revue de presse 24/08/2009 à 22h07

Secret bancaire : la Suisse « humiliée » par les Etats-Unis

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89


Le logo de la banque suisse UBS sur un building new-yorkais en août 2009 (Lucas Jackson/Reuters).

Bradley Birkenfield, ex-cadre américain de la banque suisse UBS, a été condamné vendredi pour « conspiration » à trois ans et quatre mois de prison ferme et à 30 000 dollars d’amende (il avait aidé des millionnaires à planquer leur fortune dans les montagnes hélvètes). Deux jours plus tôt, le fisc américain obtenait les noms de 4450 contribuables fraudeurs. La presse suisse revient sur cette première « brèche » dans son secret bancaire.

Sale temps pour la Suisse. Depuis qu’il s’est excusé auprès de la Libye pour l’arrestation du fils Kadhafi en 2008 (il avait été inculpé pour violences sur ses domestiques), jeudi, le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, est dans la tourmente. Presque toute la presse francophone lie cet événement aux derniers développements de l’affaire UBS. Dans les deux cas, les pays d’en face avaient des arguments : la Libye détient deux otages suisses, et les Etats-Unis menaçaient UBS d’une amende record de 800 millions d’euros.

La Suisse « déshonorée, déculottée, isolée, à genoux »...

Aucun journaliste ne se risque à écrire le mot « chantage », mais le ton y est. « Le pistolet doit quitter la tempe », titre l’éditorial de 24 Heures :

« Humiliée, déshonorée, déculottée, isolée, à genoux. Aucun qualificatif n’est trop fort, depuis jeudi soir, pour décrire la position de la Suisse [...]. Les mêmes mots qui auraient pu être employés, il y a quelques jours à peine, quand UBS a accepté de livrer au fisc américain les noms de 4450 clients fraudeurs. »

Et le lendemain, Birkenfield, l’homme qui avait « dénoncé » UBS, écopait donc de 40 mois de prison ferme. L’homme par qui le scandale UBS est arrivé ne purgera sa peine qu’à partir de janvier 2010 ; d’ici là, il continuera d’aider le fisc américain. « Ses supérieurs ne sont, quant à eux, pas inquiétés », note 24 Heures.

« Le secret bancaire dans la tourmente »

Sur le site du magazine Bilan, destiné aux leaders du pays, une annonce Google accompagne l’article sur la condamnation de Birkenfield : « Secret bancaire en péril ». C’est bien ce que craignent de nombreux éditorialistes.

L’annonce en question renvoie vers un dossier du site Swissinfo, titré sans ambiguïté « Le secret bancaire dans la tourmente ». La première phrase d’introduction au dossier joue très subtilement sur les mots : d’un côté la légalité, et de l’autre les violentes attaques des concurrents :

« Pratique ancrée dans la loi depuis trois quarts de siècle, le secret bancaire suisse est soumis aux coups de boutoirs de la communauté internationale et des concurrents de la place financière suisse. »

Cette « pratique » est en tous cas menacée, c’est certain, même si elle est pour l’instant seulement abolie pour les clients américains d’UBS. « Plus rien ne sera comme avant au pays du secret bancaire », titre La Liberté, le partenaire suisse de Rue89 :

« Le numéro un bancaire suisse échappe ainsi à une nouvelle amende et le Conseil fédéral affirme avoir préservé le respect des lois. Reste que si UBS sauve les meubles aux Etats-Unis, c’est un fait qu’une brèche a été ouverte. »

Dans Le Courrier, un quotidien « humaniste, progressiste et altermondialiste » selon Courrier International, l’éditorialiste remarque que

« cette affaire garde toujours toutes les prémisses pour enterrer la subtile nuance helvétique entre la fraude et l’évasion fiscale. Après avoir épluché les dossiers de 4450 clients de la banque, rien n’empêchera les Etats-Unis de refaire un tour de piste pour obtenir de nouveaux noms. »

En redressant ces 4450 contribuables, Washington devrait récupérer la bagatelle de 4 milliards de dollars, selon Le Courrier. Cela va-t-il donner des idées à d’autres Etats ?

Photo : le logo de la banque suisse UBS sur un building new-yorkais en août 2009 (Lucas Jackson/Reuters).

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  • greatpatton
    greatpatton
    entrepreneur
    • Posté à 23h19 le 24/08/2009
    • Internaute 74680
      entrepreneur

    Il faudrait peut être avoir suivi un l’affaire avant de poster de tel commentaires. Le juge a fait une demande au ministère de la justice pour savoir jusqu’où il pourrait aller dans les sanctions, il ne l’a donc jamais demandé vu que le procès ne s’est jamais ouvert...

