Les Inrocks 13/09/2009 à 16h21

Les grands écoles fabriquent-elles des tueurs ?

Patrick Williams | LesInrocks.com

Alors qu’on réfléchit en vain à limiter les bonus, Florence Noiville, dans son livre « J’ai fait HEC et je m’en excuse » prend le problème à la base et explique qu’il est urgent de réformer l’éducation des puissants.


Université d’été du Medef à Polytechnique, le 1er septembre 2008 (Charles Platiau/Reuters)


Les grandes écoles fabriquent-elles des tueurs ? Ces vénérables institutions -HEC, Polytechnique et autres Mines- ont-elles façonné les desperados en costars cravates qui sont responsables de la crise ?

C’est la thèse percutante du livre de Florence Noiville « J’ai fait HEC et je m’en excuse » (ed. Stock). Certes on ne s’attendait pas à ce que ces fleurons éducatifs produisent des militants altermondialistes ou des punks à chiens. Mais son constat est sévère.

Selon elle, la seule philosophie qui y règne est « greed is good » (« l’avidité est bonne ») ou ce qu’elle appelle MMPRDC (« Make more profit, the rest we don’t care »). Ces écoles tant admirées, rêve de tout parent, formeraient ainsi des as du management et de la finance sans jamais essayer de leur inculquer un minimum de valeurs, de souci éthique.

« On n’y apprend pas à se remettre en cause, explique-t-elle. On en sort gonflé du sentiment de sa propre importance, omubilé par la seule réussite économique. ».

Des élites « déréglées »

L’originalité de son ouvrage ? Alors qu’on réfléchit en vain à limiter les bonus, Florence Noiville, elle, prend le problème à la base, « au moment où les esprits se forment », et explique qu’il est urgent de réformer l’éducation des puissants. Comment espérer réguler le système, comme s’y essaient à nouveau les gouvernements au G20 de Pittsburgh, si les grandes écoles à travers le monde produisent des élites « déréglées » ?

Le mathématicien Denis Guedj ne disait pas autre chose l’an passé quand il dénonçait dans Libération les « jeunes golden génies » de Dauphine qui, encouragés par leurs profs, ont totalement dévoyé les mathématiques en créant des produits financiers aussi rentables que toxiques. Commentaire de Florence Noiville :

« Ces écoles prennent les plus brillants des jeunes des prépas et en font des gens qui non seulement n’apportent rien au corps social mais quelquefois même lui nuisent ! Quel fantastique gachis de cerveaux ! »

Certes ces dernières années, les business schools ont vu fleurir des cours d’alter-management, de business social, de développement durable. Mais pour l’auteur, ces tentatives restent trop minoritaires, alibis sympathiques dédaignés par de nombreux étudiants.

« Beaucoup de ceux que j’ai rencontrés considèrent que l’éthique, c’est du pipeau. Songez qu’un an après la déroute financière, les cours de morale des affaires ne sont toujours pas obligatoires à HEC ! »

« Je n’enseignais qu’aux freaks du campus »

Même son de cloche du côté d’Elisabeth Laville, ancienne HEC et fondatrice de Utopies, un cabinet de conseil en développement durable :

« J’ai donné des cours à HEC en 2000 sur le sujet, mais j’ai arrêté au bout de quelques temps. J’étais déçue que toutes les matières un peu “responsables” ne soient qu’optionnelles. Résultat : je n’enseignais qu’aux “freaks” du campus, ceux qui n’étaient pas trop sûrs de ce qu’ils faisaient là... »

Elle déplore qu’aucun cours n’amène ces futurs managers à s’interroger sur le sens de la vie, sur leur épanouissement personnel. « On attend qu’ils pètent les plombs pour qu’ils se mettent à réfléchir à leur existence... »

« Des gens disciplinés, prompts à se soumettre à toute autorité »

Pourtant, tous ne sont pas aussi pessimistes. Damien Lorton, auteur, sous le nom de Teodor Limann, de « Classé X : petits secrets des classes prépas » (ed. La Découverte), témoigne :

« J’ai rencontré des intelligences très vives à Polytechnique, soucieuses comme tout le monde de morale et du sens de la vie. Le problème est plutôt que le bachotage effrené fabrique des gens disciplinés, prompts à se soumettre à toute autorité. »

On pense à ces traders comme Jérôme Kerviel qui, pris les doigts dans la confiote, se sont défaussés comme des gosses de leurs responsabilités. Récemment, dans « Le Nouvel Observateur », un « ingénieur financier » résumait l’état d’esprit un rien puéril de la profession :

« Pourquoi serions-nous les bouc émissaires de la crise ? Et les banquiers d’affaires ? Ils ont des bonus au moins aussi élevés... ».

