Decryptage 18/08/2009 à 19h20

A Lyon, la bibliothèque pactise avec Google sans états d'âme

François Krug | Journaliste Rue89


Projection stéréographique d’une vue du bouquiniste « La caverne des livres », à Auvers-sur-Oise (Gadl/Flickr)

La Bibliothèque nationale de France devrait finalement confier la numérisation de ses livres à Google, après s’y être farouchement opposée. Défaite de l’exception culturelle ou victoire du bon sens ? Son ancien président, Jean-Noël Jeanneney, dénonce une « américanophilie exagérée ». La Bibliothèque de Lyon, elle, a déjà choisi. Son directeur explique pourquoi il a confié ses trésors du XVIe siècle à Google.

L’information a été révélée ce mardi par La Tribune. La Bibliothèque nationale de France (BNF) négocie un accord avec Google pour numériser ses réserves et, en contrepartie, les rendre accessibles en ligne sur Google Livres. Contactés, Google et la BNF se contentent de préciser que rien n’est signé.

Google accusé de siphonner le savoir mondial

D’un côté, un pilier de la culture française. De l’autre, un géant américain soupçonné de vouloir siphonner le savoir mondial pour en devenir la principale source d’accès. Voire la seule.

C’est la thèse défendue par Jean-Noël Jeanneney, historien, ancien ministre socialiste et président de la BNF jusqu’en 2007. Il lui a consacré un livre, « Quand Google défie l’Europe », présenté comme un « plaidoyer pour un sursaut ».

Le sursaut, c’était le lancement de Gallica, la bibliothèque numérique en ligne de la BNF, et d’Europeana, un portail fédérant les « résistants » européens. Le gouvernement y a consacré 7,3 millions d’euros l’an dernier, via des subventions du Centre national du livre.

Aujourd’hui, la BNF propose 774 000 documents sur Gallica. Pas grand-chose par rapport à un stock total de 13 millions de livres et d’imprimés. Numériser demande du temps et, surtout, de l’argent.

Patrick Bazin a fait le calcul dès 2006. Le directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon voulait numériser près de 500 000 livres anciens, d’incunables du XVe siècle à des ouvrages du XIXe. Coût : plus de 50 millions d’euros.

« Une bibliothèque vivante »

Un appel d’offres est lancé. Seul candidat : Google. La numérisation débutera en septembre, dans un centre créé pour l’occasion dans l’agglomération lyonnaise.

Patrick Bazin résume les avantages de l’accord conclu entre la ville de Lyon et Google :

  • Pour la bibliothèque : une numérisation et une mise en ligne gratuites
  • Pour Google : plus de références et de contenus, donc plus de trafic et de recettes publicitaires
  • Pour les lecteurs : des livres rares accessibles gratuitement sur Google et sur le site de la bibliothèque

Pour le directeur de la bibliothèque lyonnaise, c’est l’occasion de développer un nouveau mode d’accès au savoir. Patrick Bazin mise beaucoup sur le développement de son site :

« Une bibliothèque numérique n’a d’intérêt que si elle est vivante, en permettant de faire des commentaires et de construire des réseaux sociaux avec les chercheurs et les usagers.

Aujourd’hui, l’évolution du savoir se fait par hybridation : le modèle “top-down” [“de haut en bas”, ndlr], c’est fini. Et il ne faut pas qu’une seule bibliothèque numérique, mais plusieurs, y compris avec les mêmes livres, pour multiplier les focus. »

« Tout monopole est un péril »

Joint par Eco89, Jean-Noël Jeanneney estime qu’un accord avec Google serait « un renoncement » et « une idée assez saugrenue ». L’ancien président de la BNF explique :

« Tout monopole dans le domaine de la culture est un péril. Je n’ai rien
contre Google en tant que tel, mais laisser un monopole à une seule
firme commerciale anglo-saxonne est dangereux. »

L’argument économique, lui, serait « vraiment dérisoire » :

« J’avais obtenu 10 millions d’euros pour numériser 100 000 ouvrages par an. Il serait étonnant que la France ne soit plus capable de débloquer des fonds pour le rayonnement de la culture française et européenne. Il y a peut-être un climat d’américanophilie exagérée... »

Les éditeurs, eux non plus, ne sont pas rassurés par les projets de la BNF. En numérisant en masse les réserves de bibliothèques étrangères, Google a rendu accessibles des livres protégés par le droit d’auteur. Un procès l’opposant au groupe La Martinière doit d’ailleurs se tenir en décembre.

On trouve d’ailleurs sur Google Livres une partie de l’édition américaine du plaidoyer anti-Google de Jean-Noël Jeanneney. Un simple « aperçu », nuance le site. Mais qui offre quand même gratuitement un tiers de l’ouvrage.

Mis à jour le 18/08/2008 à 20h après une interview de Jean-Noël Jeanneney

  • 15894 visites
  • 101 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 19h38 le 18/08/2009
    • Internaute 25391
      Flat4


    il faut simplement essayer de la concurrencer en offrant un service publique (avec une coopération européenne il y a de quoi faire tout de même) qui ne fait pas de profit (donc pas de publicité) dessus.

    Ah ben oui, mais vous comprenez c’est bien plus facile de prendre des accents gaulistes pour se plaindre du méchant américain que d’avoir la volonté politique de bouger ses fesses, et surtout de s’en donner les moyens.
    Résultat google va numériser les livres chez nous parce qu’on est incapables de le faire (seule entreprise à répondre à l’appel d’offres) et on passe pour des abrutis (comme d’hab).

