
Quand l'enquête sur l'assassinat d'Erignac faisait du hors-piste
A priori, quand un préfet est assassiné, on ne confie pas l'enquête au premier venu. C'est même la raison d'être de la Division nationale antiterroriste (DNAT). Ce qui rend d'autant plus surprenant le scenario présenté depuis mercredi au procès d'Yvan Colonna, digne de Pétillon ou de Lautner.
Les témoignages de Vincent Andriuzzi et de Jean Castella, vendredi, ont levé le voile sur le secret des interrogatoires menés par la DNAT. Ces deux enseignants étaient suspectés d'être les commanditaires de l'assassinat de Claude Erignac. Pour Castella : « D'emblée, j'étais considéré comme coupable. » Andriuzzi avait, quant à lui, « l'impression que les policiers avaient un scénario en tête et qu'ils tentaient de [lui] donner un rôle dedans. » Ils ont d'ailleurs été condamnés à trente ans de réclusion criminelle en première instance (en 2003). Avant d'être acquittés trois ans plus tard…
Andriuzzi et Castela ne sont pas pour autant tombés de la dernière pluie. Leur engagement nationaliste leur a coûté huit et dix ans de prison pour une série d'attentats commis par le FLNC en 1994, même si Castela, pour sa part, n'a jamais reconnu sa participation à ces faits. Ils ont clairement reconnu que leurs aveux à la DNAT ne leur avaient pas été extorqués. Ce qui n'enlève rien aux « pressions psychologiques très fortes » décrites par Castela.
L'enquête de la DNAT, c'est aussi le fiasco de l'interpellation d'Yvan Colonna, au matin du 23 mai 1999. Le témoignage du capitaine Hervé Rosello est édifiant. L'homme le plus recherché de France devait être cueilli par seulement « trois ou quatre » fonctionnaires de police, sans mesure de sécurité particulière. Manque de bol, le suspect « était aux chèvres ». Les pandores sont-ils seulement revenus plus tard ? Le capitaine Rosello n'en a « pas le souvenir »…
Les errements de la « piste agricole »
La veille, jeudi, la cour avait examiné les errements de la piste agricole. Près de 340 arrestations, 42 mises en examen… pour rien, ou si peu. Certains suspects ont passé plusieurs mois sous les verrous, comme Dominique-Matthieu Filidori, arrêté trois fois. La dernière, en mai 1999, « j'ai été pratiquement kidnappé sur mon tracteur, se souvient-il, et emmené à Paris dans un jet privé sans que ma famille soit informée. »
Malgré la condamnation, en juillet 2003, des six personnes ayant reconnu leur participation à l'assassinat, la procédure judiciaire liée à la « piste agricole » n'est toujours pas close. Elle a, depuis, gagné le sobriquet « d'enquête poubelle ». Le Président Coujard lui-même a exprimé son malaise :
« On a le sentiment un peu désagréable d'un dossier pénal ouvert et permanent qui sert à alimenter au fil des besoins les enquêtes à venir. »
La DNAT avait pourtant été mise en garde très tôt. Moins d'une semaine après l'assassinat du préfet Erignac, la police judiciaire avait établi un lien avec l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (le 6 septembre 1997), ainsi qu'avec les attentats de Strasbourg (contre l'ENA, le 4 septembre) et de Vichy (le 11 novembre). Des faits revendiqués par un mystérieux « groupe Sampieru », dans deux communiqués envoyés au quotidien Libération en octobre 1997.
Soit deux mois avant la célèbre « note Bougrier » (rendue publique le 16 décembre, elle suggérait de lancer des enquêtes fiscales sur des responsables du syndicalisme agricole). Demetrius Draggacci, l'ancien commissaire divisionnaire du SRPJ d'Ajaccio, l'a répété à la barre mercredi :
« Pour appeler un chat, un chat : c'est une note creuse et postérieure à des faits tangibles. »
Comme Libération à l'époque, il comprend tout de suite que l'enquête s'engage dans un « hors-piste agricole ». Il s'en ouvre à Bernard Bonnet, le nouveau préfet. « J'ai réussi à me faire virer », conclut-il, toujours amer. Il quitte le SRPJ d'Ajaccio le 28 avril 1998 et abandonne l'enquête du même coup :
« J'ai dû partir. Je l'ai regretté, confesse-t-il. Disons que ça m'a évité de gérer la fin de l'enquête.“Au moment des interpellations, j'ai failli porter la responsabilité de la fuite de Monsieur Colonna. On m'a même accusé de l'avoir aidé à s'enfuir. Si j'avais été là, toute l'eau de la Méditerranée n'aurait pas suffit à me laver.”
