11/08/2009 à 13h00

Ni homme ni femme (bien au contraire) dans Le Monde

Yann Guégan | Avec les doigts http://bit.ly/I3TwYm Rue89

Que je vous explique : Camille est en vacances, mais il/elle continue d’avoir des yeux partout. Ce qui lui a permis de repérer dans le quotidien Le Monde une enquête sur les « intersexués », « intersexes » ou « intergenres », ces personnes « mi-hommes, mi-femmes » :

« Ils sont nés avec une malformation des organes génitaux. Un clitoris trop gros, un pénis trop petit, un vagin incomplet ou des testicules sous-cutanés, du fait d’un dérèglement hormonal ou d’une anomalie chromosomique. »

J’ai donc reçu pour consigne de vous signaler cette saine lecture. On y apprend que pour certaines associations font pression « pour que les médecins cessent d’opérer systématiquement les nouveau-nés atteints de malformations génitales, et attendent que ces derniers soient adultes pour choisir leur genre. Voire pour ne pas choisir ».

Le mélange des genres, Camille adore, vous le savez. Le corps médical est, lui, moins convaincu. Ainsi, le docteur Claire Fékété, spécialiste de ces malformations cité par Le Monde :

« Ce débat est complètement biaisé, et il est en train de s’éteindre. Il a été initié par des adultes de 30-40 ans, eux-mêmes porteurs de DSD [Disorders of Sex Development, ndlr], qui avaient été traités et opérés à une époque où on ne disposait pas des moyens thérapeutiques actuels, et qui demandaient à juste titre qu’on ne fasse rien plutôt que cela.

Mais les progrès, depuis, ont été considérables, dans le diagnostic comme dans le pronostic. »

Voilà, moi j’ai fait mon boulot, hop, à vous d’aller lire l’article complet avant de revenir commenter par ici.

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h01 le 11/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Moralité, il ne faut plus dire « petite bite » ou « t’as pas de couilles » mais « victime de désordre du développement sexuel ».

    Enfin bon, vouloir que son mioche soit un mec avec une bite de 1cm ou une fille avec une... heu un clito de 1cm, c’est bien gentil quand on veut se la jouer en phase avec la nature humaine et connerie du genre.
    Mais en attendant, c’est leur gosse qui osera jamais se foutre à poil devant ses camarades dans les vestiaires et qui vivra un enfer à cause de ça.
    Et si jamais à 40 ans il découpe des étudiantes dans les douches des piscines municipales parce qu’il arrive pas à tirer un coup, faudra pas accuser la société, juste ses parents.

    • Lady Principia
      Lady Principia répond à Keldan
      Maîtresse
      • Posté à 15h54 le 11/08/2009
      • Internaute 82324
        Maîtresse

      C’est la société qui inculque les soi-disant « normes » aux parents, pas l’inverse... C’est à la société d’accepter les soi-disant « différences » de ses soi-disant « normes », pas aux personnes soi-disant « différentes » de se mettre de force aux soi-disant « normes » (et ça appartient encore moins aux tierces personnes d’y forcer qui que ce soit).

      Tout ça s’éduque, tu sais. Et il serait plus que grand temps qu’on s’y mette, nous tous/-tes, en France comme ailleurs.

      A qui profite la « norme » ?

      • Keldan
        Keldan répond à Lady Principia
        Now future & karpe diem
        • Posté à 16h47 le 11/08/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Ouais, c’est une bien belle façon de voir les choses qui tient plus ou moins la route dans le monde relativement policée des adultes.
        Mais malheureusement ça vole en éclat dans le contexte juvénile, et à moins de remède miracle, l’éducation parentale ne suffit pas à éviter cela (au mieux à limiter la casse en évitant de se faire gauler par les parents).

         
        • Lady Principia
          Lady Principia répond à Keldan
          Maîtresse
          • Posté à 17h11 le 11/08/2009
          • Internaute 82324
            Maîtresse

          Je pense bien entendu qu’il faut aussi éduquer les parents. Et je parle d’expérience de terrain.

          Au fait, tu proposes quoi donc de constructif au sujet des enfants et personnes intersexe ?

          • Keldan
            Keldan répond à Lady Principia
            Now future & karpe diem
            • Posté à 17h19 le 11/08/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Pour les gosses, un claque dans la gueule et au lit sans Playstation. Mais il parait que je suis pas très pédagogique et que je ne supporte pas les gosses : D

            Mais pour les intersexes, honnêtement je m’en fous. Je suis pas médecin alors je vois pas trop ce qu’on peut y faire, et je ne suis pas intersexué donc je ne vois pas ce que j’aimerais qu’on me fasse.

            Enfin concrètement, je me propose de les traiter avec mépris, méfiance et de les considérer comme des gens cools qu’au moment où ils ont fait leur preuve. Comme tout le reste de l’humanité : D

            • Lady Principia
              Lady Principia répond à Keldan
              Maîtresse
              • Posté à 03h09 le 12/08/2009
              • Internaute 82324
                Maîtresse

              Donc en somme, tu parles pour ne rien dire... sauf ta volonté d’incompréhension totale du sujet de l’article. Volonté empreinte de l’éternel mépris de ceux/celles qui ne sont pas discriminéEs face à ceux/celles qui le sont. Ou des oppresseurs/-ses face aux oppriméEs.

              Lis donc le commentaire de Vincent Guillot un peu plus bas, ça te changera de ton nombril.

