Tribune 10/10/2007 à 21h06

Les fantômes de la ségrégation reviennent dans le Sud américain

Romain Huret | Historien, Lyon II - EHESS


Jena est une petite bourgade paisible de Louisiane, l’une de ces nombreuses smalltowns du Sud des Etats-Unis. Entre air conditionné et chaleur moite, les habitants, blancs en grande majorité, mènent des vies sans histoire. Toutefois, depuis un an, la quiétude locale est mise à mal par une affaire qui débute à cause d’un arbre, un arbre suspendu dans le lycée de la ville.

En août 2006, les lycéens afro-américains demandent au proviseur s’ils ont le droit de s’asseoir au pied de n’importe quel arbre du lycée. Car, dans la cour, un arbre est réservé aux seuls blancs, lui expliquent-ils. La ségrégation prend parfois des formes invisibles et tacites entre les communautés.

L’arbre devient dès lors l’objet d’un combat symbolique. Les Afro-Américains s’asseoient au pied de l’arbre ; les lycéens blancs marquent leur territoire en plaçant trois cordes de pendus aux branches de l’arbre. Si les auteurs de la sinistre mise en scène sont punis par la direction de l’établissement, le mal est fait.

Les fantômes de la ségrégation et des lynchages refont leur apparition dans cet Etat du Sud. Rixes et violences verbales s’ensuivent dans les couloirs du lycée. A la fin du mois de novembre, le bâtiment principal du lycée est détruit par un incendie.

Quelques jours plus tard, un lycéen blanc est violemment frappé à la suite d’un échange d’insultes racistes. Mychal Bell, et cinq complices présumés, sont arrêtés. Les « six de Jena » ( » The Jena Six » une appellation calquée sur les « Scottsboro Nine » , une affaire remontant aux années 30) risquent de lourdes peines de prison. Inculpé par un jury entièrement blanc, défendu par un avocat commis d’office, Mychal Bell risque alors une peine de prison de vingt-deux ans.

Grâce à la mobilisation de la communauté afro-américaine, notamment par le biais d’Internet, la condamnation, pour le moins expéditive, est en cours de révision. Toutefois, le mois dernier, le juge a décidé de laisser Mychal Bell en prison, ouvrant la voie à de nouvelles manifestations et pétitions.

L’indignation de la communauté afro-américaine est désormais relayée par une pétition en ligne et des articles dans les grands organes de presse comme The Nation, The New Republic ou le New York Times. Le candidat démocrate Barack Obama a officiellement soutenu les jeunes gens en réclamant la tenue d’un procès équitable. Pourfendeur de longue date de l’administration de George W. Bush, le chanteur John Mellencamp vient d’écrire une chanson pour dénoncer le retour de ces scènes ordinaires de racisme.

Si la mobilisation médiatique est indispensable pour espérer la mise en œuvre d’un procès équitable, elle ne doit pas esquiver la réflexion sur la signification d’un tel événement. L’affaire de l’arbre de Jena est incompréhensible sans une prise en compte d’un malaise de la communauté afro-américaine à l’égard des institutions, et notamment l’institution judiciaire, des conséquences psychologiques durables de l’ouragan Katrina et des discriminations répétées dans les Etat du Sud depuis plusieurs années.

Tout d’abord, l’incident met en jeu les déboires réguliers des Afro-Américains avec la justice américaine. Le délitement de l’Etat-Providence américain dans les années 1990 a donné naissance à un accroissement du taux d’incarcération dans le pays, ce que certains nomment, non sans raison, le passage à un « Etat-Pénitence » . Beaucoup d’Afro-Américains partagent le diagnostic du sociologue Loïc Wacquant selon lequel « l’hypertrophie du système pénitentiaire correspond à l’atrophie de l’Etat Providence » .

Les chiffres sont éloquents et démontrent que le pays possède l’un des taux d’incarcération les plus élevés du monde : 702 détenus pour 100 000 habitants, dépassant même la Russie qui en compte 685 pour 100 000 habitants. Ce taux est proportionnellement plus élevé au sein de la communauté afro-américaine, qui fournit une grande partie de la population carcérale.