Ouh lala, la pauvre victime... A 400 000 euros de bonus par an, mon gaillard, il va falloir réfléchir plus fort pour essayer de gagner notre sympathie. Damien Lorton se dit peu convaincu par une réforme des grandes écoles. Il croit moins aux vertus de l’éducation qu’à celles de la régulation :

« Tant que l’on pourra gagner des sommes faramineuses, certains se laisseront tenter... Si l’on veut influer sur le cours des choses, il n’y a qu’une seule solution : limiter les bonus et les rémunérations. »

La nature humaine ne change pas : ce sont les lois qui changent

Daniel Cohen, auteur du récent et passionnant ouvrage « La Prospérité du vice » (ed. Albin Michel), va dans ce sens :

« Comme Spinoza, je pense que la nature humaine ne change pas : ce sont les lois qui changent. Les financiers d’aujourd’hui ne sont pas plus cupides que ceux d’il y a trente ans. C’est juste les règles qui se sont modifiées. Ou plutôt qui ont disparu. »

Pour transformer le monde, faut-il seulement de nouvelles règles ? Ou l’éducation a-t-elle un rôle à jouer ? Le livre de Florence Noiville a le mérite d’ouvrir le débat. Et nous amène à voir les choses sous un jour nouveau : l’éternelle « réforme de l’école » rabachée chaque année par nos gouvernants ? C’est peut-être d’abord chez HEC et consorts qu’elle devrait avoir lieu !

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Photo : université d’été du Medef à Polytechnique, le 1er septembre 2008 (Charles Platiau/Reuters)

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  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 16h35 le 13/09/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Fabriquer des gens irresponsables qu’on appellera « responsables », « dirigeants », ... voilà à quoi ça sert...

  • christobal0094
    christobal0094
    citoyen du monde
    • Posté à 16h39 le 13/09/2009
    • Internaute 77671
      citoyen du monde

    les tradeurs ne sont pas des tueurs mais des maquereaux.

    travail repetitif et sans risque.
    exploiter et degrader pour du fric.
    solidarite entre macs.

    triste

  • FilsdeFrance
    FilsdeFrance
    Etudiant en médecine
    • Posté à 16h40 le 13/09/2009
    • Internaute 52431
      Etudiant en médecine

    Excellent article !

    Mais quel Gachis quand même !

    • coincoincoin
      coincoincoin répond à FilsdeFrance
      Trader
      • Posté à 09h34 le 14/09/2009
      • Internaute 87229
        Trader

      Excellent article... ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ? ! ?
      A la lecture de ce torchon, j’ai plutôt l’impression que l’auteur n’a pas compris la volonté de l’ateure du livre, essayer par tout les moyens de se faire du fric sur la vague de la crise en tapant là où tout le monde tape...
      Je résume l’article :
      - présentation d’un livre très critique (insultant et polémique plutôt) sur les grandes écoles
      - certains arguments sont présentés pour étayer la thèse de l’auteur, certains s’avèrent faux (l’optionnalité des cours d’éthique à HEC par exemple)
      - l’article divague ensuite sur ces fameux traders de grandes écoles resposables de la crise en citant Kerviel et les golden genies de Dauphine, purs produits de la fac... Merveilleux...
      - je ne reviens pas sur le principal reproche fait à HEC : on n’y enseigne pas de valeurs éthiques. On croit rêver... Depuis quand doit-on se tourner vers une grande ecole qu’on intègre à 20 ans pour enseigner ce genre de valeurs ? Ne serait-ce pas plutôt le rôle des parents... ?
      Bref, un livre que je veux bien lire si on me l’offre mais qui me donnera à coup sûr la nausée tant les arguments semblent fallacieux... Je précise que j’ai fait une prépa mais ni HEC ni polytechnique... Ah oui, je suis trader aussi... Allez-y faites vous plaisir...
      En ce qui concerne l’article, il me semble qu’il est issu du site des inrocks, j’ai cru que Rue89 était un journal suffisamment sérieux pour ne pas laisser passer des articles aussi polémiques sans le moindre argument.
      Apparemment, la maladie dont souffrent le Figaro, le Monde, Libération et consors est contagieuse, l’ensemble de la profession journalistique s’entend-elle dans le but unique de monter toutes les populations les unes contre les autres... ?