              • Pseudo
                Pseudo répond à Lady Principia
                Enfin libre : -)
                • Posté à 09h54 le 12/08/2009
                • Internaute 25947
                  Enfin libre : -)

                Quoique à vrai dire, le commentaire de Keldan a quand même un intérêt : celui de nous faire connaître les préjugés, l’incompréhension, l’indifférence... auxquels les intersexes ont à faire face.

              • Keldan
                Keldan répond à Lady Principia
                Now future & karpe diem
                • Posté à 10h47 le 12/08/2009
                • Internaute 5164
                  Now future & karpe diem

                Oua trop grave, je parle pour parler... Si c’est un crime, faut foutre 99% de la Rue en taule, le 1% restant pourra gloser sérieusement tout son saoul entre gens qui connaissent tout.

                Mais bon mieux vaut parler pour rien dire que juger pour tomber à côté de la plaque.
                Parce que c’est bien gentil de lapider les gens qui n’ont pas la pensée parfaite selon tes normes, mais je vois pas trop où je fait dans la discrimination. J’ai pas rédigé mon message en martien, il me semble que c’est du français compréhensible, même si c’est pas celui qu’on emploie du coté de la Sorbonne et des salons à BHL.

                Car un type peut bien avoir trois bites, j’en ai rien à battre de chez rien à battre, c’est lui qui vit avec, pas moi, et ça n’interfère aucunement avec ma propre vie.
                A douze ans je me serais surement foutu de sa gueule, mais un gosse c’est con par nature, mais maintenant je le traite comme je traite n’importe quel autre être humain : avec haine et mépris.

                Et franchement, c’est pas en voyant ce genre de message que je vais être motivé pour changer ma manière de considérer autrui...

                • Pseudo
                  Pseudo répond à Keldan
                  Enfin libre : -)
                  • Posté à 11h23 le 12/08/2009
                  • Internaute 25947
                    Enfin libre : -)

                  Oui effectivement, libre à vous de dire que vous n’en avez rien à faire de ce sujet.

                  Et libre aux autres de vous dire qu’ils trouvent votre post inutile.

                  Rien à voir avec la taule. Juste avec la liberté d’expression. Mais pas seulement la votre.

        6 autres commentaires
  • Vincent.Guillot
    • Posté à 19h34 le 11/08/2009
    • Internaute 26182

    Voici le courriel que j’ai envoyé à la journaliste suite à son article :

    Bonjour Madame Vincent,

    Suite à votre article du 8 aout 2009 au sujet de l’intersexualité sur le site Le Monde.fr je tenais à vous faire part de quelques remarques.

    Tout d’abord, je m’étonne que vous y écriviez que pour la première fois des intersexes prennent la parole. En effet, nous avons produit un ouvrage collectif sans passer par le filtre d’un journaliste dans le numéro 27 de « Nouvelles Questions Féministes » de mars 2008 : Lien

    Au delà de cette imprécision, il est difficile pour nous d’accepter d’entendre parler de et pour nous sans jamais être consulté. Vous véhiculez dans votre article tous les poncifs du traitement médical/ sociétal de l’intersexualité avec des termes extrêmement stigmatisants pour nous, certainement sans vous en rendre compte et sans le vouloir, mais sans prendre la peine de nous interroger.

    Bien sûr votre article est court et s’adresse à un grand public, vous ne pouvez donc pas aller au fond des choses. Pour autant, vous donnez une large tribune aux médecins qui prônent l’assignation hormono-chirurgicale sans même mentionner que de plus en plus de médecins refusent ces traitements dégradants et inhumains. Plus triste encore, vous interrogez François Ansermet qui fait parti de ceux qui refusent les assignations hormono-chirurgicales dans la petite enfance (l’équipe de Lausanne à laquelle il a appartenu pendant des années ne pratique plus ce type de traitement), sans mentionner ces nouvelles pratiques et en faisant croire malgré tout que celui-ci est d’accord avec Madame Fékété, alors qu’ils sont au contraire en opposition sur la question intersexe.

    Contrairement à ce que votre article fait croire, il est possible de ne pas opérer et hormoner des enfants pour fabriquer des pseudo-mâles ou pseudo-femelles dont les capacités de plaisir auront été obéré, ce n’est pas le simple desiderata d’intersexes vieillissantEs comme le clame Madame Fékété mais bien une pratique existante qui satisfait toutes les parties concernées !

    Nous ne sommes ni des handicapés ni des pathologies, nos organes génitaux externes sont sains. D’autres parties du corps peuvent être porteuses d’une pathologie, mais nous mutiler les organes génitaux extérieurs et nous stériliser ne résoudra pas un problème thyroïdien ou rénal, par exemple.
    Par contre, nous posons le constat accablant que toutes les personnes assignées hormono-chirurgicalement le vivent mal tandis que ceulles que l’on a pas rectifié vivent bien la chose. Se baser sur les quelques centimètres carrés que représentent nos organes génitaux externes pour nous définir est infiniment réducteur, d’autant plus que la majorité des intersexes les ont « conforme » à la norme, leur différence se situe ailleurs : dans leur identité.
    Mais au fond, la question intersexe n’est-elle pas finalement qu’est-ce qu’un clitoris « trop grand », qu’un pénis « trop petit », si ce n’est qu’un fantasme permettant de formater à coup de bistouri nos corps ?

