
Le Tibet révèle l'impasse entre Chine et Occident
A quatre mois des JO, cette crise met en évidence un malaise aux racines bien plus profondes. Decryptage.

Les Jeux de Pékin devaient marquer le retour de la Chine au centre du monde, le moment symbolique de sa reconnaissance comme grande puissance en devenir. Le rendez-vous du mois d'août a toutes les chances d'être une occasion ratée, le point culminant de tous les malentendus entre la Chine et le monde occidental. Décryptage d'une impasse.
Info et intox
Plus de deux semaines après les violents incidents de Lhassa, le 14 mars, c'est version contre version, préjugé contre préjugé. Pour l'immense majorité des Chinois, ce sont eux, les Han (ethnie dominante en Chine), les victimes des émeutes survenues dans la capitale tibétaine. Alors que si on faisait un sondage dans les pays occidentaux, il ne fait aucun doute que les Tibétains seraient présentés comme les victimes d'une sauvage répression chinoise.
Paradoxalement, il ne s'agit pas que de manipulation. Mais aussi de perceptions. Les Chinois ont factuellement raison : les premières victimes ont été des Han lynchés dans la rue par la foule tibétaine en révolte, ou, brûlés vifs comme les cinq employés (quatre Han, une Tibétaine) du magasin Yishion de Lhassa, devenus des martyrs pleurés par toute la Chine. Cette dimension n'a pas été immédiatement perceptible dans les informations diffusées par les médias occidentaux (Rue89 en a parlé dès le 16 mars, grâce au témoignage d'un touriste français qui a, parmi les premiers, parlé de » lynchages » dont il avait été le témoin).
La raison : il n'y avait alors qu'un seul journaliste étranger sur place, James Miles, de The Economist, et les correspondants qui ont voulu s'y rendre en ont été empêchés. Reste que, pour avoir privilégié les informations sans confirmation sur la répression terrible des protestations tibétaines, les médias occidentaux, CNN en tête, font l'objet d'une violente campagne hostile en Chine (voir le site » anti-CNN.com). D'autres sont montrés du doigt pour avoir utilisé les images de matraquages de moines au… Népal voisin, pour illustrer la répression au Tibet, restée sans images !
Deux semaines après, on ne sait toujours pas si le bilan de ces événements est bien de 19 morts, majoritairement Han, comme l'affirme Pékin, ou de 140, comme l'affirme le gouvernement tibétain en exil. Des photos de corps de Tibétains tués par balles circulent sur Internet, semble-t-il tués dans les provinces avoisinantes comme le Sichuan, le Gansu ou le plateau du Qinghai, mais pas à Lhassa.
Deux semaines après, personne n'est encore en mesure d'enquêter librement sur place : les journalistes étrangers emmenés cette semaine au Tibet étaient soigneusement encadrés par les autorités, tout comme les diplomates, dans un voyage séparé. Le mal est donc fait : les Chinois, certes exposés à peu d'informations contradictoires, s'estiment les victimes et ne comprennent pas que le reste du monde ne le reconnaisse pas…
Dans un syndrome colonial classique, ils s'arrêtent à la violence commise par les » colonisés » et ne la comprennent pas » alors qu'on leur a tout donné » .. Le reste du monde, lui, surtout en Occident, considère comme acquis que les Tibétains sont opprimés et se sont révoltés, et que la Chine a réprimé violemment leurs protestations. Ce fossé-là mettra du temps à se combler.
le rapport de force a changé
Au moment de la répression dans le sang du » Printemps de Pékin » , place Tiananmen, en 1989, la Chine pouvait être montrée du doigt par le reste du monde, elle ne pesait pas lourd. Aujourd'hui, le rapport de force a changé.
Cette équation différente explique l'embarras colossal des dirigeants occidentaux, qui se trouvent en porte-à-faux avec leurs opinions publiques, sensibles à la personnalité du dalaï lama, au message bouddhiste et à leur perception de la répression sanglante de Lhassa, qui se rapproche dans les esprits de celle de Rangoon. A l'époque, on avait vu Nicolas Sarkozy recevoir à l'Elysée le chef du gouvernement birman en exil et Bernard Kouchner prendre des airs tragiques pour évoquer le martyr des moines birmans.
Aujourd'hui, le même Bernard Kouchner reconnait que le poids des relations économiques avec la Chine (nucléaire, Airbus, TGV…) pèse sur les choix du gouvernement. Il faut y ajouter que la Chine est devenue incontournable sur les grands dossiers diplomatiques de l'heure, Darfour, Iran, Corée du nord… Le New York Times faisait observer samedi que lorsque George Bush a téléphoné à Hu Jintao pour lui faire part de sa » préoccupation » (ah le langage diplomatique ! …) sur le Tibet, il en a profité pour lui parler aussi du nucléaire nord-coréen.
