09/08/2009 à 15h02

Faut-il protéger les ados de la pornographie ?

Anne Laffeter | LesInrocks.com

En France, un ado peut légalement faire l’amour dès 15 ans, mais n’a pas le droit de voir un porno avant 18 ans. Paradoxe ou protection indispensable ? Entre sociologues et pédopsychiatres, les avis divergent sur l’impact du porno sur les mineurs.


L’actrice porno Ange Venus à Las Vegas en janvier 2007 (Steve Marcus/Reuters)


« Pour mes recherches d’exposé sur le sexe, j’ai simplement piraté l’ordinateur du collège. » Déjouer la vigilance des filtres antipornographie imposés au nom de la protection des mineurs est un jeu d’enfant pour Roxanne, 15 ans, et probablement pour la majorité des préados et ados de sa génération.

C’est au nom de cette même protection que les commissaires de l’exposition « Présumés innocents : l’art contemporain et l’enfance » seront jugés en correctionnelle pour « diffusion d’images pornographiques », neuf ans après l’exposition.

La plainte émane d’une association de protection de l’enfance qui, au nom d’un prétendu caractère pornographique, cherche à bannir de l’espace public le sexuel pour le renvoyer dans l’enceinte privée du couple. Les tenants de l’ordre moral se crispent aujourd’hui sur les dernières chapelles qu’ils peuvent influencer, dans un monde où Internet a fait exploser les murs construits pour séparer le monde des enfants de celui des adultes.

« C’est très facile de visionner des pornos. Tout le monde connaît les principaux sites : youporn.com et redtube.com », explique Mathieu, 14 ans. A défaut de tests biométriques, l’attestation de majorité pour accéder à YouPorn se fait sur l’honneur d’un simple clic. « Le sexe est une banalité sur le Net, j’en vois tous les jours du plus ou moins hard », confirme Roxane.

Un jeune de 10 ans sur deux aurait déjà vu une image porno

Les parents s’affolent mais les polices des moeurs n’y peuvent plus rien. Censurer la pornographie au nom de la protection des mineurs, alors que ceux-ci s’octroient cette liberté à la demande pendant que leurs parents cachent péniblement leurs Penthouse sous le matelas, a-t-il encore un sens ?

Pourquoi est-il légal, en France, de faire sexuellement tout ce que l’autre consent dès 15 ans et interdit de voir un porno avant 18 ans ? « Ce ne sont pas les images qui me choquent mais leur quantité et leur facilité d’accès », confie Cécile, 14 ans.

La profusion numérique inquiète ainsi les pédopsychiatres, déjà peu amènes à prescrire du porno pour ouvrir les chakras de leurs jeunes patients. « Autrefois, l’accès à la pornographie était limité. Au cinéma, il fallait une pièce d’identité », note le pédopsychiatre Pascal Hachet.

Un jeune de 10 ans sur deux aurait déjà vu une image porno aujourd’hui. Pour Pascal Hachet :

« Une exposition répétée avant le premier rapport sexuel, même chez des sujets a priori sains, est déconseillée, car elle risque de fausser leur capacité à vivre le rapport normalement. Cela peut les inhiber en leur donnant des complexes alors qu’ils cherchent des éléments de comparaison. »

Figures sexuelles acrobatiques imposées, éjacs faciales, mensurations hors normes

C’est l’effet de mimésis qui inquiète particulièrement certains spécialistes. Pour Pascal Hachet, le porno pourrait pousser les jeunes esprits influençables à imiter « la manière dont sont considérées les femmes, jusqu’au risque d’imposer des rapports sexuels en groupe ».

Figures sexuelles acrobatiques imposées, éjacs faciales, mensurations hors normes, les jeunes ados inexpérimentés incapables de faire la différence entre réalité et représentation reproduiraient les séquences porno ultra codifiées.

« Les images s’imposent comme une obsession, comme un syndrome posttraumatique : soumission, pénétration, rapport sexué de domination marquent la relation à l’autre », analyse le pédopsychiatre Philippe Jeammet.

Le sociologue Michel Bozon n’est pas de cet avis :

« Les représentations explicites de la sexualité n’ont pas d’impact direct sur la vie sexuelle des jeunes. Elles servent à l’élaboration de fantasmes ou de productions mentales. »

Le sociologue explique que les spectateurs, même jeunes, ne sont pas de simples « imitateurs conditionnés » et que l’information est toujours « filtrée ».

