26/08/2009 à 17h31

Fort ou complaisant : que pensez-vous d'« Un prophète » ?


Célébrerez-vous (comme une bonne part des critiques) « Un prophète », dernier film de Jacques Audiard sorti ce mercredi ? Ou vous hasarderez-vous plutôt à joindre votre voix à celle de Fadela Amara pour craindre que ce film sur la prison et l’itinéraire d’un caïd ne prenne à rebours pas mal de vélléités éducatives à destination des gamins de banlieue ?

A la sortie de la projection privée organisée par Frédéric Mitterrand fin juillet, la secrétaire d’Etat à la Ville n’a pas démoli le film du réalisateur qui revient quatre ans après « De battre mon cœur s’est arrêté ». Mais elle a quand même jugé inquiétant l’impact du long métrage dans les quartiers :

« Ce film va devenir une référence. Il va remplacer le “Scarface” avec Al Pacino dans les cités. » (Voir la bande annonce)

Audiard, de son côté, se défend d’avoir voulu faire de cet opus un objet sociétal ou toute autre profession de foi racaillo-banlieusarde. Il jure même qu’il ne s’agit « que de fiction » avant tout brûlot politique. N’empêche : pour lui qui a déjà rafflé pas mal de louanges et le Grand prix du jury à Cannes cette année, les saillies ministérielles servent la sortie du film.

Et vous, dites-nous ce que vous en avez pensé cette semaine. Synthèse de vos avis lundi prochain sur Rue89.

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  • Kjeldor
    • Posté à 17h44 le 26/08/2009
    • Internaute 19441

    Je suis allé le voir Lundi soir en avant-première.
    Ce film est une grosse claque.
    L’ambiance carcérale est bien restituée (même si je n’ai pas fait de tour par la case prison).
    Les acteurs sont bons, vraiment bons.
    Il ne faut s’arrêter aux clichés (corses, barbus et ritals), ce ne sont simplement que des noms sur des bandes.
    La montée en puissance du héros est impressionante et le film fait réfléchir sur la prison comme école du crime (où visiblement tout le monde sort diplômé !).
    Allez le voir !

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 17h56 le 26/08/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Que Madame Fadela Amara et consorts se rassurent quant à l’impact d’un long métrage sur les gamins des cités, ils n’ont les moyens d’aller au cinéma qu’avec l’école ou le centre de loisirs.

    Ils le verront quand on pourra le pirater, et là, on en sera à la troisième saison de « prison break »...

    Les politiques ne devraient s’occuper de la culture que pour en démocratiser l’accès.

    • ziggotos
      ziggotos répond à Enki
      Jeune actif nantais
      • Posté à 18h11 le 26/08/2009
      • Internaute 12518
        Jeune actif nantais

      « Les politiques ne devraient s’occuper de la culture que pour en démocratiser l’accès. »

      Wow ! C’est tellement vrai !

      • flixp
        flixp répond à ziggotos
        Aboyeur
        • Posté à 18h26 le 26/08/2009
        • Internaute 34063
          Aboyeur

        « Les politiques ne devraient s’occuper de la culture que pour en démocratiser l’accès. »

        oui ! mais aussi en assurer la variété et la conservation

    • scamelibera
      scamelibera répond à Enki
      (infographiste)
      • Posté à 18h37 le 26/08/2009
      • Internaute 88611
        (infographiste)

      bravo ! bien dit, oui.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 18h40 le 26/08/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Que Fadela Amara porte des critiques au film me donne envie d’aller le voir. D’après ce que j’ai lu dans les critiques, nous pouvons voir la réalité crue des prisons françaises. C’est çà qui la dérange... ? !

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  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 19h07 le 26/08/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    - Je ne sais pas si le Grand Prix cannois a joué mais d’après la moyenne des critiques presse faite par « Allocine », le film obtient la meilleure note de l’année, juste derrière « Gran Torino » :
    Lien

    (par ex., sur DVDRama, il obtient 2 fois 10/10 et 4 fois 9/10)

    - Amara a peur de son impact sur les « banlieues » : bonne nouvelle.

    - Plongée dans les prisons comme reflet de notre société pénitentiaire où les détentions explosent, surtout chez les jeunes, et encore davantage chez ceux venant de « banlieues ». De plus en plus : comment survivre dans nos prisons ? = comment survivre dans une société comme la nôtre ?

    - Le héros a frappé des flics : d’une actualité incomparable.

    - Scénario par celui qui a adapté la vie de Mesrine au cinéma (parallèle possible).

    - Niels Arestrup est un immense acteur, Tahar Rahim n’a pas l’air mauvais non plus.

    Pour toutes ces raisons, et même si je me méfie des films trop encensés par la presse, j’irai le voir.

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 19h41 le 26/08/2009
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    Ce film fiction pourrait effectivement être vu et considéré comme une banalisation de la violence « surtout de banlieue » , une sorte d’exclusivité territoriale ; et ce serait dommage car il n’est qu’une fiction s’inspirant de nombreux faits divers aussi réels que la fiction et vice versa !
    IMais, s’agissant de scènes « prisons », il est sur l’univers carcéral français, un témoignage étourdissant de vérité qui doit sûrement déranger les « âmes bien nées » !

  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 19h43 le 26/08/2009
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    Etant donné la nullité de la plupart des films français sorties depuis quelques années, c est un devoir d aller voir ce film

    les scenars, acteurs ; prises de vue et musiques sont toujours de qualité dans les films de Jacques Audiard

    et puis, j adore Niels Arestrup.

    la seule chose qui pourrait nuir à ce film, c est la comparaison avec d autres films ou séries sur l univers carcéral (notamment « Oz » de HBO)

    vivement que je trouve un moment pour aller voir ce film.

