Gendarmerie de Pietrosella : « Vous allez poser une bombe ? »

Procès Colonna, acte II. La cour s'est penchée ce mercredi sur l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), en septembre 1997. Yvan Colonna est accusé d'avoir participé à l'attentat contre la brigade ainsi qu'à la séquestration de deux gendarmes.

Evidemment, ils ne l'ont pas reconnu. Pourtant, même dix ans après les faits, le souvenir reste tenace. Mais « cagoulé, de nuit, c'est très difficile d'identifier quelqu'un », reconnaît Daniel Herniaux.

Ce 6 septembre 1997, le gendarme et son collègue Didier Paniez patrouillent aux alentours de Pietrosella. Ils rentrent à leur brigade peu avant 1h00 du matin. Daniel Herniaux gare le véhicule derrière la caserne. À peine descendu de son Renault Trafic, il est maîtrisé par deux individus cagoulés et armés. L'un d'eux lui glisse : « Il ne va rien t'arriver. » En fait, si.

Il est désarmé, on lui demande les clés du bâtiment administratif puis on lui passe ses propres menottes. Il repère un troisième homme, armé lui aussi, qui monte la garde. Le gendarme remarque que l'un des malfaiteurs porte un sac à dos. Il comprend immédiatement. « Vous allez poser une bombe ? “, demande-t-il. ‘Oui.’ L'artificier pénètre dans l'édifice.

Resté seul avec son gardien, le gendarme Herniaux va à l'essentiel : ‘Où se trouve mon collègue ? Avec les autres, de l'autre côté du bâtiment.’ Il tente de cerner leurs motivations :

‘Il m'a dit que c'était politique. Je pense qu'ils ont attaqué une gendarmerie pour faire voir que c'était faisable.’

Des deux armes de poing dérobées ce soir-là sur les gendarmes, c'est la sienne qui a tiré sur le préfet Érignac cinq mois plus tard.

Scotch et saucisson

Quelques minutes après, le poseur de bombe est de retour. Deux autres membres du commando les rejoignent avec Didier Paniez. Bâillonnés, les mains liées avec du scotch, les gendarmes sont embarqués dans leur propre véhicule. L'opération n'a duré qu'une dizaine de minutes. ‘C'était pas des amateurs. C'était bien préparé’, remarque Daniel Herniaux. On leur couvre la tête avec ‘un sac en toile de jute qui sentait le saucisson’, se souvient-il.

L'odeur ne suffit pas à couvrir l'angoisse. ‘J'ai pensé qu'ils allaient nous descendre’, poursuit le gendarme. Les ravisseurs semblent hésiter : ‘On va les tuer ? Une voix tranche : Non.’

Pour se débarrasser de leurs otages, ils s'arrêtent en plein maquis. Les captifs sont priés de s'allonger par terre, on ressort le rouleau de scotch pour leur lier les chevilles. Les cinq malfrats incendient la voiture et prennent la poudre d'escampette. Les gendarmes parviennent à se dépêtrer de leurs liens rapidement, même si ‘dans ces moments-là, les secondes sont longues’, précise Daniel Herniaux.

Aujourd'hui, le gendarme affirme vivre sans séquelle. ‘Je l'ai pris sur moi. Il a fallu faire face.’ Avant lui, Didier Paniez avait confié sa détresse à la cour :

‘Une partie de moi est partie ce soir-là. Depuis, je suis inapte au service, inapte au port d'arme.’

Sous la cagoule, les broussailles

Daniel Herniaux officie désormais en Bretagne, où ‘il y a de l'activité, mais pas la même qu'en Corse’. Il assure qu'il ne ‘regrette pas’ son passage sur l'île, mais ‘de là à y retourner…’ Il le faut, pourtant, car on juge un homme.

Aussi loin qu'il remonte dans ses souvenirs, Yvan Colonna lui est étranger. D'ailleurs, il n'a ‘jamais entendu parler de lui’ avant sa mise en cause dans l'assassinat du préfet Claude Erignac. Et puis, il n'a pas vu les visages de ses agresseurs. L'avocat du gendarme, faussement naïf, lui demande :

‘Si on leur mettait une cagoule, avec votre expérience, vous pourriez reconnaître une silhouette ?