      • Jacques Bolo
        Jacques Bolo répond à coincoincoin
        Auteur-Editeur-Libraire
        • Posté à 19h11 le 14/09/2009
        • Internaute 37329
          Auteur-Editeur-Libraire

        Ce commentaire de l’article propose un raisonnement bidon qui se résume à dire que les cours d’éthique sont présents à HEC mais inutiles puisqu’il faudrait que ce soit les parents qui forment aux valeurs.

        En fait, le problème est plutôt que la question de l’éthique des affaires n’est pas fixée comme une technique à appliquer et que précisément dans ce genre de cursus et d’activité on n’a pas le temps de se poser des questions (ce que prônent les philosophes comme solution).

        Ce n’est évidemment pas satisfaisant de part et d’autre. Il faut élaborer des règles simples et fermes pour définir de bonnes pratiques (car il est illusoire de croire qu’on peut former des philosophes à la chaîne). Et pour cela, il faut débattre pour définir ces règles, fondées sur la pratique réelle des professionnels, et non sur des généralités ou des bons sentiments.

        Croire qu’il n’existe personne qui a quelque chose à dire sur le sujet est une imbécilité. Mais il faut éviter les lieux communs habituels, et frapper fort.
        Lien

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à coincoincoin
        journaleux - blogueur
        • Posté à 19h36 le 16/09/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Il n’est pas non plus précisé qui est qui :
        Lien
        ce qui peut éclairer autrement.

    • k_reno
      k_reno répond à FilsdeFrance
      Voyageur
      • Posté à 11h12 le 14/09/2009
      • Internaute 15813
        Voyageur

      Excellente remarque !

      Ceci dit, il me semble bien que le système des Grandes Ecoles françaises a beaucoup de points communs avec l’enseignement de la médecine en France : recrutement sur concours, bachotage, traditions étudiantes...

      Serait-ce la cause de la crise que vit aujourd’hui le modèle médical français ?

  • Crainquebille
    • Posté à 16h49 le 13/09/2009
    • Internaute 64055

    « Greed is eternal. » (Règles d’Acquisition n°10)

    Lien

  • les_canards
    • Posté à 16h52 le 13/09/2009
    • Internaute 20527

    Erreur factuelle de Mme Noiville : à HEC, cela fait maintenant deux ans que les cours d’éthique sont obligatoires en majeure Finance (celle des méchants requins, donc) ; impossible d’être diplômés si ils ne sont pas validés. Et des cours [obligatoires] qui s’y apparentent fortement sont dispensés depuis longtemps en première année.
    Ca reste des cours théoriques, mais je trouve un peu nul de l’occulter complètement exprès et/ou de ne pas s’être renseigné un peu sérieusement.

    • SuperAlAmAs-
      SuperAlAmAs- répond à les_canards
      Don Quichotte
      • Posté à 14h06 le 14/09/2009
      • Internaute 65608
        Don Quichotte

      depuis deux ans : waouw...

      Ils ont du ouvrir une fenêtre, et il y a eu un courant d’air...

      Ne prennez pas froid...

  • Baurelyre
    Baurelyre
    Libelliste
    • Posté à 17h00 le 13/09/2009
    • Internaute 21869
      Libelliste

    Ce n’est pas le nouveau catéchisme de l’éthique qui arrachera les produits des hautes études commerciales à leur méchanceté grégaire.
    Peut-être plutôt la fréquentation des humanités ? Et des cours de grammaire. La plupart de ces loups s’expriment comme des porcs.