  • clark kent
    • Posté à 20h11 le 26/08/2009
    • Internaute 16327

    ah oui fadela t’as raison... quand j’etais jeune, chrisopher reeves a fait croire qu’un homme pouvait voler du 5ieme etage. Et du coup, pas mal de ma cité se sont retrouvés au cimetierre. purée t’as trop raison. Ies banlieusards sont trop influencables. A cause de peur sur la ville de verneuil, on voulait tous devenir commissaire pour eclater des fenetres.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h28 le 26/08/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je n’ai vu que la bande annonce
    ça a l’air pas mal
    un peu dans le genre de ce que dysney sort en décembre
    mais une touche française

  • JDep
    • Posté à 20h43 le 26/08/2009
    • Internaute 40602

    L’univers carcéral français, pourtant sujet constant de scandales et de unes, aura longtemps attendu son premier grand film. Le thriller de Jacques Audiard, atypique tant par le choix du lieu, des personnages et de leurs relations que par le ton, exempt de moralisme ou de commisération, devrait faire date.

    Avec Malik (Tahar Rahim), angélique petit voyou tombé pour on ne sait quoi, et « admis » en centrale pour ses 18 ans, le spectateur découvre, ressent dans sa chair chaque degré de l’état de prisonnier : la privation soudaine et terrible des paysages familiers, la solitude, l’humiliation, l’instinct de navigation essentiel à la survie dans une micro-société où trafics, hiérarchies et dangers de l’extérieur sont multipliés. D’ « initiation » forcée en soumission, il apprend à composer avec les rois du lieu que sont les lourdes peines.

    Dans la prison reconstituée pour les besoins du film, pas d’Auvergnats ni de Chinois ; rien, ou presque, que deux clans ennemis, aux us archaïques : les Arabes et les Corses, ces derniers tenant aux « barbus » la dragée haute avec à leur tête un Niels Arestrup digne des plus cruels parrains napolitains. Vrai, faux ? Qu’importe. A cette licence le film doit une partie de son suspense et de sa force dramatique : il n’est pas une étude scrupuleuse du monde pénitentiaire, ni un plaidoyer, mais une de ces œuvres de fiction qui, de Shakespeare au western, en passant par L’Opéra de 4 sous évoqué au final, rendent leur place de moteur aux passions humaines. Et c’est pour cela que, libre de ses réactions, le spectateur en sort convaincu de la nécessité de transformer le système.

    Distribution remarquable de naturel, où brille le jeune Tahar Rahim, écorché romantique entre Romain Duris et Mathieu Kassovitz, autres révélations d’Audiard. Bande son d’une sensibilité exceptionnelle : la prison comme si vous y étiez...

    Lien

  • in girum
    • Posté à 21h57 le 26/08/2009
    • Internaute 8170

    je viens d’aller le voir. très habile, trop habile, ça se voit et ça plombe l’ambiance. c’est à mon sens le gros défaut d’Audiard que j’aime bien cependant. le scénar a de grosses incohérences, les ficelles magiques du scénariste qui tire la carte de communauté « vous sortez de prison » et hop 10 cases gratos. c’est de la télé, ce qui n’est pas forcément un défaut. c’est efficace, mais au bout du compte, à part avoir fait un film, on se demande ce qu’ Audiard a voulu dire. ça ressemble a de l’eau : bien foutu, mais sans goût impérissable qui reste dans la mémoire. Scarface n’a rien à craindre ! ! !
    niels et tahar absolument géniaux comme écrit partout.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 23h56 le 26/08/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Fadela Amara prend le relais d’Eric Besson comme attaché de presse du cinéma français.

    Pas sûr que les petits apprentis Tony Montana aient l’envie de se faire dire « Welcome » à l’entrée de la zonzon.

    Je sors du ciné, où je viens de passer 2h 35 à voir « Un prophéte ».

    Le film est à deux niveaux.

    Si la description de l’univers carcéral est très minutieuse, précise, filmée comme dans un documentaire, sans artifice de lumière ou de plans « Prison Break », rien ne donne la moindre envie de tester la salubrité des lieux et son room service.

    Ce film est à conseiller à la garde des sceaux , elle verra peut être pourquoi ces lieux incitent plus à la pendaison qu’à profiter de la douceur de draps indéchirables.

    La peur, le racket, les pressions, l’achat des protections, la coupe des parrains, les « familles », aucune complaisance dans ce film, où l’on est loin d’une ode à » l’université du temps de peine.« ( avec formation permanente et diplôme à la ...clef !)

    Derrière la description du milieu carcéral, il y a cette histoire, cette fiction et l’itinéraire d’un gamin, instinctif, observateur, qui pige comment se préserver, en apprenant les codes, les jeux d’alliance, les deals dans un univers implaquable.

    C’est un polar, une histoire qui ne fait en aucun cas l’apologie du crime, mais décrit l’itiniraire d’un taulard peu ordinaire, malin et manipulateur.

    Au début , tout à sa survie, il engrange les expériences pour devenir “le” mec incontournable et assurer ses protections et sa promotion “sociale” dans le biz de la criminalité.

    Les comédiens et les figurants qui insuflent le rythme, donnent le tempo, sont pour beaucoup familiers de cet univers (dixit Audiard ce matin sur France Inter), et apportent , avec leur “anonymat ‘, une véracité dans laquelle la fiction peut se développer sans postures d’acteurs, ou identifications à des héros du genre.

    Niels Arestrup est magnifique de ruse et de bestialité, en parrain et chef d’orchestre de la zonzon, et Tahar Rahim est lumineux de justesse.

    J’ai aussi pensé durant la séance à Scarface, mais la comparaison ne tient uniquement qu’au fait de narrer une ascension dans la hierarchie des truands.

    Et c’est un film sans effets spéciaux, cru, direct , loin du bling bling des poseurs habituels du genre.

    Malik El Djebena n’a rien , absolument rien à voir avec Tony Montana.

    Il y aura des frimeurs de banlieues , des petites frappes , voleurs de sacs à mains, ou de chichon au pneu, à se rêver en Malik, ou comme en Rocco Sifrédi après un film de boules.

