Tribune 24/08/2009 à 16h35

Fuite des cerveaux : aubaine pour le tiers-monde ?

Yannick Bourquin | Que disent les économistes ?


Que disent les économistes ?

L’émigration des travailleurs qualifiés semble être perçue unanimement dans la presse comme un phénomène pénalisant pour le pays source. Pourtant, certains chercheurs parlent d’un deuxième effet positif qui vient contre-balancer le premier.

Cet effet apparaît lorsque seule une partie des travailleurs éduqués qui souhaitent émigrer le peuvent (par exemple, à cause des politiques de contrôle des flux migratoires). On observe effectivement dans les données que, dans les pays en développement, la proportion des travailleurs éduqués qui émigrent est très variable et est loin d’être égale à 100%.

Une incitation à s’éduquer

Dans ce cas, la possibilité de partir vers un pays riche va inciter une partie de la population à s’éduquer. Mais comme tous les travailleurs éduqués ne peuvent pas partir, une partie d’entre eux va rester dans le pays d’origine, ce qui profitera à l’économie nationale.

On a donc deux effets : un négatif et un positif. La tradition chez les politiciens consiste à organiser des débats stériles sans fin entre ceux qui pensent que l’effet négatif domine et ceux qui pensent que l’effet positif domine. Au final, on n’aura pas avancé d’un iota. Pour trancher, il nous faut une étude empirique.

Je me suis baladé sur une de mes bases de données électroniques de revues scientifiques préférée jusqu’à tomber sur cet article de Beine, Docquier et Rapoport, publié en 2008 dans The Economic Journal. L’objectif de l’étude est de séparer statistiquement la perte de capital humain liée à l’émigration et le gain en capital humain lié à l’effet incitatif.

Première trouvaille :

« On trouve que si on double le taux d’émigration des individus très qualifiés, cela provoque un accroissement de 5% de la formation de capital humain dans la population native (en comptant à la fois les résidents et les émigrants). Le coefficient est très robuste au changement de spécification et de méthode d’estimation. »

On a donc une preuve que l’effet incitatif existe : la perspective de pouvoir partir à l’étranger incite la population à s’éduquer. Mais est-ce que ça suffit à compenser la perte de capital humain liée aux départs ?

Plus de perdants que de gagnants

C’est compliqué. Tout d’abord, il y a plus de pays perdants que de pays gagnants (65 perdants contre 59 gagnants). Ensuite, les pertes des perdants descendent très bas : baisse de 21,5% de la proportion de travailleurs qualifiés pour la Grenade, -14% pour la Jamaïque, -17,8% pour la Guyanne, alors que les gains des gagnants ne montent pas très haut : hausse de 1,5% de la proportion de travailleurs qualifiés pour l’Argentine en haut du classement, +1,3% pour le Venezuela, +1,2% pour l’Arabie Saoudite.

Le classement entier est disponible dans l’étude originale. Ecrivez-moi si vous souhaitez la consulter.

Au niveau agrégé, les gains dépassent les pertes (notamment parce les pays les plus peuplés comme la Chine et l’Inde sont tous parmi les gagnants). L’étude suggère donc que la fuite des cerveaux contribue à accroître le nombre de travailleurs qualifiés dans les pays en développement pris dans leur ensemble. Néanmoins, les effets sont très hétérogènes d’un pays à l’autre et certains pays ont beaucoup à perdre.

Lutter contre la fuite des cerveaux est donc un enjeu plus ou moins prioritaire selon les pays et peut même s’avérer contre-productif. Le classement élaboré dans cette étude est, à mon sens, très précieux pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce phénomène.

En partenariat avec :


  • 6236 visites
  • 21 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Yannick Bourquin
    Yannick Bourquin
    Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
    • Posté à 17h49 le 24/08/2009
    • Internaute 83093
      Que disent les économistes ?

    Bonjour,

    Ce qui est généralement admis comme phénomène, ce sont les « spill-overs » (je ne sais plus comment on traduit en français, déversement peut-être ?) de l’éducation : le fait qu’un individu soit éduqué bénéficie également à d’autres.

