09/08/2009 à 15h02

Faut-il protéger les ados de la pornographie ?

Anne Laffeter | LesInrocks.com

En France, un ado peut légalement faire l’amour dès 15 ans, mais n’a pas le droit de voir un porno avant 18 ans. Paradoxe ou protection indispensable ? Entre sociologues et pédopsychiatres, les avis divergent sur l’impact du porno sur les mineurs.


L’actrice porno Ange Venus à Las Vegas en janvier 2007 (Steve Marcus/Reuters)


« Pour mes recherches d’exposé sur le sexe, j’ai simplement piraté l’ordinateur du collège. » Déjouer la vigilance des filtres antipornographie imposés au nom de la protection des mineurs est un jeu d’enfant pour Roxanne, 15 ans, et probablement pour la majorité des préados et ados de sa génération.

C’est au nom de cette même protection que les commissaires de l’exposition « Présumés innocents : l’art contemporain et l’enfance » seront jugés en correctionnelle pour « diffusion d’images pornographiques », neuf ans après l’exposition.

La plainte émane d’une association de protection de l’enfance qui, au nom d’un prétendu caractère pornographique, cherche à bannir de l’espace public le sexuel pour le renvoyer dans l’enceinte privée du couple. Les tenants de l’ordre moral se crispent aujourd’hui sur les dernières chapelles qu’ils peuvent influencer, dans un monde où Internet a fait exploser les murs construits pour séparer le monde des enfants de celui des adultes.

« C’est très facile de visionner des pornos. Tout le monde connaît les principaux sites : youporn.com et redtube.com », explique Mathieu, 14 ans. A défaut de tests biométriques, l’attestation de majorité pour accéder à YouPorn se fait sur l’honneur d’un simple clic. « Le sexe est une banalité sur le Net, j’en vois tous les jours du plus ou moins hard », confirme Roxane.

Un jeune de 10 ans sur deux aurait déjà vu une image porno

Les parents s’affolent mais les polices des moeurs n’y peuvent plus rien. Censurer la pornographie au nom de la protection des mineurs, alors que ceux-ci s’octroient cette liberté à la demande pendant que leurs parents cachent péniblement leurs Penthouse sous le matelas, a-t-il encore un sens ?

Pourquoi est-il légal, en France, de faire sexuellement tout ce que l’autre consent dès 15 ans et interdit de voir un porno avant 18 ans ? « Ce ne sont pas les images qui me choquent mais leur quantité et leur facilité d’accès », confie Cécile, 14 ans.

La profusion numérique inquiète ainsi les pédopsychiatres, déjà peu amènes à prescrire du porno pour ouvrir les chakras de leurs jeunes patients. « Autrefois, l’accès à la pornographie était limité. Au cinéma, il fallait une pièce d’identité », note le pédopsychiatre Pascal Hachet.

Un jeune de 10 ans sur deux aurait déjà vu une image porno aujourd’hui. Pour Pascal Hachet :

« Une exposition répétée avant le premier rapport sexuel, même chez des sujets a priori sains, est déconseillée, car elle risque de fausser leur capacité à vivre le rapport normalement. Cela peut les inhiber en leur donnant des complexes alors qu’ils cherchent des éléments de comparaison. »

Figures sexuelles acrobatiques imposées, éjacs faciales, mensurations hors normes

C’est l’effet de mimésis qui inquiète particulièrement certains spécialistes. Pour Pascal Hachet, le porno pourrait pousser les jeunes esprits influençables à imiter « la manière dont sont considérées les femmes, jusqu’au risque d’imposer des rapports sexuels en groupe ».

Figures sexuelles acrobatiques imposées, éjacs faciales, mensurations hors normes, les jeunes ados inexpérimentés incapables de faire la différence entre réalité et représentation reproduiraient les séquences porno ultra codifiées.

« Les images s’imposent comme une obsession, comme un syndrome posttraumatique : soumission, pénétration, rapport sexué de domination marquent la relation à l’autre », analyse le pédopsychiatre Philippe Jeammet.

Le sociologue Michel Bozon n’est pas de cet avis :

« Les représentations explicites de la sexualité n’ont pas d’impact direct sur la vie sexuelle des jeunes. Elles servent à l’élaboration de fantasmes ou de productions mentales. »

Le sociologue explique que les spectateurs, même jeunes, ne sont pas de simples « imitateurs conditionnés » et que l’information est toujours « filtrée ».

« Le discours des gamins sur le porno est distancié. Ils savent que c’est du cinéma. Jamais leurs propos sur la sexualité ne sont teintés de pornographisme », témoigne la sociologue Isabelle Clair, qui mène des enquêtes qualitatives sur la sexualité des jeunes en banlieue et actuellement dans les communes rurales.

« Je sais que ces films ne représentent en rien les vraies expériences sexuelles et qu’ils font paraître les femmes comme des nymphomanes », décrit Christophe, 15 ans. « Je sais que ce n’est pas la réalité. Certains films sont malsains et choquants. La femme est un objet sexuel. C’est humiliant », s’offusque Roxanne.

