tribune 10/08/2009 à 12h51

France, Chine, Etats-Unis : la guerre des trois aura-t-elle lieu en Afrique ?

realchange | Indépendant

L’émergence de la Chine comme nouvelle puissance économique dans le monde entraîne des bouleversements en Afrique. Jadis contrôlée économiquement et politiquement par l’Occident, de nombreux pays africains nouent aujourd’hui des partenariats économiques avec les puissances émergentes.

La France, qui a longtemps fait de ce continent, essentiellement dans son ancien domaine colonial, une sorte de pré-carré, se trouve en concurrence évidente avec des nouveaux venus. Le contrôle économique du continent noir et l’exploitation de ses ressources naturelles sont devenus un enjeu mettant en opposition les intérêts de grandes puissances.

En accédant à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama a annoncé clairement son souhait de faire du continent africain une priorité de sa politique étrangère. La visite en cours de sa Secrétaire d’Etat sur le continent s’inscrit dans l’ordre de cette priorité.

Au moment où de plus en plus de voix s’élèvent pour poser le problème du développement de ce continent et de sa gouvernance, il nous parait important d’analyser les différentes stratégies entreprises par ces puissances conquérantes afin d’en dégager les convergences avec les besoins propres à l’Afrique.

Des stratégies de coopération

Il n’est point besoin de revenir sur le mode opératoire de la France en Afrique. A titre de rappel, on peut souligner que la stratégie française en Afrique s’appuie sur l’aide au développement, la connivence avec les régimes en place et une exploitation incommodante des richesses naturelles.

Quant à la Chine, elle fonde sa stratégie sur deux niveaux : le financement à des conditions intéressantes des gouvernements en place dans les pays où elle s’installe, obtenant en contrepartie la direction des projets d’infrastructures, ou la concession d’exploitation des ressources naturelles à travers ses firmes. Elle affiche le plus souvent une sorte de neutralité sur la gestion interne des Etats par les dirigeants africains.

La stratégie de la nouvelle administration américaine est, quant à elle, en construction. Elle a été énoncée par le président Obama à Accra. La proposition américaine met l’accent sur deux piliers : la démocratisation des Etats africains et leur bonne gouvernance d’une part ; le renforcement des échanges économiques dans le cadre d’un partenariat responsable et respectueux de l’autre.

Bien que leurs stratégies soient différentes, on peut considérer que les puissances opérant en Afrique sont mues par des intérêts économiques propres. Leur participation au développement de ce continent relève du simple discours officiel, d’une simple stratégie d’implantation ou de coopération. C’est une participation incidente et non volontariste.

Il convient donc à l’Afrique d’approuver, du moins sur le plan théorique, la stratégie la plus en phase avec ses propres besoins vitaux, avec son progrès.

L’Afrique face au paternalisme français

Il serait naïf d’aborder cette question sans suggérer de distinguer les intérêts des dirigeants en place en Afrique avec ceux du peuple.

Les premiers ont des intérêts liés à la préservation de leur pouvoir, le développement économique des Nations qu’ils dirigent ne constituant pas, a proprement parler, une priorité.

En revanche, leurs peuples, longtemps opprimés, aspirent tout naturellement à plus de droits, de liberté, de transparence dans la gestion des Etats. Ils aspirent à la démocratie.

L’Afrique veut sortir du joug de la Françafrique et nous avons déjà fait la démonstration de l’inopérabilité, de l’inadéquation de cette Françafrique avec l’instauration de systèmes de gouvernement démocratiques en Afrique.

La question est donc de savoir si la France peut faire converger ses intérêts avec cette sortie et définir les contours d’une nouvelle relation intégrant l’aspiration des africains à la démocratie et à la bonne gouvernance.

Pour l’heure, nous considérons que les mécanismes de coopération offerts par la France sont totalement inadaptés à la demande de l’Afrique. Les africains sont fondés de refuser d’en partager et la philosophie, et la pratique.

Le pragmatisme chinois

Quant à la Chine, elle semble bénéficier d’un accueil favorable en Afrique, notamment auprès des dirigeants africains. L’Afrique a grand besoin des capitaux chinois, de ses investissements mais aussi de son offre de produits « bon marché ».

Seulement, si l’on considère que la transparence, la bonne gouvernance et la démocratie sont pour l’Afrique des facteurs clés du développement, en se faisant le partenaire de systèmes de gouvernement corrompus et non transparents, la démarche chinoise heurte la sensibilité de l’opinion publique africaine, très attachée de nos jours à l’émergence de systèmes de gouvernements responsables, transparents, respectueux des droits et libertés des citoyens.

Dans les Etats d’Afrique comme le Ghana, le Liberia, l’Afrique du Sud, où l’expérience démocratique tend à s’enraciner, le partenariat chinois est intéressant. Par contre il l’est moins, pour l’intérêt des populations, dans les nombreux Etats où règnent encore des régimes autocratiques corrompus.

Le volontarisme américain

La nouvelle doctrine du « partenariat responsable » énoncée par les autorités américaines semble aller dans le sens d’une implication transcendant la simple exploitation des ressources naturelles, le simple financement ou la seule exécution des projets d’infrastructures.

En déclarant que « le développement dépend de la bonne gouvernance... En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès », le président américain avait annoncé la couleur de ce que les régimes de gouvernement devaient évoluer vers plus de transparence et de démocratie en Afrique.

Cette incursion du discours américain sur le terrain des politiques intérieures des Etats africains est à notre avis l’apport majeur qui distingue la démarche américaine de celles des autres acteurs. D’ailleurs elle ne serait pas sans lien avec le soutien que recueille l’Amérique auprès des peuples d’Afrique, au regard des sondages les plus récents publiés sur le sujet.

Conformes à leur pragmatisme économique habituel, les Etats-Unis soulignent donc la nécessité d’un échange « gagnant-gagnant » avec leurs partenaires africains dans un « new deal » en construction, appuyé sur une exigence de bonne gouvernance des Etats

C’est, à notre avis, la seule offre de partenariat crédible et globale à ce jour.