    Néanmoins, la portée de ce « déversement » est sans doute limitée. Elle est généralement de grande ampleur au niveau local, de moindre ampleur au niveau national et probablement de faible ampleur au niveau international (mais pas inexistente).

    Ensuite, l’effet de sélection fait que les individus qualifiés partent vers les pays où leur éducation leur sera la plus utile, c’est-à-dire vers les pays développés avec beaucoup de travailleurs qualifiés. Donc, il y a peu de flux de main d’oeuvre qualifiée en direction des pays en développement. Ceux-ci peuvent donc très bien se retrouver avec une proportion très faible de travailleurs qualifiés.

    Pour finir, il y a une légère confusion dans votre raisonnement. Vous raisonnez en terme de savoir et d’innovation (si j’ai bien compris) au sens où si un travailleur s’en va, on ne perd pas de connaissances. C’est vrai. Mais le but de l’éducation n’est pas seulement de « créer » de nouvelles connaissances mais également d’accroître la productivité des travailleurs. Une nation avec peu de travailleurs qualifiés produit moins de richesses, peu importe les connaissances et technologies disponibles.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h03 le 24/08/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    remplissez les cerveaux, il en restera toujours quelque chose.

    mais à une condition première ; il faut qu’il y ait une infrastructure valable pour remplir les cerveaux..
    tout le monde veut apprendre, mais il faut des centres d’apprentissages et des cadres.

    • Yannick Bourquin
      Yannick Bourquin répond à pablico
      Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
      • Posté à 11h25 le 25/08/2009
      • Internaute 83093
        Que disent les économistes ?

      Bonjour.

      C’est vrai mais c’est même encore plus subtile que ça. Une fois qu’un travailleur a été formé, il lui faut des infrastructures et du capital pour que son savoir soit productif. On peut former tous les informaticiens qu’on veut, si y’a pas d’ordinateur, d’approvisionnement fiable en électricité, de réseau internet ou même s’il n’y a pas suffisamment d’entreprise ayant à gagner à l’installation d’ordinateurs, ça ne sert à rien.

      C’est essentiellement pour ça que les travailleurs qualifiés (indépendemment de comment on les forme) sont plus efficaces dans les pays développés.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 17h24 le 24/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    J’ai du mal à suivre votre raisonnement, voire même à comprendre ce que vous voulez prouver.

    Lorsqu’un cerveau se forme, c’est pour en faire quelque chose (et notamment pour en vivre), bon. Si ce n’est pas possible il va ailleurs, point. C’est ça qui a vidé nos campagnes depuis 150 ans.
    Quel est le bilan chez nous ?
    - niveau de formation (lettrisme) meilleur
    - démographie rurale catastrophique
    C’est en gros ce que vous dîtes sur les pays du tiers-monde.

    Et bien si l’on suit logiquement cet exemple, les pays du tiers-monde vont se vider, comme nos campagnes. Mais il y a un hic : quand ils viennent chez nous, on les renvoie chez eux.
    Et c’est là que ça ne marche plus.

    Le problème, ce n’est pas la fuite des cerveaux. C’est le retour forcé des sans-diplômes. Ce qui est dramatique, ce n’est pas le flux migratoire (qui a toujours existé), c’est le contre-flux migratoire.

    • Yannick Bourquin
      Yannick Bourquin répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
      • Posté à 17h42 le 24/08/2009
      • Internaute 83093
        Que disent les économistes ?

      Bonjour,

      Le question est de connaître le bilan final en terme de disponibilité de la main d’oeuvre qualifiée dans les pays du Tiers-Monde. Je ne m’intéresse donc pas directement aux flux migratoires de main d’oeuvre non-qualifiée (qui est une question intéressante mais différente).

      Effectivement, une partie des travailleurs qualifiés ne peuvent pas émigrer (ou ne veulent pas). Mais la perspective de pouvoir potentiellement partir à l’étranger pour bénéficier d’un salaire meilleur a un effet bénéfique mesurable sur le nombre d’individus qui choisissent de s’éduquer.

