14/08/2009 à 16h46

Et si on relocalisait les entreprises parties à l'étranger ?

Amaury Guillem | Reporters d'espoir


C’était une tendance lourde : beaucoup d’entreprises avaient choisi de délocaliser dans des pays à bas coûts une partie de leur activité. Mais certaines reviennent sur cette décision, la faute à des procédures trop complexes, à la qualité insuffisante de la production obtenue ou au coût du transport. la « relocalisation », une nouvelle mode ?

Plusieurs entreprises françaises ont déjà tenté l’aventure. Parmi elles, la coopérative des opticiens Atol, qui avait délocalisé une partie de sa production en Chine. Philippe Peyrard, directeur général, explique : « Nous n’avions pas trouvé de fabricant français qui accepte de travailler sur le projet que nous développions. »

L’un d’entre eux se ravise un an plus tard, et signe avec Atol, qui aura passé un an et demi hors de France, entre 2004 et 2005. Résultat des courses : des lunettes plus chères de 10 euros à 15 euros en sortie d’usine. Mais, pour le directeur de la coopérative, « les consommateurs sont prêts à payer plus cher s’ils savent que c’est fabriqué en France ». Pourquoi pas.

C’est surtout le lancement de montures avec branches interchangeables et de couleurs différentes qui a permis à Atol de passer de 140 euros à 200 euros l’unité, ajoute Philippe Peyrard :

« Les lunettes sont devenues un accessoire de mode, plus qu’une prothèse médicale. Une innovation réussie grâce au savoir-faire jurassien en matière de lunetterie, que nous n’aurions pas pu trouver en Chine ! »

Un mouvement de « relocalisation » des entreprises françaises

Autre entreprise, Majencia (ex-Samas) dont le directeur actuel, Vincent Gruau reconnait :

« Le marché sur lequel nous sommes, celui du mobilier de bureau, était soumis à beaucoup de pression et la direction de l’époque est effectivement allée chercher de meilleurs prix à l’étranger. »

En 2006, retour au bercail, les attentes ont été déçues. Vincent Gruau qui n’hésite pas à parler de « logique antiéconomique », explique :

« Sur les 20% d’économies que nous faisions en produisant en Chine, la moitié finançait les surcoûts liés au transport. On savait à l’avance que ces coûts de transport allaient augmenter dans les années à venir. »

Comme Majencia, l’entreprise Geneviève Lethu a fait les frais de ces coûts de transport dûs à la durée, ce qui a posé des problèmes de disponibilité chez leurs fournisseurs. Et dûs aussi à leur qualité : la vaisselle, ça casse plus que ça ne passe ; aux produits eux-mêmes : couleurs ratées, produits rayés ou brisés, emballages mal faits, etc.

Une situation qui a poussé l’entreprise à rapatrier sa production. Carglass, Nathan, Aquaprod, Jeanneau-Bénéteau et d’autres encore font aussi partie du mouvement.

Mieux vaut préserver de l’emploi que payer du pétrole

Les nouveaux impératifs écologiques pèsent aussi : délocaliser la production alourdit le bilan carbone d’une firme. Pour Vincent Gruau, qui se fournit par exemple en bois auprès de forêts gérées durablement, il était paradoxal de transporter sa production par avion depuis la Chine.

« Nos clients nous interrogent de plus en plus sur l’empreinte écologique de nos produits. En rapatriant la production de la ligne de caissons, nous économisons 500 tonnes de dioxyde de carbone par an. »

Les consommateurs sont aussi sensibles à l’impact social des délocalisations. Le directeur de Majencia le reconnaît :

« En 2006, nous avions une baisse de production sur notre site de Noyon, en Picardie. Au lieu de le fermer et de continuer à produire en Chine, nous avons rapatrié la production sur ce site, ce qui nous a permis de maintenir son activité ».

Le choix de relocaliser n’est donc pas fait sur des critères uniquement financiers. Peut-on parler d’éthique ? Il s’agit plutôt d’une question de cohérence. Pour Philippe Peyrard :

« C’est un acte citoyen. Dans le cas d’Atol, nous nous inscrivons dans une économie solidaire, en tant que coopérative. Sans être soumis à des cours de bourse ou à des actionnaires qu’il faut rémunérer, nous sommes ainsi plus dans le moyen-terme. »

Une association pour aider les entreprises à se réinstaller en France

C’est justement pour accompagner les entreprises dans leur démarche de relocalisation que Majencia, Carglass, Atol et le cabinet Aides d’Etat Conseil ont créé en 2007 une association appelée Comité des entrepreneurs pour un développement responsable de l’économie (Cedre).

L’idée est d’aider les entreprises qui hésitent à délocaliser à bien mesurer, en amont, les avantages et les inconvénients d’une telle démarche :

  • Accompagner celles qui souhaitent aujourd’hui relocaliser tout ou partie de leur activité sur son territoire d’origine.
  • Intervenir auprès des politiques pour que quelques ajustements techniques du code du travail puissent mettre en place des aides spécifiques à destination des entreprises qui reviennent au pays.

Aujourd’hui, la seule mesure en faveur des relocalisations est un crédit d’impôt dont peuvent bénéficier les entreprises, mais dont la complexité est telle que, rares sont celles qui cherchent à l’obtenir.

François Gagnaire, directeur d’Aides Etat Conseil, propose d’aller plus loin :

« Ce qu’il faudrait, c’est qu’elles aient droit aux mêmes aides que celles qui créent une nouvelle activité. Alors qu’aujourd’hui, on a plutôt tendance à punir une entreprise qui revient et recrée de l’emploi, parce qu’elle en a supprimé des dizaines quelques années auparavant.

Généralement, les élus sont plutôt contents de voir une entreprise revenir au pays. Mais les habitants, eux, se souviennent : les licenciements, les reclassements. Ça ne s’oublie pas vite ! »

L’aide à la relocalisation sera difficile à faire accepter politiquement. Sans oublier que relocaliser entraîne des réductions de personnel de l’autre côté de la planète. Les entreprises assurent le contraire, la production qu’elles sous-traitaient ne représentant qu’une petite partie de l’activité du partenaire chinois.

La relocalisation semble être un remède à la crise pour le ministre de la relance

Penser à la relocalisation, c’est commencer par faire des calculs pour voir si l’entreprise a effectivement un intérêt à produire à l’étranger. François Gagnaire estime que :

« Or, en prenant en compte le transport, le coût de la main d’œuvre qui augmente, les assurances, les taux de change, l’éventuelle non-qualité des produits, etc. ; délocaliser une activité n’est pas forcément intéressant d’un point de vue économique.

En revanche, il y a des coûts qui s’appliquent désormais de façon certaine à toutes les entreprises produisant à l’étranger. La taxe carbone, à cause du transport ; le prix du pétrole, qui, une fois la crise terminée, va grimper de nouveau. »

La tendance du « made in France » revient de plein fouet, les consommateurs ayant de plus en plus conscience qu’acheter local, c’est préserver la planète et les emplois près de chez soi. Un argument qui pèse lourd, alors que les licenciements à grande échelle continuent.

« Je suis certain que de plus en plus d’entreprises vont relocaliser parce que d’un point de vue économique, environnemental et social, elles n’ont plus le choix ». Même Patrick Devedjjan, ministre de la Relance, a sollicité l’expertise du Cedre. Au plus haut niveau de l’Etat, on semble envisager la relocalisation comme un remède à la crise.

