Enquête 17/08/2009 à 15h53

L'album, espèce menacée (2/2) : l'expérience numérique totale

LesInrocks.com"
Mael Inizan | Silicon Maniacs


La question secoue le monde de la musique. Le bon vieil album serait-il en train de doucement se dissoudre dans un univers de buzz et de single ?

Au-delà de la Crise de l’industrie du disque, c’est une façon de penser l’œuvre musicale qui vacille. Rue89 et les Inrocks.com s’associent pour une enquête en deux volets sur la mort du format album.

L’album, un format dépassé ? La révolution serait déjà amorcée. Paul Karlinsky travaille dans le département stratégie d’un grand groupe de distribution culturelle. Il souhaite garder l’anonymat et utilise un pseudonyme. Le sujet est trop sensible et sa position trop tranchée.

Il prédit purement et simplement la fin de l’album et de son format « contraignant » et « archaïque » au profit d’un univers artistique numérique :

« Aujourd’hui, le format numérique libère les artistes. Ce qui reste, c’est le besoin d’un univers structuré. Le format numérique offre la possibilité de proposer une expérience totale en fédérant une communauté à travers un univers visuel et évènementiel beaucoup plus riche, une signature esthétique. »

Le format numérique « libère les artistes »

33 tours, 45 tours ou CD, jusqu’ici, les artistes ont toujours dû s’adapter aux contraintes et aux limites de leurs supports. Le marché de la musique s’est construit sur les ventes de disques. Cependant pour Paul Karlinski, ce n’est finalement qu’un hasard lié à une simple contrainte industrielle.

Selon lui, les artistes ont bien plus à proposer qu’un simple album par an suivi de quelques concerts. La musique est entrée dans l’air de la révolution numérique. Les barrières de la diffusion et de la création sont renversées. Les artistes peuvent offrir à leurs fans une expérience totale. Développer leur univers pour s’y exprimer librement.

Un album numérique pour sauver les majors

C’est un peu l’idée à la base du CMX, sorte d’album numérique total que seraient en train de finaliser, à en croire un récent article du Times online, Sony, Universal EMI et Warner. Il ne s’agit pas simplement de regrouper dix morceaux, mais de proposer des vidéos, textes, illustrations...

Le CMX devrait être disponible en novembre pour quelques albums, notamment celui de U2. Apple, qui aurait refusé le projet de ces majors il y a quelques mois, serait aujourd’hui en train de travailler sur son propre projet, qui pourrait voir le jour d’ici deux mois. En attendant, majors et musiciens tentent d’occuper le terrain sur le Net pour maintenir les ventes de CD.

Nine Inch Nails, l’archétype du groupe 2.0.

Groupe de rock industriel américain créé en 1988, Nine Inch Nails revendique plus de 300 000 membres sur son site Internet et 140 000 sur son Facebook. Forums de discussion, vidéos et photos des derniers concerts et bien sûr nouveaux morceaux en ligne. Il possède même une application iPhone.

Les fans sont invités à proposer leurs propres remix. Ils partagent la vie du groupe jusqu’à suivre les tribulations quotidiennes de son leader, Trent Reznor, sur son Twitter. Pourtant, en dépit d’un univers numérique particulièrement riche, le groupe continue malgré tout de sortir des albums. Un événement toujours très attendu par les fans.

Créer le buzz pour assurer les ventes

Pour Vincent Demarthe, manager de Rhoff et d’OrelSan, il est encore trop tôt pour parier sur la fin de l’album. Le numérique bouleverse la manière de penser et de vendre la musique. Cependant il considère que ni le public, ni les artistes, ni même les maisons de disque ne sont encore prêts à abandonner ce format :

« Toute l’industrie du disque est basée sur l’album. Les artistes ne signent pas en durée d’engagement, mais en nombre de sortie d’albums. Ce sont les formats longs qui permettent de rentabiliser l’investissement fait sur un artiste. Aujourd’hui, le marché du numérique représente moins de 15% des ventes de musique en France et tout juste 30% aux Etats-Unis. Il s’adresse encore à un public limité. »

Membre du groupe TTC, Cuiziner explique lui de son côté qu’Internet joue le rôle des mixtapes ou des streetCD, il créé du buzz :

« Le numérique permet de rester présent entre deux albums et de garder la main. Il faut donner des choses aux fans, ils l’attendent. »

Tester la réaction du public et entretenir une relation plus personnelle avec ses fans, donc. Les artistes sont constamment sur le devant de la scène, mais ce n’est qu’un « jeu » pour faire patienter jusqu’à la sortie du prochain disque.

