Enquête 18/09/2009 à 12h06

« Farewell » : les secrets de l'affaire d'espionnage du siècle

Vincent Nouzille | Journaliste et écrivain


Guillaume Canet (Pierre) et Emir Kusturica (Grigoriev) dans « L’Affaire Farewell » de Christian Carion (DR).


Le film « L’Affaire Farewell », de Christian Carion, sort sur les écrans le 23 septembre. Il s’inspire -librement- de l’histoire bien réelle du colonel Vladimir Ippolitovitch Vetrov, alias « Farewell », nom de code de la meilleure « taupe » que les services de renseignement occidentaux aient jamais eue au sein du KGB, leur homologue soviétique. (voir la bande-annonce)

Révélée initialement par Thierry Wolton en 1986 dans son livre « Le KGB en France » (Grasset), l’affaire « Farewell » a fait couler beaucoup d’encre, avec nombre de rumeurs et de théories du complot. Tout le voile n’est pas encore levé sur cette histoire à multiples facettes, qui a eu un impact énorme sur les relations transatlantiques et sur le bras de fer entre l’Est et l’Ouest.

A l’occasion de la sortie du film, un nouveau livre très vivant et bien documenté, signé de Sergueï Kostine et Eric Raynaud (scénariste du film), « Adieu Farewell » (Robert Laffont), est publié ces jours-ci.

A partir de ces écrits et sur la base d’autres témoignages méconnus, il est possible aujourd’hui de révéler quelques secrets de cette opération exceptionnelle, menée par les services français, en lien avec la CIA.

L’un de ces témoignages clé est celui, crucial, de l’ancien agent traitant de « Farewell », militaire français qui fut, sur le terrain et sous le pseudonyme de « Monsieur Paul », au contact direct de Vetrov durant presque une année à Moscou et qui a toujours, depuis lors, cultivé la discrétion. « PF » -ce sont ses initiales- , aujourd’hui à la retraite, m’a confié qu’il souhaitait rester dans l’ombre, même si nom est apparu ici et là.

Mais son récit, nous allons le découvrir, a été récemment mis en ligne sur le site de l’Association des anciens des services spéciaux de la défense nationale, dont il est membre. Avec d’autres sources récentes, il permet de mieux comprendre le contexte, le déroulement et les conséquences de « l’affaire Farewell ». Et de rétablir quelques vérités.

Un petit résumé de l’affaire Farewell

Pour commencer, mieux vaut résumer l’histoire. Officier de renseignement modèle progressivement désillusionné par le système soviétique, Vetrov (interprété dans le film par Emir Kusturica) prit contact début 1981 avec des amis français de Thomson-CSF, qu’il avait connus dans les années 60 à Paris, afin de livrer des documents à la DST, service de contre-espionnage français.

Dans un premier temps, un des ingénieurs de Thomson (interprété par Guillaume Canet), du nom de Xavier Amiel (voir son interview vidéo ci-dessous), assuma les premiers rendez-vous à Moscou, avant de laisser la place, en mai 1981, à un professionnel du renseignement, « PF », attaché militaire adjoint à l’ambassade de France à Moscou. Au total, près de 4000 documents soviétiques furent transmis à la DST. Grâce à cette taupe au sein du KGB, les Français découvrirent des pans entiers du dispositif de pillage scientifique et technologique des Soviétiques à l’Ouest.

Le président François Mitterrand en informa le président Ronald Reagan lors du sommet d’Ottawa en juillet 1981. La CIA et la DST travaillèrent sur l’ensemble des informations collectées, découvrant les faiblesses technologiques de l’URSS, dont ils surent tirer parti.

« Farewell » disparut un jour de février 1982 à Moscou, arrêté pour une affaire de meurtre d’un milicien et de tentative d’assassinat de sa maîtresse. Condamné à douze ans de goulag, Vetrov ne fut démasqué qu’en 1983 comme « traître », après l’expulsion par François Mitterrand de 47 « diplomates » russes en poste à Paris. « Farewell » fut exécuté.

Voilà pour planter le décor. Mais rentrons maintenant dans les secrets de cette histoire.

