Afrique 23/08/2009 à 17h09

Aide à l'Afrique : « moins de Bono, plus de Moyo » ?

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Bono dans une école de Butha Buthe au Lesotho en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).


Dambisa Moyo (DR)

« Allo, Monsieur le Président, je vous informe que l’aide internationale à votre pays cessera dans cinq ans. » Ce coup de téléphone imaginaire, c’est celui que recommande aux gouvernements et aux organismes pourvoyeurs d’aide à l’Afrique, l’économiste zambienne Dambisa Moyo, nouvelle coqueluche de certains milieux internationaux. Son livre, « L’Aide fatale » (JC Lattès), sort en France, où il ne manquera pas de susciter un débat.

Cette jeune femme parle avec une certaine autorité : diplômée d’Harvard et d’Oxford, elle a travaillé à la Banque mondiale puis à la banque d’affaires Goldman Sachs. Mais surtout, elle incarne pour la première fois une voix africaine dans un débat largement monopolisé, depuis quatre décennies, par les hommes politiques, chercheurs et... pop stars du monde occidental.

Dambisa Moyo, classée par le magazine Time parmi les cent personnes les plus influentes de 2009, a désormais un assez large « fan club » qui va du « neocon » américain Paul Wolfowitz, ancien homme-clé de l’équipe Bush passé à la présidence de la Banque mondiale qu’il a dû quitter sur un scandale, à l’historien britannique Niall Ferguson, qui signe la préface enthousiaste du livre et termine par cette phrase :

« Que l’on nous donne plus de Moyo, et moins de Bono [le chanteur irlandais du groupe U2 qui fait campagne en faveur de l’aide à l’Afrique]. »

Le livre de Dambisa Moyo se compose de deux parties : la première est un exposé implacable de ce qu’elle considère comme l’échec absolu de la stratégie d’aide à l’Afrique suivie depuis les indépendances des anciennes colonies du continent ; la deuxième, plus controversée, suggère des pistes alternatives qui font la part belle aux forces du marché.

L’échec de l’aide

Le réquisitoire de Moyo contre l’aide internationale est implacable, et, sur la base de ses chiffres, assez convaincant. Selon elle, les quelque 300 milliards de dollars déversés sur l’Afrique sub-saharienne depuis les années 70, soit environ 15% du PNB du continent, c’est-à-dire en proportion quatre fois plus que le plan Marshall qui a permis le redécollage des économies européennes après la deuxième guerre mondiale, n’a fait que générer corruption, pauvreté, inefficcaité, fuite des cerveaux...

« Il est virtuellement impossible en s’appuyant sur l’expérience de l’Afrique de soutenir que l’aide a eu des résultats positifs » (...)

Le résultat de l’aide, c’est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande, et l’Afrique à l’écart du progrès économique. (...) L’aide est le problème. »

En cause, les visions paternalistes dans certains cas, idéologiques dans d’autres (l’aide à Mobutu, l’ancien chef d’Etat du Zaïre, aujourd’hui Congo, l’un des hommes plus corrompus de l’histoire de l’Afrique indépendante, pour contrer l’influence soviétique par exemple), ou simplement l’aveuglement de ce qu’elle appelle l’« industrie de l’aide » qui fait vivre des centaines de milliers de personnes à travers le monde. Et surtout, l’absence de perspective de fin de la manne :

« Les gouvernements africains ont été amenés à considérer l’aide comme une source de revenus permanente et sûre : ils n’ont aucune raison de croire que les flux ne vont pas continuer indéfiniment. »

D’où sa proposition d’annoncer solenellement la « réduction graduelle (mais intransigeante) de l’aide systématique » sur une période de cinq ou dix ans, le fameux coup de téléphone aux chefs d’Etat africains pour leur conseiller de s’y préparer...

Quelle alternative à l’aide ?

Dambisa Moyo est assurément moins convaincante dans sa « feuille de route » alternative. Ainsi, sa première proposition intitulée « la solution : le capital », intervient en pleine crise financière, un « timing » malencontreux qui affaiblit son plaidoyer en faveur des émissions d’obligations ou de l’appel aux forces du marché, à l’investissement international classique.

De même, elle émet des positions politiques très peu orthodoxes :

« Dans un monde idéal, ce dont ont besoin les pays pauvres, les pays situés tout au bas de l’échelle, ce n’est pas d’une démocratie avec ses partis multiples, c’est d’un dictateur bienveillant décidé à imposer les réformes nécessaires pour donner une impulsion à l’économie. »

Même si elle ajoute, lucide :

« Trop souvent malheureusement ces pays se retrouvent finalement avec un accroissement de dictature, et une portion congrue de bienveillance... »

Dans la même veine, elle titre un de ses chapitres « les Chinois sont nos amis », rendant hommage au rôle de Pékin sur le continent depuis le début de la décennie, qui finance de nombreux projets d’infrastructure dont l’Afrique avait un urgent besoin mais aussi investit dans les économies africaines, et prédisant que la Chine sera effectivement « la puissance étrangère dominante sur le continent au XXIe siècle » :

« Au cours des derniers soixante ans aucun pays n’a eu, sur la structure politique, économique et sociale de l’Afrique, un impact comparable à celui de la Chine depuis le début du second millénaire » (sic : nous sommes dans le troisième, erreur de traduction ?)

Les critiques des ONG

Les thèses de Dambisa Moyo, on s’en doute, ne sont pas du goût des défenseurs de l’aide à l’Afrique, qui font pression, au contraire, pour que celle-ci soit revue à la hausse. Ils redoutent que son discours ne serve de prétexte aux Etats du G8 qui ne parviennent pas assurer leurs engagements pris dans le cadre du plan de développement du millénaire, et en particulier celui de porter l’aide publique au développement à 0,7% du PIB. On est encore loin du compte.

Sur le site d’Oxfam, l’une des grandes ONG internationales engagées dans l’action de développement, le débat est ouvert. Une militante d’Oxfam originaire du Malawi, Chikondi Mpokosa, exprime sa « déception » à la lecture du livre de l’économiste zambienne :

« Cela me rend triste de lire ce livre et de voir qu’il ajoute aux préjugés en vigueur dans les pays riches. Le livre est faux sur deux points : il est faux de dire que l’aide ne marche pas et il est faux de dire qu’il existe des alternatives viables, surtout en temps de crise économique ».

Ducan Green, chercheur à Oxfam Grande-Bretagne, redoute les effets négatifs de ce livre, tout en reconnaissant que sa propre prise de position en tant que Blanc, membre de cette « industrie de l’aide » dénoncée par Moyo, fragilise sa prise de position. Il reconnait que le livre a touché une corde sensible et a recueilli pas mal de soutiens, notamment ceux de chefs d’Etat africains comme Paul Kagame du Rwanda :

« Le danger est qu’il offre une couverture utile pour les gouvernements des pays riches, à court d’argent en ce moment, pour revenir sur leurs engagements d’aide en disant : “vous voyez, les Africains disent que l’aide ne marche pas, diminuons les budgets”...

