Tue, 10/20/2009 - 17:55

Comment se répartissent les recettes des cartes de cinéma ?

azerty69 | ExecutieveBranleur

La question d’Azerty69 concerne un nombre important de Français : environ 300 000 possèdent une carte d’abonnement illimitée au cinéma, selon le Centre national de la cinématographie (CNC), le nombre des nouveaux abonnements couvrant depuis plusieurs années celui des désistements.

Plusieurs autres riverains ont apporté des réponses à cette question, notamment en se basant sur un rapport du CNC publié en avril 2008 sous le titre « L’économie des abonnements à entrée illimitée au cinéma ».

Deux réseaux les diffusent en France : UGC/MK2 et Gaumont-Pathé (Le Pass) ; les deux cartes peuvent êtres acceptées par des indépendants. Comme le précise Lucasbfr, en gros, « la rémunération du distributeur est de 2.11 euros par place ». Il effectue ensuite une démonstration du modèle économique de ces abonnements à carte, en détaillant ce qu’ils rapportent aux distributeurs et aux cinémas (les exploitants émetteurs du billet) et à quels niveaux de fréquentation ils sont rentables ou non (autour de quatre entrées par mois).

Pour ce qui est de la répartition des recettes, le prix payé par le spectateur variant en fonction de sa fréquentation, le CNC a créé un prix de référence de 5,03 euros.

Celui-ci est soumis aux taxes (TVA à 5,5% et taxe spéciale additionnelle destinée au CNC à 10,72%). Le reste, appelé la « base film », est répartie selon un « taux de location », négocié selon différents paramètres, entre l’exploitant (la salle) et le distributeur, qui reverse ensuite une part variable aux ayant droits (producteur, réalisateur, etc).

En première semaine, la proportion est généralement de 50/50. Mais elle peut ensuite aller jusqu’à 25 pour l’exploitant-75 pour le distributeur. Enfin, une petite partie va aussi à la Sacem pour les droits musicaux.

Comme le précise Ninotchka960, une étudiante qui est aussi caissière dans un cinéma d’art et d’essai, le prix de référence est différent pour les cinémas indépendants, et négocié au cas par cas (généralement autour de 4,6 euros). Commentaire de Lulumagie :

« Pour résumer, la stratégie d’UGC (et autres réseaux) est de rendre le cinéma moins cher pour le consommateur en faisant fondre un max les marges des distributeurs (les producteurs) et un minimum leur marge. Cela permet d’augmenter leur clientèle (et donc de compenser leur perte de marge et en partie celle des distributeurs) mais surtout d’augmenter le CA sur les produits connexes (pop corn, soda, glaces..) ou ils font une grosse marge et beaucoup de bénéfices... »

Chef du service des statistiques du CNC, Caroline Jeanneau estime ces cartes illimitées, lancées en 2000, sont une « très bonne opération pour les spectateurs assidus, et aussi pour les exploitants ».

Le nombre de personnes qui sous-utilisent leur carte, et permettent donc aux exploitants de « faire leur beurre », est un secret industriel éminemment sensible...

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  • Ninotchka960
    Ninotchka960
    étudiant en droit
    • Posté à 20h28 le 29/08/2009
    • Internaute 88858
      étudiant en droit

    Bonjour,

    C’est ma première participation sur Rue 89 et malheureusement, je ne peux pas apporter bcp d’éléments de réponse à une question que je me pose moi même. Etudiante et passionnée de cinéma, j’ai pour petit boulot caissière ds un cinéma d’art et essai et nous acceptions la carte Le Pass de Gaumont jusqu’à rupture du partenariat avec un des groupes de la carte (MK2) et nous faisons maintenant « équipe » avec son concurrent la carte UI illimité d’UGC. Chaque billet imprimé et délivré nous ai payé 5.03 euros par UGC. C’était le même prix avec la carte Le Pass et j’ai pu constater que c’était le même prix quand je vais chez Gaumont ou Pathé. Dans les petits cinémas de Paris, le prix change, et ceux qui les acceptent délivrent des tickets imprimés 4.64 euros ou autre montant. Donc le prix indiqué est l’argent touché par le cinéma pour avoir accepté votre carte d’abonnement. Soit un tarif super réduit. Personnellement j’ai la carte Pass depuis une huitaine d’année. Je l’ai eu à ses débuts quand elle était à 15 euros par mois. N’ayant pas la télé je vais 3 fois par semaine au cinéma sauf rare exceptions, même au prix des matinées et au tarif étudiant, ma carte qui est maintenant à 19.8 euros reste super rentable pour moi. Je ne sais pas comment ils s’y retrouvent mais de ce que j’en sais, il s’y retrouvent. j’en déduis donc que les détenteurs d’abonnement ne rentabilisent pas leur carte pour la grande majorité d’entre eux !
    Gaumont a fait un tarif « accompagnant » à 6 euros pour les accompagnant des clients ayant le Pass et a baissé le prix de la confiserie (tout de même exorbitant) pour ne pas perdre ses clients du groupe MK2 quand le partenariat s’est rompu (ces clients résiliant leur abonnement Pass pour en prendre un chez UGC). Voilà c’est déjà pas mal mais je n’en sais pas plus ! En espérant avoir aidé et si vous avez d’autres infos je suis preneuse !