Cette démarche ne manque pas d’intérêt. Elle constitue une différence notable entre les différents acteurs en œuvre sur le continent africain.

Elle est d’autant plus importante que seul un environnement démocratisé peut offrir le cadre d’un partenariat sérieux et responsable.

En attendant de passer du discours à la réalité.

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  • realchange
    realchange
    Auteur(e) de l'article Indépendant
    • Posté à 13h30 le 10/08/2009
    • Internaute 86482
      Indépendant

    Bonjour à vous,

    Votre dernière phrase me gêne : « SURTOUT QU’EN PRIME : La Chine s’interdit toute ingérance politique dans le pays. »

    En effet, en s’interdisant toute ingérence politique dans les Etats, la Chine semble apporter une caution économique et politique à des dirigeants et à des systèmes inefficaces.

    En même temps je conçois que cela ne relève pas de préoccupations chinoises. Et c’est là tout le problème pour faire sauter les verrous de la dictature ou de la non-transparence.

    Je ne peux vous cacher que cela me pose problème.

    Bonne lecture.

    Realchange

  • inuit
    inuit
    grand nord
    • Posté à 17h44 le 10/08/2009
    • Internaute 82484
      grand nord

    Je vous trouve bien peu sévère avec la méthode chinoise.
    Le plus de confort apporté est bien sûr de la poudre aux yeux... c’est un laissé passer... leur méthode consiste à assécher, préssuriser les richesses et la polpulation pour leur propre consommation et enrichissementl et repartir quand il n’y aura plus rien à prendre... et laisser mourir les africains.
    Comme les européens mais avec moins de scrupules, d’hypocrisie et à plus grande échelle. L’absence de critique de leur population ou de leurs législations ne les oblige pas à la retenue ou à se cacher.
    Et ça fait déjà quelques années que ça dure, ce n’est pas nouveau, comme semble l’indiquer l’article.

  • a déménagé le 10 décembre
    • Posté à 19h54 le 10/08/2009
    • Internaute 42623
       ? ? ?

    « L’arrivée de la Chine sur le terrain de la coopération avec le continent Africain »
    « La Chine troque l’exploitation des mêmes richesses contre un plus de confort aux peuples. »
    c’est pas franchement l’idée que j’en ai !
    les asiatiques (Chinois mais aussi Malais) n’utilisent pas la main d’oeuvre locale et jouent de la corruption à un niveau bien supérieur que les Européens (pour les PME)
    Les exploitants forestiers Européens ont apporté aux citoyens des infrastructures comme vous dites que les Chinois font... (et ce n’est pas toujours forcément un bon signe car c’est parfois autant d’impôts payés en moins)

    Demandez aux Africains si ils préfèrent les Chinois ou les Européens...

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à a déménagé le 10 décembre
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 07h53 le 11/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      « Demandez aux Africains s’ils préfèrent les Chinois ou les Européens. »

      ° C’est précisément ce que j’ai fait, mais malheureusement avec mes propres amis africains qui sont sur le territoire Français depuis assez longtemps.
      - Auront-ils alors perdu contact trop longtemps avec leurs pays, ou sont-ils mal informés par leurs familles restées là bas ? ...
      (ne lire que la Presse Française n’est pas une garanti d’info)
      ...toujours est-il qu’ils disent en avoir plus que marre de la présence Française qui selon eux, maintient de force certains de leurs dictateurs au pouvoir, au détriment des peuples.
      - Ils n’ont pas tant de hargne lorsqu’ils parlent des chinois.

       
      • inuit
        inuit répond à Yvon le Zébulon
        grand nord
        • Posté à 11h49 le 11/08/2009
        • Internaute 82484
          grand nord

        C’est vrai, ils en sont à l’écoeurement de voir la france donner des leçons de démocratie et faire le contraire sur place en semant la misère et la corruption grande échelle. En un mot, ils disent aux français : dégagez !
        Pour les chinois, ils n’ont pas encore vu les conséquences à long terme... ça permet de voir partir les occidentaux, c’est déjà ça.

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à inuit
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 12h38 le 11/08/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Les Chinois ne sont pas les seuls à convoiter les territoires d’Afrique...si riches par leur sous sol, leur démographie (jeune) et l’immensité des espaces encore exploitables à leurs yeux.

          ¤ Les USA avancent leurs pions...et les Russes semblent interrogatifs !

      • a déménagé le 10 décembre
        • Posté à 12h53 le 11/08/2009
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        Essayer de reposer la question à ceux qui vivent en Afrique (et pas seulement les « élites ») notamment les gens qui vivent à proximité d’entreprises asiatiques qui font venir d’Asie tous les employés...
        Ce « marre de la présence française » n’est pas ressenti dans les zones rurales !

      • realchange
        realchange répond à Yvon le Zébulon
        Auteur(e) de l'article Indépendant
        • Posté à 14h05 le 11/08/2009
        • Internaute 86482
          Indépendant

        Salut,

        Tu peux bien nous aider à parler des chinois de façon plus véhémente. Notre but n’est pas de protéger un pays, ou un système.

        Notre but est de parler de cette Afrique que nous aimons autant toi, autant que ceux qui y vivent et qui, malheureusement, sont victimes de dictatures, de famine, d’oppression, de pauvreté...

        Dommage, pour notre belle Afrique !

        Realchange

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à realchange
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 19h13 le 11/08/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Ton message est inspiré par de bons sentiments...

          Mais n’oublie tout de même pas qu’il ne s’agit pas de « Ton Afrique ».
          Cette notion de propriété qui aura tout de même fait que la plupart de ces pays d’Afrique (les peuples eux même) nous ont fichu à la porte de chez eux à coups de pieds au cul !
          - Tu ne t’en souviens pas ?