    Qu’ils se fassent leur film, la réalité est autre.

    Grand film.Chapeau Jacques Audiard.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Charles Mouloud
      Redchef Rue89
      • Posté à 02h46 le 29/08/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      J’ai vu le film ce soir et je m’apprêtais à le commenter ici, mais tu as dit exactement ce que je voulais écrire, Charles.

      J’ajouterai deux ou trois trucs sur le héros (attention, pour ceux qui n’ont pas vu le film, je spoile un peu). C’est un jeune homme est plongé dans un enfer au début du film, mais qui s’adapte au fil du temps pour finir (attention : spoiler) par prendre le contrôle de cet enfer.

      Malik est très humain, avec ses sentiments contradictoires, ses peurs, ses instincts de survie, ses lâchetés, son courage, son désir d’apprendre, sa modestie, sa rouerie, sa solitude, son goût du pouvoir aussi.

      Mais il possède quelque chose en plus, une espèce de candeur, de magie qui le protège, qui le fait évoluer dans ce milieu de façon légère. Jamais de méchanceté, même quand il tue. `Il est « le prophète ».

      Et ce double aspect du personnage est à l’image du film : moitié film social sur la prison, très réaliste ; moitié film de gangster, avec un scénario de pure fiction.

      C’est ce collage réel/irréel qui donne la force au film : on marche dans le scénario (pas toujours crédible), parce que le cadre est très réaliste, presque documentaire.

      Cela m’a fait penser à certains films de gangsters des années 1960, genre Classe tous risques.

  • rajaskank
    rajaskank
    etudiant
    • Posté à 04h20 le 27/08/2009
    • Internaute 87745
      etudiant

    Je ne l’ai pas vue, alors navrée si je parle de quelque chose dont j’ignore tout.je voudrais juste dire, que je craint fortement qu’à force d’en parler un peu partout on nous en dégoute.
    je ne dit pas qu’il ne faut pas le célébrer ou au contraire le massacrer, je dit simplement qu’il serais dommage de dégouter les gens, comme cela arrive avec beaucoup de films, livres ou autre.Il serais je pense regrettable que les gens se braquent à force de voir le mouvement médiatique, et qu’au final il ne puisse pas faire passer son message correctement et sans préjugés.
    bonne soirée et navrée pour mes fautes éventuelles et certaines

  • goodies75
    goodies75
    webdesigner
    • Posté à 09h45 le 27/08/2009
    • Internaute 87838
      webdesigner

    Très bon film carcéral réaliste, l’acteur principal est brillant , le film est bien rythmé , à conseiller à tout fan de Oz.
    Certaines scènes sont très efficaces au niveau tension et on se retrouve accroché au fauteuil .Audiard ne déshumanise pas les prisonniers en en faisant des monstres ou des caricatures mais des personnes en survie . Mais peut être même en en faisant un peu trop de ce côté là car le héro parait être un ange .Son visage , ses attitudes, sa reverie en font un être sensible et on en oublie sa violence , son machiavélisme, sa culpabilité car toutes ces faces sont tournés de façon poetique ( parfois à la john Woo pour la scene de reglement de compte), cette dualité est troublante et bien sur c’est de la fiction. On ne peut s’empecher d’avoir de la sympathie pour ce personnage car il nous ressemble et si il est arrivé là c’est car il n’avait pas d’equilibre social, equilibre que la prison va lui donner et où il va trouver son maître , le hasard lui font débuter une carrière de gangster où il se révèle très bon mais toujours au visage d’ange.
    Une déception pour la fin un peu dysneenne(dernier plan), mais de tres bon acteur, j’ai beaucoup apprécié nils Halstrup et surtout le meilleur ami du héro ( très touchant et juste).

  • marre.du.pipe.hole
    • Posté à 10h06 le 27/08/2009
    • Internaute 20543

    Les journalistes ont beau faire des articles , sur la vie carcérale , les ministres et différents parlemenaires ont beau nous « pondre » des dizaines de rapports , tant qu’un sujet n’est pas traîté dans un film , l’opinion n’y prête pas attention.

    Comme si une fiction devenait plus réelle que n’importe quel article ou rapport « gouvernemental » ..... Pourquoi ?

    Est-ce parce-qu’un rapport est

  • marre.du.pipe.hole
    • Posté à 10h06 le 27/08/2009
    • Internaute 20543

    Les journalistes ont beau faire des articles , sur la vie carcérale , les ministres et différents parlemenaires ont beau nous « pondre » des dizaines de rapports , tant qu’un sujet n’est pas traîté dans un film , l’opinion n’y prête pas attention.

    Comme si une fiction devenait plus réelle que n’importe quel article ou rapport « gouvernemental » ..... Pourquoi ?

    Est-ce parce-qu’un rapport est

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 10h31 le 27/08/2009
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Echaudé par le rouleau compresseurs des critiques qui s enthousiasment chaque mercredi sur le même ton en se contentant de résumer l’ intrigue avec des acteurs décidément « formidables et exceptionnels » (à force de crier au loup génial, on y croit plus et on déserte les salles), j ai découvert sur le tard les films d’ Audiard en DVD : des chefs d’ oeuvre qui ont tous pour point commun l’ expression d’ une violence jusqu à l’ insoutenable : nous savons qu’ il s agit d’ une fiction et pourtant nous avons le sentiment de percevoir le réel comme jamais : on ressort plus secoué de la prison vue par Audiard que du bagne décrit par lire Albert Londres. C’ est cette force de l’ image et de la fiction qui gêne les autorités comme aucun film ne l’ a fait depuis longtemps (à part peut-être Indigène ?). Audiard est vraiment un maître.

  • Bismallus
    Bismallus
    ...
    • Posté à 10h34 le 27/08/2009
    • Internaute 88648
      ...