Et pour ceux qui ne sont pas d’accord avec sa thèse (et qui, à mon sens, ont pas mal d’élements de leur côté), il leur sera impossible de s’exprimer sans avoir l’air sur la défensive, ou pire d’être intéressés personnellement au débat (y compris cette note de blog).

Comment faire pour que le débat se déroule sur un terrain sensé : les vraies questions étant quels types d’aide marchent et lesquels ne marchent pas ? et comment les réformer ? Le risque est que le travail de Moyo court-circuite ce débat-là. »

Le livre sort ces jours-ci en France, et il ne manquera pas de susciter un débat du même ordre dans l’un des pays les plus concernés par le bilan de quatre décennies d’aide au développement de l’Afrique avec un bilan moins que glorieux. En France aussi, Dambisa Moyo appuie là où ça fait mal.

L’Aide fatale - les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique - Dambisa Moyo - JC Lattès - 250 p., 20€.

Photo : Bono dans une école de Butha Buthe au Lesotho en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).

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  • Duc du Granlac
    Duc du Granlac
    Républicain
    • Posté à 17h25 le 23/08/2009
    • Internaute 86373
      Républicain

    Effectivement c’est un fait que les pays les plus aidés sont aussi ceux qui ont le moins décollé économiquement.

    C’est très bien de se pencher sur les résultats et pas uniquement sur les moyens.

    La Chine n’est pas un modèle de démocratie mais elle a réussit un développement économique exemplaire malgré l’absence d’aide importante.

    Il serait temps que l’Afrique arrête de jouer les éternelles victimes et regarde enfin ce qui ne fonctionnent pas ,corruption, éléphant blanc ,manque de patriotisme ,prédation des ressources ,népotisme, tribalisme.

    La Chine, l’Inde, la Corée y arrivent pourquoi pas l’Afrique ,mais bon pleurnicher et quémander ne fait pas augmenter le PIB.

    • a déménagé le 10 décembre
      • Posté à 17h53 le 23/08/2009
      • Internaute 42623
         ? ? ?

      Outre la corruption, le népotisme qui réduisent sensiblement le volume d’aide effectivement utile sur le terrain, il ne faut pas oublier de quoi se compose l’aide : toutes ces études qui engraissent des centaines de bureaux d’études alors qu’il n’y a en face que peu de réalisation, toutes ces études font partie de l’enveloppe de l’aide et les peuples africains n’en profitent que très peu....

      • Fraise des Bois-
        • Posté à 13h54 le 25/08/2009
        • Internaute 42390
          Buveur

        Les bureaux d’etude ont bon dos... et tous les Africains corrompus qui s’en mettent plein les poches, vous croyez que ca fait plus ou moins de pepettes ?
        En additionant toutes les Rolls de Mugabe et de ses copains, tous les comptes en banque des presidents et autres dirigeants, tous leurs extras... on en arrive a combien ?
        Je trouve qu’avec toutes les annualtions de dettes qu’on fait regulierement a l’Afrique, on leur fait suffisamment de cadeaux comme ca. Ca n’a que pour effet de conforter les pourris dans leurs pratiques de corruption sans profiter a monsieur tout le monde.
        Qui propose une alternative intelligente ? (je me mets hors jeu parce que si je dis qu’on devrait les laisser dans leurs jus sans intervenir et en les laissant faire on va encore me trouver trop con).

         
        • a déménagé le 10 décembre
          • Posté à 18h48 le 25/08/2009
          • Internaute 42623
             ? ? ?

          relisez moi attentivement ! j’ai écrit : « outre la corruption et le népotisme... » que je ne sous estime pas...
          Mais si on arrête l’aide à l’Afrique, les populations verront certesune différence, mais ceux qui ont le plus à perdre (avec les dirigeants Africains) ce sont les bureaux d’études ... (Kouchner ne vendrait plus ses consultations notamment !)

          • Fraise des Bois-
            • Posté à 14h38 le 27/08/2009
            • Internaute 42390
              Buveur

            Etes-vous sur que les bureaux d’etudes consomment tant que ca ?
            L’Aide a l’Afrique s’eleve a combien ? Le cout des bureux d’etudes ?
            Ca fait combien ?
            Moi ce qui me tue toujours, c’est de voir que toute l’aide qu’on donne, elle part en armes, en trucs inutiles, aide jetee par les fenetres, et que l’Afrique, pays si riche, est toujours dans la pauvrete, alors que ca devrait etre un pays florissant. Le probleme n’est pas financier.

        2 autres commentaires
    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 22h05 le 23/08/2009
      • Internaute 82025
        non connue

      « Effectivement c’est un fait que les pays les plus aidés sont aussi ceux qui ont le moins décollé économiquement. »

      Effectivement c’est un fait que les malades en réanimation sont aussi ceux qui meurent le plus.

      • PIT LE CHIEN
        • Posté à 00h13 le 24/08/2009
        • Internaute 25924
          Wouaooouh!

        ALLEZ VOIR CE FILM ! ! Attention, si vous n’y allez pas , il s’arrêtera mardi 25 Août au soir.

        « EN TERRE ETRANGERE » doc (1h20) de Christian Zerbib.
        Une projection organisée aujourd« hu au cnéma de Cinéastes (17e)i avec une salle de SP et de bénévoles, a vu des personnes qui ne s’étaient jamais effondrés en 10 ans d’abominations en France, ...pleurer... !

        Toute l’histoire et le suivi de ceux de Cachan, les soutiens, les bénévoles, la régularisation de tous, sauf 1, leur retour au Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, pour enfin revoir la famille, ceux qui n’ont pas pu venir, etc…
        et la conclusion :
        -Mettre fin à la corruption en France et en Afrique,
        -l’Afrique dispose des richesses du monde et de son avenir, elle doit se prendre en mains,
        -le savoir, la culture, l’éducation, (grâce à la manne des travailleurs expatriés,servira aux générations nouvelles à rester dans leurs pays respectifs et à éradiquer les coutumes mafieuses
        franco & africaines actuelles).``

        Tiens ! Combien d’entre vous boivent un café le matin ? `
        Et combien de cafés par jour ?
        Allez voir le film et réfléchissez...
        (idem pour le chocolat, les bananes,....
        l’or et le diamant pour les bling..)
        Film remarquable.
        Citation : “ Qu’est ce que 300.000 personnes ?
        C’est 3 fois le stade de France. Est-ce que la régularisation de 300.000 travailleurs sans-papiers mettrait l’équilibre de la France en danger ?” Josiane Balasko.