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  • Carlito_Gaucho-
    Carlito_Gaucho-
    AUVERGNAT
    • Posté à 16h52 le 14/08/2009
    • Internaute 87606
      AUVERGNAT

    ah non !
    bientot on va nous louer les bienfaits de la fonction publique

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h04 le 14/08/2009
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « .....Et si on relocalisait les entreprises parties à l’étranger ? .... »

    ► Suffirait d’un petit coup de pouce,

    en baissant les charges liées à l’embauche (aujourd’hui en France de 84% du net à payer)

    et en augmentant la TVA.. (pour taxer les importations)

    • umff
      umff répond à Pierrrrre
      ...
      • Posté à 17h37 le 14/08/2009
      • Internaute 83477
        ...

      oui mais en taxant le carbone et non la TVA sinon sur la baisse des charges je suis d’accord.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à umff
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 19h02 le 14/08/2009
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ....sur la baisse des charges je suis d’accord..... »

        ► Seule l’augmentation de la TVA pourrait la compenser :
        cela valoriserait la réparation plutôt que le remplacement,
        l’augmentation des prix serait compensée par la baisse liée à la baisse des charges,
        et hausse en parallèle des produits importés,
        et augmentation à l’exportation de la compététivité des produits made in France.

        La Gauche se plante a refuser de telles mesures.

         
        • pablico
          pablico répond à Pierrrrre
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 19h27 le 14/08/2009
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          relocaliser les entreprises !

          le problème va être insoluble. le savoir faire est parti. Les ouvriers français se sont recyclés ailleurs ou sont trop vieux.
          c’est foutu pour la plupart des métiers, à moins de faire venir la main d’œuvre chez nous...et là on aurait un autre problème.

          on a jeté, éradiqué notre compétence, le petit savoir faire..

          il fallait y penser avant..

          Tout a une conséquence, ce n’est pas un jeu de monopoli la vie, l’industrie, les usines.

          exemple : trouvera-t-on assez de marins français ou européens pour remplacer tous les étrangers ? on peut en douter fortement.

          on peut multiplier les exemples..

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à pablico
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 20h30 le 14/08/2009
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « .....Les ouvriers français se sont recyclés ailleurs ou sont trop vieux..... »

            ► Et les jeunes, capables de rien, c’est ça ?

            • pablico
              pablico répond à Pierrrrre
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
              • Posté à 20h33 le 14/08/2009
              • Internaute 14278
                À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

              les jeunes, ils faut les former, les attirer, un vieux doit les éduquer etc...le savoir faire, et le coup de main, l’âme du métier, son amour, ne s’apprend pas sur internet.

              et cela prend du temps..

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à pablico
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 21h21 le 14/08/2009
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « ....et le coup de main, l’âme du métier.... »

                ► Ce ne sont pas ce genre de boulot qu’on délocalise, mais ceux qui nécessitent un travail qui s’apprend en peu de temps pour sa technicité, et peuvent laisser une grande part à l’initiative...
                Les postes aujourd’hui sont souvent polyvalents (il n’est qu’à voir l’adaptabilité des interimaires).
                Ce qui manque, ce ne sont pas les compétences ou leur potentiel,
                ce qui manque, c’est l’envie d’offrir du boulot (à cause des taxes),
                et l’envie de le faire ( à cause de la dévalorisation organisée du travail manuel = immigration)

                • pierrejcallard
                  pierrejcallard répond à Pierrrrre
                  http://www.nouvellesociete.org
                  • Posté à 21h34 le 14/08/2009
                  • Internaute 3366
                    http://www.nouvellesociete.org

                  @ Pierrrre

                  Oui, on s’est tiré dans le pied. Plutôt, nous avons été victime d’une manoeuvre du capitalisme en fin de cycle qui a vendu le fond de commerce. Le libre échange n’a de sens qu’entre pays de niveaux de vie semblables. Il faut rebâtir une structure de production qui soit autarcique au palier de l’Occident et fermer les frontières au plus vite.

                  La crise actuelle peut nous y contraindre. Le drame, c’est
                  qu’il sera bien difficile de prendre les mesures nécessaires sans mettre en place des régimes autoritaires.

                  Lien ( et les suivants)

                  Lien

                  Pierre JC Allard

                  • umff
                    umff répond à pierrejcallard
                    ...
                    • Posté à 21h45 le 14/08/2009
                    • Internaute 83477
                      ...

                    heu...vous vous me foutez la trouille.

                    • pierrejcallard
                      pierrejcallard répond à umff
                      http://www.nouvellesociete.org
                      • Posté à 09h52 le 15/08/2009
                      • Internaute 3366
                        http://www.nouvellesociete.org

                      « Le crainte de Dieu est le commencement de la sagesse » Remplacez dieu par n’importe quoi d’irrésistible, d’imprévisible et de plutôt gênant...

                      PJCA

                  • Pierrrrre
                    Pierrrrre répond à pierrejcallard
                    → → → → → → → le marché autant (...)
                    • Posté à 08h31 le 15/08/2009
                    • Internaute 23078
                      → → → → → → → le marché autant (...)

                    « ....nous avons été victime d’une manoeuvre du capitalisme en fin de cycle ... »

                    ► En fin de cycle » le capitalisme ?
                    C’est comme pour le principe d’Archimède... on y croit de moins en moins, par certains qui se noient à trop vouloir charger leur barque.
                    Capitalisme, libéralisme, économie de marché existent et existeront aussi longtemps que la nature humaine.
                    Ce ne sont pas des doctrines, c’est simplement la prise en compte d’un principe naturel, celui de l’équilibre des eaux.

                    Et vous aurez beau monter vos murs pour empecher mles gens de se sauver,
                    ou faire comme les hollandais qui vivent en dessous du niveau de la mer,
                    de la même manière que votre mur de la honte s’est écroulé,
                    les moulins hollandais de l’espoir ne suffiront plus à pomper la mer qui reprendra son dessus :

                    On ne lutte pas contre l’eau qui court,
                    on la canalise, on en dessine le cours, mais on ne la contre pas..

                    Parce que l’eau, elle est comme les hommes, elle passera toujours,
                    malgré vos barrages, vos murs ou vos goulags.

                    • pierrejcallard
                      pierrejcallard répond à Pierrrrre
                      http://www.nouvellesociete.org
                      • Posté à 09h54 le 15/08/2009
                      • Internaute 3366
                        http://www.nouvellesociete.org

                      @ Pierrrre

                      Je suis totalement d’accord avec vous. Tout changement, pour le meilleur ou pour le pire doit donc tenir compte de cette constante.

                      Lien

                      Ce qui se produit actuellement, amha, c’est un renversement du rapport de force entre renforcements « positf » et « negatif », et donc un retour à l’utilisation de la menace/châ
                      timent plutot que de la promesse/recompense comme moyen privilégié de gouvernance... et je ne pense pas que ce soit un changement pour le mieux.

                      Pourquoi ce reversement ? Parce que la technologie moderne et la relative stabilité du gouvernement mondial de banquiers qui est là depuis Bretton-Woods ont permis que la confiance regne et que la richesse se monetarise et se virtualise. Le résultat paradoxal est que l’on n’a plus besoin des banquiers. Ce n’est plus l’argent qui apporte le pouvoir.... c’est avoir le pouvoir qui permet de créer l’argent !

                      Donc, quand on a le pouvoir politique, on peut maintenant impunément ruiner et mettre au rancart les « capitalistes » qui gouvernaient par la corruption... et gouverner par la force dans un New World Order assez brutal et probablement fanatique. Je crois que c’est ce qu’est à accomplir la crise financière actuelle. C’est ce dont je parle sur mon site. i.a.

                      Attention, je ne dis pas que cet état est stable et je ne dis surtout pas que ce sera mieux. Juste que l’on va vers quelque chose qui va ressembler davantage à Robespierre qu’à JJ Rousseau.

                      Lien

                      Pierre JC Allard

        • umff
          umff répond à Pierrrrre
          ...
          • Posté à 21h06 le 14/08/2009
          • Internaute 83477
            ...

          Mais votre augmentation de la TVA serait unique ou se répèterait elle tout les ans ?

          Pour la taxe carbone qui va bientôt voir le jour (j’espère) ce sera une augmentation lente, mais régulière. C’est à dire tout les ans. Je regrette cependant qu’elle remplace la taxe professionnel (si c’est le cas -ce n’est encore pas sur-) plutôt qu’une baisse des charges.

