
Pour Mélenchon, il n'y a jamais eu d'invasion chinoise du Tibet
Si Jean-Luc Melenchon n'existait pas, il faudrait l'inventer. Il manquait effectivement, dans le paysage politique français, un défenseur de la vision chinoise sur le Tibet, vu que les communistes français ont, depuis longtemps, renoncé à jouer ce rôle vis-à-vis de leurs ex-camarades chinois. Les journalistes chinois à Paris ne s'y sont pas trompés, qui cherchaient mercredi matin à l'interviewer de toute urgence…
Le sénateur socialiste a lancé sur son blog, puis sur Europe1 mercredi, une diatribe contre les manifestations anti-JO, contre Robert Ménard, le patron de Reporters sans frontières, et contre le dalaï lama, dont il attribue le capital de sympathie en France à une trop grande lecture de » Tintin au Tibet » … Et de se lancer dans une envolée hasardeuse sur l'histoire du Tibet et de la Chine, qui reprend fidèlement l'historiographie officielle de Pékin, contestable et discutable. Avec une conclusion stupéfiante, mercredi matin sur Europe1 :
» Parler d'invasion en 1959 pour qualifier un événement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant. »
Outre le fait que, pour quelqu'un qui veut donner des leçons d'histoire du Tibet, il se trompe de neuf ans vu que c'est le 7 octobre 1950, et pas en 1959 (il confond avec la fuite du dalaï lama en Inde) que les troupes chinoises ont envahi le Tibet, c'est une drôle de vision qu'avance le sénateur de l'Essone, où la force de la révolution avance avec des chars. Morale de cette histoire, version Melenchon :
» Ce qui se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de Chinois qui ont voulu et préparent activement les Jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmite ! »
Jean-Luc Melenchon n'a pas tort dans tout ce qu'il avance, et en particulier dans le fait que c'est en 2001, lorsque les Jeux ont été attribués à la Chine, qu'il aurait fallu protester. Ou encore lorsqu'il revient sur les récents événements du Tibet en citant Arrêts Sur Images (qui lui même citait … Rue89 ! ) sur les incohérences de la couverture médiatique en France.
Mais il serait plus crédible s'il avait un mot, un seul, pour commenter la condamnation le mois dernier à cinq ans de prison de Yang Chunlin pour avoir fait circuler une pétition sur le thème » Nous voulons des droits, pas des Jeux » … Ou sur la situation des Tibétains aujourd'hui, qui, loin du féodalisme d'avant 1950 que les jeunes émeutiers du 14 mars n'ont pas connu, ont le sentiment de vivre une situation de dépossession coloniale. En 1954, Jean-Luc Melenchon aurait-il reproché aux Algériens leur soulèvement violent contre la présence française, pourtant vieille de 150 ans et porteuse de plein de » bienfaits civilisateurs » ? … Evidemment non !
Le sénateur de l'Essonne n'aime pas hurler avec les loups et il a raison. Mais de là à fermer les yeux sur tout ce qui pourrait gêner sa démonstration, il y a un pas qu'il aurait dû franchir avec un peu plus de prudence…
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à romi
De Sacha25
15H36 | 09/04/2008 |
Je ne vois pas comment on peut mettre sur le même plan le Tibet, qui représente le droit de certains à dire « cette terre est à moi et j'ai donc le droit de décider “qui vient chez moi”, et les “sans-papiers” qui représentent le droit pour tout un chacun de se sentir chez lui partout sur cette planète, notre planète
Le lien, s'il existe, se situe à un autre niveau, par exemple : qui décide ? Celui qui parle en mon nom, de quel droit le fait-il ? (par exemple lors du référendum sur le TCE, il a décidé de représenter 15% des socialistes en justifiant a posteriori sa décision qu'il avait eu raison puisque Le Pen avait voté avec lui. Mais reconnaissons que respecter le vote des militants socialistes lui aurait couté beaucoup d'argent (s'il avait l'honneur et le courage de défendre ses idées dans une structure qu'il n'aurait pas été obligé de trahie)
à Sacha25
De romi
16H04 | 09/04/2008 |
je ne comprends pas de quoi tu parles
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H50 | 09/04/2008 |
Si la flamme n'allume pas ta clope, c'est que tu vis dans un pays où il est interdit de fumer dans les lieux publics…
http://phil195829.overblog.com
De Dabouty
14H51 | 09/04/2008 |
Ce qui est gênant avec Mélenchon, c'est qu'alors qu'il se prétend le héraut de l'analyse complexe versus le simplisme des médias, il utilise des arguments grossiers contre RSF. Je ne connais pas R. Ménard et ses financiers, mais :
- Il ne milite pas pour le Tibet libre mais pour la liberté de la presse (qui, même Mélenchon peut le reconnaitre, est plutôt malmenée en Chine)
- L'objet de l'association étant la défense des journalistes, il n'y a aucune raison qu'ils s'expriment sur les prisonniers de Guantanamo.
