16/09/2009 à 19h29

Non M. Guaino, la fiscalité n'est plus « largement progressive »

Pascal Riché | Redchef Rue89

Lors d’une émission récente de « Parlons net », le club de la presse en ligne de France Info, j’ai eu un petit accrochage avec Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, à propos de la progressivité de l’impôt français. La discussion portait sur la taxe carbone. J’ai remarqué qu’il s’agissait, de nouveau, d’une réforme risquant d’accroître (attention, gros mot) la « régressivité » de la fiscalité française.

On appelle un impôt régressif (par opposition à progressif) celui qui frappe davantage les ménages modestes (proportionnellement à leurs revenus) que les ménages aisés.

« Quand ferez vous une réforme qui remette la fiscalité sur ses pieds républicains ? », ai-je demandé, sachant que notre invité aimait le mot républicain. Henri Guaino a contesté la formulation : « D’abord, la fiscalité française est encore assez largement progressive. » Il m’a mis au défi de le démontrer le contraire. (Ecouter le son)

Audio file

Extrait de parlons net du 11 septembre 2009

Trancher ce débat est plus compliqué que prévu. Je pensais trouver une étude économique récente sur le sujet, mais cela n’existe visiblement pas (ce qui est en soi assez choquant : quand fera-t-on la transparence sur les effets sociaux de l’impôt en France ?).

Même en l’absence d’une étude précise, tout indique que la progressivité des prélèvements fiscaux est en voie de disparition en France. Ce qui pose au passage un problème constitutionnel : l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme, à laquelle renvoit le préambule de la constitution, prévoit en effet que la contribution fiscale doit être payée par les citoyens « en fonction de leurs facultés ». En juin 1993, le Conseil constitutionnel a considéré que cet article faisait explicitement référence à la progressivité.

Pour commencer, voici le tableau simplifié des recettes fiscales de l’Etat, établi par le ministère des Finances.


Laissons de côté l’impôt sur les sociétés, dont il est très difficile de mesurer l’impact final sur les citoyens. Les entreprises le répercutent entre l’actionnaire, le client et le salarié, selon une clé impossible à calculer. Mais de toute façon, il ne pèse que 15% du total.

1

L’impôt sur le revenu (21%) : un impôt rétréci, une progressivité amoindrie

L’impôt le plus progressif de notre arsenal est l’impôt sur le revenu. La progressivité est assurée par le « barème », exprimé à l’aide de taux (dits « marginaux ») par tranche de revenu. Par exemple, un contribuable avec un revenu imposable situé dans la troisième tranche paiera 0% sur les 5 800 premiers euros qu’il a gagnés, 7% sur les revenus situés dans la deuxième tranche, 20% sur ceux situés dans la troisième tranche...

Plusieurs facteurs sont cependant venu émousser sérieusement cet impôt et sa progressivité :

  • Le poids de cet impôt dans notre fiscalité est de plus en plus faible (il représente trois fois moins que la TVA !)
  • La tranche supérieure a été abaissée (à 40%, contre 90% en 1924)
  • Un bouclier fiscal a été instauré (le fisc ne peut pas prendre plus de 50% des revenus par impôt direct)
  • Des tas de « niches fiscales » (réductions d’impôt pour le personnel de maison, pour les investissements dans les DOM, par exemple) s’accumulent...

Sur ce dernier point, la commission des finances de l’Assemblée nationale a publié récemment un rapport particulièrement frappant : du fait de ces nombreuses niches fiscales, le taux effectif de cet impôt décroît pour les très hauts revenus !

Au-delà de 400 000 euros de revenus annuels, il diminue au fur et à mesure que le revenu augmente... « Même si ce segment régressif concerne moins de 1% de la population, c’est désastreux pour le moral général », commente Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

Alors, vous me direz : 37% des ménages, à commencer par les plus modestes, ne payent pas l’impôt sur les revenus.

C’est vrai, mais ils payent la CSG, instaurée à la fin des années 80, et qui porte elle aussi sur le revenu. Certains ont même imaginé de la transformer en « première tranche » du barème. Aujourd’hui, la CSG rapporte plus que l’impôt sur le revenu (4.7% contre 2,9% du PIB). Et sa progressivité est faible.

Mais malgré tout, malgré ses niches fiscales, malgré son amputation par le fameux bouclier, l’impôt sur le revenu reste progressif. Le problème, c’est qu’il ne pèse plus très lourd, et que quasiment tous les autres impôts sont « régressifs ».

2

TVA : le plus gros impôt, 52% des recettes, « régressif »

C’est de loin l’impôt le plus important et c’est un impôt régressif. Pourquoi ? Tout simplement parce que les ménages modestes consomment 100% de leurs revenus, alors que les ménages aisés en épargnent une partie.

Certes, l’injustice de la TVA a été atténuée. Des taux différenciés ont été introduits (par exemple, plus faible pour les produits alimentaires). Mais c’est loin de suffire à faire de notre principal impôt un impôt progressif.

La TVA représente ainsi (selon une étude de l’Insee, chiffres de 2001) 11,5% du revenu disponible des 10% des Français les plus modestes, contre 5,9% pour les 10% des Français les plus riches.


Tableau de l’Insee


3

Les taxes sur le tabac, l’alcool, l’essence : les plus injustes

Quand aux taxes sur le tabac, l’alcool et l’essence (qui peuvent atteindre 80% du prix et qui représentent quelque 9% des recettes fiscales nettes), elles sont extrêmement régressives : les Français du bas de l’échelle boivent et fument autant que ceux du haut, sans parler de l’essence.

Leur budget tabac, essence, alcool est donc, proportionnellement à leur revenu, bien plus élevé. C’est ce que relève une étude de l’Insee :

« La
fiscalité indirecte pèse davantage sur les ménages modestes : ces
ménages consacrent en effet une part beaucoup plus grande de leur
budget aux biens soumis aux accises que les ménages aisés. Le premier
décile acquitte ainsi 4,3% de son revenu en ces taxes, le dernier
décile simplement 1,3%. »

L’ensemble des taxes indirectes (TVA comprise) pèse pour plus de 16,6% dans le revenus des plus modestes, contre seulement 7,6% dans le revenu des plus riches.

4

La sortie de la « progressivité » s’accélère-t-elle ?