          Il est plus judicieux de taxer le carbone plutôt que la TVA même si sous certains aspects cela reviens au même puisque comme ça nous nous préparerons au pic de production de pétrole.

          Lien

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à umff
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 21h19 le 14/08/2009
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ....Mais votre augmentation de la TVA serait unique ou se répèterait elle tout les ans ? .... »

            ► Il faiut une TVA à 25% sur le plan européen pour les produits manufacturés,
            et une TVA nulle pour les services.

            Si je fais réparer ma voiture,
            TVA de 0% pour la main d’oeuvre,
            et TVA de 25% pour l’aile de la voiture que l’on me change.

            TVA de 0% pour les coiffeurs,
            TVA de 25% pour le flacon de shampoing acheté.

            TVA de 0% pour la place de cinéma,
            et de 25% pour les cacahuettes vendues à l’entrée

            TVA de 25% pour la biere au bistro,
            de 0% pour le serveur qui l’apporte à la table.

            plus judicieux qu’une taxe carbone qui frapperait avant tout... une essence déja surtaxée.

            • umff
              umff répond à Pierrrrre
              ...
              • Posté à 21h40 le 14/08/2009
              • Internaute 83477
                ...

              Aï Zut.

              Vous manquez d’information quant aux problèmes de production de pétrole.

              L’essence n’est absolument pas surtaxé. Le prix de l’essence par rapport aux service qu’elle nous rends ne représente rien. L’énergie est quasiment gratuite et c’est d’ailleurs pour ça que la mondialisation est possible. Les délocalisations ne pourraient pas être rentables avec un prix réel de l’énergie. Pour la France c’est exactement la même chose le prix de l’énergie vaut 1000 fois moins que le travail humain c’est d’ailleurs pour ça que la mécanisation est si rentable puisque elle consiste à remplacer l’énergie humaine par de l’énergie fossile (entre autre).

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à umff
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 08h21 le 15/08/2009
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « ....L’essence n’est absolument pas surtaxé.... »

                ► Pas dans les échanges internationaux,
                mais à la pompe oui,

                et je disais que rajouter une taxe carbonne à l’essence,
                cette taxe se rajouterait, à la pompe au surtaxage auquel l’essence est soumis.... cette surtaxe sera-t-elle politiquement possible ?

                Il n’est qu’à voir le tollé aujourd’hui provoqué par une augmentation de 1 à 5% du prix de l’électricité..

                • Somersen
                  Somersen répond à Pierrrrre
                  • Posté à 10h10 le 15/08/2009
                  • Internaute 84145

                  Non, l’essence n’est absolument pas surtaxée.

                  80% de taxe sur un produit qu’on paye 1/1000 de sa vraie valeu(taxe comprise) ce n’est rien !

                  Politiquement il n’est peut-être pas possible d’augmenter radicalement le prix de l’essence. Mais la nature se chargera de faire payer 10, 100, 1000 fois plus cher notre lacheté d’aujourd’hui.

                  Et pas dans 50 ans, dans 10 ans.

                  L’augmentation de l’an dernier (dont les effets sur le PIB et le chômage ne se feront sentir qu’en 2010-2011, cf : Lien), n’est qu’une petite flambée par rapport à ce qu’il va se passer (et toujours de façon brutale, avec des retours en arrière etc...)

                  ON va me dire : loi de l’offre et de la demande - si le prix augmente la demande de pétrole baissera, les prix baisseront etc...
                  Ouais, dans certaines limites, l’élasticité n’est valable que très marginalement sur le pétrole, les besoins incompressibles actuellement sont énormes.

                  SUr le pic pétrolier :
                  Lien

                  Sur la « surtaxation du pétrole » et les impôts :
                  Lien

                  Sur le fait qu’aujourd’hui on ne paye rien pour l’énergie (ou presque) (1h40 en tout, vous pouvez ne consulter, mais ce serait dommage, que les passages intitulés ’l’energie ne vaut rien’)
                  Lien

                  Bien sûr il y a de quoi lire, il faut essayer de comprendre les graphiques, bref dépasser la discussion café du commerce

                  Voilà, j’espère qu’un jour un journaliste de Rue89 prendra le temps de se documenter sérieusement grâce à ce site et de faire un article de fond sur l’énergie.

                  A noter que je suis contre l’augmentation de 1,9% par EDF entreprise qui redistribuera les 1,9% (et plus) aux actionnaires et n’en fera rien pour investir dans des énergies renouvelables, la sécurité des centrales nucléaires, les économies d’énergie...

                  C’est pour cela qu’il faut une taxe et pas laisser faire le marché qui redistribue n’importe comment.

        • Kereven
          Kereven répond à Pierrrrre
          • Posté à 11h07 le 15/08/2009
          • Internaute 29900

          Bin voyons, les entreprises ne payent plus de taxes et les employés supportent tous les impôts, mais sans augmentation de salaire à cause de la crise. Et ca tient combien de jours ton raisonnement ?
          On ferme les frontières et on vit en autarcie en surtaxant les produits à l’importation, sans qu’en face nos voisins fassent de même avec nos produits exportés, bien sur.

          C’est certain que si le peuple était réduit à l’etat d’esclavage, les charges des entreprises deviendraient inutiles, puisque sécu, prestations sociales, assurance chomage et retraite le seraient aussi.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Kereven
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 12h30 le 15/08/2009
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « .....On ferme les frontières et on vit en autarcie en surtaxant les produits à l’importation, sans qu’en face nos voisins fassent de même avec nos produits exportés, bien sur..... »
            ► Il ne s’agit pas de taxer l’importation,
            mais de taxer l’achat de tous les produits, importés ou intérieurs.
            Actuellement, les produits fabriqués en France le sont par une main d’oeuvre dont le salaire est taxé à 84%.
            Comment faire concurrence contre des produits importés produits à l’étranger avec un salaire moindre ?
            Bien au contraire, en faisant payer le consommateur au lieu de taxer le travail, on rétablit des équilibres plus sains

            ––––––

            « .....C’est certain que si le peuple était réduit à l’état d’esclavage, les charges des entreprises deviendraient inutiles.... »
            ► Vous êtes donc vraiment obligé de nous sortir une rhétorique soixant’huitarde éculée pour vous sentir apprécé sur le site ?

            • Sid_Mo
              Sid_Mo répond à Pierrrrre
              Cadre dirigeant de PME
              • Posté à 14h19 le 15/08/2009
              • Internaute 59795
                Cadre dirigeant de PME

              Cher Pierrrrre,

              Je me permets de réagir tout d’abord à un élément dans votre proposition : la TVA. Cet impôt sur la consommation est par nature le plus inégal et le plus imparfait de tous. Il est aussi, je ne le conteste pas le plus simple d’approche pour un politique en manque d’idées ou un gain rapide de marge (voir la restauration actuellement).

              Si l’on veut toucher au coût du travail de manière simple et efficace, je vous rejoins sans discussion non plus sur la problématique du poids des charges sur les salariés. Par contre, je ne vous rejoins sur aucun autre point de votre démonstration, surtout en terme de psychologie des entrepreneurs/employeurs. Je me permets même, pardonnez moi si cela est rude par écrit, de vous demander dans quelle branche vous travaillez pour avoir des jugements que je trouve (étant employeur direct et pas d’un ou deux employés) aussi faux et à l’emporte-pièce. Mais bon, ceci est secondaire ! (sourire assumé).

              Personellement, je suis un partisan de l’impôt direct. Il y a pour moi une nécessité de baisser les charges sur les salaires en reprenant étape par étape les exonérations sur bénéfices (via investissements plus ou moins réels, directs ou non) auxquelles un grand nombre d’entreprises de tailles importantes ont accès. Mais ça demande du courage politique et une vision globale de l’économie d’un métier voir plus.