« Buzz » contre album ?

Encore loin de remplacer l’album, l’univers numérique et le buzz collaborent au contraire à son succès. Ils participent à la création du mythe qui assurera le boom des ventes. Le jeune rappeur OrelSan s’est fait connaître en créant l’événement sur Internet :

« J’ai été contacté parce que je proposais tout un univers. De la musique, de la vidéo et déjà un public. »

A une époque où les maisons de disque rechignent à signer de nouveaux artistes, un premier succès sur Internet fonctionne comme une garantie. « Une fois qu’ils sont signés, les nouveaux artistes rentrent dans le schéma traditionnel de l’album », remarque Vincent Demarthe, son manager. Pour les jeunes artistes, l’album fait encore office d’examen de passage.

Un format qui prend la mesure de son époque ?

La montée en puissance du single et des buzz ne serait finalement qu’un mirage qui fait croire à la fin de l’album. Dans les années 1960-1970, les 45 tours se vendaient bien mieux que les 33 tours. Pourtant, loin de disparaître, les albums sont restés jusqu’à aujourd’hui le format de référence.

Selon Chryde de La Blogothèque, malgré le changement des habitudes de consommation, le format album a encore de beaux jours devant lui :

« On pourrait croire qu’il est menacé, mais il tient encore bien la route. Les groupes continuent à en faire, et les maisons de disques à penser que c’est “le format”. En revanche, c’est du côté de l’écoute que ça change car l’auditeur peut faire ce qu’il veut.

Mais si on regarde bien, le public continue d’attendre le nouvel album. La chose qui change vraiment c’est qu’une fois qu’il l’a, il n’en garde que ce qui lui plait dans son baladeur MP3. »

Enfin, pour Hamé de la Rumeur, la pérennité du format album n’est finalement qu’une question accessoire. L’industrie de la musique n’est pas la seule à traverser une crise. C’est l’ensemble des secteurs sociaux et économiques qui sont touchés :

« Ce qui compte, c’est la capacité de la nouvelle génération d’artistes à prendre la mesure de son époque. Les contextes de crise sont propices à la création artistique. Elle a besoin d’espace et la question du format se résoudra d’elle-même. »

Publié initialement sur
LesInrocks.com
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  • Arnaud Aubron
    Arnaud Aubron
    Les Inrocks (et ex-Rue89)
    • Posté à 16h15 le 17/08/2009
    • Internaute 77
      Les Inrocks (et ex-Rue89)

    C’est très vrai, mais à la décharge de Mael, il a écrit son papier il y a longtemps déjà et nos partentaires des Inrocks ont déjà consacré un article aux déclarations de Radiohead :

    Lien

    J’aurais dû le remettre à jour, mais heureusement vous êtes là pour le faire, c’est l’avantage d’un site participatif.

    Voilà, ma conclusion : Radiohead confirme qu’on a eu la bonne intuition en faisant cette grande enquête. Merci Tom ; -)

    • marjorie
      marjorie répond à Arnaud Aubron
      riveraine occasionnelle de plus (...)
      • Posté à 16h20 le 17/08/2009
      • Internaute 34378
        riveraine occasionnelle de plus (...)

      Le site participatif je suis en plein dedans, vu que je suis en charge de radiohead.fr.... et j’imaginais déjà les mails (souvent critiques envers les inrocks....) que j’aurais reçus d’où mon anticipation... merci d’avoir répondu donc !

       
      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à marjorie
        journaleux - blogueur
        • Posté à 19h09 le 17/08/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        En lisant l’autre jour la réponse à ceci :

        Lien

        je n’avais pas compris le « on »…

        maintenant, je pige mieux.

        En effet, une mise à jour n’aurait pas pu faire de mal…

      1 autres commentaires
  • H0me_r
    H0me_r
    Penseur en activité....
    • Posté à 16h14 le 17/08/2009
    • Internaute 74022
      Penseur en activité....

    « Ce qui compte, c’est la capacité de la nouvelle génération d’artistes à prendre la mesure de son époque ». On a tellement bien construit notre mode de vie qu’on en est complètement dépendant. Même les artistes y ont droit. Et moi qui pensait que c’était une profession complètement écartée du pouvoir de l’argent....
    A mon avis, art ne rimera jamais avec consommation. Tant qu’on aura pas compris ça, c’est toute la musique qui est morte.

    • shillom
      shillom répond à H0me_r
      • Posté à 16h19 le 17/08/2009
      • Internaute 22134

      Je ne saurais que vous conseiller la lecture de « La société du spectacle » de Debord.