          ...parce que tu continues à dire « notre Afrique » comme si elle n’appartenait à personne d’autre qu’à ceux qui l’avait colonisée.

      6 autres commentaires
  • David from normandy
    • Posté à 14h38 le 10/08/2009
    • Internaute 75843
      grrr

    Je pense que la France, vis à vis de l’Afrique, est incapable de sortir d’une logique de prédation économique. Ce comportement fait partie intégrante de notre civilisation triomphante.
    Mais cette civilisation étant désormais mondiale, les américains et même les chinois en font partie aussi. Alors leur approche est-elle vraiment différente de celle des français, ou est-ce que c’est juste la même chose avec un habillage tout neuf ?

    Comme dit l’auteur, « En attendant de passer du discours à la réalité. »

    • realchange
      realchange répond à David from normandy
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 15h53 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Effectivement le discours américain ne peut être suffisant pour apprécier les changements qu’ils voudraient apporter aux problèmes africains. Je note seulement que l’approche est différente et assez pragmatique. On ne peut être sérieux avec un partenaire qui ne l’est pas.

      Plus personne n’a intérêt à entretenir la cacophonie qui existe actuellement dans les relations entre les puissances économiques et les pays pauvres.

      Nos opinions publiques respectives montrent aujourd’hui des signes de préoccupation quant à l’exploitation de la misère dans les pays du sud. C’est un facteur déterminant pour l’optimisme que j’affiche face au discours de l’administration américaine.

      En attendant de passer du discours à la réalité.

      Realchange.

  • Joson
    Joson
    Savoyard des plaines
    • Posté à 16h43 le 10/08/2009
    • Internaute 71926
      Savoyard des plaines

    J’ai eu l’occasion de constater les différences de perception de la France, des U.S.A et de la Chine par des Camerounais et des Maliens ; c’était au cours d’une mission de réhabilitation d’un laboratoire « de brousse ».

    Très schématiquement et vu par des amis locaux, ce qui ressortait de la micro-coopération entre les locaux et les étrangers était que :
    - « Les chinois » sont très efficaces mais ne partagent pas leur savoir faire (construction de batiment notamment à Bamako, Mali).
    - « Les américains » arrivent avec du super matériel de laboratoire, très high tech, pour une étude limitée dans le temps, interressée pour eux et lorsqu’ils repartent ils ne laissent rien sur place en ayant eu le moins de contact possible avec la population (sud Cameroun).
    - « Les français » sont bien gentils (ONG) sont souvent des faux-blancs (pas d’argent) aident bien, forment bien, laissent peu de matériel et aimeraient qu’on se débrouille tout seul, qu’on devienne autonomes (facile à dire vu de France).

    C’est le petit bout de la lorgnette, c’est caricatural mais je le reporte tel que je l’ai entendu, de plusieurs personnes impliquées ou pas dans nos projets...

    • realchange
      realchange répond à Joson
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 17h30 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Ce sont là des réalités de terrain. Elles traduisent bien les insuffisances de cette coopération longtemps entreprise en Afrique. Elle a laissé des séquelles.

      Je parle au passé par optimisme au présent. Car ce sont là des perceptions à changer par de nouvelles actions.

      Aucune entreprise sérieuse ne voudrait laisser ou donner une telle image d’elle même.

      En tant que français, c’est là une source de méditation sur les différentes approches possibles en Afrique. J’espère que chacun travaillera à s’améliorer.

      Merci encore

      Realchange

  • Anonyme

    Les Etats-Unis seraient donc les sauveurs… Tout cela serait crédible si l’on n’avait aucune mémoire : « les états-unis n’ont pas d’amis, seulement des intérêts ».
    La démocratie apportée par les Etats-Unis ? C’est le faux-nez véhiculé depuis deux décennies.
    Cela empruntera-t-il la stratégie utilisée en Asie du Sud-Est, celle appliquée en Amérique Latine avec les dictatures, ou la guerre mensongère et « humaniste » d’Irak ? Toutes ces « tentatives » ont échoué.

    Apporter la démocratie à condition que celle-ci soit sous la poigne et les dollars des Etats-Unis, avec les marionnettes aux ordres de Washington.
    Le chemin est abrupt si l’on en juge ne serait-ce que par la difficulté rencontrée par Washington pour implanter son Centre Africom…
    Quant aux Chinois, s’ils sont bien accueillis par les gouvernements, il n’en est pas de même avec les peuples. Pour s’en convaincre il suffit de relire ce qui s’est passé en Algérie la semaine dernière.

    • realchange
      realchange
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 17h50 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      « Les Etats n’ont pas d’amis, seulement des intérêts. » C’est vrai. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut travailler sur des convergences entre ces intérêts.

      Pour ce qui concerne la Chine, j’ai bien dit que certains aspects de sa stratégie en Afrique posaient problème. Je ne voudrais pas d’une Chine caution économique ou politique des dictateurs africains.

      En même temps, il faut éviter d’instrumentaliser ou de mener une campagne critique de l’action chinoise en Afrique pour donner bonne conscience à la France.

      Les problèmes sont multiples, les enjeux évidents, les marges de manoeuvres étroites pour toutes les parties.

      Sans tomber dans l’angélisme ou dans l’utopie, je pense qu’on peut parvenir à une interconnexion de tous les intérêts en présence. Cela demande de l’engagement, de la volonté, de la clairvoyance. Et c’est pas ce que l’humain a de moins à partager.

      Votre remarque contribue beaucoup à notre réflexion et je vous en remercie.

      Bien à vous.

      Realchange

      • inuit
        inuit répond à realchange
        grand nord
        • Posté à 18h01 le 10/08/2009
        • Internaute 82484
          grand nord

        j’ai en mémoire l’exemple d’un état africain (je ne sais plus lequel) ayant céder l’exploitation de ses fonds marins à une société chinoise qui exploite et vide de ses poissons les côtes avec d’immenses bateaux (contre promesse d’embauches de locaux non tenue, la quasi totalité des employés sont chinois).
        Les villages côtiers sont donc privés de poissons, leurs ressources alimentaires et commerciales principales. On devine bien sûr la corruption en arrière plan.
        Un exemple que quelqu’un pourra peut-être confirmer et développer.