Il y a quinze ans, la progressivité de la fiscalité était déjà faible. Selon ce graphique extrait d’une étude de François Bourguignon,
datée de 1998, le fisc prélevait en 1994 15% des revenus des 10% des français les plus
modestes (premier décile) et 20% des revenus les plus importants
(dernier décile) :


Quelle peut avoir la forme de cette courbe aujourd’hui ? Entretemps, plusieurs réformes fiscales ont eu lieu, allant presque toutes dans le sens d’un allègement de l’impôt pour les plus aisés :

  • Allègement de l’impôt sur le revenu (qui ne profite donc pas aux premiers déciles, qui ne le payaient pas)
  • Réduction d’impôts pour l’emploi d’un salarié à domicile
  • Baisse de l’ISF
  • Bouclier fiscal
  • Allègement des droits de succession et donations

La fondation Terra Nova (proche des socialistes) a pris sa calculette pour chiffrer le total des cadeaux fiscaux aux ménages aisés : selon une note publiée cette semaine, depuis 2002, plus de 18 milliards d’euros (soit un point de PIB) « ont été pris dans la poche de tous les Français » (via la fiscalité locale et les prélèvements sociaux) « pour être donnés aux ménages les plus riches ».


Tableau de Terra Nova

Quand un économiste, sur la base des chiffres de 2009, redessinera la
courbe rouge du graphique de Bourguignon, elle aura une forme proche du plat absolu.

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  • Chele
    Chele répond à Pierrrrre
    • Posté à 19h15 le 17/09/2009
    • Internaute 15104

    - « Vous occultez aussi les aides diverses, CMU, RMI, prestations municipales en fonction du quotient familial…qui sont bien des impôts négatifs pour les plus démunis. »
    Voilà les aides sociales transformées en impôts négatifs.
    Qu’en est-il alors des allocations familiales perçues aussi par les riches ?
    Et pourquoi ne pas considérer que les avantages en nature émanant des entreprises (voiture gratuite, bouffe gratuite, frais de représentation -nos chers politiques-...) sont des impôts négatifs.

    - « les travaux sur les biens en location (sur lesquels la CSG est payée en plus de la TVA) »
    J’aimerais que les biens en location soient aussi bien entretenus que ça.
    Par ailleurs, ces travaux bénéficient en partie de baisse d’impôt pour le propriétaire.

    
- ISF... impôts sur lesquels la CSG est payée en plus…
    Tout le monde paie la CSG sur tous les revenus.

    
- « la rentabilité d’une location ne dépasse pas dans ce cas les 2%
    Si c’était le cas, nous assisterions à une vente en masse des biens de location par des propriétaires pressés d’acheter des produits enfin rémunérateurs. Ce n’est pas le cas.

    - “...de si nombreux contribuables préfèrent partir à l’étranger plutôt que de subir la fiscalité française.”
    Quel que soit le taux d’impôts, la catégorie de possédants qui quitte la France à cause des impôts le fait aussi dans les pays où l’impôt est peu élevé pour les riches. Si ce n’était pas le cas, les banques suisses et offshores ne seraient remplies que d’argent français. Ça se saurait.
    Dans la mentalité de cette catégorie de possédants, même un impôt de 10 % est encore trop cher payé.

    - “Pour sortir du rationnel, quelques soient les gains à l’année, envisager une imposition qui dépasse la moitié de ces gains m’apparaît inacceptable, et n’est pas acceptée”
    “Pour sortir du rationnel”, bizarrement, pour un célibataire, ça restera éternellement moins facile de vivre avec 94,5 % de 10.000 euros annuels qu’avec 50 % de 10 millions d’euros annuels.
    “Pour sortir du rationnel”, que vaut-il mieux ? Ne pouvoir manger que 50 % de 10 kg de riz ou pouvoir manger 94,5 % de 10 gramme de riz ?
    Tu vois, ces chiffres -qui correspondent à la réalité des pourcentages et des écarts de revenus- font aussi une grosse tache énervante.
    Quant à l’idée que ça touche tout le monde de devoir donner 50 % de ce qu’on a durement gagné à la sueur de son front, les échelles ne sont pas les mêmes, ni les conditions d’obtention de ces sommes. Ce que gagne une bonne partie des imposés à 50 %, ce n’est pas à la force de leur poignet, c’est à la force de l’habileté de leur gestionnaire. Pendant ce temps là, ils peuvent dormir, ça tombe sans effort.

    - “Augmenter la TVA sur les produits manufacturés permettrait de baisser les taxes à l’emploi ; ainsi le made in France serait moins cher, (au même prix en France parce compensé par la hausse de la TVA)”
    Même en retirant toutes les taxes à l’emploi et aux entreprises, jamais les salaires des ouvriers ne sera au niveau des salaires chinois. Et en compensation de ces taxes, il faudrait augmenter la TVA (cet impôt déjà ultra inégalitaire) de combien ? Le doubler ?
    Donc, les gens gagneraient la même somme d’argent, mais le prix des biens sera devenu inaccessible. Le prix entre biens chinois et biens français sera le même mais aura tellement augmenté qu’on n’achètera moins souvent, moins de biens et des biens moins chers (quelle que soit leur origine). Conclusion : les revenus de la TVA baisseront, et l’état n’aura donc plus de revenus. C’est futé, en effet.
    Par ailleurs, on fait comment avec les biens français dont les pièces sont fabriquées en Chine et assemblées en France ? Et les biens siglés d’une marque française entièrement fabriqués en Chine ?

    - “Augmenter la TVA favoriserait les réparations moins taxées plutôt que l’achat d’un produit de remplacement (souvent made in China) qui serait plus taxé.”
    Les pièces de rechange chinoises seraient plus taxées qu’aujourd’hui mais les pièces de rechange françaises aussi. Donc, même avec une main d’œuvre moins chère, les réparations coûteraient le même prix.
    Et le prix d’un réparateur français coûtera toujours plus cher que le prix d’un ouvrier chinois qui fabrique un nouveau bien.

    
- “Augmenter la TVA et baisser les charges patronales favoriserait nos produits à l’exportation”
    Ben, faudrait bien réussir à les vendre à quelqu’un ces biens qu’on ne pourrait plus acheter ici. Mais bon, faudra quand même que nos salaires sans impôts rivalisent avec les salaires des chinois sinon, ça ne risque pas de se vendre à grand monde vu que les étrangers devront payer aussi notre nouvelle TVA super chère vachement compétitive avec la TVA des autres pays.