« C’est sûr que le porno n’aide pas à voir les femmes autrement que comme des objets sexuels. Mais il n’y a pas que lui ! Les filles n’ont pas besoin d’en regarder pour subir un rappel à l’ordre », précise Isabelle Clair. Les discours marketo-publicitaires en regorgent parfois jusqu’à la nausée ou l’absurde.

Plus que les images porno, c’est d’ailleurs « la mode vestimentaire » et « les décolletés de plus en plus bas » qui inquiètent Cécile. Quels fantasmes projettent les parents et la société sur ces jeunes ados de plus en plus sexués ?

Retour de bâton moral

Les pédopsys, en soignant les maux adolescents, soignent aussi ceux de leurs parents.

« En contact avec des jeunes “à problèmes”, ces thérapeutes tendent à généraliser leur expérience clinique et à donner une caution scientifique à la préoccupation des adultes qui ne contrôlent plus les jeunes et leur vie sexuelle », affirme ainsi Michel Bozon.

Les dangers du Net, pédophilie et prostitution infantile en tête, font la une des magazines, reléguant l’enfer des tournantes aux oubliettes. Certains journalistes furent surpris d’apprendre dans une enquête de l’Ined (Institut national d’études démographiques) que « l’âge moyen du premier rapport est à peu près stable depuis trente ans (17,2 ans pour les garçons et 17,5 pour les filles) », raconte Michel Bozon.

Pour Nathalie Bajos, coauteur de l’enquête, les sociétés sont traversées par un « mythe récurrent » selon lequel « parler de sexe aux jeunes leur donnerait des idées, comme si la sexualité était déterminée ». « Cette stabilité, traitée dans la presse du point de vue des parents, a aussi permis de les rassurer », nuance Isabelle Clair.

Les discours psys sont loin d’être neutres. Philippe Jeammet explique ainsi que « c’est l’absence de sentiments, de beau dans le porno, cette volonté de merdifier la sexualité qui risque de faire penser que le sexe se réduit à un côté mécanique ».

Encore une fois, le sociologue Michel Bozon s’oppose :

« Ce romantisme amoureux obligatoire est un carcan très fort, générateur de maint rapport névrotique à la sexualité, et est en tout cas extrêmement sexiste : il s’adresse avant tout aux femmes et se présente plus pour elles comme une obligation morale et sociale que comme un choix.

Ce qui est condamné, c’est peut-être aussi la représentation de femmes très actives sexuellement, qui est plutôt ce que montrent les pornos. »

Difficile à comprendre de la part d’une génération qui s’est battue pour différencier amour et sexe, qui le vit, mais le refuse aujourd’hui à ses enfants. Ce comportement un tantinet mesquin masque mal un retour de bâton moral chez une génération certes libérée, mais aussi traversée par les années sida, la figure du pédophile et la « juridiciarisation » des actes sexuels des années 80 et 90.

« Le porno peut être instructif »

« Malheureusement, nous avons peu de moyens d’interdire l’intrusion par la pornographie du monde sexuel des adultes dans celui des enfants et jeunes ados », se désole Philippe Jeammet. Pascal Huchet rapporte ainsi qu’une ado trouvait normal que plusieurs hommes s’intéressent à elle simultanément « sachant, grâce aux pornos, que la sexualité multiple existe ».

« Les garçons n’ont pas été brutaux », tient-il à préciser, comme s’il allait de soi qu’ils le seraient. « Un des moyens de contrôler les images porno obsédantes est de retrouver un rôle actif en exerçant un contrôle pervers sur l’autre », diagnostique Philippe Jeammet.

Le porno serait la porte ouverte aux perversions. « Le X montre ce que nos parents et profs ne nous diront jamais », soutient Roxanne. A l’inverse des pédopsys, le philosophe Ruwen Ogien pense que « le porno peut être instructif. Il peut permettre à toutes sortes de désirs et de pratiques sexuelles minoritaires (homosexuelles, échangistes, sadomasochistes, fétichistes) ou majoritaires mais toujours “honteuses” (masturbation) de “sortir du placard”.

Pour ne pas avoir à dire qu’ils se masturbent, “les ados disent qu’ils regardent des pornos pour apprendre”, témoigne Isabelle Clair. Mathieu avoue à demi-mot “regarder pour les sensations que ça procure”, pendant que seulement 10 % des femmes de 18-19 ans déclarent se masturber régulièrement (enquête Ined).

L’autonomie grandissante des jeunes et la disparition des frontières générationnelles ne se fait pas sans réflexes conservateurs de la part des adultes, qui réassignent les jeunes à deux figures contradictoires : “la victime” et “la classe dangereuse”.

La “pathologisation” ou la “criminalisation” des goûts et comportements des préadolescents et adolescents ne s’est d’ailleurs jamais limitée à la pornographie. BD, rock, jeux vidéo ou raves ont tous subi les foudres des lois et règles parentales. “Faites officiellement pour protéger la jeunesse, conclut Ruwen Ogien, elles semblent souvent servir, en réalité, à protéger les adultes de la jeunesse.”