On le voit venir. Maître Antoine Sollacaro, avocat de l'accusé, rappelle qu'on n'a jamais proposé aux gendarmes une présentation des suspects au cours de l'enquête. Yvan Colonna, resté muet jusqu'ici, est intransigeant :

J'étais pas sur les lieux. Je ne vois pas pourquoi je mettrais une cagoule devant un témoin.’

‘Si vous trouvez la bonne cagoule…’, suggère l'avocat du gendarme Herniaux. Maître Sollacaro n'est pas vraiment d'humeur à plaisanter. Il reprend les déclarations du témoin, qui déclarait avoir aperçu, sous la cagoule d'un homme ‘au profil émacié, des sourcils broussailleux, qui se rejoignent au milieu du front.’ Ce qui, d'après lui, élimine son client et accablerait plutôt Joseph Versini (condamné à quinze ans de réclusion en juillet 2003, pour les mêmes faits). Le président Coujard recadre le débat, qui tourne à la pantalonnade :

‘Nous verrons, au moment de son audition, à moins qu'il ne décide de se les raser d'ici-là, si monsieur Versini a les sourcils broussailleux.’

8 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

00H38 | 16/11/2007 | Permalien

Donc, si je comprends bien, Colonna n'a jamais été identifié, ni pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, ni pour l'assassinat du Préfet Erignac. Des hommes ont été déclarés coupables pour ces mêmes faits. Et si je recoupe toutes les infos, il n'a pas la taille du meurtrier d'après le médecin légiste, il ne correspond pas au tireur d'après le seul témoin occulaire du meurtre du Préfet, il n'a pas le profil de l'agresseur des gendarmes de Pietrosella d'après les sourcils broussailleux qu'ils ont vus, une lettre anonyme l'accuse du meurtre… Le prochain qui m'emm… j'écris une lettre anonyme !

Portrait de Courageux anonyme

De

23H28 | 16/11/2007 | Permalien

n'y a t-il pas les accusations des hommes du « commando Erignac » qui accusent YC ?

Portrait de Courageux anonyme

De

12H56 | 16/11/2007 | Permalien

Et oui deja à l'époque sarko fesait des boulettes. On va bien rire quand Colona sortira de prison innocenté par des experts, il pourra demander reparation à la france et porter plainte contre sarko qui avait declaré : nous venons d'arrêté Yvan Colona l'assasin du préfet…….

Portrait de Courageux anonyme

De

22H18 | 16/11/2007 | Permalien

L » affaire Erignac, je croyait que c'était la pègre mais maintenant je crois que c'est un coup des services secrets Français commandité peut-être par Pasqua ou quelqu'un de sa clique pour décréditer le gouvernement de l'époque.

Ce type de methode est typique. En effet l'assasinat d'Erignac est clairement lié à cette affaire lui aussi du travail de proffesionnel ; pas d'un Colonna.

C'est comme l'affaire Boulin.

Quant à Colona il est le parfait mouton. Nationaliste mais pacifiste et par consequant vulnerable. En effet la racaille à la Pasqua est corrompue mais elle n'est pas assez fole pour risquer une represaille en framant un vrai bandit Corse.

Pour plus de revelations :

http://www.monde-magouilles.com/

Portrait de Courageux anonyme

De

23H26 | 16/11/2007 | Permalien

Pasqua EST un bandit corse !

Portrait de Courageux anonyme

De

22H34 | 16/11/2007 | Permalien

« j'écris une lettre anonyme ! »

Mois aussi !
Je vient d'envoyer une lettre anonyme pour dire que c'est Sarcome ! Boulin c'était lui aussi !

J'espère que ça va lui foutre la merde !

Portrait de Courageux anonyme

De

22H47 | 16/11/2007 | Permalien

« j'écris une lettre anonyme ! »

Mois aussi !
Je vient d'envoyer une lettre anonyme pour dire que c'est Sarcome !
J'espère que ça va lui foutre la merde !

Portrait de Courageux anonyme

De

23H40 | 19/11/2007 | Permalien

« Pasqua EST un bandit corse ! »

Justement il sait !

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