
Procès Colonna : « Alain, j'y étais ou j'y étais pas ? »
Dans le « groupe des anonymes », on choisit ses amis sans savoir qu'ils vont prendre « perpète ». Les copains d'Yvan Colonna n'ont pas fait appel de leur condamnation en 2003 pour l'assassinat de Claude Erignac. Après quatre ans en centrale, Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, les deux co-auteurs du crime, ont défendu lundi leur pote sans trop y croire. Comme si le moral n'y était pas.
Depuis ses premiers aveux, Alain Ferrandi s'est toujours présenté comme « l'idéologue » du groupe. « Ma responsabilité est entière », a-t-il de nouveau admis lundi. « Je n'ai pas tiré sur le préfet Erignac », a-t-il ajouté. « J'ai participé à cette action. De fait, pour Madame Erignac, c'est comme si j'avais tiré. »
Sans chercher à se dédouaner, sans s'excuser, il s'est adressé à la famille de la victime : « Je ne suis pas insensible à votre souffrance. Je sais combien c'est difficile pour vous mais je veux dire également que notre engagement nationaliste n'est pas fait de haine. »
Ferrandi vit dans un monde où l'honneur justifie parfois le crime. Fidèle à son éthique, il n'a jamais donné le moindre nom, ni aux enquêteurs, ni aux juges. « Je n'ai parlé que de mon engagement », rappelle-t-il. Il est demeuré inflexible depuis son arrestation, le 21 mai 1999 : « J'ai participé à une action collective. Je ne rentrerai pas dans le factuel, qui était où, qui a fait quoi… »
Colonna : « Alain, je te demande, j'y étais ou j'y étais pas ? “
Colonna était-il présent lors de l'assassinat ? Même la défense s'y est cassé les dents : ‘Je serais incohérent si je répondais à votre question, comme je ne l'ai pas fait avec la partie civile.’ Pour éviter le lapsus, Ferrandi en a toujours dit le moins possible.
Lors de sa garde-à-vue, il a simplement confirmé les propos de sa femme, qui mettait en cause Alessandri et Colonna : ‘Ma femme dit la vérité.’ Comme tous les interpellés de mai 1999, il a choisi de préserver ses proches, au prix du sacrifice.
Il lui a fallu quatre ans et deux mois et l'ouverture de son procès, pour se rétracter, tout aussi sobrement : ‘Yvan Colonna ne fait pas partie du commando.’ Il aurait pu le dire mille fois et mille fois plus tôt. ‘Je ne l'ai pas fait, je le regrette’, note-t-il sans effusion. ‘Je n'ai pas d'explication tangible à fournir à la cour sur l'attitude qui a été la mienne durant toutes ces années.’ Les mystères d'Alain Ferrandi demeureront -hélas- insondés.
Comme il fallait que l'essentiel soit dit, Yvan Colonna en personne s'est adressé au témoin : ‘Alain, je vais te parler franchement. On m'a accusé à tort. Maintenant, il faut dire les choses, dire la vérité, que je n'y étais pas. Alain, je te le demande : j'y étais ou j'y étais pas ?
La réponse, sibylline, de Ferrandi, est à inscrire aux programmes des facs de droit pénal : Je sais que tu es un homme d'honneur. Si tu avais participé à cette action, tu l'aurais revendiquée. Par conséquent, je te confirme que tu n'y étais pas.’
‘La mise en cause d'Yvan Colonna était une porte de sortie’
Quand les policiers procèdent aux premières interpellations des membres du commando, en 1999, quinze mois se sont écoulés depuis l'assassinat du préfet Erignac. ‘L'électrochoc’ escompté a viré au court-circuit, et Georges a vu sa paillote partir en flammes. Les militants du ‘groupe des anonymes’, imbus à la folie de leur doctrine, ont eu le temps de déchanter.
Pierre Alessandri est désabusé : ‘Le 21 mai, je sais que c'est le bout de la course. J'arrive en garde-à-vue en sachant que le mouvement nationaliste corse n'a pas compris la portée de l'acte.’ Mais ce n'est pas son procès, aussi il ne parlera pas ‘de politique aujourd'hui’, indique-t-il. ‘Je voulais rétablir la vérité.’ Et l'innocence d'Yvan, son ami berger de Cargèse.