- Les insinuations de Mélenchon sans aucune illustration ou démonstration révèlent d'une méthode assez minable.
à Dabouty
De compte supprimé 13
15H18 | 09/04/2008 |
RSF ne s'est pas contenté de vociférer pour l'information en Chine justement.
pour Guantanamo :
Arrêté en 2001, le journaliste soudanais Sami Al-Haj est incarcéré à Guantanamo sans que quiconque sache pourquoi…
Le 20 septembre 2002, RSF « demande aux autorités américaines d'apporter dans les meilleurs délais des explication sur l'arrestation en décembre 2001 de Sami Al-Haj. » (neuf mois pour réagir… quel empressement ! )
puis RSF laisse passer le temps… pour enfin le 27 janvier 2005 : « L'organisation demande aux autorités américaines d'expliquer les motifs de la détention à Guantanamo d'un caméraman d'Al Jazira, Sami Al-Haj, ou de procéder à sa libération immédiate. »
Vous remarquerez avec quelle « virulence », sans commune mesure avec celle utilisée pour les JO, le pourfendeur des injustices s'adresse à ses amis.
Depuis… rien de bien nouveau.
De Renard
14H52 | 09/04/2008 |
Quand la Chine s'éveillera et que Merluchon nous endormira, alors là seulement ! ! ! il faudra ouvrit les yeux ! ! ! et le bon ! ! ! ! ! comme disait mon grand-père ! ! !
Remarquez certains remettent en cause, l'atterrissage des Américains sur la lune ! ! ! ! ! , dont je salue le Peuple.
D'autres les camps d'internements, les génocides, les dinosaures, l'age de la terre ! ! ! ! ! ! , l'évolution ! ! ! ! ! , alors vous savez le problème Tibétin ! ! ! ! .
Le communisme qui pour l'instant n'a jamais été expérimenté nulle part aux dires de ces défenseurs ! ! ! ! ! , oui disais-je le Tibet ! ! ! ………
De kaloo
14H55 | 09/04/2008 |
Bonjour,
Ayant voté non lors du référendum sur la constitution de l'Europe, je me retrouvai soupçonné de xénophobie !
Ayant la position qui à ce jour est la mienne à propos de la Chine et de ses rapports avec le Tibet me voici donc maintenant raciste et nauséabond ! soit,
Maintenant opposé à Mélenchon que suis-je donc ?
à kaloo
De compte supprimé 13
15H45 | 09/04/2008 |
kaloo ? de E.all ?
à compte supprimé 13
De kaloo
21H23 | 09/04/2008 |
Non non K@loo de
http://www.pascalosten.com/webbook%202007/index.html
par exemple
c'est quoi E.all ?
Amitiés donc
De Jorma
Directeur d'hôpital | 14H57 | 09/04/2008 |
Bonjour,
La Chine n'est pas démocratique , la Chine est en voie d'ouverture. Les droits de l'homme doivent êtres clamés , le Tibet ne saurait être passé aux oubliettes du réalisme commercial.
Il fallait dire notre opposition au moment du passage de la flamme.
Le régime Chinois n'est pas les Chinois c'est évident . Je n'ai pas apprécié ces militants Français qui font de l'acting en voulant arracher la flamme aux sportifs.
D'ailleurs quand je vois leur agissement je me dis que si ils étaient au pouvoir il n'est pas certain que la démocratie serait meilleure qu'en Chine actuellement. Il faut respecter le peuple Chinois dire les choses mais il faut le respect déjà en distinguant toujours le pouvoir du peuple quand on s'exprime .Aussi je suis d'accord avec Kouchner « il n'y a pas de raison d'être plus Tibétain que les Tibétains » à ce sujet .
