Trois mois de Frédéric Mitterrand dans le texte : du pur bonheur
Alors que le ministre reprend ce mardi le débat sur Hadopi, Rue89 fait le florilège de ses déclarations les plus poétiques.
D’un point de vue formel, ce n’est pas sans déplaisir que l’on retrouvera Frédéric Mitterrand à l’Assemblée pour la reprise du débat sur l’Hadopi. Depuis le mois de juin, les formidables saillies du nouveau ministre de la Culture et de la Communication détonnent dans un gouvernement davantage accoutumé aux piètres dérives langagières. Florilège.
Le tour de France à la télé : « Le camp du drap d’or du sport »
Frédéric Mitterrand n’aime pas que l’on insiste sur son côté « bonsoiiiir », hérité d’une carrière télévisuelle entre paillettes et têtes couronnées. A un journaliste de TF1 qui l’interrogeait la semaine dernière sur son côté « lyrisme et mélopées », le ministre a répondu qu’il n’était ni l’un, ni l’autre. Il suffit pourtant de ne pas l’interrompre lorsqu’il parle pour le voir s’enflammer.
Le 18 juillet, c’est au silence de Gérard Holtz que l’on doit cette déclaration d’amour démesurée au Tour de France :
« Le Tour de France c’est à la fois l’histoire et la géographie.
La géographie parce qu’à travers le périple du tour de France, on visite la France, le fait qu’il passe par des départementales fait qu’on passe par des régions où la nature est totalement vierge ou préservée et puis on découvre quelques unes des plus belles villes de France, où on a l’habitude de passer trop vite et là ... »
Lancé, il ne s’arrête plus :
« C’est un exemple formidable de technique et de logistique ce que réalisent toutes les télévisions, mais notamment et surtout les télévisions publiques...
C’est une performance incroyable ! C’est un village de toile ! C’est le camp du drap d’or du sport qui se déplace sans cesse, d’étape en étape ! » (Voir la vidéo)
Michael Jackson, « incroyablement sexy »
Le ministre de la Culture est traditionnellement le nécrologue du gouvernement. Pour son entrée en fonction, Frédéric Mitterrand a eu à faire face à la déferlante Michael Jackson pour lequel il avait visiblement une immense admiration. Dans les colonnes de Paris Match, il pleure la tragédie de « Peter Pan » :
« J’ai assisté à un de ses concerts au Parc des Princes, il y a une dizaine d’années. Il était incroyablement sexy.
Celui de ses clips que je préfère est “Bad”, ce mélange d’adolescent potache qui met les mains sur sa braguette et d’adolescent romanesque...
Quand je vois cette émotion qui nous secoue tous, je m’interroge : qu’est-ce que Michael Jackson a fait de nous, et qu’avons-nous fait de lui ? »
Sur Europe1, son discours n’est pas moins laudateur sur cette première « star universelle » :
« On a tous un peu de Michael Jackson en nous. »
Tous, sauf les sénateurs, dont il a observé sur RTL qu’ils « dansaient moins bien que Michael Jackson ».
Sarkozy et moi
Frédéric Mitterrand ne craint rien. Ni les coups, ni les médisances. Mais l’idée de se faire engueuler par Nicolas Sarkozy, il l’admet, ça l’a légèrement inquiété.
En juin, tout à son enthousiasme, le ministre de la Culture a révélé sa nomination avant même l’annonce officielle du remaniement. Mais finalement, Nicolas Sarkozy ne lui a rien dit :
« Ce fut pire que s’il avait décroché son téléphone. (...) J’ai eu l’impression que le vent du boulet n’était pas passé loin. Un truc comme ça avec Jospin et j’aurais été viré. En tout cas, ça m’a servi de leçon. »
Passé près du pire, l’écrivain-réalisateur-acteur-animateur, « acteur culturel » aime-t-il à dire, n’a de cesse d’encenser le Président, un homme intelligent et surtout... gentil. Au Parisien, il confie aimer sa « nouvelle vie », bien s’entendre avec Nicolas Sarkozy qui se montre « très gentil » avec lui.
Cette relation parfaite ne souffrira d’aucun désaccord a promis le ministre. Considérant comme Jean-Pierre Chevènement qu’un ministre ferme sa gueule ou démissionne, il a précisé avoir fait voeu de silence.
Mais si Frédéric Mitterrand affiche une infinie dévotion au président de la République, il est capable d’égratigner -avec élégance- ceux qu’il n’aime pas.
Aux rumeurs annonçant l’arrivée de Frédéric Lefebvre comme secrétaire d’Etat à la Culture, il a répété sur RTL être le ministre de la Culture « et » de la Communication :
« Je n’ai pas besoin de secrétaire d’Etat à la Communication. Si
le Président souhaite que j’aie quelqu’un pour m’épauler dans le
travail considérable que cela représente, je sais qu’il choisira
quelqu’un avec qui je m’entendrai. » (Voir la vidéo)
Autre objet de sa mésestime : Jack Lang. Au mois de juin, lors d’un entretien avec l’hebdomadaire VSD, Frédéric Mitterrand ne dément pas des propos rapportés par une amie ; il aurait accepté le poste « ne serait-ce que pour voir la tête de Jack Lang devant son poste de télévision ».
