Les Anglais bien partis pour pirater la loi Hadopi
Le gouvernement travaille sur une loi contre le téléchargement illégal très inspirée du dispositif français qui divise les artistes.
Une loi privant les adeptes du téléchargement illégal de leur accès à Internet. Un gouvernement accusé de collusion avec les majors du disque et du cinéma. Des membres de la majorité qui se rebiffent en jugeant le projet complètement irréaliste. Ça ne vous rappelle rien ?
Le gouvernement français n’a toujours pas réussi à faire voter la loi Hadopi, mais il peut déjà se féliciter de l’avoir exportée. Selon The Independent, la Grande-Bretagne travaille sur un texte similaire.
Les travaillistes veulent des sanctions similaires
Son auteur : Peter Mandelson, ministre du Commerce et pilier de la majorité travailliste. Comme en France, l’affaire serait confiée à une autorité administrative indépendante, l’Ofcom, l’équivalent local du CSA et de l’Arcep.
Comme l’Hadopi, l’Ofcom serait chargée de repérer les pirates grâce à leurs adresses IP. Et les contrevenants s’exposeraient à des sanctions similaires : un ralentissement de leur accès à Internet voire sa suspension, et des amendes pouvant attendre 50 000 livres (plus de 58 000 euros).
De nombreuses stars françaises avaient soutenu la loi Hadopi, comme Benabar, qui était venu défendre son point de vue dans les locaux de Rue89. The Independent cite, lui, la chanteuse Lily Allen, qui explique ainsi les difficultés de l’industrie musicale et des jeunes artistes :
« Les seuls responsables sont ceux qui téléchargent de la musique illégalement, parce qu’il n’y a plus d’argent pour les groupes. »
Des artistes se rebellent
Certains artistes anglais, et pas des moindres, ont pourtant une autre vision et proposent des alternatives. Comme Radiohead, qui a proposé aux internautes de télécharger son dernier album au prix qu’ils souhaitaient.
Le débat pourrait être encore plus animé qu’en France : la scène indépendante britannique, historiquement méfiante à l’égard des majors, peut faire valoir son poids commercial. La Featured Artists Coalition, formée autour de membres de Radiohead et Blur, appelle ainsi à la rébellion.
La majorité travailliste, elle non plus, n’est pas unanime. Dans une tribune publiée par The Independent, Tom Watson, ancien ministre travailliste en charge du numérique et présenté comme « le premier parlementaire blogueur », explique :
« Non seulement les sanctions risquent de transformer en criminels une grande partie des citoyens britanniques, mais elles vont aussi entraver le développement de technologies qui pourraient transformer la société, sans aucune garantie que cela profitera à nos artistes et à notre culture. »
Accusations de collusion avec l’industrie du disque
Le quotidien conservateur The Times note, lui, une étrange coïncidence. Il y a une semaine, Peter Mandelson, en vacances en Grèce, dînait avec David Geffen, un des poids lourds de l’industrie du disque et du cinéma aux Etats-Unis.
David Geffen a notamment dirigé le label Asylum Records (Bob Dylan, The Eagles, Tom Waits...), puis Geffen Records (Guns’n’Roses, Nirvana, Sonic Youth...). Il est ensuite passé au cinéma, en créant le studio Dreamworks avec Steven Spielberg.
L’occasion était trop belle pour l’opposition, qui accuse le ministre travailliste de défendre un texte écrit en réalité par les majors. Ce sera sans doute la principale différence avec le débat français : en Grande-Bretagne, paradoxalement, les principaux opposants à la loi anti-piratage pourraient bien être les conservateurs.
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- Sur independent.co.ukLe projet de loi sur le piratage dévoilé par The Independent (en anglais)
- Sur timesonline.co.ukLes liens entre le ministre du Commerce et un géant du cinéma révélés par The Times (en anglais)
- Sur independent.co.ukUn ancien ministre dénonce le projet anti-piratage dans The Independent (en anglais)
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alchimiste
alchimiste
Chère Lilly Allen et autres Le Forestier,
Vous considérez que le coût de la promotion de vos oeuvres justifie que j’y cotise, une fois que j’ai entendu 200 fois votre chanson à la radio, vu 20 fois son clip à la télé.
Or, c’est précisément parce que je n’ai pas eu le choix de les connaitre par coeur que je ne considère pas vous devoir quoi que ce soit pour les entendre quand je le choisis. Une fois qu’elle est partout, votre chanson, pardonnez moi, mais je considère qu’elle est payée. Si on m’a donné « 20minutes » dans le métro, je ne vais pas aller payer pour lire « 20minutes » sur internet.
Si vous donnez un concert dans le coin et que j’ai envie de vous connaitre, je paierai ma place. Si je passe un bon moment, je cotiserai à la buvette. Si vous m’avez plu, je paierai volontier un disque ou un téléchargement.
Une fois que vous m’avez gavé avec votre chanson sans que je ne vous aie rien demandé, que je l’aime ou pas, excusez moi, mais une copie est une copie de ma mémoire et pas de votre oeuvre.
Je chante en conduisant, dois-je un forfait kilométrique à la SACEM ?
On fait payer les places de concert, mais quand on joue dans la rue, on met le chapeau, on ne taxe pas les passants, même s’ils s’arrètent.
Je ne télécharge même pas, mais le coeur y est, dear weapons of massive consomption...




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