    « Ce film va devenir une référence. Il va remplacer le “Scarface” avec Al Pacino dans les cités. »

    Ah la la, j ’ai encore une fois envie de rire.. Sa fait bien longtemps que Scarface n’est plus « LA » référence dans « les cités ». Toujours aussi proches des banlieues Mme Amara....

    Par contre je veux juste etre sur d’une chose, le film se passe bien en prison ? C’est sa ? Non parce que dans ce cas, la prison c’est pas encore une case par laquelle « les banlieusards » veulent passer, en général ils essayent de l’éviter.... M’enfin, moi je dis sa comme sa.

    Faudrait juste lui dire que depuis 1984, il y en a eu des films violents, montrant l’ascension d’un pauvre gentil devenu riche et assoiffé de sang, et des biens tordus. D’ailleurs bien avant la bouse de prison break, il y avait eu OZ ; pas très « correct » et bien connu en banlieue aussi.

    Pour une fois que l’on a la chance d’avoir quelqu’un qui « film » nos prisons, ici en France. On va pas se plaindre surtout si sa amène une prise de conscience sur notre système carcérale.

    Par contre je me souviens qu’à un moment, Mme Boutin avait parlé des prisons françaises et elle m’avait agréablement étonné. Non pas pas que je suis une fana de Mme Boutin, mais son avis m’aurait plus intéressé

    En attendant de le voir pour mieux comprendre..

  • screugneugneux
    screugneugneux
    râleur-NRV
    • Posté à 11h00 le 27/08/2009
    • Internaute 43534
      râleur-NRV

    montrer les choses tels qu’elles sont, est « anti pedagogique » ? contre productif.... ? ? ? ? ? ?

  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 11h04 le 27/08/2009
    • Internaute 68357
      Employée

    Les Arabes ,un fond de commerce trés rentable pour les associations ,les partis politiques...... le cinèma.
    Toujours le même scénario, les mêmes amalgames qui collent à la peau des citoyens immigrés, depuis toujours.Depuis plus de 130 ans de colonisation ,rien n’a changé,nous sommes toujours considérés comme des citoyens à part.
    Mme Amara est trés mal placé pour donner des leçons,elle a déroulé le tapis rouge à la droite , en dénigrant constament les jeunes des quartiers pauvres, en les stigmatisant ,comme des voleurs, des violeurs , des traficants de toutes sortes ,des islamistes......
    Rare ,quand une autre image est montré, celle des injustices et de la violence faîtes aux cioyens les plus fragiles de nôtre Pays.La presse s’en donne à coeur joie ,quand il sagit de montrer des voitures qui brûlent, des meutres spectaculaires, mais jamais les médias montre une autre réalité ,celle de l’industrie de l’injustice, du racisme Républicain ,qui est belle et bien une triste réalité. Cette réalité n’est sans doute pas trés belle à montrer dans le Pays des droits de l’homme.

    • goodies75
      goodies75 répond à Nadia Aouassi
      webdesigner
      • Posté à 11h30 le 27/08/2009
      • Internaute 87838
        webdesigner

      Zorro est arrivé, ou AouassiEmployé
      c’est vrai les français ont une mauvaise opinion des arabes, les arabes une mauvaise opinion des français. Il y a ceux qui se plaignent (des deux côtés), il y a ceux qui haissent, mais il y a ceux qui disent « essayons de vivre ensemble, oublions nos rancoeurs et avançons », mais à ceux là on leur dit « oui mais il m’a frappé le premier et ainsi de suite, bref on fait du surplace. alors m... , tout le monde se victimise, et pointe son voisin du doigt, c’est nul. Oui ce film montre des arabes en prison, des corses aussi, mais bon on sait que là ou il y a pauvreté, il y a délinquance, etcbref réalité sociale, il y a donc des communauté en prison, et tous les arabes de banlieus ne sont pas en prison dans ce film, on ne voit que ce qu’on veut voir .lol, on parle là de l’islam avec respect et comme un espoir pour ces personnes en prison dans ce film A mon idée un des espoirs des prisonniers pour s’en sortir et aquerir des valeurs est la religion. L’amalgame qui est fait et est appuyé ne l’est que par des personnes comme vous monsieur aoussi.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 11h12 le 27/08/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Hooooo trois films à voir ... ! Mais bon, on n’y peut rien , à Rue89 on n’aime pas voir par exemple :

    DESTINATION FINALE 4 : le film est en « 3D » ! Quand les films d’horreurs utilisent cette technique, ça rend parfait ! C’est une autre inovation technique (employée déjà dans Meurtres à la Saint Valentin) , et ça permet encore plus de folie dans la réalisation ! De l’Originalité ! Là où il n’y aura jamais dans « Le Prophète ».

    VOYAGE SOUS LA MER (3D) : oui quand le digital 3D est là on en profite hein ! Pour une fois que le cinéma peut -être spectacle et joie de voir ! (avec dans le doublage français Marion Cotillard )

    LE MONDE (Presque) Perdu : WIll Ferrell en aventurier ! ! ! dans le plus grand humour du cinéma américain ! Là ou en France on se contente d’être juste Chtit ou mégalomane ... Là on va plus loin !

    Pourquoi voir un film français aussi ennuyeux que possible, à la réalisation « copiée » sur le côté « caméra libre », mais le hic c’est qu’il y a « des caméras » , ça gâche tout ! regardez plutot REC !
    Et après, on va montrer le film à des membres du gouvernement, à la Mam .. et elle ne va rien faire derrière, comme Besson n’a rien fait non plus.
    Prophete, un film inutile dans son temps.
    Audiar est un mauvais réalisateur, sans prétentions, le strict minimum !

  • sup à la demande du riverain 28.09.09
    • Posté à 11h41 le 27/08/2009
    • Internaute 57826

    J’irai le voir ... maintenant imaginez qu’il fasse le meme effet que le film Home aux dernieres elections çà risque de bouger dans les prisons ! ! !

    En attendant pour ceux qui ne l’ont pas vu une petite scene de
    Runaway Train avec John Voight...