    De plus cette option aurait pris le risque de mettre cette filialle d’UBS en faillite mettant à la porte des dizaines de millier d’employé US et mettant encore en difficulté un système financier US déjà sur la corde raide.

    Quand a la mention de votre article sur la Lybie, on pourra rappeler que ceux-ci détiennent deux otages suisses et que la Suisse n’a pas les moyens d’envoyer des F-117 pour faire passer le message.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à greatpatton
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 10h09 le 25/08/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Greatpatton : Donc la Suisse n’est plus « tout à fait » vierge et est même « un tout petit peu » enceinte. Mais la confiance, elle, est vraiment morte. Ceux qui ont de choses à cacher le feront autrement. Il y a des moments, comme ça. où on ramène les compteurs à zéro. Un petit épilogue à la fin du capitalisme financier.

      Ne vous fiez plus à la monnaie. Le monde à tourné. Le pouvoir va prendre une autre forme. Possiblement - mais pas nécessairement - plus agréable.

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      Pierre JC Allard

  • ker
    ker
    • Posté à 22h32 le 24/08/2009
    • Internaute 12793

    Pourvu que ca dure !

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 22h38 le 24/08/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Ouais, il y a peut-être une déculotté, mais il reste à savoir pour qui...

    Rappelons que UBS s’en tire en donnant seulement 8,5% des 50 000 clients américains que le fisc US lui demandait. Quand on donne une miette pour ne pas avoir à laisser tout le gâteau, pour qui est la déculotté ? celui qui a la miette ou celui qui garde le gâteau ?

    Quant à parler de la suisse, parlons-en ! ! ! Elle fait de beau profit sur UBS : Lien

    Enfin, le secret bancaire... reste valable si je ne m’abuse pour 91,5% des clients américains alors (et 100% des clients des autres nationalités, je crois non ?). La brèche est petite, vraiment petite ; tellement petite qu’on se demande si UBS n’est pas vainqueur.

    • jmax
      jmax répond à Tita
      • Posté à 22h40 le 24/08/2009
      • Internaute 3111

      et combien de pertes parmi les riches clients fraudeurs d’UBS ?
      je serais un très riche américain, pas très propre sur moi, je me hâterais d’aller voir ailleurs surtout si j’anticipe de monstrueuses pressions judiciaires américaines sur les conseillers UBS qui pourraient relâcher un maximum de noms en échange d’une peine allégée.

      • Tita
        Tita répond à jmax
        oiseau
        • Posté à 22h50 le 24/08/2009
        • Internaute 7659
          oiseau

        Je gage que si vous étiez un si riche américain, vous feriez parti des 91,5% de clients non inquiétés et même qu’on vous ferais un petit cadeau (pour vous faire oublier le petit soucis d’image d’ubs comme délatrice au fisc).

         
        • jmax
          jmax répond à Tita
          • Posté à 23h00 le 24/08/2009
          • Internaute 3111

          tu ne comprends pas que rien n’est terminé. On a eu la première fournée avec les aveux du conseiller UBS mais derrière, ça va débouler car la Suisse a bien été obligé de clarifier enfin cette subtile distinction entre fraude et l’évasion fiscale. Maintenant, les Etats-Unis vont venir taper régulièrement à la porte pour refourguer des listes et les 91.5% qui pour l’instant ne sont pas inquiétés ne doivent pas avoir le sommeil léger car quelqu’un sur la planète SAIT et le conseiller UBS est un humain comme les autres, prêt à tout lâcher

          • Tita
            Tita répond à jmax
            oiseau
            • Posté à 00h00 le 25/08/2009
            • Internaute 7659
              oiseau

            Ce ne serait pas fini si Washington et UBS n’avait pas règlé leur litige et que UBS avait balancé 4500 noms comme d’autres avancent un pion dans une partie d’échec.

            Cependant, les Etats-Unis et UBS sont parvenus à un accord pour régler leur litige. C’est ce que les avocats ont annoncé le mercredi 12 août, au juge chargé du dossier. C’est ce qu’on a pu lire ici ou là, dans les journaux... et puisque les accords ont été paraphé, j’en déduis que la négociation est terminée, pas vous ?

