
Les Etats-Unis bloquent un investissement high-tech chinois
Après le pétrole, la technologie… Pour la deuxième fois, un investissement stratégique chinois aux Etats-Unis a été bloqué, révélant la crainte sous-jacente à Washington face à l'émergence de la puissance chinoise.
En 2005, les Etats-Unis avaient empêché le pétrolier d'Etat chinois CNOOC de racheter l'Américain Unocal, finalement repris par Chevron. Cete fois, c'est Huawei, l'équipementier télécom chinois, dont les raçines plongent dans les ramifications de l'armée chinoise, qui vient d'être bloqué alors qu'il s'apprêtait à prendre une participation dans la société technologique américaine 3Com. Les Chinois avaient fait cette fois profil bas, puisque Huawei ne devait prendre que 16,5% de 3Com, le reste étant racheté par le fonds d'investissement Bain. Chinatown vous en avait parlé lorsque l'offre avait été faite, en se demandant justement si Huawei obtiendrait le feu vert politique.
Cette modestie de la société de Shenzhen n'a pas suffi à calmer les craintes d'un puissant lobby sécuritaire au Congrès et dans l'administration. Selon Les Echos, le « Committee for Foreign Investment in the United States » (CFIUS), qui devait donner son accord, s'est opposé à la cession à des intérêts chinois de l'activité TippingPoint de 3Com. Cette branche commercialise des logiciels de sécurité réseaux et anti-piratage, notamment à l'administration américaine. Huawei et Bain ont retiré leur offre commune d'un montant de 2,2 milliards de dollars. Le même comité avait toutefois autorisé le Chinois Lenovo à racheter la branche PC d'IBM en 2005, moyennant il est vrai de sérieuses garanties sécuritaires.
Il n'y a pas que les Chinois qui soient dans le colimateur sécuritaire de l'administration et d'une partie du Congrès. En 2006, le rachat de plusieurs ports de la côte Est américaine par le groupe à capitaux arabes du Golfe Dubaï Ports World (DPW) avait ainsi été annulé pour les mêmes motifs.
Huawei est une société à forte croissance, installée dans le sud de la Chine, et qui, après avoir grandi dans le giron de l'Etat chinois, s'est lancée sur les marchés internationaux, d'abord dans les pays en développement puis en Europe et aux Etats-Unis. Elle est l'un des « champions nationaux » désignés par Pékin pour entrer dans la compétition globalisée.
Ce revers va renforcer les dirigeants chinois dans leur vision d'une rivalité stratégique croissante avec les Etats-Unis, paradoxalement doublée de relations économiques et commerciales croissantes. Le match du siècle entre Washington et Pékin n'est pas terminé…
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De daniel
08H57 | 21/02/2008 |
Liberalisme n'est donc pas opposé à protectionnisme !
Mais ce n'est pas une nouvelle…
De parousnik
10H38 | 21/02/2008 |
C'est ça la liberté d'investir aux Etats-Unis la proue de l'ultralibéralisme occidental…mais entre une civilisation plusieurs fois millénaires qui a faim de tout et une société « parasite » obése qui ne survit que par le profit de ses chantages, le match risque de devenir guerre et pire…
De Lisa SION
Maison d'Hôtes dans le centre pile. | 11H37 | 21/02/2008 |
Bonjour,
En somme, on va avoir droit à une nouvelle guerre froide, mais dans un tout autre contexte.
En effet, si l'occident avait dû produire ce que le marché chinois va être appelé à consommer… Malheureusement, nous avons choisi le contraire . Quel mauvaix choix !
Par contre, tous les savants géo-trouve-tout qui ont continué à inventer des alternatives qui faisaient rigoler nos Etats avec leurs choix de géants, trouveront leur avenir radieux dans ces pays émergeants.
Quelle belle revanche !
De compte supprimé 22 janvier
09H44 | 22/02/2008 |
Comme quoi l'ultralibéralisme a ses limites.
De le_xav
12H44 | 22/02/2008 |
Si on peut reprocher aux Etats-Unis leur protectionnisme face aux investissements étrangers, il me semble que dans ce cas bien précis le refus peut être entendu pour raison stratégique.
Comme précisé dans l'article, TippingPoint édite des solutions de sécurité destinées entre autres à l'administration américaine.
Je me permets parallèlement de féliciter l'Etat français, qui à contre courant des EU a décidé (il y a déjà quelques temps) de sécuriser ses solutions en faisant développer une solution à base de logiciels libres et dont le niveau de certification pour la sécurité est le plus haut existant. (Il me semble même que c'est Mandriva qui en est en charge, à vérifier)
De jbuchler.blog.lemonde.fr
12H56 | 22/02/2008 |
Voilà une nouvelle qui ne va pas rassurer mister Greenspan : )