Mais surtout, ce qui est sous-estimé en Europe, c'est à quel point l'état d'esprit chinois a changé : les dirigeants, mais aussi l'élite urbaine, ne sont plus d'humeur à se laisser donner des leçons par un Occident largement dévalorisé à leurs yeux. Dès lors que Nicolas sarkozy a un peu haussé le ton sur le Tibet, pour répondre à l'attente de l'opinion, il s'est attiré une volée de bois vert à Pékin pour le remettre à sa place. Et ce sentiment est partagé par l'élite chinoise qui, si elle apprécie de faire du tourisme à Paris et de faire ses courses chez Louis Vuitton, a acquis un sentiment de supériorité aussi fort que la croissance économique de son pays comparée à la nôtre…
Ce rapport de force est la principale différence avec la période de Tiananmen. Elle explique que les 27 ministres des Affaires étrangères européens qui se sont réunis ce weekend en Slovénie n'ont … rien décidé ! Pas un mot sur un éventuel boycottage de la cérémonie d'ouverture (relevons quand même que ce sont les anciens pays communistes, Pologne et Republique tchèque, qui ont pris l'initiative et ont annoncé qu'ils n'iraient pas à la cérémonie), mais un voeux pieux de » dialogue constructif » entre la Chine et le dalaï lama. En priant secrètement pour que tout rentre dans l'ordre d'ici au mois d'août et que les opinions auront » oublié » .

L'illusion de l'influence
Avec le plus grand sérieux, les responsables français expliquent qu'ils ont offert leurs bons offices pour servir de médiateurs entre Pékin et le dalaï lama, exilé à Dharramsala. Il faut espérer qu'ils ne se font pas d'illusions, sinon leur réveil sera douloureux.
Deux mille ans d'histoire des relations sino-tibétaines sont là pour attester que la Chine n'acceptera pas que le reste du monde se mêle de cette affaire. La campagne menée par Pékin contre le dalaï lama, avec des accents dignes de la Révolution culturelle, ne laisse pas beaucoup d'espace au » dialogue » que les Européens appelaient de leurs voeux samedi. Et on voit mal ce qui, d'ici au 8 août, ferait changer d'avis des dirigeants chinois qui ont diabolisé le leader tibétain au-delà du raisonnable.
De fait, le scénario qui se déroule est la répétition de ce qui s'est produit avec le panchen lama, le deuxième personnage de la hiérarchie du bouddhisme tibétain. Lorsque le dalaï lama a désigné un jeune Tibétain comme » réincarnation » du précédent dalaï lama, en 1995, cet enfant de 6 ans a été kidnappé par les autorités chinoises qui ont fait sélectionner un autre jeune. Ce dernier est aujourd'hui entre les mains du pouvoir chinois et il a sévèrement condamné les événements du 14 mars, tandis que plus personne n'a plus jamais entendu parler de l'autre enfant.
La Chine espère renouveler l'exercice à la disparition de l'actuel dalaï lama, en manipulant le processus traditionnel de » réincarnation » . Le Parti communiste, le plus sérieusement du monde, a interdit de proclamer un » bouddha vivant » sans son accord !
La toîle de fond de cette crise est que la Chine, communiste ou impériale, ne renoncera pas au territoire tibétain. Et elle ne tolèrera pas le retour du dalaï lama qui serait alors le seul » contre pouvoir » à l'intérieur d'un pays qui n'en compte aujourd'hui aucun.
Le seul problème est que le dalaï lama est un leader autant politique que religieux, et qu'il est, de ce fait, un redoutable adversaire, qui a su tisser des réseaux de soutien puissants à travers le monde. Sa venue à Nantes, cet été, rassemblera ainsi des milliers de personnes. Appeler au dialogue comme le font les Occidentaux relève donc largement du déclamatoire.
Que feront les dirigeants occidentaux quand ils trouveront porte close à ce » dialogue » ? Fort prudemment, ils ne disent rien de leurs intentions car, vraisemblablement, ils n'en savent rien eux-mêmes. A travers cette crise, c'est tout l'équilibre des relations à venir entre la Chine et les autres puissances mondiales qui se joue, c'est la tonalité de ce » XXI° siècle chinois » qui se dessine.
Et maintenant ?
Les événements des dernières semaines étaient assurément prévisibles. Tout remonte à la faute originelle qu'a représentée cette décision du Comité international olympique, en 2001, d'attribuer les JO à la Chine sans autre contrepartie, attiré par le potentiel fabuleux de sponsoring. Accordons à certains le bénéfice du doute : probablement espéraient-ils que les Jeux pousseraient la Chine à plus d'ouverture…
La société chinoise a assurément changé ces dix dernières années, mais ce n'est pas sous la pression des JO : l'urbanisation, l'enrichissement d'une partie de la population, la circulation plus grande d'information et de population ont eu leur effet. Les Chinois n'avaient rien promis de concret, et personne ne s'est préoccupé de cette question pendant des années : le réveil est douloureux. La complaisance d'alors se paye aujourd'hui au prix fort.
La Chine doit assurer le triomphe de ses JO, c'est la fierté du régime qui est en jeu. Que les Occidentaux gâchent la fête (le reste du monde viendra, devenu » client » de la Chine comme l'Afrique, ou par réaction hostile à un Occident jugé trop arrogant), et ce sera une déferlante nationaliste sur une population déjà passablement chauffée à blanc par les événements du Tibet.