  • lulumagie
    • Posté à 11h24 le 11/09/2009
    • Internaute 80738
      .

    Pour comprendre la rentabilité des cartes illimités pour les réseaux UGC/MK2/Europalace, il faut prendre en compte que la rémunération des distributeurs (pour le film) est un pourcentage du prix de la place (~50%). Ainsi un cinéma qui vend 2 billets plein tarif dans un mois à un client pour 20€ reverse donc 10€ aux distributeurs et en garde 10. si il vende 3 billets dans un abonnement à 20€ il facture chaque billet à 5€ et en reverse donc 7,5€ aux distributeurs et en garde 12,5€...

    Ces chiffres sont schématisés et ne tiennent pas comptes de la contribution CNC, et autres élements...

  • lulumagie
    • Posté à 12h06 le 11/09/2009
    • Internaute 80738
      .

    Sur le même principe, les cartes UGC5 et UGC7 ont 3-4€ de frais de gestion (100% dans la poche du réseau) puis des places à prix plancher (50% pour le distributeur et 50% pour le cinéma)

    Pour résumé, la stratégie d’UGC (et autres réseaux) est de rendre le cinéma moins cher pour le consommateur en faisant fondre un max les marges des distributeurs (les producteurs) et un minimum leur marge. Cela permet d’augmenter leur clientèle (et donc de compenser leur perte de marge et en partie celle des distributeurs) mais surtout d’augmenter le CA sur les produits connexes (pop corn, soda, glaces...) ou ils font une grosse marge et beaucoup de bénéfices...

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 15h32 le 15/09/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    lulumagie ?

    D’où sort tu ces infos ? T’es exploitant ou tu te fais des films ?

    Ce que je sais, c’est que c’est un secret. Et qu’a part des rumeurs loufoques, j’ai jamais rien lu/entendu de sérieux sur le sujet.

    • lulumagie
      lulumagie répond à azerty69
      .
      • Posté à 01h35 le 16/09/2009
      • Internaute 80738
        .

      Je ne suis pas du métier mais m’y intéresse en ai déjà parlé avec des gens y travaillant (CNC, production, exploitant, ...) mais ce que je dit n’a rien de secret ! Le pourcentage dont je parle est le taux de location qui est négocié entre l’exploitant et le distributeur et s’ajoute à un prix fixe de location de la copie. Concernant les formules illimités, un arrêté de la CNC (Lien) oblige l’exploitant (UGC & co) a avoir un prix de référence pour les places vendus. Le taux de location de chaque film est effectivement secret mais pour une nouveauté qui remplit les salles il avoisine la limite de 50% pour le distributeur et pour des films moins récent ou plus difficile, il est plus faible.

      • lucasbfr
        lucasbfr répond à lulumagie
        Balayeur chez Wikipédia
        • Posté à 13h33 le 17/09/2009
        • Internaute 58512
          Balayeur chez Wikipédia

        Je peux me tromper, mais il semblerait que le prix soit de 5.03 euros par place :

        « Conformément à l’avis de la Commission d’agrément des formules d’accès au cinéma donnant droit à des entrées multiples, le Centre national de la cinématographie a délivré un agrément modificatif, portant sur la prolongation, jusqu’au 14 mars 2011, des engagements souscrits par
        UGC Ciné Cité en matière de rémunération des distributeurs à 5,03€. »

        Lien

  • lucasbfr
    lucasbfr
    Balayeur chez Wikipédia
    • Posté à 09h24 le 08/10/2009
    • Internaute 58512
      Balayeur chez Wikipédia

    In short, la rémunération du distributeur est de 2.11 euros par
    place :
    Lien
    page 10
    Sur la base d’un abonnement mensuel de 19,80 €, soit le prix des deux cartes Le Pass et UGC Illimité 1 depuis septembre 2007, le modèle économique de ces formules est soumis aux paramètres suivants :

    Si la fréquentation de l’abonné est inférieure à 3,94 entrées par
    mois (47,24 par an), l’exploitant émetteur bénéficie alors d’un revenu par entrée supérieur au prix de référence de 5,03 €. Son revenu est alors supérieur à celui du distributeur.
    Si la fréquentation de l’abonné est égale à 3,94 entrées par mois,
    le revenu de l’abonnement rapporté à une entrée est de 5,03 € ; son revenu est alors égal à celui du distributeur. C’est le Point d’Equilibre.
    Si la fréquentation de l’abonné est supérieure à 3,94 entrées par
    mois, son revenu est alors inférieur à celui du distributeur. Ce revenu décroît avec chaque entrée supplémentaire, mais il reste cependant positif jusqu’à un niveau beaucoup plus élevé de fréquentation.
    Lorsque la fréquentation moyenne est égale à 6,79 entrées par mois (soit 81,49 entrées dans l’année) le revenu de l’émetteur est nul. Le revenu net de l’abonnement par entrée est en effet égal au montant garanti au distributeur. C’est le Point Mort.
    Au-delà de 6,79 entrées par mois, le revenu est négatif et l’émetteur enregistre une perte nette mensuelle sur l’abonnement.