Taxe carbone : Nicolas Sarkozy désavoue François Fillon
On connaissait déjà les remous que crée la taxe carbone au sein du PS et de toute la gauche, les inquiétudes qui gagnent les rangs de l’UMP ; on sait désormais que celle qui est dénommée « contribution climat énergie » divise aussi jusque dans l’exécutif. Le président de la République vient de contredire sèchement son Premier ministre.
L’interview que François Fillon a accordée au Figaro Magazine ne devait paraître que samedi, mais de larges extraits ont été diffusés depuis mercredi. Au menu, évidemment, l’un des sujets qui agitent actuellement la vie politique : la taxe carbone. L’arbitrage de Matignon était notamment attendu sur deux points : le prix de la tonne de CO2 et la taxation ou non de l’électricité. Deux points tranchés dans ladite interview :
- « La taxe entrera en vigueur en 2010, (...) de façon progressive, (...) en partant du prix de la tonne sur le marché, soit 14 euros. »
- « Si la France rejette moins de carbone que les autres pays, c’est grâce à l’électricité, elle-même très majoritairement issue du nucléaire. Quel sens cela aurait-il de taxer l’électricité ? »
« C’est encore une fois prendre les Français pour des imbéciles »
Colère des écologistes, qui défendent une fiscalité verte, mais pour qui de telles modalités font perdre toute leur efficacité au dispositif. En plus d’y voir la patte du lobby nucléaire, ils regrettent que le gouvernement ne se soit basé sur le rapport Rocard, qui préconisait plus du double, 32 euros. Noël Mamère, député Verts, ne disait pas autre chose, jeudi midi sur iTélé :
« Il vaut mieux la remettre au placard plutôt que de faire croire aux Français que l’on va contribuer à la lutte contre le bouleversement climatique. On n’a même pas pris le temps d’en discuter au Parlement puisque déjà tout est décidé.
C’est encore une fois prendre les Français pour des imbéciles et prendre aussi la représentation nationale pour une serpillière sur laquelle le président de la République s’essuie allègrement les pieds. »
« Le Président a confirmé que les arbitrages n’étaient pas rendus »
Des écologistes, représentés par la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot, le député européen d’Europe Ecologie Jean-Paul Besset et l’animateur Nicolas Hulot, ont toutefois été reçus jeudi après-midi par Nicolas Sarkozy. Et, surprise, à la sortie, Cécile Duflot explique que rien n’est fixé, au micro de France Info :
« Le Président nous a confirmé que les arbitrages sur la Contribution climat énergie n’étaient pas rendus, ni sur le montant ni sur les modalités de compensation. » (Ecouter le son)
2009_09_04_Duflot.mp3
La secrétaire nationale des Verts n’évoque pas le cas de l’électricité, mais place le ministre de l’Ecologie dans l’embarras. A la question de savoir si le François Fillon avait parlé trop vite, Jean-Louis Borloo, qui prenait part aussi à la réunion, bafouille : « Non, mais attendez, bien sûr que non... »
La majorité savait qu’elle mettrait l’opposition dans l’embarras avec la taxe carbone, elle ne s’attendait certainement pas à se retrouver elle-même empêtrée dans de telles contradictions. D’autant que le sujet est très impopulaire : 66% des Français se disent opposés à cette taxe, selon un sondage TNS Sofres/Logica pour Europe 1.
L’ambiance risque d’être tendue ce vendredi, lors de la réunion ministérielle consacrée à la contribution climat énergie. Même si le chef de l’Etat a tenté cette fois de déminer le terrain, en annonçant que les arbitrages n’y seraient pas non plus rendus. Il devra cependant se prononcer avant la fin septembre, date à laquelle le Parlement sera saisi de la question.
- Sur Rue89Taxe carbone : le Parti socialiste bataille dans le vent
- Sur Rue89Taxe carbone dès 2010 : un geste écologique... et politique
- Sur france-info.comTaxe carbone : Fillon a parlé un peu vite, sur France-Info.com
- Sur lefigaro.frFillon : "Il n'y aura pas de hausse des prélèvements obligatoires", sur LeFigaro.fr
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Entré en rébellion
Entré en rébellion
« Si la France rejette moins de carbone que les autres pays, c’est grâce à l’électricité, elle-même très majoritairement issue du nucléaire. Quel sens cela aurait-il de taxer l’électricité ? »
Archi faux M. Fillon.
D’abord, le nucléaire est aussi une source de production de CO2. Indirectement, certes : c’est en effet dû au transport de l’uranium vers les centrales.
Par ailleurs, sans revenir sur le débat pro/anti nucléaire : on oublie les désastres humains que cause l’exploitation de l’uranium. Ceux qui ont vu le reportage « uranium, le scandale de la France contaminée » sauront de quoi je parle. On y voir un ancien mineur français. Il n’a plus de cordes vocales : cancer. Et oui, on ne se protège pas de la radioactivité. Le seul moyen : une plaque de plomb de 15 cm d’épaisseur. Essayer de bouger avec ça.
Alors maintenant on pense à toutes ces mines que l’on exploite en Afrique ou ailleurs. On ose à peine imaginer les conditions de travail. Et le désastre sanitaire qui se profile.
Et enfin, M. Fillon, quel sens peut-il y avoir à taxer l’électricité ? Pour apprendre à en consommer moins peut-être non ? ? (Je précise que la CCE telle qu’elle se présente est une mauvaise chose selon moi).
Parce que je ne sais pas si Jean-Louis vous a expliqué, mais l’enjeu de l’énergie, ce n’est pas tant de savoir à en produire de la propre, c’est avant tout de savoir à en consommer moins...
Ah, oui, j’oubliais... Areva est une des plus grosses boîtes françaises... Excusez moi de mettre en danger ce foutu PIB.




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