« Le discours des gamins sur le porno est distancié. Ils savent que c’est du cinéma. Jamais leurs propos sur la sexualité ne sont teintés de pornographisme », témoigne la sociologue Isabelle Clair, qui mène des enquêtes qualitatives sur la sexualité des jeunes en banlieue et actuellement dans les communes rurales.

« Je sais que ces films ne représentent en rien les vraies expériences sexuelles et qu’ils font paraître les femmes comme des nymphomanes », décrit Christophe, 15 ans. « Je sais que ce n’est pas la réalité. Certains films sont malsains et choquants. La femme est un objet sexuel. C’est humiliant », s’offusque Roxanne.

« C’est sûr que le porno n’aide pas à voir les femmes autrement que comme des objets sexuels. Mais il n’y a pas que lui ! Les filles n’ont pas besoin d’en regarder pour subir un rappel à l’ordre », précise Isabelle Clair. Les discours marketo-publicitaires en regorgent parfois jusqu’à la nausée ou l’absurde.

Plus que les images porno, c’est d’ailleurs « la mode vestimentaire » et « les décolletés de plus en plus bas » qui inquiètent Cécile. Quels fantasmes projettent les parents et la société sur ces jeunes ados de plus en plus sexués ?

Retour de bâton moral

Les pédopsys, en soignant les maux adolescents, soignent aussi ceux de leurs parents.

« En contact avec des jeunes “à problèmes”, ces thérapeutes tendent à généraliser leur expérience clinique et à donner une caution scientifique à la préoccupation des adultes qui ne contrôlent plus les jeunes et leur vie sexuelle », affirme ainsi Michel Bozon.

Les dangers du Net, pédophilie et prostitution infantile en tête, font la une des magazines, reléguant l’enfer des tournantes aux oubliettes. Certains journalistes furent surpris d’apprendre dans une enquête de l’Ined (Institut national d’études démographiques) que « l’âge moyen du premier rapport est à peu près stable depuis trente ans (17,2 ans pour les garçons et 17,5 pour les filles) », raconte Michel Bozon.

Pour Nathalie Bajos, coauteur de l’enquête, les sociétés sont traversées par un « mythe récurrent » selon lequel « parler de sexe aux jeunes leur donnerait des idées, comme si la sexualité était déterminée ». « Cette stabilité, traitée dans la presse du point de vue des parents, a aussi permis de les rassurer », nuance Isabelle Clair.

Les discours psys sont loin d’être neutres. Philippe Jeammet explique ainsi que « c’est l’absence de sentiments, de beau dans le porno, cette volonté de merdifier la sexualité qui risque de faire penser que le sexe se réduit à un côté mécanique ».

Encore une fois, le sociologue Michel Bozon s’oppose :

« Ce romantisme amoureux obligatoire est un carcan très fort, générateur de maint rapport névrotique à la sexualité, et est en tout cas extrêmement sexiste : il s’adresse avant tout aux femmes et se présente plus pour elles comme une obligation morale et sociale que comme un choix.

Ce qui est condamné, c’est peut-être aussi la représentation de femmes très actives sexuellement, qui est plutôt ce que montrent les pornos. »

Difficile à comprendre de la part d’une génération qui s’est battue pour différencier amour et sexe, qui le vit, mais le refuse aujourd’hui à ses enfants. Ce comportement un tantinet mesquin masque mal un retour de bâton moral chez une génération certes libérée, mais aussi traversée par les années sida, la figure du pédophile et la « juridiciarisation » des actes sexuels des années 80 et 90.

« Le porno peut être instructif »

« Malheureusement, nous avons peu de moyens d’interdire l’intrusion par la pornographie du monde sexuel des adultes dans celui des enfants et jeunes ados », se désole Philippe Jeammet. Pascal Huchet rapporte ainsi qu’une ado trouvait normal que plusieurs hommes s’intéressent à elle simultanément « sachant, grâce aux pornos, que la sexualité multiple existe ».

« Les garçons n’ont pas été brutaux », tient-il à préciser, comme s’il allait de soi qu’ils le seraient. « Un des moyens de contrôler les images porno obsédantes est de retrouver un rôle actif en exerçant un contrôle pervers sur l’autre », diagnostique Philippe Jeammet.