  • ker
    ker
    • Posté à 13h34 le 27/08/2009
    • Internaute 12793

    Notre societe n’a rien a proposer. Les etudes ne menent a rien (10 ans, post docs apres post docs, chomage et sous payé). Quoi que l’on fasse, nous ne sommes la que pour obeir. Pour celui qui se respecte et refuse de mourrir esclave, La politique jusqu’ici a echoué. Reste le crime. Ce film est une evidence.
    Fadela peut lancer ses jeremiades. Elle a trahi les siens et a rejoins ceux qui les pousse justement au crime. Quand a la gauche, elle n’existe plus, meme au NPA, qui propose une revolution en reve mais fait pipi des qu’il s’agit d’affronter concretement la loi pour conquerir sa liberte.
    Le courage des caids impose le respect, meme si l’on apprecie pas leur solution. Mais il n’est pas dit que le jour ou l’intelligence politique et le courage individuelle se rencontreront soit si lointain...

  • melc
    • Posté à 13h33 le 27/08/2009
    • Internaute 24675

    le souci c’est qu’il ne faut pas confondre fiction et réalité. Le film d’Audiard aussi beau-génial-bien joué qu’il soit est une fiction. Des mecs qui débarquent en taule, choisissent l’aile où ils vont aller, ont la tv et le DVD, il n’y en a pas beaucoup, ou alors il faut s’appeler Nanard T***E. La réalité, c’est que les mecs sont à 7 dans les piaules et qu’ils ne choisissent pas leurs « colocataires ». Donc quand je lis et j’entends que ce film laisse entrevoir la réalité des prison, mais j’ai envie... je sais pas, de pleurer ou d’hurler de rire, au choix.
    Et puis pour gérer un go-fast de l’intérieur d’une prison sans avoir un vrai réseau dehors, faudra m’expliquer. C’est pas avec 1 pote atteint d’un cancer et 3 bras cassés qu’on monte un go-fast...

    Enfin pour voir réellement comment ça marche, rien de tel qu’un détour par un TGI, allez à une audience correctionnelle, à une compa immédiate et on en reparle après.

    PS : j’ai bien aimé le film, il se laisse regarder, mais ça s’arrête là.

  • JCVION
    • Posté à 14h53 le 27/08/2009
    • Internaute 35684

    Vu hier soir...J’ai acheté mon billet avec quelques à priori plutôt négatifs sur le film. Shame on me car en réalité je suis sorti très convaincu. Je ne comprends pas la polémique concernant Fadela Amara car justement ce film a des vertues éducatives et ne donne pas dans le cliché de « l’horreur des prisons françaises »...Il y a un peu cela mais ce film ne nous apprend rien...mais surtout j’ai préféré retenir l’engagement de professionnels des prisons pour enseigner à ces « laissers pour compte », à les alphabétiser. On compare ce film à SCARFACE mais je n’adhère pas à cette idée. SCARFACE, le film « fondateur » des jeunes de banlieue, motive ces derniers à devenir des caïds et à s’identifier au fameux Tony Montana. Je ne crois pas que ce soit le cas dans « UN PROPHÈTE » . La vie de ce jeune ne me semble pas être à envier. Le film s’arrète sur sa sortie de prison en « petit chef » mais nous savons tous que la grande majorité de ces « caïds » se terminera dramatiquement ou au mieux par une pension RMI, pardon...RSA. Le film présente bien les dangers du communautarisme, la solidarité « raciale » qui entraîne tellement de haine, d’incompréhension...tout ce que nous devons combattre.

    Bref, en résumé ce film est un bon film. En revanche, les âmes sensibles peuvent s’abstenir de voir des images souvent choquantes. Le message du film reste qu’il faut vraiment éviter d’aller en prison car c’est bel et bien un enfer. Ce n’est pas une surprise mais il est bon de le rappeler. Respirer à l’air libre, inscrire sa vie dans le positif, éviter de vivre dans le sale, le vulgaire...doit rester notre volonté première.

  • strym
    strym
    celibataire
    • Posté à 15h17 le 27/08/2009
    • Internaute 88675
      celibataire

    je ne pense pas que mme fadela soit bien placée pr parler de ce film et de ses consequences sr certains jeunes de banlieue...

    L’affaire André Baster Dans la nuit du 14 février 1984, le bijoutier André Baster est abattu froidement à son domicile par trois braqueurs cagoulés. Sa femme est torturée avant d’être emmenée à leur bijouterie. Dans l’affolement, elle déclenche l’alarme, et les malfaiteurs s’enfuient avec une part du butin. L’enquête va s’avérer longue et difficile, et il faudra attendre 1991 pour que l’inspecteur divisionnaire Jean-Paul Bonnefoi, grâce à un témoignage anonyme, relance les recherches. Neuf personnes sont impliquées dans ce cambriolage dramatique. Le 20 septembre 1995, à Riom, s’ouvre leur procès en Assises. Taoufik Habibi, le tueur du bijoutier, écope de 20 ans de prison, Hassein Amara de 16 ans et pour les autres, les peines s’échelonnent de 3 à 8 ans. :

    un certain hassein amara n’a pas attendu ce film ou autre scarface pr s’adonner au banditisme...

    Lien

    • Guilll
      Guilll répond à strym
      Argloup
      • Posté à 14h01 le 28/08/2009
      • Internaute 45706
        Argloup

      Heu, et alors ? Parce que des membres de sa famille ont commis des crimes par le passé, elle n’a plus le droit d’en parler ? ?

      Je fais partie de ceux qui sont profondément déçus par Fadela Amara, qui est devenue une politicienne de droite décomplexée bon ton, mais il serait vraiment injuste de lui reprocher des faits qui n’ont strictement rien à voir avec elle ...

  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 00h15 le 28/08/2009
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    Je viens de voir le film.
    Si vous aimez les films de Jacques Audiard, allez y les yeux fermés (mais ouvez les yeux pendant la projection qd meme :) ).