    • pablico
      pablico répond à H0me_r
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 16h35 le 17/08/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      entièrement d’accord. l’art doit être un cri, une révolte, une vue nouvelle..sinon on retombe dans l’art académique.

      c’est la différence entre un artisan et un artiste.

      leurs œuvres sont aussi belles, mais dans celles de l’artiste il doit y avoir quelque chose de nouveau, de créatif, de « révolutionnaire », de dérangeant....donc un truc où l’argent vient bien après...

      • Flore Balthazar
        Flore Balthazar répond à pablico
        auteur de bédés
        • Posté à 08h33 le 18/08/2009
        • Internaute 58108
          auteur de bédés

        Vous oubliez un détail mesquin mais indispensable : pour pousser son cri, l’artiste doit en général être en vie, donc relativement nourri.

        Les plus grands artistes de l’histoire n’étaient pas des crève-la-faim créant dans la fièvre et dans une mansarde mal éclairée. Cela, c’est la vision romantique, fausse en très grande partie.

        Jean-Sébastien Bach était maître de chapelle, Michel-Ange était grassement payé, notamment par les Médicis, Picasso a rarement été dans le besoin... Frank Capra disait « Je ne pense qu’à l’art, moyennant finances ».
        Si l’argent, ou du moins un moyen de subsistance, n’est pas une finalité, il est du moins une nécessité incontournable, comme pour tout un chacun.

        Si je vous cite Bach et son poste de maître de chapelle, vous me rétorquerez : « Et Mozart, alors, hein ? ». Certes, Mozart a vécu la fin de sa vie dans la misère pour ne point être esclave d’un quelconque prince-archevêque. Mais il est mort en regrettant que sa vie se termine justement au moment où il retrouvait une stabilité financière qui lui permettrait de « créer enfin » ! (on est en droit de regretter ne pas savoir ce que signifiait pour Mozart « créer enfin »).

        Pour rémunérer les artistes, plusieurs systèmes ont existé, du mécénat à la rémunération d’état en Union Soviétique, en passant par le droit d’auteur. Aucun n’est idéal, certes, mais il serait encore plus dommage de laisser les artistes crever sous prétexte qu’ils ne doivent penser qu’à l’art. Avez-vous déjà essayé de ne penser qu’à l’art le ventre vide et l’angoisse au coeur à l’idée de ne pouvoir trouver de moyen de subsistance ?

        Par ailleurs, la distinction entre artiste et artisan sur la base uniquement de l’intérêt pour l’argent me semble très rhétorique : il me serait tout à fait possible de vous citer des artistes incontournables, ayant bouleversé leur époque et sa manière de penser, et qui étaient d’autre part des gens très intéressés, voire cupides.

         
        • InSitu
          InSitu répond à Flore Balthazar
          • Posté à 13h37 le 19/08/2009
          • Internaute 18520

          Notes :
          Les périodes bleue et rose de Picasso, c’était parce qu’il aimait bien cette couleur ?
          Capra faisait des films, ce qui nécessite bien plus d’argent.

        1 autres commentaires
  • shillom
    • Posté à 16h20 le 17/08/2009
    • Internaute 22134

    Mais non !
    Le format disons transportable type mp3 a son intérêt, mais le disque en a un aussi. Toucher cette galette, la glisser dans (sur) le lecteur, et appuyer sur play est quand même plus sympa que fouiller son disque dur ou selectionner un morceau dans son logiciel de lecture favori.

    Je copie toujours mes cds en mp3 ou en ogg, je les lis sur mon lecteur nomade, parfois chez moi, c’est pratique pour ne pas chercher un nouveau disque toutes les heures, mais si je suis seul, je prend mon cd sur l’étagère et j’apprécie.

    J’espère que les éditeurs ne feront pas cette bêtise... J’ai pas envie de passer ma vie devant un écran, fut-ce pour y retrouver les informations d’un livret de CD...

    D’ailleurs, notez comme 20 ans après l’esplosion du CD ils se mettent à rééditer des vinyls... vont-ils nous refaire la même ? Les formats peuvent cohabiter, il faudrait peut être se poser la bonne question. Une piste, pourquoi je peux acheter un CD à 10€ directement auprès de mon label favori, et que je le trouve à 18 à la FNAC ?

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à shillom
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 16h37 le 17/08/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Entièrement d’accord. Juste un détail : nous ne parlons pas ici de support physique ou numérique (bien que ce soit lié), mais du format album (c’est-à-dire une douzaine de chansons avec intro et outro) par rapport à la sortie de singles sans liens les uns aux autres, comme se propose désormais de faire Radiohead.