L'action doit être concertée au niveau de l'Europe concernant la participation ou non à l'ouverture …
Les Chinois doivent faire un signe en acceptant le principe d'un dialogue avec le dalai lama .
Quand à Robert Ménard il est beaucoup trop exité et il ne sert pas du tout la cause qu'il défend , on ne peut pas discuter avec lui …si…. sauf si on est d'accord avec ce qu'il dit ….Mais pour moi son radicalisme m'invite à ne pas lui faire confiance sur sa capacité à porter des valeurs démocratiques …il est trop absolutiste et se missionne bien trop ….
Pour moi le spectacle qu'il a donné lors du passage de la flamme est lamentable il ne représente pas du tout l'opinion des Français . Bon il est monté à Notre Dame et alors …. ? Il pouvait tout aussi bien et même mieux obtenir les mêmes résultats par d'autres moyens cependant c'est bien connu si il n'a pas utilisé ces autres moyens comme l'appel à une manif géante c'est qu'il sait qu'il n'y aurait pas eu le nombre escompté donc on fait le coup de force ….
Les organisateurs Chinois eux aussi sont exités dans cette affaire et ils doivent changer leur comportement car ils vont vraiment faire capoter les jeux.
Si les autorités ne donnent pas des signes forts en matière de respect des droits de l'homme ( c'est mal parti) et si les organisateurs ( ce sont les mêmes ? ) sont exités au point que l'on se demandait si ils n'étaient pas aux commandes de la France l'autre jour et qu'en plus nos policiers arrachaient les drapeau Tibétains …c'est incroyable ! et bien on est mal parti.
Quand à JLM il exagère dans l'autre sens …..en fait on a deux Robert Ménard un pro tibet et l'autre pro chinois et moi ni l'un ni l'autre ne me satisfont car les pratiques ou propos de l'un comme de l'autre ne conduisent qu'à l'affrontement physique cela ne construit rien .
Pour moi il faut que les jeux se déroulent et il faut dire l'exigence des droits de l'homme en Chine comme ailleurs .Ce qui serait aidant aujourd'hui vu la tournure des évènement c'est que la Chine donne des signes tangibles et c'est mal barré ça aussi….
De p.
15H11 | 09/04/2008 |
Mon pti pimpampoum, je ne suis pas breton mais tu n'y connais pas grand chose. Relis le Cheval d'orgueil de Jakez Hélias et tu comprendras mieux la IIIème République : « Interdit de cracher et de parler breton » est loin d'être une légende urbaine. C'était inscrit dans les cours d'école.
Quant à JLM, commenter ses conneries doit le conforter dans sa démarche.
www.commentairedujour.over-blog.com
à p.
De xavier-xavier
muntagnolu | 16H41 | 09/04/2008 |
C'est un point qui nous éloigne du sujet mais l'existence d'affiches « défense de parler breton et de cracher par terre » est bien une légende urbaine, plus précisément une jolie image introduite par des militants bretons dans les années 1970.
Vous pouvez consulter l'étude faite par Fanch Broudic sur son site langue-bretonne.com.
De marc23
15H16 | 09/04/2008 |
Tout cela est bel et bon mais pourquoi ne faites vous aucun article sur Robert Ménard, au centre de la campagne actuelle ?
Ce personnage , coqueluche des radios et télévisions, comme Glücksmann, BHL, Finkelkraut,etc… mérite au minimum un examen sérieux de ce qu'il représente et qui semble bien loin de la pure défense des droits de l'homme.
http://www.legrandsoir.info/spip.php ? article5757
De San De
15H20 | 09/04/2008 |
Melanchon est un Français qui est né et a grandi au Maroc. Peut etre est il nostalgique de celà et qu'il se venge de la sorte.
En tout cas, les manifestants de lundi n'ont pas de leçon à recevoir d'un politique qui n'est même pas élu (ce ne sont pas les citoyens qui elisent les senateurs) et qui parle comme un adolescents, le ton de café des sports en plus.
Heureusement qu'il n'interesse que ceux qui veut l'entendre…
à San De
De sushi_destroy
15H28 | 09/04/2008 |
sans vouloir lancer encore une polémique. Les sénateurs sont élus. Par des grands électeurs certes, peu représentatif de la diversité française c'est vrai, mais ils sont élus.
Le président de l'assemblé nationale est élu par ses pairs.