    Comme tous ses films, l histoire n a rien d extraordinaire, mais la mise en scene est bonne et on s attache aux personnages (rien de pire qu un film où l on se fout de se qui peut arriver aux protagonistes).

    Les acteurs sont tres bons, le jeune Tahar joue tres bien sont roles, et Niels Arestrup est égal à lui-meme, cad excellent. Idem pour les secondes roles, on est pas ds la caricatures ou la surenchère (et c est appréciable)

    le film est long (2H30), la dernière demi heure aurait peut etre pu etre un peu raccourcie, mais c est du tres bon qd meme.
    Sans doute, un des meilleurs films FR de ces dernieres années

    sinon, 2 ou 3 scènes un peu hard (mais bon, ca se passe dans une prison, pas à Disneyland, donc on sait qd meme à quoi s attendre). Ames sensibles vous etes prévenues.
    Mais on voit aussi, au sein de la prison, le côté « réinsertion, éducation » (ca prends pas 30 min ds le film, mais au moins c est abordé)

    Voilà, pour une fois, pas déçu d avoir payer quasiment 11 euros pour voir 10 min de pub et un film.

    D habitude, je me fous des récompenses, mais j espere qu il va tout rafler aux césars, et qu ils sera choisi pour les Oscars, il le mérite.

    Quand aux propos de Fadela Amara, je crois qu elle devient une vrai politicienne. A mon avis, elle n a pas vu le film et a juste profiter de l occaz pour faire parler d elle. Comparé « un prophète » à « Scarface », c est une ineptie quand on a vu les 2 films. (d ailleurs, Scarface n est pas si bon que cela - des longueurs, des passages tres caricaturales- et vaut principalement pour la prestation d Al Pacino )

    Bon, il est prévu pour quand le prochaine Jacques Audiard ! ! ?

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 00h36 le 28/08/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    Jacques Audiard, c’est connu, regarde les hommes tomber. Quand par extraordinaire, ils se relèvent, cela donne son plus mauvais film – le grotesque et contourné De Battre mon Cœur s’est Arrêté, chichiteux jusque dans son titre.
    De bien meilleure eau, Un Prophète pose quand même pas mal de problèmes.
    Reconnaissons que les trente premières minutes du film sont bluffantes : l’intégration d’un corps étranger en milieu hostile y est parfaitement décrite, et culmine avec une scène de meurtre qui scelle la chute morale du héros. Une fois son personnage adoubé par le gang des méchants corses, Audiard a quasiment grillé toutes ses cartouches et se retrouve à filmer un scénario péteux quoique que lambda mixant Lautner et Scorsese. Seulement voilà, le film n’a plus d’enjeu que sa dévotion au genre. Trop abstrait, cafouilleux et par moments limite débilos (les chevreuils fantômes/réels), Un Prophète se raccroche aux branches du surnaturel et du sociétal, redoublant tous les défauts d’Oz (fatras onirique, figures vides assujetties à un récit les dévorant par pelletées) sans en retrouver les qualités les plus saillantes (ultra-sexualisation des personnages, tension narrative omniprésente). Il y a une forme de démission d’Audiard dans le récit incompréhensible et mal mené qui renchérit sur les figures imposées (braquages, cassages de gueules, j’en passe) et n’apporte rien de neuf, ni de frais. Alors bien sûr, on va crier au réalisme et admirer le courage de la semi-crudité à l’œuvre ici. Mouaif. Dans le fond, Un Prophète est aussi peu réaliste que King Kong – voire l’épisode marseillais se clôturant sur deux répliques d’anthologie :
    « On va se faire sucer et je te ramène à l’avion.
    - Euh, je préfère rester sur la plage »
    Disons les choses, le film manque de chair (malgré la réglementaire scène de pute) et déroule de fausses audaces (la pipe fatale). Dans le fond, rien ne semble faire avancer son jeune héros qui reste un personnage vide de sens et d’envie qu’Audiard ne sauve ni ne condamne. Le flou qu’est ce Malik évanesscent conjugué aux clichés popote (meilleur ami cancéreux, trafics divers) accouche d’un film mimant le bon cinoche d’antan tout en chancelant sur ses guibolles.
    On a l’air bien cruel, mais Un Prophète vaut quand même pour la révélation de Tahar Rahim, sidérant dans tous les registres, qu’il soit filmé seul, à deux, en groupe, de dos, de profil. Face à lui, Arestrup compose un mafieux corse beaucoup trop aristocratique et plus infect que terrifiant (on pense au Brando terminal condescendant à interpréter ce qu’on lui demande). C’est malgré tout dans cette cruauté absolue de leurs rapports que se joue le cœur du film – la soumission/haine du cadet contre la protection/mépris de l’aîné. On regrette un peu que le plan du dernier regard porté par Rahim sur Arestrup, extraordinaire de complexité et lointain écho du Falstaff de Wells, n’ait pas duré plus longtemps, histoire d’admirer un peu plus le talent de ce jeune acteur dans ce qui est restera le climax du film.
    Tout ça dit, Un Prophète a pour lui d’être moins tape-à-l’oeil que ce navet ultime pour blaireau qu’est le Scarface de De Palma. Plutôt à voir, donc.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 01h38 le 28/08/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Aux USA, ce vendredi, le retour de Mickael Myers !
    HALLOWEEN 2 de Rob Zombie ! ! ! (en France je ne sais pas quand, j’ai hâte ! ! !)