      Les auteurs de l’article original citent notamment les barrières aux flux migratoires que vous évoquez pour justifier le fait qu’un travailleur du tiers-monde n’est jamais sûr de pouvoir émigrer.

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 09h37 le 25/08/2009
        • Internaute 33755

        Une fois avoir lu cet article et ses commentaires (jusque là) je comprends une chose : si les perspectives d’avenir seraient meilleurs dans les pays pauvres, voire égale (inimaginable !) aux nôtres, on aurait pas besoin de faire toutes ces études et ses statistiques quant aux flux migratoires des personnes éduqués (j’ai un peu de mal avec ce mot, mais bon, faisons avec...).

        Car ce que dit en fond ce raisonnement est que, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, qu’on choisisse (ou pas) de changer de pays, de région, de ville ou même seulement de migrer sur le trottoir d’en face, là où l’avenir apparaît radieux, la stimulation et l’envie de s’éduquer s’en trouve décuplées.

        Donc, si je comprends bien, il me semble assez trompeur d’envisager en prime abord ce phénomène par le biais d’une analyse incluant des critères de flux migratoires entre nations.

        L’ordre de stimulation est donc :

        1. Un avenir au ciel dégagé
        2. Être en mesure de choisir
        Et seulement en 3. « l’esprit de compétition »...

         
        • Yannick Bourquin
          Yannick Bourquin répond à A déménagé le 25 octobre
          Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
          • Posté à 11h07 le 25/08/2009
          • Internaute 83093
            Que disent les économistes ?

          Bonjour,

          Toutes mes excuses, mais je ne comprends pas votre raisonnement.

          Oui, il est clair que les perspectives d’avenir jouent un rôle fondamental dans l’explication des flux migratoires. Un travailleur va avoir envie de partir là où il pourra obtenir un salaire important (en moyenne). Il se trouve que les salaires sont élevés lorsque la productivité est élevée. L’externalité positive associée à l’éducation pousse les individus qualifiés à migrer vers les pays où il y a déjà beaucoup de travailleurs qualifiés (c’est-à-dire les pays développés).

          Donc, la possibilité de migrer (et donc d’obtenir de bons salaires) incite les individus à s’éduquer (ce mot est à prendre au sens que lui donne la science économique : faire des études pour accroître son capital humain).

          Qu’appelez-vous « esprit de compétition » ?

          Quant au premier paragraphe de votre commentaire, la théorie nous dit que s’il ne coûtait rien de migrer (ce qui est faux, ne serait-ce que parce qu’on abandonne sa famille) et si la seule motivation des migrants était le salaire, les flux migratoires seraient tels que les salaires s’égaliseraient partout dans le monde, ce qui égaliserait les « perspectives d’avenir ». Néanmoins, les frictions aux flux migratoires sont importantes, et les travailleurs ne peuvent pas ou ne veulent pas toujours migrer vers un pays qui lui offrirait un meilleur salaire.

          • A déménagé le 25 octobre
            • Posté à 11h59 le 25/08/2009
            • Internaute 33755

            Mon raisonnement tire une généralité du vôtre. Il met volontairement l’émigration de côté.

            Que quelqu’un ait envie d’aller là où l’avenir s’annonce radieux me semble être le critère le plus fondamental, pour reprendre votre mot. Or je crois savoir que, majoritairement, les individus souhaitent avant tout passer leur vie là où ils l’ont préalablement construite, au gré du tissage de leurs liens sociaux. « Majoritairement »... je considérerai les autres cas comme des enfants prodiges ou des nécessités de ressourcement temporaires...

            Conclusion : d’où la nécessité d’offrir avant tout un avenir meilleur là où l’individu se trouve.
            Je vais volontairement changer votre citation :

            « On trouve que si on double la qualité de vie des individus, cela provoque un accroissement de X% de la formation de capital humain dans la population native. » C’est le point de départ.