Photo : Frédéric Mitterrand à l’université d’été de l’UMP à Seignosse, le 5 septembre (Audrey Cerdan/Rue89)
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Naïf comme Rantanplan
La comparaison la plus surprenante est venue de Frédéric Mitterrand lui-même. Sur TF1, il a expliqué le 30 août se retrouver en Rantanplan :
« Rantanplan un personnage très sympathique. Rantanplan est un innocent qui se trompe mais qui n’a jamais de rancune. »
Ce rapprochement avec le chien de Lucky Luke n’est pas nouveau. En avril dernier, alors directeur de la Villa Médicis à Rome, il confiait cette anecdote au Figaro :
Nicolas Sarkozy « me confiait la création du comité de réforme de l’audiovisuel public. Puis, alors que j’avais passé trois semaines à réunir des gens de droite comme de gauche, Claude Guéant y a injecté des parlementaires.
J’ai alors décidé de me retirer, mais sur la pointe des pieds sans râler, sans même rien dire à personne.
J’ai simplement adressé à l’Elysée une carte postale avec l’image du chien de Lucky Luke en lui disant que j’en avais marre d’être le Rantanplan du président de la République !
Ensuite pendant au moins dix jours, ce dernier n’a cessé de monter la carte en disant : “Regardez ce que ce fou de Mitterrand m’a envoyé !” Cette discrétion a sans doute joué favorablement pour mon arrivée à la direction de la Villa Médicis. »
L’autre Mitterrand et moi
Neveu de François, Frédéric Mitterrand est évidemment une inestimable « prise de guerre » pour Nicolas Sarkozy. L’expression, largement utilisée dans les médias, lui a simplement fait hausser les épaules le jour de sa nomination :
« Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand... »
Cuisiné par Paris Match, le ministre a tout de même avoué que sa présence au gouvernement n’aurait pas déplu à son vieil oncle, d’un naturel assez sardonique :
« Je crois que ça l’amuserait. Et qu’il me dirait en riant sous cape : “Franchement, tu n’as pas un peu honte vis-à-vis de nos amis ?” »
Ni prophète, ni Superman, ni Tarzan
Pourtant habitué des caméras, Frédéric Mitterrand a semblé sincèrement dérouté lors de son passage aux Francofolies de La Rochelle. Interviewé par des dizaines de journalistes, il a marqué un temps d’arrêt avant de s’étonner :
« Vous vous penchez... ce n’est pas le prophète qui parle ! C’est juste un pauvre type qui est coincé par 40 personnes. » (Voir la vidéo)
A Paris Match, il a déclaré ne se sentir « ni Superman ni Tarzan ». A RTL, il a fêté sa nouvelle vie qui lui permet de se lever à 6 heures du matin. A TF1, il a promis que sa contribution à la politique serait « le souffle ».
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Des approximations et des pirouettes
Les sigles, ce n’est pas vraiment son truc. Au point de ne pas être capable de répondre à la chroniqueuse Ariane Massenet, du Grand Journal de Canal+, sur la signification d’Hadopi. Et de s’en sortir par une pirouette :
« Quand un terme devient générique, on oublie ce que ça veut dire. Par exemple, quand on dit ’Ariane Massenet’, on oublie qui est Ariane Massenet, c’est toute une image... » (Voir la vidéo)
Quand on ne sait pas, mieux vaut le dire. Aux Francofolies de la Rochelle, le ministre ignorait encore qui était Orelsan (« Je ne connais pas ») et ne savait guère ce qu’était Twitter :
« Twitter, je sais pas ce que ça veut dire. (Un journaliste explique) Ah ! Oui, j’envoie des messages sur mon portable aux personnes que j’aime. »
Le 21 juillet, son baptême au Parlement a été unanimement salué. Références littéraires, exemples bien trouvés. Notamment celui de la grand-mère victime de son petit-fils :
« On connait tous l’histoire de la grand mère qui arrose les coquelicots de son petit-fils sans savoir que ce sont des plans de haschich. »
Mais en réalité, si la grand-mère arrose des coquelicots, c’est du pavot que son petit-fils cultive et non du haschish.
L’obsession d’être enceinte
L’homme n’est enfin pas dénué d’humour sur lui-même. Le 30 juin dernier, lors d’une conférence de presse avec son homologue turque Ertugrul Günay, à l’occasion de la Saison de la Turquie en France, prévue pour durer neuf mois, cette conversation :
« Frédéric Mitterrand : Neuf mois, c’est le temps nécessaire à une naissance. Qu’il n’y ait pas de méprise, nous ne sommes pas en train de faire un enfant.
Ertugrul Günay : Nous sommes entrés dans un processus qui va évoluer vers de nouvelles amours
Frédéric Mitterrand : Je crois qu’il vaut mieux que nous en restions là. Manifestement, M. le ministre Günay ne connaît pas ma réputation ! »
Sur TF1, lorsqu’un journaliste l’interroge sur sa popularité comparable à celle de Rachida Dati, il sourit :
« Vous voulez dire que je vais être enceinte ? »
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khmer vert ( age des caverne, (...)
khmer vert ( age des caverne, (...)
j’adore la fin
des histoires de grandes coquettes
Dieu, que ces gens là sont loin de la réalité des (vrais) gens ! ! ! !




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