            • jmax
              jmax répond à Tita
              • Posté à 08h14 le 25/08/2009
              • Internaute 3111

              bien sur que non. Les Suisses ont opposé leur secret bancaire et ont donc refusé les demandes non étayées. On a donc vu le changement tactique : on serre les conseillers d’UBS de très, très près et on revient à la charge avec de vraies preuves de fraude fiscale (fournies par les conseillers UBS en taule) et UBS crachera tous les noms. Ne jamais oublier que les ricains n’ont pas une mentalité latine où frauder les impôts est un sport national et que s’ils veulent faire tomber quelqu’un pour fraude fiscale, ils savent vraiment faire (cf Al Capone). On est donc au début d’une longue traque et nul doute que les ordinateurs US doivent analyser les comptes américains qui viennent de fermer chez UBS et qui sont partis en Asie (et dont UBS a donné les noms sans remords puisqu’ils ne sont plus clients).
              De toute façon, la fraude fiscale ne peut se pratiquer qu’en confiance, sinon on ne vit plus et les clients américains d’UBS auront compris le message 5 sur 5

              • Leclere gérald
                Leclere gérald répond à jmax
                paysagiste
                • Posté à 10h11 le 25/08/2009
                • Internaute 9130
                  paysagiste

                Tu as raison surtout que cela craque aussi du coté du Liechtenstein. Serrez les miches, messieurs les banquiers, tous les murs finissent pas tomber.

            • mattzz
              mattzz répond à Tita
              • Posté à 11h33 le 25/08/2009
              • Internaute 28590

              Non seulement ce n’est pas fini entre les E.-U. et UBS, mais en plus l’Union européenne s’est elle aussi déjà intéressée à l’affaire, et elle va vite faire pression sur la Suisse pour profiter du précédent américain.

              Concernant UBS, entre la perte d’image de marque, les nombreux départs de clients fortunés et une action en berne, le bilan est carrément dramatique...

              Et pendant ce temps, les paradis fiscaux asiatiques se font de plus en plus pressants pour démarcher les clients européens...

        5 autres commentaires
    • Spook 3421
      Spook 3421 répond à Tita
      sniper
      • Posté à 21h26 le 25/08/2009
      • Internaute 25586
        sniper

      Effectivement, ce n’est pas une brèche mais un trou de souris...Le battage fait par les medias occulte l’essentiel, c’est à dire que les fraudeurs, dans leur immense majorité, ne sont pas touchés. Ces articles seraient un leurre pour abuser les populations que ça ne m’étonnerait pas plus que ça. Cela dit, ce n’est pas demain que Sarko fera pression sur la Suisse....

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 22h51 le 24/08/2009
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Pourquoi vous ne rappelez pas qu’il s’agit de 4450 noms sur... 52,000 demandes effectuées ?

    Des mots comme « La Suisse “ déshonorée, déculottée, isolée, à genoux ”… » c’est juste histoire de faire croire que ceux là ont fait preuve de volonté à ce niveau ? ... en laissant UBS taire le compte de 91% des demandes, ou dit autrement 48,000 comptes

    C’est sûr personne n’en doute, les 4,500 noms livrés, ce sont les comptes les plus important, les plus proches des pouvoirs en place, les mieux protégés, les plus grosses fortunes et les clients les plus rentables pour UBS...
    Et mon oeil

    • jmax
      jmax répond à Weatherboy
      • Posté à 08h16 le 25/08/2009
      • Internaute 3111

      1 million de dollar par tête de pipe, c’est un joli score surtout dans un pays non latin. Quand aux autres, ça va bouger vite maintenant que le renard est dans le poulailler

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 23h07 le 24/08/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    La Suisse à Guantanamo ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 10h23 le 25/08/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    La Suisse a été humiliée, parce que les USA ont exigé qu’elle livre officiellement des informations qu’ils possédaient déjà :

    LienLes transactions financières internationales sous contrôle états-unien
    par Jean-Claude Paye*

    Il y a 3 façons d’entrer dans la mondialisation. Par l’humiliation Lien, par l’humiliation comme en Suisse, ou par l’humiliation Lien.

  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 00h03 le 25/08/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    Que la Suisse soit rassurée . Aucun risque d’être humiliée par la France .Sur la liste d’UBS il y aurait tellement de copains de Sarkozy ! ! !