La vérité, Alessandri a mis du temps à la trouver. Comme les autres, il a craqué en garde à vue : ‘Dans ma tête, la mise en cause d'Yvan Colonna était une porte de sortie temporaire.’ A ce moment-là, il pense à tout autre chose : ‘Je veux éviter l'incarcération de mon épouse.’ Alessandri s'est préparé à tout -‘Je trouvais légitime que la police utilise certaines méthodes- mais n'a pas supporté qu'on se serve de [sa] femme comme moyen de pression psychologique sur [lui].’
Comme les autres, il s'est enferré dans le mutisme. Le 25 août 1999, il exprime à la juge Levert son refus de s'expliquer dorénavant. Comme les autres, il s'est désavoué. Le 26 octobre 2000, il se rétracte : ‘Yvan Colonna n'était pas sur les lieux.’
Pourquoi n'a-t-il pas disculpé Colonna en 2003, au premier procès, ‘le seul lieu où j'aurais pu expliquer les raisons de mon acte’, comme il le reconnaît ? ‘Je n'étais pas encore près à assumer la responsabilité’ de cet acte. Même pas lorsque, en plein coeur des débats d'assises, son ami est arrêté après plus de quatre ans passés à ‘prendre du recul’ dans le maquis.
‘J'ai pas tiré sur un homme, j'ai tiré sur un symbole’
Nouveau revirement le 27 septembre 2004. Dans une lettre à la juge Levert, il affirme désormais : ‘Je suis l'auteur des coups de feu qui ont tué le préfet Erignac.’ Cinq ans, sept mois et vingt jours ont passé. Pourtant, il ne s'en cache pas, ‘je l'ai eue, pendant des années, la possibilité de dire non’, à chaque fois qu'un enquêteur ou un juge lui citait le nom de Colonna.
Durant tout ce temps, assure-t-il, ‘j'étais dans l'incapacité d'assumer mon acte’. Pour fuir ses fantômes, il a noyé son geste dans un ‘acte collectif’. Il s'est oublié : ‘Pour pouvoir tirer sur quelqu'un que je ne connaissais pas, il a fallu que je dépersonnalise la victime et que je me dépersonnalise moi-même. Ce soir-là, j'ai pas tiré sur un homme, j'ai tiré sur un symbole.’
Reste tout de même à éclaircir un point. La folie calculée d'Alessandri et l'état de ‘grande confusion mentale’ qu'elle semble avoir instauré chez lui ne permettent pas d'établir avec précision ce qu'il advient du deuxième pistolet si Colonna n'est pas sur les lieux du crime. Qu'à cela ne tienne : ‘J'avais une arme à la ceinture et une arme à la main’, révèle Alessandri.
‘Ça fait beaucoup d'armes sur Monsieur Alessandri, remarque le président Coujard. On croirait un western, vous savez, avec un Colt dans chaque main.’ Alessandri est forcé de le concéder : ‘Je n'ai pas de preuve matérielle à apporter pour démontrer la participation ou l'absence de Monsieur Colonna.’ Mais, complète-t-il, ‘je sais ce que j'ai fait’. On envie sa certitude.
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De
11H01 | 04/12/2007 |
On se demande vraiment pourquoi alors il s'est tiré au maquis ,ne ferait il pas confiance en la justice de son pays ou voulait il seulement prendre l'air ? ? ?
Hommes d'honneur vous dites ? ? ?
De
11H29 | 04/12/2007 |
Peut être ne faisait il pas confiance à la Justice ?
Il a pu s'affoler à la perspective, habituelle pour les nationalistes corses, de 5 ans de prison préventive sur le continent avant d'être reconnu innocent ?
De
11H37 | 04/12/2007 |
Les nationalistes corses sont traités comme les autres.
De
11H42 | 04/12/2007 |
Tout le monde prend 5 ans de préventive à 1000 KM de chez soi ? La Justice fonctionne encore plus mal que je ne le pensais !
De
11H44 | 04/12/2007 |
Bien sûr que non, tu exagères, ç'est tout. 5 ans de préventive, ç'est la sardine qui bouche le port.
De
15H27 | 04/12/2007 |
Tout le monde n'assassine pas de préfet ! ! !