    
- “Augmenter la TVA ferait baisser la consommation (pour des produits souvent superflus et made in China)”
    Ben oui, on ne pourra plus acheter des biens devenus trop chers, donc on ne paiera plus de TVA, et hop, y’aura plus de revenus pour l’état puisqu’en plus il n’y aura plus de taxes sur l’emploi. Dans ton petit système, on compensera par une petite augmentation des impôts sur le revenu, histoire de le réduire un peu plus ?
    Juste un renseignement : 1). Si tu veux centrer les revenus de l’état sur la TVA, faudra vendre énormément de biens, sinon, tu risques de te retrouver sans hôpitaux et sans lumière dans les rues. 2). Pour pouvoir acheter des biens, il faudra que les salaires le permettent. Si tu augmentes le prix des biens avec une TVA exponentielle, les gens n’achèteront plus, même des produits de mauvaise qualité. Et si tu veux qu’ils achètent, il faudra augmenter les salaires, ce qui augmentera le prix des biens fabriqués en France. Rebelotte.
    Le processus de délocalisation du travail et de destruction de l’emploi est allé beaucoup trop loin dans les pays industrialisés. Ils ont oublié un tout petit facteur dans leur course au pognon : les consommateurs et les salariés sont les MÊMES personnes. Si tu détruis les salariés, tu détruis des consommateurs. Tu scies la branche sur laquelle tu es assis.

    - “sur le train de la vie, à vouloir freiner la course des wagons de 1ère classe, c’est l’ensemble du train que vous freinez.”
    Mais bien sûr, plus les riches peuvent acheter, plus les pauvres le peuvent aussi, c’est bien connu. D’ailleurs, c’est le cas Depuis 25 ans, les riches se sont enrichis. A mince, c’est pas du tout le cas des salariés “normaux” ni des pauvres. Même que leurs enfants régressent socialement parlant. Merde, y’a une tuile quelque part dans ton système.
    Et puis, c’est connu que quand les riches s’enrichissent, ils se mettent tout d’un coup à cesser d’investir là où ils se sont enrichis afin d’investir dans des trucs utiles à toute la communauté, dans l’industrie, dans l’innovation, dans la recherche, c’est bien connu. Non,non, ils n’investissent plus du tout à la bourse sur des valeurs irréelles.

  • NicolasL
    • Posté à 20h33 le 16/09/2009
    • Internaute 37519

    Article très intéressant pour quelqu’un comme moi qui ne pige pas grand chose à la fiscalité.

    Je me demande cependant si l’on ne peut pas pondérer la part d’un revenu modeste qui part en impôts par le fait qu’une partie de ces impôts seront finalement reversés sous forme d’aides diverses et variées au ménage ou à la personne seule.

    • jojo1er
      jojo1er répond à NicolasL
      27 mars 2010 - No Sarkozy Day
      • Posté à 14h39 le 17/09/2009
      • Internaute 10521
        27 mars 2010 - No Sarkozy Day

      Considérer les aides sociales, et assimilées, comme une imposition négative, c’est oublier un peu vite que les aides sociales visent au moins autant le bénéfice de la société que celui du dit « bénéficiaire ».

      Jojo1er, ...

  • boulettes
    • Posté à 20h39 le 16/09/2009
    • Internaute 90314

    Moins d’impôt sur le revenu et plus de franchises médicales. Moralité : il vaut mieux être (restaurateur) riche et bien portant que pauvre et malade.
    La solidarité selon Sarko...

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 21h12 le 16/09/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Merci pour cet article, qui montre, à travers la fiscalité, comment le monde (il ne s’agit pas seulement de la France) passe de l’économique à la chrémastistique.

    En encourageant l’accumulation, et en pénalisant la consommation et l’investissement, cette politique fiscale de complaisance pour une minorité de la population, entraine, un recul de l’économie, et des conditions de vie de la majorité.

    Comme l’ensemble des réformes annoncées et mises en place par le gouvernement, nous assistons à une véritable restauration de l’ordre monarchique (dans lequel la noblesse était exonérée d’impôts) au détriment du pacte républicain.

  • einna
    • Posté à 21h12 le 16/09/2009
    • Internaute 6227

    vouloir discuter avec Guaino ! ! ! ! ! Cet homme ne discute pas, il consent à parler pour montrer au vulgus pécum que nous sommes comment son président préféré est avisé car bien conseillé.
    pour l’impôt, bien sûr il frappe les classes modestes et les classes moyennes, différemment puisque les classes modestes ne payent pas l’impôt sur le revenu mais sont axées par la TVA , la CSG et la TIPP tandis que les classes moyennes ont en plus l’impôt sur le revenu et les impositions locales.
    il pourrait aussi être intéresant de comparer en fonction des disponibilités financières, quel est le pourcentage de l’impôt payé par chaque catégorie de français, c’est à dire en tenant compte des revenus bien sûr mais aussi de toutes les rentrées d’argent non imposables et avantages en nature (style véhicule et carburant de fonction) - en commençant par nos élus.
    j’ai eu la surprise d’apprendre que dans certaines administrations le véhicule de fonction pouvait avoir un usage personnel et comment distinguer la part de carburant à unsage prop ou perso quand le réservoir se remplissait dans les services administratifs (ma naïveté est grande- je sais)

  • Servais-Jean
    • Posté à 21h20 le 16/09/2009
    • Internaute 4591
      43

    Heureusement que pierrrrrrrrre est venu tempérer et surtout préciser le « papier » de Pascal Riché car j’étais sur le point de penser que cet article avait été pompé sur le Figaro tellement il me paraissait impartial et surtout bien documenté.

  • Deepblou
    Deepblou
    Etudiant
    • Posté à 21h24 le 16/09/2009
    • Internaute 90336
      Etudiant

    Sans aucun parti pris.

    Selon un cours d’économie publique de l’université de Grenoble, la TVA est légèrement progressive.
    Ceci pour deux raisons :
    -Ce qui est épargné et donc non consommé dans un temps t1 est consommé dans un temps t2 et donc soumis a l’impôt.
    -Le taux de TVA est inférieur pour les biens de première nécéssité, biens qui occupent une plus large partie des dépenses des ménages les plus modestes.
    Mais ce « degré de progressivité est limité quantitativement » :
    -La structure de consommation de 90% des ménages ne varie pas beaucoup
    -Il n’y a pas que des biens ne premières nécéssité qui bénéficient d’un taux de TVA inférieur.