Le président américain est élu par des grands électeurs.
Le maire de Paris est élu par les conseillers de Paris.
Avant 1516, les Evèques étaient élus par les chanoines.
Le suffrage universel directe n'est pas la norme. Tant mieux parce que sinon on voterait toutes les semaines.
à sushi_destroy
De San De
21H51 | 10/04/2008 |
Moi je veux bien, je suis même d'accord, mais bon, on sait comment ça se passe entre amis… Pasqua avec ses casseroles, il est facilement élu député, pour finir sa carrière et sa vie tranquille…
Quand comme melanchon, on se veut défenseur de positions populaires, on se veux proche des aspirations populaires, proche du peuple… soit disant, par un discours « à gauche toute », la moindre des choses, c'est de se présenter a un suffrage direct ! C'est trop facile de se faire polemiqueur de service, de parler de « à gauche toute, l'Europe c'est pas cool ça nous enleve le pouvoir du peuple », quand soit même on ne se lance même pas a une petite députation…
De cywd
15H55 | 09/04/2008 |
----Mais il serait plus crédible s'il avait un mot, un seul, pour commenter la condamnation le mois dernier à cinq ans de prison de Yang Chunlin pour avoir fait circuler une pétition sur le thème « Nous voulons des droits, pas des Jeux »…
Vous seriez plus crédible de montrer les progrès économiques et sociaux que le Tibet chinois a connu depuis 50 ans avant de dénonçer la répression.
Vous seriez plus crédible de dire à vos lecteurs ce qui s'est passé au Tibet bien avant 1950. Allez lire Melvyn Goldstein et Grunsfeld avant de jeter tout discrédit sur Mélenchon. Vous n'en connaissez pas plus que lui. Vous n'êtes qu'un journaliste.
Vous seriez plus crédible de dire que Dalai a accueil l'armée populaire à bras ouvert en 1950. Il a même écrit une éloge de Mao à cette époque.
Vous seriez plus intègre pour nous faire croire que vous luttez pour tous les peuples opprimés, si vous écrivez ne serait qu'un article sur les souffrances du peuple palestinien.
La position de Mélenchon est certe biaisée. Mais pourquoi nous ne vous avons jamais vu faire un seul article précis sur la campgane de la désinformation des médias occidentaux en général que vous avez évoqué bièvement dans votre article ? Pourquoi cette indignation sélective ?
V
à cywd
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 16H06 | 09/04/2008 |
« vous n'êtes qu'un journaliste »…
Formidable phrase, merci, vous m'avez assuré l'éclat de rire du jour !
à Pierre Haski
De Chou marin
kiné | 16H42 | 09/04/2008 |
Monsieur Haski nous vous sommons d'arreter de rire !
Pour qui prenez-vous vos lecteurs ? ? ? ?
Je m'insurge a mon tour : il est parfaitement scandaleux que, dans un papier consacre a la Chine, a Melanchon, au Tibet et aux JO, vous n'ayez pas ecrit de paragraphe sur la Palestine et la CIA ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Cela demontre a notre sens votre asservissement aux think tanks neo cons, euhhh non,
jveux dire, c inadmissible de pas parler de Roswell et des JO,
Menard est le complice de, euh,
Vous ne meritez pas le nom de journaliste !
c'est dit, c'est dit
à Chou marin
De nono le simplet
dilétante adèle | 04H36 | 10/04/2008 |
quand on fait du deuxième degré ou de force faut le préciser sinon les mauvais votes pleuvent ( lol)
chou marin a raté la prise de la pastille
à cywd
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 16H15 | 09/04/2008 |
Je vais quand même vous répondre sur le fond, même si vos objections montrent que vous lancez des accusations sans avoir fait le moindre travail de vérification (savez vous par exemple que j'ai été correspondant de Libération pendant deux ans à Jérusalem, et que sur les souffrances du peuple palestinien, j'en ai écrit des pages entières). Je veux bien que vous écriviez que je n'en connais pas plus que Melenchon sur le Tibet, disons que j'ai eu l'avantage de vivre cinq ans en Chine et de me rendre au Tibet, ce que je ne crois pas qu'il ait fait (comme en atteste son erreur de date sur l'invasion chinoise). Enfin, relisez ce que nous avons publié depuis le 14 mars, il n'y manque ni le débat sur l'information, ni le feodalisme d'avant 1950. Mais si je vous applique la même malhonnêteté intellectuelle qu'à moi, je concluerai de votre commentaire que la condamnation de Yang Chunlin à cinq ans de prison pour une pétition anti-JO ne vous fait ni chaud, ni froid. Je me trompe ?