    • jyeden
      jyeden répond à Baurelyre
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 17h43 le 13/09/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tres beau le loup et le porc
      on dirait du la fontaine
      « un loup s’exprimant comme un porc....
      c’est vrai que certains journalistes ecrivent comme des cochons

      • coincoincoin
        coincoincoin répond à jyeden
        Trader
        • Posté à 09h39 le 14/09/2009
        • Internaute 87229
          Trader

        et que dire de l’auteur de ce livre merveilleux...
        Je cite :
        « On n’y apprend pas à se remettre en cause, explique-t-elle. On en sort gonflé du sentiment de sa propre importance, omubilé (SIC) par la seule réussite économique. ».
        Je connaissais les versions « omnibulé » et « omnubilé » du participe passé « obnubilé » mais certainement pas celle-là...
        Cela confirme mon sentiment qu’il s’agit bien d’un livre torchon écrit à la hâte par une ancienne HEC aigrie de ne pas y avoir trouvé ce qu’elle y cherchait et dont le but semble ici de se faire de l’argent par tous les moyens sur le sempiternel sujet de la crise et les élites.

         
        • comptesupà la demandeduriverain22oct
          • Posté à 11h50 le 14/09/2009
          • Internaute 62405
            ...

          Oui, ça sent le livre opportun. Enfin, je crois que c’est la femme de M. Hirsch, le haut-commissaire, un bon recycleur de morale aussi.
          Dommage, car la fin de l’article est intéressante et stimulante : emparons-nous des lois...

        • Camarine
          Camarine répond à coincoincoin
          • Posté à 13h37 le 14/09/2009
          • Internaute 12114

          Et nous avons tous appris quelque chose : vous savez lire. C’est bien ! Et puis vous savez écrire aussi ! ! !
          Si les petits cochons ne vous mangent pas, etc.

        2 autres commentaires
  • Patrick-handicap
    Patrick-handicap
    handicap 80% expatrié
    • Posté à 17h04 le 13/09/2009
    • Internaute 75148
      handicap 80% expatrié

    C’est à la justice de réagir et d’appliquer la Loi. Lorsque les actions des dirigeants conduisent aux suicides des employés, il faut faire son métier et inculper les dirigeants coupables d’incitation au suicide par exemple.

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 17h07 le 13/09/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    C’est officiel : nous venons de localiser certains de ces tueurs du côté de France Telecom ! Ils sont activement recherchés pour avoir perpétrés 23 meurtres depuis début 2008...

    Manque de chance pour ceux qui seront arrêtés, les conditions de survie en prison régressent sans cesse...

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 17h10 le 13/09/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    -

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 17h11 le 13/09/2009
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    En définitive, dans ces écoles, si vous choisissez délibérément de sacrifier la morale sur l’autel du profit, vous deviendrez le patron de la banque.
    Par contre, si vous gardez un certain sens de l’éthique, vous serez le trader de cette même banque, complètement soumis à ce même patron.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h12 le 13/09/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    « ceux qui n’étaient pas trop sûr de ceux qu’ils faisaient » devrait être « ceux qui n’étaient pas trop sûr de ce qu’ils faisaient »

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à Iv
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 17h43 le 13/09/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Honte à moi d’avoir raté ça. C’est corrigé (comme le « s » à « sûr »)

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h17 le 13/09/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Je ne sais pas s’il est pertinent de mettre dans le même sac toutes les grandes écoles. Ce qu’on enseigne dans les écoles de management ou d’économie, les « business school » n’a pas grand chose à voir avec ce qu’on enseigne dans les écoles plus techniques. L’économie est enseigné à Polytechnique, mais c’est à mon avis en quantité bien plus petites que physique et mathématiques, matières absentes ou optionnelles à HEC par exemple (si l’on exclut le champ restreint de la mathématique financière).

    Une autre question intéressante à se poser est de savoir si ces écoles fabriquent les « tueurs » (le titre est un peu racoleur par rapport au contenu à mon humble avis) ou les attirent dés le recrutement. J’ai lu une étude il y a quelques années qui favorisait plutôt la deuxième hypothèse...

    • les_canards
      les_canards répond à Iv
      • Posté à 18h04 le 13/09/2009
      • Internaute 20527

      Ah oui, Polytechnique, cette noble école où on forme des ingénieurs, des vrais, des physiciens... Sauf que la proportion de polytechniciens suivant une spécialisation en finance est plus élevée qu’à HEC ! (plus du quart, contre un cinquième à HEC). Et les polytechniciens, eux, sont payés pour ça. Par vos impôts.

