A debattre 19/09/2009 à 13h37

Les suicides, grand tabou de l'armée américaine

Chamaco | Dans l'ombre


Devant le mémorial en hommage aux soldats américains morts au Vietnam à Washington (Jonathan Ernst/Reuters)

Fin mai 2009, la base de Fort Campbell, dans le Tennessee, qui abrite la 101e division aéroportée, surnommée « The Screaming Eagles » (« les aigles hurlants »), a été bouclée durant trois jours. L’objectif de l’armée américaine : enrayer une vague de suicides.

De janvier à mai, pas moins de 11 personnes se sont donné la mort, alors que d’autres décès violents faisaient encore l’objet d’enquêtes.

La communication du département de la Défense demeure très floue sur le sujet -aucun pays en guerre n’échappe à la règle. Les nombres officiels sont lâchés avec tant d’imprécision qu’ils en deviennent forcément suspects.

  • En 2008, par exemple, le Pentagone annonce 143 suicides avérés pour l’armée de terre, mais ne reprend pas les 41 suicides annoncés par les Marines, et ne communique pas les chiffres de la marine et l’armée de l’air...
  • Cette année, un nouveau paramètre entre en ligne de compte : de janvier à juillet, 96 suicides dans l’armée de terre, mais d’active. Et 45 pour la réserve. Comment s’y retrouver ?
  • Une enquête de CBS (citée par Le Monde du 15 novembre 2007) estime elle les suicides d’anciens combattants à 17 par jour en 2005. Mais elle inclue tous les anciens combattants depuis 1945.


Une seule certitude : la démesure du problème. En septembre 2008, Jean-Paul Mari, grand reporter au Nouvel Observateur, publie un livre au titre sobre, « Sans blessures apparentes » (éd. Robert Laffont).

Il y raconte sa recherche, ses observations, ses rencontres avec des hommes brisés de l’intérieur, dont la vie s’est arrêtée à des images et des instants d’horreur, qu’ils soient soldats, combattants, rebelles, simples citoyens, humanitaires...

Le survivant ne peux rien dire, nul ne l’écoute ni le comprend

Comme beaucoup d’observateurs, une pensée réductrice m’est venue à l’esprit. Mon réflexe a été de dire, « et les autres, ceux d’en face, les familles de civils détruites, les deuils, les blessures ? Les soldats, eux, ont choisi -peut-on vraiment l’affirmer, c’est un autre débat- de participer à ces guerres ». Y a-t-il hiérarchie ou légitimité supérieure dans la souffrance ?

Jean-Paul Mari a mené son enquête dans de nombreux pays auprès des victimes « indemnes » en apparence. « Je suis dépassé, impuissant, lamentable. Ecrire, à quoi bon ? Je n’ai rien pu empêcher ni avant ni après », avoue-t-il.

Ecrire ne change rien, mais alerte. Il découvre aussi au fond de lui des images refoulées -subies- pendant ses années de reportage : « Voir sa propre mort est tellement terrifiant que l’on ne peut pas le raconter. » Le survivant ne peux rien dire, nul ne l’écoute ni le comprend.

Beaucoup s’enferment, se replient, subissant cauchemars et peurs, durant des mois ou des années. Ce comportement rejaillit sur la famille, les amis, entraînant d’autres souffrances, d’autres violences, d’autres douleurs.

Là encore, les chiffres sont incertains puisque les enquêtes menées estiment entre 100 000 et 425 000 le nombre d’anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan qui sont atteints du syndrome (ou trouble) de stress post-traumatique (TSPT).

196 000 anciens combattants seraient SDF

Alcool, drogue, antidépresseurs et somnifères, en opération ou de retour à la vie civile, complètent un tableau bien sombre que l’administration (les Veterans Affairs) ne permet pas d’éclairer.

En mars 2008, des associations comme Veterans for Common Sense et Veterans United for Truth, qui représentent environ 12 000 anciens combattants, affirment que les soldats revenus d’Irak et d’Afghanistan continuent de mourir dans l’attente d’un traitement pour les TSPT de la part d’une administration qui fait face à au moins un demi-million de dossiers de demande d’invalidité.

En novembre 2007 paraissait une étude de la fondation National Alliance to End Homelessness qui estimait qu’en 2006 il y avait près de 196 000 anciens combattants sans-abri dans les rues du pays.