Le traitement juridique différencié des incidents du lycée de Jena confirme pour beaucoup l’existence d’une justice à deux vitesses, allant de simples sanctions et remontrances dans un cas à de lourdes peines dans l’autre. Ce sentiment d’injustice est aggravé par le souvenir de l’ouragan Katrina, qui ravagea ce même Etat de Louisiane, à la fin du mois d’août 2005. Pour beaucoup d’Afro-Américains, la non-intervention du gouvernement fédéral s’explique par l’indifférence dans le meilleur des cas, le racisme dans le pire, à l’encontre de la communauté. Si Barack Obama privilégie la première hypothèse, la « longue indifférence » plus que « l’intention délibérée » , le réalisateur Spike Lee n’a pas ses réserves toute politiciennes.

Dans son brillant documentaire, When the Levees Broke : Requiem in Four Acts (2006), il penche du côté de l’acte raciste et intentionnel pour expliquer le désastre : la réaction de l’administration Bush aurait-elle été la même si des villes, composées majoritairement d’Américains blancs, avait été frappées par une catastrophe naturelle ?

Pour expliquer la réaction de la communauté afro-américaine, il convient enfin de se souvenir des exactions à répétition commises dans les Etats du Sud. Pour ne prendre qu’un seul exemple, les événements de Floride, un Etat proche de la Louisiane, au cours de l’élection présidentielle de 2000 sont encore dans toutes les mémoires. Les enquêtes conduites par les démocrates au lendemain du laborieux processus de recomptage des voix, processus favorable finalement à George Bush, ont démontré les obstructions juridiques et politiques dont sont victimes les Afro-Américains, notamment les plus pauvres d’entre-eux.

Ainsi, la réaction épidermique que suscite l’affaire de Jena cristallise une somme de rancoeurs et d’incompréhensions en germe depuis de nombreuses années. Elle démontre surtout qu’en dépit des avancées remarquables dont a bénéficié la communauté afro-américaine depuis une quarantaine d’années, et c’est un point à ne surtout pas oublier, elle conserve un rapport de méfiance vis-à-vis des institutions, à commencer par l’institution judiciaire.

A l’approche de l’élection présidentielle de 2008, il est grand temps de réfléchir aux modalités d’une refondation du lien social et politique et des rapports de confiance entre les citoyens et leurs institutions. Sans ce rapport de confiance, les élus finissent par perdre leur légitimité et leur autorité. A plus d’un titre, l’arbre de Jena cache une forêt de difficultés, enfouies dans l’Amérique de George W. Bush.

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  • Anonyme

    Reviennent, reviennent... Faudrait encore qu’ils soient partis...
    De ce que j’ai pu voir en Louisiane, c’est jamais vraiment parti. Et encore ne parlons nous pas des Indiens d’Amérique... Dans une ville du nom de Huma, essentiellement peuplée de cajuns, j’ai cherché à en savoir plus sur les indiens du coin. Personne ne savait quoi que ce soit à leur sujet. Etonnant dans une ville dont le nom est celui d’une tribu qui a combattu aux côtés des cajuns contre les anglais, non ?

    Otto Naumme

  • Anonyme

    cela ne vous rappelle pas le K K K (ku klux klan) ! ! ! ...la supériorité de la raçe blanche ! ! ! ...une connerie de plus,cela fait tristement rire ! ! ! ...quelque soit la couleur de la peau, on est tous issu d’une seule est meme famille, l’humanité ! ! ! ...rebelle

  • Anonyme

    A l’auteur de l’article :
    Malgre tout mon degout pour le personnage et pour l’affaire Jena 6, je ne comprends pas bien ce que vient faire Bush la dedans.

    Je comprends qu’en France on aime bien l’equation Bush=raciste=satan=sarkozy=..., mais ca n’a pas vraiment de rapport.

    Bush a un volet social pitoyable. En faire un raciste notoire est neanmoins pour le moins simpliste (par cronisme il nomme des incompetents a la tete de JEMA, ok. Lui mettre sur le dos Katrina, ok. En fait une question purement raciste, simpliste).

    Un peu plus bizarre, pourquoi mentionner Mellencamp ? Je ne vois pas en quoi l’info merite d’etre au meme niveau du reste des informations de l’article (bon, ce n’est pas un inconnu, mais ce n’est pas bono non plus, on va dire).

    Enfin, il me semble que vous manquez de mentionner une information importante : Mychal Bell (le principal accuse) a ete relache contre caution. Il ne sera pas juge en tant qu’adulte (ouf...), et au pire aura une condamnation au tribunal « juvenile » (ce qui dans le pire des cas le met en prison jusqu’a ses 21 ans). Ou alors ai-je mal lu le journal ?