              Actuellement, on paie des charges « délirantes » sur les salaires mais on offre en échange une batterie toute aussi « délirante » d’éxonérations. Sauf que l’un et l’autre ne sont pas « officiellement » liés. En somme, on paie d’un côté ce que l’on rembourse de l’autre. Payeur et receveur ne sont alors pas forcément les mêmes. A ce jeu là, les grands gagnants sont les plus gros qui ont un service de RH/juridique capable de suivre, initier, demander ce type d’éxonérations. Cela demande un temps et une connaissance que n’ont pas forcément tous les entrepreneurs (plus de 300 dispositifs d’aides - du global au local - dans ma branche pour vous donner une idée. Sans parler des négociations directes que l’on peut avoir avec un Conseil Général, Conseil Régional, Agglomération ou communes, Union Européenne. Pas l’état, il est mauvais payeur et menteur !).

              C’est devenu en une quarantaine d’années un sport largement mondial que de chercher les aides en même temps que l’implémentation. Ces aides participent directement au coût du travail en milieu occidentaux. L’argent ne tombe pas de nul part et c’est un jeu à somme non nul pour toutes les parties. C’est ce jeu là qu’il faut toucher en priorité. Ne serait-ce que pour rétablir des équilibres qui sont aujourd’hui complétement délirants et qui ne profitent qu’aux plus gros.

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à Sid_Mo
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 14h53 le 15/08/2009
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « .... la TVA. Cet impôt sur la consommation est par nature le plus inégal et le plus imparfait de tous..... »
                ► « inégal »... l’égalité n’est, en ce domaine, qu’appréciation subjective :
                Lorsqu’on consomme 2 fois plus, on paye deux fois plus ;

                l’autre, l’impôt direct que vous qualifieriez d’ « égal »... quand on gagne deux fois plus.. on paye beaucoup plus que deux fois plus d’impôt.

                ––––––

                « Il est aussi,
                - le plus simple d’approche
                - un gain rapide de marge »
                ► cqfd

                ––––––––

                « .... avoir des jugements que je trouve (étant employeur direct et pas d’un ou deux employés) aussi faux et à l’emporte-pièce.... »
                ► dites moi lesquels, je pourrais mieux vous répondre ,
                mais vous êtes plus de la partie que moi.

                ––––-

                « ....Personnellement, je suis un partisan de l’impôt direct.... »
                ►.. de type flat taxe, ou impôt exponentiel comme actuellement ? .. avec des taux d’imposition dépassant 50% et incitant certains à aller voir ailleur ?

                ––––-

                « ... Il y a pour moi une nécessité de baisser les charges sur les salaires en reprenant étape par étape les exonérations sur bénéfices.... »
                ► Bref, moins de charge d’un coté pour les alourdir de l’autre...
                nos entreprises croulent sous les charges

                –––

                « .... batterie toute aussi “ délirante ” d’éxonérations. .... »
                ► C’est la France, où pour monter une société de plomberie, mieux vaut être fiscaliste que plombier.
                ...nécessité de simplifier,
                simplifier la compléxité imbécile d’une fiche de paye, où seuls 4 lignes devraient apparaitre :
                –le net–avantages en nature–remboursement des frais–et taxes–
                c’est tout.. tout le reste, y compris le salaire brut, et la différenciation entre charges patronales et charges salariales, étant du bidonnage destiné à faire que personne ne comprenne combien on paye de taxe...
                ....dites aux gens qu’on paye 84% de taxe par rapport au net, ils ne vous croiront pas ;
                il faut passer trois heures pour décrypter une fiche de paye à la française

                ––––––-

                « .... les grands gagnants sont les plus gros qui ont un service de RH/juridique capable de suivre, initier, demander ce type d’éxonérations. Cela demande un temps et une connaissance que n’ont pas forcément tous les entrepreneurs (plus de 300 dispositifs d’aides - du global au local - dans ma branche pour vous donner une idée. Sans parler des négociations directes que l’on peut avoir avec un Conseil Général, Conseil Régional, Agglomération ou communes, Union Européenne. ..... »

                ► Je prends ce que vous dites comme argent comptant : les entrepreneurs en France sont obligés de passer leur temps dans règlementations et textes de loi, plutôt que d’essayer de gérer sainement leur entreprise.
                Truander fisc et URSSAF est en France, opération obligée de bonne gestion.

                –––-

                « .... équilibres qui sont aujourd’hui complétement délirants et qui ne profitent qu’aux plus gros.... »

                ► Sachant que le potentiel d’emploi et de flexibillité d’un pays se trouve dans les petites et moyennes entreprises.

                ––––––

                Finalement, ne serait-ce pas plus simple que le consommateur paye pour ce qu’il a, et pour le coût social généré ?
                ... système tout simple... :
                ♦ On supprime toute subvention tarabiscotée
                ♦ on simplifie au maximum la gestion des entreprises
                ♦ on baisse les taxes à l’emploi
                ♦ on passe la TVA à 25% pour les produits manufacturés,
                ♦ TVA à zéro% pour les services
                ♦ on fluidifie embauche et débauche
                ♦ protection sociale en cas de chomage prise en charge non par l’entreprise, mais par la collectivité nationale, avec suivi vigilant et pressant du chomeur
                ♦ gestion de la fonction publique moins laxiste

                • Somersen
                  Somersen répond à Pierrrrre
                  • Posté à 15h08 le 15/08/2009
                  • Internaute 84145

                  « On supprime toute subvention tarabiscotée »

                  Oui, on supprime TOUTES les subventions. C’est toujours tarabiscoté une subvention et cela cache la réalité des coûts aux consommateurs-contribuables.

                  « ♦ on passe la TVA à 25% pour les produits manufacturés,
                  ♦ TVA à zéro% pour les services »

                  Idiot, les services aussi sont consommateur d’énergie, au moins autant que l’industrie. Donc ils doivent être taxés aussi.

                  Là ce n’est même plus une question économique, c’est une question de survie.

                  Par ailleurs la TVA est un impôt injuste frappant bien plus lourdement les pauvres que les riches, taxant de la même façon les produits locaux et les produits importés. Son efficacité économique et écologique est nulle.

                  « on fluidifie embauche et débauche »

                  Pipeau usuel, cela ne conduit qu’à toujours plus de flexibilité pour les salariés de base, toujours plus de sécurité pour les PDG déjà ultra protégés.

                  « protection sociale en cas de chomage prise en charge non par l’entreprise, mais par la collectivité nationale, avec suivi vigilant et pressant du chomeur »

                  Non, c’est au patron, aux actionnaires d’assumer leurs erreurs, pas à la société.

                  « gestion de la fonction publique moins laxiste »

                  Non, gestion des entreprises privées moins laxistes. Condamnations pénales des patrons voyous, prison et amendes sur leurs fonds propres. Condamnation sévère de toute forme de spéculation.

                  Les patrons ont le droit à l’erreur comme tout le monde mais ne doivent pas avoir des chèques en blanc pour leurs fautes, délits et crimes.

                  Des employés heureux, en sécurité, ce sont aussi des employés qui produisent mieux et plus.

                  Un patron voyou et ultraprivilégié c’est un gouffre pour les économies des pays.

                  Responsabilisons les patrons et limitons leurs revenus à 20 fois le salaire le plus bas de leur entreprise.

                  Suppression des actionnaires, parasites qui ne fournissent pas, bien au contraire, des fonds aux entreprises.

                  • Pierrrrre
                    Pierrrrre répond à Somersen
                    → → → → → → → le marché autant (...)
                    • Posté à 17h25 le 15/08/2009
                    • Internaute 23078
                      → → → → → → → le marché autant (...)

                    ► Recettes de cheminot appliqué à la marine à voile...