Le porno serait la porte ouverte aux perversions. « Le X montre ce que nos parents et profs ne nous diront jamais », soutient Roxanne. A l’inverse des pédopsys, le philosophe Ruwen Ogien pense que « le porno peut être instructif. Il peut permettre à toutes sortes de désirs et de pratiques sexuelles minoritaires (homosexuelles, échangistes, sadomasochistes, fétichistes) ou majoritaires mais toujours “honteuses” (masturbation) de “sortir du placard”.

Pour ne pas avoir à dire qu’ils se masturbent, “les ados disent qu’ils regardent des pornos pour apprendre”, témoigne Isabelle Clair. Mathieu avoue à demi-mot “regarder pour les sensations que ça procure”, pendant que seulement 10 % des femmes de 18-19 ans déclarent se masturber régulièrement (enquête Ined).

L’autonomie grandissante des jeunes et la disparition des frontières générationnelles ne se fait pas sans réflexes conservateurs de la part des adultes, qui réassignent les jeunes à deux figures contradictoires : “la victime” et “la classe dangereuse”.

La “pathologisation” ou la “criminalisation” des goûts et comportements des préadolescents et adolescents ne s’est d’ailleurs jamais limitée à la pornographie. BD, rock, jeux vidéo ou raves ont tous subi les foudres des lois et règles parentales. “Faites officiellement pour protéger la jeunesse, conclut Ruwen Ogien, elles semblent souvent servir, en réalité, à protéger les adultes de la jeunesse.”

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  • thierry reboud
    • Posté à 15h19 le 09/08/2009
    • Internaute 20923

    Sur l’internet, je ne sais pas trop : les seuls sites pornographiques que je visite à l’occasion sont du genre françois-de-souche.trèscon. Mais je suis toujours très surpris qu’il soit tout à fait inconcevable de diffuser des films de pornographie sexuelle à la télévision à 21h mais pas du tout gênant d’y diffuser de la pornographie militariste ou plus généralement violente. S’il est évident qu’une femme qui se fait baiser devant une caméra paraîtrait insupportable, n’importe qui peut constater qu’une femme qui se fait tabasser devant la même caméra gêne beaucoup moins.

    Au sujet de la violence, j’avais entendu dire par des gens (beaucoup mieux au fait que moi de ces sujets) que ce qui pose problème, ce n’est pas tant ce que regardent les enfants que le fait que les adultes n’en parlent pas avec eux. Si c’est exact, ne peut-on pas considérer qu’il en irait de même avec les représentations pornographiques de la sexualité ?

    • vermisseau
      vermisseau répond à thierry reboud
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 15h28 le 09/08/2009
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      on peut le penser
      plutôt que de tenter de cacher à tout prix ce qui ne l’est plus, pourquoi ne pas prendre le taureau par les cornes ?

      • pablico
        pablico répond à vermisseau
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 18h25 le 09/08/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        de toute façon nous n’avons pas le choix. Il faut faire avec.

        à moins de fermer internet, et de mettre hors la loi toutes les cassettes et dvd, ce qui est devenu impossible, on n’y pourra rien.

        les puristes de puritanisme, pour arrêter tout n’ont que le choix de couper l’électricité.

        c’est impossible.

        donc il faut très tôt en parler aux enfants. Essayer de les vacciner. Essayer de les ’initier’ aux valeurs, à ce qu’est l’amour, le respect etc..les initier à la méfiance, et à la défiance de certaines choses.
        et surtout leur apprendre à réfléchir, à faire des choix.

        combattre le porno par d’autres armes que la censure.

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à pablico
          • Posté à 18h37 le 09/08/2009
          • Internaute 20923

          Pourquoi nécessairement combattre la pornographie ?

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à thierry reboud
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 15h04 le 10/08/2009
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            « Pourquoi nécessairement combattre la pornographie »

            En effet : Venez nous aider à combattre les Chinetoques
            et les Etats-Unis qui veulent violer nos amis africains !

            Venez nous aider à sauver la FranceAfrique du hold-up sentimental lancé vers elle par la Chine et les Etats-Unis qui veulent nous en chasser comme des malpropres pour nous piquer notre place en draguant les potentats de l’endroit !

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            TOUS CEUX QUI LISENT CE S.O.S SONT CONVIES AU COMBAT

            • vermisseau
              vermisseau répond à Yvon le Zébulon
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 19h18 le 10/08/2009
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              là Yvon je crois que vous vous égarrez...

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à vermisseau
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 14h06 le 11/08/2009
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                C’est tout à fait exact :

                Mon présent post n’avait rien à voir avec le débat, mais je voulais faire venir le maximum d’internautes sur un sujet qui me tiens à coeur au sujet de la concurrence qui nous est faite en Afrique.

