Dix bonnes raisons de ne pas être nostalgique de Woodstock
Depuis quelques jours c’est Woodstock en veux-tu en voilà. Mais les quarante ans du gigantesque festival hippie valent-ils le coup de se mettre torse nu avec des fleurs dans les cheveux ?
Vous pensez sérieusement
que si on n’était pas le week-end du 15 août et que l’actu n’était pas aussi flinguée on passerait des heures et des heures à vous raconter comment deux jeunes hippies enfumés, Michael Lang (alors connu des services du rock pour avoir organisé avant Woodstock le « Miami Pop Festival ») et Arnie Kornfeld (son voisin) ont réussi à convaincre deux investisseurs gogos new-yorkais d’organiser en 1969 dans un coin paumé de la côté Est des USA (Woodstock donc) un festival regroupant des hippies sales qui ne portent souvent comme seul vêtement qu’un bandeau pour tenir leurs cheveux -sales aussi, les cheveux ? Eh ben non.
Bon, OK, Mickey et Arnie se débrouillent pas trop mal
pour la prog’.
Ils dégottent une trentaine d’artistes dont Creedence Clearwater Revival, Tim Hardin (venu en voisin), Jimi Hendrix, Crosby, Stills, Nash and Young, The Band (voisins également), The Who, Janis Joplin, et leur petit raout, censé accueillir 50 000 personnes, tourne à l’orgie et rassemble près de 450 000 foncedés qui fanfaronnent pendant trois jours durant, à demi nus, fustigeant le grand capital et les méchants -l’Amérique en tête, qui s’embourbe au Vietnam.
Pour peu qu’on ait bu quelques coups, ça doit être sympa et un peu grisant. Mais est-ce une raison pour écrire aujourd’hui comme Paul Quinio (dans l’édition du 15 août de Libération), quarante ans plus tard, et certainement attaqué par le soleil, ces quelques phrases dans un édito « spécial Woodstock », intitulé « Magie » (LOL) :
« Car si personne ne peut sérieusement contester que les années 60 ont changé le monde, il est malheureusement peu probable que du chaos économique planétaire d’aujourd’hui sorte un autre monde.
Il est au contraire à craindre que passé le pic de la crise, tout repartira, en 2010, en 2011, comme avant. Les puissances économiques et financières en tout cas s’y emploient.
Et elles n’ont face à elles aucune jeunesse capable de leur montrer ses fesses, d’opposer à leurs bilans bancaires et autres plans sociaux une utopie de remplacement. »
Francis Cabrel aurait dit ça autrement plus vite : « C’était mieux a-vaint ».

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Il y a eu des certes des groupes pas mal à Woodstock mais pourquoi ne retient-on presque que la performance de Joe Cocker (et non « Cooker » comme le disent 72,6 % des reportages télévisés) avec ses cheveux humides et ses doigts qui jouent de la guitare dans le vide, hein ? (Voir la vidéo)
Le festival, de son vrai nom « The Woodstock Music and Art Fair »,
ne s’est même pas passé à Woodstock même. En vérité c’est à Bethel, à soixante kilomètres de Woodstock, sur les terres d’un fermier dénommé Max Yasgur (qui devait certainement voter Républicain), que se sont déroulées les festivités.
Bref, un peu comme si on avait signé les accords d’Evian à Thollon-les-Mémises, mais bon c’est pas très grave.

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Au total, 450 000 hippies ont donc foulé la pelouse du pauvre Max Yasgur, qui n’a certainement plus rien pu faire pousser rapport aux millions de culs de joints et autres canettes déposés dans l’herbe. L’accès du festival a été rendu gratuit dès le deuxième jour par les organisateurs.
Mais au final, Woodstock est un succès commercial pour les organisateurs, qui rentabilisent la chose grâce aux enregistrements des concerts et aux images, notamment celles tournées par Michael Wadleigh (alors assisté d’un certain Martin Scorsese). Ce dernier qui remporte l’oscar du meilleur documentaire en 1970 avec son film sur le festival.
Woodstock transforme le « flower power » en un véritable produit de consommation de masse. D’ailleurs après les rééditions DVD, les éditions Longbox et patati et patata, on aura bientôt Woodstock le film, Hôtel Woodstock, de Ang Lee, sortie le 23 septembre. Mouais. (Voir la vidéo)

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Pour rire, l’autre bilan de Woodstock selon Wikipédia : « Trois décès (une overdose, une appendicite mal soignée et un accident de tracteur) ». Un accident de tracteur quoi…

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The Deadbeats – Kill The Hippies. Que dire de plus. (Voir la vidéo)
Woodstock n’est pas le premier concert de la génération « peace and love »,
c’est simplement le plus médiatique.
Du 16 au 18 juin 1967 s’était déroulé le festival de Monterey en Californie, qui disposait d’un casting plutôt impressionnant : Jimi Hendrix déjà, Janis Joplin aussi, The Who encore, The Byrds, The Mamas & The Papas, Buffalo Springfield, Simon & Garfunkel, et surtout Otis Redding. A choisir, franchement…

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En décembre 1969, l’excellent chanteur de country Merle Haggard, un peu agacé par les déhanchements woodstockiens et les fleurs dans les tifs, sort une charge anti peace & love, reprise plus tard par le chanteur Kinky Friedman et les Melvins, The Okie From Muskogee.
Un petit chef d’œuvre réactionnaire, à écouter dans son pick-up, à l’arrêt, en caressant la crosse d’un fusil. On n’est pas mieux qu’en plein cagnard à Woodstock ? Ici, une version chantée avec la sublime Tammy Wynette. We don’t smoke majijuana… Hi ha ! (Voir la vidéo)
Et puis regardez ce que sont devenus
les gens qui étaient à Woodtsock, ici le dénommé Wayne Rodgers, 40 ans plus tard. Bon anniversaire Wayne, hmmm. (Voir la vidéo)
En partenariat avec LesInrocks.com
- Sur nouvelobs.com"Woodstock, j'y étais. Et j'ai détesté", article de Newsweek traduit sur LeNouvelObs.com
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yetiblog.org
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Cet article est dégueulasse. Ce mépris, ce « regardez ce qu’ils sont devenus », alors que la seule chose qui vaille pour connaître les êtres humains est de savoir ce qu’ils ont réussi à être, un jour, juste un instant, même pas longtemps !
Je ne crois pas à la grande fraternité de TOUS les êtres. Je sais qu’il y deux trottoirs dans une rue. Et qu’il y a des trottoirs que je n’ai pas envie de partager avec certaines personnes. Qu’il y a des gens qui me poussent volontiers à traverser la rue pour les éviter. Pierre Siankowski, le cynisme suffisant et un brin ridicule qu’il se permet d’étaler, son absence sidérale de considération pour les autres qui transpire à chaque ligne de son billet, son goût manifeste du paraître et sa confusion désolante entre ironie à gros sabots et humour, fait partie de ces gens-là.
Je ne les déteste même pas, je les plains. Le problème n’est pas ce qu’ils vont devenir, comme Wayne Rodgers, mais ce qu’ils sont déjà, comme Pierre Siankowski. Pas grand-chose en fait.




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