                    • Somersen
                      Somersen répond à Pierrrrre
                      • Posté à 20h59 le 15/08/2009
                      • Internaute 84145

                      C’est toujours mieux que de jouer les sapeurs dans un bateau qui gite déjà pas mal...

                      • Pierrrrre
                        Pierrrrre répond à Somersen
                        → → → → → → → le marché autant (...)
                        • Posté à 22h33 le 15/08/2009
                        • Internaute 23078
                          → → → → → → → le marché autant (...)

                        « ...un bateau qui gite déjà pas mal… »
                        ► bâteau avec une cabine, et vous avez le gite et le couvert...

                • Sid_Mo
                  Sid_Mo répond à Pierrrrre
                  Cadre dirigeant de PME
                  • Posté à 02h32 le 16/08/2009
                  • Internaute 59795
                    Cadre dirigeant de PME

                  Cher Pierrrrre,

                  Il y a au moins du plaisir à voir que vous avez pris le temps de lire l’ensemble de la réponse que je vous ai faites. Et que cette lecture est argumentée.

                  On va donc reprendre par étapes :

                  - Au sujet de la TVA. C’est pour moi un impôt imbécile car il touche tous et toutes sans discrimination de revenus ou de situation réelle. En fait, c’est un impôt inique puisque le plus pauvre est aussi le plus impacté en importance par rapport à sa capacité réelle de revenus. Ca ne sert à rien de l’exonérer d’impôts directs si c’est en fait pour lui prendre 20% de son pouvoir d’achat. Ensuite, les différents taux sont souvent devenus illisibles par rapport à leur objectif d’origine. Tout comme vous je milite sans relâche pour une simplification et un retour « aux sources » (quoi pour quoi et pour qui).

                  Je vous rejoins donc lorsque vous dites que le consommateur doit payer pour ce qu’il a et le coût social généré. Mais je considère que la meilleure TVA serait celle à zéro pour tout ! On doit pouvoir rétablir l’équité entre les individus et garantir la pérennité de la puissance publique par d’autres moyens qu’une taxe indiscriminée. Ca se fait dans d’autres pays et pas les moindres.

                  En fait, l’iniquité de l’imposition directe dans beaucoup de pays occidentaux (pas que la France, ne soyons pas nombriliste) vient d’un corrélaire de cette dernière. L’imposition directe s’est doublée d’une modulation fiscale par tranches en fonction de données démographiques, économiques et sociologiques. Ce qui rend alors l’outil fiscal difficile de lecture voir improbable au commun des mortels. Et donc, de facto profondément injuste. Je suis sans conteste partisan d’un impôt linéaire, non confiscatoire mais qui assujéti tous et toutes du moment qu’ils disposent d’un revenu. Ici, le modèle nord-européen (qui dois-je le rappeler n’est pas forcément moins lourd que le nôtre) me paraît déjà infiniment plus prêt d’une forme de justice que notre mille-feuille. Chapeau-bas d’ailleurs en passant au mille-feuille belge qui est un modèle du genre, à la limite de l’inégalé dans les pays occidentaux. Pour ceux que ça tente, la législation fiscale d’un état comme le Libéria est de ce point vue pas inintéressante non plus (le respect des lois peut amener à une taxation de l’ordre de 130% des bénéfices pour une société ... sourire...). Ce sont, je l’admets des best-of. Mais on n’en pas toujours si loin que ça !

                  Ensuite, une population peut au travers de sa représentation nationale ou directement, décider d’un impôt confiscatoire à partir de certaines conditions de revenus ou d’une conjonction de conditions. Mais elle doit alors savoir à quoi elle s’oppose, s’expose et pourquoi. Et le fait que ceux qui pourraient être en désaccord avec cette idée partent sous d’autres cieux. Mais ceci ne peut se faire que dans un cadre où les idées, les motifs et les moyens sont compris, expliqués et réellement présentés. Pas dans un jeu de dupes où ce que l’on prend à Paul pour « aider » Jacques sert en fait à renflouer ce que l’on avait promis, mais oublié ou passé sous silence, pour Pierre et Philippe.

                  - Concernant la lecture de la fiche de paie, elle est le fruit de plusieurs facteurs :

                  * un aspect légal tout d’abord puisqu’elle est la preuve du paiement fait ou du par l’employeur. Son émission entraine l’obligation légale de l’employeur à en régler le solde et elle atteste de la relation de subordination de l’employé vis-à-vis de l’employeur. Je rappelle à toute fin utile ici qu’un contrat de travail est facultatif en France et que la seule fiche de paie est suffisante pour justifier le lien entre l’employé et son employeur et les obligations de ce dernier envers le premier. C’est pour cela que toute fiche de paie doit être conservée si possible pendant l’ensemble de sa vie.

                  * découle de cet aspect légal la nécessité pour la partie employeur d’en prouver l’exactitude et le cas échéant de pouvoir en détailler le contenu. Plutôt que de calculer par grande ligne, le choix a donc été fait de porter chaque ligne séparément. Ca tue la lisibilité mais c’est sensé garantir en cas de risque juridique.

                  Techniquement, une fiche de paie peut parfaitement être faite sur du papier journal avec pour seule mention la durée couverte, le nom du bénéficiaire et du mandant et la somme nette due. Maintenant, je connais des avocats et des juges qui vont beaucoup aimer !

                  La « judiciarisation » des relations humaines dans nos sociétés pèse plus lourd que la partie fiscale dans la fiche de paie (sans jeux de mots hélas).

                  - Passée la question fisacle, vient celle de l’organisation des structures commerciales. Vous parlez de simplifications. On ne peut que vous bénir.

                  Cependant, je vais me permettre d’apporter quelques informations autour de ce qui est parfois un mythe. Depuis le début des années 2000 et la déclaration unique d’embauche (1999 si mes souvenirs sont bons mais c’est de mémoire), une embauche est relativement simple. La débauche en tant que telle est d’ailleurs tout aussi simple depuis la deuxième moitié des années 90. Un seul papier est nécessaire ainsi qu’un calcul savant et complexe de la somme due au final par l’employeur à l’employé. Ce calcul complexe est je vous l’accorde le fruit des hérésies fiscales et autres joyeusetés juridiques dont nous parlions ci-avant et en partie ci-dessus. Elle pourrait sans soucis être notoirement simplifié.

                  Sauf que la débauche débouche une fois sur quatre en moyenne sur une action en justice d’une des parties auprès du tribunal ad hoc, les prud’hommes. Ca, c’est une spécificité des pays du Sud de l’Europe (France, Italie, Grèce en particulier). C’est ici qu’il y a un TRES gros travail à faire. Tant que dans notre société, un employeur sera vu comme un arriviste glouton ivre de pouvoir et jamais rassasié d’argent et qu’un employé ne pourra être qu’un faignant doublé d’un idiot à peine capable de remplir le début de la mission que l’on lui confie, il y aura comme un problème à simplifier les relations et à les fluidifier.

                  Maintenant, je l’accorde, on ne médiatise que les cas complexes et les grands ensembles. On oublie de dire que pour « motifs économiques » un licenciement en dessous de neuf personnes est pratiquement instantané et que tant qu’il n’y a pas contestation des sommes versées, la notion « économique » est des plus floues ! La seule chose qu’on ne peut pas faire (à la différence du système anglo-saxon et dans une certaine mesure du système allemand) c’est de licencier sans motif. C’était une des folies du CNE et la jurisprudence allemande très restrictive le permet dans les faits. D’un autre côté, licencier quelqu’un reste une décision importante de vie économique pour toutes les parties. Le justifier est donc indispensable. Mais justifier ne signifie pas ne pas pouvoir faire. De même, il n’y a plus de freins à reprendre quelqu’un après un licenciement. Simplement, là, encore tout se complique en cas de contestation.
                  Tout se complique quand on passe se fameux seuil de neuf personnes et s’il y a contestation. Vu le degré de contestation constaté, c’est donc TOUJOURS compliqué sauf départ volontaire de l’employé. Dans mon métier, ce dernier cas de figure est archi-régulier. Pour plein de raisons dont une qui est terrible mais bien connue : mon métier ne connaît pas la notion d’évolution salariale. On évolue en changement de boutique et de mission. Pour le reste, dans un pays qui a une vision caricaturale des relations humaines, le résultat est connu. Des relations exécrables, des textes qui s’empilent, des services administratifs omnipotents et éloignés du terrain qui font la pluie et le beau-temps, le tout dans des conditions qui interdisent ou stérilisent l’innovation. (je dois préciser que je suis partisan du toyotisme et des travaux en équipes de projets avec une forte polyvalence).