à Pierre Haski
De nono le simplet
dilétante adèle | 16H56 | 09/04/2008 |
bien répondu , non mais …
j'en ai marre ( pour parodier un post super) des gens qui donnent des leçons sur la chine, le nucléaire, les OGM, j'en oublie des tonnes … à des gens comme Pierre Haski qui , je le savais, a été un reporter durant de nombreuses années et non pas un internaute qui lit la presse à tord et à travers .
j'ai , moi , un copain qui a failli aller en chine , hé bé il en sait pas plus que moi ni melanchon ( puisqu'il a juste failli).
à Pierre Haski
De cywd
18H04 | 09/04/2008 |
D'accord, je me trompe sur votre parcours glorieux.
Mais ce qui m'insupporte, c'est que vous n'avez jmais donné autant d'importance à montrer la campagne de désinformation des médias occidentaux. Alors que vous n'hésitez pas de consacrer un article entier tentant à discréditer Mélenchon en vous focalisant sur une erreur de date. Ne croyez-vous pas que l'usurpuration généralisée des photos des policiers népalais pour illustrer des émeutes du Tibet est beaucoup plus grave que de se tromper sur quelques points de l'histoire d'il y a plus de 50 ans ?
Ainsi votre présentation de l'histoire du Tibet était bref et ambïgue.
Voici votre écrit : ¨ Du point de vue tibétain, et tout simplement historique, l'affaire est plus complexe. Le Tibet a été lui-même un empire puissant au VII° siècle, qui a connu des relations fluctuantes avec son immense voisin chinois. Les deux empires ont même entretenu des relations diplomatiques, ce qui ne fait pas du Tibet un vassal. De plus, à certaines époques, Lhassa a pu avoir l'ascendant spirituel, et Pékin l'ascendant politique et militaire. « Or la majorité de tibétologues s'accordent à dire qu'il existe un lien de subordination du Tibet vers Pékin depuis au moins 1720.
(Grunsfeld, Goldsteins, Tsering Shakya qui est tibétain lui-même)
Quand j'ai dit “vous n'êtes qu'un journaliste”, j'entendais dire que vous étiez loins d'être un spécialiste. Essayez d'avoir un peu moins de certitude quant à votre prétendue vérité.
Quant à l'histoire de Yang Chunlin, je vous dis une chose : j'ai publié des articles nettement plus subversifs contre la dictature de Pékin, quand j'étais en Chine. Visant le régime lui-même, il ne s'agissait pas simplement des pétitions contre JO. Je n'ai jamais été inquiété. Les sites comme bullogger (www.bullogger.com)sont remplis d'articles des écrivaints ou journalistes militants en Chine contre la politique de Pékin. Je n'ai jamais entendu d'arrestations. Alors, cherchez l'erreur !
De spoonman
16H01 | 09/04/2008 |
D'autres sources fiables sont intéressantes sur ce sujet et bien plus crédibles que les écrits du sinologue mélenchon, qui surfe peut être sur la vague. Bientôt l'élection du premier secrétaire ?
Katia Buffetrille, tibétologue et ethnologue à l'Ecole pratique des hautes études (section sciences religieuses)
Chine et Tibet, une si longue histoire
LE MONDE | 22.03.08 | 12h44 • Mis à jour le 22.03.08 | 14h16
Le Tibet est agité de troubles depuis une semaine. Quel est le fondement historique de cette prétention chinoise sur le Tibet ?
Les sources chinoises ne s'accordent pas sur la date à laquelle, selon elles, le Tibet serait devenu une partie intégrante de la Chine. Disons brièvement qu'elles remontent soit à la dynastie mongole des Yuan (1277-1367), soit à celle mandchoue des Qing (1644-1911). Sous les Yuan, une relation très particulière avait été scellée entre des religieux tibétains et Kubilaï Khan, qui allait régner sur l'Empire mongol dans lequel la Chine et le Tibet étaient intégrés au même titre.