      • Iv
        Iv répond à les_canards
        Roboticien utopiste
        • Posté à 18h16 le 13/09/2009
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        Oui enfin la proportion de personnes qui prennent une spécialité technique à HEC, ca doit être faible. Ceux qui ne prennent pas finance iront en management ou marketing, qui ont été des maillons essentiels du problème.

         
        • les_canards
          les_canards répond à Iv
          • Posté à 18h18 le 13/09/2009
          • Internaute 20527

          « Management » n’est pas une spécialité. Quant à dire que le marketing a joué un plus grand rôle dans la crise que les mathématiques financières... les bras m’en tombent !

          • coincoincoin
            coincoincoin répond à les_canards
            Trader
            • Posté à 09h43 le 14/09/2009
            • Internaute 87229
              Trader

            Et bien que vos bras continuent de tomber...
            Les mathématiques financières n’étaient qu’une réponse du type « oui, c’est possible » à une question marketing du type « peut-on vendre à outrance des produits à des gens qui n’ont pas les moyens de les acheter et qui n’en ont pas besoin dans le seul but de se faire encore plus d’argent ? »
            Les mathématiques financières se sont manifestement trompé certes, mais le diabolisme de la situation actuelle prend plutôt ses racines dans la consommation à outrance et son sbire, le marketing...

            • les_canards
              • Posté à 11h42 le 14/09/2009
              • Internaute 20527

              Vous confondez « marketing » et « recherche du profit à tout prix ». Renseignez-vous un peu, ça n’a pas tellement à voir (vous a-t-on déjà dit, par exemple, que « marketing » et « publicité/ventes » n’étaient pas synonymes ?)

              • coincoincoin
                coincoincoin répond à les_canards
                Trader
                • Posté à 12h47 le 14/09/2009
                • Internaute 87229
                  Trader

                OK, admettons... Voyons la définition wikipedia :
                Le marketing (appelé aussi par le néologisme mercatique) est une discipline du management qui cherche à déterminer les offres de biens, de services ou d’idées en fonction des attitudes et de la motivation des consommateurs, du public ou de la société en général, qui favorisent leur commercialisation.
                A la lumière de cette définition, dites-moi désormais que publicité et marketing ne sont pas liés par la relation suivante : la publicité incite des besoins nouveaux chez les consommateurs, le marketing se charge d’y répondre.
                Mon point n’est pas tellement « qui doit-on incriminer ? » mais plutôt « cessons de mettre tout sur le dos des mathématiques financières. » Elles n’ont été qu’un instrument inadapté pour répondre à des besoin dangereux et non naturels (recherche d’un profit sans part de risque)

                • les_canards
                  • Posté à 17h15 le 14/09/2009
                  • Internaute 20527

                  Marketing et publicité sont liés, certes (en fait la publicité est une branche du marketing), mais votre relation est encore un brin restrictive puisqu’elle présuppose que c’est la publicité « crée » des besoins nouveaux et que c’est toujours le marketing qui y répond. Ca n’est pas toujours le cas (demandez à votre maman ou votre grand-mère si l’arrivée de la machine à laver rentre dans vos cases). Et l’air de rien les « mercateurs », chefs de produit par exemple, sont parfois utiles à tout le monde : si tous les consommateurs préfèrent qu’un gâteau (disons, Savane) soit un peu moins chocolaté qu’il ne l’est actuellement, et que le mercateur s’en informe et met en place cette réforme, il me semble que tout le monde est gagnant, non ?

                  Par ailleurs, je rejoins votre argument/point ; et je ne cherche certainement pas à tout mettre sur le dos des maths fi (à choisir ce serait plutôt sur le dos de ceux qui les ont utilisées sans les comprendre, et croyez-moi j’en connais), je les pratique moi-même... je dis juste que dire que tout est de la faute des vilains qui font du marketing par opposition aux gentils qui font des maths (c’était la position de lv) est largement aussi crétin !

                  • coincoincoin
                    coincoincoin répond à les_canards
                    Trader
                    • Posté à 17h42 le 14/09/2009
                    • Internaute 87229
                      Trader

                    Nous sommes donc tout à fait d’accord sur votre conclusion...