  • jmax
    • Posté à 20h21 le 18/08/2009
    • Internaute 3111

    N’oublions pas que la Fondation Wikimedia est hébergée par ... Yahoo et qu’on est passé à deux doigts qu’elle se retrouve chez Microsoft, suite à la tentative de rachat de Yahoo par Microsoft

    • PoG
      PoG répond à jmax
      Etudiant.
      • Posté à 20h39 le 18/08/2009
      • Internaute 70681
        Etudiant.

      Edit : Non en fait j’ai dis de la merde. Vous avez raison.

    • Crainquebille
      Crainquebille répond à jmax
      • Posté à 20h46 le 18/08/2009
      • Internaute 64055

      Vu que Wikimedia est une association, je doute qu’il soit possible de l’héberger sur un serveur...

    • airpur
      airpur répond à jmax
      libre
      • Posté à 20h50 le 18/08/2009
      • Internaute 72639
        libre

      whaoooooooo cela change tout... ! ouf je me sens mieux...merci...

      tres drole !

  • Crainquebille
    • Posté à 20h43 le 18/08/2009
    • Internaute 64055

    Gallica et Wikisource viennent de commencer un partenariat.

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 00h05 le 19/08/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Il y avait un entretien avec NKM sur Neteco :

    Lien

    je le mets ici afin qu’il ne tombe pas dans les profondeurs…

    il n’est pas dans « ailleurs on ze ouaibe », ou j’ai mal vu ¡

  • dmz
    dmz
    expat
    • Posté à 00h22 le 19/08/2009
    • Internaute 59103
      expat

    En anglais, il y a le gutenberg project qui met a disposition de tous, gratuitement et sans pub, des ouvrages dont les droits d’auteur ont expires. Ceci dit, vu l’evolution de la duree des droits d’auteurs, il est peu probable que la liste s’enrichisse rapidement de nouveaux ouvrages.

    Lien

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à dmz
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 00h36 le 19/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Gutenber a aussi un fond dans d’autres langues que l’anglais. Français et espagnol disposent d’un nombre d’ouvrages relativement sympathique même s’il y a des manques certains. C’est un bon lieu pour disposer de livres électroniques de bonne qualité et dans des formats ouverts.

  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 07h01 le 19/08/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    Ce n’est pas « tant mieux... », car google va monnayer les ouvrages, c’est indiqué dans d’autres articles !
    Je ne suis pas sûr que ce soit un bien de faire payer ce qui est actuellement gratuit même si cela coûte de numériser, il y aura de toute manière de la pub pour engranger plus.

  • Crainquebille
    • Posté à 13h10 le 20/08/2009
    • Internaute 64055

    Un truc qui me chiffonne avec Google Livres, c’est que les livres numérisés sont de faible qualité, parfois il manque des pages, ou on voit les doigts des employés sur les images... apparemment, c’est fait à l’arrache. Le noir et blanc est assez laid, les images reproduisent mal les originaux (c’est souvent catastrophique pour les dessins), et le format pdf est très lourd. Internet Archive fournit au contraire des exemples de numérisations merveilleuses : haute résolution en couleur (reproduction somptueuse des illustrations, perception des reliefs des couvertures, etc.), format djvu léger et rapide.

  • fritonpie
    fritonpie
    En construction
    • Posté à 19h56 le 18/08/2009
    • Internaute 59874
      En construction

    « Un appel d’offres est lancé. Seul candidat : Google » comme le dit l’article ...
    Ou sont les autres ?
    Si cela doit permettre un large acces gratuit au savoir,alors merci google d’avoir répondu.Il ne faut pas se voiler la face car au dela des papiers d’antan,le puissant moteur de recherche est bien sur attiré par des papiers bien actuels ,de couleurs multiples,avec des gros nombres imprimés....Cela ne me choque pas.
    Bonne suite chez vous.

  • unpticon
    unpticon
    passant
    • Posté à 20h04 le 18/08/2009
    • Internaute 62028
      passant

    et un désastre de plus, la culture mondiale offerte à une entreprise privée qui ne s’est jamais caché de ses accords, avec les « pires » dictatures et les « meilleurs » démocraties, en matière de censure et de contrôle des accès. on peut espérer d’ici quelques années un scénario du type :
    - Google ayant tout numériser les états renoncent à le faire eux-même (ça c’est déjà le cas), et la bibliothèque numérique Google s’impose comme la seule au monde
    - Google fournit aux états qui le demandent les listings de consultation d’oeuvres jugées tendancieuses et interdit la consultation de celles jugées subversive
    - Bienvenue dans l’un des meilleurs outils du nouveau fascisme mondial ! ! pas google (mais non ce sont de gentils patrons !) mais les états avec qui google traite..nuance de poids pour tous ceux (ne doutons pas qu’ils seront nombreux) qui gagneront une fiche de RG dans leur pays ou finiront en prison

    y a pas à dire le libéralisme c’est géniale et la culture est un bien consommable comme les autres.

    • Tyrian
      Tyrian répond à unpticon
      Informaticien
      • Posté à 20h11 le 18/08/2009
      • Internaute 61861
        Informaticien

      Sauf que la numérisation des ouvrage va facilité leur apparition sur les réseaux P2P... Donc peu de chance que Google puisse réellement s’amuser à ce que vous décrivez.

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à Tyrian
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 00h29 le 19/08/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        C’est déjà fait. Pour ne prendre que l’exemple des BD, vous trouverez l’intégralité d’une excellente bibliothèque en ligne et en quelques minutes. Sans parler des sites spécialisés pour la visualisation et les outils de gestion qui vont avec.