Il s'agissait d'une relation politico-religieuse entre un maître spirituel et un protecteur laïc dans laquelle le maître donnait enseignements et initiations, et le laïc assurait sa protection et faisait des dons. Les différents protagonistes jouèrent sur l'ambiguïté de cette relation qui se poursuivit, mais de manière beaucoup moins forte, avec certains empereurs de la dynastie chinoise des Ming (1368-1644). Ceux-ci ne considéraient d'ailleurs nullement le Tibet comme une partie intégrante de leur territoire puisque celui qui fonda cette dynastie envoya lors de son avènement une lettre au Tibet, comme il l'avait fait pour les autres pays.
Sous la dynastie mandchoue des Qing les relations entre le Tibet et la Chine connurent un changement. Cette relation de maître spirituel à protecteur laïc perdura, mais n'était pas comprise de la même manière par chaque partie. Pour les Tibétains, elle était purement religieuse, alors que les empereurs mandchous, bien que bouddhistes, l'utilisaient afin de se concilier les Tibétains et les Mongols. Cette relation est présentée actuellement comme une relation de subordination par les Chinois et est utilisée pour revendiquer le Tibet. Suite à de nombreux troubles, le pouvoir impérial intervint dans les affaires tibétaines et à partir de 1720, des administrateurs chinois et une garnison furent installés au Tibet.
Comment cet héritage a-t-il pesé au XXe siècle ?
Au début du XXe siècle, le Tibet devint le centre d'un enjeu géopolitique, notamment dans le cadre du « grand jeu » qui opposait en Asie centrale l'Angleterre à la Russie. Les Britanniques voulaient ouvrir des voies commerciales au Tibet. Ne recevant aucune réponse du gouvernement tibétain, en 1904, ils pénétrèrent au Tibet et parvinrent à Lhassa. Le treizième dalaï-lama s'enfuit en Mongolie puis en Chine. En 1910, peu après son retour au Tibet, la dynastie Qing chercha à prendre véritablement le contrôle du Tibet et envoya une armée. Le dalaï-lama trouva refuge en Inde.
L'effondrement de la dynastie Qing en 1911 lui permit de revenir au Tibet et de proclamer l'indépendance de son pays. En 1949, Mao proclama la République populaire de Chine. Il affirma la souveraineté de la Chine sur le Tibet et eut les moyens militaires de l'imposer. En, 1965, la « Région autonome du Tibet » fut fondée et les régions traditionnelles du Tibet - Kham et Amdo - furent définitivement intégrées dans les provinces chinoises du Qinghaï, Gansu, Yunnan et Sichuan.
Pour justifier l'ancienneté de leurs liens avec le Tibet, les Chinois évoquent aussi souvent l'alliance entre un monarque tibétain et une princesse chinoise.
Il est vrai que Songtsen Gampo, le premier grand roi tibétain, qui régna dans la première moitié du VIIe siècle, épousa une princessse chinoise qu'il avait obtenue sous la menace militaire. Cette princesse, une fervente bouddhiste, fit construire un temple à Lhassa et apporta de Chine une statue de Bouddha que les fidèles continuent d'honorer de nos jours dans le grand temple de Lhassa.
Les Chinois exploitent cet épisode pour faire remonter leur influence à une date ancienne alors que le Tibet était à cette époque une puissance considérable très crainte par la Chine. En moins d'un siècle, l'empire tibétain s'était alors taillé un territoire gigantesque allant du nord de l'Asie centrale à la Chine, dont la capitale Xian est même conquise. C'est à ce moment que le bouddhisme est introduit et deviendra religion d'Etat au VIIIe siècle. C'est une période de grand essor culturel et intellectuel que les Tibétains appellent la « première diffusion du bouddhisme ».
Le Tibet était-il une théocratie ?
Le dalaï-lama est considéré comme l'émanation de la divinité protectrice du Tibet, le bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara. Le nom de dalaï-lama apparaît au XVIe siècle à la suite de la rencontre en 1578 entre un chef mongol et le troisième maître d'une lignée de religieux éminents. Mais ce n'est qu'en 1642 que le cinquième dalaï-lama reçoit, des mains de Gushri Khan, chef des Mongols Qoshot, dont il est le maître religieux, la souveraineté sur le pays.
Le Parti communiste chinois prétend avoir « libéré » le Tibet de la noblesse esclavagiste. Existait-il un « esclavage » au Tibet avant 1949 ?