Le problème n’est hélas pas une découverte. Ce cortège accompagne toute guerre. Durant la Première Guerre mondiale un terme a été inventé pour désigner cet état de stress : l’« obusite », qualifiée de « névrose de guerre ». Un film de Gabriel Le Bomin est sorti en novembre 2006 « Les Fragments d’Antonin ». Antonin, lui aussi, est revenu des combats sans blessure apparente... (Voir la vidéo)

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Pentagone a demandé au grand John Huston de réaliser un documentaire pour le corps des transmissions. Ainsi naît fin 1945  « Let There Be Light », dans lequel il insiste sur les tragédies humaines et les traitements délivrés aux anciens combattants dans le Mason General Hospital de Long Island, dans l’état de New York.

Le film ne sera « libéré » par l’armée qu’en... 1980. Amnésie, paralysie, catatonie, comportements violents... il est des images qu’on ne peut montrer sans risquer la révolte.

Le 31 août 2009, il y a donc quinze jours, la note 668-09 émanant du secrétaire chargé des affaires de santé auprès du département de la Défense a donné la liste des 14 membres affectés au groupe de travail chargé « de la prévention des suicides dans les forces armées ».

Il devra présenter ses recommandations au secrétaire à la Défense dans les douze mois. Un an...

Sans blessures apparentes de Jean-Paul Mari - éd. Robert Laffont - 306p., 20€.

Photot : devant le mémorial en hommage aux soldats américains morts au Vietnam à Washington (Jonathan Ernst/Reuters)

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h05 le 19/09/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    c’est du à un mauvais recrutement..

    n’importe qui n’est pas capable de vivre ou de faire des horreurs, d’en être complice, d’y participer, et d’assumer cela toute une vie..

    sans compter la peur qui vous habite en permanence... la roulette russe géante jouée en boucle à chaque opération.

    la guerre, la vie n’est pas un jeu vidéo..

    en réel on n’a qu’une vie..

    • Anonyme répond à pablico

      Le recrutement y est bien entendu pour quelque chose.
      Mais aussi la formation / entraînement, le matériel, le mauvais emploi des hommes,...
      Un autre aspect qui nécéssiterait de longs développements repose sur les progrès de la chirurgie qui sauve des vies mais laisse des hommes mutilés et surtout désemparés, qui n’acceptent pas ce qu’ils sont devenus.

      • mauser
        • Posté à 08h14 le 20/09/2009
        • Internaute 4683

        Vous pouvez aussi ajouter le syndrome du survivant le combatant seul rescapè ou le seul indemme de sa section
        Ajoutez aussi la mauvaise consience ils partent pour sauver les USA et offrir la démocratie . Ce doit être le genre de soupe servie
        A l’arrivé ils découvrent quoi .
        Que le conflit irakien et afghan n’offre que pas ou fort peu de rèpit , pas de zones sures à cent pour cent et un tour d’opèration qui s’allonge .
        En voulant une armèe propre plus de bordel phillipins ou tahilandais Le hommes perdent une occasion de décompresser.
        Même la civilisation amèricaine tout en gardant son cotè prédateur tourne de plus en plus vers le politiquement correcte.
        Alors qu’il faudrait un Patton l’on voit à la place de gentils cadres arrondir les angles et manier la langue de bois.
        Pour le recrutement il y aurait bien de choses à dire mais en gros c’est un cercle vicieux Si il y a une crise les bras ne manquent pas pour l’armée oui mais les USA en guerre ne sont plus en crise (enfin c’était vrai avant la dernière ) donc moins de bras et une qualité qui baisse .

  • blablablaetblablabli
    blablablaetblablabli
    patati et patata
    • Posté à 14h18 le 19/09/2009
    • Internaute 38523
      patati et patata

    Comme a dit ce bon vieux Sabatier ,
    « la guerre est la multiplication du crime parfait »

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 14h24 le 19/09/2009
    • Internaute 43564
      Neant

    « il insiste sur les tragédies humaines et les traitements délivrés aux anciens combattants »

    Non, décidément, je n’arriverais jamais à plaindre des gens fiers de tuer sans savoir pourquoi. Plus on tue d’ennemies, plus on est fier. Ah mais par contre si on est pas traité convenablement après, c’est une « tragédie ». Deux poids, deux mesures.