        6 autres commentaires
    • Gastlag
      Gastlag répond à Iv
      flâneur | identi.ca/gastlag
      • Posté à 20h34 le 13/09/2009
      • Internaute 8274
        flâneur | identi.ca/gastlag

      Bonjour,
      je tiens à préciser qu’il n’y a rien à voir entre l’économie et le commerce. Dans les écoles de commerce (HEC, ESCP etc.) on apprend le commerce et pas du tout (ou très peu, ou une caricature de) l’économie.

      Le commerce : technique permettant de vendre son yaourt.
      L’économie : science sociale étudiant un système de production.

      • Saheyus
        Saheyus répond à Gastlag
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 21h25 le 13/09/2009
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Pour étudier dans une école où on parle beaucoup « Communication d’entreprise », je confirme.
        La question n’est pas de savoir comment fonctionne la création de richesses, et encore moins à quoi elle sert, mais seulement comment en tirer profit.

        Quels supports, à quel prix, quels méthodes, sentiments ou raison, humour ou ton grave, études des grands classiques de la pub, et des plus gros ratés, et hors de la publicité, ce sont des questions de management, comment tenir un planning, comment gérer les « ressources humaines », ce genre de choses.

        Et pourtant, ce n’est pas une école de commerce à proprement parler, juste une école de multimédia, qui a une filière dans la communication commerciale.

  • Cleaz
    Cleaz
    étudiant
    • Posté à 17h20 le 13/09/2009
    • Internaute 86687
      étudiant

    « Ouh lala, la pauvre victime… »

    C’est à ce moment-là que le gros logo des inrocks m’est apparu...

  • thierry reboud
    • Posté à 17h22 le 13/09/2009
    • Internaute 20923
    • Iv
      Iv répond à thierry reboud
      Roboticien utopiste
      • Posté à 18h17 le 13/09/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Les vraies bandes qui détruisent la république...

    • Anonyme répond à thierry reboud

      L’école de la rue, c’est quand même autre chose, c’est vrai :

      Lien

      « L’autopsie confirme le calvaire enduré pendant plusieurs heures par la victime. Bernard Algret a été sauvagement frappé. Ses ravisseurs lui ont tiré des balles dans la jambe puis transpercé les genoux à coups de perceuse électrique. Ils lui ont aussi enfoncé une barre de fer dans l’anus et envoyé des décharges avec une matraque électrique avant que l’un d’eux, Christian Soler selon l’accusation, ne l’achève en lui fracassant le crâne d’un coup de barre à mine sur la tête, sur un chantier rue de la Papotière à Nantes. Le cadavre sera ensuite lesté et jeté dans la Loire. »

  • CalvinKid
    CalvinKid
    éudiant
    • Posté à 17h22 le 13/09/2009
    • Internaute 84680
      éudiant

    Le problème c’est aussi qu’on apprend des sciences, et que la science dit, même s’il lui arrive d’hésiter « c’est possible » ou bien « ce n’est pas possible », il n’y a aucune notion de « bien » et de « mal ». Les cours de sciences molles sont alors d’un cynisme épatant.

  • poutre
    poutre
    –-
    • Posté à 17h29 le 13/09/2009
    • Internaute 86833
      –-

    Jérome Kerviel, exemple de ces traders « tueurs des grandes écoles » « promts à se soumettre à toute autorité » ?

    Pas de chance, M. Kerviel est universitaire et pas vraiment le genre soumis.

    Quant à faire porter le chapeau de la crise financière mondiale, issue des États-Unis, sur les grandes écoles française, c’est un argument anti-grandes écoles que je n’avais pas encore entendu.

    Salutations

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 17h29 le 13/09/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    L’élite est vraiment acculturée. On le savait déjà. Ce qui est nouveau, c’est que certains de ces «  technocrates  » semblent se douter que quelque chose ne tourne pas rond !

    Je pense qu’une première génération de ceux qui sont sortis des «  usines  » à fabriquer des dirigeants et des cadres supérieurs ont durement subi la folie «  meurtrière  » du rendement absolu et de l’intensivité totale au travail. Certains en sont restés meurtris et l’esprit de caste qui règne ordinairement dans ces milieux joue paradoxalement à propager l’inquiètude de ceux qui ont vu quelques uns de leurs camarades de promotion proprement lessivés moralement, physiquement et psychiquement.

    Je crois aussi que les plus lucides commencent à douter de l’utopie technocratique qui forme le substrat idéologique de leur formation.