            J’ai traduit par « esprit de compétition » cet effet d’entraînement à s’éduquer. Avoir envie de faire aussi bien voire mieux que l’autre. Peut-être est-ce juste un fantasme de ma part...

            Ce qui m’a un peu irrité est la contradiction entre la réalité des chiffres de l’étude : « Tout d’abord, il y a plus de pays perdants que de pays gagnants (65 perdants contre 59 gagnants). Ensuite, les pertes des perdants descendent très bas : baisse de 21,5% de la proportion de travailleurs qualifiés pour la Grenade, -14% pour la Jamaïque, -17,8% pour la Guyanne, alors que les gains des gagnants ne montent pas très haut : hausse de 1,5% de la proportion de travailleurs qualifiés pour l’Argentine en haut du classement, +1,3% pour le Venezuela, +1,2% pour l’Arabie Saoudite. » et cette phrase de conclusion : « Lutter contre la fuite des cerveaux* (...) peut même s’avérer contre-productif. À la lecture de vos chiffres, on ne dirait pas que cela s’avèrera “contre-productif”, bien au contraire.

            *en améliorant les conditions de vie de la population native.

            nb : je précise être pour une partouze planétaire, voire intergalactique, avec mélange de partout et de tout le monde, mais, étant voyageur moi-même, j’ai eu le loisir d’observer quasiment à chaque rencontre cette réalité : l’envie de rester dans sa culture d’origine est primordial et cela ne peut se faire si et seulement si l’avenir y est dégagé de toute guerre, dictature, oligarchie, ou si le “paquet est mis sur l’éducation” (1)
            nb2 : pardon pour ce caractère fouilli de mon “raisonnement”, je n’excelle pas dans ce domaine.

            (1) j’aime citer au mot près Notre président (2 mai 2007), ça montre toute la contradiction entre le discours et les actes, entre le communiquant et la réalité de son âme.

            • Yannick Bourquin
              Yannick Bourquin répond à A déménagé le 25 octobre
              Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
              • Posté à 21h33 le 25/08/2009
              • Internaute 83093
                Que disent les économistes ?

              1) Je pense que vous confondez économie positive et normative. Cette étude N’A PAS pour objet de dire ce que l’on DEVRAIT faire pour que les pays se développent. Elle a pour objet d’étudier les conséquences de l’émigration des travailleurs qualifiés, phénomène habituellement considéré comme catastrophique.

              2) Bien évidemment qu’il y a des freins à l’émigration, notamment l’attachement au pays d’origine. Néanmoins, les chiffres confirment qu’il existe bien une incitation à émigrer liée à la perspective de toucher un salaire plus élevé (qui ne touche bien évidemment pas tout le monde, mais qui provoque un nombre non négligeable de départs).

              3) Tout l’intérêt de l’étude est d’isoler l’impact de la possibilité d’émigrer sur la décision de faire des études ou non, INDEPENDAMMENT des autres déterminants et facteurs qui influencent la décision d’étudier (que ce soit la qualité de vie locale, « l’esprit de compétition », l’efficacité du système éducatif, etc etc...). La méthode statistique permet de savoir comment la possibilité d’émigrer influence la proportion d’individus qui font des études « toutes choses égales par ailleurs » (en éliminant statistiquement l’influence des autres facteurs).

              4) Lutter contre la fuite des cerveaux dans les pays en développement PEUT être contre-productif (mais ce n’est pas systématique), car il existe des pays qui bénéficient de ce phénomène.

              • A déménagé le 25 octobre
                • Posté à 22h54 le 25/08/2009
                • Internaute 33755

                Ah, bah voyez, je trouve votre conclusion plus juste (le 4). Moins empêtrée dans un jugement que vous sembliez par avant rejeter.

                Oui j’ai confondu vos deux notions, que j’ignorais, pour seulement donner un avis, subjectif donc, et qui remettait en cause les tenants de cette étude.

                Après lecture de votre article, le sentiment que j’ai eu est que ça ne sert à rien de s’attaquer à la fuite des cerveaux car celle-ci engendre un effet positif sur l’envie des individus natifs à s’éduquer.