      • shillom
        shillom répond à Arnaud Aubron
        • Posté à 14h16 le 18/08/2009
        • Internaute 22134

        Effectivement j’ai un peu détourné le sujet.

        Sans album la création musicale se tournerait résolument vers le modèle tubes-kleenex qui semble adopté par de nombreux producteurs dès qu’il s’agit de toucher un large public. Qu’en serait-il des musiques moins populaires ? J’ai du mal à imaginer un Truffaz, un Romane ou des mecs comme ceux qui composent le groupe Midnite (5 ou 6 albums par an...) enregistrant un titre à la fois, plutôt que de profiter d’un studio loué à la semaine ou au mois pour inviter d’autres musiciens, tester des possibilités, faire intervenir tel instrument sur telle composition, profiter d’une session jam...
        Ca serait limiter la musique à son commerce en somme... Rentabiliser au maximum un titre avant d’en sortir un nouveau, couper les musiciens de leur public en décomposant la musique, et s’éloigner terriblement de la créativité.

  • toots
    toots
    void
    • Posté à 17h01 le 17/08/2009
    • Internaute 15123
      void

    C’est un peu dommage de construire l’article autour d’un story-telling sur la prétendue disparition du format album. Au final ce n’est qu’un détail qui n’a pas autant d’importance que celle qui lui est consacré dans l’article je pense.

    Ceci dit c’est un très bon article, j’ai bien aimé lire les différentes idées qui se dégagent petit à petit.

    A noter enfin que les technologies modernes n’ont pas que comme effet de pousser vers l’avant, il y a aussi des phénomènes de retour en arrière. En particulier le « marché » des disques vinyl est en forte augmentation ces dernières années. Pas de quoi remplacer le CD certes, mais un phénomène palpable.

    ... et pour le coup, ce sont des albums qui se vendent en vinyls, et souvent des disques d’occas de vieux groupes ! : -)

  • Gilles.de.rays
    Gilles.de.rays
    éducateur
    • Posté à 17h04 le 17/08/2009
    • Internaute 49806
      éducateur

    Un collaborateur de grand groupe qui ose prononcer le mot « archaïsme », c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité à l’heure d’ HADOPI.

  • dahubahu
    dahubahu
    ouvrier
    • Posté à 17h40 le 17/08/2009
    • Internaute 67571
      ouvrier

    il n ont pas vu le vent tourner tellement qu ils se faisaient du fric se sont les majors qui coulent les artistes et toute une industrie dérriere

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h13 le 17/08/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Les majors vont passer au CMX, l’album sera réservé aux petits labels, comme le vinyl aujourd’hui.
    Internet permet à chacun de balancer un travail inachevé, ou sans soutien pro, en téléchargement libre, et c’est génial.

    Mais on prend du plaisir à lire un bouquin, même si on aime aussi profiter de la pensée du vulgum pecus sur interneuneute.

    PS : l’apprenti journaliste qui cite Hamé de La Rumeur va pas se faire que des amis chez les grands de ce monde. Faudra gazer à l’écrit, parce qu’à l’oral ils vous reconnaîtront.

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 18h24 le 17/08/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    Les albums disparaitront lorsque les majors l’auront décidé... c’est le format le plus rentable, et il permet de passer en douce les nanars qui ne se seraient jamais vendus en single...

    Les industriels du disque font et défont les modes, comme les grands couturiers, et, après avoir déformé les oreilles pour passer aux CD’s, plus payants que les vinyles, ils passeront au format qu’ils auront décidé comme rapportant le plus de fric... On peut compter sur eux pour mettre toute la vaseline nécessaire à nous le faire passer...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h34 le 17/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Je vois pas ce que vient faire les buzz la dedans. Un buzz ça se fume ; un album ça s’écoute : D

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 18h43 le 17/08/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    vinyl , cd ,asteur la clé usb, et demain ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h46 le 17/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Ce qui est évident, c’est que les Majors ont compris que la guerre était une guerre d’occupation de notre temps : tout le temps que vous passez avec un artiste, vous ne l’utilisez pas pour ceux de la concurrence. Et si chacun a des centaines de titres MP3 en attente d’écoute, c’est bien le temps qui est précieux.
    Alors ils veulent occuper le terrain, en proposant une production ininterrompue de petites crottes en rapport avec l’artiste. Et provoquer un comportement addictif.
    J’aime bien l’argumentaire visant à satisfaire les fans. Dans ces discours, remplacez « fan » par « couillon » et vous aurez tout compris.