Comment faire passer le message à la population chinoise du décalage perçu à l'extérieur entre la nature du système chinois -et pas seulement au Tibet- et l' » esprit olympique » ? C'est tout l'enjeu pour les organisations de défense des droits de l'homme et la société civile mobilisées autour de cette question (voir ici le discours de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen). Ce devrait être aussi celui des gouvernements qui ne veulent pas remettre en cause leurs relations, devenues trop importantes, avec la puissance chinoise, mais qui ne pourront pas faire comme si de rien n'était le 8 août.
La vision de Nicolas Sarkozy, George Bush et quelques autres dirigeants, assistant sans broncher au spectacle kitschissime que nous prépare le cinéaste Zhang Yimou (privé de Steven Spielberg) pour la cérémonie d'ouverture, risque d'être dur pour leur image. Il leur reste un peu plus de quatre mois pour sortir de l'impasse.
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189
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De San De
22H51 | 30/03/2008 |
Un Etat socialiste et nationaliste… bizarre ça…
Les Chinois ont depuis quelques années développé un endoctrinement nationaliste sur la base de l'injustice du traité de Ver… enfin, des traités négaux. Pourtant, combien ont vécu cette époque ?
Attention, à la classe politique actuelle, la soif de l'or fini toujours par une syrose… pour l'instant, l'occident est en coma ethilique.
Il parait que l'on ne doit pas mettre de « morale » en politique, et qu'il ne faut jamais juger un autre pays. Mais, si on ne met pas de morales ou de valeurs en politique, la « politique » ne serai plus qu'une vulgaire place du marché. Chers amis, quand vous achetez une salade, vous faites de la politique ! Quand vous vendez une voiture d'occasion, vous faites de la politique, E Bay, c'est plus politique que l'ONU ! ! !
La politique n'est donc plus un dialogue entre pays, entre cultures, entre civilisations. Tout le monde est pareil, un pays comme la Suede ou la Norvege, est aussi respectable que la Corée du nord ou la … On met sur le même pied l'égalité le Danemark et l'Iran… on respecte plus la Russie que le Canada…
Je propose que l'on suprime dans le code penal les délits tels que « association de malfaiteurs » ou de « non assistance en personne en danger ». Après la realpolitik, il faut créer la « realsociety ». Quand je vois des gens se faire agresser par plus fort, je ne regarde pas et j'attend que ça finisse pour feliciter les agresseurs… etc etc
On ne veut pas donner de leçons de morales aux autres ? Alors on arrete de soutenir les pouvoirs en place quand une revolte populaire veut renverser une dictature. On évite d'offrir un soutien culturel, policier ou militaire. On est pas obligé d'être ami avec tout le monde, on choisi soigneusement ses amis.
Les politiciens et fonctionnaires d'aujourd'hui, nous parlent le monde comme d'une voie à sens unique. Les seules solutions qui n'aboutissent pas sur des catastrophes, c'est ce qu'ils font à les entendre.
De les verts 11eme
23H00 | 30/03/2008 |
Le PS parisien a refusé de boycotter le passage de la flamme olympique à Paris en décembre 2007. Le PS parisien s'est couché devant la Chine. Le PS parisien ne fait que de belles déclarations et quand il faut passer aux actes, il se dégonfle. Pour le vérifier prenez le temps de visionner cette vidéo :
http://www.dailymotion.com/bookmarks/LPAPARIS/video/x4ux90_flamme-olympi…
à les verts 11eme
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 00H54 | 31/03/2008 |
Allez les verts, allez les verts…
Signé : Un Stéphanois du PS-g
De Damien
23H37 | 30/03/2008 |
M. Haski, quand un argumentaire commence par « pour l'immense majorité des chinois etc… » j'ai tout de suite des doutes. Sur quoi vous fondez vous ? Qui peut dire ce que pensent les chinois alors qu'il n'y a jamais d'élections ni de sondages dans ce pays ?
C'est un enjeu stratégique pour le gouvernement chinois de faire croire qu'il a tout le peuple uni derrière lui. Et il le fait croire d'autant plus que visiblement il commence à sentir ce peuple lui filer entre les doigts. Et il le fait à grand renfort d'arguments sur la « culture chinoise » qui serait si différente de la « culture occidentale ». Et il est relayé chez nous par certains qui hypostasient cette différence culturelle. Témoin cette interview récente de François Jullien sur les événements du Tibet et déclarant que « pour la Chine, les droits de l'homme est un concept purement occidental. On ne trouve pas dans la culture chinoise le développement d'une telle notion ». Or, si je reprend le livre « Chemin faisant » de ce même Jullien, j'y trouve p131 que la notion non chinoise des droits de l'homme est effectivement passée en Chine. En bref, il n'y a rien à faire. Et votre article a aussi ce ton (impasse, malentendu)
J'étais en Chine il y a dix mois et lorsque l'on demande (il faut pour cela parler chinois) aux gens que l'on rencontre de passage « c'est comment la vie en Chine ? » il y en a qui se disent content mais il y en a aussi qui expriment clairement une insatisfaction. Je n'aime pas le président chinois m'a dit ce chauffeur de taxi, je ne gagne pas assez m'a dit cet ouvrier, je commence à avoir des problèmes de santé et les soins coûtent trop cher m'a dit cette villageoise rencontrée dans un train, la Chine n'a pas le rayonnement culturel qu'elle devrait avoir car il n'y a pas la démocratie chez nous m'a dit cette comptable d'entreprise de Yichang. Bref, derrière la grosse batterie fanfare du discours officiel, et bien relayée par la population aisée de la partie est de la Chine et des grandes villes, si l'on tend bien l'oreille on peut entendre derrière une petite musique différente exprimée par le peuple chinois. Vous qui avez voyagé lors de votre séjour en Chine, vous l'avez certainement entendue.