    Nous ne vivons pas mal nos corps, ce sont les autres qui vivent mal nos corps, le problème ce n’est pas nous, c’est le regard que portent les autres sur nous, votre regard madame, Nous ne sommes pas troublé par notre genre, c’est vous qui êtes troublés par nos organes génitaux externes. Notre mal être ne provient pas de nos corps, il provient du fait que nous n’existons pas au sein de la société occidentale (ce qui n’est pas le cas dans d’autres cultures), que l’on nous cache qui nous sommes en essayant de façon stochastique de nous gommer alors que bien évidement nous avons une conscience aiguë de qui nous sommes depuis tout petit, mais avec une chape de plomb sur la tête. C’est le paradigme intersexe : Nous n’avons pas le droit de dire ce que l’on nous a pas dit que nous étions.

    Les médecins savent (et Madame Fékété le sait aussi) qu’opérer les enfants intersexes dans l’enfance donne de piètres résultats. Il faut lorsqu’ils fabriquent de pseudo femelles (la majorité des cas car c’est techniquement bien plus aisé de bricoler un vagin sans tenir compte des autres paramètres tel que le caryotype ou les gonades, ce que Madame Fékété appelle le diagnostique/ pronostique, c’est à dire sa propre capacité à mettre en conformité l’aspect des organes et non pas révéler le « vrai sexe »). Il faudra ensuite dilater le pseudo vagin quotidiennement, c’est un viol incestueux pratiqué par les parents sur ordre médical, ni plus ni moins ! Il faudra ensuite re faire une ou plusieurs opérations lorsque l’enfant aura cessé de grandir avec des chairs abimées et un clitoris entièrement ou partiellement insensible ou douloureux alors qu’à l’aune des transsexuelles on sait parfaitement faire un vagin en tout point conforme à celui des femmes biologiques.

    Et puis fondamentalement est-ce la demande des intersexes d’avoir des organes génitaux externes conformes ? Si certainEs le souhaitent, d’autres (et ce n’est pas une minorité) souhaitent tout simplement être eulles même avec un corps non mutilé, comme vous Madame. Illes ne souhaitent pas être castré (ce qui est systématique quand les gonades ne correspondent pas au sexe d’assignation) car les techniques de procréation médicalement assistée leur permettraient souvent d’être parent. Illes ne souhaitent pas avoir à subir des traitements hormonaux substitutifs très lourd à vie quand souvent leurs gonades produisaient naturellement des hormones avant ablation.

    Mais dans une société normative avec une médecine sexiste et binaire il reste impensable que des hommes puissent porter un enfant, que des femmes puissent avoir des gamètes mâles, que des femmes aient de « gros clitoris »( ?) et s’en trouver satisfaites, des hommes des vagins et s’en trouver satisfaits. Alors, ad vitam eternam les personnes mutilées continueront à vivre l’enfer en se dilatant douloureusement quotidiennement, en ayant des fistules, des infections urinaires, en étant incontinent, ou préférant, ce qui est une grande partie de la communauté, mettre fin à leurs jours, non pas parce qu’ils ont un trouble identitaire mais bien parce qu’illes ont été massacrés physiquement et psychologiquement par les médecins.

    J’ai un corps non conforme, j’ai passé mon enfance dans les boucheries/ hôpitaux, ai régulièrement des infections qui nécessitent des soins et des reprises chirurgicales, mon corps est un champ de bataille permanent, il ne me ressemble plus depuis longtemps. Je suis sous traitement hormonal substitutif à vie avec de très nombreux effets secondaires qui obèrent ma vie au quotidien alors que mes parents et moi même n’avions rien demandé et que nous vivions très bien ma différence. Je rencontre par ailleurs tout le temps des intersexes (souvent de moins de trente ans et parfois des enfants contrairement à ce que dit Madame Fékété) et leurs parents, qui souffrent non pas de l’intersexualité mais du traitement médical/ sociétal de l’intersexualité, ce dont François Ansermet peut témoigner.

    Non, les techniques médicales dans la petite enfance n’ont pas évolué au point d’être simplement satisfaisantes, non, rien ne justifie le viol quotidien des enfants intersexes, la castration, l’enfance passée en hôpital au nom d’une normativité eugéniste et fascisante. La solution réside dans un véritable accompagnement des familles et des enfants, (il n’y a point de pronostiques possible contrairement à ce que clame Madame Fékété, on ne pronostique pas une identité ou une orientation sexuelle) et dans la recherche avec le sujet concerné (et non des tiers) de l’identité dans laquelle celui-ci se vivra plus tard, et, s’il en fait la demande, à un recours à la chirurgie et/ou à un traitement hormonal. C’est de cette manière que travaille depuis des années l’équipe de Lausanne avec des résultats tangibles en terme de bien être et de qualité de vie pour les personnes concernées. (Cf page 104 de l’ouvrage de Monsieur Picquart le témoignage du chirurgien pédiatrique, , collègue de François Ansermet au C.H.U.V. de Lausanne).

    Vincent Guillot
    Fondateur du mouvement intersexe en Europe.

    • Paracelsus
      • Posté à 08h53 le 12/08/2009
      • Internaute 13958

      Trés bon témoignage. J’espère que Camille reviendra sur ce sujet à son retour...

    • Ben85
      Ben85 répond à Vincent.Guillot
      ramoneur
      • Posté à 10h28 le 12/08/2009
      • Internaute 75415
        ramoneur

      Merci pour ce témoignage très clair.

      Heureux d’avoir lu quelque chose d’intelligent sur un sujet occulté habituellement par les médias.