  • glafouk
    • Posté à 18h58 le 17/08/2009
    • Internaute 14743

    Ah les joies du format... De bonnes cases qu’on y rentre dedans...
    C’est étonnant d’voir ainsi la mort donc du format « album », c’est presque être ultra optimiste en l’humain et à sa prétendue capacité à changer...
    Le cinema lui aussi vie soit disant sa révolution numérique, pourtant un docu ça fait toujours 52 minutes (sag warum ? ? ? heu... « c’est comme ça, lalala lala ! »), un film « de base » c’est 1h30 (grosso dans modo, après certains osent le 2h voir 3h30 mais c’est rare) ; Les divers gouvernements en font voir masse de couleur à l’éducation de la nation, mais la rédac’ c’est toujours introduction/développement/conclusion. Donc le dit « album » a de forte chance de continuer sa vie, qu’il soit une vraie histoire (avec in et outro) ou une simple collection de divers morceaux...
    Le CMX d’après ce que ça raconte là, bah c’est juste un « album » avec des goodies en plus, mais ça reste le même principe... Sauf qu’au lieu de tout donner d’un coup, on vendra l’truc avec du teasing à base de « ouais, demain le prochain titre de polka hardcore de JM Morandini, ne zappez pas, restez connectés, cliquez nos bannières ! ! ! Et n’oubliez pas d’aller voir la vidéo où on le vois répéter dans son jardin [images exclusives, enfin qu’on retrouvera sur youtube par ailleurs mais bon...]. En attendant le prochain morceau, amusez vous avec les 2 déjà sortis et lisez donc son billet d’humeur à propos du tenia... ». Et puis ils vont bien nous remettre une petite louche de 2.0 avec des « vous aussi payez pour décider si on met plus de basse dans le prochain mix ». Et après tout ce barnum en longueur, bah m’sieur l’artiste il aura peut être envie d’un repos bien mérité pour retrouver des idées (a moins que comme le sculpteur César, il ai l’inspiration pour couler un nouveau bronze tous les matins, mais j’doute) donc y’aura une période de « vide » qu’on se fera un plaisir d’animer avec des « votez pour votre version de la reprise du titre numéro 7 » et autres... Et on nous diras « regardez, c’est du jamais vu ! », waouw...

  • chapolin
    chapolin
    scoresdownload.com
    • Posté à 19h16 le 17/08/2009
    • Internaute 41320
      scoresdownload.com

    NON l’album n’est pas une espèce menacée et loin de là.

    Aujourd’hui on fait même un album beaucoup plus facilement qu’hier et tous les artistes y ont accès. Alors les albums ne sont pas prêt de s’éteindre.
    Aujourd’hui l’album est une chose obligée pour tout nouveau groupe, ce qui n’empèche pas le numérique bien au contraire. Mais avec les moyens actuels les albums se distribuent directement de la main à la main sur les lieux de concerts par exemple et par les artistes eux-même. Là ou un artiste gagnait sur son album en moyenne 5 cts d’euros, il gagne maintenant la totalité des gains de l’album. Le calcul est vite fait pour un groupe qui joue souvent et qui à chaque fois vendra quelques albums. De plus avoir un album à laisser pour demarcher est une chose obligée.

    Pour un musicien c’est aussi un objet mythique. Le rêve de tous : faire un album.

    Pour une somme modique on peut avoir son studio à la maison et çà va encore se démocratiser. Il va donc y avoir de plus en plus d’albums mais qui ne passeront pas par les grands studios de toute façon inaccessibles.

    Par contre ce qui est menacé ce sont les majors ou plutôt je dirais leur monopole. Allez par exemple sur le site Jamendo et découvrez 23 000 albums en téléchargement libre.

    En même temps cet acces au monde musical de plus en plus démocratique, libre et gratuit, sous des licences légales qui protègent le partage, augmente logiquement l’acces aux différentes cultures pour un public de plus en plus large. Inversement les barrières dues aux dictats stylistiques des majors tendent à s’éroder et tomber. C’est indéniablement un progrès humain.

  • roberto.roberto
    roberto.roberto
    Charmant garçon
    • Posté à 20h04 le 17/08/2009
    • Internaute 73010
      Charmant garçon

    J’ai fait un rêve :

    Il n’y avait que des artistes « pauvres », les gens du show plus « business » l’étaient également.

    mais bizarrement, la qualité de la production artistique n’avait pas chuté !