Le mot « esclave » est parfaitement impropre. Très schématiquement, on peut dire que le Tibet était une société à strates, très hiérarchisée, dans laquelle existait une séparation nette entre religieux et laïcs. Les laïcs étaient divisés en trois strates : la noblesse, le peuple, la strate inférieure (bouchers, pêcheurs…). Trois groupes seulement pouvaient être propriétaires : l'Etat, le clergé et les nobles. Le terme de « serfs », appliqué aux paysans, est contesté par certains tibétologues, qui préfèrent celui de « gens du commun » ou « sujets ».
En fait, les paysans, la grande majorité du peuple, étaient héréditairement liés à la terre et devaient des taxes qui étaient versées en argent, en nature, mais la plupart étaient sous forme de travail, essentiellement le travail de la terre. En dépit de cette structure qui peut paraître rigide, il y avait en fait une grande flexibilité. Ces paysans avaient des devoirs mais jouissaient aussi de droits. Les seigneurs n'avaient aucunement pouvoir de vie et de mort sur eux. Il ne s'agissait pas du tout d'un système idéal, mais il n'avait rien à voir avec de l'esclavage.
Pékin invoque souvent les bienfaits économiques de sa présence. Qu'en est-il ?
S'il est vrai que de nombreux changements ont commencé avec l'arrivée des communistes, il est tout aussi vrai que même sans eux, le Tibet se serait modernisé. Un économiste anglais, A.M. Fischer, a montré combien la croissance, au Tibet, est génératrice d'exclusion, une grande part de la population, principalement les Tibétains, n'ayant pas les moyens de participer à cette croissance. Depuis une cinquantaine d'années, la politique de financement du Tibet par les autorités centrales est motivée par des stratégies militaires et place le Tibet sous la totale dépendance de ces subventions.
Les compagnies de construction viennent généralement d'autres régions de Chine. De plus, les ouvriers sont essentiellement des travailleurs chinois, souvent meilleurs du fait de leur formation. La construction du train reliant les grandes villes de Chine à Lhassa a facilité la venue de nombreux migrants chinois. Par ailleurs, la nécessité de devoir parler couramment le mandarin pour trouver un travail ne permet pas aux Tibétains d'entrer en compétition avec les Chinois sur le marché du travail. Les bénéficiaires de ce boom économique sont les migrants Hans et quelques privilégiés tibétains, ce qui explique l'énorme frustration que ressentent les Tibétains.
Peut-on vraiment parler de « génocide culturel » au Tibet, selon la formule du dalaï-lama ?
Je n'aime pas trop ce terme. Mais il est vrai que si la situation ne change pas, on s'achemine vers la disparition de la civilisation tibétaine. La langue est en danger : dans la Région autonome, l'enseignement est en chinois à partir du collège et le tibétain n'est pas utilisé dans l'administration. Il est vrai que la situation est meilleure en dehors de la Région autonome, car il existe des collèges et des lycées où le tibétain est la langue d'enseignement.
Une autre frustration vient des restrictions sur les questions religieuses. Certes, de nombreux monastères ont été reconstruits. Des activités religieuses s'y déroulent. Mais, depuis 1995, la situation s'est durcie. Les photos du dalaï-lama sont interdites aussi bien en public qu'en privé ; les fonctionnaires d'Etat n'ont pas le droit de pratiquer ; il y a des cours d'éducation patriotique dans les monastères ; il faut remplir certaines conditions pour entrer au monastère.
Pourquoi la Chine est-elle aussi intraitable sur le Tibet. Au fond, quel est l'enjeu pour elle ?
Outre une revendication idéologique qui s'inscrit dans l'histoire du nationalisme chinois, c'est certainement la position géostratégique du Tibet qui explique l'attitude de la Chine. On ne peut oublier l'immense superficie de ce pays. Le Grand Tibet, c'est-à-dire le Tibet historique, représente un quart de la Chine.
Si l'on ajoute à cela que dix des plus grands fleuves de l'Asie y prennent leur source et que les richesses minières y sont abondantes, on peut comprendre la position si intraitable des gouvernants chinois. A leurs yeux, perdre le Tibet porterait en germe la désagrégation de leur empire multiethnique. Après le Tibet, le Turkestan oriental (Xinjiang), qui connaît lui aussi des troubles endémiques, pourrait se manifester plus violemment. Si vous enlevez à la Chine le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure, il ne lui reste plus qu'un espace considérablement réduit.