En partenariat avec :

  • 69868 visites
  • 295 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Un compte supprime
    • Posté à 16h19 le 09/08/2009
    • Internaute 21837
      nc

    youporn & redtube ? ben j’aurais appris quelque chose aujourd’hui...

    • Pseudo
      Pseudo répond à Un compte supprime
      Enfin libre : -)
      • Posté à 16h37 le 09/08/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Sur l’Olympe, t’as déjà dû voir pire. Des histoires avec des vaches, des cygnes...

      • Un compte supprime
        Un compte supprime répond à Pseudo
        nc
        • Posté à 16h56 le 09/08/2009
        • Internaute 21837
          nc

        Moi je vois rien du tout tu sais ; j’ecoute, et apres je moucharde a droite et a gauche. Sans moi, personne n’aurais su que Paris avait cocufie Menelas. C’est mon cote pipole.

         
        • Al nasr al tair
          Al nasr al tair répond à Un compte supprime
          L'aigle en vol...
          • Posté à 17h26 le 09/08/2009
          • Internaute 69210
            L'aigle en vol...

          Ya pas que Paris dans la vie, ya la province aussi ! Mais n’hélas personne n’en parle.

          • thierry reboud
            • Posté à 18h46 le 09/08/2009
            • Internaute 20923

            Et en province coule le Maine, hélas. (Pas très loin de chez toi, d’ailleurs, ou je me trompe ?)

            • Al nasr al tair
              Al nasr al tair répond à thierry reboud
              L'aigle en vol...
              • Posté à 21h25 le 09/08/2009
              • Internaute 69210
                L'aigle en vol...

              Yes ! Comment sais tu ça Thierry ?

              • thierry reboud
                • Posté à 22h29 le 09/08/2009
                • Internaute 20923

                Ben je lis tes commentaires, tiens ! Même ceux qui commencent par Poitou...

                En attendant, faut que je me fasse pardonner auprès de Madame kk, rapport à la boulette confusionnesque sur le et la Maine. Je ne sais pas du tout comment je vais faire. Si on se débouchait une petite bouteille de rillettes, tu crois que ça ferait l’affaire ?

                • Al nasr al tair
                  Al nasr al tair répond à thierry reboud
                  L'aigle en vol...
                  • Posté à 01h47 le 10/08/2009
                  • Internaute 69210
                    L'aigle en vol...

                  Ok ! Quand je répond à quelqu’un sur un fil, tout le monde peut lire alors ? Et on ne m’avait rien dit !
                  C’est ballot : -))
                  Ouais je suis en Poetou et cheux nous c’est plutôt le rillon.

                  Avec KK, pas de d’Angers, ça Maine nulle part....

                  • kk
                    kk répond à Al nasr al tair
                    au vert
                    • Posté à 14h51 le 10/08/2009
                    • Internaute 13480
                      au vert

                     ; o)))

                    • Al nasr al tair
                      Al nasr al tair répond à kk
                      L'aigle en vol...
                      • Posté à 16h33 le 10/08/2009
                      • Internaute 69210
                        L'aigle en vol...

                      C’était juste pour faire le jeu de mot le plus nul ! : -))
                      Je vous présente tous mes pardons, miss KK

                      • Mon-Al
                        Mon-Al répond à Al nasr al tair
                        roturière : -)
                        • Posté à 17h00 le 10/08/2009
                        • Internaute 24219
                          roturière : -)

                        Mais il était très bien ce jeu de mots : on a tous apprécié ! !

                        (attention, mon com sera signalé car contrevenant gravement à la Charte !)

                      • kk
                        kk répond à Al nasr al tair
                        au vert
                        • Posté à 18h03 le 10/08/2009
                        • Internaute 13480
                          au vert

                        acceptés, évidemment !
                        Pas si nul le jeu de mots.

                • Jordane
                  Jordane répond à thierry reboud
                  dessinateur (et dernier des (...)
                  • Posté à 17h07 le 10/08/2009
                  • Internaute 30630
                    dessinateur (et dernier des (...)

                  de Layon, la bouteille, de Layon.

                  • kk
                    kk répond à Jordane
                    au vert
                    • Posté à 18h04 le 10/08/2009
                    • Internaute 13480
                      au vert

                    Trop sucré !
                    Du Jasnières ! ça va avec tout !

                    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                      • Posté à 18h20 le 10/08/2009
                      • Internaute 71957
                        nc

                      Ah oui. J’ai une fois acheté du Jasnières chez un petit producteur qui en faisait un très « pierre à fusil ». Tellement acide que je l’ai utilisé (6 bouteilles) pour récurer mes casseroles...