    Le fric n’aurait donc pas d’impact sur l’art ?

    Je me suis réveillé (pas en sueur quand même !) et j’ai ri, tout cela n’existera jamais

    Quoique...

  • Carlito_Gaucho-
    Carlito_Gaucho-
    AUVERGNAT
    • Posté à 21h54 le 17/08/2009
    • Internaute 87606
      AUVERGNAT

    le support musical n’est qu’une question commercial
    vous notez Mr Yorke comme figure de proue dans la lutte opposant les artistes aux majors, vous semblez oublier celui qui a revolutionné la diffusion de ses oeuvres, a savoir Mr Prince.
    L’un des plus gros vendeurs des années 80 a meme ete oblige de changer son nom de scene a l’opposé de son eternel rival Mr Jackson.

    La scene reste l’unique endroit ou l’artiste, sous entendu le vrai artiste, jouit de son entiere integrité et authenticité musicale car l’album doit se conformer au carcan souhaite par les majors
    Ainsi, Prince qui souhaitait sortir plus d’un album par an, n’a pas pu le faire au moment ou il le voulait ( il a pu se realiser comme il l’entendait en autoproduction d’album, puis par telechargement )
    Aussi, pour l’artiste moderne, le support constitue un moyen pour attirer l’auditeur a son concert

    Pour les autres artistes, vous devez acheter un album formaté, ou 90% du prix que vous payer va dans la poche de personne qui n’ont strictement rien a voir avec la musique, ce qui est dans mon cas totalement impensable ( je suis pas fetichiste je n’accorde pas d’importance au contenant, mais bel et bien au contenu )
    Sinon vous attendez 100ans qu’il tombe dans le domaine publique, et dieu sait que vous perdrez en culture.
    Alors, vous savez ce qu’il vous reste a faire, c’est a dire etre a l’affut des dates qui vous importe ( et puis rien ne remplace le contact direct entre l’artiste et son fan )

  • mick69
    • Posté à 21h50 le 17/08/2009
    • Internaute 2907

    Dans l’histoire de la peinture et de la musique, les plus grands artistes sont aussi bien pauvres (Mozart, Van Gogh) que richissimes (Lully, Dali). Ca n’a pas de rapport.

    Certains musiciens ont besoin de beaucoup d’argent pour faire leur truc. Par exemple, Stockhausen et son morceau pour 4 hélicoptères ! Autre exemple, les premiers samplers numériques (Synclavier et Fairlight) coutaient 1 million de francs vers 1980. Ce sont donc des stars très riches qui ont défriché ce domaine sonore (Peter Gabriel, Trevor Horn, Zappa...)

    Tout ça pour dire que la production gratos sur internet n’est pas une fin en soi pour tous les musiciens

  • arseneth
    arseneth
    Intermittent tv et Webmaster
    • Posté à 21h53 le 17/08/2009
    • Internaute 55190
      Intermittent tv et Webmaster

    La solution pour les artistes serait de sortir un titre tous les mois sur leur site web (myspace/facebook/itunes/site officiel...) avec, pourquoi pas, du contenu divers l’accompagnant : illustration, article, clip, actualité.
    Un peu comme « La chanson du dimanche », et les buzz réguliers qui suivent l’actualité (ou pas) : « Coup de boule », les Bratisla Boys, Make the girl dance (Baby Baby)...
    Ce titre serait proposé gratuitement en écoute afin qu’il soit diffusé et partagé dans la communauté internet.
    L’accès aux anciens titres serait lui par contre payant, mais à très faible coût (50cts max) et facilement payable (itunes, paypal).
    Cette politique de « singueulisation » permet de fidéliser l’auditeur et de créer une actualité permanente sur un artiste. On peut même imaginer qu’en concert des titres inédits soient joués et qu’on puisse accéder à un live du concert à partir du site web.
    Personnellement je pense qu’internet est devenu le meilleur moyen pour la musique de se faire connaitre. Les téléchargements avec emule c’est terminé : Adopi c’est mort-né. Pour écouter un titre, les gens utilisent deezer ou youtube. Tous les clips sur youtube contabilisent des millions et des millions de visionnages.
    Il y a aussi tout un aspect technique à développé sur internet. Les webmasters des artistes doivent donner la possibilité à leurs clients de pouvoir administrer leur site : ajouter une vidéo youtube, un lecteur mp3, du texte, des images... Myspace a vampirisé les sites officiels. En rendant facile la possibilité d’administrer son image, les myspace sont devenu un gros bordel avec énormément de contenu et tout un tas de bidouilles pour rendre son site un peu moins similaire aux autres. Les artistes ont espéré un espace à eux et finalement ils ont encore eu plus besoin d’un « webmaster myspace » tellement chaque modification de leur page pouvait tout rendre illisible sans comprendre pourquoi.
    Avec les outils actuels : le langage Ajax, la base du web 2.0, et les systèmes de blog de type WordPress, il est très simple de donner aux artistes la possibilité d’administrer leur image sur leur site officiel. Facebook est en train de préparer le terrain en proposant des solutions de ce type, en ajoutant l’intéraction avec le public sous forme de commentaires.
    Donc ceci est un appel aux artistes et aux professionnels de la musique : Ne passez pas à côté de cette évolution numérique.
    Je suis webmaster mais aussi public, j’ai besoin de cette musique et de nouveautés en permanence. Le téléchargement illégal n’a pas tué la création, il a tué la communication et la diffusion. Il n’y a jamais eu autant de création depuis l’entrée sur internet des artistes. Et en même temps toute cette création, personne ne l’a entendue, les gens ont encore l’impression d’écouter toujours la même soupe. Seuls quelques artistes squattent le top 50 depuis des années. Hého les maisons de disques, investissez dans vos chasseurs de tête sur internet, les internautes ne vont pas toujours faire le boulot à votre place pour vous sortir des Grégoire et des Ok Go.
    Allez hop, au boulot là dedans.

