Critique 08/09/2009 à 22h38

Afghanistan : un théoricien français derrière l'armée américaine

Chamaco | Dans l'ombre

L’administration Obama (avant elle, celle de Bush) vocalise, comme un mantra : façon martiale « Nous allons changer de stratégie » ou façon humaniste « nous devons gagner le cœur et les esprits ».

Août 2008, juste avant l’annonce de Bush, 90 civils tués dans la province d’Herat. Bombardement.

Mai 2009, juste après l’annonce d’Obama, 100 morts pour la plupart des civils dans la province de Farah. Bombardement.

Le secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates, en conférence de presse au Pentagone le 2 septembre dernier, déclare aux journalistes :

« Malgré le peu de temps écoulé, nous pouvons affirmer que cela fonctionne. Nous en sommes persuadés et nous pensons que dorénavant nous possédons les ressources et la bonne approche pour commencer à réaliser des progrès. »

La semaine dernière, province de Kunduz, 60 morts dont des civils. Bombardement. Et pourtant... Les plus hauts responsables militaires des Etats-Unis, nous affirment avoir pour livre de chevet depuis de nombreuses années : « Contre-insurrection - Théorie et pratique » du lieutenant-colonel français, David Galula.

Juif, Saint-Cyrien et sinophone


Portrait de l’officier et penseur militaire français David Galula (Wikipedia commons).

Ce quasi inconnu (en France) est né à Sfax (Tunisie) en 1919. En 1939, il s’engage et choisit l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale l’empêche d’arriver au terme de sa scolarité. Il est affecté au Maroc, puis après la défaite, rapatrié à Aix-en-Provence. Juif, Galula est radié des cadres de l’armée en septembre 1941.

Il fuit pour l’Afrique du Nord en juillet 1943 où le général Henri Giraud le réintègre dans l’armée. Dès lors, il participe aux combats jusqu’en 1945. Avec la fin du conflit -et du fait de sa connaissance de la langue chinoise-, il est très rapidement engagé sur le théâtre d’opération d’extrême-Orient, notamment en Chine où la guerre civile fait rage.

Galula est alors l’un des rares officiers occidentaux à voyager en Mandchourie intérieure. Capturé et relâché par les communistes, il est un observateur de la victoire de Mao. Il demeure cinq ans en Chine où il étudie de près l’organisation militaire chinoise et l’idéologie communiste.

Puis c’est la Grèce où en 1949 il devient observateur des Nations unies et assiste cette fois à l’échec de l’insurrection des communistes grecs.

De la guerre d’Algérie à la Rand Corporation

En 1956, l’Algérie. Galula donne sa pleine mesure au sein du 45e bataillon d’infanterie coloniale. Il obtient de remarquables résultats -reconnus par l’Armée- en pacifiant le secteur du Djebel Mimoun, en Grande Kabylie.

Fin 1959, le commandant Galula est envoyé à Norfolk en Virginie, afin de suivre les cours de l’« Armed forces staff college ». De retour en France, il demande son détachement comme « visiting fellow » à Harvard mais, devant le refus de l’Etat-Major, sollicite une disponibilité de trois ans, transformée en mise à la retraite anticipée au grade de lieutenant-colonel.

Retour aux Etats-Unis. En avril 1962, chercheur associé et enseignant à Harvard, on lui propose de travailler à la Rand Corporation (« think tank » américain). L’année suivante, il y publie le bilan de son expérience : « Pacification in Algeria, 1956-1958 » et en 1964 « Counterinsurgency Warfare. Theory and practise ».

Son décès en 1968, l’incompréhension de sa hiérarchie, la publication -en anglais- de ses travaux, expliquent que David Galula soit resté longtemps inconnu dans son pays natal, voire au sein même de la communauté de défense.

Traduit en Français, avec l’assentiment de l’Ecole de guerre


Jaquette de « Contre-insurrection » de David Galula (DR).

2008. Son ouvrage sur la contre-insurrection est enfin traduit en Français aux éditions Economica, dans la collection « stratégies et doctrines » co-dirigée par le Général Vincent Desportes, patron du Collège Interarmées de Défense.

Bien qu’il faille replacer ce livre dans son époque -guerre froide, décolonisation, défaite en Indochine, guerre d’Algérie- les principes qu’il énonce demeurent d’actualité. En premier lieu, il estime que la violence massive et indiscriminée est néfaste et qu’elle rend des populations « loyales » attentives à l’idéologie de l’adversaire. Son approche est davantage politique.

Pour casser l’enchaînement provocation / répression, il conseille un traitement humain des prisonniers, un contrôle rigide des frontières, une approche davantage policière que militaire. Cette approche doit être complétée par un maillage serré des populations (en évitant le saupoudrage ou la dilution des forces), la mise en place de responsables politiques locaux pour lesquels l’effet de la corruption ne doit pas être ignoré.

La victoire de la contre-insurrection s’appuie sur le renseignement, la connaissance approfondie de l’adversaire et de sa doctrine, le but principal étant de couper les liens entre population et forces d’insurrection : sortir le poisson cher à Mao hors de l’eau. Pour résumer, l’action à mener doit être civilo-politico-militaire et non exclusivement militaire.

Reconnu aux Etats-Unis, il inspire les stratèges américains

L’ouvrage n’est pas un livre de recettes prêtes à servir. Chaque pays (géographie, populations), chaque situation demande études, adaptations, corrections. Plusieurs facteurs -compte tenu de l’année de rédaction- ne sont pas étudiés : l’importance du phénomène religieux, le développement des outils de communication, l’explosion des trafics d’armes, la recomposition des équilibres planétaires.