                ° Je vois donc que ta vigilance n’aura pas été prise en défaut !
                 ; -))))

          • palmer
            palmer répond à thierry reboud
            passant
            • Posté à 17h18 le 10/08/2009
            • Internaute 51482
              passant

            Le besoin de pornographie c’est comme ce qui rend la religion indispensable à tant de refoulés ; normal que les clients de l’un soient souvent les adeptes de l’autre.

            • thierry reboud
              thierry reboud répond à palmer
              • Posté à 17h38 le 10/08/2009
              • Internaute 20923

              Mouais... Pas plus convaincu que cela.

              Mais, en tout état de cause, faut-il combattre la religion, pour autant qu’elle demeure (comme, généralement, la pornographie) du domaine privé ?

        6 autres commentaires
      • extralucide
        extralucide répond à vermisseau
        retraite
        • Posté à 23h57 le 09/08/2009
        • Internaute 65689
          retraite

        La pornographie, ouais, c’est pas très bien. Mais c’est quand même pire pour un gosse de voir Frédéric Lefebvre ou le nabot aux heures de grandes écoutes

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à thierry reboud
      indocile heureux
      • Posté à 20h34 le 09/08/2009
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Serait-ce un de ces ballons d’essai pour faire passer, sous couvert de morale, surveillance et censure sur le net ?

    • anar78
      anar78 répond à thierry reboud
      flaneur
      • Posté à 23h04 le 09/08/2009
      • Internaute 49508
        flaneur

      Certes, la violence est choquante, mais il y a une grande différence entre un film de guerre et un porno : dans le porno, les acteurs pratiquent réellement l’acte sexuel - on ne montre pas des snuff movies à 21h !
      Ce qui est choquant dans le porno après tout, ce n’est pas tant ce qui est représenté que la « marchandisation du corps »...

      • thierry reboud
        thierry reboud répond à anar78
        • Posté à 08h23 le 10/08/2009
        • Internaute 20923

        On pourrait discuter sur le point de savoir s’ils pratiquent réellement l’acte sexuel (ils en pratiquent une représentation), mais ce serait pour chipoter et je crois que ce n’est pas l’essentiel de votre propos.

        Je pourrais, à certaines conditions, être assez d’accord avec votre conclusion... ce qui, logiquement, devrait vous mener à souhaiter protéger les adolescents de tout ce qui procède de la marchandisation. Après tout, pourquoi pas... mais je vous laisse imaginer le chantier !

    • Aldric
      Aldric répond à thierry reboud
      lutte desesperement contre la (...)
      • Posté à 01h06 le 10/08/2009
      • Internaute 64379
        lutte desesperement contre la (...)

      « protéger les adultes de la jeunesse » :
      La bonne phrase de conclusion du bon con bourgeois bien pensant des inrocks, et tellement prvisible...franchement marrant meme..
      Bref...

      Pour moi voir un mec se faire lecher le trou du cul pendant 10 minutes en gros plan par une salope ligoté et yeux bandés, tout ca dans un trip sado maso assez poussé ,comme j’ai pu le voir cette année sur le célèbre you porn, et possiblement visionnable par un mome de 10 piges, amène n’importe quel être de raison à de poser des questions...

      La, on est loin, très loin de la bonne scène de X et des playboy qui nous ont tous fait kiffer et ont, en autres, éveillé et nourri notre appétit sexuel et et nos fantasmes...
      Notons aussi qu’aujourd’hui d’ailleurs, si la la fille de 18 ans ne se fait pas sodomiser et cracher de tout au visage, ca ne plait plus...Je n’exagère a peine..

      Mais il est vrai que ce n’est pas mieux que ces sites qui cartonnent , ou l’on peut voit des accidentés de la route, des gars égorgés en gros plan ou déchiqueté par des islamistes, etc...

      Ca montre quand même la dégénérescence du monde moderne, et pas seulement occidental.....

      Mais bon après tout un rien peut nous faire retomber très rapidement à un stade animal et sanguinaire ; regardez les khmers, les hutus, ou les allemands....
      Qui aurait pu imaginer qu’on puisse faire, vouloir et exterminer des peuples entiers...