Une paranoïa aiguë du KGB et de l’URSS, qui croyait à une guerre nucléaire

Le contexte, d’abord, est beaucoup plus tendu qu’on ne le croit. Au début des années 1980, la Guerre froide bat son plein. L’URSS a envahi l’Afghanistan et la Pologne est sous tension. A Moscou, les dirigeants soviétiques vieillissants voient arriver l’élection de l’ultra-républicain Ronald Reagan à la Maison-Blanche comme un vrai danger. D’après le livre référence de l’historien Christopher Andrew et de Vassili Mitrokhine, « Le KGB contre l’Ouest » (Fayard), le Premier secrétaire du Parti communiste, Leonid Brejnev, prononce en mai 1981 au KGB un discours secret dénonçant la politique de Reagan comme « une menace sérieuse ».

Son successeur Youri Andropov, issu du KGB, décide fin 1981 une opération prioritaire de renseignement, baptisée « RYAN », afin de tout savoir sur une présumée future attaque nucléaire américaine contre l’URSS, jugée imminente. Les agents du KGB dans le monde doivent alimenter, dans le sens souhaité, cette paranoïa galopante.

Il est probable que le colonel Vetrov, de plus en plus frustré professionnellement au sein de la direction T (renseignement scientifique et technique) du KGB où il travaillait, ait été choqué par ces directives secrètes, qu’il ait craint sérieusement le déclenchement d’une guerre nucléaire.

Cela a sans doute pesé dans sa décision de donner des informations aux Français, si l’on en croit l’ex-agent traitant de Vetrov, dans son témoignage :

« Là où est [Vetrov], il ressent parfaitement l’ambiance de guerre qui envahit la population, mais surtout la classe dirigeante ; il sait que la doctrine soviétique envisage l’emploi normal de l’arme atomique. Il connaît la capacité de riposte occidentale. Il comprend, par les papiers qu’il traite, que la Nomenklatura essaye de reprendre l’avantage ; des joueurs d’échec. »

Lire sur la page suivante : « Le “traitement” de Vetrov par les services français : la DST n’opère pas seule » et « Une manipulation des Soviétiques ou des Américains ? Thèse invraisemblable »

Le « traitement » de Vetrov par les services français : la DST n’opère pas seule

Contrairement aux usages, c’est la DST, chargée du contre-espionnage sur le territoire français, qui pilote cette opération après les premiers messages envoyés par Vetrov. Tout simplement parce que le colonel du KGB avait eu des contacts avec la DST lorsqu’il était en poste à Paris, officiellement comme attaché commercial soviétique dans les années 60. La DGSE, théoriquement en charge de la sécurité extérieure, est globalement tenue à l’écart, ce qui alimentera les rivalités entre les services français. Le patron de la DGSE d’alors, Pierre Marion, ira même jusqu’à douter de cette histoire qui lui échappait.

Mais, contrairement à une idée répandue, la DST n’a pas opéré seule dans cette affaire. Sans agent à Moscou, après avoir exposé l’ingénieur Amiel, la DST ne peut pas faire grand-chose. Elle demande alors au chef d’état-major des armées, le général Jeannou Lacaze, l’aide des militaires. Lacaze joint directement le général Jacques Laurent, attaché militaire à l’ambassade de France à Moscou, pour qu’il désigne un « agent traitant » de Vetrov.

Arrivé dans la capitale soviétique en 1980, PF, l’attaché militaire adjoint s’en charge, avec l’aide et le feu vert des plus hautes autorités des armées. Sous le pseudonyme de « Monsieur Paul », le militaire français mène cette opération risquée, avec son épouse, alias « Marguerite », de manière efficace, durant plusieurs mois pour le compte de la DST. Outre l’appui de la DST, la CIA fournit un mini-appareil photo pour que Vetrov puisse photographier davantage de documents.

Certains experts ont critiqué le caractère artisanal de cette opération, les documents transitant souvent dans des paniers à provision échangés sur un marché de Moscou entre « Farewell » et « Marguerite ». Dans son témoignage, ce dernier explique que tout reposait réellement sur la confiance de Vetrov :

« C’est un professionnel, il sait comment travaillent ceux qui sont chargés de protéger la sécurité et les secrets soviétiques ; il convaincra ses traitants de leur faire confiance ; mais il reste lucide : le pire peut arriver ; pour lui, la balle dans la nuque, pour ses traitants successifs, ce devrait être l’accident de circulation, l’écrasement par un poids lourd, par un métro. Message qui serait compris par le service intéressé. »

Par ailleurs, selon PF, Vetrov, « bon vivant » et malin, « va augmenter son côté pochard et beaucoup viendront boire avec lui les innombrables bouteilles que lui procurera son traitant ». Il s’agit visiblement d’une tactique de diversion. A-t-il tendance à trop boire, comme l’affirmeront les Soviétiques par la suite, probablement pour noircir sa réputation ? Il boit « sans doute comme tous les Russes de cette époque, pas plus », corrige le militaire français.