    Enfin, par curiosite (je marche sur des oeufs. loin de moi l’idee de vouloir enrager le debat ou faire miroir), mais pourquoi l’affaire de l’equipe de Lacrosse de Duke a-t-elle fait si peu parler d’elle en France ? (ni au debut, quand presque tout le monde les croyait coupable, ni a la fin, quand presque tout le monde les croit innocents ?).

    • Anonyme

      Je suis pas fan du tout de G.W. Bush mais je rejoins ton intervention. Je ne pense pas vraiment qu il soit raciste.
      Par contre, je suis certain qu il n aime pas les pauvres. Et aux US j’ai l’impression que ca touche surtout les noirs, donc, raccourci facile à faire il est vrai.

    • Anonyme

      En réponse à ces commentaires, je tiens à préciser un point : je n’ai nullement l’intention d’accuser Bush d’être raciste. Ce n’est en rien le propos de l’article. Concernant l’ouragan Katrina, je vous rejoins totalement : les causes sont plus liées à l’incompétence de son administration qu’à un quelconque racisme du président comme je l’ai écrit par ailleurs ( Lien). Mais, et c’est là le but de l’article, la communauté afro-américaine ne partage pas dans son ensemble ce point de vue. La multiplication des affaires de violence policière ou d’erreur judiciaire a provoqué un malaise profond au sein de la communauté. Le documentaire de Spike Lee en est un parfait exemple. Jesse Jackson a récemment reproché la timidité des interventions de Barack Obama sur l’affaire de Jena ! Pourquoi ne pas appeler un chat un chat, un raciste un raciste ? a demandé Jesse Jackson, une figure tutélaire de la communauté. Les propos de la mère du clan Bush pendant Katrina, du père Bush lorsqu’il était président au moment du pasage à tabac de Rodney King (92) ou les actes de Jeb Bush en Floride accentuent la suspicion au sein de la communauté. Bill Clinton, que Toni Morrison a appelé le premier président « noir », a su créer un lien étroit avec cette communauté. C’est peu dire que le lien s’est distendu ! Pour finir, et cela nous conduit à Jena, l’affaire est en cours de révision et sans doute, en tout cas espérons le, les accusés auront droit à un procès équitable. Mais le malaise risque de durer car Jena n’est que le révélateur d’un malaise plus profond. Je le répète : la réaction épidermique ne se comprend pas sans le rappel de ce malaise. Merci pour vos commentaires. Romain Huret

    • Hélène Crié-Wiesner
      • Posté à 16h11 le 11/10/2007
      • Internaute 57
        Binationale

      Il y avait eu un Lien dans Libération l’an dernier à ce sujet, par... Pascal Riché, qui n’avait pas encore fondé Rue 89.
      C’est une histoire terrible qui n’a pas fini de bouleverser les rapports blancs/noirs dans la région de Raleigh/Durham. Je vis là, j’en sais quelque chose. Comme si cette affaire des « Six de Jena » était inversée.

  • Anonyme

    mais je n’avais plus cette vision des USA.

    Lien

  • Anonyme

    le Sud a tout compris

  • janpoleroy
    • Posté à 11h25 le 11/10/2007
    • Internaute 17301

    Il y a un racisme latent au États-Unis, en particulier dans le Sud, on le sait tous.
    Je hais les Bush et tous ceux qui les servent ou ont servis, qu’ils soient blancs (ainsi Rumsfeld bien sûr...) ou noirs (Mrs Rice par exemple), mais sont-ils plus racistes que la moyenne ? Ou bien le racisme n’est-il qu’une ségrégation comme une autre (sociale, sexuelle,...), un moyen de pression d’une classe omnipotente sur une population fragilisée ?
    Etre noir et pauvre : la quintessence des tares de notre société ! Mais être noir et riche, est-ce, même aux US, plus difficile qu’être blanc et pauvre ?
    Ce n’est peut-être pas la couleur que stigmatisent nos sociétés mais toute « différence » comme forme de fragilité apparente, et la couleur de peau comme le niveau de sa fortune en feraient partie.
    Ceci dit, n’y a-t-il pas le même racisme insidieux - on le dit « ordinaire » - en France ? Historiquement moins visible, il n’en est pas moins présent, ne serait-ce que dans les rangs d’une certaine police (ne généralisons pas, ce serait trop facile), mais pas seulement.