    • Crainquebille
      Crainquebille répond à Lurker
      • Posté à 16h53 le 19/09/2009
      • Internaute 64055

      Je ne pense que ce soit aussi simple et qu’une armée soit nécessairement composée de gens qui trouvent que tuer est digne d’intérêt. Il faut voir les conditions de recrutement.

  • uncadoux
    • Posté à 14h29 le 19/09/2009
    • Internaute 90568

    avec plus de 3000 morts en irak plus les suicides et les 196000 sdf ca revient cher le petrole irakien.

  • Humain
    • Posté à 14h39 le 19/09/2009
    • Internaute 21387

    Et si on s’occupait des suicides dans l’industrie en France....

    Et si on regardait les suicides à France Télécom...

    Et pas « que » à France Télécom ! !

    Parce que chercher des poux dans les chaveux des autres, on sait faire...

    Mais regarder comment cela se passe dans nos administrations, et dans nos industries c’est une autre affaire ! !

  • rodikol
    rodikol
    dindon de la force
    • Posté à 14h51 le 19/09/2009
    • Internaute 89098
      dindon de la force

    Il nous faudrait une bonne Paix

  • Lector
    Lector
    Observateur
    • Posté à 17h22 le 19/09/2009
    • Internaute 39290
      Observateur

    La plus grande armée de Libération qui traite ses servants de la meme façon que la France traite ses prisonniers.

    La grande armée US n’est elle pas en fait la plus grande prison des Etats-Unis ?

  • pixotte
    • Posté à 17h36 le 19/09/2009
    • Internaute 9143

    C’est émouvant de voir des militaires prendre conscience de leur inutilité ! ! ! ! ! ! ! ! XD........

  • Frank55
    Frank55
    RAS
    • Posté à 18h38 le 19/09/2009
    • Internaute 51230
      RAS

    est ce qu’ ils se suicident parce qu’ils ont mauvaise conscience, comme tuer des civils innocents, je ne vais pas les plaindre

  • ColvertLE
    ColvertLE
    Retraité
    • Posté à 18h56 le 19/09/2009
    • Internaute 84712
      Retraité

    À ce sujet,ce qui est curieux et suspect c’est qu’il existe une véritable « langue de bois “en France dans la plupart des journaux et des médias ! Ici, c’est l’image” des 3 petits singes »
    Même pour les policiers on n’en entend pas beaucoup parler, ni aucune statistique ? ? ...

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h54 le 19/09/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Ne pas oublier ...

    Au début des années 90, j’ai vu un film de Bertrand Tavernier « la guerre sans nom » sur la guerre d’Algérie. En fait, il s’agit d’un montage de témoignages d’appelés qui ont participé à cette « guerre sans nom » et témoignent 30 ans après. D’abord, il faut s’accrocher pour entendre ce qui s’y dit, ensuite, en conclusion, une voix off égrène le nombre de suicidés, le nombre d’anciens soldats soignés dans des hôpitaux psychiatriques, parfois ouverts que pour eux (c’est dire leur nombre), et ceux qui sont toujours suivis sur le plan psychiatrique ! Je ne me souviens plus des chiffres, mais c’était énorme sur les quelques 3 M d’appelés à cette sale guerre.

    La guerre et ses conséquences = la vie gâchée de millions de gens, ceux qui la font et ceux qui la subissent.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 03h23 le 20/09/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    ¤ Un petit BUZZ au sujet des suicide (une vague de...) au sein de l’armée Américaine, et plus particulièrement dans le corps des GI.

    - Voilà de quoi « relativiser » les cas de suicides dans les entreprises françaises et remettre les choses un peu à leur place....
    ...sauf que de toutes façons, dans l’Armée, on y rentre en sachant que l’on est destiné à servir de chair à canon et que le plus glorieux des destins est la mort au service de la patrie ! ...surtout pour des GI, qui dans le civil, n’étaient rien de rien.

    * Ici, les suicides étaient qualifiés de mode - pas encore d’une « folie » !
    * Chez les GI, il s’agit seulement d’une vague- pas encore d’un stunami !