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 03h27 le 25/08/2009
    • Internaute 87746
      stagiaire

    Que la Suisse se rassure, les exilés fiscaux de la génération papyboom arrivent un peu plus nombreux chaque année, et ça devrait continuer comme ça jusqu’en 2020.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 07h19 le 25/08/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Le secret bancaire suisse n’avait pas été inquiété pendant la seconde guerre mondiale. Il faut proposer aux contribuables ayant déposé des millions dans les coffres helvètes de rentrer dans la résistance... !

    Lien

  • Orwelle
    Orwelle
    sarko-verdose.bbactif.com
    • Posté à 08h03 le 25/08/2009
    • Internaute 62370
      sarko-verdose.bbactif.com

    La réorganisation du système financier international se fait aux dépens de la Suisse et au profit des trusts anglo-saxons.

    Les pays du G20 ont affirmé que « l’ère du secret bancaire est terminée ». Cependant, actuellement, la moitié du marché offshore se concentre dans les trusts, des créations juridiques anglo-saxonnes, qui ne nécessitent pas de secret bancaire pour pouvoir se mettre à l’abri du fisc.

    Le G20 est en fait une tentative de réorganisation du système financier international aux dépens de la Suisse (27 % du marché de l’épargne mondiale), et au profit des États-Unis (et leur satellite des Caraïbes) et des centres offshores britanniques, contrôlant chacun un marché de l’« argent gris ».

    Ces capitaux financeront une partie les aides étatsuniennes consenties aux banques et aux assurances.

    Lien

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Orwelle
      non connue
      • Posté à 09h21 le 25/08/2009
      • Internaute 82025
        non connue

      C’est exactement ça.
      C’est 1% de « l’immoralité » qui est hors la loi.
      Pour le reste, ce sont les lois qui sont immorales.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 09h28 le 25/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    La Suisse est un pays. Un petit pays.
    Autrement dit, une entité infiniment plus vulnérable, aujourd’hui, qu’un trust organisé par des multinationales.

    On vient de saisir le canif (couteau suisse ?) d’un mercenaire armé jusqu’aux dents. Le mercenaire court toujours.

    • mattzz
      • Posté à 11h39 le 25/08/2009
      • Internaute 28590

      Non seulement il court toujours, mais la situation actuelle est aussi l’occasion d’affûter d’autres armes autrement plus tranchantes que ce petit couteau suisse.

      Parce que le jour où il faudra faire plier la Chine au lieu de la Suisse, ce ne sera plus la même histoire...

  • Leclere gérald
    Leclere gérald
    paysagiste
    • Posté à 10h04 le 25/08/2009
    • Internaute 9130
      paysagiste

    « Humiliée, déshonorée, déculottée, isolée, à genoux. Aucun qualificatif n’est trop fort, depuis jeudi soir, pour décrire la position de la Suisse […].

    Depuis quand, un receleur a besoin qu’on aient de la mansuétude envers lui. On ne vas pas quand même pleurer pour la Suisse. Cela fait des années qu’elle est limite avec les lois. L’argent bloquée des juifs morts pendant la seconde guerre et ainsi de suite.
    Quand un petit enfant fait des bêtises, il se fait réprimander ou même taper sur les doigts. Pour la suisse et consoeurs, il faut frapper fort à l’exemple des states ou de l’Angleterre.
    Un truand, même en costume de marques, reste un truand.

    • Haer
      Haer répond à Leclere gérald
      Confortable
      • Posté à 12h42 le 27/08/2009
      • Internaute 85591
        Confortable

      Mais pourquoi toujours ramené l’histoire de la Suisse à la seconde guerre mondiale ?

      Je ne crois pas que l’attitude de la France (millions de déportés) de l’Allemagne (...) ou d’autres pays européens qui on bien attendu avant d’intervenir soit plus glorieuse que celle de la Suisse.

      Les Etats-Unis et l’Angleterre ? Ils s’en foutent de la fraude, ils ont leurs propres paradis fiscaux pour leur riches contribuables, par contre les guerres en Afghanistan et Irak coûtent cher et ils ont besoin de pognon en ce moment.....

      Je me méfie toujours de ceux qui prêchent la morale.....c’est les pires.

  • YoshiL7
    • Posté à 10h20 le 25/08/2009
    • Internaute 29840

    Sale temps pour la Suisse, humiliée par la Lybie ces derniers jours, voila qu’on parle d’une humiliation américaine...

    Il serait intéressant de savoir quelles sont les critères retenues pour établir la liste des 4450 ? peu de chance qu’ils aient pris les 4450 premiers noms dans l’ordre alphabétique... les critères ont il permis de protéger certains contribuables américains ou cela a t-il était laissé au choix d’UBS de faire le tri ?