Il n’en demeure pas moins que ce document mêle théorie et expérience de terrain et reste l’un des rares ouvrages abordant ce thème en profondeur (avec « La Guerre moderne », du colonel Trinquier dont les méthodes s’opposent parfois à celles de Galula, ou les écrits de Lawrence d’Arabie).

Comme on l’a vu, c’est aux Etats-Unis que David Galula est (re)connu. Le général David Petraeus, auteur (avec Amos et Nagl) d’un ouvrage destiné aux officiers supérieurs et aux commandants de grandes unités, le « Counterinsurgency Field Manual » (FM 3-24), reconnaît avoir puisé en partie son inspiration dans le livre de Galula.
Petraeus -ancien commandant en chef en Irak- est depuis octobre 2008 à la tête du Central Command (CentCom) et par là superviseur de deux guerres contre-insurrectionnelles (avec Odierno en Irak et McChrystal en Afghanistan).

C’est ce même Petraeus qui a préfacé l’édition française du livre de Galula, n’hésitant pas à écrire :

« Tout comme le “ De la guerre ” de Clausewitz, cet ouvrage est à la fois une réflexion philosophique sur la nature de la guerre et un précis de doctrine. » (Préface- VIII).

Sans vouloir devenir facilement acide, il faut quand même noter que dans cette préface, Petraeus écrit aussi (P. XII) :

« La victoire sur l’insurrection requiert la coordination de multiples lignes d’opérations ayant pour objectifs non seulement la destruction ou la capture des insurgés et la formation des forces indigènes [...] mais aussi le renforcement de la capacité à gouverner du pouvoir local, l’amélioration de l’environnement économique et la garantie pour tous d’un accès à l’eau courante et à l’électricité. »

A l’aune de ces deux biens indispensables -eau et électricité- la guerre en Irak n’est pas donc pas achevée et celle d’Afghanistan ne fait que commencer. On comprend mieux l’urgence qu’il y a pour l’administration étatsunienne de souhaiter « gagner les cœurs et les esprits ».

► Contre-insurrection - Théorie et pratique - David Galula - Economica - 2008 - 215p., 49€.

Illustration : portrait de l’officier et penseur militaire français David Galula (Wikipedia commons).

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  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 23h32 le 08/09/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    On aurait pu aussi leur vendre notre ligne Maginot, aux Ricains.

    • Jyscall
      • Posté à 19h57 le 09/09/2009
      • Internaute 50478
        Etudiant

      A moibns que je ne me trompe, cette ligne si ridiculisée par l’enseignement actuel devait à l’origine se poursuivre aussi le long de la frontière belge. De ce fait elle aurait été plus efficace, efficace tout court même.

      Mais c’est à cause du pacifisme acharné de cette époque (cf accords de Munich pour ne citer qu’eux) que sa construction fut interrompue. Bien entendu, on ne critique jamais les pacifiques.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 07h52 le 09/09/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    nous devons gagner le cœur et les esprits

  • mauser
    • Posté à 08h20 le 09/09/2009
    • Internaute 4683

    Découvrir Gallula à cette dâte ! ! !
    Au fait relisez Larcheroy Trinquier ou les cahiers du centre de la doctrine de l’armée française .
    Pour Ligier la ligne Maginot a parfaitement rempli son rôle en Algérie c’était la ligne Maurice
    Pour Ysengrimus OUI les afghans sont des résistats mais tous les combatant en Astan ne sont pas afghan ni même patchounes.
    Ici de toute façon ce n’est pour l’instant qu’une question de vocabulaire les US ne savent pas jouer au grand jeu.
    Si pour gagner vous pensez à un dien bien phu ne rêvez pas le marteau de thor écrase tout où il veut et comme il veut
    Une défaite politique oui elle est certaines sauf que les russes reviennent dans le jeu

    • Anonyme répond à mauser

      Il n’est pas question de « découvrir » Galula mais de tenter d’expliquer les sources d’inspiration stratégiques des armées présentes en Afghanistan.

      la ligne Morice (du nom du ministre de la défense André Morice) ne peut être comparée en termes de construction à Maginot.

      • mauser
        • Posté à 10h43 le 09/09/2009
        • Internaute 4683

        Pour la diffèrence de construction entre les deux lignes je ne pense pas que vous m’apprendriez grand chose .
        C’était en réponse à une vente de la ligne maginot aux amèricains Ils auraient bien eu besoin d’une ligne Maurice.
        Au fait une belle inversion s’est glissé dans la bio de Gallula il fait d’abord parti des observateurs en Grèce puis est envoyé en Chine.
        Je ne parle pas pour vous mais pour les amèricains étonnant cette façon de redécouvrir la roue à chaque changement de commandemant
        Car les amèricains ne sont pas sans expèriences de la chose et ils ont même combattu victorieusement des rebelles musulman aux Phillipines . Le Marines corps en avait même tiré un manuel et un ovrage de doctrine ....
        Dommage que ce fil se termine si rapidement il y avait matière à une belle empoignade

      • jyeden
        jyeden
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 12h40 le 09/09/2009
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        est ce que la famille morice n’avait pas des intérets dans la construction de cette ligne ?

      • mauser
        • Posté à 17h48 le 09/09/2009
        • Internaute 4683

        Le chieur de service pouvez vous aussi rectifier le prix ce n’est pas 49 euros mais 19 au dos de mon exemplaire

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 08h40 le 09/09/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Tant pis pour la redondance avec mon post du 23 08 2009.
    Lire les guerres irrégulières de Georges Challiand paru en 2008 chez Folio. il contient de larges extraits de Galula ,de Trinquier et de bien d’autres tels Roger Thompson.

    • Confrère
      Confrère répond à spleenlancien
      consoeur
      • Posté à 10h32 le 09/09/2009
      • Internaute 61847
        consoeur

      Challiand se prénomme Gérard....