         
        • realchange
          realchange répond à inuit
          Auteur(e) de l'article Indépendant
          • Posté à 18h20 le 10/08/2009
          • Internaute 86482
            Indépendant

          Déjà entendu parler de cet exemple et il y en bien d’autres encore. Cela relève bien plus de l’irresponsabilité des dirigeants africains.

          Un cadre étatique normal ne devrait pas laisser de place à de telles pratiques.

          Malheureusement il n’y a pas encore cet espace de contrôle des opérateurs sur le terrain. Ceux-ci agissent parfois en joint-venture avec les généraux et autres notables locaux. Imaginez alors l’impunité dont ils bénéficient. Voilà sûrement un autre aspect de la complexité du problème.

          Mais je persiste à croire que la non-démocratie est bien le terreau de ces pratiques et qu’il faut oeuvrer pour l’émergence de systèmes de gouvernement transparents en Afrique.

          Merci pour la lecture

          Realchange

          • Un compte supprime
            • Posté à 08h39 le 11/08/2009
            • Internaute 21837
              nc

            De toute facon, il n’y a aura bientot plus de poissons nulle part.

            Et je persiste moi a croire que l’emmergence de l’integrisme religieux et politique (Kadafe) en Afrique et dans le monde a coincide curieusement et de facon tres opportune, vers la fin des annees 80, avec la prise de conscience reelle des populations europeenne, alors encore +/- democratiquement informee et dirigee, du probleme africain et des solutions urgentes qu’il fallait alors proposer.
            Quand on veut tuer son chien, on lui inocule la rage...

        • Alfary
          Alfary répond à inuit
          Ronchon
          • Posté à 21h09 le 10/08/2009
          • Internaute 9751
            Ronchon

          En fait, deux pays, la Mauritanie et le Sénégal, relèvent de votre « exemple » pour leur ressources halieutiques, à ma connaissance.

          Dans les deux cas, il s’agit plutôt d’une concession des droits de pêche à des navires européens (espagnoles, français) et ukrainiens et russes. Chine, pas concernée.

        • zorbeck
          zorbeck répond à inuit
          • Posté à 07h25 le 11/08/2009
          • Internaute 9110

          Je ne sais pas si les Européens sous traitent la pèche côtière en Afrique de l’Ouest aux Chinois, mais ce qui est certain, c’est qu’un accord scandaleux sur la pêche en Afrique de l’ouest a été promu par l’Europe (France, Espagne) : alors que le poisson est la source de protéine nr 1 pour toutes les populations côtières, pour quelques millions d’euros saupoudrés à des plénipotentiaires africains, le pillage des ressources piscicoles est désormais inscrit dans un accord commercial.

          C’est à peu près ce que l’on pouvait faire de pire, et l’Europe y est parvenue. Je n’exclus pas que les Chinois aient pu signer de tels accords, mais avant de les critiquer nous pourrions balayer devant nos portes...

          • Un compte supprime
            Un compte supprime répond à zorbeck
            nc
            • Posté à 08h32 le 11/08/2009
            • Internaute 21837
              nc

            Vive l’europe ! ! ! (hymne a la joie en musique de fond). Il se trouve que les populations europeennes surgavees de proteines se balancent completement de savoir si les africains bouffent ou pas a leur faim et se fassent rouler dans la farine par nos amis dictateurs. Non, ce qui les interesse, c’est que, manquant ou non de proetines, il n’y en ait pas plus en europe que le nombre suffisant pour trimbaler nos ordures. Vogue la galere.

          • inuit
            inuit répond à zorbeck
            grand nord
            • Posté à 11h42 le 11/08/2009
            • Internaute 82484
              grand nord

            nulle envie de ne pas balayer devant notre porte... les occidentaux ont créé ce phénomène, mis en place les conditions, le font perdurer, donnent l’exemple, ouvrent les brèches dans lesquelles s’engoufrent à leur tour d’autres pays
            Il faut raisonner mondial et ne pas se cantonner à notre porte il me semble... sinon, on ne dénonce pas grand chose.
            Maintenant, c’est sûr, si notre gouvernement s’en plaignait, on pourrait lui répondre cela.

        6 autres commentaires
    • realchange
      realchange
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 18h02 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Le soutien aux dictateurs n’étanche pas la soif de liberté. Et je pense que cette soif est au africains ce qu’elle était aux français en 1789.

      Je n’ose pas imaginer à quel prix cela se fera en Afrique. Je partage avec vous un simple optimisme fondé sur mon observation de cette société.

      Je pense que la liberté ne demeurera l’otage du pétrole en Afrique. Pas plus que le pétrole n’empêchera la convergence des intérêts.

      Attendons de voir !

      Merci

      Realchange.

    • zorbeck
      • Posté à 07h48 le 11/08/2009
      • Internaute 9110

      Comme le dit explicitement l’article, les Chinois évitent généralement un soutien actif et direct aux régimes en place. Nous, on a une présence militaire sur place, un savoir faire inégalé dans la vente d’armes à travers un réseau d’influence qui remonte à de Gaulle (jusqu’au fils Mitterand qui s’est illustré en vendant des armes en Angola, pays ravagé par une guerre civile épouvantable) et en cas de doutes sur le vainqueur potentiel dans une guerre fratricide, il nous est arrivé d’armer les deux camps opposés (par ex Congo Brazzaville via Elf). Une stratégie « gagnant-gagnant » en quelque sorte. Je doute que ce soit la bonne à long terme.