    Une autre constante semble cependant apparaître à travers votre ce dossier : la partialité (c’est un euphémisme) de la justice, aux US comme chez nous. Chez eux, la grossière iniquité des peines infligées selon la typologie des prévenus (pas un hasard si les prisons US sont remplies de détenus noirs), chez nous, la curieuse mansuétude envers les délits dits de « cols blancs » (qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros), en regard des peines, parfois disproportionnées, infligées aux délits, souvent mineurs (quelques milliers, voire quelques centaines d’euros), perpétrés par nos petits casseurs de banlieues.
    Le racisme, pour méprisable qu’il soit, est un état d’esprit individuel qui se traite par l’éducation (il y aura, hélas, toujours du « déchet »). L’(in)Justice est une Institution Nationale qui reflète la conscience sociale - et morale - de nos politiques. On ne la traite pas par l’éducation (nos politiques savent parfaitement ce qu’ils font) mais par l’action collective (bulletins de vote, ...). Bien que là aussi, une éducation politique des masses ne serait pas superflue.
    JPL

  • Anonyme

    Les américains n’ont jamais varié d’un iota dans leurs comportements vis-à-vis des blacks. Qu’ils soient devenus célèbres et riches ou restés pauvres et indigents, les blacks continuent à être la 5è roue du carosse des USA.
    J’ai vu une quantité énorme de documentaires récents sur la drogue chez les jeunes mères, la prostitution, le manque d’éducation (enseignement) avec tout son cortège de criminalité et de délinquance. C’est absolument effarant. Ils n’ont que le mot « répression » à la bouche.
    Comparez la peine encourue par ce garçon avec celle qu’il aurait eu en France, propos racistes ( ?) et coups, ça n’a aucune commune logique ni mesure. Pourtant c’est bien la peine inscrite au code qui lui est infligée.

    Perso, je pense depuis quelques années que ces gens n’ont pas toute leur tête. Je crois que la société qu’ils ont créée leur monte au cigare, à tous.

    • Anonyme

      n’écopent respectivement « que » de 2 et 1 an

      confondant

  • sinclair
    • Posté à 15h24 le 11/10/2007
    • Internaute 2580

    Un si grand pays démocratique ou immigration choisie et quota ethnique représentatif inflexible sont les deux mamelles de l’égalité. Comment est ce possible.

    Non c’est juste pour faire de l’anti Sarko primaire. L’égalité pure et dure existe et a toujours existe aux USA grâce à ces deux grands et beaux principes

  • Anonyme

    J’ai toujours eu l’impression qu’au fond, aux USA, cette question n’a jamais été fondamentalement réglée. Les communautés cohabitent, mais ne se mêlent pas. Les indiens vivent dans des réseves, encore aujourd’hui, le plus souvent dans une indigence indigne d’un pays aussi riche, les noirs sont dans leurs ghettos, les hispaniques aussi. Une catégorie de population très riche, une autre très pauvre et quasiment pas de classe moyenne.
    Pour autant, je pensais, j’espérais que « Mississipi burning » était définitivement derrière nous...

    Fadila

    • geranon
      • Posté à 20h40 le 11/10/2007
      • Internaute 2340

      Quasiment pas de classe moyenne aux Etats-Unis ? ? ?
      Ecrire des lieux communs, c’est une chose, mais des âneries, c’en est encore une autre !

  • Anonyme

    j’ai lu quelque part (où ? satané internet ! : D) que si le taux d’incarcertion des Etats-Unis était identique à celui de l’Europe, le chômage dans ce pays prendrait 5% dans la tronche.

    Quelqu’un pour confirmer ?

    • geranon
      • Posté à 20h53 le 11/10/2007
      • Internaute 2340

      La réponse est presque dans l’article :
      7 pour mille de la population est en prison.
      Il manque juste la proportion d’actif. On va dire de l’ordre de 50%. (population active de 150 millions, source : Lien)
      Donc même si tous les prisonnier sortaient de prison et s’inscrivaient au chômage, toutes choses égales par ailleurs, le taux de chômage augmenterait de 7/1000*100/50=1.4%
      Même si on prend une proportion d’actif de 35 %, le résultat est de 2%.

  • Anonyme

    que dire de l’arbre de la Vie, l’écologie ?
    dans quel état est l’écologie de la planète ! ! !
    on attend que le Titanic touche son premier Iceberg ?
     ? ?

    que dire de la structure des tours du World trade Center ?
    un tronc de 36 piliers indestructibles entourés de planchers soudés fermes comme les branches,,, et aussi des feuilles comme des personnes qui travaillaient dans les tours ! ! !