      • spleenlancien
        spleenlancien répond à Confrère
        Manant, de passage sous le (...)
        • Posté à 12h01 le 09/09/2009
        • Internaute 78672
          Manant, de passage sous le (...)

        Oups ! Merci d’avoir rectifié mon erreur.

    • mauser
      mauser répond à spleenlancien
      • Posté à 18h46 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      Vous devriez si ce n’est dèjà fait lier aussi Guérillas du même auteur chez pluriel (hachette littérature) execelent et en plus d’un prix abordable 14.5 € pour plus de 600 pages.

  • Deborah
    • Posté à 10h39 le 09/09/2009
    • Internaute 3584

    Ce que j’aime dans cette histoire, c’est le fameux mot « Pacification »..... D’ailleurs on en voit tous les jours les effets en Afghanistan.

    • mauser
      mauser répond à Deborah
      • Posté à 10h50 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      Les cimetières sont des endroits remplis de paix . Si vous le désirez remplacez par le mot qui vous dèsirez La réalité elle est simple faire en sorte que le gars en face meurt pour ses idéaux (assez facile) soit le rallier définitivement

      • vaugoubert
        vaugoubert répond à mauser
        • Posté à 12h15 le 09/09/2009
        • Internaute 31921

        Pas évident de rallier quelqu’un.
        Mes connaissances en polémologie sont plus que limitées, mais il me semble que la doctrine militaire US qui vise tout de même en premier lieu à limiter autant que faire se peut les pertes dans ses rangs est tout de même un obstacle majeur au ralliement des populations civiles.

        Mes connaissances des pratiques de l’armée se limitent aux témoignages des anciens officiers de ma famille : lorsqu’on arrive dans un village où l’on suspecte la présence de troupes adverses, prendre le risque de ne pas balancer de grenades dans les maisons avant d’y entrer pour les fouiller (Indochine, je crois), aller assurer l’accouchement d’une autochtone alors même que l’on a en chemin repoussé une attaque de partisans (Indo aussi, pour un grand-oncle médecin militaire)....

        Tout cela n’a pas grand chose à voir avec mon image du jarhead de l’USMC ultra équipé, n’étant jamais sorti de son trou de l’Indiana et ne parlant naturellement pas un traître mot de la langue du pays dans lequel il se trouve. Quand c’est un humain et non un Predator, un A10 ou un Apache qui traitent les cibles.

        Cette idée de guerre à distance, profondément asymétrique, me semble s’opposer à la possibilité de rallier les populations. Certes on peut fournir l’accès à l’eau et à l’électricité (ou du Viagra pour se rallier les chefs tribaux), mais le combattant acquiert une image de lâche. Je crois avoir lu ça dans quelques articles.

    • Anonyme répond à Deborah

      @ Déborah
      Tout n’est que question de présentation, de communication voire de propagande.
      Souvenons-nous - par exemple - que pour l’Algérie on a longtemps employé l’expression « événements d’Algérie » avant de parler de guerre. Et les bidasses qui se rendaient là-bas, y allaient pour assurer le « maintien de l’ordre » et faisaient des « opérations de police ».

      • Naradamuni
        Naradamuni
        sans
        • Posté à 16h20 le 09/09/2009
        • Internaute 30050
          sans

        Dans tout conflit le premier combat à remporter n’est-il pas celui, du langage, de la sémantique... ?

        Voir dans un autre contexte /

        Guerre contre la solidarité...
        Charges sociales à la place de taxes sociales.
        Allocations chômage plutôt que indemnités de chômage
        etc...

        La falsification sémantique, qu’imposent les tenants du néolibéralisme guerrier via leurs médias, est digne d’Orwell.

  • vaugoubert
    • Posté à 11h14 le 09/09/2009
    • Internaute 31921

    Est-il vraiment intéressant de reprendre « Juif » en intertitre ?
    OK, il a été radié des cadres de l’armée française pour ce motif, on peut le rappeler dans le corps de l’article, mais je ne vois pas en quoi ça mérite d’être mis en exergue. C’est un citoyen français de religion juive, c’est tout ! Il n’y a que sous Vichy qu’on lui a reproché sa religion, c’est une part honteuse, abjecte, de notre histoire, mais notre tradition laïque voudrait qu’on se foute totalement de la religion de nos concitoyens tant qu’ils n’en font pas mention, or rien n’indique que ce fût son cas.

    Maintenant, en réintroduisant cette donnée dans la description de la doctrine utilisée dans le cadre d’un conflit pouvant être perçu comme Occident vs Islam, est-ce que c’est une maladresse ou bien quelque chose de beaucoup plus douteux ?

    • Anonyme répond à vaugoubert

      sur le fond je suis de votre avis. Bien que non responsable du titre et des intertitres je les assume dans la mesure où « Juif, Saint-Cyrien, sinophone » sont trois « états » qui ont influencé sa vie à certains moments. Il ne faut pas y chercher autre chose.

      • mauser
        • Posté à 11h41 le 09/09/2009
        • Internaute 4683

        Désolé vous m’avez devancé

      • vaugoubert
        • Posté à 11h48 le 09/09/2009
        • Internaute 31921

        C’est par ailleurs un article intéressant, mais je suis vraiment irrité par ce « Juif » en intertitre.

        Il est né dans une famille juive et a été persécuté pour cette raison, mais a choisi Saint Cyr et l’armée, de même qu’il a choisi de devenir sinophone ; ces « états » ne sont pas tout à fait de même nature.

        Vous pourriez considérer qu’il a été persécuté, victime, ou que sais-je encore en raison de sa religion et demander à ce que l’on utilise l’un de ces adjectifs plutôt que « Juif »

        Parce que ça fait vraiment « Les Juifs contre les Musulmans » au regard du contenu.

