Lutte antidrogues : Washington désigne ses moutons noirs
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Ces trois pays ont par ailleurs des relations politiques tumultueuses avec Washington. La junte birmane est l’objet de l’opprobre internationale, tandis que le Venezuela et la Bolivie forment la colonne vertébrale d’un axe anti-américain d’extrême gauche qui s’oppose à la main-mise de Washinton sur la région.
La Bolivie est (après la Colombie et le Pérou) le troisième producteur mondial de coca et de cocaïne et a été critiqué par les Etats-Unis pour avoir, même faiblement, laissé s’accroitre la production de coca. Le Venezuela, lui, ne produit pas, mais est accusé par Washington d’être un pays de transit, responsable de l’exportation d’un quart de la cocaïne sud-américaine.
De leur côté, la Bolivie et le Venezuela affirment lutter contre le trafic et entendent le prouver en mettant en avant d’importantes saisies récentes. Ces dernières années, les deux pays ont assez mal réagi au fait d’être placés par Washington sur la liste noire de la lutte antidrogues. Et cette année n’a pas fait exception.
« Tant qu’il y aura un marché pour la cocaïne... »
Mercredi, lors d’une conférence de presse à La Paz, le président bolivien Evo Morales a déclaré que « les Etats-Unis n’ont pas l’autorité ou la moralité nécessaires » pour critiquer la guerre que son pays livre à la drogue. Il a également invité les Etats-Unis à rendre des comptes quant à leurs propres efforts dans la lutte antidrogues.
La Bolivie mène une « guerre sur tous les fronts contre le trafic de drogues », a affirmé Morales, notant que son pays avait saisi 19 tonnes de cocaïne et de pâte de coca cette année, contre 11 tonnes en 2005, année où il est arrivé au pouvoir.
Morales a également souligné que toutes ces saisies étaient intervenues sans aucune aide de la DEA (la brigade des stups américaine), qu’il a expulsée de son pays l’année dernière. Le président bolivien a enfin demandé pourquoi il n’existait pas de certification garantissant que les Etats-Unis avaient, de leur côté, fait des efforts pour réduire leur demande de drogues :
« Tant qu’il y aura un marché pour la cocaïne, nous pourrons réduire autant que nous le voulons la production de feuilles de coca, une partie sera toujours détournée (pour la production de cocaïne) : c’est notre réalité à nous. »
Obama suspend les sanctions
Selon la loi américaine, le fait de ne pas être certifié comme pays remplissant les critères de lutte antidrogues entraîne la suspension de l’aide publique au développement. Mais la loi permet également au Président, s’il le souhaite, de déroger à cette mesure punitive. Ce que le président Obama a décidé de faire pour la Bolivie et le Venezuela. Selon le Département d’Etat :
« Dans le cas de la Bolivie et du Venezuela, le Président a décidé d’une dérogation pour cause d’intérêt national, afin que les Etats-Unis puissent continuer à financer des programmes bénéficiant aux populations de ces pays.
Au Venezuela, les Etats-Unis continueront à financer des projets de la société civile et des projets de développement communautaire. En Bolivie, la dérogation permettra de continuer à financer les programmes de soutien à l’agriculture, les programmes d’échange, de développement des PME ainsi que la formation des forces de police. »
Les présidents vénézuélien et bolivien ont toutefois émis des réserves sur cette décision, qui pourrait en fait selon eux servir à financer des groupes cherchant à déstabiliser leur gouvernement.
La procédure de certification américaine revêt un caractère très politique. Ainsi, des pays alliés de Washington, producteurs de drogues ou impliqués dans le trafic, et dont les gouvernements eux-mêmes sont impliqués, n’ont pas été décertifiés, comme l’Afghanistan et le Pakistan.
► La liste des principaux pays de transit ou producteurs de drogues dévoilée par le département d’Etat : Afghanistan, Bahamas, Bolivie, Brésil, Birmanie, Colombie, République Dominicaine, Equateur, Guatemala, Haïti, Inde, Jamaïque, Laos, Mexique, Nigeria, Pakistan, Panama, Paraguay, Perou et Venezuela.
► Traduit de l’américain par Arnaud Aubron
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Gabriel Nadeau-Dubois, talentueux porte-parole des étudiants québécois 








Djeun's
Djeun's
Quelle farce !
Cette liste n’est qu’une version supplémentaire du fameux « Axe du Mal » de W.Bush...
Je ne vois pas en quoi ce genre de comportement est constructif ; blâmer au seul prétexte que le pouvoir en place ne lèche pas les bottes aux E-U, et féliciter les pays dont même les frères du dirigeant sont au coeur de trafics de drogues et autres formes de crime organisé (Afghanistan), mais qui sont de fidèles toutous du Bureau Ovale (en apparence).
Si les E-U croient qu’en supprimant la cocaïne (utopie des utopies !) ils feront disparaître les gangs de leurs rues par enchantement (folle utopie des folles utopies), ils font preuve une nouvelle fois de la naïveté la plus complète...
A eux d’intensifier la lutte chez eux, et d’en montrer les preuves, comme ils l’exigent des autres pays. Alors seulement ils pourront aller faire la morale aux autres.




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