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à Vincent.Guillot
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 10h52 le 12/08/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Merci de votre témoignage. Le sujet m’était inconnu, vous le rendez humain, digne d’attention.

      • Pseudo
        Pseudo répond à Banana ex de juanitoto
        Enfin libre : -)
        • Posté à 11h04 le 12/08/2009
        • Internaute 25947
          Enfin libre : -)

        Ben et Banana, avez-vous vu le film XXY ? Je trouve que c’est un très beau film sur ce sujet, qui donne un peu à penser à la difficulté de vivre dans une société qui ne laisse pas beaucoup de place à la différence.

         
        • Banana ex de juanitoto
          Banana ex de juanitoto répond à Pseudo
          Je déteste rue89, tous les (...)
          • Posté à 11h09 le 12/08/2009
          • Internaute 67910
            Je déteste rue89, tous les (...)

          Non, je ne connais pas, seulement le titre, mais tu viens d’éveiller mon attention et mon intérêt. Merci Pseudo !

          • Pseudo
            Pseudo répond à Banana ex de juanitoto
            Enfin libre : -)
            • Posté à 11h11 le 12/08/2009
            • Internaute 25947
              Enfin libre : -)

            Tiens j’ai trouvé la bande annonce. Un très beau film, vraiment.

            • Banana ex de juanitoto
              Banana ex de juanitoto répond à Pseudo
              Je déteste rue89, tous les (...)
              • Posté à 11h26 le 12/08/2009
              • Internaute 67910
                Je déteste rue89, tous les (...)

              Je trouve que cela rend plus fort, plus poignant - si c’était possible- le témoignage de Vincent, juste au-dessus .

            • Ben85
              Ben85 répond à Pseudo
              ramoneur
              • Posté à 12h25 le 12/08/2009
              • Internaute 75415
                ramoneur

              A retenir pour une prochaine séance DVD.

              Merci pour cette suggestion. : -)

              Bonne journée.

        4 autres commentaires
    • Al nasr al tair
      Al nasr al tair répond à Vincent.Guillot
      L'aigle en vol...
      • Posté à 11h52 le 12/08/2009
      • Internaute 69210
        L'aigle en vol...

      La notation, souvent dévoyée ici, prend tout son sens ici.
      Témoignage qui ne peut que conforter dans l’idée que tout apprentissage d’un savoir hyper spécialisé devrait commencer par un apprentissage à l’universel.

  • shillom
    • Posté à 17h58 le 12/08/2009
    • Internaute 22134

    « après un bilan ayant permis de lui assigner l’un des deux sexes et de l’élever dans ce sens. “
    Comme quoi on élève les garçons différemment des filles... et les intersexes posent problème à la belle société puritaine. Peur de la différence, de la nouveauté, de l’expression rare de sentiments et de sensations nouveaux... La société déteste ce qui sort de la norme car elle a peur de ne pas pouvoir le contrôler. La différence est une plaie pour cette structure sociale si ‘réussie’.
    Soyons donc différents, ça donnera un peu de piment !

    • Lurker
      Lurker répond à shillom
      Neant
      • Posté à 18h36 le 12/08/2009
      • Internaute 43564
        Neant

      « La société déteste ce qui sort de la norme car elle a peur de ne pas pouvoir le contrôler. »

      Je pense que vous vous meprennez. La société a peur de ce qui sort de la norme car elle ne le comprend pas. C’est tout. Pensez racisme, ce n’est pas une peur de ne pas contrôler, seulement de la différence. Regardez la burqa, tant de gens « bien » étant contre, c’est louche. Personne pour dénoncer les nonnes, enfermées toute leur vie dans une cave. Vous avez peur de ne pas pouvoir contrôler les burqas ? Non, vous ne connaissez pas. Les nonnes, vous connaissez, ça va, pas de problème pour elles. Voyez, l’Etat aime controller, mais pas le Peuple. Le Peuple veut juste comprendre. L’explication la plus simple l’emporte, cela s’apelle la communication, et cela explique le systeme droite/gauche actuel.

      Ajoutez à ça le concept de « Preuve sociale », et vous avez des intergenres, des transgenres, des noirs, des arabes, des homosexuels, des « ultra-autonomes », etc, pour qui personne n’aura jamais le moindre geste. Ne pensez pas « contrôle », de la part d’une société. Ça, c’est le rôle de l’Etat.

      • Lady Principia
        Lady Principia répond à Lurker
        Maîtresse
        • Posté à 22h25 le 13/08/2009
        • Internaute 82324
          Maîtresse

        La société est le résultat et l’image de l’État, et vice-versa, donc il est inutile d’ergoter sur qui des deux discrimine : les deux le font. Et le plus grand problème des luttes contre les disciminations se situe justement là.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 09h05 le 14/08/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Le « docteur Claire Fékété, spécialiste de ces malformations », est peut-être une spécialiste des techniques médicales de traitement des DSD ; mais on conviendra bien qu’on part alors du postulat que « les DSD sont une anomalie dangereuse nécessitant un intervention médicale ».

    N’est-ce pas là le nœud gordien de l’histoire ? En effet, je ne vois rien de dangereux à avoir un gros clitoris ou un petit pénis ou simplement à ne pouvoir identifier son genre par des critères physiques. Cette identification du genre ne semble pas mettre en cause le pronostique vital de la personne concernée, mais bien relever du désidérata de la société (avec tout son arbitraire). Et visiblement, le corps médical se soumet au lieu de résister à ce besoin qu’a notre société de catégoriser les hommes des femmes.