        Salles Paris : Espace St-Michel et Cinéma des Cinéastes.
        Du 19 Août au 1er Septembre.

         
        • brazz
          brazz répond à PIT LE CHIEN
          • Posté à 01h59 le 24/08/2009
          • Internaute 40271

          Hum, ça me fait penser tout à fait aux discussions et aux actions qu’on avait dans les années 70 ! C’est typique de la pensée qui tourne en rond, même si ça rapporte à certains, en terme de fric ou d’image !
          Même si on n’est pas tout à fait d’accord avec les solutions proposées, c’est néanmoins vrai que le système d’aide économique a foiré, tout comme le système humanitaire d’ailleurs, et finalement même l’ONU qui ne fait pas mieux que la SDN.
          C’est plutôt là dessus qu’il faudrait réfléchir.
          Mais -en dehors des rêves et des utopies (qui ont la fâcheuse manie de toujours déboucher sur le chaos, la dictature et le sang)- y a t il une solution ?

        1 autres commentaires
    • karlM
      karlM répond à Duc du Granlac
      Précaire
      • Posté à 22h26 le 23/08/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      la chine n’arrive a rien, c’est un pays infame (surtout en haut)

    • Zeki
      Zeki répond à Duc du Granlac
      Curieux de tout
      • Posté à 10h44 le 24/08/2009
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      « ...pleurnicher et quémander ne fait pas augmenter le PIB. »
      Du grand voire du très grand.

      Lisez juste un livre qui raconte les coulisses de la politiques française en afrique svp.

      Une analyse qui ne tient pas compte du complexe de fachoda (la lute française contre l’influence anglo-saxonne) et l’anticommunisme reviendrait à considérer les afghans actuels comme responsables de l’état de leur pays.

      En 2 mots c’est une crasse ignorance doublée d’un début de complexe de supériorité. Les groupes extrémistes auraient été armés et soutenus en Europe comme ils l’ont été et le sont en Afrique, le sang européen coulerait aussi (cf stratégie de la tension en général et en Italie en particulier).

      Ensuite concernant l’économie, nos amis dictateurs riches à milliards (ceux que nous soutenions, du moins à un moment) siphonnent les rentrées à détenir plus que le PIB ou la dette de leur pays. Ex de nos amis...
      Nguenso Sassou
      Hassan II (ou son fiston)
      Bokassa
      Ahidjo
      Bongo
      Tombalbaye François
      Mobutu
      Depuis la décolonisation nous y sommes intervenu politiquement, militairement (officiel et officieusement), économiquement (ruine de la guinée avec de la fausse monnaie par ex).
      Maintenant cherchez quelles sont les opérations de déstabilisations menées en Chine par des puissances étrangères et leurs résultats. Quel leader, menaçant nos intérets (donc généralement volontaire pour augmenter le tarif des concessions et de l’exploitation des ressources naturelles) y a été assassiné ?

    • didier1
      didier1 répond à Duc du Granlac
      retraité
      • Posté à 17h13 le 24/08/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Salut Luis miguel

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Duc du Granlac
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 10h36 le 25/08/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Duc de Graniac : La seule solution pour l’Afrique est une mise en tutelle de fait. Ce n’est pas encore politiquement correct de le dire. mais on y viendra.

      Lien

      Pierre JC Allard

      • Fraise des Bois-
        Fraise des Bois- répond à pierrejcallard
        Buveur
        • Posté à 13h57 le 25/08/2009
        • Internaute 42390
          Buveur

        Pourquoi toujours vouloir s’occuper de l’Afrique ? Des que nous nous en occupons, on nous accuse d’etre des colonisateurs. Des qu’on leur achete un truc : on nous traite de voleurs.

        Pourquoi justement ne rien faire : mettre les compteurs a zero une bonne fois pour toutes, et les laisser se developper.

        Je comprends bien sur que beaucoup de puissances (notamment la France) ont des interets a perdre et ne veulent surtout pas laisser aller... Mais ne serait-ce pas la solution ?

        Et vogue la galere !

  • Sous-Militant
    Sous-Militant
    Activiste Inactif
    • Posté à 17h43 le 23/08/2009
    • Internaute 41972
      Activiste Inactif

    Allez, plus de dictatures en Afrique, et si possible aux dirigeants aillant fait leurs etudes en occident et bien d’accord avec l’ideologie liberaliste.
    Ce dont l’Afrique a surtout besoin, c’est d’elle meme, et pas des lecons d’une occident qui n’a aucune autorite. Elle a deja assez fait de conneries avec la colonisation, et sa suite.

  • a déménagé le 10 décembre
    • Posté à 17h47 le 23/08/2009
    • Internaute 42623
       ? ? ?

    « D’où sa proposition ...d’annoncer solenellement la “ réduction graduelle de l’aide systématique sur une période de cinq ou dix ans, le fameux coup de téléphone aux chefs d’Etat africains pour leur conseiller de s’y préparer…”

    depuis quand les hommes politiques ont une vision à 5 ou 10 ans ? En France , la vision à long terme d’un homme politique c’est jusqu’à la prochaine élection, et vu qu’on en a tous les ans ...

  • Hétérodoxe
    • Posté à 17h50 le 23/08/2009
    • Internaute 28758

    L’Aide est, en effet, une hérésie ... le fait que les USA aient déversé des montagnes de dollars sur l’Allemagne et le Japon, entre autres, explique la bérézina de ces deux économies.

    Quoi ? ! Alors que ces deux pays étaient ruinés et dévastés à la sortie de la seconde guerre mondiale, ils seraient devenus les pays parmi les plus riches de la planète ? !

    Ca doit être parce que je n’ai pas travaillé à la Banque Mondiale ou chez Goldman Sachs que je ne comprends guère ces choses là ...

    Les mines de diamants de Berlin et celles d’uranium de Kyoto doivent avoir pesé de tout leur poids dans cet état de fait ! ! Ca doit être ça ....

    • jyeden
      jyeden répond à Hétérodoxe
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 18h19 le 23/08/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      c’’est que le plan marshall c’etait des vrais sous

      l’aide à l’afrique se fait sous forme d’investissement qui profite à l’economie du pays donnateur
      on donne une partie et on facture le reste

      • a déménagé le 10 décembre
        a déménagé le 10 décembre répond à jyeden
         ? ? ?
        • Posté à 19h54 le 23/08/2009
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        petite nuance : on donne beaucoup mais on récupère 90 %
        sous forme d’études pour des bureaux d’études ou de matériel fourni par nos usines...
        (mais les américains avaient aussi fourni des tracteurs US...)