      J’ai trouvé cet article très intéressant par son coté pragmatique, qui change un peu du discours traditionnel qui voit la misère africaine comme conséquence du libéralisme (sous entendu anglosaxon, cad une façon à peine voilée d’occulter nos propres aspirations hégémoniques), en ignorant complètement tout le reste (comme le franc CFA et ce qu’il implique, par exemple).

      • Un compte supprime
        Un compte supprime répond à zorbeck
        nc
        • Posté à 07h53 le 11/08/2009
        • Internaute 21837
          nc

        Grace a toi, je suis fier d’etre Francais ! Allonzenfant... on va pas se laisser bouffer par les chinois et les ricains nom de nom.

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 18h21 le 10/08/2009
    • Internaute 9751
      Ronchon

    Bonjour,

    Le titre (l’Afrique, passive, terrain de jeu des trois pays) ne reflète pas le contenu (l’Afrique bénéficaire de la compétition). Tant mieux. Sujet compliqué, en tous cas.

    La Chine et les USA n’ont aucun intérêt à un conflit frontal. Pékin a besoin du marché américain et européen pour soutenir sa croissance, qui lui permet d’investir dans ses moyens militaires (Lien).

    Au plus, les capacités de projections chinoises sont limitées à son proche voisinage. Elle développe des capacités balistiques, bien sûr, mais la doctrine (cf le livre blanc) insiste sur des capacités défensives et une indépendance technologique. A l’horizon 2016, en retenant l’hypothèse haute (32% des dépenses militaires mondiales, Asie 1ère zone), leur budget « officiel » de défense restera modeste relativement aux USA.

    Si vous prenez les tableaux d’investissements chinois en Afrique, vous vous apercevez, schématiquement :
    - sur les ressources énergétiques (pétrole, gaz, uranium), les trois pays sont en compétition, la Russie en lisière.
    - sur les minerais (fer, bauxite, aluminium) la Chine est au coude-à-coude avec un autre acteur, l’Inde (ArcelorMittal). France et USA sont quasi absents (mondialement et délocalisation l’explique facilement).

    L’essentiel des matières premières stratégiques étant là, on ne parlera pas des bois précieux, l’or etc. Ceci pour envisager l’énorme marge d’action disponible pour les pays africains.

    A titre de complément. Les ventes d’armes, les grands travaux d’infrastructure et l’industrie pétrolière sont les principales sources de corruption dans le monde, d’après l’OCDE et Transparency International. Si la Chine est très active sur les Infrastructures, je vous laisse faire les rapprochements et les conclusions pour la vente d’armes et les produits pétroliers. Au reste, des travaux conjoints Sipri-Oxfam, tendent à montrer que 20-25% environ de la dette des pays pauvres ressort de leurs achats de systèmes d’armement. En regardant les chiffres 2008 sur les ventes d’armes, il n’est pas certain que l’Afrique tire le meilleur parti de ses ressources naturelles. De surcroit, en regardant les tableaux croisés budget de défense-budget éducation-budget santé, on s’aperçoit que le premier absorbe des ressources disproportionnées, dans les pays d’Afrique.

    L’absence d’une politique de défense (cas général en Afrique) et de bonne gouvernance se traduit directement par de la gabegie, du népotisme et de la corruption. Ce point est intéressant et valide l’approche d’Obama, qui insiste sur la stabilité démocratique. Les États-unis ont une conception globale de la sécurité, prennent en considération l’environnement social et politique de leurs partenaires.

    La Chine, fidèle à un principe qui date de Mao (non-ingérence), procède différemment. Ce qui fait, vous avez raison de le souligner, l’affaire des dirigeants.

    • realchange
      realchange répond à Alfary
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 21h10 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Bonjour,

      D’emblée je ne peux vous cacher mon accord sur de nombreux points évoqués dans votre commentaire : l’interdépendance économique entre Pékin et les autres puissances économiques (France et USA notamment), les ambitions militaires de la Chine...

      Je n’ai pas très bien compris la phrase suivante : « L’essentiel des matières premières stratégiques étant là, on ne parlera pas des bois précieux, l’or etc. Ceci pour envisager l’énorme marge d’action disponible pour les pays africains ».

      S’agit-il là de miettes réservées à la souveraineté nationale, de richesses subsidiaires à concéder aux prétendants, ou d’un ensemble de richesses ouvrant droit à une marge de négociation économique et stratégique importante pour les pays africains ?

      Quant à la corruption, je considère qu’elle profite bien du terreau du désordre institutionnel, de la fragilité des Etats, des liens opaques que les dirigeants africains entretiennent avec des intermédiaires douteux pour se livrer de façon souveraine à divers types d’opération...Les schémas, les montages, les zones de domiciliation internationales...tout cela est bien connu.

      Effectivement la démarche chinoise fait abstraction de cette dimension dans sa stratégie de coopération avec les dirigeants africains. Cette limite constitue le contre-pied de la stratégie américaine.

      Enfin les problèmes liés aux armements ou aux armées ne sont pas détachables de ce contexte de désordre institutionnel, d’omnipotence des souverains dictateurs qui, lorsqu’ils ne sont pas instrumentalisés pour faire la guerre à une rébellion avec les conseils d’assistants techniques douteux, souvent dans des régions riches en ressources naturelles, utilisent le budget de l’armée aux fins de préservation du pouvoir.

      Bref, malgré les bonnes intentions d’Obama, on peut affirmer que la messe n’est pas encore dite.

      Comme vous le voyez, je reste optimiste et réaliste.

  • Comoko
    Comoko
    Etudiant
    • Posté à 20h02 le 10/08/2009
    • Internaute 81978
      Etudiant

    Africa, Africa, Africa Wants to be free-Africa mama Africa, Africa wants to be free !

    « Tiken Jah Fakoly »

    • realchange
      realchange répond à Comoko
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 21h15 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Change is gonna come...

      Lien

      Realchange

      • Comoko
        Comoko répond à realchange
        Etudiant
        • Posté à 12h14 le 11/08/2009
        • Internaute 81978
          Etudiant

        I believe !
        But When ? ?