                D’après mon vécu, je trouve une telle hypothèse (pour ne pas dire conclusion) choquante.

                • Yannick Bourquin
                  Yannick Bourquin répond à A déménagé le 25 octobre
                  Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
                  • Posté à 06h49 le 26/08/2009
                  • Internaute 83093
                    Que disent les économistes ?

                  Votre commentaire a l’avantage de me montrer que je dois faire extrêmement attention à la façon dont je m’exprime car les incompréhensions sont malheureusement fréquentes.

                  Dans mon point 4), je n’ai fait que réécrire la conclusion de mon article sous une autre forme (le sens est similaire).

                  Cependant, il ne s’agit pas, au sens scientifique du terme, d’une hypothèse. Il s’agit de l’aboutissement logique de l’étude. On peut discuter de la pertinence d’une hypothèse, mais on ne peut pas s’attaquer « de front » à une conclusion. Pour remettre en question une conclusion, il faut s’attaquer au raisonnement qui aboutit à cette conclusion (soit en décelant une faille logique, soit en remettant en cause une hypothèse qui soutient ce raisonnement).

                  Si vous souhaitez examiner plus avant la méthodologie des auteurs de l’étude, n’hésitez pas à m’écrire, je vous l’envoie avec plaisir.

                  • A déménagé le 25 octobre
                    • Posté à 09h04 le 26/08/2009
                    • Internaute 33755

                    Oui, pourquoi pas, bonne idée.

                    J’ai fait un peu de fac, des études des comportements des bipèdes, de la sémiologie de la com, la sémiotique, la sémantique et tout un tas de truc bizarre comme ça.

                    Ça me donnera une occasion de m’y replonger.

                    Merci ! (via la messagerie privée en cliquant sur mon avatar)

                    ps : j’y tient, mais votre 4), par l’inclusion d’une nuance, à ce poil de différence qui modifie l’impression que donne la lecture de votre article...

        6 autres commentaires
  • Okotoks
    Okotoks
    Amateur de paléontologie et d' (...)
    • Posté à 20h41 le 24/08/2009
    • Internaute 58147
      Amateur de paléontologie et d' (...)

    Je vais peut-être être hors sujet... J’avais lu il y a quelques temps un article parlant de la part de l’investissement dans la recherche et l’innovation dans l’acroissement du PIB. Si j’ai bien compris, le lien n’était pas direct, c’est à dire qu’un point de PIB investit par la France dans la recherche ne se traduisait pas systématiquement par un acroissement du PIB français. Par contre, globalement, cela marchait dans la mesure où le partage de connaissances se fait relativement facilement. Une découverte américaine peut aboutir à une autre en France et une nouvelle entreprise s’y crée.

    Dans ce contexte, les pays pauvres seraient doublement pénalisés puisque la fuite des cerveaux leur est défavorable et qu’ils bénificient moins des avancées technologiques et de la recherche. Par contre, des pays comme la Chine ou le Brésil seraient plutôt bénéficiaires. Le fait est que la Chine a été le premier pays à séquencer le génome du riz.

    ps : je crois que l’article dont je parle est celui-là
    Lien

    À confirmer car je n’ai accès qu’au résumé depuis chez moi.

    • Yannick Bourquin
      Yannick Bourquin répond à Okotoks
      Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
      • Posté à 11h21 le 25/08/2009
      • Internaute 83093
        Que disent les économistes ?

      Bonjour.

      Effectivement, la croissance dans les pays riches dépend en grande partie de leur capacité collective à innover (ceci afin d’accroître la productivité globale des facteurs).

      Néanmoins, la question ne se pose pas en ces termes dans les pays pauvres. Ceux-ci ne cherchent pas fondamentalement à innover, mais plutôt à rattraper le niveau de productivité des pays riches (tout simplement bénéficier des technologies et connaissances existentes), c’est qui est un challenge énorme.