“Marion n'était pas seul ‘
Draggacci a peut-être voulu laver son honneur, mais il s'est gardé d'accabler Roger Marion, l'ancien contrôleur général de la DNAT, pour, dit-il, ne pas tomber dans la médiocrité’. Il note simplement que ‘Marion n'était pas seul. Ce sont les gens qui étaient au-dessus de lui qui étaient incapables de le contrôler.’
L'ancien patron de la police antiterroriste doit témoigner lundi. Sa réputation le précède. On raconte que Claude Géant l'aurait convoqué à l'Elysée fin octobre pour ‘cadrer’ son témoignage. Saura-t-il se ‘contrôler’ ?
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De
16H28 | 24/11/2007 |
J'ai découvert une bonne cause pour la gauche « droit-de-l'hommiste “ : manisfester contre le maintien des Cours d'Assises spéciales composées uniquement de magistrats.
Suis de droite et serai - pour une fois - à vos côtés.
François Mitterrand avait supprimé ces Cours nommées ‘ Cours de la Sureté de l'Etat .
De
17H45 | 24/11/2007 |
welcome, cher CA 16.28, étant nous aussi dans le besoin, nous pratiquons volontiers l'ouverture.
De zorglub
insulaire en exil | 17H50 | 24/11/2007 |
les zones d'ombre voient le jour depuis le début du procès. Les différentes manoeuvres politiciennes, par l'intermédiaires des gendarmes, prennent l'eau.
Que vont ils pouvoir avancer comme témoin à charge contre la défense pour étayer ce qui ressemble de plus en plus au néant.
Le pauvre Claude Erignac représentait un état qui est maintenant dans de sales draps.
à zorglub
De
23H39 | 24/11/2007 |
Quelles zones d'ombre ? Le ministre de l'Intérieur de l'époque (c'était qui déjà ? J'ai la mémoire qui flanche ! ) l'a affirmé,ilme semble : « Cest Colonna l'assassin » . Il n'y a donc aucun doute à avoir puisqu'un personnage aussi haut placé, mesure l'impact de ses paroles (surtout celles-là) et ne dis jamais rien au hasard, sans y avoir beaucoup réfléchi avant et mesuré les conséquences. Ce serait trop grave ! Je me trompe ?
De zorglub
insulaire en exil | 00H06 | 25/11/2007 |
les zones d'ombres ne concernent pas que le kid de Neuilly mais également toutes les pressions exercées lors de l'enquête et qui étaient passées sous silence…
Pour le reste, je pense comme vous.
De
00H44 | 25/11/2007 |
…..Le ministre de l'époque qui a violé la présomption d'innocence publiquement ne ressemble t il pas à celui qui a défendu la présomption d'innocence de Laporte, Santini, Lagardere…. ? ? ? ?
….Espérons que les magistrats de la Cour d'assise spéciale ne subiront pas de pression de leur hiérarchie pour condamner au nom de la raison d'état….
De
18H42 | 24/11/2007 |
« les zones d'ombre voient le jour depuis le début du procès. “
J'ADOOOOOORE
De ericj
19H18 | 24/11/2007 |
Ha, ha ! Bien relevé !
Cela devrait figurer en bonne place dans le « bêtisier rue89 » (si celui-ci existe…) !
éric
à ericj
De zorglub
insulaire en exil | 00H16 | 27/11/2007 |
@ CA de 18h42 et ericj,
merci d'avoir compris mon 2nd degré : -)
De
21H46 | 24/11/2007 |
Rien à voir avec l'affaire Dreyfus, mais encore un effort et il va se constituer deux camps : les colonnalistes et les anti-colonnalistes : pour ma part, je me range dans le camp des premiers, pour le bénéfice du doute…et vous ? Bb
De
16H38 | 25/11/2007 |
Lorsque l'on se proclame colonialiste, on évite les fautes d'orthographe et on assaie de s'exprimer dans un français correct. Vous ëtes d'accord mon colon ?