         
        • realchange
          realchange répond à Comoko
          Auteur(e) de l'article Indépendant
          • Posté à 14h51 le 11/08/2009
          • Internaute 86482
            Indépendant

          Hello,

          I understand your impatience. I too have this impatience.

          But I believe that nobody will stop what takes place in Africa.

          We are free people

          We shall be free people.

          Really, i think a change is gonna come

          God bless Africa

          Realchange

          • Comoko
            Comoko répond à realchange
            Etudiant
            • Posté à 21h57 le 11/08/2009
            • Internaute 81978
              Etudiant

            God Bless Africa !

        2 autres commentaires
  • beuhrète-
    • Posté à 20h34 le 10/08/2009
    • Internaute 75660

    La Chine en Afrique c’est bonnet jaune et jaune bonnet l’altruisme d’Etat n’est pas encore né , d’ailleurs existera t-il un jour ?

    La Chine n’est pas en Afrique pour aider les Africains mais pour faire comme les autres nations avant elle !

    Exploiter au maximum les ressources naturelles et également pour des raisons géo-stratégique..

    • realchange
      realchange répond à beuhrète-
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 21h20 le 10/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      En affirmant que l’altruisme d’Etat n’existe pas, que suggérez-vous de faire après ? Expliquer aux africains que c’est une fatalité, qu’on ne peut rien changer, qu’il faut accepter de subir la situation...parce qu’il n’y aurait rien d’autre à faire ?

      C’est le discours d’une certaine école à laquelle je n’appartiens pas.

      Merci.

      Realchange

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à beuhrète-
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h16 le 12/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Les Africains ont toutefois l’impression (et c’est cela l’essentiel en terme de Géo-politique) que les nouveaux venus ne sont là que pour travailler, apporter quelques richesses supplémentaires ou quelque confort basique aux peuples....

      ...tout en ne cherchant pas militairement à imposer leur présence.

      (J’ignore si la presence militaire chinoise en Afrique est avérée...mais je crois que ce n’est pas leur objectif).

      Je crois que les seules ressources énergétiques chinoises sur leur propre territoire national se résument à l’exploitation du charbon, de l’atome civil, et de l’énergie hydraulique et éolienne.
      - Le pétrole (pour ce qu’il en reste) serait le bienvenu chez eux.

      ¤ Ne comptez pas trop sur eux pour investir dans l’écologie pure.
      (surtout chez les autres)
      Le développement des produits de nouvelle génération (voitures électriques) est en avance d’une longueur et sera prioritairement destiné à l’exportation vers nos propres pays déjà gavés.

      ° Que voulez vous, c’est un pays communiste...
      ...qui a quand même compris les avantages du Capitalisme !

  • Un compte supprime
    • Posté à 08h03 le 11/08/2009
    • Internaute 21837
      nc

    D’une facon comme d’une autre, le sous-developement structurel et democratique de l’Afrique arrange tout le monde, en tout cas tous les gouvernements capitalistes (Chine, EU, Europe). Restent ceux qui s’indignent de cette exploitation ehontee et de ses consequences humaines. Mais ceux-la ne font parti d’aucun gouvernement. Vogue le navire.

    • realchange
      realchange répond à Un compte supprime
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 14h59 le 11/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Dire que t’as eu 5 votes pour ça, félicitation !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h25 le 11/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Ces petits malins de Chinois et d’Américains ne se foulent pas trop, ils regardent ce qu’a fait l’Europe depuis longtemps, dresse un constat et évite les emmerdes, du moins celles prévisibles.

    Nourrir les dictateurs c’est bien, sauf qu’à toujours un moment où c’est le dictateur d’en face ou la dictature du peuple (ie islamisme, communisme, tribalisme, démocratie, etc.). Et là, on se retrouve niqué parce qu’on s’est fait mal voir et on se fait virer au profit des autres.
    Du coup, il reste plus trop le choix, vu que ni la population indigène de là bas, pas plus que la population indigène d’ici, ne supporte le style à papy, il va falloir trouver une nouvelle méthode.

    La Chine en prônant la non ingérence, c’est à dire en arrosant discrètement tout le monde, évite de se mettre les gens qui comptent sur le dos.
    Par contre, je ne suis pas sûr qu’envoyer ses propres ressources humaines sur place soit une connerie. La Chine, c’est pas la France. Dix Chinois qui crèvent dans un attentat, ça n’a pas le même impact au pays de la censure et de son milliard d’habitants que dans nos pays où même la mort d’un soldat sur le champ de bataille est la pire des tragédie.
    Et puis un pauvre bien pauvre sera toujours prêt à prendre le risque d’aller bosser chez Al Quaida et de vivre enfermé dans son quartier chinois local.
    En plus, même si la Chine ne possède pas le matériel hi tech pour rivaliser avec les puissances militaires occidentales, elles n’en a pas besoin pour aligner des milliers de gus armés d’AK47, de battes de bambou et de kung fu face à des milliers de gus armés d’AK 47, de bombe à clous et de coran fou.

    Quant aux Yankees, à vrai dire ils sont dans la même merde que nous.
    Eux aussi jouait avec leurs dictateurs américains pendant qu’on jouait avec nos africains, et pour le même résultat.
    Après chez les orientaux ils l’ont joué à la chinoise en piquant tout, important un peu de main d’oeuvre qui reste dans son coin, laissant la situation politique partir à vau-l’eau et inondant le marché local de leur produit. Du coup prendre pour cible de « l’intérêt américain » est devenu un sport national chez les Oussamas de tous poils.