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à a déménagé le 10 décembre
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 10h44 le 25/08/2009
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          @ Kazhkoad : En effet ; j’ai passé une grande partie de ma carrière dans cette mouvance. Le plus grave, cependant. à été la politique des « dons » qui ont permis de mettre hors-jeu toutes les entreprises agricoles locales et de s’assurer que le secteur secondaire ne se développerait qu’en maquiladora. Une ignominie. Irrécupérable. À moins que... (voir on poste précédent)

          Lien

          Pierre JC Allard

        1 autres commentaires
    • Cyril_B
      Cyril_B répond à Hétérodoxe
      Dans la vie factive
      • Posté à 18h42 le 23/08/2009
      • Internaute 68549
        Dans la vie factive

      Japon et Allemagne ont su profité d’économie sans armées et sans décolonisation, ces deux points uniquement expliquent leur rapide reprise et décollage en économie dominante.

      • Hétérodoxe
        Hétérodoxe répond à Cyril_B
        • Posté à 19h35 le 23/08/2009
        • Internaute 28758

        Il est tout à fait notoire, en effet, que la France et la Grande-Bretagne sont des économies dévastées. Que fait le FMI ?

        Quant à l’Allemagne et le Japon, le fait que ces pays soit situés exactement de part et d’autre du bloc communiste fut le fruit d’un hasard incalculable ...

  • Mehrine
    Mehrine
    Tourneur de pouces
    • Posté à 17h53 le 23/08/2009
    • Internaute 73840
      Tourneur de pouces

    « Dans un monde idéal, ce dont ont besoin les pays pauvres, les pays situés tout au bas de l’échelle, ce n’est pas d’une démocratie avec ses partis multiples, c’est d’un dictateur bienveillant décidé à imposer les réformes nécessaires pour donner une impulsion à l’économie. »

    Je ne crois pas que ce soit une « position politique très peu orthodoxe », au contraire.
    C’est Le Prince de Machiavel, dans un monde utopique (et Moyo le place elle-même dans ce contexte).

  • N.MARECHAL
    • Posté à 18h06 le 23/08/2009
    • Internaute 9175

    On peut toujours mieux faire, et ce, quelque soit le domaine.

    En revanche au bout de l’aide Africaine, il y a bien la survie de femmes et d’enfants pour lutter contre la mort (comment oublier ça ?).

    Parler de formule « libérale » pour l’Afrique avec des investisseurs, c’est bien gentil mais cela ne fonctionne déjà pas dans les pays « riches ». Et à ma connaissance personne n’empêche les investisseurs de s’installer en Afrique, voire Total et toutes ces boites qui procèdent à un pillage méticuleux des richesses.

    Concernant les éléments sur le principe de dictature bienveillante. Je comprends le principe et je respecte l’origine de l’organisation des communautés. Mais ici c’est juste un bon moyen de dire : « Débrouillez-vous avec votre misère ».

    Donc en clair on arrête de financer l’aide Africaine … et en même temps on les encourage a instaurer un autre mode politique du style dictature bienveillante.

    Bonjour tristesse ! ! !

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 18h20 le 23/08/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    l’afrique a peut etre besoin de paix

    peut etre n’a t elle pas besoin d’armes ni d’armées

    ça fait tout de meme de gros postes de dépenses

  • ioda
    ioda
    (analyste)
    • Posté à 18h39 le 23/08/2009
    • Internaute 79819
      (analyste)

    « L’aide à l’Afrique » fait souvent surgir des images d’Epinal chez les « gens qui donnent ». A l’inverse, on est souvent surpris du pessimisme des gens qui se sont confrontés à la réalité sur le terrain.
    Je pense que le coup de fil aux présidents serait vraiment salutaire. Fin de partie, fin de récréation, au travail !
    En dehors des travers style aide aux formations universitaires en France à des gens qui n’ont qu’une idée, rester en France, force est de constater sur le terrain que l’aide sert essentiellement au développement du compte en banque des fonctionnaires (pas uniquement des dirigeants). La population en est consciente.
    Les chiffres et sommes ne servent à rien à qui, pour quoi faire ?
    Eduquer ? Oui, mais sait-on que beaucoup de systèmes éducatifs en Afrique sont totalement corrompus, école publique pas vraiement gratuite, examens/diplômes achetés depuis l’entrée en 6è, thèses accordées contre espèces sonnantes et trébuchantes, passages en année supérieure contre l’achat d’un polycopié au prof. Qualité d’ensiegnement très médiocre.
    Arrêtons avec ce quantitatif, et intéressons-nous au qualitatif. au premier chef, lutte conte la corruption et moralisation de la vie économique et politique. 1 euro dépensé là équivaut à 10 ou 10 euros dépensés ailleurs. c’est la SEULE voie de sortie.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à ioda
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 19h33 le 23/08/2009
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Y’a vraiment que des abrutis de première (y’a pas d’autre mot) pour aller s’écrier « Au boulot ! » à des africains quand on sait que des gosses quitte l’école dès le plus jeune âge pour aller travailler, que leurs parents se lèvent à l’aube pour partir aux champs (surement bien avant vous), et que jusqu’à plus d’âge des vieilles femmes avachis transportent des masses de branches sur leurs épaules, pendant que d’autre croupissent de leur retraite en votant TF1 et votant Sarkozy en gueulant « au boulot la négraille ».
      Les époques changent, certains réflexes pas beaucoup.

      • a déménagé le 10 décembre
        • Posté à 19h59 le 23/08/2009
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        « que des gosses quitte l’école dès le plus jeune âge pour aller travailler, que leurs parents se lèvent à l’aube pour partir aux champs (surement bien avant vous), et que jusqu’à plus d’âge des vieilles femmes “

        Je n’ai pas visité tous les pays d’Afrique, mais il y en a où ce que vous citez n’est valable que pour les femmes, les hommes se levant tôt il est vrai, pour aller boire le vin de palme et rester dans leur fauteuil de jardin toute la journée...

  • 3880
    3880
    ancien étudiant, nouvel employé (...)
    • Posté à 18h50 le 23/08/2009
    • Internaute 3880
      ancien étudiant, nouvel employé (...)

    Avant de commencer, je précise qu’ici je ne parle pas de l’humanitaire lié à un contexte d’urgence qui est une tout autre problématique. Mais je parle de l’éducation aux développements ou de l’aide aux développements réalisés par des ONGs riches avec beaucoup d’expérience, comme des petites associations aux revenus plus modestes mais aux ambitions tout aussi respectables !