        Ensuite, il y a des projets comme Gutenberg qui permettent de disposer de livres électroniques d’une rare qualité (éditions anciennes particulièrement) dans tous les formats possibles.

        La seule limite c’est l’habitude de lire sur un écran. Personnellement, j’ai de la chance, je suis équipé d’une tablette tactile qui peut le cas échéant se transformer en livre (avec les boutons de défilement) qui se pose sur les genoux. J’admets que c’est un luxe mais ainsi je dispose de plusieurs centaines de livres en permanence avec moi. Un rêve de p’tit garçon...

    • airpur
      airpur répond à unpticon
      libre
      • Posté à 20h38 le 18/08/2009
      • Internaute 72639
        libre

      ...tres drole ... !

      Ouvrez la fenetre, vous avez besoin d’air !

      • DBL8
        DBL8 répond à airpur
        Retraité
        • Posté à 07h03 le 19/08/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        ET... sauter ?

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à unpticon
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 00h34 le 19/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Attention à la théorie du complot. Google ne le fera que s’ils y ont un intérêt économique. Investir le marché chinois était par exemple un impératif stratégique pour eux. Ils ont fait les concessions jugées nécessaires (et Dieu sait qu’elles sont douloureuses pour ceux qui les vivent) pour y être, nonobstant le prix humain et moral à payer.

      On attend pas d’un acteur privé d’avoir une éthique ou une morale mais de savoir où se situe à un instant donné dans un lieu donné son intérêt bien compris. Ils seront les acteurs de la meilleure des démocraties ou de la pire des dictatures en fonction simplement de ce qui est de leur intérêt financier dans le moment et à moyen terme (il n’y a pas dans les structures commerciales de réelles visions à long terme qui tienne. Les hommes ont des visions à long terme).

      C’est aux citoyens de se donner les moyens pour s’assurer qu’il ne sera jamais de l’intérêt des structures économiques de vouloir ou pouvoir ce que vous écrivez. En terme de loi, dois-je rappeler que la gestion des logs (qui fait quoi sur un serveur pour un service donné) est une question essentielle jamais posée sur la place publique ou presque. Regardez la situation française sur la question et vous risquez de vous demandez dans quel monde on est exactement. Au citoyen de faire ce qu’il faut dans une démocratie (et chez les autres aussi d’ailleurs, la liberté ne vient jamais de l’extérieur. Seule le coup de main final quand il faut.).

      • DBL8
        DBL8 répond à Sid_Mo
        Retraité
        • Posté à 07h05 le 19/08/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        Ce ne sont pas les citoyens qui décident mais les élus OU administrateurs ! Les citoyens n’ont pas leurs mots à dire quant aux choix de fait.
        Une fois que les contrats sont signés... très difficile de faire marche arrière.

         
        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à DBL8
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 11h02 le 19/08/2009
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Ils ont leur mot à dire dans le cadre des lois qu’ils se sont choisis. On est dans un système démocratique, certes imparfait, mais fonctionnel. Le choix du politique engendre de facto le choix de la politique et des fonctionnaires chargés de l’appliquer. C’est au citoyen d’assumer les choix, directs ou par procuration.

          Certes, il n’intervient pas directement (à la différence de la Suisse) dans les contrats signés. Mais je le répète, in fine, ledit contrat est bien l’emmanation d’une politique sur laquelle le citoyen peut et doit peser.

          Désolé de ne pas exonérer quiconque ici. Bien au contraire.

        1 autres commentaires
  • unpticon
    unpticon
    passant
    • Posté à 20h11 le 18/08/2009
    • Internaute 62028
      passant

    la décision politique de la france de renoncer à la numérisation indépendante de ses fonds et ce en partenariat avec les autres BN européennes a été prise il y a déjà 3 ans avec le licenciement de la directrice adjointe de la BNF qui avait été recrutée précisément pour développer le dépot légal du web et la mise en place de Gallica et des partenariats qui allaient avec ; décision confirmée en 2007 avec le non-renouvellement de jeanneney à la tête de la bibliothèque.
    mais personne alors n’a levé le lièvre et il faut 3 ans pour que cette question importante si ce n’est fondamentale ne reviennent dans les médias, une fois que les décisions sont prises et qu’on ne peut plus que se mordre les doigts. quel dommage.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à unpticon
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 00h26 le 19/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Le fond du problème a l’époque fut que les demandes des français en terme financières (et la façon de faire) étaient vécues comme extravagantes par les partenaires européens. D’ailleurs ils n’étaient pas forcément convaincus du bien-fondé économique et politique d’une solution européenne.

      L’échec est de ce point de vue là du à la méthode française. Même si on avait certainement raison sur le fond, on a pas su convaincre nos partenaires potentiels. Et puis comme d’habitude on a été d’une radinerie sans nom sur les moyens de base. Alors si même le porteur de projet ne met pas les moyens, imaginez les partenaires !

      Alors qu’on dispose d’un aura réel dans le monde sur la question culturelle et que notre modèle économique culturel, même dans ses délires (type HADOPI) intéresse beaucoup de pays, on a été sur un cas d’école incapable d’expliquer et d’exporter ce dernier. C’est extrêmement grave et ça en dit long sur le discrédit de nos institutions politiques auprès de nos partenaires. Car ici, ce qui a pêché avant tout, c’est les moyens et ensuite la méthode. On a voulu tout faire payer aux autres. Ils ont été d’autant moins dupes que les américains de Google mettaient tout ce qu’ils pouvaient sur la table avec une évidente volonté de réussir. Les français eux faisaient de la politique à la petite semaine, sûr de leur supériorité morale !