    ° Si après une telle mise au point, nous n’acceptons pas de voir en la mort quelque chose de finalement assez naturel chez les pauvres des pauvres (les engagés GI sont des oubliés du social...qui parfois ne s’engagent que manger à leur faim)...
    ...c’est à désespérer de l’intelligence supposée des manants !

    • Dim - P16

    • mauser
      • Posté à 15h25 le 20/09/2009
      • Internaute 4683

      Oui et non notre civilisation occidentale bannie jusqu’à l’idée de la mort violente.
      Pour s’en repaître goulûment dans un monde virtuel de films et de jeux vidéo. Il arrive un moment où il faut solder l’addition. Juste une question dans ces jeunes déshérités combien sont d’origine rurale. L’intérêt de la chose simplement vous avez saigné votre dernier cochon quant ou égorgé un mouton. Cella ne vous rend pas sanguinaire ou insensible mais offre une autre vision de la mort
      Maintenant la mort de ces jeunes est contre productive, comme les maladies mentales des autres. Une guerre c’est de l’or encore de l’or et toujours de l’or. Vous en dépensez pour les recruter, les remplumer, les former. Et une fois de retour du premier tour d’opération. Juste au moment où tous ces investissements deviennent rentables vous perdez tout. En plus une section où se déroule ce genre de drame est bonne pour la casse. Elle perd sa cohérence autant dire une large part de son esprit de combat.
      Ce que je ne comprends pas c’est le manque de réponses de l’armée US elle est pourtant la seconde au monde à s’être intéressée aux traumatismes psychologiques. Depuis 1917 une expérience significative devrait émerger.
      A moins que les américains oublient une fois de plus les leçons du passé une guerre irrégulière se gagne avec des soldats rassis pas des bleus qui ne sont pas encore des hommes faits .

    • Anonyme répond à Yvon le Zébulon

      @ Yvon le Zébulon

      Il n’y a aucune pertinence à comparer les suicides dans l’armée des EU et ceux relevés dans les entreprises françaises, ou à faire croire que l’évocation des uns peut servir à modérer la perception que l’on a des autres.

      Votre affirmation qui veut qu’on entre dans l’armée en sachant qu’on peut y mourir ne tient pas longtemps si l’on se souvient que de très nombreux jeunes (socialement défavorisés, d’accord avec vous) se sont engagés soit pour payer leurs études, soit pour obtenir la nationalité américaine., donc en faisant des projets d’avenir, pas en pensant au risque d’y laisser leur peau.

      • mauser
        • Posté à 17h03 le 20/09/2009
        • Internaute 4683

        Je ne suis d’accord avec aucun d’entre vous. Il faudrait connaître les salades que peuvent raconter les sergents recruteurs. Oui la mort du soldat fait parti du contrat mais avec quelques restrictions. A 18-20 ans qui ne sent pas invulnérable en plus l’instructeur ne va pas leur ressasser qu’ils serviront d’amuse-gueule à des professionnels. A ce jeu seul les meilleurs ou les plus chanceux survivent. D’un autre côté le nombre de mort rapporté à la masse de l’ensemble de l’armée us pourrait bien faire affirmer à un statisticien que c’est une activité très dangereuse mais en comparant aux ouvriers du bâtiment , aux marins pécheurs ou à la police américaine. Que de combien de % et pour des activités où sauf la police l’usage d’armes de part et d’autre n’est pas prévu
        Attention je parle pour les opérations en cours et avec l’effectif de l’intégralité de l’armée terre, Air, Mer et Marines.

  • infiltré_
    infiltré_
    ex étudiant......
    • Posté à 14h05 le 20/09/2009
    • Internaute 44615
      ex étudiant......

    Quelques questions que je me suis posé pendant longtemps et que j’ai donc posé aux officiers militaires que j’ai dans ma famille :

    Ça fait quoi de rentrer à la maison et dire à ses gosses qu’on a « gagné la guerre » alors que les gosses voient bien que votre comportement a changé et qu’en plus vous avez une jambe et un bras en moins... ? ? ?

    Ca fait quoi de savoir que vous avez tué la personne en face de vous mais que vous, rentrez avec des souffrances physique et morale contre une « pension » ? ? ?