  • mick69
    • Posté à 11h46 le 25/08/2009
    • Internaute 2907

    Voler est une activité humaine discriminatoire : elle est interdite pour les pauvres et autorisée pour les riches. Que fait la Halde ?

  • mattzz
    • Posté à 11h52 le 25/08/2009
    • Internaute 28590

    Il ne faut pas se leurrer : même si elle affaiblit considérablement la Suisse (sans parler d’UBS), cette affaire n’affectera en rien le secret bancaire à l’échelle mondiale. Elle ne fait que déplacer le problème dans des régions où il sera de plus en plus difficile à déloger... et où il profitera à d’autres (qui contrairement à la Suisse ne sont pas forcément de gros partenaires commerciaux de l’UE).

    Sans parler d’un autre problème au moins aussi aigu, celui de la concurrence fiscale, parfaitement légale et de plus en plus vive, qui pousse certains pays à réduire les impôts sur les sociétés ou à accorder des conditions hallucinantes aux étrangers fortunés.

    • impertinent3
      impertinent3 répond à mattzz
      • Posté à 13h06 le 25/08/2009
      • Internaute 29149

      Affaiblit considérablement la Suiise ?

      Quelle bonne blague ! Elle correspond tout à fait avec l’image d’Épinal que certains ont de la Suisse.

      Tout d’abord,si le secteur bancaire est important en Suisse, il n’est pas l’épine dorsale de l’économie suisse que l’on croit. La totalité du secteur bancaire en Suisse représente moins de 11 % de l’économie.

      D’autres secteurs ont plus d’importance : industrie des machines, pharmaceutique, chimie fine, etc.
      Par exemple, la psychose autour de la grippe A arrange particulièrement l’économie suisse et plus particulièrement La Roche (fabricant et détenteur du brevet Tamiflu) et Novartis (important fabricant de vaccin). Les bénéfices de ces deux là, et simplement avec la soi-disant grippe tueuse, font plus que largement compenser les pertes du secteur bancaire.

      En plus, l’UBS est loin d’être le phare du secteur bancaire, il y a une autre banque aussi grande qu’elle (Crédit suisse) et, de toute façon, il y a plus de 500 établissements bancaires en Suisse. L’UBS est la banques des nouveaux riches, des épiciers enrichis. Les vrais riches vont dans des banques bien plus discrètes, ayant pignon sur rue depuis au moins 150 ans, enfin, quand je dis pignon sur rue, c’est une façon de parler, parce que ces établissements ont horreur de la publicité (ils n’en ont pas besoin, le bouche à oreille et les habitudes familiales suffisent) et l’on ne voit, dans les rues de Genève, Zurich ou Bâle que des discrètes plaques n’affichant que des initiales. C’est là que l’on trouve l’essentiel des capitaux étrangers en Suisse. Et ces banques ne s’amusent pas comme l’UBS, à commettre des délits dans un pays étranger pour ne pas avoir un point faible prêtant à attaque. Dans ces établissements on trouve sans doute passablement de fonds appartenant à de bons copains de Sarko. Alors on autorise volontiers Sarko à taper sur l’UBS, cela amuse la galerie et l’essentiel est sauf.

      Je crois que les Suisses ont bien compris l’adage : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

      • mattzz
        mattzz répond à impertinent3
        • Posté à 13h36 le 25/08/2009
        • Internaute 28590

        Oui, j’aurais dû écrire « affaiblit considérablement le secteur bancaire suisse », même s’il pèse très lourd dans l’économie du pays.

        Par contre, si, ces dernières années UBS était bien le fleuron de la banque helvétique (devant le Credit Suisse), et elle s’était fortement développée dans la banque privée parce que sa combinaison entre l’innovation de la banque d’investissement et la souplesse de la banque privée attirait pas mal de clients... qui pour beaucoup sont repartis aussi sec dès le début de l’affaire.

  • Peureux anonyme
    • Posté à 12h29 le 25/08/2009
    • Internaute 24415

    J’ai l’impression qu’en cette affaire, on identifie la Suisse et UBS.

    Le fisc US a frappé UBS. La Suisse est indemne. Du reste le gouvernement suisse serait bien en peine de négocier quoi que ce soit mettant en cause la Suisse. Il aurait vite une votation pour le désavouer.

    La faiblesse d’UBS a été d’avoir une filiale aux USA et de n’être pas prête à la sacrifier sur l’autel de la confiance.