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à thierry reboud
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 15h02 le 10/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Pas beaucoup d’animation sur ce débat :

      Venez nous aider à sauver la FranceAfrique du hold-up sentimental lancé vers elle par la Chine et les Etats-Unis qui veulent nous en chasser comme des malpropres pour nous piquer notre place en draguant les potentats de l’endroit !

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      TOUS CEUX QUI LISENT CE S.O.S SONT CONVIES AU COMBAT

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à thierry reboud
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 19h00 le 10/08/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Thierry Reboud :

      Je suis d’accord avec vous que la représentation de la violence est infiniment plus grave que celle d’un activité sexuelle consensuelle quelle qu’elle soit.

      L’enfant est défini comme pervers polymorphe et ne sera choqué par RIEN qu’il interprétera comme ludique ; c’est la réaction de l’adulte qui fait problème.

      La question reste ouverte de savoir si, considérant ia réaction prévisible des adultes à la réaction de l’enfant à la pornographie .
      La société doit en protéger les enfants en les en tenant à l’écart. C’est sans doute la solution la plus pratique...

      La société, toutefois, n’a aucun droit légitime pour décider de ce que peut voir un adulte ; elle est là pour protéger les droits de chacun contre tous, mais est hors de son rôle quand il ’y a pas de victimes, mais des partenaires librement consentants.

      Il est donc bien important de définir l’âge à partir duquel un individu peut former un libre consentement. Comme cet âge varie d’une personne à l’autre... Est-ce que je vous étonnerais en disant que je n’ai aucun espoir de trouver une solution correcte à ce problème... ?

      Peut-etre, comme solutions transitoire, une discrétion parentale assortie d’un droit limité de correction sous controle judiciaire occasionnel ?

      Pourquoi ne pas créer une commission d’enquête sur ce sujet et y assigner tous les parlementaires dont on peut raisonnablement supposer qu’ils feraient plus de mal s’ils étaient assignés à autre chose ?

      Lien

      PJCA

      • vermisseau
        vermisseau répond à pierrejcallard
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 19h20 le 10/08/2009
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        excellent l’idée du choix consentant : -)

  • vermisseau
    vermisseau
    étudiant ingénieur en (...)
    • Posté à 15h27 le 09/08/2009
    • Internaute 26276
      étudiant ingénieur en (...)

    ce qui choque en premier lieu dans le porno semble être la bestialité et cette vulgarité permanente qui tend à considérer effectivement la femme comme un objet sexuel
    mais je pense qu’il est bon de rappeler que la consommation aujourd’hui tend aussi à cela, avec comme il est dit dans l’article ces décolletés qui ne s’arrêtent plus. par ailleurs la sexualité arrive aussi à la télé, et la nudité de même. l’intimité aujourd’hui ne semble plus rien dire : télé réalité qui n’a plus de limite, réseaux sociaux où chacun expose sa vie, chats sur internet où tout peut se déballer à n’importe qui... et que dire de la publicité où voir une femme nue est devenu banal ?

    peut être qu’actuellement il manque au porno ce côté esthétique, un minimum de réflexion... si celui ci arrêtait d’être la simple vision de sexes en érection et de sperme à outrance, cela permettrait sans aucun doute de démocratiser le porno et ainsi de lever les barrières qui sont actuellement dressées en vain

    une autre question me taraude : pourquoi chercher à tout prix à cacher la sexualité aux enfants ? l’âge du premier rapport reste stable. mais en même temps, il aura du mal à trop baisser, il faut être honnête : il sera bien difficile d’avoir un rapport sexuel tant que le corps n’est pas apte à en avoir...
    je pense que les ados ne sont pas stupides, ils n’iront pas avoir une relation sexuelle s’ils ne s’en sentent pas capables, et cela qu’ils aient vu du porno ou non.

    enfin une dernière question : avant internet, la sexualité ça se passait comment ? (et c’est quoi cette photo d’article ? ^^)

    • Veum
      Veum répond à vermisseau
      doctorant
      • Posté à 15h34 le 09/08/2009
      • Internaute 23064
        doctorant

      « peut être qu’actuellement il manque au porno ce côté esthétique, un minimum de réflexion… »

      Certes la très grande majorité est affligeante de médiocrité. Pour autant on peut trouver quelques perles, même sur internet, avec des vrais gens qui ont un physique totalement commun, du vrai plaisir, et une vraie esthétique justement. Et si je peux me permettre je donnerai juste pour exemple les videos d’ifeelmyself.com et abbywinters.com

    • personne
      personne répond à vermisseau
      • Posté à 15h34 le 09/08/2009
      • Internaute 21725

      La nudité et la sexualité sont deux choses différentes, dans les années 80 des enfants nus à la télé ne choquait personne. Au contraire, ça relevait d’une image de pureté et d’innocence comme des anges asexués au paradis ; le basculement enfants nus = pédophilie date de la fin des années 90.