PS : si vous le désirez je peux vous lister l'ensemble des erreurs de langues que vous faites, c'est édifiant pour un néo-con et/ou néo-colon.
De
21H50 | 26/11/2007 |
t'es pas dans le sujet là
De
05H23 | 27/11/2007 |
Pour ma part je me range dans le camp des partisans de l'orthographe…
De Sylv1
23H17 | 24/11/2007 |
Mais bon en tout cas, même si il est innocent, Yvan Colonna malheureusement sera condamné ! Si je me souviens bien lors de son arrestation, le ministre de l'intérieur de l'époque pour ne pas le citer, l avait déja condamné en le présentant comme l'assassin du préfet Erignac ! Vous imaginez cela pourrait nuire à l image de Sa majesté Sarko 1 er si il était reconnu non coupable ! ! Et oui il avait oublié la présemption d'innocence !
Bon je change de sujet mais on en est où dans l'enquête concernant les commandos qui ont saboté les voies ferrées entre 4h et 5h du mat mercredi ? Quelquechose me dit qu on en saura jamais plus !
De
23H26 | 24/11/2007 |
http://www.yvan-colonna.com/pages/index.php ? action=petition
De cagoule2b
23H32 | 24/11/2007 |
JE suis pas foncièrement contre une cour comme celle-çi composée uniquement de magistrats car j'ai la faiblesse ( ? ) de penser que la justice est encore indépendante et que ses personnes jugeront sur le fond, cad y'a t'il des preuves tangibles, des aveux…. pour pouvoir le condanner et non sur la forme, au titre qu'il faut absolument un coupable. Pour l'affaire qui nous concerne, un jury populaire aurait été fatalement influencé par tout le brouhaha médiatique depuis des années.Tout çà pour dire que je trouve ce juge neutre et qu'il n'hésite pas se poser les bonnes questions. Sinon je trouve curieuse l'absence de la famille erignaclors des dépositions de castela et andriuzzi comme si il les croyait toujours coupable
à cagoule2b
De
08H36 | 25/11/2007 |
La composition d'une cour est importante car elle conditionne la qualité de l'indépendance surtout en matiere de criminalité ou intervient la politique.
Que des magistrats laisse rêveur. Certes les magistrats sont indépendants du pouvoir sauf le parquet soumis a la tutelle plus ou moins forte du ministère(voir actuellement). Mais il ne faut pas oublier que les magistrats passent du parquet au siège souvent plusieurs fois dans leur carrière et que leur prime et rapidité d'avancement dépend aussi du politique.
Une cour composée de magistrats prend donc le risque d'une orientation.
Avec une cour composée de citoyen tire au sort le risque existe aussi mais vu la diversité des jures les pressions sont plus facile a découvrir. Enfin tant qu'il existe une démocratie et des journalistes (oups ! ! ! )
De
15H05 | 27/11/2007 |
Cette Cour d'Assises Spéciales a été mise en place pour ne juger que des affaires de terrorisme et sa composition exclusivement professionnelle a été imaginée pour éviter que des jurés « populaires » ne soient victimes de pressions et de menaces.
Les individus qui paraissent dans le box sont généralement des membres de réseaux encore actifs, lesquels n'hésiteraient pas à tenter d'influencer par tous les moyens l'intime conviction des jurés.
C'est de cette pression, plus que d'une pression politique, que l'Etat a voulu se préserver en instituant ces Cour d'Assises Spéciales.
De J.C.M.
23H43 | 24/11/2007 |
La justice ? ? ?
Papon a quand même été libéré après a voir été condamné à l'issue d'un procès à grand spectacle…
J.CM.
De
09H26 | 25/11/2007 |
Quand Pasqua et la DGSE sont impliqués on donne l'enquête à des incapables qui seront sur de ne rien trouver pendant que l'on choisit les boucs émissaires. Et voilà ! C'est tombe sur Yvan en inventant une histoire rocambolesque de nationalistes corses.
Alors des innocents se font tuer tel Erignac et des innocents sont emprisonnés par des parasites tel que Pasqua.
De xavier-xavier
muntagnolu | 12H08 | 25/11/2007 |
Depuis le début du procès, une partie des débats dans l'opinion porte sur cette cour d'assises spéciale, qui serait par nature soumise au pouvoir politique et qu'on soupçonne de condamner d'avance un innocent « otage de la raison d'état ».