    Toujours selon ce cours
    En 2007
    La fiscalité permet de passer d’un ratio entre les revenus équivalent adulte avant distribution des 1ers et 5ème quintiles de 6,8 (le premier quintile gagne 6,8 fois moins que le 5eme) a un ratio de 2,6 entre les revenus finaux (après redistribution, école, santé etc...)

    Ceci grace au système fiscale :
    « Le système fiscale (cotisation sociales, impôts sur le revenu, prestations primes pour
    l’emploi) entraine une baisse de 10% du revenu net moyens des 20% les plus riches et une hausse de 60% du revenu net moyen des 20% les plus pauvres. Il y a donc une redistribution importante qui vient essentiellement de l’impôt sur le revenu : il explique 15% de la réduction totale des inégalités. Le reste : les prestations familiales : 15%, les aides au logement 8% et les minima sociaux 8%. »

    Mais surtout aux prestations sociales :
    « Les dépenses de santé et de logements contribuent pour plus des deux tiers à la réduction des
    inégalités. L’éducation est le transfert le plus important à ce titre avec une contribution à la
    réduction des inégalités pour 36%. La santé à hauteur de 30%. »

    Les citations de ce cours sont entre guillemets.

    Donc l’impôt permet de réduire les inégalités mais le plus gros de la redistribution se fait par les dépenses de santé et d’éducations.

    • jck
      jck répond à Deepblou
      • Posté à 00h52 le 17/09/2009
      • Internaute 27688

      « -Ce qui est épargné et donc non consommé dans un temps t1 est consommé dans un temps t2 et donc soumis a l’impôt. »

      Le problème c’est que le revenu qui n’est pas consommé est placé en valeurs, mobilières et immobilières, qui vont rapporter des revenus secondaires bien supérieur à ce qu’ils payeront en tva

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Deepblou
      non connue
      • Posté à 01h01 le 17/09/2009
      • Internaute 82025
        non connue

      Je ne sais pas qui vous a fait le cours sur la TVA, mais visiblement il est fâché avec l’INSEE :
      Regardez la tableau montrant l’effort TVA par décile. Cet effort croit (en proportion des revenus) lorsque les revenus diminuent.

      La TVA est un impôt fondamentalement injuste, les chiffres le montrent.

      • Deepblou
        • Posté à 09h59 le 17/09/2009
        • Internaute 90336
          Etudiant

        « Le problème c’est que le revenu qui n’est pas consommé est placé en valeurs, mobilières et immobilières, qui vont rapporter des revenus secondaires bien supérieur à ce qu’ils payeront en tva »

        Et qui seront a leur tour imposé en TVA.

        « Regardez la tableau montrant l’effort TVA par décile. Cet effort croit (en proportion des revenus) lorsque les revenus diminuent. »

        L’étude porte sur un an le temps t2 n’est donc pas pris en compte.
        Il faudrait regarder véritablement sur la durée de vie de chaque ménage.

         
        • Azza
          Azza répond à Deepblou
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 12h31 le 17/09/2009
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          Votre probleme peut etre resolu en raisonnant sur des quantites integrales.

          Par definition, ce qui n’est pas consomme par un menage est accumule sous forme de capital. Le capital au temps t d’un menage est l’a somme integree sur le temps de la difference entre ses rentrees et ses sorties. Il n’est pas necessairement proportionnel aux revenus (car il peut etre le produit d’une epargne sur une tres longue periode, ainsi que de faibles depenses), mais dans l’ensemble, il y est fortement correle.

          Bref, par definition, les gros revenus avec un gros capital ont depense moins en impot que les faibles revenus sans capital pour chaque euro (ou franc) recu au cours de leur histoire familiale (leur revenu integree sur le temps).

          On peut donc se contenter de regarder a l’instant t.

        1 autres commentaires
    • Chele
      Chele répond à Deepblou
      • Posté à 20h20 le 17/09/2009
      • Internaute 15104

      - « Le taux de TVA est inférieur pour les biens de première nécéssité, biens qui occupent une plus large partie des dépenses des ménages les plus modestes. »

      Attention aux chiffres, ils ne reflètent pas la réalité de la vie.
      Regardez vos factures d’électricité, de gaz, de téléphone dont un ménage modeste ne peut se passer.
      Electricité : entre les différentes TVA et taxes + les taxes sur les taxes (eh oui, regardez bien), je paie 24 % de taxes. Et j’ai un abonnement social.
      La facture de gaz m’impose à 19,6 % sur l’abonnement (compteur...).
      Regardez aussi votre facture d’eau, m’étonnerait que l’abo et le compteur soient à 5,5%.
      Le téléphone, indispensable à qq qui cherche un emploi est à 19,6%, même avec un abo social.
      L’achat d’un frigo, lave-linge, d’un matelas dont on ne peut se passer aujourd’hui est à 19,6 % même si on n’en achète pas un tous les mois.
      Que dire d’un ménage modeste qui n’habite pas en centre-ville, pas dans une ville équipée de transports en commun et qui travaille ne serait-ce qu’à 10 km de chez lui, là où il n’y pas de train. Abonnement de bus, abonnement de train, achat de voiture, achat d’essence, entretien de la voiture, son assurance ne sont pas imposés à 5,5 %. Et ils ne peuvent s’en passer.
      Il faut un minimum de vêtements et de chaussures qu’on ne peut réduire indéfiniment, la taxe n’est pas à 5,5 %.
      Il faut au minimum entretenir son logement, les produits, même si on en achète très peu, ne sont pas à 5,5 % de taxe.
      L’assurance obligatoire du logement n’est pas à 5,5 %.

      NON, un ménage modeste ne PEUT PAS réduire certains postes budgétaires et ne vit pas ESSENTIELLEMENT de nourriture taxée à 5,5 %.
      Et même la nourriture, je vous garantis qu’on ne mange pas la même chose suivant ses revenus et qu’on peut baisser la facture (et donc la quantité de TVA) : plus de fromage, plus de fruits, plus de viande, plus de yaourts...

      Je vis depuis 6 ans avec 694 euros/mois pour un loyer de 435 euros/mois (qui n’a pas augmenté). Et je n’ai PAS de revenus « cachés ». Je sais VRAIMENT de quoi je parle.
      Donc NON, l’essentiel de mes dépenses n’est pas taxé à 5,5%. NON, je ne dépense pas en majorité pour ma nourriture (qui représente environ 20 % de mes dépenses), c’est à dire proportionnellement beaucoup moins que quand j’avais des revenus corrects.