Par ailleurs, je discute beaucoup en ce moment sur le Tibet avec les étudiants chinois qui sont en France. Là encore je constate que si certains relaient l'information du gouvernement chinois, d'autres ne se livrent pas à l'affrontement que vous le décrivez.
« Le gouvernement est un peu trop sévère à tibet, si il y avait un peu de souplesse, peut etre on en serai pas à cette situation déplorable telle qu'aujourd'hui » me dit celui-ci. « On espère toujours que le dialogue pourrait aboutir à un résultat satisfaisant pour toute les deux parties malgré des efforts qui s'étaient écoulés depuis des années et des années et qui apparemment n'ont pas garantie une vie de paix aux tibétains. » me dit tel autre. « Le gouvernement doit accepter de dialoguer tout de suite avec le Dalaï Lama et on doit pouvoir aller voir librement ce qui se passe au Tibet » me dit encore celle-ci.
Contre cette tendance défaitiste, et pour sortir de l'impasse, je fais largement confiance, en dépit du matraquage (sens propre et figuré), à l'esprit d'ouverture et de résistance du peuple chinois.
à Damien
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 00H01 | 31/03/2008 |
Merci de votre commentaire. Je ne crois pas être sur la même longueur d'onde que François Jullien… Et je ne suis certainement pas d'accord avec cette idée que les droits de l'homme ou la démocratie seraient étrangers à la culture chinoise. Je suis plus convaincu par le livre de JP Beja « à la recherche d'une ombre chinoise » qui fait l'historique d'un siècle de lutte en Chine pour la démocratie.
Cette formule « la majorité des Chinois » est évidemment suspecte, je l'admets, dans un pays où les sondages n'existent pas (elle l'est déjà dans ceux où elle existe ! ). Mais si je partage votre jugement sur la distance croissante entre la population et le discours officiel, je crains que sur une question comme celle du Tibet, perçue à la fois de manière ethnique (la supériorité Han) et nationale (l'intégrité des frontières chinoises), le discours officiel soit totalement entendu. Il y a évidemment une dimension de manipulation, mais c'est aussi le fruit d'une éducation qui ne prépare absolument pas à remettre en question ces sujets-là. L'information est assurément le nerf de la guerre, et le gouvernement a très habilement géré cette dimension dans cette crise.
à Pierre Haski
De cywd
21H01 | 01/04/2008 |
---c'est aussi le fruit d'une éducation qui ne prépare absolument pas à remettre en question ces sujets-là.---
Je peux vous dire que c'est exactement ce genre de réflexions qui creuse le fossé entre les jeunes chinois souvent bien éduqués voir surdiplômés à l'étranger et l'opinion dite « internationale'. Si vous traitez des gens comme subhumains incapables d'avoir un regard critique, qu'attendez-vous du respect de vos doctrines ? En France, la plupart des intellos juifs affichent un soutien inconditionnel à l'Israël. Pourrais-je dire, comme vous, que leur éducation ne les prépare absulument pas de remettre en question ces sujets-là ?
à Damien
De l écrevisse
09H00 | 31/03/2008 |
Juste Damien, Mais a tu essayer de leurs poser la question, « et par rapport à il y a vingt ans ? dix ans ? » tu verras, là ils te répondrons unanime « bi ershi(shi) nian qian yao hao de duo ! “(c'est beaucoup mieux qu'il y a vingt(dix) ans ! ), essaye de poser la même question en Europe (en Wallonie, ma terre natale, en tout cas)peu de gents te dirons qu'ils préfèrent l'ambiance qui règne aujourd'hui…
évidement les conditions de vie sont toujours (bien) meilleur en France mais ce qu'il faut comparer c'est les évolution respective et non un état des chose ou la donnée historique n'interviens pas.