    A propos, qu’est-ce qui différencie la spécialité du docteur Claire Fékété de la chirurgie esthétique ? Plein de gens sont laids et ne vont pas se refaire le visage quand même. C’est un choix que la personne possède de se refaire telle ou telle partie du son corps selon des critères de beauté très changeants. Puisque les DSD ne sont pas dangereuses, ne devraient-ils pas, « ces grands médecins », laisser aussi le même choix à ceux qu’ils considèrent du point de vue du genre comme laids ?

    • Vincent.Guillot
      Vincent.Guillot répond à Tita
      • Posté à 10h08 le 14/08/2009
      • Internaute 26182

      Bonjour Tita,
      Ci-joint un de mes article sur cette question.

      ps : Désolée de la longueur (et merci à Rue89)

      cordialement

      Traitement Hormonal Substitutif vs dyshormonie

      La question intersexe1 est toujours vue par la médecine, les psy’ et le juridique à l’aune de nos organes génitaux externes et ne tient pas compte de l’entièreté de nos êtres. Pourtant, comme tout un chacun, nos corps et nos identités ne sauraient être réduit à cette partie de nos corps.

      Je ne n’aborderais pas dans cet article la résonnance symbolique des organes génitaux externes qui amènent nécessairement à penser la sexualité avec tous les carcans que cela inclus, ni la procréation qui gravite elle aussi bien évidement autour de la génitalité.

      Une chirurgie cosmétique

      Afin de normaliser les intersexes, les médecins continuent envers et contre tout à fabriquer- il serait d’ailleurs plus juste de dire bricoler- des corps qui ressemblent à ceux des hommes ou des femmes (le plus souvent des femmes2), au moyen de techniques hormono-chirurgicales.

      Eux même appellent cela de la chirurgie cosmétique, comme si à demi mot ils acceptaient de reconnaître l’inefficacité de tels protocoles lorsqu’ils ne font pas l’objet d’une adéquation entre le sexe fabriqué et l’identité vécue, ainsi que d’une appropriation de la part de la personne concernée.

      En effet, comment vivraient des personnes à qui arbitrairement on refaisait le nez (ou tout autre partie externe du corps) sans qu’elles n’en aient fait la demande, au prétexte que celui-ci ne serait pas conforme ?
      Bien sûr la question ne se pose pas, personne n’aurait l’idée saugrenue d’enjoindre un acte médical purement cosmétique sans répondre à la demande d’une personne. Pourtant, il s’agit bien de cela pour les intersexes.

      Un même acte, deux façons de faire différentes.

      Mais plus encore qu’une simple opération cosmétique, l’assignation hormono-chirurgicale des intersexes s’apparente bien plus à une exogreffe qu’à un acte de chirurgie esthétique. Ce parallèle pourrait paraître bien audacieux mais il n’en est rien, bien au contraire.

      Depuis l’émergence des techniques de greffes, les autorités morales (psy’, philosophes, comités d’éthique, religieux, politiques) s’interrogent et nous questionnent sur ces pratiques et particulièrement, sur la non appropriation de ces organes étrangers que certains greffés rejettent, non pas médicalement, mais de façon frontale en demandant le retrait de cet organe exogène quand il n’est pas vital ou en exprimant la souffrance psychique d’avoir à vivre avec une partie de soi qui n’est pas sienne.

      Ce sujet a fait l’objet de nombreuses publications de la part notamment de psychanalystes ces dernières années, suite à la greffe techniquement réussie d’une main et à la demande et l’obtention de l’amputation de celle-ci, trois ans plus tard, par le patient qui n’arrivait pas à vivre avec alors qu’elle était parfaitement fonctionnelle.

      De même lors des premières greffes de visage, de nombreux articles furent consacrés à la capacité de s’approprier un visage qui ne serait pas le sien.

      Dans ces deux cas, les psychanalystes mettent en exergue que les mains et le corps sont les deux partie qui servent à l’identification du sujet, puisque ce sont les seules qui restent nues et qu’elles permettent de reconnaître la personne, de la nommer. 3

      Pour chacun, la greffe exogène est parlante car il y a apport physique d’un corps-étranger (au sens propre du terme) dans le corps du greffé.
      Chacun peut aisément imaginer comment il vivrait un tel acte, de façon positive ou avec plus de difficulté, peut même imaginer qu’illes préféreraient vivre avec un membre en moins, un visage abîmé que d’affronter l’intrusion en eux.

      Bien sûr ce ne serait que des projections, mais celles-ci permettent d’appréhender autant que faire ce peut le vécu des personnes demandant ou subissant des greffes d’organes externes.

      Ici, il est compréhensible pour touTEs que la modification corporelle n’engage pas que le corps mais tout l’être et que pour s’approprier cet apport extérieur il y a besoin de recul, de préparation, d’information pour pouvoir appréhender l’ensemble de la problématique avant de se lancer.

      Par ailleurs, nous entendons touTEs, même si nous ne comprenons pas forcement, qu’il y a toujours une part d’inconnu et que malgré tout le travail que l’on peut faire sur soi, l’accompagnement et l’information, il y a parfois une incapacité à s’approprier le greffon au point qu’il peut y avoir la demande de retrait de cet organe dont finalement on ne veut pas.