J'observe pour ma part :
- Que c'est une telle cour d'assises spéciale qui a jugé en appel Vincent Andriuzzi et Jean Castela, les ex-instigateurs présumés de l'assassinat de Claude Erignac. Les mêmes craintes de partialité, de verdict écrit d'avance avaient été formulées ; il s'y ajoutait même, s'agissant d'un appel, la dénonciation par avance du corporatisme des magistrats qui se refuseraient sans doute à déjuger leurs collègues. Résultat : les deux hommes ont été acquittés. Une telle issue est parfaitement possible pour Yvan Colonna.
- Que les défenseurs d'Yvan Colonna ont accueilli semble-t-il sans crainte excessive la composition du jury ; on lit en effet dans le JDD du 20 octobre : « Avant de partir, les avocats ont prévenu : ils ne feront “aucun cadeau”. Mais ils se sont toutefois félicités de la qualité des magistrats amenés à juger Yvan Colonna. “Un président qui laissera Yvan s'exprimer, souligne Me Sollacaro. Et trois des juges qui appartiennent au pôle financier et auxquels on ne pourra pas raconter n'importe quoi, faire gober n'importe quoi”. »
J'ajoute que jusqu'à présent, dans le déroulement du procès (je dis bien du procès, pas de l'instruction) je ne vois rien qui puisse donner prise à un soupçon de partialité et de verdict de convenance politique écrit d'avance.
J'ai enfin tendance à partager la remarque de cagoule2b « Pour l'affaire qui nous concerne, un jury populaire aurait été fatalement influencé par tout le brouhaha médiatique depuis des années. »
Le débat autour de cette cour spéciale ne me paraît pas fondamental, celle-ci n'est pas par essence aux ordres du politique. Le sort d'Yvan Colonna se jouera sur les éléments, à charge et à décharge, qui seront présentés à cette cour.
De
13H22 | 25/11/2007 |
En tout cas, tout ce cirque donne raison a Yvan, il a prefere prendre le risque de se planquer afin d'eviter de se faire embastiller pour… que dalle. J'aurais fait la meme chose.
Vouloir interpeller un suspect qui nous etait presente comme un « dangereux terroriste » en envoyant 3 ou 4 gendarmes, cela se passe de commentaires. Chez moi quand les flics viennent dans la cite pour interpeller des petits jeunes qui « traficottent » des cigarettes qui font rire ils se pointent a… pleins, mais pour un dangereux terroriste, qui nous disait on a l'epoque, pose des bombes et flingue a tour de bras on envoie… Des gardes champetres (desole pour les gardes champetres je ne me moque pas de vous, mais cette image me fait marrer).
Super nano qui se targuait naguere d'avoir arrete « l'assassin du prefet Erignac » devrait se cacher dans un trou. Mais il est vrai il n'en est plus a un mensonge ou a une contradiction pres le Nico.
Cette affaire qui pue la manip me fait penser a un autre groupe terroriste qui etait pret a faire « peter la France » et qui comme par enchantement n'a plus fait parler de lui et dont on n'a plus jamais eu de nouvelles. Si si, rappelez vous le groupe AZF qui semait des bombinettes sur les voies ferrees. Z'avez oublie ? ? ?
De
18H31 | 25/11/2007 |
Ca me fait penser à la fameuse scène de poursuite des « Blues Brothers », où une horde de flics et un contingent militaire sont incapables de mettre la main sur deux Pieds-nickelés qu'ils s'acharnent à poursuivre. Le problème est que, dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas de cinéma !
J'ai l'impression que tout cela c'est de la rage. Une rage qui fait oublier tout discernement. « 'Quel mal a-t-il donc fait ? » _ Ils n'en criaient que plus fort : « Crucifie-le ! ' »
Et pendant ce temps, la famille Erignac continue de souffrir et de se faire balader.
Thomas GREDAT
De
12H49 | 27/11/2007 |
C'est prison break, cette enquête..
JF
De
14H55 | 27/11/2007 |
Où on apprend incidemment qu'un conseiller du Président a chapitré un témoin pour lui indiquer ce qu'il doit dire devant le tribunal. La dérive continue…