    Je restais optimiste sur l’humanitaire, jusqu’à hier où je me suis posé les questions suivantes :
    Peut-on continuer à faire de l’aide aux développements sur les mêmes basses que nos parents ? Peut-on rêver de changer notre système et imposer ce même système par facilité dans les pays en vois de développements ?
    Comment faire « le grand écart » entre un système que l’on souhaite réformé en Europe et ce même système que l’on souhaite imposer dans les autres pays du monde ?
    Et si vouloir imposer notre système basé seulement sur l’augmentation des profits à tout les pays du monde, reviennent à rêver d’un système où les richesses de la terre serait infinie…
    Continuer d’envoyer des européens, via des ONG dans des pays pour faire de l’aide aux développements me semble une fuite en avant devant la réalité des pays sur-industrialisé. En effet tout le monde sais que nos pays accroissent leurs richesses à la condition d’avoir des pays exploités, où les conditions sociale et écologique sont loin des normes Européennes….
    Tout le monde sait, pour qu’il y ait des riches de plus en plus riches, il faut des pauvres de plus en plus pauvres. ET SURTOUT que ces pauvres pensent être un peux plus riche.
    En effet, plus les pauvres se sent riche plus ils rêvent d’être riche, plus ils consomment pour être riche, plus ils endettent pour faire comme les riches ! ! ! Et plus les riches s’en mettent plein les poches, plus les riches deviennent riches !

    Pour faire se constat prenez un pays au hasard, regarder l’impact des produits Européens et Américains… (Coca-Cola, Orange, Marlboro…) Et posez-vous la question :
    Mais avant comment faisait-il pour vivre, pour être heureux, pour faire des enfants, pour faire à manger, pour connaître l’Amitié ? D’ailleurs ils ne peuvent pas avoir Facebook, ben oui en brousse comment font-il pour avoir des amis, pour ce connecter à Facebook ?
    Merde seule 23% de la population africaine à accès au réseau électrique, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Et dans les zones urbaines seules 8% d’habitant sont reliés aux réseaux électriques. Mais c’est impossible ! ! ! ! ! ! ! Comment font-ils ?
    Mais sont-ils vraiment moins heureux que nous Européen ?

    Et là bas comme en Europe, n’y a t-il pas de jeunesse Utopiste ? Vive t-il tous dans le rêve d’une surproduction ? Sont-il prêt à faire se que nous Européen ont fait pour ce développer ? C’est-à-dire prendre une population minoritaire, soumise, pour la transformé en esclave ?
    Ou pire, n’êtes vous pas déjà des esclaves de notre société de consommation ? Ou plus poliment de vos gouvernements, qui se remplissent les poches de pétrodollars ou des fonds de la commission européen sur votre dos !
    Quand vous rêvez « Europe », la réalité est que vous êtes la roue de secours de notre économie, de notre système. Le jour où il n’y aura plus de débouché en Europe, en Asie, lors on délocalisera en Afrique pour y faire revenir un peux de liquidité afin de relancer notre économie.

    Que dire du nouvel engouement de notre population sur l’aide aux développements ? Et si nos effort, notre courage déployé dans ces pays n’était pas tout simplement une fuite en avant de notre société. Une incapacité de la critiquer, voir une incapacité à écouter une critique de notre société. Tout simplement un besoin de la reproduire pour ce convaincre qu’elle fonctionne bien !
    Comment trouver son bonheur dans des pays où la bourse est absente ? Ben oui, chaque matin sur France Inter, je sais si mon Papa, mon patron, ma copine vont être heureux ; ou pas ! Merci la bource ! ! !
    Comment accepter une société sans tous ces baromètres, sans tous ces chiffres ? Et d’ailleurs tous ces chiffres font-il le bonheur ? Notre société est-elle plus optimiste ? Est-elle plus amoureuse ? Est-elle plus heureuse ?
    Bizarre la réponse est plus dure à trouver que les chiffres du PIB ! ! ! Comment être sûr que les bases de notre société ont été fondé sur du granite pour notre peuple et pas sur des sables mouvant pour une minorité bourgeoise. Sans cette certitude, comment exporter notre système dans des pays déjà instable économiquement ou politiquement ?

    Pour revenir sur le terrain de l’Humanitaire, comment faire prendre conscience qu’avec toute la bonne volonté que l’on peut avoir, toute la générosité accumulé pendant nos 20 première année (voir plus pour certain ; -] ), qu’une action aussi banale que d’envoyer des livres en Afrique ou d’amener un groupe électrogène dans nos bagages peux être une forme de dépendance occidentale, voir de colonialisme moderne. (Même si l’on se déculpabilise en se disant que c’est pour un pauvre petit petit dispensaire au fin fond de la brousse…)
    Je m’explique, avant votre arrivé en brousse, est ce que la vie était anéantie ? Tout simplement avez-vous imaginez qu’il y ait une vie avant votre arrivé ? Et pourtant OUI !
    Maintenant vous êtes venue, vous avez vaincue la misère glorieusement et vous êtes reparti la conscience tranquille…
    Mais que c’est-il passé entre temps ? Vous avez amené un groupe électrogène, il est maintenant inscrit dans les mœurs. Il fait maintenant parti des frais de fonctionnement, au même titre que l’eau potable, les médicaments, la nourriture, les salaires du personnels… Malheureusement les frais de fonctionnement augmentent toujours, la nourriture est quasiment toujours importée d’Europe, et que les seuls indices qui peuvent varier c’est le salaire des employés ou le prix des hospitalisations.
    Malheureusement le prix du pétrole augmente continuellement, malheureusement le groupe électrogène demande de la maintenance, malheureusement il va falloir le changer, malheureusement les infirmières ne supporte pas l’idée de revenir au temps de la bougie… Malheureusement beaucoup de conflits naissent autour de cette nouvelle technologie. Tout le monde est devenue indépendant, ce n’est plus possible, il faut s’endetter pour racheter un groupe électrogène !

    Tient tien et si on mettait le problème dans l’autre sens… si ça serai à nous de réapprendre à ne plus être dépendant de cette technologie ! ! ! Et si ça serait à notre société à réapprendre à moins consommer ! ! ! Une question conne serait-on faire un accouchement de nuit sans électricité ? Est-ce encore appris aux étudiants infirmier ?

    En guise de conclusion, il me reste une question :
    Comment faire la part des choses entre sous développement, absence de technologie et bien être des populations…
    Y-a-t-il une différence entre du bonheur et du bonheur artificiel ?

  • tvargentine-
    • Posté à 18h57 le 23/08/2009
    • Internaute 17486

    Une très bonne nouvelle qu’il existe en Afrique des personnes qui pensent que l’aide n’a fait qu’encourager les détournements d’argents et le manque de confiance dans des régimes qui ne veullent pas réformer leur pays.

    Le danger s’appelle LA CHINE et les chinois qui commencent à coloniser petit à petit des pays entiers d’Afrique et eux,n’ont pas
    besoin d’aides internationnal car iLS TRAVAILLENT pour développer des activités commerciales et cela marche et le risque de voir se créer des sociétés d’un type nouveau générant de la haine de l’étranger est grande

    Lien

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 19h16 le 23/08/2009
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Primo, il est parfaitement faux de faire croire que l’ensemble des ONG a un discours qui repose sur « l’aide » : et le Lien et Lien, c’est quoi alors ?