  • airpur
    airpur
    libre
    • Posté à 20h13 le 18/08/2009
    • Internaute 72639
      libre

    Cet article pourrait s’intituler : « de l’incapacite francaise a exister economiquement et technologiquement » !

    Cela se met en greve, cela beugle, cela « resiste » mais par contre des qu’il s’agit de faire....plus personne ! cela parle, cela fait des lois, cela taxe....puis rien !

    Google.... mais aussi amazon, twitter, ebay, itunes, facebook...etc.....bref des jeunes qui en quelques annees redefinissent les choses et en france vous regardez passer les trains en critiquant....

    Attristant

    • Asse42-
      Asse42- répond à airpur
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
      • Posté à 20h40 le 18/08/2009
      • Internaute 25124
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

      On n’en est plus à la France mais à l’Europe nous...

      • airpur
        airpur répond à Asse42-
        libre
        • Posté à 20h43 le 18/08/2009
        • Internaute 72639
          libre

        visiblement meme resultat ....non ?

         
        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à airpur
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 00h20 le 19/08/2009
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Je vois pas en quoi la notion de grêve et le fait de contester quelque chose (je suppose que vous faites allusion aux manifestations) a grand chose à voir avec l’innovation. Pour information, la France n’est pas en Europe le pays où il y a le plus grand nombre de jours de grêve et ce chiffre est en baisse significative et constante depuis les années 70 et les grands conflts du premier choc pétrolier. Merci de ne pas véhiculer un mythe.

          Ensuite, vous faites un éloge de la jeunesse nord-américaine et de la passivité supposée de la jeunesse française. Avez-vous idée du nombre d’ingénieur ou assimilés français qui travaillent dans la Sillicon Valley ? Suffisement pour justifier un consulat ! Et la France est chiche avec ses ressortissants, je parle en connaissance de cause.

          Simplement, en France, il est en l’état impossible de créer un twitter, un facebook ou même un IBM. Non pour des raisons humaines mais parce qu’aucun banquier, aucune structure étatique ne vous suivra dans les délais et les conditions qui prévalent à la création d’un tel ensemble. Pour la petite histoire, twitter perd des sommes qui feraient vomir n’importe quel financier européen et facebook n’a toujours pas de modèle économique. Rédibitoire dans la vieille europe. Un projet comme Google n’aurait pas tenu dix minutes en France en 1995. Personne ne les aurait suivi, même à Grenoble, Aix en Provence ou Montpellier. Désolé, nous ne sommes pas une culture d’innovation technologique et de commerce en l’état actuel des choses.

          Relire 1492, au Livre de poche, de Jacques Attali, pages 323 dernier paragraphe et page 324 sur pourquoi les villes française de l’atlantique ne prennent pas le relais de Séville et de Gênes dans la grande redistribution du commerce européen alors que les atouts étaient évidents. Le constat concernant le fond reste vrai aujourd’hui « La France reste une nation agricole sans vocation commerciale ». On est toujours une nation de thésorisation, pas de négoce ! La seule différence c’est qu’on a désormais les infrastructures mais toujours pas la volonté culturelle. Peut être un jour... Il faut rêver ! Pas dit que j’attende la réussite ad vitam eternam...

          • airpur
            airpur répond à Sid_Mo
            libre
            • Posté à 05h21 le 19/08/2009
            • Internaute 72639
              libre

            suis d’accord avec vous sur votre constat en france. Pour la premiere partie de votre post voir + bas plz.

        2 autres commentaires
    • Armand_de_Maupertuis
      • Posté à 20h14 le 19/08/2009
      • Internaute 41272

      1) on ne voit pas le rapport avec la grève.
      2)« cela beugle », c’est votre avis, merci de ne pas nous imposer vos fantasmes
      3)Vous citez des réussites commerciales, et non technologiques (et encore, amazon, facebook ou twitter perdent de l’argent).
      4) Ibazar était une réussite commerciale avant d’etre racheté par Ebay. Votre vision de la réussite, est-ce le monopole par écrasement financier des autres ? .

      Copie à revoir, donc.

      • airpur
        airpur répond à Armand_de_Maupertuis
        libre
        • Posté à 21h35 le 19/08/2009
        • Internaute 72639
          libre

        Oui armand.....vous avez raison, surtout ne vous reveillez pas le reve que vous vivez pourrait se transformer en cauchemar !

        Le beuglement n’est pas un de mes fanstasmes, etant deja a des milliers de miles de « champ d’expression », mais une bien lourde realite francaise non ? J’ai lu que rien qu’a paris il y avait en moyenne ....2500 manifestations par an ! ! ! ! mais cela doit etre un mensonge bien sur !

        Quand a l’integration d’une technologie dans le champ commercial et sociologique, a vous de pensez que ce n’est pas une reussite technologique...mais franchement cela ne change pas grand chose !
        Quand a google ou amazon et autre je vous invite a regarder leur capitalisation et leur valeur de rachat ....c’est assurement un echec !

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 20h39 le 18/08/2009
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Voilà un exemple de plus de soumission au dogme de la rentabilité financière à tout prix, et donc à la puissance US. C’est le même problème que pour le GPS et Galiléo. Est-il normal de tout laisser entre les mains des américains sans vouloir les concurrencer ? Pourquoi ce renoncement de l’Europe ? Après on s’étonne de la montée d’un anti-américanisme primaire.

    Moi j’en ai marre d’être soumis à Google, IBM,microsoft, Yahoo,etc...sans qu’il n’y ait aucune réaction européenne. Au lieu d’ériger en dogme la concurrence libre et non faussée, ne pourrait-on pas ouvrir des perspectives communes en Europe ? Voilà un projet pour l’avenir. Plutôt que de s’en remettre toujours aux multinationales US.