                      • kk
                        • Posté à 19h30 le 10/08/2009
                        • Internaute 13480
                          au vert

                        Tssss, tssssss, là, obligée de nazer !
                        C’est un vin de Sarthe, avec des années pas toujours très ensoleillées.
                        Il est un peu inégal en fonction de l’ensoleillement mais assez fruité en général.
                        C’est difficile de s’en procurer parce que le vignoble AOC est très petit (65 ha)
                        En général, les producteurs écoulent leur production à leurs clients habituels (dont des restos) et ne vendent pas ou très peu aux clients de passage. la première fois, il nous a fallu acheter plusieurs cartons de rouge et de rosé avant que le viticulteur daigne nous sortir quelques bouteilles.
                        C’est un excellent vin, à mon avis, vous vous êtes fait avoir là
                        On ne peut pas gagner à tous les coups ...
                        Même si ça me semble hautement improbable, vous êtes peut-être tombé sur un viticulteur gauchiste.

                        • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                          • Posté à 19h43 le 10/08/2009
                          • Internaute 71957
                            nc

                          Non, non, je suis tombé sur un viticulteur mauvais.

                          Mais je vous rassure, j’ai depuis cette lointaine époque trouvé des Jasnières et Côteaux du Loir de tout à fait bonne qualité, même si en matière de Chenins de Loire, mon goût va plutôt à Vouvray, Saumur et Savennières.

                    • Pseudo
                      Pseudo répond à kk
                      Enfin libre : -)
                      • Posté à 19h50 le 10/08/2009
                      • Internaute 25947
                        Enfin libre : -)

                      Décidément kk, tu fais rien que me contrarier aujourd’hui !

                      Le coteau du Layon, c’est un délice. Mes grands parents étaient viticulteurs, alors attention ; -)

                      • kk
                        kk répond à Pseudo
                        au vert
                        • Posté à 21h10 le 10/08/2009
                        • Internaute 13480
                          au vert

                        Pas fait exprès ; o)

                        Mais, en vérité, je n’aime pas les choses sucrées, alors le coteau du Layon, même en apéro, ce n’est pas ma tasse de thé (sans sucre)

        16 autres commentaires
  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 16h21 le 09/08/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    « un ado peut légalement faire l’amour dès 15 ans, mais n’a pas le droit de voir un porno avant 18 ans. »

    Faire l’amour nécessite une rencontre.

    Quelle convergence avec porno ?

    .

    • thierry reboud
      • Posté à 16h23 le 09/08/2009
      • Internaute 20923

      Le désir ?

      • Bête à part
        Bête à part répond à thierry reboud
        parmi nous autres.
        • Posté à 17h00 le 09/08/2009
        • Internaute 504
          parmi nous autres.

        .

        Vous comprenez que là : « un ado peut légalement faire l’amour dès 15 ans, mais n’a pas le droit de voir un porno avant 18 ans. », c’est le « mais » qui m’tripote.
        Je pense qu’un « et » eut été moins baveux mais probablement plus salivant.

        .

    • vermisseau
      vermisseau répond à Bête à part
      étudiant ingénieur en (...)
      • Posté à 16h27 le 09/08/2009
      • Internaute 26276
        étudiant ingénieur en (...)

      le sexe aussi

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 16h24 le 09/08/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Il faut dans ce domaine se méfier de l’ethnocentrisme et ne pas perdre de vue que des ados qui regardent un porno « légal » ne verra jamais que des vieux en train de faire des cochonneries.

    Quelque chose de pittoresque mais à des millénaires de ses préoccupations.

    Ça peut l’aider à dissocier son activité sexuelles et le voyeurisme. Dans tous les cas ça lui permettra de confronter ses fantasmes à ceux des marchands de sexe et lui montrera quelles richesses il possède en lui... gratuitement.

  • umff
    umff
    ...
    • Posté à 16h24 le 09/08/2009
    • Internaute 83477
      ...

    On pourrait parler du porno amateur qui lui est bel est bien une représentation des pratiques d’une partie de la population aussi faible soit elle. Dans le porno amateur les pratiques sont divers et variées du plus simple au plus extravaguant. Pour ma part je ne sais pas ce qui est normal ou anormal dans la sexualité. Si j’ai bien compris dans cet article et d’ailleurs pas seulement dans cet article l’éjaculation facial est considérait comme pratique « pornographique » donc « choquante » et « hors norme ». Je ne suis pas d’accord.

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 16h25 le 09/08/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    - Plutôt d’accord avec Bozon et Reboud.

    - Un fait : aucune institution a les moyens de contrôler la pornographie, encore moins sur internet (même le gouvernement chinois s’y casse les dents) ; aucun parent n’a le pouvoir d’empêcher ses enfants de voir de la pornographie (sauf en les traumatisant ou en imposant une contrainte qui relève du pathologique et de la criminalité).