à Damien
De V comme vendetta
Ecrivain | 09H03 | 31/03/2008 |
Le petit texte de François Jullien sur les Droits de l'Homme et les évenements Tibétains a été repris par Nonfiction (http://www.nonfiction.fr/article-837-une_pensee_pour_les_droits_de_lhomm…)
à Damien
De Aargh
du Vaucluse | 10H59 | 31/03/2008 |
concernant ce qu'affirme Jullien, il y a au moins un détracteur bien informé, un sinologue suisse nommé Billeter qui a écrit « contre François Jullien », malheureusement pas suffisamment argumenté pour que Jullien ne puisse l'ignorer par une pirouette ('cet auteur ne m'a pas lu'), mais suffisamment pour commencer à douter des interprétations de Jullien sur le Taoisme, sur le rapport des chinois à leurs dirigeants
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H30 | 31/03/2008 |
Aux infos j'ai vu la manifestation lors de la remise de la flamme olympique aux chinois.
Il n'y avait qu'une vingtaine de manifestants, vu que les grecs avaient sérieusement renforcé leur service d'ordre, mais ils me semblaient représenter le manque de sérieux que nous (l'occident) montrons aux chinois.
Mais qui sommes nous pour leur faire la leçon.
Notre porte drapeau, les USA, est en train de comploter à mort avec Uribé pour asservir l'Amérique du Sud et je ne parle pas de l'usage qu'ils font d'Ingrid Bettancourt. Il ont mis le feu au proche orient avec leur guerre d'Irak non justifiée ni justifiable. Ils ont crée Ben Laden pour qu'il agisse à leur place dans leur jeu d'échec idiot.
Le proche orient de l'Egypte à la syrie en passant par l'Iran, Israël, La Palestine, La Jordanie…leur doit une grande partie de leurs malheurs.
Bien sûr que les médias nous désinforment soit par bètise, soit sur ordre, soit par intérêt financier (Je pense aux photographes qui payaient des jeunes des Minguettes pour mettre le feu aux voitures « le choc des photos ! ).
La démocratie ne s'impose pas à un peuple, c'est le peuple qui se la construit. Le peuple chinois, a sa façon, un peu autoritaire certe, est en train de se la construire.
Le problème tibétain date de Mao et si le Dalaï Lama n'avait pas les mains liées par une petite partie de la population ce problème serait certainement résolu depuis longtemps.
Que je sache le peuple chinois n'est pas un peuple guerrier mais ils sont fiers et de voir les “ventilateurs” qui s'agitent en ne sachant où aller les énerve un peu.
De captroy
00H59 | 31/03/2008 |
Une option avait été envisagée à un moment donné compte tenu des difficultés politiques initiées par le choix du pays organisateur :
Un seul pays est capable de recueillir l'ensemble des voix des pays votants avec des équipements à construire puis à ameliorer si nécessaire permettant une bon déroulement des jeux sur les sites historiques de la Grèce.
Le CIO à manqué une occasion, choisissant un pays pour des raisons purement politiques, et ce sont aujourd'hui des raisons politiques qui font la polémique et tel un boomerang leur revient en pleine figure.
Nous allons avoir les mêmes problèmes pour les jeux d'hiver en Russie, les gens vont manifester pour l'Ukraine, pour le prix du gaz, pour la Tchechenie, pour la confiscation du pouvoir par Poutine ; alors pourquoi pas la Suisse a titre permanent ?
à captroy
De l écrevisse
17H57 | 31/03/2008 |
Oui en effet, le pays qui s'enrichit grâce à l'argent de toute les pire crapules de l'humanité vaut bien mieux que celui qui fait sortir un quart de l'humanité de la pauvreté en cinquante ans.
Votre morale ne vois jamais que la façade, les mafieux sont propre, polis et bien habillé ça ne les empêchent pas d'être de belles ordures.
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 02H15 | 31/03/2008 |
Bonjour à tous
@PH à propos de J.-P. Béja, l'excellent texte dans « La pensée en Chine aujourd'hui » (folio essais 486) intitulé « Liu Xiaobo : le retour de la morale'.