De
20H56 | 06/12/2007 |
tè vraiment qune merde courageux anonyme
De
11H40 | 04/12/2007 |
En plus, « Peut être ne faisait il pas confiance à la Justice ? », je vois pas trop comment il aurait pu savoir que ses potes allaient ou l'avaient l'inculper dans cette affaire…
De
12H01 | 04/12/2007 |
Mouais ! S'il avait la trouille de la Justice, la raison des poursuites à son encontre devait lui importer peu.
De
12H37 | 04/12/2007 |
Ha ha ha ! Colonna n'était pas au courant que la police le recherchait. Elle est bien bonne celle là.
De Borderie
17H46 | 04/12/2007 |
Ce procès aura eu au moins ce mérite : montrer dans toute sa crudité la bêtise criminelle de cette faction nationaliste qu'on dirait composée d'enfants attardés… Imposture, mensonge, vantardise, autisme : on finit par ressentir une sorte de pitié mélangée de mépris pour une équipe de « baltringues » pareils ! Et que dire des quelques arriérés qui font feu de tout bois pour tenter de démontrer contre les faits l'innocence de ce pauvre idiot (dans le sens premier du terme) de Colonna ! … Tout cela susciterait le fou-rire s'il n'y avait pas le lâche assassinat d'un homme estimable…
à Borderie
De Terence
21H25 | 04/12/2007 |
Depuis quelques jours, on sent que des gens ont peur et qu'ils martèlent une vérité dont ils ne voudraient pas qu'on s'écarte. A toute force : tout est simple et ne fouillez pas les caveaux noirs de la République.
Tiens au même moment, il y avait Quévert et quelques manœuvres. On aura la décence de ne pas en dire plus.
Manœuvres pourtant tellement visibles aujourd'hui qu'on n'ose plus refaire un procès et que certains se mordent les doigts de les avoir mis dans un engrenage sans fin.
Ce que l'on découvre face contre face, c'est tout simplement la violence de l'état. Seul l'état n'assume jamais ses responsabilités.
Mais la vérité finira par se faire un jour. N'en doutons pas.
à Terence
De Lautret
21H33 | 04/12/2007 |
Explications incompréhensibles et à peu près aussi confuses que les dires de Colonna et de ses acolytes… Décidément Corse et cartésianisme ne font pas bon ménage…
à Lautret
De Terence
21H38 | 04/12/2007 |
Ne souhaitez pas que je sois plus précis, c'est une provocation qui ne peut pas vous convenir.
Réfléchissez par vous-même.
Un tout petit peu de réflexion et je suis sur que vous allez trouver.
L'assassin est blond, il a une barbe naissante blonde, il a appris à tirer sans aucun tremblement, d'un parfait sang-froid comme on exécute à l'abattoir. Trois balles bout portant : une exécution parfaite, sans bavure, absolument nette et précise.
C'est sans doute même son métier.
Vous voulez vraiment que je sois plus précis ?
Soyons raisonnables. Entre nous.
à Terence
De
01H22 | 05/12/2007 |
Donnes son N° de sécu ! ! ! ! !
De Terence
15H18 | 05/12/2007 |
C'est courageux anonyme qui parle.
à Terence
De Thierry75
05H25 | 05/12/2007 |
Le retour de l'assassin blond ! ! ! Il est bien temps de sortir cette ineptie de votre chapeau alors que les plus lourdes charges viennent maintenant de ses propres complices… Ah ! le « Tu es un homme d'honneur ! Si tu y étais tu le dirais ! », plein de menaces et de mépris voilé, lancé à Colonna : ça été un grand moment de ce procès ! Décomposé le Colonna ! ! ! quand il a compris que les autres étaient décidés à ne pas régler l'addition tout seuls ! …
On dirait des gosses surpris en train de voler des confitures… : « Non m'sieur, il y était aussi, on a fait le coup ensemble ! ».
On balance entre l'effarement et l'envie d'éclater de rire face à une bande de « charlots » comme ceux-là… mélange de Frères Dalton et de Pieds-Nickelés… Plutôt Frères Dalton d'ailleurs : ils en ont la bêtise !
à Thierry75
De Terence
15H18 | 05/12/2007 |
Cela ne correspond pas à ce qui est décrit de l'assassinat.
Donc il y a bien un problème quoi que vous en disiez.