    - Le problème soulevé est d’abord celui -aussi vieux que l’art- du rapport de l’homme aux images. Ce rapport a de tout temps angoissé : scandales créés par les peintres, scandales créés par les premières photos, scandales créés par les premiers films, etc. Les religions monothéistes continuent de se méfier de ce rapport « diabolique » et beaucoup d’associations se basent sur la dangerosité « a priori » de ces rapports pour porter plainte contre tel ou tel film (cf. l’affaire « Baise-moi » par ex.). Mais voilà : l’influence des images sur le corps, et vice-versa (l’image comme corps et le corps comme image, le corps de l’image, l’image du corps, etc.) est d’abord un problème philosophique qui divise énormément. Certains se sont arrêtés aux théories platoniciennes, d’autres ne jurent que par les concepts kantiens, certains se fient plutôt à la théorie du Spectacle (faut dire qu’elle est déjà bien plus adaptée à notre époque), d’autres encore trouvent davantage de pertinence dans les théories psychanalytiques (notamment celles sur le fantasme et sur la pulsion). Pourtant, les artistes et les scientifiques nous ont depuis bien longtemps transmis un savoir-faire-avec-les-images, où comment les accueillir en nous, comment faire en sorte qu’elles nous enrichissent plutôt qu’elles nous asservissent, etc. Le plus souvent, les théoriciens de tous poils (dogmatiques ou non) oublient que nous sommes tout le temps traversés de flux d’images, qu’il y a continuellement des interférences entre nos fantasmes et ce que la réalité (spectaculaire ou non) nous impose, qu’à notre époque -plus qu’à toute autre- notre corps se nourrit d’un maelström spectral qui va fantomatiquement et spéculairement donner sens à des images, ou dérober le sens à d’autres, qu’« il n’y a pas de sujet de l’image : seulement une dispute d’ombres pour boire à toute la lumière disponible. » (Ch. Saint-Germain). Plus que toute autre, l’image pornographique doit susciter une curiosité et la possibilité d’un savoir-vivre avec notre imaginaire, c’est pourquoi il faut en parler.

    - « Qu’est-ce que le discours pornographique fait voir du désir du sujet au-delà des écartèlements pastels, des coulées de fluides, des évidences orificielles ? Que vient-on y trouver au point d’en subir assidûment l’envoûtement, d’en souhaiter le dépassement ? // L’image pornographique agit comme un bouleversement de la banalité, étrange remous des formes, récurrence de la typologie des actes. Il n’importe guère de voir à travers ce qui apparaît mais plutôt de sentir la manière dont notre présent reçoit cette empreinte de lave et de silence. Aucune distance ne convient à la circonscription de l’objet, si ce n’est l’analyse de la susceptibilité des corps sous l’emprise du champ visuel et des prothèses numériques. C’est là une des particularités des représentations picturales de laisser pantelante toute la capacité érectile ou turgescente de l’être debout, de s’éprouver dédoublé par l’image, parcouru du regard, de sentir l’œil échapper à la paupière, au prépuce, au capuchon clitoridien et à tous ses revêtements. Il faut penser la vie autonome de l’œil, son détachement temporaire de la structure opérationnelle qu’il dirige. Cette manière de souffrir avec toutes choses perçues. L’illusion tactile communiquée par le traitement de l’image, cette déportation de soi par cette soif du voir. » (Christian Saint-Germain) Ce rapport entre optique et haptique est à la base du débat sur les images pornographiques. C’est d’abord là que les questions doivent surgir. Regarder-Toucher.

    - Non, les femmes NE SONT PAS réduites à des objets, dans la pornographie : c’est strictement le CONTRAIRE ! Un objet ne transpire pas, ne crie pas, ne regarde pas, ne touche pas, n’éjacule pas, ne parle pas, etc. La porn-star est hyper-vivante, c’est-à-dire qu’elle semble vivre plus intensément que la femme lambda. Sinon, les fantasmes s’échoueraient et les images n’auraient pas autant d’impact : imaginez des femmes sans expressions, fermées, neutres, manipulables. Vous bandez ? Moi non. Cela est démontré dans la scène du viol de « Baise-moi » : y’en a une qui perpétue le fantasme de viol (cris, mouvements désordonnés, etc.), l’autre (Manu) se fait pesante, comme un objet... Du coup, le type qui voulait la violer débande. L’opposition classique « objet-sujet » est très éloignée de l’émotion pornographique car cette opposition relève du champ du virtuel (au sens deleuzien, dixit MBK), alors que les images pornographiques sont d’abord là comme quelque chose de bien réel (les actes ne sont pas feints) et pour quelque chose de bien réel (l’excitation, la masturbation). Certaines images publicitaires réduisent la femme à des objets en la figeant, la décorporant, la virtualisant, elle ne paraît pas alors pouvoir vivre, l’illusion de l’incarnation (fantasme du masturbateur) n’est plus possible. L’expression « objet porno » est un oxymore. Même les capitalistes l’ont compris, et c’est pour cela qu’ils font tout pour rendre la porn-star comme l’incarnation d’une déesse de la vie... Mais leurs codes et obsessions finissent par les rattraper : à force de vouloir éviter toute expression morne, ils éloignent considérablement l’image féminine de la réalité, l’idéalisant comme celle qui aurait plus de pouvoir que les autres. C’est cet excès auquel il faut faire attention (et c’est le rôle de la pornographie amateur, mais plus encore de la pornographie artistique, d’en faire la contre-balance : figures de la « girl-next-door », de la « girlfriend », ou... de la « performeuse » au sens artistique).