                  Fluidifier la débauche (il n’y a pas de freins administratifs à l’embauche mais des charges et des changements de statuts !) plus est possible dans les cas importants. Mais dans ce cas, au vu de la situation culturelle actuelle (relations humaines caricaturales, absence d’interlocuteurs syndicaux valables, absence de culture de négociation et politisation immédiate des conflits), il est indispensable que l’état nomme automatiquement un médiateur dès lors que l’on passe en licenciement collectif. Sous peine d’émeutes et de violences nettement plus graves que les « jeux » de ces derniers mois. Impossible d’envisager une solution à l’allemande ou à la danoise.

                  C’est vrai qu’ici je ne parle que de la débauche. J’oublie de rappeler qu’à l’embauche, une société qui passe certains seuil se voit imposer certaines obligations. Deux seuils majeurs : onze personnes et cinquante personnes. Cependant, ses seuils se retrouvent aussi dans bien d’autres pays occidentaux sous une forme ou un autre. Ceux qui veulent du libéralisme débridé doivent savoir que ça s’accomode mal avec un haut niveau de consommation. Il y a d’excellents travaux universitaires là-dessus. J’ai tendance, à titre privé, à considérer qu’en terme d’embauche, il n’y a actuellement pas grande chose à faire en France de plus sauf à vouloir se mettre au niveau de pays du type Mexique ou Inde. Mais ce sont alors des choix de société qui méritent d’être présentés clairement. On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre.

                  Ensuite qu’il y a des freins psychologiques à l’embauche (du type : je ne pourrai pas m’en séparer. Il va me coûter trop cher etc.), c’est de l’ordre du culturel et de l’environnemental. Maintenant, il faut savoir que depuis des siècles la France n’aime pas ses entrepreneurs et qu’elle est pour l’instant sur ce point dans une situation de dénis pathétique et de l’ordre de la scyzophrénie aggravée. Voir d’autres posts de ma part sur ces sujets. Je ne peux que proposer une thérapie de groupe (et pas celle de monsieur Tapie à la télévision dans les années 80, c’était débile !).

                  - Concernant les subventions, je ne peux que vous suivre. C’est bien TOUTES les subventions qui doivent se voir annulées. Mais il faut bien comprendre qu’au delà des quelques trois cents subventions que nous proposent les différents échélons administratifs auxquels nous rendons des comptes dans mon cas, vient se doubler toute une gamme d’« aides » directes ou indirectes à l’installation via les acteurs locaux (ou régionaux). C’est une culture qui doit changer. De même que la vision de l’entrepreneur reste terriblement caricaturale dans la culture francophone en général (y compris dans d’autres pays que la France). De même le marchandage et la mise en concurrence délibérée des territoires est une catastrophe régulière, sourde et à long terme. Quand une collectivité locale prend en charge la formation de dizaines ou centaines de personnes pour une entreprise donnée dans un cadre contractuelle flou (type : vous vous installez sur place, on vous « reformate » le personnel nécessaire), on obtient régulièrement des problèmes graves. Que faire des gens quand l’unité de production part ou ferme. Que faire par rapport aux dirigeants de cette unité production qui ne remplissent pas leur part du contrat. L’implicite n’existe pas dans les affaires mais il est omniprésent en politique ! Autre frein dans l’évolution des mentalités.

                  Et l’ensemble de ces « catastrophes » se paie. Cher. Toujours cher. En terme financiers mais aussi humains.

                  Concernant la gestion des entreprises, je crains que ce soit un combat qui dépasse aujourd’hui le cadre local ou national. Les normes comptables se font et se défont dans des lieux qui ne sont pas « politiques » et qui ne sont plus économiques. C’est un fait. On pourra éliminer du papier au sens administratif. On pourra regrouper, simplifier, corriger ou annuler des aides, des marchés. On pourra dématérialiser et réutiliser des données. Mais la comptabilité en tant que telle ou encore les notions de changement d’échelle sont inscrites dans le système économique actuel de manière définitives. Il est bon de rappeler que les premiers exemples de comptabilité analytiques datent du Moyen-Age et ont facilités l’émergence de nos mathématiques actuelles.

                  Concernant les deux derniers points que vous proposez, je m’excuse de paraître péremptoire mais ils sont idéologiques. Avec votre permission, je ne les commenterai pas. Juste un ou deux points pour étayer la discussion et ses suites éventuelles (et pour le plaisir que cela procure ...)

                  Vous savez certainement que le Pôle Emploi est « officiellement » une co-gestion des partenaires sociaux et de l’Etat. Mais dans les faits, c’est une émanation de la puissance publique. La faiblesse des partenaires sociaux et leur soumission évidente à la force publique ne leur donne aucun moyen d’agir sans l’aval tacite ou explicite de l’éxécutif ou de ses représentants. Ensuite, je suppose que vous n’avez pas été chômeur ces dernières années car je vous promets que la pression pour vous rayer du service d’aide au retour à l’emploi (y compris par des méthodes hors de la légalité et de toute morale) est tout sauf inexistante. Je doute cependant que cela ai le moindre impact sur un quelconque retour à l’emploi. Je n’ai jamais vu que stresser quelqu’un le rendait plus productif.

                  Maintenant, je vous l’offre comme cadeau concernant ce monstre qu’est le pôle emploi : dans mon métier, l’inanité des offres et leur totale inadéquation avec le terrain est telle que mes employés depuis plus de dix ans ne viennent JAMAIS directement du pôle emploi ou de ses prédécesseurs. Par contre, j’ai d’excellentes relations avec mon interlocuteur local ! Je n’ai pas besoin de lui et je lui pique régulièrement des indemnisés (ou je regularise de l’étranger). On se connaît mais on ne se cotoie pas. C’est une situation acceptée de part et d’autre ! Et honnêtement, vu leur degré de désorganisation actuelle, je ne le regrette pas !

                  PS : Je ne suis pas libéral au sens de l’école de Chicago. Cela je le suppose se lit facilement. Par contre, je ne suis pas non plus partisan d’une intervention communiste dans l’économie au sens de Marx ou Lénine. Il existe des justes milieux et d’autres écoles de pensées économiques et sociales. Et ce, sans vouloir la fin du libre-arbitre de l’Homme. J’espère d’ailleurs dans ces quelques lignes ne pas vous avoir froissé tout en ayant développé un peu de pensée argumentée.

        23 autres commentaires
    • kevangel
      kevangel répond à Pierrrrre
      Chercheur
      • Posté à 21h55 le 14/08/2009
      • Expert 24356
        Chercheur

      Et pourquoi pas conditionner les baisses de charges à l’interdiction de délocalisation pendant 20-30 ans. Sinon ils vont encore empocher les subventions et se barrer dans 5 ans.
      Et au lieu d’augmenter la TVA, il suffirait de taxer directement les importations. Ca s’appelle les droits de douanes, tous les pays du monde le font sauf les pays européens grâce au grand visionnaire Barroso qui nous conduit tous dans le mur.

      • umff
        umff répond à kevangel
        ...
        • Posté à 22h06 le 14/08/2009
        • Internaute 83477
          ...