à Thierry75
De
16H56 | 05/12/2007 |
Mais ce blond il était pas grand avec une chaussure noire ?
De Terence
21H28 | 05/12/2007 |
A quel service appartenait-il ?
De
11H33 | 04/12/2007 |
En effet il a pris le maquis, la partie civile se servira surement de cet argument pour faire pencher la balance.
En tout cas, je n'aimerai pas faire partie des jurés : pas de preuve matérielle, juste des aveux de gens qui se sont rétractés par la suite - et qui sont toujours aussi peu enclins à dire la vérité… En tout cas il y a une chose qui me turlupine : je vois pas par quel concours de circonstances ils auraient pu tous avouer l'implication de Colonna dans l'histoire… Ils pourraient s'être entendus sur cette version, mais ç'est un peu gros quand même.
Wait and see…
En tout cas la décision rendue sera sûrement la bonne.
De elliot54
sarkophobe nauséeux | 11H56 | 04/12/2007 |
Il n'y a pas de jurés, seulement des magistrats.
De
11H57 | 04/12/2007 |
Il y a une circonstance commune à tous ces aveux, c'est qu'ils ont eu lieu lors d'interrogatoires de Police.
Il est très probable que la Police n'a pas dicté directement les aveux. Il est avéré qu'elle a cuisiné longuement les suspects. Quand le cuisinage s'est il arrété ? Lorsque l'interrogateur s'est estimé satisfait. En l'occurence serait ce lorsque Colonna a été mis en cause ?
De
12H57 | 04/12/2007 |
« Il y a une circonstance commune à tous ces aveux, c'est qu'ils ont eu lieu lors d'interrogatoires de Police. »
Moi je me marre que quelqu'un puisse écrire de telles âneries ! ! ! ! ! !
De
13H35 | 04/12/2007 |
Pourriez vous nous faire part des causes profondes de votre hilarité ?
Selon certains, les interrogatoires de Police ne portent pas à se marrer.
De Campilles
Catalunya Nord (66) | 23H10 | 04/12/2007 |
Rien de marrant en effet. Certains des policiers enquêteurs ont été très critiqués lors de ce procès. On a indiqué aussi que le nom de Colonna a probablement été soufflé lors des interrogatoires de ceux du commando et de leurs femmes. Rien que du très classique quand on cherche à tout prix un coupable rapidement, car le pouvoir demande des résultats en urgence.
Je ne dis ni que c'est lui, ni que ce n'est pas lui ! Ceux d'entre vous qui sont sûrs de la culpabilité (ou non)de Colonna n'ont pas suivi les débats hésitants du procès !
à Campilles
De Thierry75
05H31 | 05/12/2007 |
Tiens ! v'là le « mestre d'escola »… et le foklore corse qui arrivent… Bientôt y feront venir « I Muvrini » et se mettront à chanter dans le prétoire la main droite sur l'oreille, avec l'air pénétré qu'ils prennent quand ils rasent les spectateurs avec leurs chants polyphoniques…
à Thierry75
De
14H36 | 05/12/2007 |
Gros niveau !
Si vous saviez que le mot folklore ne désigne pas uniquement les danses qu'on fait pour vous et votre fric au Club Med, si vous connaissiez un peu mieux les polyphonies corses, vous sauriez exactement pourquoi on se met la main sur l'oreille, et que l'air pénétré qui vous fait ricaner comme un beauf vient du saisissement qu'on éprouve quasi-physiquement à écouter et surtout à chanter des musiques d'une telle puissance.
Ça vous rase ? Retournez écouter Petit Papa Noël, ça doit être votre niveau.
(Amusant de voir des gens comme vous se ridiculiser en public. Nous danseriez pas la gigouillette, tant qu'à faire ? )
PMB, retraité
De
14H39 | 04/12/2007 |
alors comme ça des hommes qui sont capable d'excecuter froidement un homme désarmé craquent et accusent leur ami d'enfance, et bien dis donc de quoi ces hommes sont ils fait ?
De Borderie
17H50 | 04/12/2007 |
Les malheureux ! Ils se croient des hommes, et ne sont même pas capables de supporter le « stress » d'un interrogatoire… Ils nous aurons quand même bien fait rire ces larves ! ! !