Une manipulation des Soviétiques ou des Américains ? Thèse invraisemblable

Dès le départ, les services français se demandent s’il ne s’agit pas d’une manipulation des Soviétiques. Mais la teneur des documents que « Farewell » fournit, en masse, les convainc vite que leur source ne bluffe pas. 70% des documents concernent les Etats-Unis. Ils révèlent le caractère systématique et organisé du pillage scientifique du KGB à l’Ouest, qui permet des économies considérables à l’URSS, chiffrées à 6,5 milliards de francs (un milliard d’euros) entre 1976 et 1980.

Vetrov livre aussi l’identité de 222 officiers du KGB de la « ligne X » (espionnage scientifique et technique à l’étranger) agissant sous couverture diplomatique à l’Ouest et de 70 agents clandestins. Paris expulsera 47 de ces « diplomates » en avril 1983. L’ancien agent traitant résume :

« En tout cas, la DST a dévoilé une partie des agents soviétiques impliqués et a neutralisé le dispositif de recherche de l’URSS. Il en a été ainsi dans les autres pays européens. »

Difficile de croire que les Soviétiques aient monté une opération aussi déstabilisante pour eux !


Vladimir Vetrov, alias Farewell (DR)

D’autres -ce fut notamment le cas de quelques conseillers élyséens, de cadres de la DGSE ou de membres du KGB- ont avancé que la CIA avait probablement créé cette histoire de toutes pièces, pour de sombres motifs, comme celui de tester la fiabilité des Français. Thèse invraisemblable, selon PF :

« Non, les Américains n’ont pas été impliqués dans la manipulation à Moscou, cela aurait été à l’encontre de la simplicité voulue dans celle-ci. Oui, ils ont fourni la technologie de l’appareil photo ; oui, au début, ils étaient seuls à pouvoir développer ; mais le problème a été vite réglé. »

Dans une interview au Journal du dimanche, le 13 septembre 2009, Raymond Nart, ancien patron du contre-espionnage à la DST, confirme cette thèse en ajoutant : « nous nous sommes débrouillés pour traiter les négatifs ». Autrement dit : la DST n’a pas servi de simple boîte à lettres pour la CIA !

Lire sur la page suivante : « La soudaine arrestation de Vetrov en février 1982 ? “ Farewell ” brouille les pistes » et « L’affaire Farewell a des effets en cascade »

La soudaine arrestation de Vetrov en février 1982 ? « Farewell » brouille les pistes

Après une année de travail intensif pour les Français, Vetrov disparaît soudainement. A ce sujet, son ancien agent traitant donne des précisions :

« Brusquement, après février 1982, Farewell ne se présente plus aux rendez-vous fixés. Non que son double jeu ait été découvert par le KGB, mais, comme le découvrira la DST à l’automne seulement (et cela grâce aux Américains), il a été arrêté pour crime de droit commun ! Selon la version officielle, il a tenté de tuer sa maîtresse, qui exerçait sur lui un chantage depuis qu’elle avait trouvé dans son veston des documents dérobés au sein de la centrale soviétique. Surpris par un milicien, il l’aurait abattu à l’aide d’un couteau de chasse... »

A défaut de certitudes, son ancien agent traitant doute sérieusement de cette thèse soviétique. Selon le militaire français, d’après les quelques informations qui ont filtré de l’enquête soviétique, « on comprend que Vetrov, comme tous les prévenus du monde, va balader les enquêteurs, essayer de gagner du temps, de protéger ses traitants auxquels le lie une véritable amitié, peut-être de sauver sa peau. » Vetrov a donc pu tout faire pour brouiller lui-même les pistes !

Pour la première fois, un ancien collègue de Vetrov au KGB, le lieutenant-colonel Konstantin Preobrazhensky, a donné (sur le site helvétique drzz.info, le 4 septembre 2009), une nouvelle version des incidents qui ont conduit à l’arrestation de Vetrov :

« En 1982, j’étais à Tokyo lorsque j’ai appris avec surprise que Vetrov avait grièvement blessé Lyudmila Oshkina -que nous connaissions tous- et poignardé un homme à mort sur un parking. Une année plus tard, des officiers du “ Directorat T ” m’ont appris que cet homme était en réalité un agent du KGB. Ce que j’ai appris de ce rendez-vous contredit clairement la version du FSB/KGB sur les circonstances du drame.