    • airpur
      airpur répond à Asse42-
      libre
      • Posté à 20h41 le 18/08/2009
      • Internaute 72639
        libre

      ....« Moi j’en ai marre d’être soumis à Google, IBM,microsoft, Yahoo,etc… »

      Simple ..faites comme ces jeunes etudiants americains qui ont montes toutes ces societes....allez y le monde vous attends ! !

      C’est assez phenomenal de voir a quel point l’immobilisme vous possede !

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à airpur
        Cadre dirigeant de PME
        • Posté à 00h09 le 19/08/2009
        • Internaute 59795
          Cadre dirigeant de PME

        C’est culturel... (voir l’autre post, je lis les commentaires en remontant, donc il est directement sous celui-là !)

         
        • airpur
          airpur répond à Sid_Mo
          libre
          • Posté à 05h18 le 19/08/2009
          • Internaute 72639
            libre

          Oui c’est culturel bien d’accord avec vous. Mais comme je le disais, « beugler » , faire la greve et autres manifestations dont 99% ne servent a rien et pour preuve, cela donne un certain tempo non ?

          Cette culture du « beuglement » amene quoi ? 70% de votre jeunesse souhaite devenir fonctionnaire !

          Donc evidemment ce n’est peut etre pas le meilleur moyen pour generer richesse individuelle et collective dans la creation et l’innovation !

          Quand aux checheurs francais en CA, oui ils sont nombreux mais tous ou quasiment que des salaries....lorsque je parle des etudiants d’ici c’est bien sur de leur realite de desir d’entreprendre et de reussite. D’ou les yahoo, ebay, twitter ou google.

          • Sid_Mo
            Sid_Mo répond à airpur
            Cadre dirigeant de PME
            • Posté à 11h14 le 19/08/2009
            • Internaute 59795
              Cadre dirigeant de PME

            Pour pouvoir créer, au sens de la notion de création d’entreprise, il faut que plusieurs critères se réunissent. C’est évident qu’un pays dont 76% (si mes souvenirs sont bons) des enfants désirent d’une manière ou d’une autre être fonctionnaires indique un sérieux soucis quand à l’entrepreneuriat. Mais je n’accuserais pas, loin s’en faut uniquement la jeunesse de ce pays.

            La notion de prise de risque ne vaut que si le gain en face est à la hauteur. En France, ce n’est et ce ne sera en l’état jamais le cas. On comprend donc que face à un mur bien identifié, l’ensemble d’une population donnée se tourne vers une autre solution que vers se mur. De plus, il y a un certain nombre de mythes qui sont véhiculés régulièrement, y compris par les politiques, autour des « risques » de la création d’entreprise. Il est clair que créer demande de la volonté, du temps et des moyens (mais rien d’impossible). Mais pas plus que d’être volontaire dans une association ou de monter bravement son tour du monde. C’est du même registre d’investissement. Sauf que dans les deux autres cas, socialement se sera nettement mieux valorisé. Etre entrepreneur, je l’écrivais dans un autre post, c’est être vu comme un égoïste glouton jamais rassasié d’argent et imbu de sa personne. Ca aide pas... Alors pour peu qu’on réussisse, attention les amis ! Là, il y a quelque chose à faire qui prend du temps, demande de la volonté politique et surtout de ne pas mythifier la réalité.

            D’ailleurs, la notion de salarié n’ôte pas la notion de risque. Et dans ce pays, en connaissance de cause, je conseille à tout chef d’entreprise de se doter du statut salarié. C’est pas ce qu’on fait mieux en matière fiscale mais pour la vie de tous les jours, c’est sans conteste la seule solution simple. J’ai essayé le statut de travailleur non salarié, on oublie.

            • Keldan
              Keldan répond à Sid_Mo
              Now future & karpe diem
              • Posté à 15h00 le 19/08/2009
              • Internaute 5164
                Now future & karpe diem

              C’est évident qu’un pays dont 76% (si mes souvenirs sont bons) des enfants désirent d’une manière ou d’une autre être fonctionnaires
              J’ai comme un méchant doute quand à l’interprétation du résultat...

              Certes, les mioches étant pas bien malins veulent faire les boulots selon le formatage qu’on leur impose et ce que leurs pauvres capacités mentales leur permettent de comprendre.

              Traduction, tous les mioches veulent être pompier, policier, prof, médecin ou astronaute. Pas de bol ils sont tous fonctionnaire, mais je doute qu’un gamin sache ce qu’est un fonctionnaire.

              De même qu’il ne rêve pas d’être chômeur, zombie sur une chaine de montagne, potiche souriante dans un grand hall, esclave nettoyeur dans un McDo et autres charmants boulots.

              Et qu’il est incapable de comprendre et encore moins vouloir devenir directeur des ventes, ingénieur de production, trader sur le marché à court terme ou expert en psychodynamique dans le marketing.

            • airpur
              airpur répond à Sid_Mo
              libre
              • Posté à 16h03 le 19/08/2009
              • Internaute 72639
                libre

              Globalement d’accord avec vous. Mais il faut rajouter a votre analyse ce que je crois essentiel en france : la responsbilite individuelle ou plutot son absence !

              En effet chaque francais devrait se poser la question de savoir qu’elle est la part de responsabilite individuelle dans son echec ou succes... ! Voila aussi pourquoi ces effarant 76% de desir de fonctionnaire.