      On ne dépense pas plus de nourriture et moins de chauffage, non, on baisse TOUS les postes qu’on peut baisser, nourriture, chauffage, lumière, savons, brosses à dent...

      Et on paie pareil que les autres pour les assurances, l’essence, pour les loyers (vous êtes au courant qu’il n’y a pas beaucoup de places vacantes en HLM et que de toute façon, quand on a plus de revenus, on n’obtient pas de nouveau logement, même en HLM. Là aussi, je sais de quoi je parle), pour certains transports...

      Je répète : je dépense proportionnellement moins pour les biens de première nécessité peu taxés aujourd’hui que quand j’avais des revenus corrects. Et beaucoup de « biens de première nécessité » réellement indispensables sont taxés à 19,6.

      Donc « Le taux de TVA est inférieur pour les biens de première nécéssité, biens qui occupent une plus large partie des dépenses des ménages les plus modestes » est FAUX.

      Faîtes gaffe avec les chiffres et ce « qu’on » raconte en matière d’économie, nom de dieu.

      Et NON, je n’ai pas d’adsl, je pompe l’ordi de mon voisin.

  • Aurélien_de_R
    Aurélien_de_R
    chercheur
    • Posté à 21h40 le 16/09/2009
    • Expert 90338
      chercheur

    Bravo pour ce travail d’information ! Pas anecdotique, essentiel, politique au sens noble. J’espère qu’il sera repris demain sur les radios et les télés (et qu’on entendra Thomas Piketty).

  • umff
    umff
    ...
    • Posté à 21h49 le 16/09/2009
    • Internaute 83477
      ...

    Pascal Riché, pouvez vous définir « les catégories les plus favorisées » ? question récurrente à chaque fois que j’entends la phrase « Sarko donne au plus riche ». Je n’ai jamais eus de réponse et j’aimerais bien savoir me situer.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à umff
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 07h57 le 17/09/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      C’est une pure convention. Par exemple, on peut prendre le dernier décile : les 10% des ménages ayant les revenus les plus importants.

    • Tassin
      Tassin répond à umff
      Inquiet
      • Posté à 13h16 le 17/09/2009
      • Internaute 70606
        Inquiet

      Vous pouvez toujours trouver dans quel décile de niveau de vie vous êtes situé.

      Lien

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h02 le 16/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Il est possible de supprimer l’effet pervers de la TVA, en la compensant socialement.
    J’avais proposé récemment (le 8/09) à Rue89 un article sur le sujet... ?

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 22h06 le 16/09/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Et encore, dans l’article (très intéressant), on ne parle pas des majorations de 10% tous les 3 mois pour les impôts impayés ou payés en retard (qui sont le fait des foyers fiscaux les plus vulnérables et pas seulement de « poujados mauvais payeurs »), les saisies sur salaire ou sur compte, facturées jusqu’à 100€ par les banques et le refus de la part de l’admininistration fiscale de mensualiser automatiquement les personnes à faibles revenus, sous prétexte qu’elles ne sont pas « économiquement viables ».
    L’essence est taxée à 80%, ce qui ne manque pas de pénaliser les ménages ruraux aux faibles moyens, et ça ne va pas s’arranger avec la taxe carbone.
    Quant aux taxes sur l’alcool et les cigarettes qui rendent leur prix prohibitifs, elles naîssent d’une volonté de l’état de ne pas tuer la vache à lait trop vite
    C’est de cette manière que l’état et « M. Gouano » envisagent la « fiscalité progressive ».

  • yalienx
    • Posté à 22h11 le 16/09/2009
    • Internaute 66859

    Article intéressant... mais à moitié seulement ! Car vous oubliez des éléments importants dans votre analyse : vous vous concentrez sur les impôts et oubliez le parafiscal !

    Quelques exemples (non exhaustifs) :
    - des parents souhaitent inscrire leur enfant à l’école de musique communale. S’ils sont aisés, ils paieront 240 euros l’année, pendant que les plus modestes paieront 30 euros (chiffres susceptibles de varier selon les communes bien entendu).
    - c’est la même chose pour les cantines scolaires, les centres de loisirs, les crèches, etc. En gros, tout ce qui touche à l’enfant. Et c’est en fait la même chose pour les adultes qui souhaitent exercer une activité sportive ou culturelle.
    - idem pour les impôts locaux (plus la maison est grande...)

    Et il existe des dizaines d’exemples comme ceux-là. Une étude sur la progressivité de l’impôt (au sens large) devrait prendre en compte l’intégralité des sommes acquittées par les ménages au bénéfice de la collectivité.

    Par ailleurs, il faut souligner que le problème de ce genre d’article est qu’il donne l’impression que les gens qui « gagnent bien leur vie » ne paie pas leur du à la collectivité. Or, il faut préciser que la « régressivité » de l’impôt ne concerne qu’une toute petite minorité de contribuable (les très très riches). Pour le reste de la population, jusqu’aux classes moyennes supérieures (que certains regarderont même comme des classes supérieures tout court), l’impôt reste bel et bien progressif : ils ne bénéficient pas du bouclier fiscal, ne sont pas assez riches pour défiscaliser ou localiser une partie de leurs revenus à l’étranger par exemple. Et ce sont eux (toute la classe moyenne) les pourvoyeurs de recettes fiscales en France. Chez les très riches, on constate une réelle régressivité de l’impôt.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 22h13 le 16/09/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Oser parlez de progressivité de l’impôt à un conservateur français, c’est du sadisme pur !

    Je ne connais que la «  upper middle class  » californienne qui soit aussi allergique à l’équité fiscale que la classe moyenne supérieure française (avec le sentiment de caste en moins)  !

  • hagalma
    • Posté à 22h16 le 16/09/2009
    • Internaute 8451

    Un article sur les impôts où je ne me suis pas emmerdé une seule seconde : clair, documenté, avec un effort de recherche et de pédagogie. Allez, je vous envoie un petit sms taxé !