Dans les livres d’histoire, on raconte que Vetrov aurait voulu tuer sa maîtresse car il la soupçonnait de l’avoir démasqué ; un passant venu au secours de la malheureuse en aurait payé le prix fort. C’est une version totalement fausse. Cette rencontre entre les trois protagonistes était planifiée.

A mon retour à Moscou, j’ai appris que Vetrov avait tenté de recruter l’homme pour le compte des services secrets français, mais l’agent a soit refusé, soit demandé plus d’argent, et Vetrov s’est résolu à le tuer. Lyudmila Oshkina participait aussi à ce recrutement. Mais son rôle n’est pas clair : des versions disent qu’elle couchait avec cet agent à dessein, d’autres qu’elle l’avait seulement recommandé à Vetrov. »

Quelle que soit la vérité, « Farewell » réussit à ne pas être démasqué tout de suite. Il protège ainsi ses amis français. Condamné à douze ans d’emprisonnement pour crime, il est envoyé au goulag à Irkoutsk, en Sibérie. Sa « trahison » ne sera découverte qu’un an plus tard, en 1983. Ramené à Moscou, il est interrogé longuement, livre des aveux forcés avant d’être condamné à mort, puis exécuté d’une balle dans la tête début 1985.

L’affaire Farewell a des effets en cascade

« L’affaire Farewell » a des retombées énormes. Le premier effet est un réchauffement des relations entre Paris et Washington en 1981. En transmettant, à partir de mi-1981, les informations de « Farewell » aux Américains, les Français ont marqué des points. François Mitterrand et ses ministres communistes n’effrayaient plus l’ultra-conservateur Ronald Reagan.

En second lieu, côté américain, les documents de « Farewell » ont été utilisées de manière très machiavélique. Gus Weiss, ancien membre du Conseil national de sécurité à la Maison-Blanche, sous Ronald Reagan, a raconté comment la CIA et la Maison-Blanche ont monté une vaste opération d’intoxication des Soviétiques. Elles ont notamment laissé le KGB dérober des logiciels américains préalablement piégés, qui ont fini par provoquer des dégâts majeurs en URSS, par exemple en faisant exploser un gazoduc soviétique... .

« Un plan brillant » commentera Richard Allen, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Reagan, cité dans le livre « Des cendres en héritage, l’histoire de la CIA » du journaliste américain Tim Wiener (Editons de Fallaois, 2009) ainsi que par les auteurs de l’ouvrage « Adieu Farewell ». La Maison-Blanche a aussi lancé, au bluff, des projets militaires délirants de défense anti-missiles, comme « la guerre des étoiles » en 1983, surenchère que les Soviétiques ont dénoncé sans avoir les moyens de la suivre. Et les Américains le savaient parfaitement...

Le troisième « effet Farewell » fut le minage intérieur du KGB et du système soviétique. Explications de l’ancien agent traitant de « Farewell » :

« Cette affaire a eu un retentissement psychologique considérable sur les membres du KGB. Cela n’a, bien sûr, pas été un élément fondamental de la Perestroïka, mais elle a révélé un malaise profond et les contradictions qui ont provoqué l’implosion du système. »

Quelques années plus tard, le mur de Berlin tombera... Pour le militaire français, cette histoire est, finalement, celle d’une opération de renseignement réussie :

« Un jour, on saura, et on s’étonnera de la simplicité de toute cette affaire très humaine : bon sens, patriotisme, amitié. Et il faudra rendre hommage à Vladimir Ippolitovitch Vetrov du rôle qu’il a accepté de jouer, quelles que soient ses véritables motivations, et qui a contribué à l’évolution du monde. »

En partenariat avec :

Photo : Guillaume Canet (Pierre) et Emir Kusturica (Grigoriev) dans « L’Affaire Farewell » de Christian Carion (DR).

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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 12h22 le 18/09/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Il y a eu deux patrons de la DST sur ce coup : Marcel Chalet au début de l’affaire, remplacé par Yves Bonnet en 1982.
    Avec, peut-être, une « déperdition » entre le début de l’affaire et l’expulsion.
    Quant aux « diplomates », ils n’étaient pas « russes », mais « soviétiques » (originaires d’URSS). Et parmi eux, quarante étaient officiellement des diplomates, d’autres étaient officiellement des journalistes, et le reste je ne sais plus.

    • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      • Posté à 13h57 le 18/09/2009
      • Internaute 18202

      De savoir que Emir Kustarica et Guillaume Canet y sont en binôme, il n’y a pas de doute, c’est surement du bon, que dis-je, du très bon.