    J’attends toujours la réponse...pourtant, je pense que cette absence de réponse est significative et explique bcp de choses

  • eden-saga.com
    eden-saga.com
    webmestre
    • Posté à 16h07 le 20/09/2009
    • Internaute 89905
      webmestre

    Ça veut dire que l’armée américaine est aussi « à la mode » que France-Télécom. A quand les suicidés par les fenêtres de l’Elysée pendant le conseil des ministres ? Vrai, notre gouvernement n’est pas « à la mode »…

    • mauser
      mauser répond à eden-saga.com
      • Posté à 17h27 le 20/09/2009
      • Internaute 4683

      La salle est au rez de chaussée Quoiqu’avec un trempoline et s’ils crient poule en sautant...
      Oups je me suis trompè la réponse était pour infiltrè

  • gérard lambert
    gérard lambert
    travailleur de - pour gagner+
    • Posté à 17h21 le 20/09/2009
    • Internaute 26631
      travailleur de - pour gagner+

    les amerlocks ne sont plus les meilleurs à preuve, à france télécom on les bats largement !
    wouah ! la chetron !
    Sarko super meilleur que Obama
    Wouahh ! ... l’autre ! ...Sarko en string a la maison blanche

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h43 le 21/09/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Pourquoi ne pas parler de ce qui se passe chez nos travailleurs ?

    Le Suicide, c’est la faute aux trente cinq heures ?

    ■ Il faut toujours prendre les suicides avec précaution...mais la négation de certaines responsabilités est insupportable. Ainsi, à écouter le patron de France-Télécom, Didier Lombard, son entreprise fera face à une « mode des suicides » - un mot qu’il a regretté et remplacé par le mot « spirale », mais un mot qui fait très mal.

    L’explication de fond du même Patron laisse pantois : à l’en croire, les salariés « habitués à la sécurité » ne supporteraient pas les changements d’habitudes. Autant dire : « Feignants de fonctionnaires », ça serait plus clair, mais évidemment indicible pour un patron issu de la très haute fonction publique.

    ■ Laurence Parisot, patronne du MEDEF, a pris un autre angle d’attaque.
    Pour elle, « les 35 heures auraient leur part dans la dégradation du climat interne des entreprises ».
    - La course perpétuelle à la rentabilité ? – Les vagues de licenciements ? – L’autoritarisme des managers, dénoncés depuis des années par les sociologues et les syndicalistes : OUBLIES, ENTERRES !

    * Aveugle est celui ou celle qui ne veut pas voir.
    ° Hervé Nathan – Marianne n°648.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Yvon le Zébulon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 16h45 le 21/09/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      ¤ Mon commentaire a été nazé, ce qui me laisse supposer que Laurence Parisot (ou Didier Lombard) lisent les pages de Rue 89.

  • moravagine
    moravagine
    Observateur désabusé
    • Posté à 22h16 le 21/09/2009
    • Internaute 30925
      Observateur désabusé

    Ce qui est très étonnant dans ce genre d’affaire, ce n’est pas tant le suicide que la frénésie de ces jeunes qui se sont empressés d’aller combattre pour leur pays !

    C’est là où l’on voit l’intérêt d’enseigner l’histoire (matière devenue dérisoire). Un Etat déclare une guerre en Irak et en Afghanistan. Quelques années auparavant il en avait fait de même avec des gens qu’il considérait comme des sous-hommes inféodés au communisme et qu’ils allaient balayer comme fétus de paille. Il n’en a rien été et tous ces pauvres combattants sont revenus meurtris, délayés, ont fait l’objet de beaux films (cf apocalypse now).

    Comment comprendre l’engouement des jeunes américains à aller faire les cons sur tous les théatres meurtriers de la planète ? Cela reste pour moi un grand mystère !

    Les USA peuvent s’enorgueillir d’être intervenus sur des conflits majeurs, ils n’ont pas pour autant obtenu la certitude de la justesse de toutes leurs interventions. Et d’ailleurs, nous sommes aussi nous Français, un peu dans le même cas avec nos interventions en Afrique.

    Ce qui me tracasse le plus dans cette histoire, c’est que le commun des mortels ne saisit que de très loin les intérêts en jeu !

    En clair, des soldats français meurent en Afghanistan, où dois-je trouver les raisons de ces décès ? Dans les débats de l’Assemblée Nationale qui n’a pas abordé le sujet ou dans les comptes-rendus de l’armée américaine sur ses supplétifs européens ?