@Servais Jean… Votre tour d'horizon géopolitique est évidemment aussi juste qu'effrayant et les Chinois n'hésitent pas à s'en servir pour dénoncer l'arrogance des étrangers. Quelques bémols cependant… A l'impérialisme américain (ou encore Disneyland fasciste selon Jim Harrison/Jim Crumley) on peut encore voir les réponses d'un Michael Moore (par exemple) ; en France, l'imposture présidentielle peut être critiquée dans rue89 ou ailleurs ; etc. En Chine, Tang Wei et Ang Lee sont persona non grata suite à “Lust, caution'… C'est cet énorme différentiel qui construit le fossé dans lequel nous nous jetons par des propos radicaux qui ne font qu'obtenir le contraire de l'effet recherché : convaincre la population civile chinoise qu'elle est manipulée. Lorsque j'ai transmis l'article de rue89 concernant la censure qui frappe l'actrice et le réalisateur à mes étudiants, les réponses ont été très rapides- en substance : ‘J'ai vu Tang Wei dans telle ou telle pub sur Internet, donc l'article ment…’ Je parle ici d'étudiants d'environ 25 ans en Masters et PHD de langue étrangère, je vous laisse imaginer le décalage entre eux et leurs parents ou cousins des provinces…
Pour ce qui concerne le Tibet. Jeudi dernier, c'est une collègue chinoise proche de la retraite qui a ouvert la discussion dans le car qui nous ramenait de l'université. Au Parti depuis toujours, désillusionnée depuis longtemps, écoeurée par la corruption, notamment du système éducatif, elle se déclarait profondément choquée par le shoot'em up de la presse occidentale à l'encontre de Beijing… Parfaitement trilingue, nombreux voyages à l'étranger, prof honnête et compétente, son discours est celui de la désinformation de la presse officielle : la clique du Dalaï Lama, etc. J'y suis allé sur des oeufs mais j'ai quand même évoqué, par exemple, l'enlèvement du Panchem Lama, ce que personne ici ne sait… J'ai aussi parlé de la nécessité des J.O. pour mettre les choses à plat (nécessaire utopie). ‘Au moment de jouer avec le monde, la Chine ne peut pas ignorer les règles du monde ; au moment de jouer avec la Chine, le monde ne peut pas ignorer les règles de la Chine.’ Ça, ça passe… Plus, c'est le fossé. Dans un pays et une culture ou un mot tel que ‘dissident’ n'existe pas et est traduit par ‘traitre’, ou le confucianisme millénaire récupéré par le Parti place l'unité nationale avant TOUT (alors que les Tibétains refusent cette prééminence lui préférant leur spiritualité), la presse française et occidentale est totalement discréditée pour son ‘esprit critique’ qui ici n'est pas culturellement acceptable - le concept n'existe même pas. Les propos radicaux et quelque peu oublieux des exactions perpétrées chaque jour dans le monde au nom de la démocratie sont perçus comme une agression caractérisée, une ingérence. Il faut savoir ce que l'on veut, exactement ! A de rares exceptions, si les étudiants regrettent les émeutes de Lhassa, c'est à cause de l'image désastreuse que cela donne de leur pays (et donc d'eux-mêmes ! ), pas par compréhension de la cause tibétaine… Quant à boycotter les J.O., de nombreux commentaires disent à quel point cela serait contre-productif. Et même Cohn Bendit va trop loin ! ‘Aller foutre le bordel’, c'est ni plus ni moins perçu comme un propos de hooligan ! Si je suis d'accord avec Pierre Haski sur la distance que peut prendre la classe moyenne par rapport à ses dirigeants, je crains qu'il ne faille limiter cette distance au sacro-saint pragmatisme relatif à l'argent, au droit à la propriété et à l'environnement (comme on l'a vu avec les récentes manifs de Shanghai). Pour ce qui de l'unité nationale et de la politique étrangère, nous sommes encore très loin du compte ! C'est pourquoi il est essentiel de profiter de Beijing 2008 et Shanghai 2010 pour entrer en contact avec la population civile et communiquer de manière appropriée, c'est à dire en tenant compte de la réalité historique et sociologique de la population. Pour 1 Liu Xiaobo, 1 300 000 000 de Wang, Li, Wei, Zhang dont au moins un des grands-parents est mort de faim et à qui le Parti aujourd'hui apporte une télévision totalement décérébrée et manipulée… Et, encore une fois, la distinction n'est pas faite ici entre le gouvernement et la population ! A l'heure où des gens, Hans et Tibétains, sont lynchés, il est bien sûr difficile de prôner une modération toute pédagogique. Je crois pourtant que tout autre approche est non seulement vouée à l'échec mais favorise ce qui semble être le projet de Beijing : discréditer le Dalaï Lam au Tibet même, pour avoir enfin une rébellion armée à mater et définitivement anéantir l'identité tibétaine.
à GanLanShu
De batila
entrepreneur international | 02H34 | 31/03/2008 |
Comment pensez vous que les autorités chinoises réagiront lorsque des sportifs occidentaux vont relancer le débat sur le Tibet ou les droit de l'homme ?
Pensez vous que cela puisse causer une crise diplomatique ? Ou pire ? …
Est-ce qu'on peut imaginer un athlète occidental faire de la prison s'il est trop virulent dans ses propos ou gestes défavorables à la chine ?
Merci pour votre post très instructif.