      Je ne me pencherai pas plus en avant sur les modifications chirurgicales des sexes des intersexués. Il est acquis que effectuées lors de l’enfance elles sont mauvaises et mutilantes et qu’à contrario si elles sont effectuées lorsque le corps a fini de se développer, par de bons chirurgiens, elles sont parfaitement au point en cas de féminisation et de plus en plus satisfaisantes en cas de masculinisation4.

      Les modifications corporelles au moyen d’hormones de synthèse.

      Le parallèle que je fais ici avec les exogreffes d’organes extérieurs concerne donc les hormono-thérapies substitutives, soit féminisante, soit masculinisante.

      Les hormono-thérapies substitutives sont quasi systématiques chez les intersexes du monde industrialisé et étonnamment ne font pas l’objet de questionnements particuliers de la part des psy, mais encore plus étonnamment de la part des endocrinologues 5.
      Il est tout simplement normal pour le corps médical d’hormoniser6 les intersexes pour leur donner un corps conforme à celui voulu par les médecins et par /pour l’état (sexe administratif)7,. UnE intersexe ne pouvant bien évidemment être qu’homme ou femme et rien d’autre tant d’un point de vu médical que juridique ou encore psy’, tout au plus peut’ilLE être bisexuel ou trans’ enfermé dans un corps opposé à sa vrai personnalité, mais en aucun cas hors du paradigme binaire.

      Mais qu’est-ce qu’une hormono thérapie substitutive ?

      Pour les médecins, ce n’est qu’un traitement médical qui sert à pallier un déficit hormonal (réel ou supposé8) pour le bien être du patient. C’est un acte banal, qui permettra certainement au patient de mieux vivre dans un corps conforme, juste une modification corporelle qui inscrira la personne dans un des deux sexe et non plus dans le no man’s land des androgynes, des hommasses, des folles...
      Ce ne peut donc être vue sous l’angle médical que comme salvateur, comme allant bien évidement de soit alors qu’il ne s’agit en fait, dans la plupart des cas, que d’un acte de normalisation sociale et non d’un acte thérapeutique, d’un formatage social inscrit dans le corps pour faire disparaître l’inacceptable échappement à la norme médico-légale que sont ces corps, en éludant l’existence même des intersexuéEs.

      Mais pour les personnes concernées qu’en est-il ?

      En rencontrant et en accompagnant depuis bientôt dix ans des centaines de personnes concernées par les hormono-thérapie substitutives soit féminisante, soit masculinisante, imposées par les médecins, sans être explicitées9 au delà que la simple question des taux hormonaux ou de la densité osseuse par exemple, j’ai constaté qu’il y a des années lumières entre la belle assurance affichée du corps médical et les personnes concernées.

      Ce que les médecins (et les laboratoires médicaux) n’ont pas pris en compte, c’est que tout comme les exogreffes, ces thérapies ne concernent pas seulement l’aspect physique, mais bien la totalité de l’être. Non seulement celles-ci modifient l’apparence corporelle de la personne, ce qui intéresse l’endocrinologue, mais aussi le psychisme, l’identité, qui eux sont purement et simplement oubliés par la médecine.

      Alors que dans le cas du greffé, on insiste à juste titre sur son accompagnement, son information, son désir exprimé, qu’on le met en garde sur les répercutions d’une telle chirurgie, sur les avantages et les inconvénients, sur la lourdeur du traitement, on ne le fait jamais pour l’intersexe.

      Pourtant, les implications d’un traitement hormonal substitutif sont aussi lourds et définitifs qu’une greffe de visage ou de main (bien plus encore que pour la main car celle-ci peut être amputé alors que le traitement hormonal et l’assignation chirurgicale modifient fondamentalement et définitivement le corps).

      Dans le cas de la greffe, on prend en compte l’identité de la personne concernée et il ne viendrait à l’idée d’aucun chirurgien de greffer un organe provenant d’unE donneuSe du sexe opposé .
      Il ne leur viendrait pas non plus à l’idée de faire un visage féminin à un homme ou vice versa de greffer un visage d’africainE à unE européenNE... (bien que je me pose la question de l’acceptation par ceux-ci si il y avait de telles demande ?).

      Dans le cas des intersexes, on ne tient jamais compte de leur identité propre10, mais seulement de l’identité administrative, c’est à dire celle choisie arbitrairement et de façon aléatoire11 par l’équipe médicale lors de la naissance.

      Enfin, tout comme pour les greffes, le traitement hormonal est un traitement à vie, ayant de nombreux et lourds effets secondaires dont se plaignent la plupart des personnes intersexes, d’autant plus lorsqu’elles furent dépourvues de leurs gonades lors des opérations d’assignation12, mais jamais ces effets ne font l’objet d’une explication d’une évaluation entre le médecin et la personne concernée.

      Mais alors pourquoi dans le cadre d’une modification corporelle essentielle y-a-t-il deux façons opposées de procéder ?

      Dans le cas des greffes d’organes extérieurs, il y a réparation d’une atteinte corporelle violente et brutale, ancrée dans le temps, le plus souvent suite à un accident.

      La personne concernée s’est construite une image corporelle d’elle même, elle s’est au cours de sa vie appropriée son corps et il était à priori conforme à ce que la société attend de celui-ci. Il y a un deuil impossible et une demande de ré-assignation dans la corporalité, dans l’intégrité physiologique.
      Il y a demande de restauration de la dignité car le regard d’autrui ne permet plus d’entrer en relation d’égal à égal avec l’autre, il y a stigmatisation corporelle de la personne mutilé, son corps est une barrière l’empêchant d’interagir correctement avec ses semblables.