    - L’enfance : dernier rempart que les moralistes s’accaparent pour contrer la pornographie. Le pédophile est devenu l’image même du mal, c’est la version sexuelle du « terroriste ». Quiconque s’intéresse à un enfant nu, quiconque désire toucher un enfant (même habillé), quiconque montre à un enfant de la sexualité : à abattre, à traquer, à stigmatiser. Cela suppose l’INNOCENCE de l’enfant. Il serait pur et si fragile qu’il faudrait le préserver du sexuel. Heureusement, depuis, certains ont lu Freud. Ca a fait scandale en son temps, mais ça commence à être un plus admis. Mais, malgré ça, les moralistes s’évertuent à tracer un abyme entre l’enfant et l’adulte : cela traumatise nombre de parents qui n’osent plus ne serait-ce qu’en (du sexe) parler avec leurs enfants... C’est là qu’est le plus grand danger : VICTIMISER l’enfant au lieu de l’instruire, de l’informer, de l’initier. Un enfant surprotégé est beaucoup plus manipulable et en danger qu’un enfant surexposé à la pornographie. C’est une question d’expériences. Certaines études scientifiques ont montré qu’un enfant prématuré est un enfant qui n’a pas été assez TOUCHE, pas assez au contact du monde, des corps, des images. La pornographie est un vecteur d’expériences de toucher... Evidemment, sans paroles explicatives/informatives/initiatrices, les images pourraient s’avérer trop difficile à accueillir. C’est ce qui risque d’arriver de plus en plus souvent si les associations moralistes persistent à stigmatiser et interdire la pornographie. L’interdit appelle toujours la transgression et si l’enfant n’a pas la capacité d’accueillir les images, ce sera du fait de l’inconséquence des censeurs. Evidemment, cela ne signifie pas qu’il ne faut pas de classification INDICATIVE : « -12 » ou « -16 »... Mais ces classifications doivent être repensées, par un débat digne de ce nom, et non plus le fait d’une secte aux méthodes opaques et souvent au service du capitalisme moralisateur.

    - La question n’est plus : « faut-il protéger les ados de la pornographie ? » (ce serait comme protéger les allumettes du feu !), elle n’est même pas « faut-il protéger les enfants de la pornographie ? » (ce serait comme si on était en mesure de le faire, et comme si la pornographie était déjà supposée définie), elle est plutôt : « comment permettre aux enfants d’avoir suffisamment de force et d’équilibre pour accueillir des images qui émeuvent, sidèrent, voire traumatisent ? ».

    • umff
      umff répond à PhiPoePsy
      ...
      • Posté à 16h51 le 09/08/2009
      • Internaute 83477
        ...

      « Non, les femmes NE SONT PAS réduites à des objets »

      « Un objet ne transpire pas, ne crie pas, ne regarde pas, ne touche pas, n’éjacule pas, ne parle pas, etc »

      Je ne suis pas d’accord. Non pas que votre description sois fausse, mais c’est votre définition de « l’objet ». Ici « objet » fait dire « être au service » et non pas être « sans vie ». La femme est bel est bien au service de l’homme. Elle réalise ses moindres désires comme une « esclave » autres termes usité. Dans le porno il y a le fantasme de domination c’est le principal fantasme mis en avant.

      • PhiPoePsy
        PhiPoePsy répond à umff
        Etudiant-Chercheur
        • Posté à 17h29 le 09/08/2009
        • Expert 41171
          Etudiant-Chercheur

        Etymologiquement, « ob-jet » signifie « jeter devant/en avant/dehors/en arrière ».
        A partir de là, je ne vois pas le rapport avec « être au service ».

        C’est surtout le « ob- » qui pose problème. Pour que quelque chose soit « mis devant/dehors », il faut un processus assez complexe. Heidegger écrit qu’il faut « comprendre », « délimiter », « choisir » et « thématiser » pour en arriver là. Franchement, dans l’émotion pornographique (celle de l’actrice, celle du masturbateur), si le corps de la femme peut être compris, il paraît en revanche baeucoup plus difficile de le délimiter (car elle se doit de justement « franchir les limites »), de le choisir (car le pornographe choisit plutôt selon ses fantasmes que selon un corps particulier), de le thématiser (car la variété des positions et des mouvements va à l’encontre de tout thème). Dans le porno, les femmes ne sont jamais jetées devant/derrière car elles occupent toute l’image, cela rend complètement confuse notre capacité à objectiver, le toucher rend cette capacité absolument impossible pour l’homme qui baise la femme (sauf à être particulièrement pathologiquement atteint, mais c’est très rare).

        Quant à l’histoire du « être au service » : je suis surpris. Ce que je vois, ce que je ressens : ce sont des femmes qui se servent de sexes en érections, des corps de femmes entiers engloutissant des hommes réduits à leur pénis, un pouvoir immense dévolu à ce corps féminin qui est bien trop fort pour être satisfait par une éjaculation... Le FANTASME de domination, c’est d’abord ça : sembler dominer par la puissance phallique mais en fait jouir d’être à la merci des jouissances féminines. La domination est inconsciemment une SOUMISSION. Alors oui, le paradigme SM est le premier que propose la pornographie, mais ce n’est certainement pas pour réduire le corps des femmes, bien au contraire. D’ailleurs, sur les tournages, le corps y est presque sacré.