à batila
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 05H36 | 31/03/2008 |
Pardonnez-moi la facilité de ma réponse mais tout est possible… Si un athlète pète les plombs en solo lors d'une virée nocturne, pourquoi pas la prison ? Provisoirement, bien sûr ! Auquel cas après l'avoir sorti, sa délégation le tancera vertement et le mettra dans l'avion en signe de discrédit. Ce serait un cas isolé… Pour ce qui concerne quelque chose de plus médiatique du genre Mexico 68 et le gant noir des black panthers levé droit au-dessus de Tian an men, cela signifierait purement et simplement rappel d'ambassadeur et exclusion de la délégation… Mais, encore une fois, il faut savoir ce qu'on fait, ce qu'on veut ! Les J.O. ont été attribués à Beijing. Pour les Chinois, la population chinoise, c'est l'accession au monde… Y aller pour leur dire « Bande de nazes, on va vous expliquer ce qu'il faut faire au Tibet… » ne fera qu'épaissir un peu plus la grande muraille… Le dossier est pourri des deux côtés. Je me méfie de mon côté Cassandre mais je ne vois pas ces J.O. se terminer au grand complet… D'un côté, l'Occident a à coeur de soigner sa bonne conscience ; de l'autre, la Chine tient à son image (je dis bien image ! ) de société en voie de modernisation qui n'a de leçon à recevoir de personne… Ajoutons à cela ce qui a été dit dans de nombreux posts rappelant que les Tibétains sont bien légers comparés à des Airbus et des TGV et l'on comprendra aisément que la marge de manoeuvre est extrêmement faible… Pardon pour le jeu de mots mais les jeux sont faits ! La seule issue, me semble-t-il, mais il est vrai que c'est l'option lente, très lente, c'est la pénétration de la société civile…
à GanLanShu
De batila
entrepreneur international | 00H06 | 01/04/2008 |
Pardonnez ma gêne après vous avoir lu. Je vous trouve très sympathique, et sans doute pleine de bonne volonté. Peut-être vous considérez-vous comme ouverte sur le monde…
Nous nous rejoignons sur une vision commune, puisque je ne vois pas non plus ces jeux se terminer au grand complet.
Et je vous ai posé ces questions hier, pour vérifier mon intuition, n'étant pas moi-même sur place.
Si une partie de l'occident réagit sur le Tibet par bonne conscience, soit. Je crois que beaucoup d'autres le font car ils sont persuadés que le Tibet n'est pas libre. Ils projettent le souvenir du droit des peuples à disposer d'eux mêmes sur une situation qui ressemble beaucoup à celle d'une province clairement dépendante mais ayant des velléïtés d'autonomie, voire d'indépendance si les condition d'une véritable autonomie ne sont pas réunies.
Mais je pense que réduire les problèmes de la Chine au simple cas du Tibet (dans un pays qui éxécute plus de mille citoyen par an, 100 morts, ce n'est pas grand chose) témoigne d'une certaine naïveté, au mieux, ou bien d'une hypcrisie maitrisée. Qui ne voit pas les problèmes de l'écologie (des centaine de milliers de paysans empoisonnés récemment par des produit chimique) ? De l'emploi (on parle beaucoup moins des paysans sans terre et des millions de Chinois sans emploi que du simple et si solitaire chiffre de la croissance) ? Et surtout des droits sociaux(marche ou crève me paraît plus adapté que droit sociaux, d'ailleurs, mais pas le temps de corriger) ? Mais aussi du droit des étrangers (si on appliquait à la lettre la réciprocité des lois sur notre sol, beaucoup de chinois vivant en france seraient surpris) ? ? ? etc…
Je pense que l'on n'a pas assez parlé du problème du droit du travail des pays comme la Chine, avant d » imposer la libre circulation des marchandises en provenance de ces pays.
Je pense que le droit du travail a un coùt qui ne me paraît pouvoir être compensé que par des taxes excessive.
D'avance, oui mon ordi est chinois, et il m'arrive de porter des vêtements chinois (de + en +) mais je préfère mille fois un bon futale made in france qu'un pantalon made in china qui ne dure qu'une saison. Pareil pour ma machine à café italienne.
Il n'y a guère que mon chat qui est siamois…
à GanLanShu
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 04H59 | 31/03/2008 |
GanLanShu (Prof à Shanghai)
Merci pour vos précisions.
Ce que j'ai oublié de dire c'est que le problème du Tibet me semble, vu d'ici, comme un os à ronger pour détourner l'attention des occidentaux de ce qui les concerne directement et où ils auraient des possibilités d'action comme l'Iran, le Proche Orient, l'Afghanistan, La Colombie et j'en passe.
Non pas que le Tibet ne soit pas important mais il me semble que les cas cités ci-dessus sont infiniment plus capables de destabiliser le monde.
D'où la mise en vedette du Tibet qui détourne l'attention.
Profiter des jeux olympiques pour dénoncer ce qui se passe en Chine et ce qui se passe au Tibet me semble avoir une relation de cause à effet. Pas de JO pas de Tibet. Un peu radical mais certainement pas trés loin de la réalité.
Si les JO n'avaient pas lieu en Chine, ici personne n'en parlerait et le Dalaï Lama aurait sa capacité de discution avec les autorités chinoises.
à Servais-Jean
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 05H54 | 31/03/2008 |
Je ne saisis pas l'os à ronger… Ce sont les Tibétains qui ont déclenché ces émeutes… Les jeunes Tibétains qui ne croient plus, comme l'a dit Pierre Haski, à la diplomatie du Dalaï Lama ne sont pas fous ! Autant les musulmans du Xinjiang n'ont aucune chance dans le contexte international d'emporter l'adhésion de l'Occident, autant les jeunes Tibétains entendent bien profiter de la couverture médiatique des J.O. pour se faire entendre. Je suis d'accord avec vous pour dire que sans ces J.O., il ne se serait rien passé à Lhassa. L'erreur de casting remonte à 2001. La Chine n'était pas et n'est pas prête à une telle confrontation internationale. Maintenant que c'est fait, il faut assumer… Du moins, vu d'ici, à Shanghai qui n'est ni le Tibet, ni Beijing, cela semble la seule chose à faire, tout en exprimant son désaccord de manière compréhensible pour la culture chinoise. Si l'on comprend que le pays, la nation, sont l'équivalent de la famille, est-ce qu'après avoir accepté une invitation à dîner chez des gens on se lèverait de table en crachant dans son bol de soupe et en réclamant la libération d'un dissident du régime ?