              A lire un bon nombre...c’est toujours la « faute » au systeme , aux mechants patrons, a l’argent, au liberalisme, ......etc

              D’ailleurs la fin de votre post l’illustre bien ( je parle de la situation qui vous est proposee).

              • Sid_Mo
                Sid_Mo répond à airpur
                Cadre dirigeant de PME
                • Posté à 20h57 le 19/08/2009
                • Internaute 59795
                  Cadre dirigeant de PME

                Se sentir responsable de ses actes et en assumer les conséquences signifie aussi être bien dans ses baskets. On ne cherche la responsabilité des autres que lorsqu’on ne veut pas admettre ses propres échecs.

                J’ai choisi mon métier, ma situation familiale, ma religion et mes idées politiques. J’ai même choisi le lieu où je vis ! Mais j’en assume les conséquences, bonnes ou mauvaises. La première partie, tout le monde veut bien. Je sais pas pourquoi, il y a peu de volontaires pour la deuxième !

                Dans un monde consumériste, dans lequel tout droit ou devoir implique un « paiement » immédiat, on comprend facilement pourquoi, pour ne pas perdre en paraître, il faut que le coupable soit l’autre. Je ne suis pas de ce monde là. C’est tout. Je vis dans le monde, sans être du monde. Je sais que certains comprendrons très bien ce qui est entendu par là ! Je tolère est utilise le nécessaire que ce monde m’offre (et c’est parfois génial) mais je ne me reconnais pas dans ses valeurs d’aliénation et de jeux du cirque moderne. Je suis capable de patience et je sais que l’on récolte toujours un jour ou l’autre, dans cette vie ou la suivante (question de foi) ce que l’on a semé.

                Et ça, ce n’est pas la faute de l’école mais bien une question autant individuelle que familiale avant d’être collective ! A chacun de choisir pour lui-même, en âme et conscience...

                (bon, je vais aller lire ailleurs, moi... je sens que je vais finir hors sujet !)

        5 autres commentaires
      • Asse42-
        Asse42- répond à airpur
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
        • Posté à 00h59 le 19/08/2009
        • Internaute 25124
          Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

        Ce n’est pas une question d’immobilisme, ce n’est même pas une question d’idées ou de matière grise. C’est juste une question de moyens financiers disproportionnés entre un concurrent soumis aux règles strictes de l’ultralibéralisme, et l’autre qui n’a aucune règle et tous les droits pour lui dont le plus faramineux qu’est la création de monnaie lorsque ça l’arrange...

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Asse42-
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 00h07 le 19/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Sauf qu’il n’y a pas de « multinationales européennes » dans ces domaines là alors qu’on a en terme de formation, du personnel de meilleur qualité que nos « amis » américains et des infrastructures (connexions téléphoniques et routes, chemins de fers et système de santé) de meilleure qualité.

      Chercher l’erreur ?

      Ce n’est pas qu’une question de politique. C’est aussi une question de moyens et d’environnement (culturel, social et pas, n’en déplaise à certains, juridique. L’Europe Occidental est l’équivalent pratiquement réel des USA pour ça).

      Si ça vous intéresse, il y a désormais une excellente littérature, accessible à tous(1), sur les raisons de l’émergence de certaines formes de sociétés innovantes dans certains centres économiques et pas dans d’autres. Attention, la lecture de ce type de littérature n’est pas tendre avec la culture française de gestion des hommes et des structures ou encore la façon dont l’europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce) s’y prend. Mais ça éclaire pourquoi une société comme la mienne en voit de toute les couleurs pour percer dans un domaine ou pourtant les français sont... leaders mondiaux ! (les services informatiques).

      (1) Pour la route, histoire de commencer sur ces questions :
      « La république et ses territoires » de Laurent Davezies aux éditions du Seuil dans la collection « La république des idées ». 10,5 € dans toute bonne librairie.

      • Asse42-
        Asse42- répond à Sid_Mo
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
        • Posté à 00h57 le 19/08/2009
        • Internaute 25124
          Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

        La république des idées est une excellente collection. D’abord ; -)

        Bien évidemment je suis pour l’émergence de sociétés européennes mais la puissance financière est US et leurs multinationales dominent les marchés porteurs. Pour percer dans l’informatique, et même dans les logiciels, on se retrouve face à des mastodontes qui vont vous absorber et mener la vie dure parce qu’ils sont déjà installées.
        En fait tout s’est joué pour nous il y a 20 ans. Nous avions les cartes en mains et avec CII Honeywell Bull nous avions le leader mondial en gestation mais nous l’avons abandonné car nous avons cédé saux sirènes du libéralisme européen qui nous sommait de respecter le dogme de la concurrence libre et non faussée. Déjà. Combien de leaders mondiaux nous avons abandonné par paresse et par pusillanimité. Internet ce n’est pas français à la base ? C’est notre secteur capitaliste d’investissement qui est mauvais chez nous, mais pourquoi ? Pour quelle raison originelle ? C’est par ce qu’il a peur des échecs et des déficits sachant qu’il ne pourra pas comme les US, emprunter sans limites. Quand dans une concurrence tu as un candidat qui a les poches sans fond, tu ne peux pas lutter. Donc tu perds. C’est ce qui nous est arrivé, et nous arrive encore.

        Voilà à qui profite le dogme de la concurrence libre et non faussée. Les américains savent,eux, protéger leur secteur sensible lorsqu’il le faut.

         
        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à Asse42-
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 11h35 le 19/08/2009
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Merci de savoir que vous appréciez aussi cette collection.