        Parce que ça en rajoute dans notre climat communautariste détestable, où on monte les uns contre les autres.

        Je suis surpris de tomber sur ce genre de chose sur un site dit « de gauche » ou bien alors dois-je en déduire que la personne qui vous relit fait dans « l’antisionisme » et saute sur l’occasion présentée par votre article ?

    • mauser
      mauser répond à vaugoubert
      • Posté à 11h41 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      Bon reprendre en intertitre les croyances d’un officier est assez maladroit mais il faut bien expliquer sa radiation des cadres. D’autant plus qu’il écrit sur des guerres révolutionnaires.
      Et ici les sentiments religieux ne sont qu’un instrument.
      Certes l’Algérie où il sert possède une dimension religieuse mais à quel niveau assez faible durant le conflit il fallait l’appui des communistes soviétiques.
      Maintenant ne vous enfermez pas dans ce genre de débat si l’on parle de guerre. Sur ou sous estimer son adversaire n’est pas une erreur C’est une faute et attacher une qualité ou un défaut à une religion revient à se couper un bras.
      Elle doivent être étudiées puis manipulées à l’avantage du plus rusé.

      • vaugoubert
        vaugoubert répond à mauser
        • Posté à 11h56 le 09/09/2009
        • Internaute 31921

        Vous avez raison, mais ma critique ne porte pas sur le contenu de cet article, que je trouve intéressant et où le fait de savoir qu’il a été radié des cadres de l’armée a de l’importance.

        Ma critique porte sur le fait d’indiquer la religion d’un homme en intertitre. D’un point de vue journalistique, je n’en comprends pas l’intérêt.

        Je précise par ailleurs que j’ai fait une bonne partie de ma scolarité dans une école catholique, même si je ne le suis plus, il n’y a donc aucun communautarisme dans ma question. Ou alors un communautarisme républicain ;)

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 11h42 le 09/09/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    L’application présumée des thèses de Galula s’est toujours traduite par des échecs (Algérie, Vietnam, notamment – rappelons-nous l’appui recherché par les Français auprès du bachaga Boualem et du MNA, et les « strategic hamlets » de McNamara), et on se demande bien ce que Petraeus compte en faire aujourd’hui. Il y a des velléités de transformer l’armée US en force intelligente et entretenant des relations pacifiées avec les populations, mais, en fin de compte, c’est toujours la force brute qui prévaut. On le voit bien en Afghanistan.

    Le problème de fond est que les forces armées sont inaptes à appliquer ce que souhaitait Galula. Elles sont dépourvues des personnels (techniciens, agronomes, interprètes) indispensables, et jusqu’ici seules des ONG ont fait le type de travail de terrain que préconise Galula, avec des résultats mitigés. Quelle armée est capable de former des centaines de cadres parlant le pachtoun en un temps record, par exemple ? De plus, les adversaires de Petraeus au sein de l’état-major américain ne se privent pas de saboter ses efforts en recourant à la force aveugle. C’est le cas de l’armée de l’air américaine, tout imprégnée qu’elle est de la conviction que seule la technologie « supérieure » de ses forces peut faire la différence, avec ses drones « ciblés », par exemple, qui, en tuant un grand nombre de civils, réduisent à néant les tentatives de contrôle contre-insurrectionnel des populations.

    La difficulté est qu’une armée d’occupation est très rarement considérée par les peuples concernés comme une force amie (exception : la FINUL, qui se concentre exclusivement sur le déminage de la frontière israélo-libanaise, avec l’assentiment du Hezbollah. Le problème en Afghanistan (comme en Irak, d’ailleurs) est de nature POLITIQUE, et non pas militaire. Ce ne sont pas les forces déployées par l’OTAN qui pourront résoudre le problème. C’est ce qu’il aurait fallu comprendre dès l’éviction des talibans et d’Al Qaeda d’Afghanistan il y a quelques années. Il s’agissait alors de donner la primeur aux initiatives de développement local. Ca n’a pas été fait, point barre.

    Pour cette raison, les préconisations de Petraeus semblent n’être qu’une forme de gesticulation désespérée.

    • Anonyme répond à Jaycib

      c’est bien à « une forme de gesticulation désespérée » à laquelle nous assistons, mais à la manière d’un illusionniste : pendant que l’on regarde sa main gauche il travaille de la main droite.
      On n’a pas encore assez parlé de l’arrivée du Général Stanley McChrystal à la tête de l’Afghanistan et de son passé. Ses adjoints, Rodriguez, Michael Flynn et Scott Miller sont aussi des « spécimens »...

      « Esquire » le 11 mai 2009 a publié la reprise d’un long article sur McChrystal. Les copains de Rumsfeld ne sont jamais loin.
      Lien

      • mauser
        • Posté à 17h52 le 09/09/2009
        • Internaute 4683

        Vous pouriez dèvellopper Je n’ai pas accés à certaines info comme la bio des généreaux US

         
        • Anonyme répond à mauser

          McChrystal
          ancien patron (2003-2008) du Joint Spécial Opérations Command (JSOC) - commandement des opérations conjointes spéciales - en relation directe avec Cheney et Rumsfeld.
          Flynn
          directeur du renseignement pour l’état-major interarmes à Washington, avait précédemment servi comme chef du renseignement pour McChrystal dans les opérations obscures du JSOC.
          Scott Miller a été choisi comme le commandant en chef de la Cellule de coordination Afghanistan-Pakistan. Alors Capitaine, il avait commandé les troupes de la Delta Force dans le fiasco de « Blackhawk Down » de l’armée américaine à Mogadiscio en Somalie.
          David Rodriguez, ancien commandant de la 82e division aéroportée, ’protégé’ de McChrystal

          JSOC - (wiki n’est pas LA référence mais c’est un début)
          Lien

          • mauser
            • Posté à 09h43 le 10/09/2009
            • Internaute 4683

            En gros l’on ne change pas une équipe qui perd Les opération spéciales étaient les chouchou de Rumsfeld. Une guerre bien moins chere plus de grosse intendance
            Je me demande comment ces hommes vont gèrer une masse de combattants qui doit s’acroitre si Obama suit ses déclarations

        2 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h07 le 09/09/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Moralité, il faut moins de BAC (bigade anti char) et plus de GI de proximité.