    En tout cas, à défaut de partir dans une vraie guerre, ça peut être un superbe contexte pour faire un super scénario (voire un mod) pour Civilization : D

  • Akaz
    Akaz
    Malfini
    • Posté à 18h40 le 11/08/2009
    • Internaute 30066
      Malfini

    Enfin bon,

    La Chine a envoyé des armes au Soudan et au Mozambique lors des dernières crises. Donc non-ingérence je ne sais pas...
    La Chine n’a tout simplement pas l’étiquette de « pays dominant » du fait de son passé révolutionnaire(ou elle a eu ses interventions en Afrique aussi) et de pays du tiers-Monde. Donc son discours semble pragmatique ou sans hypocrisie.
    Alors que ça reste globalement une politique de sujétion économique, en gardant le pouvoir en place. Comme Lyautey le désirait en théorie.

    C’est aux africains de faire de ces accords des politiques gagnantes mais l’absence globale de leadership politique empêche cela.

    C’est d’ailleurs toute la différence entre la politique chinoise, qui reste une politique de puissance nationale, à celle de certains pays africains ou il s’agit de politique d’enrichissement et de puissance personelle.
    La Côte d’Ivoire, géant diplomatique et d’influence dans le continent à l’époque d’Houphouet en est un des exemples.

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 18h43 le 11/08/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    je crois q’ il faut se méfier des chinois. La position des américains me paraît des plus intéressante et rentable à long terme pour les africains ; Quant à la francafrique, inutile de revenir sur les dégats dont elle est responsable

    • fax1
      fax1 répond à alberte
      affaires en Afrique
      • Posté à 21h47 le 11/08/2009
      • Internaute 87537
        affaires en Afrique

      Sur un sujet connexe, que pensez vous de l’évolution de la situation actuelle au Gabon. Décès du père, les opposants politiques essayent un front Tous sauf Ali (ben Bongo) - Candidat aux élections du 30.08 (les premières depuis 40 ans) et toujours ministre de la Défense -. La France a des intérêts sur place (expatriés, finances, base militaire).
      Les américains et les chinois font aussi des affaires, surtout les chinois..
      Fax

    • realchange
      realchange répond à alberte
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 22h11 le 11/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Bonjour,

      Je partage bien votre avis. La françafrique, inutile ; la Chine, méfiance ; l’Amérique, à suivre avec intérêt et à voir sur le terrain.

      Bon courage

      Realchange

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h15 le 12/08/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    En terme de respect des droits de chacun,
    les Chinois nous répondent dans le même esprit que pour les Jeux.

    * Nous sommes justes invités à nous occuper de nos oignons !

    ¤ me - P45

    • realchange
      realchange répond à Yvon le Zébulon
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 23h42 le 12/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      Chacun sait à qui ces termes chinois s’adressent. Principalement à ceux qui y prêtent attention. Cela me rappelle les « oignons de la bêtise ».

      Bonnes chinoiseries ! ! !

      Realchange

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 12h32 le 13/08/2009
    • Internaute 9751
      Ronchon

    Des analystes décryptent la politique africaine de l’administration Obama :

    WASHINGTON, 12 août (Xinhua) – L’Afrique sub-saharienne revêt une importance particulière pour les Etats-Unis, mais elle ne constitue pas en réalité une priorité aux yeux de l’Oncle Sam, selon des analystes américains.

    La tournée de la secrétaire d’Etat américaine en Afrique, à la suite de la visite de Barack Obama au Ghana, est très importante, du fait que Hillary Clinton y rencontre tous les pays de poids, ce qui permettrait de renforcer les liens des deux parties et d’accroître les échanges commerciaux et les investissements.

    « Les Africains désirent ardemment des investissements plutôt qu’autre chose. Et il y a d’abondantes opportunités pour les Etats-Unis de lancer des partenariats commerciaux avec l’Afrique », indique Bronwyn Bruton, du Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations), un laboratoire d’idées et d’expertises américain.

    Selon Mme Bruton, de tels partenariats, notamment en matière de la sécurité énergétique, sont cruciaux.

    La suite sur Xinhua Lien

    • realchange
      realchange répond à Alfary
      Auteur(e) de l'article Indépendant
      • Posté à 15h07 le 13/08/2009
      • Internaute 86482
        Indépendant

      On ne pouvait pas s’attendre à mieux de la part d’une agence de presse chinoise, même si le communiqué émane de son représentant à Washington.

      La vision développée par ces analystes ne fait aucun lien entre l’intérêt économique des Etats Unis dans les grands pays d’Afrique comme le Nigeria, l’Afrique du Sud ou l’Angola ; le rôle joué par le lobby noir-américain (lire ici Lien) pour impulser une nouvelle dynamique aux relations économiques et politiques avec l’Afrique (non sans cynisme) ; la volonté manifestée par la nouvelle administration Obama de développer le partenariat américain (nouvelle idéologie du développement des relations internationales - voir Lien) avec le continent noir et ce, malgré les difficultés économiques, les difficultés de politique intérieure, les préoccupations moyen-orientales ou la guerre en Afghanistan.

      Je pense donc que les propos rapportés par le correspondant de l’agence Xinhua font état de la vision la pessimiste qui soit.

      Pour ma part, je prêterai autant d’attention aux visions les plus optimistes ou les plus engagées. Il n’y a aucune raison de les écarter d’ores et déjà.

      Merci

      Realchange

      • Alfary
        Alfary répond à realchange
        Ronchon
        • Posté à 15h25 le 13/08/2009
        • Internaute 9751
          Ronchon

        Certes, certes.

        Ceci dit, quand Xinhua met en avant des points de vue de membres patentés du CFR, cela mérite d’être rapporté, sinon discuté. Vous ne trouvez pas ?

        Pour ma part, je prêterai autant d’attention aux visions les plus optimistes ou les plus engagées.

        L’un n’empêche pas l’autre : -)

         
        • realchange
          realchange répond à Alfary
          Auteur(e) de l'article Indépendant
          • Posté à 18h43 le 13/08/2009
          • Internaute 86482
            Indépendant

          Comme vous le dites si bien : l’un n’empêche pas l’autre. Cela permet de garder une dynamique dans la réflexion.

          Merci pour l’attention.

          Realchange.