  • Sandek
    Sandek
    -////- ^^^^
    • Posté à 10h35 le 28/08/2009
    • Internaute 47260
      -////- ^^^^

    Vu mercredi et encore sous le choc. Dès le premier pas en prison, l’humanité n’a plus de place, les référenciels de l’extérieur n’ont plus d’utilité, il faut tout réapprendre pour pouvoir survivre. Effet sublime de mise en abîme : Audiard parachève son initiation de cinéaste avec ce film magistral qui traite de l’initiation. La prison est utilisée comme contexte à cette initiation car c’est un lieu radicalement régit par la domination et le pouvoir. Elle a raison la ministre : ça fait vachement envie ! ! ! Le sujet du film est parfait pour Audiard, cinéaste de la sensorialité (Sur mes lèvres), qui a cette capacité extraordinaire à nous plonger dans son univers, au plus près de ce que vivent ses personnages : loin d’une psychologie bavarde, il nous emmène dans une forte expérience sensorielle : les couleurs, les textures, la lumière, les sons, les bruits, le sang... quasiment les odeurs. Je ne sais pas comment il fait, je suis renversée.

  • Guilll
    Guilll
    Argloup
    • Posté à 13h55 le 28/08/2009
    • Internaute 45706
      Argloup

    Je n’ai pas (encore) vu le film, mais cette pauvre Fadela Amara a visiblement décidé de perdre le peu de crédibilité qui lui restait ... Il faudrait que quelqu’un lui montre Scarface, pour qu’elle puisse se rendre compte qu’il ne s’agit pas du tout d’un hommage à la violence ou aux gangsters, bien au contraire ! Scarface montre des gangsters pathétiques (notamment dans leur relation aux femmes) dont la quête de pouvoir et d’argent par la violence n’aboutit qu’à un immense vide existentiel, puis à la folie et à la mort. C’est en fait un film très moral et radicalement anti-violence !

    La popularité de Tony Montana dans les banlieues me paraît plutôt le signe évident que personne n’y a vraiment vu le film ...

    Ces propos traduisent simplement un énième cas du retournement classique de la droite, qui s’acharne à nous faire avaler que la violence trouve sa source dans les œuvres qui la décrivent, et non l’inverse. Fadela Amara a bien appris les leçons de ses nouveaux amis ...

  • libolo ya mère
    • Posté à 14h55 le 28/08/2009
    • Internaute 29664

    J’ai trouvé ce film juste excellent ! Les acteurs d’abord, Tahar RAHIM...Peut-être aussi bon que CASSEL en Mesrine !
    Son personnage, à rebours du cliché qui voudrait que l’intelligence aille de paire avec l’instruction. Parce que, c’est bien d’intelligence qu’il s’agit, quand humble il continue à faire le larbin pour Luciani. A l’opposé de la stupidité, ou simplement du mimétisme que la secrétaire d’état prête peut-être vite aux jeunes de banlieue, de cités, des quartiers selon les expressions consacrées.
    Et puis, pourquoi d’emblée des inquiétudes à exprimer quant à ces jeunes-là ?
    Le film, une fiction nous dit-on, ne dit pas qu’il s’agit d’un jeune de... Parcontre, on sait qu’il n’a personne, qu’il ne sait pas ce que signifie langue maternelle etc... D’où il vient, où il va ? ? ? On n’en saura rien !
    Un autre acteur celui-là, le théâtre de cette fiction : la PRISON ! ! ! Fictive certes, mais quand même... Pourquoi ne s’inquiète donc pas de ce qu’est la prison ?
    Le fameux univers carcéral Dire que nombre d’entre nous est persuadé que c’est l’hôtel ! Je vous assure, parlez en au-delà de votre sphère amicale, vous verrez !
    Allez, ce serait peut-être intéressant de se demander ce qu’on espère que soit la prison. Au hasard, une usine à champions ; comme une de ces pépinières qui forment, voire éduquent des champions comme Zidane, et autres Messi... Sinon, comme dans le film, des champions du crime ?
    Allez, une petite commission au nom bien fumeux, ou un petit grenelle, et que ça saute ! Qu’on en parle, des prisons ! Non pas des jeunes de...

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 16h03 le 28/08/2009
    • Internaute 38577
      ex E.N

    A chacun son boulot : d’un côté Mme Amara fait son show à la télé chez les bouffons du samedi soir (cf la récente émission animée par Lemoine sur fr2), de l’autre, un réalisateur qui nous propose un des rares films, crédible et utile, sur l’univers carcéral depuis « Le Trou ».

    Entre les deux, la triste réalité des banlieues en errance (cf Grigny), les quartiers dévitalisés, l’Ecole délaissée, voire méprisée, et l’enfer de la prison. Car ne nous y trompons pas, ce que le film d’Audiard prophétise est déjà là, depuis trop longtemps.

    Si ce film, par miracle, fait peur à Madame la secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville, TANT MIEUX ! Qu’elle se bouge, ça nous changera !

    • A-A
      A-A répond à Julos
      En perdition (comme la planète)
      • Posté à 20h08 le 28/08/2009
      • Internaute 48720
        En perdition (comme la planète)

      Excellent « le trou » de Jean Becker.
      Vu une nuit vers 4h du matin sur canal plus, ca m a scotché.

      Ta comparaison est tout à fait justifiée. Les 2 films (à 50 ans d intervalles) se ressemblent par bien des aspects.

      et comme ds certains films de Melville, mieux faut faire une scène de 5 ou 10 minutes sans aucun dialogue, que de faire des multitudes de scènes avec des dialogues inutiles

      • Julos
        Julos répond à A-A
        ex E.N
        • Posté à 21h23 le 28/08/2009
        • Internaute 38577
          ex E.N

        J’ai trouvé une fiche de cinéphile à propos de ce chef d’oeuvre de Jean Becker. Apparemment, nous sommes plus que deux à considérer que c’est un film de référence !

        Lien

        + Sur le même site figure une analyse très fouillée de « Un prophète ».

         
        • A-A
          A-A répond à Julos
          En perdition (comme la planète)
          • Posté à 21h39 le 28/08/2009
          • Internaute 48720
            En perdition (comme la planète)

          « Apparemment, nous sommes plus que deux à considérer que c’est un film de référence ! »

          bon ! ! on créé une association ? ? : D

          j avais tellement aimé ce film que je l avais commandé sur INternet le lendemain, et rematé une nouvelle fois à la réception du DVD. Et tu m as redonné envie de le regarder.