    Enfin pas besoin de lire ce libre pour savoir qu’il faut qu’un quart de la population mange dans la main, qu’un autre quart ait peur, l’autre laisse pisser, pour que le dernier quart qui se révolte n’arrive plus à grand chose.

    Mais forcément, à jeter des pavés dans la mare, on fait fuir toutes les carpes...

    Il faudrait surtout que l’Otan travaille sur sa population, pour qu’elle accepte de voir trois ou quatre fois plus de perte. Du coup, ils pourront envoyer plus d’hommes sur le terrain, ce qui sera bien plus efficace que de balancer des missiles au petit bonheur...

    • vaugoubert
      vaugoubert répond à Keldan
      • Posté à 12h17 le 09/09/2009
      • Internaute 31921

      Ouep, vous avez bien résumé. Notre mode de vie fondé sur les énergies fossiles vaut bien quelques sacrifices (surtout si ce sont les autres qui tombent).

      • Vatin François
        Vatin François répond à vaugoubert
        human being
        • Posté à 17h35 le 10/09/2009
        • Internaute 39589
          human being

        Il faut se rendre à l’évidence : ils s’en foutent pas mal de libérer l’Afghanistan des intégristes. D’ailleurs à ce moment là, pourquoi n’attaque t on pas l’Arabie Saoudite où la charria est appliquée aussi brutalement....
        Non : on sait bien que le but est géostratègique, surtout en ce qui concerne le pétrole et son approvisionnement, en particulier de la Chine, haute menace pour la suprématie, voire la survie des USAs.

    • mauser
      mauser répond à Keldan
      • Posté à 12h18 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      Non votre cible c’est justement le 1/4 qui laisse pisser ils ne sont pas stables
      Et pour les pavées dans la mare aux carpes si vous désirez en manger une une bonne grenade c’est bien plus efficace ...

      • vaugoubert
        vaugoubert répond à mauser
        • Posté à 12h23 le 09/09/2009
        • Internaute 31921

        Oui, mais la pêche aux explosifs, ça n’a tout de même pas très sportif ! A peu près autant que l’utilisation d’Apaches pour chasser des insurgés (considérés comme tels sur la base d’informations collectée via des sources plus ou moins fiables) au canon antichar à plus d’un kilomètre de distance.

        Je ne sais pas si vous avez vu ce genre de vidéo sur youtube, mais ce type de pratique nuit probablement à l’action psychologique des armées, quant au fait de pouvoir les regarder en ligne, je ne doute pas un instant qu’il fournisse nombre de combattants aux insurgés.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 14h06 le 09/09/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    David Galula estime donc « que la violence massive et indiscriminée est néfaste et qu’elle rend des populations “ loyales ” attentives à l’idéologie de l’adversaire. »

    De plus, « Pour casser l’enchaînement provocation / répression, il conseille un traitement humain des prisonniers, [...] »

    Entre le Camp de Guantánamo d’un côté et de l’autre les bombardements qui n’ont de chirurgicaux que le nom, on est en droit de douter que « Counterinsurgency Warfare. Theory and practise » (1964) ait été pleinement compris.

    J’en déduis plutôt que David Galula inspire les services de propagandes (ou d’information – c’est la même chose) des forces US, plus que leurs méthodes.

    • Anonyme répond à Tita

       ; -)

      il est loin d’avoir été assimilé par les forces US.
      comme vous le dites, entre Guantanamo, Abu Ghraib, Bagram, les centres d’interrogatoires « clandestins » installés dans certains pays et les bombardements à l’aide de drones pilotés à 10000 km de distance, on est très loin des préconisations initiales.
      La seule tentative (en tout cas vendue dans ce sens) de s’approcher des populations reste cette opération récente dans la province de Helmand où les troupes US voulaient reprendre le contrôle... le résultat n’est pas à la hauteur (euphémisme).

      • mauser
        • Posté à 16h27 le 09/09/2009
        • Internaute 4683

        Pour guan et ce qui va avec c’est français aussi d’un certain colonel qui a cassé les reins aux insurgées à Alger Trinquier.

  • beuhrète-
    • Posté à 16h34 le 09/09/2009
    • Internaute 75660

    Bientôt nous pourrons faire la guerre.......sponsorisé bien sûr !

    Mourir pour des idées oui........mais de mort lente chantait le troubadour le poète, georges BRASSENS.

    Messieurs qu’on nomme grand , je ne veux pas la faire je ne suis pas sur terre pour tuer les pauvres gens.

    Lien

    • mauser
      mauser répond à beuhrète-
      • Posté à 17h12 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      Sauf qu’en Astan le pauvre gas posséde un AK et veut votre peau La suite n’est que qestion de reflexes de drill et de chance.

      • beuhrète-
        beuhrète- répond à mauser
        • Posté à 18h33 le 09/09/2009
        • Internaute 75660

        N’avons nous pas fait la même chose contre les allemands ?