        Tout les pays le font ? Mais qu’est ce que vous raconter justement le libre échange c’est l’abolition des droits de douanes et si certains pays gardent une partie des droits de douane dans l’ensemble ils sont relativement baisser un peu partout avec les différents accord de l’OMC. Après il est vrais que sur certains produit les droits de douanes sont encore là, mais L’UE aussi a garder sur certain secteur des droits de douane. Je n’aime pas Barroso je trouve effectivement qu’il ne mène pas une politique économique assez agressive envers les autres pays, mais n’exagérons pas.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à kevangel
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 12h40 le 15/08/2009
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « .....Et pourquoi pas conditionner les baisses de charges à l’interdiction de délocalisation pendant 20-30 ans.... »
        ► C’est du n’importe quoi...
        Il faut que vous compreniez que la seule finalité d’une entreprise n’est pas de fournir du travail, mais de faire des profits... c’est ainsi....
        et que vous ne pourrez jamais contraindre une entreprise à allerà l’encontre de ses interets...
        La seule possibilité, étant de mettre les interets de l’entreprise en synergie avec l’interet de tous.. et c’est ce que fait le libéralisme.

        « ....il suffirait de taxer directement les importations.... »
        ► Encore du n’importe quoi... l’Europe faitpartie du monde et ne peut s’en isoler...
        La guerre des droits de douane serait pénalisante pour tous..

        –––––

        « ....au grand visionnaire Barroso qui nous conduit tous dans le mur.... »

        ► en tous cas, pas dans votre mur, écroulé en 1989

        « José Manuel Barroso s’inscrit dans la ligne politique de ses prédécesseurs ; il poursuit ses projets pour l’Union Europénne avec diplomatie : l’augmentation du budget par des contributions élévées des pays membres, une politique explicitement sociale et l’intensification de la coopération économique internationale sont ses objectifs les plus importants. En particulier, préparer et renforcer l’Europe face aux effets de la mondialisation et l’émergence de nouveaux concurrents exige une approche diplomatique et pragamatique. José Manuel Barroso se décrit lui-même comme un homme politique modéré, un réformateur anti-étatique. Européen de conviction M. Barroso considère l’élargissement comme l’avenir de l’Union Europénne ; il s’engage ardemment pour le devéloppement durable. Ainsi, la protection de l’environnement devient l’un des objectifs principaux de l’UE. José Manuel Barroso critique ouvertement les pays membres qui violent les directives européennes : il trouve un compromis entre la sévérité nécessaire pour l’UE comme organisation supranationale et une position plus diplomatique, plus modérée »

         
        • eliotness83
          eliotness83 répond à Pierrrrre
          salarié de base
          • Posté à 21h57 le 18/08/2009
          • Internaute 87921
            salarié de base

          plusieurs commentaires
          les délocalisations seront de moins en moins rentable car le pétrole va très bientôt augmenter et les malus écologique vont devenir de plus en plus présent au moins en Europe
          il faut donc éviter absolument que l’Europe et la France ne soit totalement désindutrialisée
          Le gouvernement serait bien inspiré d’utiliser l’emprunt, puisqu’il y aura emprunt d’État, pour permettre de garder toutes les industries vitales pour une économie qui sera une économie de pénurie de denrées a cause du cout des transports.
          le mouvement de retour vers la France ne s’arrêtera pas car la Chine verra rapidement ses cout salariaux augmenter comme cela s’est produit en Corée et les produits textiles ou a faible marge bénéficiaire seront impassible à importer à cause du cout des transport .
          il faudra continuer à se battre pour conserver le modèle francais en l’adaptant car il permet de passer les crises moins mal qu’ailleurs .
          je sais que c’est très dur pour ceux qui sont passé au chômage , mais c’est en France qu’ils sont les mieux traité avec sans doute encore mieux au Danemark

        1 autres commentaires
      • Les Grands Champs
        Les Grands Champs répond à kevangel
        Retraité, le doigt là où ça (...)
        • Posté à 15h32 le 15/08/2009
        • Internaute 61722
          Retraité, le doigt là où ça (...)

        Vrai ! ! ! Hélas.
        Mais Barroso est une carpette qui fait ce que les dirigeants lui demandent.
        Un tel bon toutou ce garde même si le peuple Européen n’en veulent plus.

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Les Grands Champs
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 11h31 le 16/08/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Pensez vous que si Jean-Manuel Barroso était une « carpette »...

          ...ses correligionnaires l’auraient à nouveau réelu pour un tour ?

          ▒ « Tel un bon toutou, » dites vous....► il fait où on lui dit de faire..
          - N’est ce pas l’essentiel pour tous ceux qui cherchent à nous niquer ?

        1 autres commentaires
      • DBL8
        DBL8 répond à kevangel
        Retraité
        • Posté à 20h24 le 15/08/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        D’accord ! Taxer suivant la distance parcourue par les marchandises en dehors de l’UE.
        Mais... oseront-ils ?
        J’ai comme un doute.

    • Maurice92_bloque
      Maurice92_bloque répond à Pierrrrre
      visiteur curieux
      • Posté à 11h04 le 15/08/2009
      • Internaute 87576
        visiteur curieux

      faux ...

      Il suffirait pour commencer de remettre les taxes de douanes européennes au niveau de l’américaine ... et pour certains produits au niveau chinois ...
      je vois que vous n’avez rien pigé en économie ....

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Maurice92_bloque
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 12h45 le 15/08/2009
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ...je vois que vous n’avez rien pigé en économie …. »

        ► Ce qui me rassure, c’est qu’on est nombreux dans ce cas là.
        Le principe de baisse des charges et de la hausse de la TVA,

        Fillon en est un adepte.. et il n’est ^pas le seul.. « socialistes » compris,

        mais il ne peut le mettre en oeuvre pour des raisons de stratégie politicardo/opinionesque...

        A électorat con, politique conne.. c’est le talon d’Achille de la démocratie

  • JP_JP
    • Posté à 17h09 le 14/08/2009
    • Internaute 18274

    Article bien optimiste.
    Je n’y crois pas 1 seul instant.
    (Comme j’aimerais me tromper !)

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 22h12 le 14/08/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Ce qui est nunuche dans le raisonnement des délocalisations, c’est qu’en parallèle des profits espérés (tout prix de vente restant égal par ailleurs), les entreprises avaient fantasmé sur la création de grands marchés de consommateurs, et ça n’a pas fonctionné (il aurait été judicieux de lire le contenu des livres de Huntington plutôt que de se cantonner aux titres).

    Si le fordisme a pu se développer, c’est parce que les ouvriers de Ford étaient déjà des « grands consommateurs » et qu’il avait fallu plus d’un siècle pour aboutir à la création de cet élément déterminant dans la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, et l’élaboration des théories du pittoresque Thorstein Veblen sur la consommation ostentatoire (à ce titre l’exemple d’Atoll, une coopérative, et de ses branches qui changent de couleur est emblématique).

    Aujourd’hui, les boutiquiers se retrouvent avec des ouvriers avec un pouvoir d’achat en hausse continue d’un côté de la planète et des consommateurs avec un vouloir d’achat en baisse chronique de l’autre côté de la planète.

    ... et c’est bien fait !

  • Gom
    Gom
    • Posté à 17h15 le 14/08/2009
    • Internaute 36244

    La tendance est un poil différente de ce que vous évoquez, pour les sociétés de services, vous passez de l’offshore au nearshore. De l’Inde à la Pologne ou à la Roumanie. Main d’oeuvre aussi bien qualifiée et moins sujette à changer de job pour 1euro d’augmentation (la vraie plaie de l’indes, certaines compagnies locales en sont à faire payer des « cautions » aux jeunes employés qu’elles forment pour éviter qu’ils ne se sauvent dès la formation fini), voyages moins long et moins couteux (eaysjet ne va pas jusqu’en orient et ça fait la différence sur un budget), coûts salariaux moindre.