         
        • vermisseau
          vermisseau répond à PhiPoePsy
          étudiant ingénieur en (...)
          • Posté à 17h53 le 09/08/2009
          • Internaute 26276
            étudiant ingénieur en (...)

          dans ce cas peut être pouvons nous parler d’esclave ou de serviteur, ça garde le même sens pour ce cas de figure non ?

          • PhiPoePsy
            PhiPoePsy répond à vermisseau
            Etudiant-Chercheur
            • Posté à 18h23 le 09/08/2009
            • Expert 41171
              Etudiant-Chercheur

            « Serviteur », pourquoi pas. Les prostituées sacrées étaient bien « servantes d’Inanna/Ishtar/Aphrodite ». Cependant, il y a une différence fondamentale entre la prostituée et la porn-star : cette dernière implique la spécularité de l’image.

            Mais pas « esclave ». C’est la confusion habituelle que l’on fait entre la place de l’« esclave » chez Platon et celle chez Hegel. Car chez ce dernier, ce n’est pas un « esclave » qui a rapport au maître, mais bien un « serviteur ». Chez Hegel, il sert le maître parce qu’il désire inconsciemment sa mort (cf. par ex. l’explication géniale de Lacan). Le serviteur ne libère pas le maître, ils sont interdépendants. En revanche, l’esclave est considéré comme un « objet » : il est compris, choisi et délimité comme « ce » (et non celui) qui permet au maître d’être plus libre, il est quelconque, interchangeable. Et puis, il est thématisé : cf. les textes de lois antiques sur les « fonctions » et « statuts » des esclaves...

            • vermisseau
              vermisseau répond à PhiPoePsy
              étudiant ingénieur en (...)
              • Posté à 18h28 le 09/08/2009
              • Internaute 26276
                étudiant ingénieur en (...)

              je trouve que qualifier un esclave d’objet est en contradiction avec ce que tu disais avant

              un objet serait inanimé
              or un esclave est animé et vivant.. ?

              par ailleurs, si on oublie la spécularité de l’image et qu’on focalise sur le rôle que joue la femme dans le porno, je pense qu’on peut parler de servitude

              ce que voient les gens ce n’est pas deux acteurs de porno en train de faire l’amour mais deux personnes en train de faire l’amour et c’est bien là le problème : ces acteurs jouent un rôle qui peut être mal interprété et ainsi être reproduit

              • thierry reboud
                • Posté à 18h33 le 09/08/2009
                • Internaute 20923

                Pas d’accord du tout avec votre conclusion : comment savez-vous ce que voient les gens quand ils regardent un film ?

                Je ne crois pas du tout que les spectateurs, notamment de cinéma pornographique, ignorent qu’ils n’assistent qu’à une représentation.

                Les adolescents interrogés dans l’article l’expriment d’ailleurs très clairement : « Je sais que ces films ne représentent en rien les vraies expériences sexuelles et qu’ils font paraître les femmes comme des nymphomanes », décrit Christophe, 15 ans. « Je sais que ce n’est pas la réalité. Certains films sont malsains et choquants. La femme est un objet sexuel. C’est humiliant », s’offusque Roxanne.

                • vermisseau
                  vermisseau répond à thierry reboud
                  étudiant ingénieur en (...)
                  • Posté à 21h21 le 09/08/2009
                  • Internaute 26276
                    étudiant ingénieur en (...)

                  bon d’accord je me suis mal exprimé

                  ce que je veux dire c’est que bien entendu l’actrice n’est pas la serviteure (serviteuse ? ? ... o_O) de l’acteur, mais le rôle qu’elle joue constitue une forme de servitude vis à vis de l’autre rôle joué par l’acteur (mouais bon ok c’est vraiment confus comme réflexion ^^)

              • PhiPoePsy
                PhiPoePsy répond à vermisseau
                Etudiant-Chercheur
                • Posté à 18h37 le 09/08/2009
                • Expert 41171
                  Etudiant-Chercheur

                Deux choses :

                - un esclave n’est pas considéré comme « vivant » au sens de quelqu’un qui a des émotions et des sentiments. C’est un « pantin » que l’on anime, quelque chose de fermé que l’on tente d’ouvrir.

                - les acteurs de porno ne jouent pas « un rôle ». Ils jouent leur image. Bien sur, toute image peut être « interprêtée » et « reproduite ».

                • vermisseau
                  vermisseau répond à PhiPoePsy
                  étudiant ingénieur en (...)
                  • Posté à 22h19 le 09/08/2009
                  • Internaute 26276
                    étudiant ingénieur en (...)

                  quelque part jouer un rôle revient à jouer une image et/ou un dialogue

                  donc je ne pense pas me tromper en disant que les acteurs jouent un rôle, même si c’est du porno

        • umff
          umff répond à PhiPoePsy
          ...
          • Posté à 18h20 le 09/08/2009
          • Internaute 83477
            ...