      Les économistes travaillent beaucoup depuis 30 ans sur les conditions qui permettent le rattrapage. On se rend compte que les institutions et les infrastructures jouent un rôle important (mais apparemment pas la géographie, ni la culture). Néanmoins, on se sait toujours pas comment s’y prendre pour réformer les institutions d’un pays afin de démarrer le rattrapage. De même, on s’est rendu compte que construire des infrastructures est insuffisant (notamment si le pays n’a pas les moyens de les entretenir, cf. la description qui en est faite dans « The White Man’s Burden » de William Easterly).

  • Terence
    • Posté à 02h17 le 25/08/2009
    • Internaute 15208

    Pour certains secteurs, visiblement, cela fait longtemps que les cerveaux se sont enfuis ...

    Suivez mon regard.

    Lien

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 03h25 le 25/08/2009
    • Internaute 87746
      stagiaire

    Dommage que cet article ne parle pas de la fuite des cerveaux Français vers l’étranger.

    • Okotoks
      Okotoks répond à TFE
      Amateur de paléontologie et d' (...)
      • Posté à 08h23 le 25/08/2009
      • Internaute 58147
        Amateur de paléontologie et d' (...)

      Je peux uniquement parler de mon témoignage. La majorité des « cerveaux » que j’ai rencontré n’ont aucune envie de rentrer en France. D’une part, quand on commence à faire sa vie quelque part, on a moins envie de bouger. D’autre part, ils en ont un peu marre des Français. Du coup, la communauté française se fréquente assez peu entre elle et fait peu corps par rapport à d’autres communautés.

      Pour ma part, je trouve qu’en Amérique du Nord, les cerveaux sont plutôt mieux payés et mieux considérés. Par exemple, quand on postulent à un job, on ne commence pas par regarder si on est de la bonne grande école. Enfin, personnellement j’ apprécie le fait que si j’ose avoir une idée ou tenter un truc, il y aura toujours quelqu’un pour m’encourager. En tout cas, si j’écris un article dans Rue89 sur un sujet X, il n’y aura personne pour me reprocher de ne pas avoir parler de Y. Un article ne peut pas parler de tout...

    • Yannick Bourquin
      Yannick Bourquin répond à TFE
      Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
      • Posté à 11h10 le 25/08/2009
      • Internaute 83093
        Que disent les économistes ?

      Eh oui, ce serait génial de pouvoir tout étudier à la fois. Mais faire une recherche sur ce sujet exige déjà un travail considérable (cf. article original), il faut donc bien limiter le champs d’étude. Surtout que la fuite des cerveaux depuis les pays en développement et celle depuis les pays développés sont deux sujets bien différents.

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    Corsaire du Peuple et de la Raison
    il parait qu'il faut penser (...)
    • Posté à 09h35 le 25/08/2009
    • Internaute 46482
      il parait qu'il faut penser (...)

    Admettons qu’il n’y ait aucune possibilité pour les cerveaux d’immigrer, vous voudriez me faire croire que les universités seraient vides ? ? ?

    • Yannick Bourquin
      Yannick Bourquin répond à Corsaire du Peuple et de la Raison
      Auteur(e) de l'article Que disent les économistes ?
      • Posté à 11h13 le 25/08/2009
      • Internaute 83093
        Que disent les économistes ?

      Bonjour.

      J’imagine que vous vouliez dire « émigrer ».

      Non, les universités ne seraient pas vides, pour la bonne et simple raison qu’il existe un bénéfice à s’éduquer même en restant dans le pays d’origine (ceux qui ont un diplôme gagnent en moyenne plus que ceux qui n’en ont pas et subissent des périodes de chômage en moyenne moins longues).

      Néanmoins, la possibilité d’émigrer ouvrent de nouvelles perspectives et accroit le bénéfice associé au diplôme, car en plus de gagner de meilleurs salaires dans leur pays d’origine, les travailleurs diplômés peuvent en plus potentiellement émigrer et toucher un salaire encore plus élevé. L’accroissement du bénéfice espéré de l’éducation augmente alors le nombre d’individus souhaitant faire des études.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 14h08 le 25/08/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    j’m’enfuis aussi ! ! ! !