      A ne pas louper, surtout que ce ratage russe reste encore une honte pour eux.

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  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 12h49 le 18/09/2009
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    « Elles ont notamment laissé le KGB dérober des logiciels américains préalablement piégés, qui ont fini par provoquer des dégâts majeurs en URSS, par exemple en faisant exploser un gazoduc soviétique… . »

    J’aimerais bien savoir comment on fait péter un gazoduc avec un logiciel !

    • Corti
      Corti répond à Bad Time For Human Kind
      Onaniste Otaku
      • Posté à 13h13 le 18/09/2009
      • Internaute 46986
        Onaniste Otaku

      Si le gazoduc possède des valves commandés par un logiciel, ça ne me semble pas impossibles si ?

      Il suffit d’en ouvrir une, de fermer l’autre, de laisser le gaz s’accumuler et avec la pression... BOUM !

      Après, je reconnais que je n’ai aucune connaissance sur le fonctionnement d’un gazoduc, mais cette solution ne me semble pas aberrante en soi. Après, comment le logiciel piégé a pu se connecter au centre de gestion des gazoducs, c’est autre chose :)

    • SlyTheSly
      • Posté à 13h16 le 18/09/2009
      • Internaute 24414

      j’y connais rien, mais j’imagine :
      Le logiciel dit « la pression n’est pas trop forte, vous pouver augmenter », quand la réalité est « ça va péter si on pousse à peine plus fort »...et paf, pastèque.

      ça doit être un poil puis subtile cela dit, mais c’est un exemple : p

      (un peu de la même manière, un logiciel peut faire crasher un avion, en quelque sorte)

    • Azza
      Azza répond à Bad Time For Human Kind
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 14h01 le 18/09/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Autre exemple, le crash du vol 501 d’ariane etait du a un bug informatique :

      Lien

      La perte d’un vaisseau d’exploration de Mars par la Nasa a lui aussi ete la consequence d’un bug informatique (du a une incompatibilite entre deux modules logiciels, l’un utilisant le syteme metrique d’unite et l’autre le system imperial (pouces, pieds, livres etc...)

    • Iv
      Iv répond à Bad Time For Human Kind
      Roboticien utopiste
      • Posté à 15h26 le 18/09/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Je peux en tous cas certifier que cette anecdote est mentionnée dans les cours sur la sécurité informatique et qu’elle est assez connue. Il n’est pas très difficile d’imaginer comment un capteur de pression ou une electrovanne peuvent provoquer des dommages conséquents.

      • Bad Time For Human Kind
        Bad Time For Human Kind répond à Iv
        Chieur Public
        • Posté à 15h56 le 18/09/2009
        • Internaute 53377
          Chieur Public

        Heureusement qu’on ne mise pas sur le tout électronique quand il s’agit de sécurité !

         
        • Iv
          Iv répond à Bad Time For Human Kind
          Roboticien utopiste
          • Posté à 16h32 le 18/09/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Difficile sur le net de dire s’il s’agit de second degré ou non, alors je réponds sérieusement, tout en appréciant l’ironie s’il y en a !

          Il y a des équipements de pipeline de la meme importance de nos jours qui sont reliés à internet. Il y en a même qui le sont via une liaison sans fil non cryptée.

          Ceci dit, correctement conçue, la sécurité reposant sur l’électronique peut être bien plus fiable qu’une sécurité mécanique. Les serrures en sont un bon exemple : les serrures mécaniques en France sont à 95% vulnérables aux bump keys alors qu’un dispositif électronique correctement conçu n’est pas violable sans dégradation.

          • Bad Time For Human Kind
            Bad Time For Human Kind répond à Iv
            Chieur Public
            • Posté à 17h47 le 18/09/2009
            • Internaute 53377
              Chieur Public

            Il y a en effet un poil d’ironie, mais a peine ;)

            Une vanne a une meilleure fiabilité qu’une électrovanne...

            Un clapet aussi face à un pressostat...

            Après on cumule dans les process à risques, entre sécurités mécaniques, électriques et électroniques ; quitte a les doubler voir les tripler. Bien sur pour tout ce qui est commande à distance et accès sécurisé on passe par l’électronique, mais c’est un peu de l’asservissement de confort ! L’électronique à l’ancienne tiens mieux dans des conditions climatiques extrêmes que les cartes modernes type CMS...