        Les gars qui sont en Afghanistan sont des volontaires , les gars qui veulent les chasser hors de chez eux font comme nous on appelait celà de la résistance en ce temps là et les allemands traitaient ces résistants en terroriste comme nous le faisons pour ceux qui tirent sur nos jeunes !

        Au fait ces gars ont-ils trouvés les armes de déstructions massives en Irak, ?

        Non bien sûr c’était le prétexte et en Afghanistant c’est pour l’or noir que des jeunes perdent la vie pour le plus gros profit de nos pétroliers.

        Cherchons a qui profite la guerre, au peuple afghan non, au peuple Français non,au peuple Américain non plus.

        Chercher à qui profitent les crimes ?

        Lien

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 18h11 le 09/09/2009
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Je comprends pourquoi ils sont mal barrés ...

    • mauser
      mauser répond à Venezuela
      • Posté à 18h53 le 09/09/2009
      • Internaute 4683

      L’affaire n’est pas male barrée mais pliée foutue Les amèricains avaient perdu avant de commencer. La seule chose c’est comment obama va solder l’affaire ?
      Le reste comme d’habitude trop peu trop tard et mal emploiés
      La guerre est peut être trop sérieuse pour être confiée aux militaires mais surement pas à l’un des pire affairiste de ce siècle.
      Le reste serait long à expliquer

      • Compte supprimé le 23 janvier 10
        Compte supprimé le 23 janvier 10 répond à mauser
        en territoire apache
        • Posté à 22h42 le 09/09/2009
        • Internaute 2863
          en territoire apache

        yep bonsoir Mauser ça tourne au sacerdoce , d’accord avec votre vision deja dis ici

        « , bref ce qu il faudrait c est un peu voir beaucoup des “ officiers aux affaires
        indigenes de nos anciennes colonies ” il ne s agit pas de regretter une epoque avec cette evocation des affaires indigenes juste d une bibliotheque de connaissances que possedait notre armée en afrique
        que possedait l armée anglaise au inde et moyen orient il y a un temps pour le combat un temps pour la palabre » connaissance mutuelle » nos armées sont a l image de nos societés trop pressées sans recul
        ni memoire. »

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 21h24 le 09/09/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    De l’art de perdre son temps en lisant des théoriciens qui n’ont jamais réalisé sur «  le terrain  » les stratégies et tactiques qu’ils préconisent.

    Car de l’Indochine au Maghreb, c’est patent, toutes ces techniques anti-guérilla ont lamentablement échouées.

    Malheureusement, ce sont plutôt les bricolages criminels et les opérations d’intoxication des réseaux clandestins des insurgés qui font florès aujourd’hui tels que des militaires sans scrupules et adeptes de la sale guerre du genre de celle qu’a mené, entre autres, le général Aussarès, qui retiennent les faveurs des apprentis contre-terroristes.

    Il n’y a que deux façons de conduire une guerre coloniale. Celle du gouverneur général Liautey :

    une intense activité politique auprès des populations autochtones en les intéressant économiquement afin de les intégrer dans le marché colonisé de l’ensemble régional sous contrôle.

    Faire une guerre défensive de position avec des contre attaques limitées à chaque mouvement menaçant des rebelles afin de les contenir en les isolant dans leur territoire de prédilection.

    Comme le Rif au nord du maroc, le sanctuaire de la zone tribale à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan est un espace montagneux, difficile d’accès et très peu adapté à des offensives classiques interarmes, impossible de l’investir sans des moyens considérables.

    Lyautey avait les moyens militaires et financiers pour mener à bien cette politique de la petite carotte et du gros bâton.

    Bien que la «  méthode  » Lyautey ait fait ses preuves, il ne s’agissait que de contenir des populations hostiles dans leur réduit.

    Cela a paru insuffisant et on dépêcha l’ex-maréchal Pétain pour mener une véritable guerre d’éradication de la menace anti-coloniale :

    Sur le plan politique, cela c’est traduit par des accords militaires avec les puissances voisines, en l’occurrence l’Espagne, une augmentation très importante des moyens militaires afin de lancer des opérations offensives de très haute intensité.

    C’est sans doute la première fois que les actions aériennes ont eu systématiquement des objectifs civils :
    bombardements et mitraillages des populations dans les villages et les rassemblement des souks, poumon économique des échanges de denrées avec pour effet recherché de terroriser les populations afin de briser le moral des insurgés.

    Évidemment toutes ces opérations aériennes on été consignées dans des rapports. On peut consulter ces documents auprès du service historique des armées et dans les archives militaires.

    Les offensives militaires investissent les points stratégiques du sanctuaire des insurgés avec constitutions de fortins fortement défendus et ravitaillés par voie aérienne.

    Ils servent de points d’appui à des attaques de courte portée qui ont toujours pour objectif d’étendre la domination du territoire.

    Évidemment, les principes sont simples :
    usage sans modération de la puissance de feu supérieure, créer les conditions d’un rapport de force le plus dissymétrique possible en concentrant massivement les moyens sur l’étendue de la zone insurgée,
    profiter sans mesure de la maitrise aérienne pour s’assurer d’un appui-feu qui isole les éléments ennemis en leur coupant les retraites possibles et en interdisant les renforts et les approvisionnements.

    Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une guerre d’anéantissement. Chaque offensive qui a pour mission d’emporter une large portion du territoire insurgé entrainent des interventions préalables de l’artillerie et de l’aviation pour diminuer le potentiel militaire de l’ennemi et désorganiser sa logistique.

    En 1924-25, quelques 250 intellectuels français, presque tous des surréalistes ont publiquement déclaré leur opposition ferme à la sale guerre du Rif. malheureusement, on ne les a pas écoutés.

    La guerre mené en Afghanistan par les forces alliés est une guerre de type colonial. Pas post ni néo, non simplement une guerre coloniale.

