« La CGT abandonne la lutte des classes »
Au cœur de l’été, le charismatique leader des « Conti » de Clairoix, Xavier Mathieu, avait traité Bernard Thibault de « racaille ». Il a depuis été condamné par le « parlement » du syndicat, a remplacé « racaille » -trop « sarkozyste » - par « parasite », et a été privé de fête de l’Huma. Il y a en revanche un endroit à la CGT où on le qualifie d’« homme de la rentrée » : un lieu virtuel, le blog Où va la CGT ? Interview d’un de ses animateurs.
Le syndicaliste de la CGT qui parle au bout du fil requiert l’anonymat le plus strict, car « dans la CGT, c’est pas cool, ils sont capables d’aller très loin, de faire preuve d’une violence inouïe ». Le blog qu’il anime avec deux autres cégétistes se réclame de l’organisation communiste marxiste-léniniste (OCML) Voie prolétarienne, sur le site de laquelle on peut lire notamment que « la CGT est en plein recentrage vers la collaboration de classe, masquée sous un discours de lutte ».
Rue89 : Combien d’adhérents de la CGT pensez-vous représenter ?
L’animateur d’Où va la CGT ? : On n’a pas la prétention de représenter des gens. Ce qui est sûr, c’est qu’on a une très forte influence, on a des élus partout, on a même un espion attitré au niveau confédéral. Sur le blog, il y a une quarantaine de contributeurs et environ 5000 visiteurs uniques par mois selon notre compteur.
Xavier Mathieu en fait-il partie ?
Je ne sais pas. Peut-être qu’il n’a jamais entendu parler de ce blog.
Que reprochez-vous à la direction de la CGT ?
D’abandonner tous les terrains de la lutte des classes pour être l’interlocuteur responsable et privilégié du gouvernement, ce qu’on appelle la « CFDTisation » de la CGT. Pour nous, ce ne sont pas des amis qui se trompent, mais des ennemis qui se cachent.
Etes-vous un courant d’opposition à la direction ?
Non, il s’agit d’un blog et d’un lieu de débat, d’où l’ouverture de notre forum. Ce blog est un courant d’opinion, il ne représente pas l’opposition de la CGT. En tant que militants, nous faisons partie du courant informel qu’on pourrait appeler « de la lutte de classes », qui regroupe les militants favorables aux actions des Conti, des Goodyear et des New Fabris.
Mais il y a d’autres formes d’opposition interne à la CGT : les « vieux », qui pensent à l’ancienne comme au temps de Frachon, Séguy ou Krasucki, ou le courant du NPA. Il y a une énorme confusion parmi les militants opposés à la CFDTisation de la CGT. Notre syndicat a une grande tradition : on critique dans les couloirs, et on vote (pour) en public.
Pensez-vous que Bernard Thibault pourrait ne pas être réélu lors du congrès de décembre ?
Non, pas du tout ! Thibault ne craint rien, le congrès est déjà plié. Les délégués ont été désignés avant même que les textes à débattre soient publiés. Reste la question de l’ampleur de la résistance face à lui. Personne ne peut le dire.
Photo : protestation des gardiens à la prison de Nice en mai 2009 (Eric Gaillard/Reuters).
- Sur Rue89CGT : Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base » ?
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- Sur Rue89En négociant, la CGT « peut faire bouger le syndicalisme »
- Sur over-blog.comLe blog "Où va la CGT ?"
- Sur forumactif.comLe forum du blog
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inséré ?
inséré ?
Il ne faut pas rêver, effectivement Thibault sera encore secrétaire après décembre... la question est que faire avec cette donnée :
les bureaucraties des principales centrales syndicales sont là pour bloquer la contestation, pour empêcher la lutte des classes, pour empêcher toute grève reconductible où la base pourrait choisir comment agir lors d’assemblée générale... ?
Comment casser ce verrou ? Comment déborder les directions syndicales ? Est-ce de créer une contestation à l’intérieur de la CGT et risquer de perdre son énergie en stratégie interne ? Est-ce de construire à la base une unité entre syndiqués et non syndiqués prêts à bouger et de ne plus écouter les « parasites » d’en haut ? Est-ce de quitter la CGT et der rejoindre des syndicats plus combatifs comme SUD et la CNT ?
Bref quand sort-on du constat pour inverser la situation ?




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