            • nidieunimaître
              • Posté à 05h43 le 19/09/2009
              • Internaute 34536

              oui encore faut-il prendre en compte les données isiométriques qui dévient d’un poil pubien les variations de Henschell, à l’origine d’un certain nombre d’interactions incontrôlées qui vont du grattage de fion au lâcher de pets dans la stratosphère. Tout ceci est clairement développé dans le livre de Yadukiri Kyemoizi : « Ma femme hurle de rire en me voyant rentrer à la maison »

        3 autres commentaires
  • Corti
    Corti
    Onaniste Otaku
    • Posté à 13h14 le 18/09/2009
    • Internaute 46986
      Onaniste Otaku

    Au fait, le lien contenu dans la phrase :

    ► Lire sur la page suivante : « Le “traitement” de Vetrov par les services français : la DST n’opère pas seule » et « Une manipulation des Soviétiques ou des Américains ? Thèse invraisemblable »

    ne fonctionne pas. Par contre, les numéros de page en bas sont fonctionnels.

  • Vincent Nouzille
    Vincent Nouzille
    Auteur(e) de l'article Journaliste et écrivain
    • Posté à 13h45 le 18/09/2009
    • Journaliste 90423
      Journaliste et écrivain

    En ce qui concerne le logiciel piégé, il s’agissait d’un logiciel de contrôle des vannes et des jauges pour les gazoducs. Les Américains orientèrent discrètement les espions du KGB vers une société canadienne de logiciels et les laissèrent voler ce software piégé. Installé sur un gazoduc en Sibérie, il fonctionna normalement quelques temps. Puis il fit monter la pression dans le pipeline, provoquant une explosion. D’autres opérations de ce type furent montées par la CIA, le Pentagone et la Maison Blanche afin de miner l’économie soviétique.
    Vincent Nouzille

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à Vincent Nouzille
      Chieur Public
      • Posté à 15h24 le 18/09/2009
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Cela voudrait dire qu’ils n’avaient aucune sécurité mécanique type clapet... Conception à la russe ! ;)

      J’espère qu’ils ne leur ont pas fait le coup dans le domaine du nucléaire, j’ai des doutes sur tchernobyl maintenant !

  • infiltré_
    infiltré_
    ex étudiant......
    • Posté à 14h48 le 18/09/2009
    • Internaute 44615
      ex étudiant......

    Histoire intéressante. Article agréable à lire.

    Ca ressemble à l’opération soviétique puis russe concernant Robert Philip Hanssen aux USA qui a lui aussi balancé des noms de taupes, des informations technologiques et des information sur l’organisation d’une partie de la sécurité US aux GRU et KGB/FSB.

    Enfin, il y en a à la pelle ce type d’histoires. dans un sens ou dans l’autre.
    Je ne comprends pas pourquoi être étonné que ce type d’affaire alimente des théories et non pas« théories du complot » (expression vide de sens, cf : définition du terme complot).

    Cette histoire est bien le résultat d’un complot puisqu’elle suppose l’intervention de plusieurs personnes agissant contre une institution ou une autre personne.

    Il y a donc bien des théories. Il arrive souvent que même les dirigeants les mieux informés ne sachent pas avec CERTITUDE toutes la vérité sur un évènement et donc se contentent de ce qui est certain ainsi que des gains et pertes potentiels de l’affaire et des possibles implications.

    Autre constat : comme souvent en occident on pavoise sur une opération qui a -peut-être- contribué à faire tomber l’URSS et des croc-en-jambe fait à l’autre ; pourtant diverses ramifications sont toujours là et la communauté du renseignement Russe a elle aussi ses taupe dans les pièces feutrées de l’occident mais n’en parle pas.

    L’Histoire continue son chemin

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 15h09 le 18/09/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Ce n’est pas dans les habitudes de la DST de récompenser pour « services rendus » mais là, le planter comme ça, c’est pas joli-joli...
    Ca m’a quand même donné envie de voir le film.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h02 le 18/09/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Excellent, on croirait voir le Cardinal du Kremlin de Clancy !

    Par contre, Mitterand a quand même pas expulsé les espions russes avant que sa taupe soit grillée quand même ? Cela irait à l’encontre d’une règle d’or de l’espionnage : toujours faire comme si on ne savait pas (ou du moins faire comme si on savait par un autre moyen).

    Et j’aime bien le coup du panier au marché. Certes, c’est pas hi-tech, mais ça ne veut pas forcément dire que ça n’est pas efficace. Je ne sais pas depuis combien de temps se pratique l’échange de serviette au pied d’un table de café, mais c’est toujours aussi discret.