      Répondre à la demande légitime des personnes en demande de greffe (ou accepter de ne pas opérer les personnes qui ne souhaitent pas ces greffes lorsqu’on les leur propose), c’est répondre à sa propre demande, a ces propres interrogations si nous nous trouvions dans la même situation.

      Faire une opération de réhabilitation corporelle, c’est nécessairement un contrat entre le patient et le chirurgien. Du côté du chirurgien il s’agit d’une consolidation de l’ego (le sien et celui des patients), toujours remise en cause, de la consolidation de la normalité de sa propre corporalité. Du côté du patient, c’est la restauration du corps et donc aussi de l’ego. Pour les deux parties il s’agit d’un échange voulu et accepté dans lequel chacun des protagonistes trouvera son bénéfice.

      Dans le cas de la personne intersexe, il n’y a que rarement une demande formelle car elle n’est jamais informée de son état13.

      Il n’y a pas de consentement éclairé du malade dans la mesure ou le médecin postulera toujours que la personne qu’il a en face de lui est forcement du sexe que la médecine aura choisie pour elle à la naissance et que l’on-ne-peut-et-ne-doit-pas-être que soit homme soit femme et en conséquence le médecin ne proposera que les traitements renforçant le phénotype arbitrairement choisi.

      L’homme ou la femme médecin ne pourra pas se projeter sur (j’aurais tendance à écrire dans) son patient au sens que pour ellui, lale patientE ne peut qu’être que ce que le corps du sujet lui dicte, ce que ces confrères ont constaté à la naissance, ce que l’on a inscrit définitivement dans le marbre. Face à un corps nommé homme ou femme, face à une assignation administrative, il va de soit que la personne est et ne peut être que ce que la médecine et le juridique ont dit. La non inscription dans un des deux sexes est impensable pour la médecine de la même façon que, encore récemment, l’opposition entre le sexe corporel et le sexe psychologique (identité de genre).

      Parfois, cela est vrai, il y a adéquation plus ou moins bonne entre l’assignation administrative et médicale, le corps et le vécu de la personne concerné, mais souvent c’est bien plus compliqué que cela.

      Quel que soit la façon dont la personne est vue par le médecin et la façon plus ou moins floue dont la personne se vit, du fait du postulat de celui qui détient le savoir/pouvoir (le médecin, le psy’), le dialogue entre les deux fait l’objet d’un fading qui ne permet pas aux deux interlocuteurs de s’entendre, de se comprendre.

      Proposer une hormono-thérapie substitutive revient donc de la part du médecin à ne proposer non pas un traitement mais une normalisation dont il est en incapacité d’appréhender les effets au delà de ce qu’il peut imaginer de ceux-ci : le changement corporel présupposé désiré, voulu, consenti de la part de son patient et forcement dans le sens du sexe d’assignation. Il est là pour traiter une maladie, il prescrira donc le médicament efficace suivant son diagnostique, comme il prescrirait des antibiotiques contre une infection bactériologique, et non pas en tenant compte du besoin de la personne14.

      Il y a le prescripteur et le patient, le deal ne saurait exister puisque d’une part le médecin croit savoir ce qui est bon pour le patient sans pouvoir comprendre ni la demande ni les effets au delà de la corporalité (et de sa propre corporalité) et le patient a une information biaisé à l’aune de l’incapacité fondamentale du médecin (ou du psy’) à se transposer en ellui.

      Des actes thérapeutiques marqués dans des temps différents

      Un autre élément important produisant une approche différente entre la proposition d’une greffe et la proposition d’une hormono-thérapie substitutive vient du fait que dans le premier cas il s’agit d’un acte produit à un moment donné, suite à un événement donné (l’accident puis l’opération) et que dans le second cas, il s’agit d’un fait constaté le plus souvent à la naissance et qui perdurera tout au long de la vie sans que la personne concernée n’ait de mot pour se dire.

      Dans le premier cas, la personne est construite, elle a une existence physique et juridique stable, dans l’autre cas on présuppose qu’il en est de même sans prendre en compte que le sujet n’est que ce que l’on veut qu’il soit et non ce qu’il est et que faute d’information objective sur sont état (physique et psychique), elle n’a pas de mot pour dire qui elle est si ce n’est en termes négatifs15.

      En cas de greffes on renforce (rend force) la normalité du corps, dans le cas de l’intersexualité on force le corps pour le rendre conforme à la normalité, la démarche est fondamentalement différente : pour ces derniers il est normal de faire l’impasse sur l’accompagnement et l’information ou le plus souvent de biaiser sciemment ceux-ci en ne donnant que des information stochastiques.

      Enfin, du fait que la greffe concerne la personne à un moment donné de son existence (et dans les cas étudiés chez des adultes) il est facile de faire un suivi de celles-ci.

      Par contre dans le cas des intersexes c’est tout au long de leur vie qu’il faudrait les accompagner et étudier leur devenir. Or et c’est une plainte récurrente des médecins français, suivre des patients intersexes tout au long de leur vie n’est pas aisé, il y a en effet la mobilité géographique, le passage des services pédiatriques aux services pour adultes16... De fait il n’existe aucune étude ayant une cohorte fiable qui prenne en compte le ressenti des intersexes dans le monde industrialisé17.