    Je crois que le thème de l’impôt sera LE thème de la présidentielle 2012, passé la gueule de bois de l’épisode Sarkozy. Sera, ou devrait l’être. La gauche gouvernementale saura-t-elle nous parler des impôts autrement qu’à la vieille manière (en disant qu’il faut payer la note du prédécesseur et demander à chaque français un effort supplémentaire) ? Saura-t-elle aborder cela sans religiosité (mea culpa, payons) et mysticisme (l’impôt juste) ? Pour sûr, convaincre la clientèle de TF1 ne va pas être chose facile, car question régressivité, hein...

    • ThePhysicist
      ThePhysicist répond à hagalma
      Critique avisé
      • Posté à 23h54 le 16/09/2009
      • Internaute 40931
        Critique avisé

      On aimerait tous une nuit du 4 Aout fiscale, mais cette nuit prendrait un quinquennat entier : (

      A moins que comme de Gaulle un président ait la bonne idée de faire ça par ordonnance.... (plan Pinay-Rueff)

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à hagalma
      Restaurateur
      • Posté à 01h50 le 17/09/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Entièrement d’accord avec votre analyse.
      Revoir sans tabou toute la fiscalité française sera le plus grand chantier lors de l’alternance. Le plus tôt sera le mieux pour les finances de l’Etat, l’amélioration de notre bilan écologique et le maintien d’une cohésion sociale. Votez !
      La mise en place d’une TVA socio-éco-logique sera sans aucun doute le seul moyen de retrouver une manne financière pour permettre des changements radicaux dans la société. Effectivement, il sera nécessaire d’user de beaucoup de pédagogie pour expliquer les mécanismes et les avantages de cet impôt « apparemment » injuste aux citoyens.
      Récupérer les 100 milliards de fraudes sociales et fiscales qui grèvent le budget de la France et de l’Europe fera partie de cet immense challenge que j’appellerais « déballage du paquet fiscal ».
      Une chose est sûr, il faut éviter de compter sur les propositions du PS actuel, elles sont sous influence d’économistes qui pensent relance par la baisse de la tva pour aider les ménages à consommer et taxation maximum des plus riches qui se foutent des frontières fiscales.
      XD restaurateur d’une imposition indirecte progressive

    • Guilain
      Guilain répond à hagalma
      salope éthique
      • Posté à 15h46 le 17/09/2009
      • Internaute 57330
        salope éthique

      Pareil pour moi, merci Pascal : -)

  • ThePhysicist
    ThePhysicist
    Critique avisé
    • Posté à 22h34 le 16/09/2009
    • Internaute 40931
      Critique avisé

    Bonjour,

    « Des tas de “ niches fiscales ” (réductions d’impôt pour le personnel de maison, pour les investissements dans les DOM, par exemple) s’accumulent… »
    Et sans oublier la prime pour l’emploi....

    « Alors, vous me direz : 37% des ménages, à commencer par les plus modestes, ne payent pas l’impôt sur les revenus. “
    Mes chiffres indiquent plutôt vers les 50%.

    Répartition de l’impôt sur le revenu (y compris PPE) par déciles :
    Décile // IR2000 // IR2003
    1 0% -0.2%
    2 0% -1.7%
    3 0.1% -2.4%
    4 1.0% -1.7%
    5 2.2% -0.9%
    6 3.6% 2.5%
    7 5.6% 4.3%
    8 8.7% 7.6%
    9 14.6% 14.9%
    10 64.2% 75.9%
    (Concentration de l’IR sur les tranches hautes).

    Source : Sénat rapport 343
    Lien

    >>> Pasacal Riché vous trouverez ici le graphique du taux net d’imposition sur le revenu (net à payer/revenu déclaré) par fractiles de revenu en 98, 2002, et 2005 :
    Lien
    p38

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à ThePhysicist
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 23h06 le 16/09/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Merci de vos précisions The Physicist

      1) Le chiffre de 37% que je cite. La source est l’Insee, portrait social 2008 :
      Lien
      Page 81

      2) La prime pour l’emploi : elle représente 3 millards. A comparer aux 20 milliards versés de l’autre côté de l’échelle. Par ailleurs est-on là dans le domaine de la fiscalité (impôt négatif) ou de la prestation sociale (aide au retour à l’emploi) ?

      3) Le tableau que vous présentez est la répartition de l’IR, il n’est pas incompatible avec celui qu’évoque, la répartition par pourcentage des revenus prélevés (de 0 à 25%, en gros, entre le premier et le dernier décile). L’IR reste progressif, même s’il a été rogné de partout.

      4) Dans l’étude (passionnante) de Landais que vous nous proposez, on voit bien, sur le graphique de la page 38, que l’IR perd sa progressivité de 1998 à 2005 (les 10% des ménages les plus riches payaient 32% de leur revenu en 1998, et seulement 25% en 2005). Et cela s’est poursuivi ensuite...

      • ThePhysicist
        ThePhysicist répond à Pascal Riché
        Critique avisé
        • Posté à 23h45 le 16/09/2009
        • Internaute 40931
          Critique avisé

        Bonsoir !

        Pour le 1. disons qu’un très fort pourcentage des ménages ne paient pas l’IR (ce qui -et c’est mon opinion ici- n’est pas « juste »).

        Point n°2 : Comparer les 3 milliards aux 18 milliards d’allègements fiscaux recensés par TerraNova n’est pas très « honnête »...
        D’une part parce que la PPE n’est pas l’unique niche, et d’autre part parce que techniquement alléger l’impôt un petit peu pour les plus aisés représente beaucoup d’euro ... l’IR des moins aisés est déja à 0 (et même négatif avec la PPE) :) => parler en pourcentages et en ratio pour que les données soient normalisées.
        La PPE est une sorte d’impôt négatif déguisé ... une jolie usine à gaz à la Française quoi. Voir plus bas mon avis sur l’impôt négatif.

        Point n°3 : Je ne l’ai pas mis par esprit de contradiction, simplement pour apporter des informations. Il montre simplement qu’en prenant en compte la PPE, les ménages les plus aisés contribuent plus qu’avant à l’IR et les ménages les moins aisés y contribuent « négativement ».
        Voir plus spécifiquement cette page du rapport
        Lien
        Je suis en tout cas plutôt d’accord avec vous sur la progressivité de l’imposition.
        Personnellement je suis en faveur d’un impôt négatif global (taux unique + allocation universelle) :
        Lien

        Point n°4/ l’étude, oui l’IR semble perdre en progressivité pour les très hauts revenus (note : graphique hors PPE).