    On pourrait ironiser de la faiblesse des moyens pour la mener à son terme selon les objectifs annoncés.

    On ne plaidera pas cependant pour une escalade militaire. Surtout en pleine crise économique. Si solution il y a pour sortir de ce triste «  foutoir  », elle ne peut être que politique, en réunissant toutes les parties concernées, on dit bien toutes.

    On peut oublier Galula et Trinquier et les laisser surveiller le désert des Tartares.

    Là, au moins, on n’est sûr que personne ne viendra troubler leur vigilance.

    Et dans ce silence, peut-être, rien n’est moins sûr, qu’une vraie pensée leur naitrait, qui sait ?

    • mauser
      mauser répond à egide
      • Posté à 10h24 le 10/09/2009
      • Internaute 4683

      Un bien bel exposé mais que vous gâtez par trop de propos partisans .
      Les pauvres rifains avant de s’occuper du Roi du maroc et des français s’étaient goifré les e’spagnols en s’emparant de 25 000 fusils 400 MG et 150 canons le tout avec le stock de munitions
      La suite les rifains tentent de descendre de leurs montagne et Liautey les y enferme en créant un cordon sanitaire de poste.
      Mais il ne peut avec ses seuls moyens réduire les résistants
      .
      L’on fait alors appel à Pétain pour pouvoir engager la métro
      Car 200 000 hommes c’est énorme pour l’époque tellement
      Qu’il avait été question un moment de faire appel au contigen
      Mais la grande guere était trop proche alors il fallait neutraliser les rifains sans trop de casse côté français au pint que les gaz ont été emploié
      Pour l’usage de l’aviation nous sommes en 1925 et un coucou de l’époque n’a rien à voir avec à A 10
      Pour l’encagement par l’artillerie puis un assaut massif suivi d’une stabilisation pour passer à la zone suivant C’est dans tous les bons manuels d’infanterie.
      Et que les troupes rifaine n’avaient rien à envier en équipement aux français sauf l’avion.
      Ne vous laissez pas emporter par l’esprit partisan cella nuit à la crédibilité .
      Reprenez mon texte et remplacez rifains ou résistant par rebelles , terroristes cella sonne diférament .

      • egide
        egide répond à mauser
        Littéral
        • Posté à 13h57 le 10/09/2009
        • Internaute 45067
          Littéral

        Vos précisions, très intéressantes contiennent quelques petites inexactitudes.

        En ce qui concerne l’emploi de gaz de combat par l’armée française, je n’ai rien trouvé qui permette cette affirmation.

        Par contre, du côté espagnol, des documents attestent de l’usage d’obus avec du gaz létal.

        L’horreur des crimes de guerre qui ont été commis à l’égard des populations civiles rifaines surtout lors des offensives de 1925-26
        mené sous la férule de l’ex-maréchal Pétain n’en sont pas moindres.

        Je ne relèverais pas votre remarque concernant les moyens, il suffit de considérer que des archives incontestables démontrent que des bombardements visaient à répandre la terreur parmi la population rifaine afin de les amener à se soumettre.

        Qu’on en juge sur pièce :

        Résultats des bombardement des souks du 30.11 au 8.12.1925
        Rappelons qu’un « souk » est une place de marché aux bestiaux et de produits vivriers, donc des marchands et leurs chalands, tous des civils sans défense.

        30.11 souk des Beni-Kalouech 100 tués et blessés
        02.12 souk de targuist              100 tués et blessés
        08.12 souk des Beni-M’Kaa 60 tués et blessés
        06.12 souk des Beni-Brahim 24 tués et blessés
        08.12 souk des Beni-Oulid 214 tués et blessés

        En moins de dix jours, 500 tués et blessés en cinq opérations aériennes coordonnées. L’impact sur les populations insurgées est énorme.

        Le but recherché consciemment, répandre la terreur est quasiment atteint. Et l’offensive de l’armée française ne fait que commencer.

        De novembre 25 à mai 26, c’es plus de 500 tonnes de bombes qui seront déversés sur les populations rifaines.

        Et n’oublions pas, jamais, que c’est la première fois dans l’histoire militaire que des populations civiles sont soumis dans une brève durée de quelques mois à des bombardements massifs !

        En ce qui concerne l’armement des rifains, certes, ils ont pris des armes aux troupes espagnoles défaites mais si de nombreux fusils sont distribués aux combattants rifains, les quantités de munitions disponibles sont assez faibles et réduisent la puissance de feu.

        Quand aux canons, il n’y a pas de servants d’artillerie parmi les rifains qui ne peuvent donc se servir des 150 canons que vous mentionnez.
        Il semble que 2 ou 3 pièces d’artillerie, des canons de 75, seront employés grâce à des mercenaires européens lors de l’offensive des rifains de l’été 1925.

        L’intervention de l’aviation française sera déterminante pour réduire définitivement la menace de la modeste artillerie rifaine.

        Entre les combats de l’été 25 et la campagne d’hiver de 1925-26, le rôle de l’aviation va complètement changer.

        Lors des batailles défensives puis des contre-attaques de l’armée française, les avions interviennent principalement en appui feu des fantassins et pour des missions de reconnaissances.

        Mais dès l’automne, des objectifs civils sont expressément désignés afin de massacrer les populations.

        Le raid sur le bourg de Bab Mahrez pendant l’hiver 1925-26 ne se justifie aucunement d’un point de vue tactique. L’objectif politique est avéré de soumettre directement les populations aux bombardements aériens.

        Vous affirmez que je suis partisan. Je n’ai rien écrit pour ou contre les mobiles des rifains, en particulier de celui qui les a fédérés contre les français, Abd El Krim. Je me garde bien de donner mon opinion.