    >> photo : Lien

    comment voulez vous qu’un avion réduise en cendre une tour de 400 m de haut ?
    prenez un ballon de rugby (et gangnez la coupe du Monde, heu non ! pardon...) et enoyez le dans le feuillage d’un arbre... de toutes vos forces, avec un canon si vous voulez !

    allez vous retrouver toutes les branches et le tronc en petits copeaux ?

    >> Lien
    >> Lien
    >> Lien

    mais avec les mercenaires gouvernant nos soi-disant démocratie capitalistes,
    SI ! c’est possible !

    comme de piller un pays (des ! pardon) en les accusant de terrorisme !

    >> mon blog : Lien

  • Hélène Crié-Wiesner
    • Posté à 16h07 le 11/10/2007
    • Internaute 57
      Binationale

    Le dernier des « Six de Jena », Mychal Bell, est finalement sorti de prison (contre une caution et en attendant un nouveau procès, devant un tribunal pour mineur cette fois) le 29 septembre dernier.

    • Anonyme répond à Hélène Crié-Wiesner

      Aujourd’hui 12 oct 0h Cote Est Il y est retourné en prison pour 18 au motif qu’il a viole les termes de sa probation
      Ah quelle est belle la justice

  • Anonyme

    Article très intéressant sur les méandres de l’insconcient collectif et certaines de ses répercussions concrètes sur les rapports entre communautés et la situation de la communauté afro-américaine ici, latino ailleurs.

    Dommage que l’indignation légitime que soulève cet article sur la condition d’une minorité aux Etats-Unis ne soit pas la même lorsqu’il est question des débats actuels sur la place de l’esclavage et la colonisation française dans l’histoire de France.

    Et pourtant, sans tomber dans une comparaison terme à terme ni induire qu’elle touche l’ensemble de la population américaine et française, on retrouve les mêmes causes (l’occultation d’un passé mal réglé), les mêmes effets (la persistance du symbole de l’arbre « à fruits étranges », l’exclusion sociale et économique qui frappe inégalement les communautés...).

    Vu d’ici, quand ça se passe aux Etats-Unis, ça parait normal d’en discuter ratinnellement et sans passion inutile. Quand on s’interroge ici sur certains des faits historiques et leurs répercussions actuelles sur les rapports sociaux, économiques et culturels en France, on tombe dans les accusations de communautarisme, une réclamation ( ?) malvenue de repentance ( ?)etc etc. Alors que des réflexes et représentations racistes (mêmes involontaires) et post-colonialistes, il en reste quelques-uns chez nous aussi (voir d’ailleurs la réaction édifiante, faussement provocatrice et pas particulièrement isolée de l’internaute qui nous explique que « le Sud a tout compris »).

    Je le dis sans volonté de polémique mais avec une grande, très grande lassitude quant à cette capacité que nous avons à nous inquiéter de la paille dans l’oeil du voisin...

  • Anonyme

    c’est quoi ça ?

  • Anonyme

    Mais ouf, l’honneur est sauf, le responsable de tout ça a payé pour ses méfaits : l’arbre a été coupé ! ! ! ! (ce n’est pas une plaisanterie)

  • Anonyme

    pareil que le c.a. à 17h09, quel est le sens de la phrase « une affaire qui débute à cause d’un arbre, un arbre suspendu dans le lycée de la ville » peut être vouliez vous écrire à cause d’un noeud coulant suspendu à un arbre ?

  • Damienxc
    • Posté à 04h54 le 12/10/2007
    • Internaute 18744

    Bonjour,

    si le problème de la ségrégation aux états unis vous intéresse, je vous invite à lire le livre intitulé « to kill a mocking bird » de Harper Lee qui reprend en toile de fond un procès inéquitable et injuste comme celui de Scottsboro. L’histoire se déroule dans les années 30.
    Richard Wright a également écrit d’excellents livres qui donnent au lecteur la possibilité de se rendre compte ô combien il était dur de naître noir à ce moment de l’histoire.

    • Anonyme répond à Damienxc

      Ca l’est encore . Crois le sur parole ! ! !
      Et pour ceux qui le vivent ca l’est encore plus, qu’on leur fait croire que ca n’existe plus, alors qu’ils le vivent, et de façon plus sournoise