        Voila :)

         
        • Pascal Riché
          Pascal Riché répond à ThePhysicist
          Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
          • Posté à 00h18 le 17/09/2009
            éditeur
          • Journaliste 7
            Redchef

          1. Tout le monde ou presque le paye (mais il s’appelle CSG pour les moins riches)
          2. J’accepte votre critique, il faudrait creuser cela.
          3. Pas d’accord : les ménages aisés contribuent bcp moins, et les ménages modestes contribuent négativement. C’est l’ensemble qui se dégonfle comme une baudruche. L’impôt sur le revenu représente moins de 3 points de PIB, à peine un tiers du déficit budgétaire actuel !

          Etes vous pour le revenu d’existence ?

          • ThePhysicist
            ThePhysicist répond à Pascal Riché
            Critique avisé
            • Posté à 01h46 le 17/09/2009
            • Internaute 40931
              Critique avisé

            1. Je ne contredirai pas cela :) Mais ça n’est plus l’IR stricto sensu
            2.
            3. Vous m’avez mal compris : Les ménages aisés contribuent plus à l’IR en pourcentage du total de l’IR, pas en chiffres absolus. Nous sommes tout à fait d’accord sur le fait que l’IR ne représente plus grand chose dans la fiscalité globale.... et nous le déplorons tous les deux (car même si il n’est pas parfait il est plus équitable que la TVA par exemple).

            Revenu d’existence > Par exactement, disons que l’allocation universelle serait tout de même conditionnée à une recherche d’emploi ou au moins certains activités type bénévolat sous certains conditions.
            Je pense un revenu d’existence injuste si il est alloué sans aucune contrepartie.

        2 autres commentaires
  • JC.H
    JC.H
    Poitiers
    • Posté à 23h25 le 16/09/2009
    • Internaute 25850
      Poitiers

    Article très intéressant qui met en évidence indirectement la difficulté qu’il y a à savoir quelle est la situation fiscale réelle. Par choix politique la législation fiscale est devenue une sorte de gruyère ou pour le dire autrement une rue en sens interdit qu’un assez grand nombre de personnes auraient le droit de prendre malgré tout.
    Une chose mérite d’être remarquée : les 15 % de l’IS. Il y a 7 - 8 ans c’était 22 % (à peu près le même ordre de grandeur que l’IR).
    Il n’y a pas que la baisse de l’activité qui l’explique. Il y a aussi la multiplication des hypothèses où les plus values professionnelles ne sont plus imposées :
    – en deçà d’un certain montant
    – au moment du départ en retraite : quel que soit son montant la plus value n’est plus imposée (imaginez le gain pour celui qui a créé un hypermarché !). Que la plus value jusqu’à un certain montant ne soit pas imposé, on pourrait le comprendre, mais pas toute la plus value
    – lorsqu’une société cède une filiale, là encore la plus value n’est plus imposée. Cela veut dire qu’aujourd’hui il y a tout intérêt à faire une holding avec des filiales et ne céder que des filiales
    – et bientôt les plus values sur titres (actions) ne seront plus imposées, lorsque les titres auront été détenus depuis 8 ans.
    Le plus extraordinaire est que cela est fait au nom de la revalorisation du travail !

    • ThePhysicist
      ThePhysicist répond à JC.H
      Critique avisé
      • Posté à 23h49 le 16/09/2009
      • Internaute 40931
        Critique avisé

      « Une chose mérite d’être remarquée : les 15 % de l’IS. Il y a 7 - 8 ans c’était 22 % (à peu près le même ordre de grandeur que l’IR). »
      Ce sont les chiffres de 2009 => crise.
      46 M€ en 2007 (52M€ avec l’IFA) par exemple.

      • JC.H
        JC.H répond à ThePhysicist
        Poitiers
        • Posté à 13h36 le 17/09/2009
        • Internaute 25850
          Poitiers

        Reste que j’aimerais bien avoir le montant de la perte de recette fiscale liée aux hypothèses d’exonération de l’impôt sur les plus values professionnelles.
        Car comme mesure pour « acheter » la clientèle des entreprises elle est extra.

  • Da
    Da
    vide
    • Posté à 23h30 le 16/09/2009
    • Internaute 32503
      vide

    Z’avez vu les pubs en bas de l’article ? Jusquà 45000€ d’économies sur mes impôts ! ! ! ! ! ! ! Mais personne ne veut le payer cet impôts sur le revenu, ma parole.
    C’est tellement plus simple, la TVA : pas de déclaration à faire, pas de prise de tête pour en lâcher moins... C’est soit 5 soit 20% de ce que tu dépenses... rien senti.

  • otok tone
    otok tone
    Vieux
    • Posté à 23h49 le 16/09/2009
    • Internaute 90346
      Vieux

    Juste 2 mots sur le débat :
    L’impôt sur le revenu est évalué à 52 milliards alors que le montant estimé des niches fiscales est de plus de 70 milliards. Attention il y a dans les niches des choses aussi diverses que la demi part des veuves et les investissements dans le cinéma.
    Beaucoup de gens dépensent tous leurs revenus, certes, mais toutes les dépenses n’ont pas le même taux de TVA, et certaines sont même hors TVA (le loyer ou les achats d’occasion par exemple).
    On peut voir aussi que pour les loyers, le locataire paye son loyer avec des revenus qui ont subi l’impôt direct et le bailleur paye également l’impôt sur le loyer perçu. Exemple d’effet cumulatif de l’impôt sur la même somme d’argent. On peut aussi parler de la CGS imposable, c’est à dire un impôt sur de l’argent que l’on ne perçoit pas. Et enfin des impôts invisibles : sur votre feuille d’impôt local vous verrez que la somme est augmentée d’un montant forfaitaire intitulé : « frais de gestion ».
    Pour l’impôt sur les sociétés, le raisonnement est bizarre. En fait seules les sociétés qui font des bénéfices payent cet impôt. Et les entreprises n’ont que deux sources de revenus : les ventes de biens et services, et la spéculation. Majoritairement les ventes de biens et services ont un client final qui paye la note globale : dont les bénéfices de l’entreprise, dont l’impôt sur les bénéfices et autres taxes diverses. Le prix final étant assaisonné de TVA.
    Mais comme le note un autre commentaire, il faut prendre en compte la totalité des flux dont la redistribution et pas seulement les prélèvements.
    Là encore ne pas oublier outre les diverses allocations les intérêts de la dette qui redistribuent 50 milliards à ses détenteurs.