    • Némehzis
      Némehzis répond à Keldan
      • Posté à 18h32 le 18/09/2009
      • Internaute 35256

      Il semblerait que Mitterrand et la DST aient fait une erreur dramatique en 1983 : lorsque l’ambassadeur soviétique fut convoqué à L’Elysée, on lui présenta la liste des noms fournis par Farewell. Or, tragique bévue, il s’agissait d’une photocopie effectuée par Farewell lui-même ; dès lors, sachant pertinemment où se trouvait cette liste et qui y avait accès, les Soviétiques avaient fini par établir l’origine des fuites...
      Concernant Reagan, il est notable que Mitterrand ne l’a informé qu’en juillet 1981, soit deux mois après son élection et cinq mois après le début de l’affaire elle-même. En réalité, Reagan était déjà au courant, la DST ayant travaillé et communiqué avec la CIA : il a attendu que Mitterrand lui confie ce secret déjà connu pour s’assurer de la loyauté de la France à l’égard du camp occidental. Quand Mitterrand en fut informé en 1982, il refusa de croire que Reagan avait joué l’étonnement... Pourtant, l’entourloupe était évidente !

  • Gastlag
    Gastlag
    flâneur | identi.ca/gastlag
    • Posté à 18h02 le 18/09/2009
    • Internaute 8274
      flâneur | identi.ca/gastlag

    merci pour cet excellent article !

    juste un ptit truc :
    les liens de bas page pour passer d’une page à une autre ne fonctionnent pas.

  • GSR
    GSR
    étudiant
    • Posté à 20h04 le 18/09/2009
    • Internaute 59013
      étudiant

    Les liens ne marchent pas. Bon article mais arrêtez de mettre seulement la moitié et de donner des liens, puis des liens et encore des liens. Ca casse le rythme et faut charger 36 pages.

  • Vincent Nouzille
    Vincent Nouzille
    Auteur(e) de l'article Journaliste et écrivain
    • Posté à 20h03 le 18/09/2009
    • Journaliste 90423
      Journaliste et écrivain

    Keldan, Nemehzis a raison : Mitterrand a effectivement expulsé 47 « diplomates » soviétiques en 1983, sur la base d’une liste fournie par Farewell, avant que celui-ci soit démasqué. Le document montré par le ministre des affaires étrangères Claude Cheysson à l’ambassadeur d’URSS à Paris venait bien de la taupe de la DST au sein du KGB. Il est probable que cela a conduit les Soviétiques à chercher cette « taupe ». Mais il est aussi probable qu’il avait déjà des indices sur ce sujet avant.
    Sur Reagan, il semble qu’il n’était pas au courant en juillet 1981 lorsque MItterrand lui en a parlé même si certains de ses proches e la CIA avaient déjà quelques infos. C’est surtout à partir d’un rendez-vous secret entre Marcel Chalet (patron de la DST) et Georges Bush (père) en août 1981 que la Maison Blanche a pris conscience de l’ampleur de cette opération et que la CIA a pu travailler sur les documents.
    VN

    PS : une vidéo sur cette enquête à voir sur lesinfos.com

    Lien

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 23h31 le 18/09/2009
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Le triste dans cette histoire, c’est la façon dont les services français ont été incapables, encore une fois, d’assurer une porte de sortie à leur taupe. Il s’est passé la même chose en ex-tchékoslovaquie et ça a fini pareil, avec une balle dans la nuque.
    Que l’on soit assez fauchés pour ne pas rétribuer les taupes correctement est une chose, que l’on soit assez fauchés pour ne pas traiter leurs renseignements à la vitesse voulue en est une autre mais qu’on les laisse tomber est indigne.

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 23h54 le 18/09/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    Poutine parle à Sarkozy...

    Poutine : « Oh Sarko, Allumes tes phares ! »
    Sarko : « Well ! »

  • L-imprecateur
    L-imprecateur
    citoyen du monde
    • Posté à 01h23 le 19/09/2009
    • Internaute 59195
      citoyen du monde

    « PF » etait le commandant Patrick Ferrand, Arretez vos pudeurs de jeune fille, son nom est partout sur internet...

    • V.B.
      V.B. répond à L-imprecateur
      Chercheur
      • Posté à 09h26 le 22/09/2009
      • Expert 27686
        Chercheur

      Et alors ? Si l’intéressé n’a pas envie que son nom soit répété à chaque fois que l’on parle de l’affaire - ce qui ne va pas manquer d’arriver ces prochaines semaines - c’est son droit non ?

