entendu ...

    COMMENT IL FAIT LE MEC ?

    et le mec tant qu’il a pas répondu à la question, il quitte pas le plateau, et l’emission de s’arrête pas ... quitte à ce qu’elle dure 48h, qu’on tienne les mecs en otage .... jusqu’à ce qu’ils apportent la solution ...

    SINON c’est des criminels ..
    des inhumains, des guignols, des crapules qui ne respectent pas les droits de l’homme ...

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 15h59 le 24/09/2009
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    je ne comprends pas cette volonté maladive de vouloir changer les choses : nos élites ont parfaitement remplies leur role : la société a failli se casser la gueule, les dégats sont énormes, mais le systéme mis en place à garanti à ces mêmes élites de rester en place et d’en faire payer les frais à d’autres.
    bon dieu pourquoi voudriez qu’ils changent quoi que ce soit ; de leur point de vue tout marche parfaitement.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à kkadim
      Testeur de temps libre
      • Posté à 23h22 le 24/09/2009
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      En fait, ils admettent qu’il y a une crise à l’intérieur du capitalisme, mais pas une crise du capitalisme...
      Venant des droites « libérales », je ne suis pas franchement étonné ! En revanche, quand jusque dans le Parti de Gauche on prétend encore qu’une échelle des revenus de 1 à 20 est compatible avec une certaine « décroissance » et autres impératifs écologiques, je me demande à quels numéros de funambules on aura droit si ces « gauches » là reviennent au gouvernement ? ..

  • franck_logos
    franck_logos
    homme libre toujours tu (...)
    • Posté à 00h07 le 25/09/2009
    • Internaute 59184
      homme libre toujours tu (...)

    Voilà qui est bien déprimant !
    Puisque les politiques, y compris « socialistes » sont incapables d’imaginer une autre économie, trouvera-t-on des économistes, des journalistes, des intellectuels pour le faire ?
    Et puisque Marx est à nouveau exhumé sans que l’on se souvienne de la première internationale, qui à part Baillargeon viendra nous rappeler qu’un projet humaniste, « anarcho-syndicaliste » le précédait ? Que le mutualisme, les coopératives sont issus de ce mouvement ?
    Nul besoin de révolution, seulement ré-équilibrer la balance en faveur de la cogestion, former les citoyens à cette pensée, rompre le dogme ultralibéral et rappeler que le capitalisme c’est investir au delà de quelques heures, que les produits dérivés n’apportent de richesse qu’à la finance, pas aux entreprises....entre le tout-état et le tout-finance un autre monde est possible.
    alors, on commence quand ?

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à franck_logos
      In enculo cum vibro
      • Posté à 03h20 le 25/09/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      C’est toujours rigolo de voir la majorité des anarchistes se laisser imposer un tabou.
      Marx, c’est mal, les marxistes, ils ont pris le pouvoir et ont ouvert la voix à Staline.
      Cela m’évoque les marxistes qui disent les anars c’est des branleurs, ils ont refusé de prendre le pouvoir en 36 et l’ont finalement laissé à Franco.

      Les coopératives et la cogestion, si le capital domine encore, c’est de la collaboration de classe.
      Les anars devraient se rencarder sur la Doctrine Sociale de l’Eglise et sur le corporatisme (régime politique genre Pétain ou Salazar).

  • coatl
    coatl
    SR
    • Posté à 11h05 le 25/09/2009
    • Internaute 50522
      SR

    Evidemment, si ces gens tiraient vraiment les conséquences de ce qu’ils constatent (probablement de bonne foi), ils reconnaitraient qu’ils ne comprennent rien au monde et prendraient leur retraite.

    Mais que révèle cette petite réunion ? Qu’ils cherchent avant tout à sauver leur tête, c’est à dire leur statut d’« experts » en se mijottant une petite tambouille intellectuelle qui n’a même pas la cohérence du néolibéralisme dont ils reviennent.

    Qu’attend-on d’eux, en fait ? Qu’ils deviennent marxistes ou altermondialiste ? Qu’ils prennent leur carte à Attac ou au NPA ? Le feraient-ils qu’on ne leur accorderait pas plus de crédit. Le mieux qu’on puisse faire, c’est tourner la page de ces charlots.

    Mais voilà, on continue à leur tendre le crachoir... Il n’y a pas meilleure stratégie pour que tout redevienne comme avant... et que tout recommence. Car ils n’ont visiblement rien compris, mais s’évertuent à rester aux postes de prescripteurs politiques. Ils feraient pitié s’ils n’étaient pas dangereux...

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 11h50 le 25/09/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Quatre vautours repus sur une branche s’inquiètent de la sentir ployer.
    Ils se serreront, se persuadant du pouvoir de leur communauté sur la gravité, et accuseront l’intrépide qu’ils poussaient eux mêmes à explorer l’extrémité de la branche.

    Un agriculteur n’est pas forcément biologiste.
    Un cuisinier n’est que rarement chimiste.
    Un astrologue n’a rien d’un astrophysicien.
    Combien de temps encore, les économistes se prendront ils pour des scientifiques au prétexte qu’ils utilisent des outils mathématiques ?

    De réalistes volatiles auraient pris, sans concertation, leur envol au premier craquement, mais ceux là sont des spéculateurs.
    Cassera ? Cassera pas ? La branche ploie et menace.
    Si un des quatre vautours abandonne sa place, la branche suffira peut-être aux trois autres. Qui serait assez bête pour être le premier à partir ?

    Et chacun des vautours spéculant de même, il peut constater que ses voisins ne s’alertent pas. Tout va bien, donc.

    Le problème n’est pas d’être quatre sur la branche, c’est de n’y être pas encore que trois.
    La solution économique, logique, c’est donc de s’accrocher et ne surtout pas être cinq.

  • Scif
    Scif
    patatoïde
    • Posté à 23h37 le 25/09/2009
    • Internaute 48662
      patatoïde

    Finalement, le fond de cet article est assez ironique ; c’est rien de moins que de nous dire que la pensée des économistes suit les cycles de l’économie :

    - en phase de croissance : vive la libéralisation, euphorie, oeuillères envers ce qui ne va pas, croyance en de « nouveaux paradigmes » ;

    - et en phase de récession : on recommencera plus, vive l’Etat, c’est de la faute aux escrocs et finalement « j’crois qu’on a merdé, les gars ! »