    • Orwelle
      Orwelle répond à vermisseau
      sarko-verdose.bbactif.com
      • Posté à 16h19 le 09/08/2009
      • Internaute 62370
        sarko-verdose.bbactif.com

      Il paraît qu’à cause des films pornos les adolescents d’aujourd’hui trouvent normal de commencer par la sodomie avec leurs copines...

      Plutôt qu’ajouter de l’amour ou des sentiments aux films pornos, peut-être faudrait-il simplement leur ajouter des mots, de vrais dialogues, une progression de l’intimité, laissant apparaître le désir, bref les rendre humains.
      Mais la bestialité de ces films n’est sans doute que le pendant de la violence de notre société.

      • shillom
        shillom répond à Orwelle
        • Posté à 09h39 le 10/08/2009
        • Internaute 22134

        La vraie question serait plutôt de savoir ce qu’en pensent les copines... Est-ce que finalement elles trouvent normal de se prendre des ejac faciales et d’être sodomisées au premier rapport ?
        Prennent-elles du plaisir ? Connaissent-elles l’orgasme ?

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à vermisseau
      indocile heureux
      • Posté à 15h54 le 09/08/2009
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Cette société qui traite les individus comme on les a rarement traités, ce qui pourrait s’apparenter à de la pornographie sociale, « bossez pour nous enrichir, acceptez tout et fermez votre gueule quand on vous pressure puis qu’on vous jette pour s’en mettre encore plus dans les poches’ », sera la plus pressée pour jouer la carte de la Morale en s’invitant dans la vie privée des gens. La frustration des censures a sûrement autant d’effets négatifs sinon plus que la surexposition, mais également autant d’effets positifs. La seule solution c’est comme toujours le dialogue, l’échange de points de vue, la fin de l’hypocrisie et de la dissimulation honteuse, et la mise en perspective, surtout pas la censure et la culpabilisation.

    • N.O.D.
      N.O.D. répond à vermisseau
      étudiant en journalisme
      • Posté à 17h00 le 09/08/2009
      • Internaute 76164
        étudiant en journalisme

      C’est vrai que la photo est pas mal...

    • Patrick Guergnon
      • Posté à 19h03 le 09/08/2009
      • Internaute 10669

      « enfin une dernière question : avant internet, la sexualité ça se passait comment ? »

      Moi ( 55 balais) ça a été les « Folies de Paris - Hollywood “ : photos retouchées , notamment au niveau pubis : pas un poil, tout lisse ...

      D’où ma ‘surprise’ la première fois ( 15 ans ) où j’ai été confronté à un sexe féminin ... ça m’avait, vraiment, ‘coupé mon élan !

      • vermisseau
        vermisseau répond à Patrick Guergnon
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 21h19 le 09/08/2009
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        arf ! j’imagine un peu la scène ! ^^

    • shillom
      shillom répond à vermisseau
      • Posté à 09h33 le 10/08/2009
      • Internaute 22134

      Avant internet les revues pornos s’échangeaient de main en main.
      Canal+ était très prisé pour son film du samedi soir et le journal du hard. Le gars qui avait canal a la maison enregistrait le film pour les potes quand il pouvait. Sinon il y avait parfois un père qui avait quelques vidéos planquées dans un coin. Les planques étaient vite trouvées. Bref dans un cercle de copains, il y avait toujours un accès au porno.

      Au moins, ce débat a un intérêt : les parents sont normalement conscients que leurs enfants sont confrontés à la sexualité sur internet, et si ils sont pas trop cons ils peuvent en parler, mettre en garde sur l’aspect fictif et exagéré de ce qui peut être vu. Finalement, je trouve que c’est mieux, ça a le mérite d’ouvrir le dialogue.