    Quant à revenir en France, faut quand même pas déconner, tout un tas d’entreprise n’attendaient qu’une petite recession pour fermer leurs usines françaises avec beaucoup moins de contraintes qu’en période de pleine activité.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 17h28 le 14/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Après les dispositions fiscales Johnny Hallyday, bientôt des aides pour « Entreprise Pomponette » ?

    La question qui se pose à l’évidence, c’est comment un chef d’entreprise qui a délocalisé « parce qu’il n’avait pas le choix » va justifier que finalement, si, il avait bien le choix ?

    • Carlito_Gaucho-
      • Posté à 17h47 le 14/08/2009
      • Internaute 87606
        AUVERGNAT

      comme si ils avaient des comptes a rendre ( hormis a leurs comptables )

      tout cela est indecent, ces girouettes laches et avides profitent de la france comme d une pute bon marche

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 18h29 le 14/08/2009
        • Internaute 82025
          non connue

        Quand je dis justifier, je parlais bien auprès des financiers. J’imagine le discours du PDG en face des banquiers :
        « - Rassurez-vous, si nous avions délocalisé, ce n’était pas pour raison économique, mais seulement parce que je suis un salaud.
        - Aaah, en ce cas nous acceptons de reconduire votre créance... »

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h52 le 14/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Les consommateurs sont aussi sensibles à l’impact social des délocalisations.
    J’aurais plutôt dit que les consommateurs sont sensibles à la xénophobie.
    Parce que c’est surtout l’impact social nationaliste dans ce cas : un Français qui bosse c’est bien et tant pis si un Chinois crèvent de faim, un Chinois qui bosse c’est mal malgré qu’un Français survit avec l’aide de l’état.

    Par contre pour la qualité c’est bien, et tout con. Un mec bosse mieux en touchant mille balles par mois plutôt qu’un bol de riz et trois coups de fouets.

    Sans compter que dans la tête de certains, le transport c’est de la téléportation. Hors c’est des bateaux qui navigue sur l’eau qui bouge, des camions sur des routes qui tournent et des transbordements par des grues qui s’agitent dans tous les sens.
    Si on fabrique des cubes en fer ça peut aller, c’est c’est des verres en cristal...

    Mon patron aussi en est revenu de la main d’oeuvre étrangère, même si dans son cas ce n’était pas une délocalisation mais un manque de main d’oeuvre qualifié en France.
    Ça lui a finalement couté moins cher d’embaucher à plein tarif des types expérimentés plutôt que d’essayer de faire rentrer ce qu’il voulait faire dans la tête d’une équipe de développeurs indiens : D
    C’est une méthode qui peut marcher quand on s’appelle IBM et qu’on sait gérer des équipes aux quatre coins du monde, ou lorsqu’on s’appelle Nintendo et qu’on se fout de la qualité du programme tant qu’on peut le refourguer, mais pour les autres, c’est la grosse désillusion.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Keldan
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 02h27 le 16/08/2009
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Visiblement on traine dans les mêmes métiers.

      Ayant eu à gérer pour le compte de tiers des équipes sur divers points du globe, je peux dire sans ambage que c’est pas le nom de la société qui fait le résultat mais la souplesse d’échine des uns et des autres et la qualité du cahier des charges. Autant dire que c’est plus souvent une aventure sans lendemain qu’une réussite ! A moins de se faire payer régulièrement (voir déplacement sur place de cadres -des vrais, pas ceux sur papier) le trajet avec l’équipe ou le bout d’équipe qui... enfin, tous !

      Je connais TRES peu de projets qui ont vraiment bien marché avec une dématérialisation totale des équipes. Chez qui que se soit, gros ou petits. Ou bien, avec des coûts induits monumentaux (déplacements réguliers à l’autre bout de la planète etc.). Ensuite, dans certaines conditions, soyons pas con non plus, ça fonctionne. Mais j’en connais qui ont voulu généraliser. Clair qu’ils en sont revenus ! Et avec la facture de solde à règler !

  • manusan
    • Posté à 18h10 le 14/08/2009
    • Internaute 40431

    ces entreprises ont décidé de nous vendre de la merde au même prix qu’avant délocalisation. Et maintenant elles pleurent car la qualité de leur produit se sont considérablement dégradés, pire les pots vin n’étaient pas prévus dans leurs comptes.

    La meilleur chose à faire est de les laisser crever avec leur 1 milliards de consommateur chinois qui peuvent même pas se payer une paire de lunettes à plus de 15 euro, de leur bloquer les crédits payés indirectement par les contribuables, qu’on récompense ceux qui sont rester, les autres y réfléchiront à 2 fois.

    le client est roi.

  • bozo_vancouver
    bozo_vancouver
    regarde de loin
    • Posté à 20h31 le 14/08/2009
    • Internaute 29433
      regarde de loin

    Et oui ! Le savoir faire a un prix, et le petrole aussi !

    Pour l’hiver au canada, je n’achete que du made in canada. De l’equipement fais par des canadiens, pour des canadiens. Et pas de vastes fumisteries made in china, a des prix exhorbitants sous couvert d’une marque de sport, qui ne tiennent pas les moins dix degres.

    • manu mosan
      manu mosan répond à bozo_vancouver
      pote au graf
      • Posté à 08h46 le 15/08/2009
      • Internaute 79399
        pote au graf

      C’est certain qu’investir dans une coûteuse paire de botte (par exemple) made in le pays de vie c’est mieux que d’acheter une paire venue de l’autre bout du monde. Malgré le prix plus élevé dans le premier cas vos bottes tiendront sans doute de nombreuses années et vous sauveront les orteils, alors que dans le second cas, vous devrez sans doute en changer tout les deux ans (quand tout va bien) et perdrez vos doigts de pieds.

  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 18h30 le 14/08/2009
    • Expert 24356
      Chercheur

    En tant que consommateur, je ne suis pas le seul, je suis prêt à payer un peu plus cher pour qqch qui est fabriqué en France. D’autant plus que les produits délocalisés en Chine sont toujours aussi chers qu’avant, c’est juste le producteur qui a augmenté s’est marges et se met tout le bénef dans la poche. Le vrai problème c’est de trouver des trucs fabriqués en France. Cherchez bien sur les produits, vous verrez que c’est très difficile de voir le lieu de fabrication (et sur les vêtements ou chaussures ca n’est même plus inscrit maintenant).
    Alors à quand des produits où c’est écrit « made in France » en gros dessus ?
    Pour répondre à une remarque plus haut, mon propos n’a rien de nationaliste et peut s’étendre à toute l’union européenne, pas qu’à la France. Le problème de fabriquer en Chine c’est qu’on relégalise l’esclavage, de manière plus ou moins subtile. Et on fait transporter des produits à travers la planète pour rien (gaspillage d’énergie). D’ailleur appliquer la taxe carbone au transport de marchandises venant de Chine, c’est la meilleure solution pour faire diminuer le chômage si les politiques voulaient vraiment.

    • Somersen
      Somersen répond à kevangel
      • Posté à 10h14 le 15/08/2009
      • Internaute 84145

      « je suis prêt à payer un peu plus cher pour qqch qui est fabriqué en France. »

      Et encore, est-ce vraiment plus cher ? Combien ça coûte de mettre des gens au chômage ?
      Combien ça coûte réellement de faire venir de façon très polluante des produits made in loin ? En terme de pollution et donc de destruction de l’environnement (jamais comptabilisée et pourtant cela coûte cher), en terme de santé publique (la pollution rend malade : il faut payer les soins...)

      Notre système comptable est aberrant, on croit faire une croissance du PIB quand nous sommes depuis des années dans la décroissance réelle de l’ensemble des richesses.

    • chengyang
      chengyang répond à kevangel
      • Posté à 13h35 le 15/08/2009
      • Internaute 38622

      Si vous recherchez des produits fabriques en France, vous pouvez consulter ce site :
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