    Mme Moyo a beau être une africaine, comme de nombreux auteurs africains elle a compris que pour vendre il était de bien meilleur ton d’écrire ce qui ferait plaisir à bon nombre de lecteurs européano-américain que de vraiment se pencher sur ce qui permettrait de sortir de nombreux africains de la misère.
    Sujet qui, lorsqu’on s’y penche sérieusement, comme les deux associations sus-citées, donne une musique un peu moins agréable à entendre pour ces mêmes chastes oreilles et fait très peu vendre.

    Aussi dans cet article et ses idées n’entend t’on nul part évoquer le mécanisme de la dette et encore moins les responsabilités francafricaines dans le soutien de ces dictatures et n’y a t-il pas trop à être surpris que parmis ses plus grand alliés on trouve un journal aussi réactionnaire que le Times ou des néoconservateurs comme Wolfowitz.

    Car dans le fond, aussi juste que soit le fait de s’intéresser l’inefficacité de l’aide, on évoque certainement jamais le fait que :

    • cette aide ne soit au fond qu’une gigantesque arnaque dans son principe même
      Lien
    • c’est aujourd’hui le Sud qui aide le Nord et non l’inverse
      Lien
    • Mancontreux « oubli » sur la dette qui lui permet d’écrire d’évoquer une « aide » « en proportion quatre fois plus que le plan Marshall », en oubliant singulièrement de rappeler que le rembousement de la dette entre 1986 et 2007 représente un total de 7.5 plans Marshall injectés du Sud vers le Nord

    • l’impunité de la finance et des fonds vautours qui font AUJOURD’HUI des bénéfices sur les pays les plus pauvres
      Lien
    • et peut-être en tout premier lieu : l’absence de poids dans les institutions finacières internationales du FMI à la banque mondiale, régit au nom de lois parfaitement non-démocratiques, de l’ensemble des pays africains et l’ensemble des politiques économiques d’inspiration néolibérales qui leur ont été imposées. La présidence de ces institutions s’échangeant depuis leur naissance entre les US et l’Europe de l’Ouest.

    Evidemment de tous ca il a largement déjà été question, notamment dans ce bouquin Lien ou encore dans le film « La fin de la puavreté », présenté à Cannes il y a deux ans, et… jamais sorti en salle.

    Alors gloire à Mme Moyo, qui préconise l’arrêt de l’aide en continuant de demander le remboursement d’une dette odieuse et le maintien des fonds vautours.
    On se demande qui elle veut vraiment aider, elle.

    • Bicket du Val-
      Bicket du Val- répond à Weatherboy
      étudiant
      • Posté à 19h50 le 23/08/2009
      • Internaute 86238
        étudiant

      Alors ça, c’est dingue.

      Pour une fois que nous avons un Africain ou une Africaine qui parle vraie, voilà que le bobo de service parisien se rebelle.

      Elle aurait été blanche, qu’ est-ce que vous auriez dit ? ..

      Espèce de raciste bourgeois socialiste...

      Dangereux.. cette secte...

      Je te soutiens, ma petite soeur d’ Afrique.

      • Weatherboy
        Weatherboy répond à Bicket du Val-
        v2=notes articles en moins...
        • Posté à 20h54 le 23/08/2009
        • Internaute 38063
          v2=notes articles en moins...

        Bien évidemment je ne doute pas un seul instant que le discours de Mme Moyo vous parle (il est fait pour les gens comme vous), ni même que vous pensiez qu’elle « parle vrai » (ce qui in fine ne revient à rien d’autre que taire les mécanismes de la dette, de la finance et les responsabilités des IFIs dans la complicité avec les dictatures en place).

        Je ne vais pas non plus vous décevoir d’avoir (peut-être enfin) une « amie africaine », collaboratrice de Goldman Sachs et amie de Wolfowitz, je me bornerai juste à rappeler que d’Aminata Traoré à Joseph Ki-Zerbo qui écrivait :

        « Ce qu’on appelle le développement, c’est l’auto-développement des pays du Nord en conformité avec les réalités , les intérêts, et les valeurs de ces pays. »,

        l’idéologie du développement, appelée développementalisme, n’a certainement pas attendu Mme Moyo pour être remise en cause (et pour ceux d’ici : Serge Latouche, Gilbert Rist , Sachs, Esteva).
        Il se trouve simplement qu’ici on a un avatar de cette critique, qui prend une forme qui convient à beaucoup de monde, en étant amputé de l’essentiel.
        Et bien soit.

         
        • Bicket du Val-
          Bicket du Val- répond à Weatherboy
          étudiant
          • Posté à 21h20 le 23/08/2009
          • Internaute 86238
            étudiant

          Voilà déjà une réponse un peu plus intelligente que l’ autre zombie de Tiger Bill de mes 2.

          Ainsi donc Mme Moyo parlerait pour des gens comme moi.. Quelle audace de ma part ! ..

          Alors quoi ? .. Vous voulez citer des auteurs de charme que vous nommez dans votre réponse et qui viennent curieusement de prendre le sens du vent et de faire une volte-face idéologique à 180°. ? Du Soral tout craché.. Voir même du M’bala Mbala le mal-nommé Dieudonné ? ..

          Quant à la tirade de vos deux témoins africains :

          « Ce qu’on appelle le développement, c’est l’auto-développement des pays du Nord en conformité avec les réalités , les intérêts, et les valeurs de ces pays. »,

          Vous utilisez des mots qui n’ ont plus aucun sens dans la situation de la politique internationale de 2009. Vous en êtes resté en 1968.. La France a changé mon cher.

          Avec 1 million d’ immigrés dans notre pays en 1970, on pouvait tous avoir la main sur le coeur et donner des leçons de socialisme à ces méchants petit-bourgeois français. Aujourd’ hui avec 10 à 12 millions d’ immigrés à 80% musulsmans, il y a un schisme.. Un gros même.

          Cela veut sire quoi exactement ? . Un avatar de la critique ? ..

          • Weatherboy
            Weatherboy répond à Bicket du Val-
            v2=notes articles en moins...
            • Posté à 21h47 le 23/08/2009
            • Internaute 38063
              v2=notes articles en moins...

            Rien compris à ce que viennent faire « les auteurs de charme », « M’bala M’bala », « Soral », « lesimmigrés », « les musulmans » dans cette galère.

            Finalement Tigerbill avait tout dit...

        • 3880
          3880 répond à Weatherboy
          ancien étudiant, nouvel employé (...)
          • Posté à 21h25 le 23/08/2009
          • Internaute 3880
            ancien étudiant, nouvel employé (...)