  • Orwelle
    Orwelle
    sarko-verdose.bbactif.com
    • Posté à 15h45 le 09/08/2009
    • Internaute 62370
      sarko-verdose.bbactif.com

    Les hommes et les femmes ont des difficultés à trouver autant de satisfaction dans l’amour parce qu’ils n’ont pas les mêmes attentes ni les mêmes rythmes. Les femmes ont souvent besoin de préliminaires plus longs, par exemple.
    Or, les hommes adultes ne le savent pas toujours et les lycéens n’ont pas forcément de cours d’éducation sexuelle.
    Le cinéma pornographique, fabriqué la plupart du temps par des hommes, expose des fantasmes masculins en présentant des femmes toujours prêtes à faire l’amour avec le premier venu et à la vitesse grand V. Il ne peut qu’accroître l’incompréhension entre hommes et femmes et l’insatisfaction de ces dernières, si la société ne fait pas en parallèle un travail d’information.
    Pour commencer, peut-être faudrait-il ajouter aux mentions préalables qui figurent sur les copies de films, un avertissement du genre « Ce que vous allez voir est de la science-fiction. Avec les femmes réelles, n’oubliez pas de parler et de chercher l’autorisation avant d’entrer. »

    A ce sujet, j’ai bien aimé « L’érotisme » de Francesco Alberoni.

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à Orwelle
      • Posté à 16h01 le 09/08/2009
      • Internaute 20923

      Je serais moins catégorique que vous sur la question des attentes qui divergeraient radicalement entre hommes en général et femmes en général. Je pense que les attentes des unes et des uns peuvent aussi converger, et c’est justement tout l’intérêt de faire en sorte que.

      Seulement, et c’est là que je suis tout à fait d’accord avec vous, ça s’apprend. C’est un peu le sens de ce que je voulais dire un peu plus haut, quand j’envisageais l’hypothèse qu’il serait peut-être bon de parler des représentations pornographiques avec les enfants plutôt que de cacher ça sous un voile pudibond.

      D’autre part, si vous avez parfaitement raison sur le fait que la plupart du cinéma pornographique soit fabriqué par des hommes (même s’il commence à y avoir une production féminine) et reflète un certain type de désir masculin, je me demande dans quelle mesure cette représentation est véritablement représentative de tant d’attentes masculines que cela. Pas des miennes, en tout cas.

      • Orwelle
        Orwelle répond à thierry reboud
        sarko-verdose.bbactif.com
        • Posté à 16h46 le 09/08/2009
        • Internaute 62370
          sarko-verdose.bbactif.com

        Je ne crois pas non plus qu’ils divergent radicalement, surtout si le couple se connaît bien. Et puis il y a toujours les cas particuliers.

         
        • Graham
          Graham répond à Orwelle
          Etudiant
          • Posté à 22h43 le 09/08/2009
          • Internaute 66303
            Etudiant

          Et comme l’a dit Desproges :
          « Les avis divergent. Et dix verges, c’est beaucoup. »

        1 autres commentaires
    • virginie78
      virginie78 répond à Orwelle
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 16h28 le 09/08/2009
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      C’est un peu le discours que je tiens à mon fils de 15 ans.
      Si certes, les films porno qu’il a pu voir chez les copains montrent seulement des performances physiques comme stade2 le dimanche, l’approche d’une femme c’est d’abord la douceur, la poésie, les papouilles, les chemins les plus longs et colorés, l’attente, etc. S’il n’assure son succès qu’avec son pénis sur le programme essorage, son succès risque d’être de courte durée.

      Et je me rends compte qu’il faut souvent répéter car il a beaucoup d’autres sources d’informations dont la cour de récré où le vocabulaire choisi ne cesse de me surprendre tant il est cru et expéditif.

      • vermisseau
        vermisseau répond à virginie78
        étudiant ingénieur en (...)
        • Posté à 17h50 le 09/08/2009
        • Internaute 26276
          étudiant ingénieur en (...)

        je propose donc d’interdire la récréation afin de préservez les enfants de la pornographie ; -p

  • BergamHot
    BergamHot
    Etudiant
    • Posté à 15h46 le 09/08/2009
    • Internaute 61824
      Etudiant

    Les ados ont légalement le droit de regarder du porno. Ce qui est interdit, c’est de leur laisser du porno facilement accessible. Si les mineurs ont envie de voir du porno, rien de juridique ne leur en empêche (Je ne retrouve plus la JP, j’ai juste l’article 227-24 du code pénal comme source).

    Et sinon, sur le porno, ça serait bien qu’on offre un autre porno à nos ado, un peu plus militant, un peu moins répétitif, qui s’adresse plus facilement aux femmes, etc.
    Variez les plaisirs, merde !