  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 23h58 le 16/09/2009
    • Internaute 4892
      walz

    l’impôt progressif est le seul impôt juste.

    en France, cet impôt est très largement en voie de disparition, et l’injustice et les inégalités augmentent.

    nous sommes dans la droite ligne de l’aire Thatcher/Reagan, dont les conséquences néfastes n’ont pas fini de se faire sentir... malheureusement.

    merci à vous de le rappeler enfin ! ! !

    c’est à la fac de Droit de Strasbourg, et donc pas un des endroits les plus « progressistes » de France, qu’on m’a appris ça !

    bien @ vous,

    nicogé
    Lien

  • protee
    • Posté à 01h09 le 17/09/2009
    • Internaute 7907

    Euh, et l’imposition des journalistes, vous pouvez nous en parler ? Vous-même, monsieur Riché, combien d’impôts payez-vous ? Votre rôle dans la résistance pendant la seconde guerre mondiale le justifie-t-il vraiment ? Merci

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à protee
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 08h08 le 17/09/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      J’ai droit à un abattement, sur mes revenus, pour frais d’emploi, de 7 650 euros.
      C’est une « niche » qu’il faut supprimer.
      Après la seconde guerre mondiale, il fallait aider la nouvelle presse. Pour que l’aide ne soit pas directe (et que la presse reste indépendante) des tas de trucs avaient été imaginés : aide par les tarfifs postaux, tarifs de téléphone, taxes réduites pour les journaux, et abattement pour les journalistes...
      Cette niche est une aide à la presse déguisée. Il faut la supprimer et la remplacer par une autre aide à la presse (moindre TVA par exemple).

  • muji
    muji
    français
    • Posté à 01h42 le 17/09/2009
    • Internaute 84382
      français

    Bravo pour cet article et vive l’impôt (progressif) !
    Quel politique osera reconnaître que l’impôt n’est en rien un frein à l’économie mais au contraire un moteur ? Les socialistes, au travail !

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à muji
      Restaurateur
      • Posté à 01h53 le 17/09/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Clair, il n’y a qu’à regarder le bilan de Bush après 10 ans de baisse d’impôts.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 05h26 le 17/09/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Alors que la crise économique ne fait que commencer, qu’une nouvelle crise financière est en vue, certains donnent l’impression de toujours discuter du sexe des anges...
    Il y a par exemple, quelque chose de pathétique dans les gesticulations du Président Sarkozy à propos des primes des traders, qui de toutes façons seront toujours versées d’une façon ou d’une autre. Toutes ces gesticulations, ces danses autour du paquet de rustines apparaissent comme dérisoires, signes d’une totale impuissance, bercés d’un slogan tiré de la méthode Coué : « ça va beaucoup mieux ». On s’en reparlera dans quelques mois...

  • leo.artaud
    leo.artaud
    homme de l'être
    • Posté à 05h28 le 17/09/2009
    • Internaute 14765
      homme de l'être

    très intéressant ! mais sur les niches fiscales je suis dubitatif... Plus on est riche et plus on peut payer du service... c’est une forme de contribution active ! (je trouve)

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h32 le 17/09/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    l’mois de septembre, avant ct la toussaint des portes monnaie

    asteur c’est tous les mois

    pis comme dit toujours jm, c vous qui vous ètes foutus dedans

    et c pas fini

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 09h35 le 17/09/2009
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Il est assez facile de mesurer qu’un salarié modeste va payer un bon mois d’IR (environ un trimestre de revenus est consacré aux divers prélèvements fiscaux et sociaux !), ce qui n’est probablement pas le cas du dernier décile...
    En tout état de cause, je prétends que, par définition, ceux qui touchent les plus gros revenus sont ceux qui bénéficient le plus des infrastructures administratives et matérielles mises en place par la collectivité.
    (Je les imagine mal, quels que soient leurs mérites et compétences, s’enrichir beaucoup en déplaçant des tas de sable dans un désert !)
    En conséquence, quelle que soit la masse des sommes qu’ils versent à la collectivité, elle est loin de refléter les bénéfices qu’ils en retirent.
    Qu’ensuite ils viennent prétendre que c’est grâce à leurs investissements que fonctionne l’économie est du dernier mauvais goût : ce n’est vrai que pour « leur système » ; je suis persuadé que l’économie serait beaucoup plus dynamique si leurs « patrimoines » (à l’origine souvent douteuse, fruit de rapines ancestrales) étaient « nationalisés ».

  • Nondupe
    • Posté à 09h39 le 17/09/2009
    • Internaute 16772

    « Je ne serai pas le président des hausses d’impôts ».
    Sous -entendu, je vous niquerai avec de nouvelles taxes.

    Taxe sur les cartes grises, taxe carbone, etc...
    Et en même temps, je baisse les aides comme par exemple, la crédit d’impôts pour les économies d’énergie qui va (quasi)disparaitre au moment où la taxe carbone apparait...Curieux ?

    La question de la fiscalité indirecte est une plaie puisqu’elle est totalement inégalitaire. Mais c’est bien une marque imposée par les plus riches sur les plus pauvres.
    Un système réellement démocratique (au sens ou il existerait une solidarité dans ce pays) serait un impôts direct à la source.

    Mais cela, il ne semble pas que nos gentils politiques y soient prêts.
    Quant à la notion galevaudées par les possédants qu’ils sont indispensables pour faire tourner la machine (qui est d’ailleurs bien grippée), il ne faut pas trop croire à leur philanthropie, ni à leur pertinence.
    Ils roulent avant tout pour leur compte, sans se soucier des autres...
    Et la crise financière récente montre bien que s’ils s’étaient montrés un peu moins prédateurs, plus intelligents et cohérents, ils nous auraient éviter cela. Parce que c’est tout de même les moins riches qui vont trinquer le plus.
    Les 1700 milliards donnés aux banques (entre autres), ils sortent bien de nos caisses dont on nous rabâche sans cesse qu’elles sont vides. Apparemment pas pour tout le monde.
    A vot bon coeur, monseigneur !

    • xaxa
      xaxa répond à Nondupe
      • Posté à 15h06 le 17/09/2009
      • Internaute 88669

      « 1700 milliards donnés aux banques “

      Vous parlez pour la France seule ou pour toute l’Europe ?

      (Note : on en est à 106 milliards engagés, la majeure partie en garantie (non dépensée donc). Cf Cour des Comptes)

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