    Résultat : les riches clients américains n’ont qu’à s’adresser à des banques qui n’ont pas de filiales aux USA. Les transferts de fonds seront peut être un peu plus complexes, mais on devrait y arriver.

    • mattzz
      mattzz répond à Peureux anonyme
      • Posté à 13h04 le 25/08/2009
      • Internaute 28590

      Non, c’est faux, la convention de double imposition Suisse/E.-U. va être révisée, et bien évidemment durcie pour la Suisse.

      D’ailleurs, si la Suisse n’était pas directement concernée, la Confédération ne serait pas intervenue dans les négociations et n’aurait pas signé d’accord avec les Etats-Unis.

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 13h34 le 25/08/2009
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    Oh, pauvres suisses, je vais pleurer, vraiment...

  • Orwelle
    Orwelle
    sarko-verdose.bbactif.com
    • Posté à 17h07 le 25/08/2009
    • Internaute 62370
      sarko-verdose.bbactif.com

    Denis Robert :
    Quand vous regardez le ciel la nuit, vous voyez des étoiles, et la matière noire est une matière qui existe et qui est prise en compte maintenant par les astrophysiciens : ils se sont rendus compte de son existence en étudiant les mouvements des étoiles. On s’est rendu compte que, quand ces étoiles meurent, il y a forcément une force qui est résistante. Cela prouve forcément que cette force existe même si on la voit pas, même si on ne la touche pas.

    Maintenant si on métaphore ça, et qu’on transpose ça à l’univers financier, c’est à peu près la même chose, c’est-à-dire qu’il y a une matière noire de la finance qui passe par les paradis fiscaux par exemple, qui a, à mon avis, plus d’importance en terme de masse financière que la matière lumineuse qui est celle que nous présente les médias. Toutes ces informations qui nous reviennent sur la finance - les indices boursiers, le CAC, etc... - ne prennent jamais en compte la matière noire, et pourtant la matière noire est là...
    Si on commence à étudier les mouvements d’argent, on se rendra compte que par exemple l’économie de la drogue rentre à un moment ou un autre dans l’économie normale. Pour parler de la finance parallèle, on parle toujours du « trou noir » de la finance.
    Avec mon enquête sur Clearstream, j’ai localisé un endroit par où cela passe ! Il fallait bien que toute cette masse d’argent qui voyage, à un moment donné s’échappe, et elle passe par un espèce de trou d’aiguille qui était caché dans une espèce de masse qui était Clearstream et le Luxembourg. Et hop elle passe par là, et elle va dans un autre univers que j’appelle la « matière noire de la finance ».

    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h35 le 25/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Drôle d’époque que l’on vit, tout fout le camp, même les repères les plus traditionnelles disparaissent...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 19h29 le 25/08/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    C’est vrai qu’avec le prochain armaguedon financier qui s’en vient, on se demande ce que vont devenir les Suisses, gardien de tous les « trésors » de ce bas monde.
    Malins les Suisses ! Ils ont plus d’une corde à leur arc : voyez le gruyère. Même plein de trous ils réussissent à envendre de par le monde entier. Sans se presser...

  • ducatel
    • Posté à 21h54 le 25/08/2009
    • Internaute 7941

    hello, juste pour indiquer que le secret bancaire désigne, dans son acception première, l’obligation qu’ont les banques de ne pas livrer des informations sur leurs clients à des tiers. Il relève du secret professionnel.
    le secret bancaire garantit un droit fondamental, celui du respect de la propriété et de la vie privée des individus (par exemple : soutien de partis politiques, d’associations, de mouvements politiques, de groupement religieux, une partie de la consommation etc.)
    j’ai du mal à comprendre pourquoi on veut enterrer si vite un droit si important

  • marre.du.pipe.hole
    • Posté à 09h57 le 26/08/2009
    • Internaute 20543

    Le président de la confédération est une serpillère .

    Aprés avoir baissé son pantalon fasse aux USA , il est allé « cul nu » en Libye , se mettre à plat ventre , pour que le dictateur ne retire pas ses sous de Suisse ! !

    Et tout ça pourquoi ? Parce que la police helvète avait arrêté le rejeton , le plus dingue du dictateur, et ça n’avait pas plu du tout !
    Entre temps le pote à Sarko a fait arrêter 2 suisses , qui sont emprisonné en Libye depuis 13 mois....
    Le président helvète n’est même pas reparti avec ! ! ! !