  • daniel burdan
    daniel burdan
    retraité
    • Posté à 14h15 le 19/09/2009
    • Internaute 56432
      retraité

    Ancien du service recrutement et manipulation de sources humaines à la division anti-terroriste de la DST, ce qui est dit dans cet article va contre toutes les regles ultra-securitaires des services dits speciaux.....

    Chaque source humaine ou technique, possede un pseudonyme. Sa véritable identitée n’est connue que de son « traitant », du chef de service de se dernier.....L’identitée compléte est enfermée dans un double coffre fort « securisé ».........

    Si le chef de l’état, le President de la Republique, voir le 1er Ministre, sont destinataires des « renseignements sensibles », ils ne recoivent que des ’notes blanches » directement des mains du prefet direteur de la DST.

    Mais on ne donne jamais l’identitée de nos « honnorables correspondants » surtout pas à un PAYS AUSSI ALLIE SOIT-IL........

    C’est à mourrir de rire.............

    • Vincent Nouzille
      Vincent Nouzille répond à daniel burdan
      Auteur(e) de l'article Journaliste et écrivain
      • Posté à 18h07 le 19/09/2009
      • Journaliste 90423
        Journaliste et écrivain

      Cher Daniel,
      Je ne mets en doute ni votre expérience ni les règles sécuritaires des services spéciaux dont vous parlez. Mais le contenu de mon article est strictement véridique, basé sur de multiples sources. Dans le cas de Farewell, sa vraie identité n’était connue, en vérité, que d’un nombre très restreint de personnes, en l’occurrence son agent traitant (qui témoigne dans cet article) ainsi que quelques pontes de la DST (dont les directeurs successifs, Marcel Chalet - voir ses mémoires « les visiteurs de l’ombre » où il parle longuement de l’affaire Farewell sans donner son identité - et Yves Bonnet. Mitterrand n’a pas donné l’identité de Farewell à Reagan, tout simplement parce qu’il ne devait pas la connaître, mais il parlait de cette opération en cours par la DST. Puis, au second semestre 1981, les documents transmis par Farewell ont été envoyés à la CIA. Et lorsque Vetrov a disparu en février 1982 à Moscou, les Français ont fini par obtenir des nouvelles de leur taupe grâce aux Américains, ce qui signifie que ces derniers connaissaient alors son nom à ce moment là. Depuis lors, les années ont passé, via plusieurs livres, articles et reportages, le vrai nom de Farewell, le colonel Vladimir Vetrov, est apparu. Les témoignages et écrits abondent maintenant sur cette histoire, effectivement hors du commun.
      Cordialement
      VN

      • daniel burdan
        daniel burdan répond à Vincent Nouzille
        retraité
        • Posté à 16h37 le 20/09/2009
        • Internaute 56432
          retraité

        Cher Vincent,

        Je ne cherche pas à mettre en doute votre article.

        Neanmoins, avouez qu’il faudra une sacrée dose de courage pour consentir maintenant a collaborer avec les « services français ».

        Les USA ont des strutures extrêmements pointues, pour non seulement protéger leurs sources, mais également pour les exfiltrer et les « noyer » dans la population americaine.

        Dans cette affaire, il y a eu des fuites impardonnables qui ont couté la vie à la source, certainement d’une « taupe » française ou americaine.

        La mascarade des coups de bouteilles sur sa maitresse, et l’assassinat du milicien....Et un parfait montage du KGB pour égarer les soupscons des services de l’ouest..........

        Cordialement

        Burdan

        NB : La FRANCE est un des seul pays du monde Occidental à ne pas avoir de « COMMISSION PARLEMENTAIRE SUR LES SERVICES SECRETS »...........Comme c’est curieux.

  • montux
    montux
    etudiant
    • Posté à 09h17 le 20/09/2009
    • Internaute 90636
      etudiant

    Pour en revenir au film, normalement s’etait un célèbre acteur russe qui devait jouer Vetrov mais après la pression de l’ambassadeur russe, il refusa quelque jours seulement avant le début du tournage. D’ailleur ce tournage n’a pas été réalisé a Moscou mais en Ukraine car l’equipe du film n’a pas eu l autorisation de filmer a Moscou. Pourquoi ? car le ministre de la culture russe fut l’un des « diplomates » qui fut renvoyer par mitterrand en 1983. De plus il a fait pression pour que le film ne sorte jamais en Russie.