  • Badgud
    Badgud
    Athée
    • Posté à 15h56 le 09/08/2009
    • Internaute 75022
      Athée

    La question « Faut-il protéger les ados de la pornographie ? “ est un peu stupide, car on sait qu’il est impossible techniquement d’empêcher les adolescents de regarder du porno.

    La question qu’il faudrait se poser, ce serait plutôt :

    Est ce que les films porno doivent continuer à être la seule source d’information sur la sexualité pour les adolescents ?

    Les seules choses dont on parle aux adolescents, c’est sur le VIH et sur la reproduction (est ce vraiment de la sexualité), c’est un peu léger quand même.

  • Ouroboros
    Ouroboros
    Illustrateur
    • Posté à 16h06 le 09/08/2009
    • Internaute 79946
      Illustrateur

    Forcément, si la politique de l’autruche reste reine et que l’on persiste à continuer dans la voie du « ouh le porno c’est sale », alors oui les jeunes vont croire que la pornographie, c’est la réalité.

    Par contre, si l’on accepte d’essayer de bouger les choses et la morale, si le sujet est abordé (pendant les cours d’éducation sexuelle, ou même dans les médias), et abordé franchement, on minimise les risques de voir des jeunes hommes se comporter comme des violeurs.

    Mais bon, faut pas rêver.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h13 le 09/08/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ La question : Faut-il protéger les Ados de la pornographie ? ]

    Bien sur !

    Ce n’est pas très classe, c’est le moins que l’on puisse dire...
    et ce n’est surement pas ainsi que l’on apprendra à respecter son partenaire, surtout si on commence très tôt à le considérer comme une machine à assouvir ses simples instincs primaires.

    • vermisseau
      vermisseau répond à Yvon le Zébulon
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 16h26 le 09/08/2009
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      ça dépend
      quelque part c’est donnant-donnant, rien n’empêche d’assouvir ses désirs primaires avec quelqu’un tant que celui (celle) ci peut à son tour ensuite faire de même

      effectivement le porno n’est pas très classe, mais il existe un porno bien moins vulgaire. c’est comme partout, il existe des extrêmes. or aujourd’hui quand on parle de porno ce sont ces extrêmes que tout le monde a en tête
      c’est comme l’alcool, tout le monde crie au scandale, bouh les alcolos etc, alors qu’on peut aimer consommer de l’alcool sans être bourré tous les soirs
      le sexe c’est pareil, on peut aimer assouvir ses désirs primaires, rien n’empêche ensuite de laisser l’autre faire de même

      tous ces domaines « d’adultes » (sexe, alcool, drogue) devraient être abordés plus tôt afin de rationaliser la chose plutôt que de laisser chacun à ses fantasmes et ainsi tomber dans les excès que l’on constate chez certains aujourd’hui

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à vermisseau
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 17h57 le 09/08/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Le Porno c’est le porno. Le film érotique, c’est tout autre chose.

        L’érotisme est basé aussi sur une histoire sentimentale, racontée en un film torride, souvent avec des décors de rêve - et une chorégraphie à la fois poétique et esthétique...et si possible avec de superbes créature...

        ...alors que le porno (le vrai) n’est que de l’exhibitionnisme dégradant, car au demeurant, même s’il n’est pas anormal de vivre l’acte sexuel - et même sa propre « perversion » - de façon volcanique...rien ne rend indispensable le fait d’en diffuser les images, sauf ce vulgaire appât du gain, et donc pour le Dieu fric !

        * Ce fric qui n’a vraiment rien de très sexuel ni sensuel par lui même !
        .........................................................................
        Imagine une partouze dont la Reine d’Angleterre ferait partie...
        * Tu imagines qu’en public et pour un public, la Queen couine ?

         
        • vermisseau
          vermisseau répond à Yvon le Zébulon
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 18h25 le 09/08/2009
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          on peut faire du porno sans être vulgaire

          je ne parle pas de longs métrages érotique, mais de court métrage avec une scène sexuelle, mais où les rôles que jouent les acteurs feraient preuve de respect (préliminaires, vulgarité retenue, etc...)

        1 autres commentaires
    • fidal
      fidal répond à Yvon le Zébulon
      guide de tourisme
      • Posté à 18h06 le 09/08/2009
      • Internaute 50600
        guide de tourisme

      Vous savez Yvon,les instincs sont en général primaires.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à fidal
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 18h25 le 09/08/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        J’entendais surtout la part de « bestialité » de nos instincts.

         : -))

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