          Etymologiquement, « ob-jet » signifie « jeter devant/en avant/dehors/en arrière ».
          A partir de là, je ne vois pas le rapport avec « être au service ».

          hum vous jouez sur les mots. Rare sont les gens à utiliser le mot objet avec ce sens étymologique, la plus part -en tout cas, moi- l’utilisons pour designer une chose. M’enfin ça ne fais rien.

        8 autres commentaires
  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 16h36 le 09/08/2009
    • Internaute 70482
      nc

    Je me suis pas pris la tête avec ce flip général sur le porno : quand les enfants ont eu leur premier ordino (vers douze ans), je leur ai simplement dit qu’ils allaient forcément tomber sur des sites cochons, et que les images qu’ils allaient y voir, n’étaient le plus souvent que de grossières caricatures.

    Et je n’ai surtout jamais installé de filtre parental, ni été espionner leurs historiques de navigation. Or donc après des années – ils ont maintenant 17 et 18 ans –, tout va bien à bord. Tous les voyants sont au vert.

    J’en déduis donc qu’il est tout à fait inutile de créer un problème là où il n’y en a pas. Pareil que pour ces 367 femmes en burqa dont on nous rebat les coucougnettes.

    Je pense que les enfants actuels ont mille fois plus de chance d’être nés à l’aube du siècle présent, que nous en naissant au milieu du précédent.

    • Bête à part
      • Posté à 17h55 le 09/08/2009
      • Internaute 504
        parmi nous autres.

      .

      grossière caricature :

      .

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 09h16 le 11/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      @ Cyp....veux tu bien m’aider s’il te plait ?

      Désormais, à chaque fois que je veux insérer une image un peu coquine (pas porno ni vulgaire)...le site de transit ImageShack-Us me rejette cette insertion et me met cette merde de texte.

      Ici : Une paire de robots (jouets) couchés l’un sur l’autre. Rien de choquant.

      Je n’ai jamais installé de contrôle parental sur mon PC, et avant, ça marchait bien...toutes mes pièces étaient agrées.

      * aurais-je sans le savoir (ou le vouloir) paramétré une connerie ?

      ¤ Si tu peux m’explique comment faire pour me dépatouiller de ça ?
      MERCI BEAUCOUP, car du coup, j’arrête presque de poster...

  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    • Posté à 16h45 le 09/08/2009
    • Internaute 71957
      nc

    Cette question est un cache sexe (ou plutôt un faux nez) des conservateurs moralistes de droite, de gauche et du centre, aussi bien laïcs que religieux.

    Ces gens-là abominent la pornographie, et voudraient l’interdire totalement.

    Ils se rendent compte qu’ils ont perdu le combat, dans nos sociétés, pour la simple raison que rien ne permet d’empêcher des adultes de baiser devant une caméra, puis à des adultes de regarder la vidéo.

    Alors ils ont trouvé deux biais d’attaque pour arriver à leurs fins :

    1) Ils attaquent le fait que des mineurs puissent accéder à la pornographie. C’est un biais puissant, qui s’appuie sur des psychologues, et qui pourrait permettre de restreindre fortement la diffusion de la pornographie (il suffit déjà de voir comment le porno est traité chez les marchands de journaux, ou à la télé (codes parentaux, horaires...)), et de comparer à la situation d’il y a seulement dix ou quinze ans. L’exemple du procès mentionné dans l’article en est un cas extrême et désolant.

    2) Ils attaquent aussi le fait que les actrices porno seraient maltraitées, dégradées, etc... Et que de ce fait, d’une part il faut les « sauver » du porno comme il fallait avant les « sauver » de la prostitution. Et d’autre part, en établissant que les vidéos sont tournées de manière dégradante, il y aurait une porte ouverte pour les interdire.

    Cette façon de militer pour faire interdire ce qui déplait non pas en attaquant frontalement, mais de biais, se développe un peu partout. Il faut rester très vigilant. C’est clair que « protéger les ados » est plus audible que « respecter les valeurs morales »...

    • Un compte supprime
      • Posté à 17h18 le 09/08/2009
      • Internaute 21837
        nc

      En fait tu te fait l’apologue de la pornocratie :
      État social où dominent les courtisanes ; influence des prostituées. Mot employé par Proudhon, et qui sert de titre à l’un de ses ouvrages, sorte de pamphlet où il combat à outrance les revendications politiques et sociales des femmes de notre époque. E. Littre.

      tu vas encore te faire allumer et traiter de phallogyne.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 18h29 le 09/08/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Proudhon était une enflure de première : non seulement il a renié sa célèbre phrase « La propriété, c’est le vol » trois semaines seulement après l’avoir sortie, mais en plus c’était un farouche misogyne, allant jusqu’à demander à Courbet de noyer l’image de sa bobonne sous une couche de peintouille sur le tableau qui le représentait en famille (les conservateurs ont vu ça récemment en passant la toile au rayons je sais pas quoi) :

        (madame Proudhon est planquée dans les feuillages)

        Et, si tu ne connais pas encore, il faut à tout prix que tu lises ce que ce grand frustré de la bite a écrit sur le sujet, ici :

        Lien

         8 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 6