          Après une lecture attentive de votre dernier post, je vais, avec votre permission j’espère, séparer l’ensemble en deux :

          - ce dont je suis d’accord avec vous, pour commencer.
          - les point de désaccords ensuite.

          Ce dont je suis d’accord avec vous, c’est qu’une partie de l’histoire des technologies de l’information actuelle s’est jouée entre 1968 et 1982 quelque part entre la Californie, Munich, Londres et Aix-en-Provence/Grenoble/Montpellier. Là où je suis aussi d’accord, c’est que les français dans cette histoire avaient plus d’une carte à jouer et qu’ils ont été d’une bêtise insondable. Visiblement, leurs dirigeants n’ont jamais compris les enjeux. Et cela reste vrai aujourd’hui. Pour preuve, des travaux législatifs comme HADOPI qui sont d’une incommensurable stupidité. La mort programmée de Bull dans une agonie sans fin en l’utilisant comme vache à lait pour ses dirigeants (sans vision commerciale autre que l’administration du pays, faut-il préciser) n’est pas vraiment compatible avec un marché dont le renouvellement se fait sur une quinzaine d’années en moyenne (voir la mort et disparition de WordPerfect et consorts au début des années 90 et les premières difficultés de Microsoft actuellement). C’est la cupidité et l’absence TOTALE de vision des dirigeants français en général qui est à blâmer ici. D’ailleurs, ce constat en dit long sur certains ressorts des relations sociales du pays et des motivations réelles de ses dirigeants. On exploite (mal) et au pire on assassine ce qui est la structure du futur. Résultat : ben, on est en retard à la fin et se demande pourquoi.

          Mes points de désaccords sont relativement simples : l’Union Européenne n’a rien à voir dans la non émergence de leaders mondiaux de la société d’information. Pire, elle a protégée autant qu’elle pouvait ses membres de certaines conséquences encore plus néfastes que ce qui est arrivé. On peut ne pas être d’accord avec le libéralisme affiché de la commission sans pour autant balancer une telle contre-vérité. Actuellement, l’Union Européenne au travers de ses programmes de recherche fait le contre-pied exact du Pentagone et de la NSA aux USA. Ces programmes sont d’ailleurs autant que faire se peut orientés vers les PME. Maintenant, pour ce qui est de la France, pratiquement aucune PME réelle (c’est à dire qui n’est pas filiale de grands groupes) n’y a accès car les fonds sont trustés violemment par les grands groupes usuels. De plus, ces fonds sont souvent relativement longs à obtenir. Hors les PME françaises sont sans trésorerie, en particulier dans le domaine de l’information (sous-capitalisation chronique). Donc, pas pour elles. Mais on est là dans des considérations nationales et non pas européennes.

          Deuxième désaccord : hormis dans quelques délires politiques qui font du bruit, la notion de concurrence libre et non faussée n’existe nul part. Le système européen comme américain subventionne à tour de bras ce qu’il juge être sa priorité. La société de l’information en fait partie. Mais les américaines partent avec un train d’avance en terme capitalistique (les sociétés et une foi inébranlable dans l’avenir) et un train de retard en terme d’infrastructures (réseau de télécommunications et de transport vétuste, réseau électrique vétuste, réseau éducatif, hormis le supérieur, en décrépitude, réseau de santé terrifant). Rien n’est perdu pour les européens. Le cas chinois d’ailleurs est à étudier de très près même s’il s’est en grande partie fabriqué sur une forme évoluée de protectionnisme. Simplement les européens rechignent à dire tout haut ce qu’ils font tout bas. Ce qui forcément n’aide pas à faire adhérer la population aux objectifs réels. En gros, là où les américains assument sans honte, les européens jouent les hypocrites de premières et les vierges effarouchées.

        1 autres commentaires
      • jmax
        jmax répond à Sid_Mo
        • Posté à 07h44 le 19/08/2009
        • Internaute 3111

        c’est assez amusant de voir comment on ne retient rien du passé. Rappelons que Google est né dans un garage (sans doute confortable) et que quasiment instantanément, les moteurs comme Altavista du géant DEC/HP sont partis au tapis. J’ai eu la chance d’être dans les premiers utilisateurs de Google et c’était comme magique : enfin, la recherche sur Internet ramenait ce que je voulais !
        et tout ceci par deux gars en solo, pas par des armées de chercheurs du CNRS. Depuis, cette boite a réussi le tour de force de fabriquer le plus gros ordinateur sur la planète qui traite des milliards de requêtes à la seconde. A ce tour de force technologique s’ajoute un dynamisme qui fait qu’elle avance en permanence et à leur projet de numérisation (qui n’est pas loin d’être de la philanthropie), on n’a pu opposer que des commissions, des chargés d’étude, des copains recasés par ci, par là, etc
        idem pour le futur moteur de recherche européen qui n’aura servi qu’à cramer quelques millions d’euros.
        Maintenant, on peut pleurer, on peut demander des subventions pour un pôle de recherche mais pendant ce temps, ça avance de l’autre côté et ça ne se rattrapera pas

         
        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à jmax
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 11h41 le 19/08/2009
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Un petite précision pour Google : ses actionnaires de départ sont en partie les patrons de Sun. Ca aide pour la puissance de calcul et l’insertion dans le domaine des sociétés de l’information.

          Ensuite, comme vous, j’ai pas mis dix minutes à changer de moteur de recherche quand je l’ai découvert !

          Concernant la numérisation, ce n’est pas de la philantropie. Il y a de la part des dirigeants de Google une idée précise et très financière mais ils savent qu’il faut qu’ils mettent les moyens avant de la concrétiser. Et les moyens en question nous paraissent important. C’est différent.