          C’est bien beau, je suis réceptif à ce que vous dites. Mais les touts ces masses d’argents qui en profite ? Seulement nos pays ?
          Cette endettement n’est-il pas né suite à de la corruption, à du détournement d’argent, à des conflits d’intérêt ?

          Ne serait-il pas cela supprimer en premier (avant de supprimer la dette ) ?

          • Weatherboy
            Weatherboy répond à 3880
            v2=notes articles en moins...
            • Posté à 22h57 le 23/08/2009
            • Internaute 38063
              v2=notes articles en moins...

            Ah non, pas du tout, l’endettement, même s’il lui est par la suite lié (j’en parle après !), n’est pas né de la corruption, à la base il y a plusieurs facteurs
            - le besoin du Nord de trouver un débouché pour ses marchandises (dans les années 60, à ce niveau là l’endettement reste supportable),
            - la crise de la dette en 79 qui fait exploser taux d’intérêts
            - les interventions du FMI qui n’ont fait qu’accélérer les tendances
            C’est en résumé, pour le détail de l’historique voir ici par exemple
            Lien

            Pour ce qui est de la corruption, et les détournements par les dictatures, si elle n’a pas donné « naissance » à l’endettement, oui, évidemment elle y participe : mais de quelles marchandises s’agit-il ? Dans la quasi-totalité des cas, il s’agit d’argent soit utilisé pour acheter des marchandises du Nord (armes, infrastructures, chantiers), soit d’argent placé dans les Banques du Nord, donc in fine elle profite aux dictateurs et aux créanciers du Nord où l’argent retourne.

            Des mots comme « endettement, corruption et bradage des ressources » sont étroitement liés. Ce que vous ne voyez pas c’est que l’un est lié à l’autre.
            « Une annulation de la dette serait en fait une bonne thérapie préventive pour empêcher une rechute dictatoriale : si les créanciers sont privés de son rembousement suite à l’annulation de cette dette après un audit méticuleux, les prêteurs potentiels éviteront à l’avenir de se risquer à octroyer des prêts à des dictatures. Ce serait là une garantie de prémunir ces pays contre les régimes autoritaires et corrompus. »
            Ce qui veut dire que l’effet n’est pas tant de fournir une « aide » là encore, que de décourager et de frapper les créanciers qui en sont les premiers soutiens.

        4 autres commentaires
      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 22h13 le 23/08/2009
        • Internaute 82025
          non connue

        Mais elle l’est, blanche. : -)

      • Laurent-Weppe
        • Posté à 22h22 le 23/08/2009
        • Internaute 32921

        Un bobo parisien ?

        Je voudrais faire du mauvais esprit, je remarquerais que diplômée de prestigieuses universités, employée à la Banque mondiale et à Goldman Sachs (la compagnie qui offrit plus de deux milliards de bonus à ses cadres juste après avoir été sortie de la faillite par une grosse subvention de l’état fédéral), Dambisa Moyo tient plus de la grande bourgeoise et de la technocrate que de la prolétaire.

        Mais d’un autre côté, juger, positivement ou négativement les dires d’un individu uniquement sur la base de son milieu social est à peu près aussi stupide que de juger un individu à l’aune de ses origines ethniques.

        Je conseillerai néanmoins à tout un chacun de ne pas lancer des accusations de « boboïsme » à tort et à travers pour la seconde suivante chanter les louanges de la première bourge venue qui tient un discours que l’on veut bien entendre.

      • Saheyus
        Saheyus répond à Bicket du Val-
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 22h35 le 23/08/2009
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        « Je te soutiens, ma petite soeur d » Afrique. »

        Ce message n’était pas du tout paternaliste, noooon, monsieur.

        « Pour une fois que nous avons un Africain ou une Africaine qui parle vraie »

        Ce message ne sous-entend nullement que tous les Africains sont des menteurs, noooon, madame.

        « Espèce de raciste bourgeois socialiste… »

        Allez-y, argumentez un peu, développer votre pensée, qu’on puisse se marrer un peu. Tout ce que vous avez dit, ici, c’est que Weatherboy serait raciste parce qu’il a osé contredire une femme Africaine qui *selon vos critères* serait la seule à parler vrai.
        Allez, j’attends quelque chose de plus consistant, moi.

      • Fraise des Bois-
        Fraise des Bois- répond à Bicket du Val-
        Buveur
        • Posté à 13h59 le 25/08/2009
        • Internaute 42390
          Buveur

        Vous la soutenez ? C’est quand la derniere fois ? Quel soutien ? Quel don, quel montant ? Quelle aide ?

        Je vous ecoute.

  • malpoli
    malpoli
    Homme de paille
    • Posté à 20h17 le 23/08/2009
    • Internaute 37834
      Homme de paille

    Est-ce que c’est parceque l’on aide les pays les plus pauvres qu’ils ne s’en sortent pas ou est-ce le contraire ?

    La main invisible a encore frappé et cette fois c’est sur le crane des plus pauvres. Tant que la loi de la jungle ne sera pas ré-instituée sur toute la planète il se trouvera donc toujours des abrutis pour la pousser dans tous les domaines. N’est-ce pourtant pas en son nom que sous l’a houlette du FMI on a forcé des pays à déréguler, à se soumettre à la mono-production et à s’exposer aux aléas du marché international avec des cours des matières premières manipulés par les spéculateurs occidentaux (dont Goldman-Sachs fournit justement de gros bataillons).

    Alors non, ce n’est pas simple d’aider, il ne suffit effectivement pas de faire des chèques sans se soucier de leur utilisation réélle et de feindre d’être surpris ensuite par la corruption.

    Il serait néanmoins égoiste et lâche de prétendre que l’on n’en a pas l’obligation. Voir simplement l’espérance de vie en Afrique Lien . Qui pourra dire que si les gens meurent plus tot c’est à cause d’un excès d’aide ?

  • riverain06
    riverain06
    sujet du roi Ignoramus Ier
    • Posté à 20h21 le 23/08/2009
    • Internaute 31970
      sujet du roi Ignoramus Ier