      Pratique nouvelle vs pratique ancienne

      Les greffes sont une technique récente et leur mise en place s’est accompagné d’une réflexion sociétale à leur sujet, elles sont peu ou prou contemporaines des comités d’éthiques et de la prise en compte de la parole des patients, elles firent l’objet de mise en place de lois diverses dont la loi sur la bio-éthique, la médecine ont donc précédé le législateur.

      Pour ce qui est de l’assignation hormono-chirurgicale des intersexes, c’est la loi qui a été première puisqu’il est inscrit dans le droit depuis fort longtemps, la déclaration sur les registres de naissance avec la mention du sexe.
      Ce n’est que récemment (milieu du vingtième siècle) que la médecine c’est chargée d’opérer les enfants intersexes. Ce faisant, nul n’a pensé à repenser l’intersexualité d’autant plus que celle-ci touche aux fondements même de nos juridictions car la naissance est l’élément fondateur de la personne. Le sexe est une fois pour toute noté par l’officier d’état civil et ne peut en aucun cas être changé18, : Il dictera tout les actes de la vie et particulièrement le mariage et l’accès à la procréation/parentalité .

      Une incapacité chronique à appréhender la thématique intersexe

      Cette incapacité chronique à appréhender la thématique intersexe de la part des penseurs et plus encore de la médecine et des psy’, coupe les intersexes de toute information objective sur les actes thérapeutiques qu’illes engagent, contrairement aux greffés, et ce malgré la loi sur le consentement éclairé du malade.
      Cet habitus est grave pour toutEs les intersexes, qu’illes se vivent correctement dans le sexe qui leur a été attribué ou non, ou encore qu’ils s’arrangent tant bien que mal avec leur sexe administratif, tout en louvoyant entre les genres.

      En effet, comment s’approprier son traitement médical (ou faire le choix d’un non traitement au moins quand celui ne relève pas d’un pronostique vital) lorsque celui-ci n’est pas expliqué comme il devrait l’être en faisant systématiquement l’impasse sur les effets sur le psychisme et l’identité, même si il correspond à ce que l’on est ?

      Pire encore, comment gérer des modification corporelles non voulues et non réclamées lorsque celles-ci sont imposées par le médecin suite à une consultation pour tout autre chose ?

      Cet état de fait est bien plus courant qu’on ne le croit et j’ai de façon permanente des personnes intersexes qui allant consulter pour une fatigue importante, des douleurs musculaires ou de l’ostéoporose pour ne prendre que ces quelques exemples, sont repartie de chez leur médecin avec une ordonnance d’hormones sans savoir de quoi il en retournait19.

      Rapidement, leurs corps se transforment au gré des prises des médicaments se féminisent ou se masculinisent (ou les deux à la fois) alors que leur corps leur convenait, alors qu’illes avaient une sexualité (ou une non sexualité) épanouie.

      Ce type de pratique a des répercutions terribles non seulement pour les personnes concernées mais aussi pour tout leur entourage : Illes ne sont plus eulles même et ne savent pas qui illes sont devenu (dys-hormonie)20 et si ils ne stoppent pas rapidement ces traitements illes ne seront plus jamais eulles même.

      Pourtant, chaque fois, le médecin sera satisfait de son œuvre car il pensera avoir répondu à la demande de sa/son patientE, aura renforcé l’assignation dans le sexe choisi par ses pairs, et ne comprendra pas les plaintes bien légitimes de l’intersexuéE.

      Pour unE grefféE le praticien entendra ces plaintes car il pourra les transposer à son propre corps, sa propre perception qu’il a de lui même. Pour l’intersexe, il n’en sera rien et le praticien se réfugiera derrière ses pratiques (et non pas la qualité de celles-ci mais seulement de l’amélioration des techniques au cours des trois dernières décennies)21 pour se défendre d’avoir bien fait, jamais il ne saura reconnaître qu’au contraire il a mal fait et a entraîné par sa pratique des conséquences lourdes et parfois fatales non seulement pour son patient mais aussi pour tout son entourage.

      Laniscat le 06 janvier 2008

      • Tita
        Tita répond à Vincent.Guillot
        oiseau
        • Posté à 22h00 le 14/08/2009
        • Internaute 7659
          oiseau

        Merci pour l’article... en effet un peu long, mais je l’ai lu.

        Finalement, vous y confirmer avec force détails ce que ma naïve intuition pensait : une intrusion du monde médical dans le domaine privé, et ce, non pas pour une raison de santé, mais de « convenance ».

        J’ai juste la surprise de voir que vous considérez les « psy » comme une autorité. Titulaire d’un doctorat (en psy) et faisant de la recherche sur un thème connexe au genre, je ne connais pas de chercheurs qui oseraient s’afficher comme une autorité (qui déciderait pour les autres de leur sexe) ; d’autant plus qu’il y a bien longtemps qu’on distingue le sexe (ce qu’il y a écrit sur la carte d’identité - et qui est binaire) du genre (ce que ressent la personne – et qui relève d’un continuum). Enfin, on sait bien que c’est le genre qui est important ; non le sexe.
        Ceci dit, les psy que je fréquente ne sont pas psychanalystes ou cliniciens...

  • Al-Ice
    Al-Ice
    -_-'
    • Posté à 15h41 le 14/08/2009
    • Internaute 54790
      -_-'

    A lire sur le sujet, Middlesex, de Jeffrey Eugenides, prix Pullitzer 2003 il me semble.