  • sinclair
    • Posté à 21h57 le 17/08/2009
    • Internaute 2580

    Pourquoi ne pas appeler cela de son nom, recueil ou compil ou moyen de faire passer quelques navets avec un ou deux tubes.

    Ce format est moribond depuis longtemps il agonise. A part les collectionneurs et les fans qui va acheter ce genre de truc ?

    Une simple clef USB à 2 ou 3 € permet de compiler et changer a l’envie dans l’ordre choisi plusieurs centaines de chansons ou musique en MP3 pour écoute sur auto radio ou chaine ou tout ce que vous voudrez.

    • Un vieux
      Un vieux répond à sinclair
      retraité
      • Posté à 23h01 le 17/08/2009
      • Internaute 38946
        retraité

      Je le sens mal... Je ne me vois pas prendre l’album de Deep Purple au Royal Albert Hall, d’en changer l’ordre, de le compiler, et, surtout, le coder en .mp3... De plus, il dépasse largement les 40 mns...

      Quant à Pink Flloyd, quand je pose le bras de la Thorens sur l’album « Meedle », casque Böse branché sur les Mc Intosh, le seul moment que je maudits est le changement de face de la galette... Mais je n’y changerais une croche pour rien au monde... Du vent qui se lève, aux échos d’un autre monde où la Starcacadémie n’a pas sa place...

      Un artiste se remet toujours en question et cherche toujours mieux ne tenant que très peu compte de l’argent... Les friqués, eux, se contentent de surfer sur la vague qui rapporte, artistes ou pas...

    • Ritonhue
      Ritonhue répond à sinclair
      Anti Bruitiste
      • Posté à 11h38 le 18/08/2009
      • Internaute 79700
        Anti Bruitiste

      Privilégier la quantité à la qualité, bravo Monsieur ! J’applaudis haut et fort...

  • leinaDaniel
    leinaDaniel
    retraité
    • Posté à 22h36 le 17/08/2009
    • Internaute 85432
      retraité

    l’album correspondait à une durée maxi, d’abord du 33 tours, puis du CD. maintenant, tu peux bien faire un ’album’ de 4 chansons ou d’un seul morceaux de deux heures, il n’y a que la contrainte commerciale qui t’en empeche.
    au sujet du ou des formats numériques, pour ma part, je passe par l’Itunes Music Store depuis 3/4 ans et je n’achete plus de CD bien que regrettant le petit livret ou son marqués les musiciens et techniciens. le format AAC est moins destructeur que le mp3. et quand j’écoute Eddy Mitchell dire que ceux qui ecoutent du MP3 n’ont pas d’oreille, je pense que ce monsieur oublie que la compression déja existante au mixage sur la variété (qu’il fait lui même) est déjà destructrice et que de toute façon, on s’en fout car ça ne mérite pas mieux. si pour le jazz ou le classique la compression mp3 est pénalisante, plus qu’en AAC, pour du produit commercial qui ne durera qu’une saison, c’est bien suffisant

  • Airinys
    • Posté à 23h25 le 17/08/2009
    • Internaute 52467

    La seule chose qui est dépassée dans l’industrie musicale, ce sont les prix.