          Ps Je prépare un article sur l’aide au développement. Si je peux obtenir votre vision en la matière pour enrichir ma réflexion. Merci d’avance.
          halison777@yahoo.fr

        1 autres commentaires
  • uscan
    • Posté à 10h27 le 14/08/2009
    • Internaute 39932

    Bonjour,

    Votre article m’a intéressé mais je voudrais vous proposer une vision légèrement décalée sur ce sujet. Les grandes orientations des politiques continentales que vous décrivez reflètent bien, je pense, la réalité économique et politique de l’Afrique, mais le « besoin de démocratie » me semble un leurre ethnocentriste.
    La démocratie est très bien en occident, c’est un système qui s’enracine ici, et qui correspond à notre mode de développement.

    Bien sûr, si vous parlez de démocratie aux africains, ils vont répondront tous qu’ils l’appellent de leurs vœux. Tout le monde veut le justice et la liberté. Mais en grattant un peu, il me semble que les choses ne sont pas aussi simples. Nombre d’africains expliquent que la démocratie ne leur convient pas du tout, et cela pour plusieurs raisons.

    1/ C’est un système qui divise : tel parti contre tel parti contre tel autre, cela crée des fissures dans un tissu de relations déjà bien amoché par la mondialisation depuis 30 ans. Nombreux sont ceux qui pensent qu’au fond, il est plus sain et plus simple d’avoir un seul chef et une seule hiérarchie. Si le chef est mauvais, on le dégage. Mais le multipartisme embrouille tout.

    2/ C’est une grosse hypocrisie. On le voit bien en Europe. Nous passons notre temps à courir après les valeurs de la démocratie, à nous plaindre de les voir continuellement bafouées. En réalité tout repose sur le rapport de force, les « valeurs » démocratiques sont seulement invoquées, elles sont essentiellement des prétextes. Par ailleurs, on reconnait volontiers, en occident, qu’il est légitime de se battre au nom de « son intérêt ». C’est ce qui se passe. Mais de cette dichotomie entre une réalité brutale et un discours de bonne intentions nait un voile d’hypocrisie qui caractérise, entre autres, les Etats occidentaux. Cela ne convient pas du tout aux africains.

    3/ Tout ce que la démocratie a apporté aux africains, concrètement, depuis qu’elle a été mise en place sur le continent, c’est une aggravation régulière de la pauvreté. On peut gloser sur les causes de cette pauvreté, mais la concomitance de ces deux réalités demeure un fait connu de tous.

    4/ La démocratie, je l’ai déjà évoqué, est un système occidental, né en occident et adapté à notre rapport au monde. Comme nous pensons que c’est le meilleur système que l’on ait trouvé (pour nous) et comme nous dominons actuellement la planète, nous somme persuadés que c’est le meilleur système pour toute la planète. C’est encore une forme de colonialisme qui irrite, à raison, les africains.

    5/ En effet la démocratie est un système politique fondé sur l’argumentation, la contre-argumentation, le pour le contre, le débat. C’est un fonctionnement qui nous ressemble, il met le mental au centre. L’Afrique fonctionne autrement.

    6/ La religion du « développement », que l’on associe en général à la démocratie fait beaucoup de mal en Afrique. Toutes les ONG ou les gouvernements dont l’action consiste à amener eau courante, électricité et goudron créent dans les équilibres locaux plus de dégâts que de bienfaits. Beaucoup de petits métiers sont éliminés sans transition, la modernité fait une irruption brutale dans une société qui n’y est absolument pas préparée, qui ne le désire par nécessairement au fond, mais qui se trouve immédiatement aimantée par le brillant du produit manufacturé, par l’impression de réussite sociale, par le statut que procure l’ostentation. C’est ainsi que se développent l’avidité, la cupidité, la jalousie et la frustration. Quoiqu’il arrive, ces populations restent pauvres. Souvent davantage, même, avec des charges d’eau et d’électricité qu’avec un mode de vie traditionnel. Au fond il ne s’agit pas du tout d’aider, mais de relier des populations au marché, d’en faire de nouveaux consommateurs. Ceux-là seront les plus pauvres, les plus dépendants, et les plus frustrés. Au fil des ans, cette accumulation de frustrations engendre une violence grandissante envers les occidentaux, et aussi entre voisins.

    Il ne s’agit pas de réserver ces ressources aux occidentaux. Il s’agirait de laisser l’Afrique s’approprier ces nouvelles données à sa manière, à son rythme et selon son intérêt. C’est aujourd’hui une utopie.

    On le voit bien à travers cet exemple, le fossé culturel qui nous sépare des africains est immense, bien plus qu’il n’y parait.

    Un réel espoir, je pense, s’était levé pour l’Afrique avec le coup d’Etat de Thomas Sankara dans la Haute-Volta des années 80. Un modèle profondément différent du nôtre a été mis en pratique pendant quatre ans. Les progrès concrets ont été considérables dans tous les domaines. Mais le nouveau régime (qui a rebaptisé son pays Burkina Faso « Le pays des hommes intègres ») remettait en question la nature de ses liens avec l’occident, organisait les relations et les échanges en se plaçant sur un pied d’égalité, en considérant d’abord l’intérêt du peuple burkinabé. Mitterrand a manoeuvré contre Sankara, la Côte d’Ivoire a suivi Paris (contrairement au Ghana, très proche du régime de Sankara) jusqu’à son assassinat par Blaise Compaoré, son « frère ». Toute de suite, Compaoré a « corrigé la révolution » en rouvrant grand la porte aux entreprises occidentales, et en renouant les liens de la françafrique...
    Vu de France, on entend souvent que Sankara était un dictateur, ce qui est vrai mais totalement réducteur si toute l’histoire n’est pas contée.

    Où l’on voit bien que la démocratie n’est pas une panacée...

    Contentons-nous de la faire bien fonctionner chez nous, ce serait déjà beaucoup.

    Raphaël Massi

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