    Plus exactement, ils découvrent que leur formation est fondée sur une simple idéologie du Très Grand Schéma Directeur de l’Économie Française Mondialisée

    Mais comme l’écrivait Kafka en 1922 : La consolation [...] peut-être salvatrice, c’est sauter hors de la «  rangée des meurtriers  », l’observation qui est acte.

    Mais saura-t-elle, cette élite supéfaite, trouver ce que Kafka appelait «  la mesure  » cette mesure, dont il disait qu’elle procédait «  d’une plus haute sorte d’observation, plus haute, non plus aigüe, et plus elle est haute, inaccessible à la rangée des meurtriers, moins elle est dépendante, plus son chemin monte, joyeusement, échappant à tous les calculs.  »

    Échapper à tous les calculs ? Vraiment cette élite-là en serait-elle capable ?
    Je suis pris d’un doute affreux !

  • clausius
    • Posté à 17h30 le 13/09/2009
    • Internaute 24442

    Quel article politiquement correct et facile !
    Il faudrait peut être se rendre compte que les gens avides existent certes à HEC ou Polytechnique ou autres mais aussi ailleurs.
    Il faudrait peut être aussi se rendre compte qu’il existe dans ces mêmes écoles des gens se souciant de leur prochain, qui font partie d’associations intégrées à ces écoles s’occupants des SDF, des prisonniers ou des pays en voie de développement.
    Bref, les grandes écoles ont en leur sein une palette de caractères différents qui correspond tout à fait à l’image de la société. L’article lui même mentionne Kerviel, qui n’est pas issu d’une grande école mais de l’université. Comme quoi...

    La phrase qui me fait le plus rire est la suivante :
    « J’ai rencontré des intelligences très vives à Polytechnique, soucieuses comme tout le monde de morale et du sens de la vie. Le problème est plutôt que le bachotage effrené fabrique des gens disciplinés, prompts à se soumettre à toute autorité. »

    Des gens tellement disciplinés qu’il en est sorti des gens très variés tels des industriels qui ont inventé la traction avant (Citroën), des mathématiciens (Poincaré), des politiques très divers allant de Louis-Nathaniel Rossel à VGE en passant par Alain Lipietz, des responsables d’associations tels que Francis Bour, responsable de l’aide à l’insertion au sein des restos du coeur, et même des sportifs (Borotra, Du Manoir). Bref, de véritables robots, quoi...

    Bref, oui, Messier et consorts viennent de ces milieux, mais ce n’est pas le modèle de base, faut un peu s’ouvrir l’esprit...

    • A déménagé le 27-01-2012
      • Posté à 18h07 le 13/09/2009
      • Internaute 19993
        nc

      Pour être passé par la filière prépa + école je vous rejoint totalement : on y trouve aussi bien des petits con sans états d’âme que des gens formidables plein d’humanité…

  • Emilande
    Emilande
    précaire
    • Posté à 17h35 le 13/09/2009
    • Internaute 63709
      précaire

    En 1998 et en 2000, lors de CDD, j’ai eu comme supérieurs dans 2 entreprises différentes des jeunes qui sortaient de l’ENSAM. Ils étaient l’un comme l’autre plein d’arogance et de mépris envers leurs subalternes. L’ambiance au bureau et à l’atelier devenait invivable. A cette époque, j’ai beaucoup entendu dire qu’à l’école, on leur rabâchait qu’ils étaient les meilleurs et qu’ils avaient raison en tout point. Ca faisait des êtres puants et désagréables. Ils suffisaient qu’ils apparaissent pour que l’équipe se sentent mal. C’est une bonne chose aujourd’hui que des personnes qui se font entendre dénoncent ce fait. Avec un peu de chance, les écoles se pencheront sur le problème.

    • clausius
      clausius répond à Emilande
      • Posté à 17h41 le 13/09/2009
      • Internaute 24442

      Vous êtes simplement tombé sur des petits cons. ENSAM ou pas. Je connais des gens de l’ENSAM qui sont adorables.

    • mindless
      mindless répond à Emilande
      Etudiant
      • Posté à 19h04 le 13/09/2009
      • Internaute 74225
        Etudiant

      Comme dans toujours, ce type de généralisation est un peu facile !
      Effectivement certains diplômés de grandes écoles sont des cons (Il n’y en a pas plus qu’ailleurs a mon avis !), mais heureusement, assez de gens biens en sortent pour que les écoles n’aient pas a inculquer a des gens de 25 ans les bases du savoir-vivre et du respect que tout enfant de 8 ans devrait maitriser !