          En y repensant, ce qui me fait aimé les films de Jacques Audiard, c est, je pense, parce que ca me rappelle les bons vieux films FR(comme le trou, mais aussi les Melville ’cercle rouge’, ’2eme Souffle’) et d autres (mais j oublie vite les titres)
          on a vraiment de l amphatie pour les personnages (j ai vraiment adoré « sur mes lèvres » pour cela)

          bon, j arrete mon couplet « cetait mieux avant ».
          sinon, je me suis trompé concernant le réalisateur de « le trou », ce n est pas Jean mais Jacques Becker (merci pour ta fiche)

          • Julos
            Julos répond à A-A
            ex E.N
            • Posté à 14h26 le 29/08/2009
            • Internaute 38577
              ex E.N

            « je me suis trompé concernant le réalisateur de “le trou”... »

            Oups... moi aussi. Comme les deux sont possibles, Jacques et Jean, je me fais avoir à chaque fois.

        2 autres commentaires
  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 11h06 le 29/08/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Coupable d’avoir attaqué un policier à l’arme blanche, Malik El Djebena (le total inconnu Tahar Rahim, qui fait un boulot superbe de densité) atterrit dans une prison où règne le parrain Corse César Luciani (Niels Arestrup, qui s’est fait une tronche de Brando chicos-destroy, période Dernier tango à Paris). Immédiatement il est confronté à la puissance des réseaux de celui-ci et n’a d’autre choix, pour survivre, que de commettre un meurtre. Devenu un Corse (donc un traître) pour les Arabes de la prison, toujours vu comme un Arabe (donc un larbin un peu demeuré) par les Corses, il va louvoyer entre les « commissions » mortelles confiées par Luciani et les règlements de comptes pour sauver sa peau....

    La suite sur mon blog :
    Lien

  • gropl
    • Posté à 01h32 le 30/08/2009
    • Internaute 25566

    C’est pas bien de tuer des chevreuils, surtout que ce devait être le dernier du massif des calanques.

  • Youri Kane
    • Posté à 08h44 le 30/08/2009
    • Internaute 12202

    Est ce vraiment la délinquance, entretenue et développée, du héros qui pose problème à nos ministres ? Est ce l’incarnation par un jeune beur de cette délinquance ? Ou bien est-ce, plutot, le fait que le film désincarne ethniquement cette trajectoire, précisément parce que c’est, pour le héros, le seul moyen de parvenir à ses fins ?
    Dès le début du film, Malik sort des shémas auxquels sont nom et son physique semblent l’associer : oui, Malik mange du porc, non, Malik n’a pas de régime alimentaire particulier, non il ne fait pas la prière, non, il n’est pas barbu. Malik n’est pas le Malik auquel on s’attend. Oui, il comprend et parle le Corse, oui, il parle et manigance avec tout le monde. Bref, Malik est un modèle d’intégration, et on peut se demander jusqu’à quel point ce n’est pas là la véritable raison pour laquelle il constituerait, politiquement, un modèle gênant.
    Ca prend un peu de place de développer ça, mais j’ai essayé de le faire ici : Lien
    Ca fait un peu « j’fais ma pub », j’en suis désolé, mais je me voyais mal copier coller tout le post ici même, car il est un peu long. Mais j’aimerais savoir ce qu’on peut en penser.
    (NB, les réactions de Fadela Amara me semblent, tout de même, très symptomatiques).

    • Julos
      Julos répond à Youri Kane
      ex E.N
      • Posté à 11h02 le 30/08/2009
      • Internaute 38577
        ex E.N

      Bravo pour votre post/analyse, à la fois du film et de la réaction de Fadela Amara ! C’est très bien vu et très fouillé. Mme Amara devrait en prendre de la graine ; -)

      Si vous le permettez, je copie/colle votre point 5, qui est la conclusion de votre texte. Ça peut titiller la curiosité intellectuelle de quelques riverains et les motiver à lire l’ensemble de votre contribution !

      « Finalement, on comprend le malaise de Fadela Amara face à Un Prophète d’Audiard : si elle possède un tout petit peu de conscience de sa propre situation, elle sait que son patron est son César Luciani à elle : il lui a permis de survivre dans le monde un peu clos des permanents associatifs. Il la nourrit, il la protège, et elle doit, en retour, faire les petites besognes, obéir aux ordres et tenir les discours qu’on lui commande. Le malaise doit apparaître quand elle voit la trajectoire de Malik, la manière dont fonctionne ce couple esclave-maître, et l’élévation de celui qui échappe à ce que les circonstances avaient fait de lui. Mme Amara ne connaîtra pas ce destin là, précisément parce qu’elle n’est que le produit de déterminations dont elle n’est pas l’auteur, à l’opposé de la libération que connait le héros d’Audiard. Et de la part de la ministre des banlieues, souhaiter que les jeunes ne prennent pas modèle le personnage de Malik, c’est en dire long sur la soumission qu’on attend d’eux, et sur le désir qu’on a de leur voir ôtée toute chance de s’autodéterminer, comme on l’a obtenu de la majeure partie de la classe moyenne. Et en ce sens, même si les écrits comme “L’insurrection qui vient” en font un peu trop dans la description enthousiasmée des casseurs, il est évident qu’on nous entraine un peu trop facilement vers une anesthésie bourgeoise de nos existences, et qu’on souhaite de plus en plus éliminer ou mettre à distance tout ce qui pourrait venir ébranler ce petit agencement confortable de nos vies (et si je lisais moi même ce que j’écris, je le prendrais, aussi, pour moi).“(Youri Kane)

      **************************
      Quant à inviter Mme Amara à lire ‘La phénoménologie de l’Esprit’, alors là, Youri, j’vais vous dire, vous êtes un sacré phénomène, dans le genre utopiste !
       ; -)