    Petit rappel de l’économie de marché :
    Le prix varie dans le même sens que la demande, et dans le sens opposée à l’offre.

    Appliqué à la musique qui peut être offerte à l’infinie pour un coût quasi nul, le prix devrait tendre vers 0, et pas vers 0,99 € TTC.

    Rien ne justifie le prix actuel de la musique, qui n’est qu’un produit dérivé d’un spectacle si on y réfléchit bien.

    Le capitalisme ce n’est pas seulement baisser les prix agricoles jusqu’au ridicules, et augmenter le prix des logements jusqu’à l’absurde.

    • Albufera
      Albufera répond à Airinys
      Observateur.
      • Posté à 13h08 le 18/08/2009
      • Internaute 29241
        Observateur.

      Vous avez une curieuse conception de l’ économie de marché, du fonctionnement de l’ offre et de la demande : celui qui produit est libre de fixer son prix face à la demande qui est libre de ne pas acheter si elle estime que le prix est trop élevé. Le prix (fixé par le producteur selon ses objectifs) n’ est pas la valeur (qui correspond au coup de production). Si on appliquait votre raisonnement aux salaires (qui sont des prix particuliers), on pourrait les abaisser à pas grand chose puisque vous pourriez très bien vivre et travailler en habitant dehors sous des cartons habillés chez Emaus et en vous nourrissant aux restos du coeur. Théoriquement, seuls les biens et services correspondant aux services publics échappent au marché (comme la santé), leurs prix se situant souvent au niveau ou plus bas que leurs coûts réels. En quoi la production musicale privée effectuée par des artistes privés auraient à voir avec un service public lorsqu’ elle n’ est pas tombée dans le domaine public. J’ aimerais qu’ on mette la même vigueur à défendre l’ hôpital et la santé au moment où le gouvernement s’ emploie à liquider notre système de sécurité sociale qu’ à défendre l’ accès gratuit à Johnny Halliday ou à Madonna avec lequel on nous amuse....

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 00h26 le 18/08/2009
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    « J’ai été contacté parce que je proposais tout un univers. De la musique, de la vidéo et déjà un public. »
    ce qu’il peut être naïf Orelsan. ce n’est pas son « univers » qui intéressait sa maison de disque, mais le simple fait qu’il avait fait leur boulot avant de signer. sinon, le label aurait il pris le « risque » de le signer ?

  • raphahead
    raphahead
    Gredin
    • Posté à 01h09 le 18/08/2009
    • Internaute 24943
      Gredin

    il y a un élément intéressant à considérer et il me semble que l’on insiste pas assez dessus : évidemment que la musique numérique s’approprie peu à peu le marché, mais l’album ne disparaitra pas au même titre que la musique des années 50, 60, 70, 80 ne disparaitra pas. Les innovations ne concernent évidemment que les groupes qui sont encore en activité et qui ont une certaine capacité à choisir leur destin.
    Si vous êtes fans de Nine Inch Nails, vous allez suivre ce que le groupe fait et propose sur le net. Si vous êtes fans des Doors, vous allez sans doute écoutés leur musique en vinyle et fouiner pour trouver ceux que vous n’avez pas dans les magasins ou brocantes. Parier sur la fin de l’album comme le fait ce cher « Paul Karlinsky », c’est oublier un peu la musique qui s’est faite avant, et tout un pan de la musique qui gardera son authenticité (et donc « ses » formats) car elle n’a à entrer dans cette problématique. En ce sens, c’est un point de vue purement marketing, et qui zappe la musique en elle même et ses amateurs

  • marre.du.pipe.hole
    • Posté à 11h43 le 18/08/2009
    • Internaute 20543

    Peu d’artistes ont pris la « mesure » de leur époque .

    Si « ils » avaient pris compte les différents moyens actuels pour distribuer leurs oeuvres , « ils » n’auraient jamais signé de contrats avec qui que ce soit .

    De nos jours , un artiste peut enregistrer , distribuer et produire son propre album , sans l’aide d’aucunes maison de disque , il peut même se passer de la fameuse « sortie dans les bacs »....

    Et choisir lui même le prix d’un titre......

  • Ghosthhawk
    Ghosthhawk
    étudiant
    • Posté à 15h20 le 18/08/2009
    • Internaute 87941
      étudiant

    L’industrie du disque souffre déjà beaucoup du peer-to-peer donc je pense que si elle veule continuer a survivre elle devront s’adapter a la nouvelle generation digitale.