      Ce n’est encore une fois pas a l’école (encore moins a ce niveau) de se substituer a l’éducation des parents...

    • Citoyen Omega
      Citoyen Omega répond à Emilande
      Ingénieur et peintre
      • Posté à 19h14 le 13/09/2009
      • Internaute 59249
        Ingénieur et peintre

      Si votre expérience était généralisable, cela voudrait dire que les Arts et Métiers ont beaucoup changé depuis que j’en suis sorti ! Historiquement, cette école d’ingénieurs, beaucoup plus en prise avec le réel que d’autres, de par ses nombreux travaux en atelier et stages en usine, avait les élèves les plus diversifiés socialement de toutes les grandes écoles, avec notamment la plus grande proportion de fils d’ouvriers. Cela s’est fortement atténué comme partout ailleurs mais il en reste un souci d’humanisme et de respect de l’autre dans le travail et en dehors assez unique, en particulier dans la cadre de la vie extra-scolaire. En aucun cas, nous ne nous considérions comme les meilleurs ! Les jeunes ingénieurs AM avec lesquels je travaille (dans la sidérurgie, où le terrain est fondamental) me semblent avoir encore, à leur manière, cet esprit. Je pense que vous êtes mal tombé.

      • Emilande
        Emilande répond à Citoyen Omega
        précaire
        • Posté à 07h20 le 14/09/2009
        • Internaute 63709
          précaire

        J’espère être mal tombée mais je suis assez dubitative sur ce propos.
        On voit les gens et les situations du côté de sa barrière et nous sommes tous les 2 chacun d’un côté. Et peut être que le jeune ingénieur qui prétend et se croit respectueux des autres est le plus puant de vanité parce que justement il se voit et se croit tel qu’il n’est pas du tout. La remise en question n’est pas le fort de ces individus. Ou alors, s’il y a remise en question, c’est par rapport à d’autres valeurs que celles qui concernent le relationnel.
        Quant aux fils d’ouvrier, aujourd’hui, au prix où sont les études, ils sont de moins en moins nombreux dans les grandes écoles.
        Mais il est vrai qu’il faut se garder de généraliser. Ce que j’ai exposé ne concerne que mon expérience d’il y a 10 ans et dans un secteur géographique bien précis. Il y a cependant des concordances avec l’article qui est à la base du débat et c’est pourquoi j’ai publié cet avis.

         
        • Yoann79
          Yoann79 répond à Emilande
          Etudiant
          • Posté à 10h47 le 14/09/2009
          • Internaute 62420
            Etudiant

          Dans le cas de l’ENSAM le prix des études n’est pas plus élevé qu’ailleurs.

          L’ENSAM est gratuite pour les boursiers ainsi que le concours.

          Des bourses d’honneur sont même accordées par l’association des anciens élèves pour ceux qui n’ont pas les moyens de financer leurs études.

          Des résidences étudiantes à bas prix (comparativement aux logements en ville) sont fournis pour les étudiants à l’ENSAM (même à Paris et Aix en Provence).

        1 autres commentaires
    • JS
      JS répond à Emilande
      • Posté à 01h42 le 14/09/2009
      • Internaute 832

      Effectivement, il y a des cons partout... Situation ni nouvelle, ni sauf à pouvoir le démontrer, propres aux grandes écoles, quelles qu’elles soient

    • Yoann79
      Yoann79 répond à Emilande
      Etudiant
      • Posté à 10h40 le 14/09/2009
      • Internaute 62420
        Etudiant

      Extrait de l’hymne des Gadzarts, c’est à dire de la communauté formée par les élèves et les anciens élèves des Arts et Métiers (ENSAM) :

      Que font ici ces titres de noblesse ?
      Leur faux éclat ne peut nous éblouir !
      Ici, puissants, l’inégalité cesse ;
      Vieux privilèges, il vaut faut tous périr.
      Goûtons amis, ce bonheur qu’on méprise,
      Car sachez bien qu’à l’école de Arts,
      Fraternité, c’est là notre devise ;
      C’est la devise de tous les vrais Gadz’arts.

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