        Toutes mes remarques sont factuelles et s’appuient sur des sources documentaires officielles de l’armée française.

        C’est à partir de ces sources que je qualifie de crimes de guerre, les attentats contre les populations commises par l’armée française en toute conscience alors que l’ex-maréchal Pétain dirigeait personnellement et supervisait toutes les opération militaires à partir de septembre 1925.

        Cela vous gène-t-il donc de découvrir que Pétain était un criminel de guerre ?

         
        • mauser
          mauser répond à egide
          • Posté à 15h12 le 10/09/2009
          • Internaute 4683

          Pour le gaz les espagnol l’on utilisé en premier et apartir d’un avion une bombe de 1 ou 200 Kg . C’est monumentale pour l’époque.

          Pour les gaz utilisé par l’armée française c’est je crois dans un livre sur les régiments sénégalais mais la je ne peut y accéder avant la noël minimum

          Pour les munitions c’est a voir sachant que lors de la défaite d’Anoual ce sont les stock au minimum d’un corp d’armée qui tombe entre les mains des riffains.

          A mes yeux Pétain est un criminel mais ici cela se discute
          Pour le bombardement des civils je ne sais plus qui a commencé durant la grand guerre mais Londres Paris ont reçu des bombes
          Et pour bombarder des civils demandez aux Strasbougeois en 1870 ou aux Belfortins les parisiens ayant dèjà eu un traitement de faveur .
          Pour le reste dommage que l’on ne puisse continuer .

        1 autres commentaires
  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 02h31 le 10/09/2009
    • Internaute 45440
      Consultant

    Je viens de mentionner votre article sur le blog washingtonien Lien, dédié à la discussion sur la contre-insurrection et animé par quatre experts en matière stratégique et post-conflit (dont une Franco-américaine), et voici l’un des commentaires sceptiques que j’ai obtenus à la mention du nom de David Galula (affiché par Lien, l’un des animateurs du blog) :

    « En dépit de l’obsession étatsunienne pour les théories de Galula sur la contre-insurrestion, nous ne respectons même pas encore les préceptes de son œuvre la plus importante. Nous nous basons trop sur des conneries qu’il débitait au symposium de 62 à la RAND. Tout ce bazar sur gagner les cœurs et les esprits. Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos, cela est très important, mais guère au détriment de la nécessité militaire.

    Lisez le Chap. 7 (Des Opérations). La première étape, selon lui, c’est de détruire et d’expulser la force insurrectionnelle. Ceci mène à la deuxième étape de la mise en place d’unités militaires statiques. Ce qui peut permettre cette édification de la nation d’avoir lieu. Eh bien, il me semble qu’on est ici en train de brûler ces étapes et d’aller directement à l’édification de la nation. Et si nos amis en costumes bleus [politiciens] peuvent aider dans la conception de la destruction et de l’expulsion des insurgés, ils ne peuvent le faire tout seuls.

    A certains moments je me demande si je dois aimer Galula ou aimer à le haïr. Mais je suis content que les Français prennent finalement leur dose requise de ses écrits. Il a été une calamité et une bénédiction pour les seules forces étatsuniennes pendant trop longtemps ».

    • Anonyme répond à Alex Engwete

      merci de nous faire suivre cette réaction intéressante.

      Une phrase me semble décalée :
      « Eh bien, il me semble qu’on est ici en train de brûler ces étapes et d’aller directement à l’édification de la nation. »

      l’auteur oublie que la guerre a commencé voici 8 ans. Les armées et les politques avaient largement le temps de bien faire les choses dans l’ordre.
      Sinon il faut bien être conscient comme cet interlocuteur que tout n’est pas à prendre au pied de la lettre chez Galula - calamité et bénédiction - mais si l’on doit hair quelqu’un ce n’est pas Galula mais les personnes qui n’ont pas su l’interpréter et l’adapter.

      • mauser
        • Posté à 09h51 le 10/09/2009
        • Internaute 4683

        Ils sont tout simplement américains et pour Gallula n’oublions jamais qu’a son époque l’armée française avait une armée coloniale avec des hommes et une instruction riche d’expèrience avant de lire Gallula ou un autre des jeunes loups Ils devraient lire ou découvrir les écrits de Bugeaud , Gallieni , Liautey .
        Les amèricains ne veulent pas édifier une nation mais partout où ils passent imposer une copie de la leur .L Irak en est un autre exemple.
        Reconstruire et vite un semblant de gouvernement afghan acceptable par la majorité de la population était simple remettre en selle le vieux roi Il savait si bien gouverner tout en ne gouvernant pas

    • egide
      egide répond à Alex Engwete
      Littéral
      • Posté à 13h53 le 10/09/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      C’est assez consternant de constater, qu’on préfère les conneries théoriques d’un militaire idéaliste plutôt que de tirer les leçons des faits historiques.

      Si nous ne sommes pas capable de comprendre ce qui se passe en Afghanistan, c’est que nous n’avons pas accompli le travail essentiel de penser les guerres coloniales précédentes.

      On a le sentiment que, depuis 1979, aucun des politiciens et des militaires des grandes puissances militaires, n’a encore compris qu’elle était la nature des guerres menées depuis cette année là dans la région.

      On est très loin du fumeux Grand Jeu au XIX ème siècle.

      Rien d’universel ne se déroule en Afghanistan, ni heurt de civilisations, ni lutte contre le Terrorisme mondialisé.

      Simplement une triste et banale guerre coloniale, meurtrière, inutile, contre-productive dans une région du monde qui est un champ ouvert à toutes les compétitions régionales.

      Cette complexité politique n’est jamais abordé car elle n’a pas même fait l’objet de conceptualisation.

      Galula ? Misère de la stratégie, politique de misère.

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