Propos recueillis par Frédéric Bobin
Article paru dans l'édition du 23.03.08
à spoonman
De nono le simplet
dilétante adèle | 17H01 | 09/04/2008 |
merci pour cet éclairage historique et semble-t-il objectif.
surtout le dernier paragraphe qui apporte une logique à l'attitude chinoise et laisse présumer d'une détermination sans faille à conserver le tibet sous son aile.
De David Dupré
Taxidermiste politique | 16H03 | 09/04/2008 |
Lire le texte de Mélenchon vaut le détour : c'est un voyage dans les années 50. Un bijou de soviétisme.
Sous prétexte de ne pas ête dupe de la propagande capitaliste, il nous sert une contre-propagande soviétique.
Tibet=Vendée. Pour Mélanchon, autant dire le droit de massacrer en paix. Il fallait oser !
De Lorélie C.
Etudiante à la Sorbonne | 16H04 | 09/04/2008 |
Favorable à un boycottage de la cérémonie d'ouverture des JO, j'ai pourtant la désagréable impression que la contestation du régime chinois par les Français est teintée de racisme. Aurions-nous eu la même réaction si les JO avaient eu lieu en Russie, en Tunisie, ou dans l'un des nombreux pays qui, malheureusement, ne respectent pas les droits de l'homme ? Il est évident qu'il ne s'agit pas uniquement de racisme, je crois que le soutien à la cause tibétaine est réel, seulement n'est-il pas amplifié par une sorte de méfiance à l'égard de la Chine, longtemps alimentée par le fantasme de la domination chinoise sur le monde, ce fameux « péril jaune » dont on nous a tant rabâché les oreilles ?
à Lorélie C.
De spoonman
16H28 | 09/04/2008 |
Vous étiez à la limite du troll mademoiselle et vous rattrapez fort bien vos propos, chose que M. Melenchon n'a pas su faire :
« Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmite ! »…
Je ne comprends pas en quoi cette phrase permet de faire avancer le débat.
Emettre des critiques sur les agissements des dirigeants Russes et t il un relent nauséabond de racisme envers les Russes ? Non ! Nous parlons bien ici, des dirigeants, alors n'égarons pas le débat.
Troll : On ne parle de troll que lorsqu'on pense avoir décelé une volonté de polémiquer allant au-delà de la volonté d'avancer dans une discussion.
à spoonman
De Lorélie C.
Etudiante à la Sorbonne | 16H45 | 09/04/2008 |
Poser la question d'un racisme éventuel/possible/probable n'est pas vouloir polémiquer dans le vide. Il s'agit de comprendre pourquoi la cause du Tibet suscite-t-elle aujourd'hui un tel émoi, alors que la situation n'est pas nouvelle. Si Mélanchon s'est trompé sur la date, ça n'en fait pas moins un demi siècle que le Tibet a été annexé par la Chine. Ce qui me gêne, c'est cette espèce de colère qui surgit tout à coup et qui génère un important phénomène médiatique. Les choses finissent par être brouillées : est-ce qu'on proteste pour que soit instauré un dialogue entre Pékin et le gouvernement tibétain en exil, est-ce qu'on proteste parce que le régime chinois ne respecte pas les droits de l'homme, et dans ce cas, l'exemple du Tibet n'est qu'un cas parmi d'autres mais masque ce qui se passe ailleurs.
à Lorélie C.
De Chou marin
kiné | 17H03 | 09/04/2008 |
« Ce qui me gêne, c'est cette espèce de colère qui surgit tout à coup et qui génère un important phénomène médiatique. (…) est-ce qu'on proteste pour que soit instauré un dialogue entre Pékin et le gouvernement tibétain en exil, est-ce qu'on proteste parce que le régime chinois ne respecte pas les droits de l'homme, et dans ce cas, l'exemple du Tibet n'est qu'un cas parmi d'autres mais masque ce qui se passe ailleurs. »
ma reponse (qui n'engage donc que moi…) : les gens protestent contre la violation des droits de l'Homme en Chine ; et un des seuls exemples qu'ils connaissent est le Tibet…
et a choisir entre ne pas protester du tout ou se focaliser sur le Tibet, A DEFAUT, je prends la deuxieme option