          Enfin, concernant la réaction européenne, la réponse tient dans la méthode : on ne combat pas l’innovation privée à coup de subventions publiques et de pleurnicheries. La subvention elle vient à coté ou ensuite. Mais d’abord il faut une initiative. Ce n’est pas et ça ne peut pas être une décision étatique qui dit un matin : « on va concurrencer Google ». Ca, c’est sûr que ça se plante et que ça crame du pognon. Il faut la foi pour faire et pas uniquement des ordres qui peuvent changer du jour au lendemain.

          Par contre, l’avance d’un jour peut être le retard du lendemain. Rien n’est perdu mais on a désormais un sérieux handicap. Et pas que psychologique ! (hélas)

        • Keldan
          Keldan répond à jmax
          Now future & karpe diem
          • Posté à 15h04 le 19/08/2009
          • Internaute 5164
            Now future & karpe diem

          Google au début, c’était bien parce que c’était nouveau, c’était un petit truc, bref c’était rebelz...
          Aujourd’hui encore, j’en rigole : D

        • airpur
          airpur répond à jmax
          libre
          • Posté à 16h06 le 19/08/2009
          • Internaute 72639
            libre

          Description parfaite....oui totalement d’accord.

        3 autres commentaires
  • observeur
    observeur
    Libre penseur chez les ch'tis
    • Posté à 20h52 le 18/08/2009
    • Internaute 37812
      Libre penseur chez les ch'tis

    Voilà ce qui arrive quand on est passif, il ne faut pas diaboliser google ou le choix de la bibliothèque, mais bien l’absence d’initiative des autorités de la culture(ministère) de ne pas avoir chercher des moyens pour faire une numérisation « publique » avec d’autres états européens !

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à observeur
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 00h00 le 19/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Ou même seul !

      On a d’excellent laboratoires pas loin de Lyon (Grenoble par exemple) capables de gérer, organiser, piloter des projets de ce genre mais il faut mettre de l’ordre de 50 à 100 millions sur la table(1). Et ça, on ne sait pas faire. Car ici c’est pas du vent. C’est du vrai argent avec achat de matériel et mise en place de compétences en interne (pas de marché de sous-traitance car on travaille dans la longue durée). C’est pas une ligne comptable pour amuser la galerie.

      On est dans un projet qui pourtant peut capitaliser politiquement. Les sommes en jeu sont certes lourdes mais pas délirantes. Mais c’est vrai, à l’heure des centres commerciaux ouverts le dimanche qui a encore besoin d’aller dans des bibliothèques ou de télécharger des livres entiers ! On lit le quatrième de couverture et un résumé « autorisé » et c’est suffisant !

      Cet abandon en rase campagne en dit long sur la vision réelle des politiques de la notion d’éducation et de culture et sur leur compréhension des enjeux du numérique. Pour ceux qui avaient un doute...

      (1) Il faut prendre en compte qu’en cas d’appropriation de la technologie, le coût réel sera certainement supérieur au coût annoncé par Google (ou d’autres qui auraient pu répondre) car il y a une phase d’apprentissage, l’achat du matériel etc. Choses déjà faites dans le cas de Google qui bénéficie ici de l’économie d’échelle qu’offre l’expérience. Ainsi, par principe je pars d’une fourchette simple au double de l’offre officiel faite par le gagnant (qui n’est pas un nouvel entrant sur le domaine, faut-il répéter !).

  • chinchilla1967
    • Posté à 21h00 le 18/08/2009
    • Internaute 50756
      plate

    Les scans de google sont parfois limite du point de vue de la qualité.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 21h04 le 18/08/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Faut pas être polytechnicien pour rédiger un contrat qui donne la propriété intellectuelle du résultat à l’Etat ou qui (solution préférable s’agissant de l’état) mette le résultat dans le domaine public. Google devient donc l’executeur d’un contrat que oui, on ne sais pas réaliser en France, parce qu’on ne s’interesse plus à la recherche ni à l’innovation depuis dix ans...

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Iv
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 23h54 le 18/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Je ne peux pas être d’accord avec la conclusion. Il n’y a pas d’autre que Google pour répondre car les structures capables de faire n’ont pas les moyens financiers. On est face à un problème de fond propre, pas d’innovation.

      L’« affaire Google » si on peut oser appeler ça comme ça n’est pas un problème de savoir-faire. On a tout ce qu’il faut et même les structures étatiques capable de piloter de tels projets. Savoir-faire et savoir-être sont présents au sein d’entités nationales On a juste pas l’argent ! On est dans une simple question de moyens !

      Mais dans un pays où l’innovation ne passe pas la barrière des laboratoires nationaux, privés ou publiques. Et où être une PME innovante signe son arrêt de mort à court ou moyen terme par fusion, revente ou liquidation organisée, il est pas étonnant que se soit un groupe anglo-saxon qui rafle la mise. Alors même qu’on sait pertinement tout ce que cela représente en terme de risques pour l’image de marque.

      Le fond du soucis est structurel. Des PME innovantes qui auraient répondu à la demande de la ville de Lyon n’auraient reçu aucun soutien de quiconque ou alors après des délais tels que les parties (ville et PME) n’auraient pas pu conclure. Sans considérer le fait que la ville n’aurait certainement pas accepté un nouvel entrant et demandait (à raison vu la valeur du fond) des garanties qu’aucune PME locale ou même européenne n’aurait su apporter.

      Notre environnement économique, social, culturel ne sait pas générer des Google. Il faut l’accepter ou alors le changer. Mais j’ai pas encore vu de volonté politique pour le deuxième point !

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3