    Ce livre semble soulever un bon débat pour le biaiser aussitôt. Même les africains ne veulent pas des Bono, ce héros de pacotille qui fraude le fisc de chez lui comme si les irlandais n’avaient pas besoin de redistribution pour se soigner et éduquer leurs enfants !
    Oui l’aide au développement est néfaste, tout au plus c’est un circuit pour faire bosser certains secteurs du pays bailleur et à l’arrivée une partie de l’argent retourne à la source de deux façons :
    - le retour sur investissement rapatrié au bailleur
    - l’argent détourné et placé en Occident par les dirigeants du pays aidé ou emprunteur
    Je suis africain vivant en Europe et une fois j’ai désespéré un volontaire d’une grande ong humanitaire tout imbu de son fardeau de sauveteur des enfants africains en lui disant que lui et les siens devraient arrêter de colmater, que les africains détermineront ce qu’ils sont capables de supporter en termes de dénis et de privations. Ces aides ne font que retarder la chute des bastilles et sauver des dictatures ou des démocraties formelles. Je ne donne jamais d’argent à une ong humanitaire pour l’Afrique. Sur place c’est un business comme un autre qui sert masquer le chômage des cadres et des diplômés et des fois à financer des partis politiques. Pour preuve il n’y a jamais de renouvellement des cadres dirigeants des ong en Afrique, ils sont inamovibles comme les chefs d’Etats, y compris les leaders qui luttent pour la démocratie, les droits de l’homme et l’alternance, c ’est leur fromage, ils le gardent à vie.
    La solution n’est pas non plus dans l’homme providentiel ni dans les recettes ultra libérales ( le soutien de Wolfowitz suffit comme discrédit), elle serait dans la démocratie et la saine gestion des hommes et des ressources : le Ghana et le Botswana sont des exemples patents, les sénégalais n’attendent rien de l’État, le peu auquel ils arrivent ils ne le doivent qu’à leur sens industrieux, le Mali est pauvre et fait des efforts immenses contre la corruption qui commencent à porter.
    Enfin la comparaison avec le plan Marshall est bancale : les 12 milliards de dollar de l’époque (environ 130 proportionnellement aujourdhui) ont servi à donner aux gens ce dont ils avaient besoin pour la recontruction et le développent sur un temps court de façon intense. L’histoire du développement est faite de détails concrets pas de macro économie : savez-vous qu’en Grèce par exemple, une partie du plan Marshall a consisté à acheter des ânes aux fermiers américains et en doter les paysans grecs pour tirer la charrue ?

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 20h36 le 23/08/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Appeler « aide à l’Afrique » l’ensemble des capitaux dévolus, habillés tels pour la diplomatie et la démagogie est un mythe que d’aucun décrient depuis longtemps.

    Il aura fallu que l’on propose le capitalisme comme solution pour que cela devienne audible, curieusement.

    Je ne sais pas ce que Dambisa Moyo a d’africain hormis son joli minois, mais je ne doute pas qu’Harvard et Oxford l’aient faite plus occidentale que moi, chez qui ledit minois n’aide pas à faire passer l’idée que ce dont ont besoin nos « pauvres sauvages », ce sont des « dictateurs bienveillants ».

    Usurpation d’africanité par le masque de la négritude, miroir aux alouettes du capitalisme sauvage, Moyo est à l’exploitation de l’Afrique ce que le greenwashing est à l’industrie : Un leurre pour en remettre une couche.

    • Bicket du Val-
      Bicket du Val- répond à Enki
      étudiant
      • Posté à 21h44 le 23/08/2009
      • Internaute 86238
        étudiant

      Un peu comme l’ Allemand Cohen-Bendit est aux Verts et aux soit-disants écologistes ? ...

  • kem08
    kem08
    Pas de situation
    • Posté à 20h51 le 23/08/2009
    • Internaute 83927
      Pas de situation

    L’aide n’a pas marché car elle n’a jamais été une aide à l’Afrique mais une aide aux dictateurs Africains.
    Pour ce qui est des potentats Africains elle a eu des effets quasi miraculeux puisqu’elle a permis à d’obscurs sergents ou caporaux de devenir en quelques années milliardaires alors que leur peuple crevait littéralement de faim.
    C’est cette politique désastreuse et disons le hypocrite qu’il faut abolir.
    En finir avec cette françafrique et autres reliques honteuse d’une époque dépassée et œuvrer au développement des Africains et non au développement des comptes en banques des dictateurs Africains.
    Sans paternalisme et en rendant les Africains maitres de leur développement c’est à dire sans leur imposer une vision, une orthodoxie déconnectée des réalités pratiques de ces pays.
    Les Africain se développeront, vous pouvez en être sûr, mais à leur manière, en Africains.
    Pourquoi vouloir en faire des blancs ?

  • pha
    pha
    enseignant
    • Posté à 20h50 le 23/08/2009
    • Expert 88369
      enseignant

    Merci de d’attirer notre attention sur cette publication à venir qui ne manquera pas de faire débat effectivement.
    Une précision langagière : on dit Seconde Guerre mondiale et non deuxième car pour l’instant, il n’y en a pas eu une troisième.
    Au plaisir de vous lire.

    • 3880
      3880 répond à pha
      ancien étudiant, nouvel employé (...)
      • Posté à 21h42 le 23/08/2009
      • Internaute 3880
        ancien étudiant, nouvel employé (...)

      Et la guerre des prix ? ce n’est pas une guerre mondiale ?
      Si ce n’est pas le cas, nous avons qu’à commencer la guerre de l’énergie, où la guerre de l’eau.... elles devraient être mondiale ! ! ! !

      • Bicket du Val-
        Bicket du Val- répond à 3880
        étudiant
        • Posté à 21h48 le 23/08/2009
        • Internaute 86238
          étudiant

        Ells le sont déjà ; Et depuis longtemps.

      • pha
        pha répond à 3880
        enseignant
        • Posté à 22h29 le 23/08/2009
        • Expert 88369
          enseignant

        Que de confusion ! Pourquoi alors ne pas prendre en compte dans la numération des guerres mondiales la guerre des boutons, des deux roses, la guerre des sexes, la guerre de Lyon (jeu de mot stupide, ok). Si la guerre pour la maîtrise de l’eau sera la 3ème guerre mondiale ? On verra. La divination n’est qu’une fumisterie.
        En attendant, on parle de la Seconde Guerre mondiale et non de la deuxième.

  • Léo01
    Léo01
    étudiant
    • Posté à 21h55 le 23/08/2009
    • Internaute 76182
      étudiant

    Elle touche un point très intéressant je crois.

    Le « paternalisme » a fait des ravages sur le continent noir. Le meilleur exemple est sans doute la Francafrique. Ce réseau qui mêle partis politiques, associations, entreprises multinationales et dictateurs pourris...

    Le problème, c’est qu’on ne contrôle pas assez où va l’aide financière. Le plus ironique, c’est que parfois cet argent revient en France : les biens mal acquis, les villas et comptes banquaires des dictateurs et dignitaires véreux (Bongo et d’autres sans doute).

    Il faut aider les pays d’Afrique, mais d’une autre manière.

    Par exemple, il faut pousser les pays qui ont des ressources naturelles à les nationaliser (le pétrole, le gaz, les minéraux, le bois, etc...). De cette manière, les habitants toucheront des dividendes et les aides deviendront peu à peu superflues.

    Et puis tant qu’on y est, au lieu de subventionner ET nos agriculteurs ET ces pays pauvres, on supprime tout. Comme ça, la concurence permettra à ces pays de vendre leurs produits agricols qui sont moins chers sur la marché mondial.

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