à GanLanShu
De Aargh
du Vaucluse | 10H34 | 31/03/2008 |
Merci pour votre éclairage sur l'appréhension des choses du point de vue de la rue chinoise. Comme vous je suis sceptique sur la possibilité d'utiliser les jeux de manière à populariser la cause tibétaine en chine. Non seulement à cause des différentes formes de censure, mais surtout parce que les catégories mentales de la population et son attachement nationaliste ne lui offrent aucune autre possibilité de penser la réalité dans un cadre différent de celui posé par la propagande du régime.
Dans ces conditions, je ne vois pas comment exprimer « son désaccord de manière compréhensible pour la culture chinoise ». Prendre des gants à l'infini, faire comme si le régime chinois ne menait pas une politique colonialiste et employait des moyens dignes du fascime, n'est-ce pas s'en rendre complice ? comme en appelant à la « retenue », ce qui sous-entend éventuellement d'en finir le plus vite possible et sans faire de vagues pour qu'on puisse passer à autre chose ?
Inversement, je ne sais pas non plus ce qu'on gagne à « foutre le bordel'.
On est vraiment dans une impasse. Mais faut-il se taire ou pire, s'étonner du bruit qu'on fait autour des tibétains, alors qu'il y a le proche-orient ou l'irak dont on ne parle presque jamais (si j'ai cru comprendre certains).
En fait, on se tait depuis 50 ans sur une oppression continue à laquelle un peuple a opposé une résistance pacifique avec une ténacité admirable ! et aujourd'hui on vient leur reprocher de se laisser déborder par leur désespoir sans fond… on croît rêver franchement.
Mon opinion est que face à ce dilemme, nous devons rester fidèles à nos valeurs humanistes : ne perdons pas nos valeurs en nous soumettant au nouveau veau d'or.
Le régime chinois ne connaît que le rapport de force. La cause tibétaine est l'avant-poste derrière lequel se profilent d'autres formes de domination, à commencer sur les matières premières en afrique ou sur les emplois industriels. A mon avis, notre seul levier d'action à long terme (parce que une fois les JO finis …) est le boycott total des produits chinois.
à GanLanShu
De batila
entrepreneur international | 00H25 | 01/04/2008 |
« Si l'on comprend que le pays, la nation, sont l'équivalent de la famille, est-ce qu'après avoir accepté une invitation à dîner chez des gens on se lèverait de table en crachant dans son bol de soupe et en réclamant la libération d'un dissident du régime ? »
Il ne s'agit pas de cracher dans la soupe (d'ailleurs, de quelle soupe on parle ? )
Pour filer votre métaphore, je pense qu'il s'agit plutôt de ça :
Si un hôte maltraite son domestique, et qu'un convive le lui fait remarquer, est-ce qu'il est dans la culture chinoise de mettre à la porte le convive ?
Est-ce qu'il est dans la culture chinoise de se facher pour une remarque et de se sentir agresser quand on lui en fait part ?
Est-il dans la culture chinoise de répondre aux questions légitimes que l'on se pose ?
Parce qu'il y a quand même eu des conditions pour l'attribution des JO.
Que faire si elles ne sont pas respectées ?
J'aimerai avoir votre avis là-dessus.
à GanLanShu
De Caius
Expert en management | 14H54 | 31/03/2008 |
Ah, que cela fait du bien d'entendre enfin une vois venant de Chine, qui échappe au discours « langue de béton » officiel, et qui rappelle quelques vérités fondamentales.
A savoir que la culture, la mentalité chinoises ne sont pas celles des occidentaux, et qu'il convient d'en tenir compte pour avoir une qualconque possibilité d'aider la Chine à évoluer vers plus de démocratie. Que cette démocratie à venir ne sera sûrement pas une démocratie selon nos normes à nous, mais qu'elle reflètera, et c'est ce qui compte, les aspirations du peuple chinois.
Que la vrai message à faire passer - car il passe, apparemment ! - c'est que la Chine ne peut pas plus ignorer les règles (éthiques en l'occurrence) de l'Occident que l'Occident ne peut ignorer celles de la Chine.
Que l'Occident fasse preuve de fermeté sur le plan des droits de l'homme, si besoin est en jouant sur la carte de la coopération économique qui compte tant pour le pouvoir chinois, cela ne passera sûrement pas avec des positions à la Cohn-Bendit.
Mais cela passera peut-être si cette fermeté s'accompagne de respect pour la différence chinoise. La Chine n'a pas à se calquer sur nos schémas de démocratie, elle doit inventer sa propre voie vers une démocratie originale. Le message que nos dirigeants doivent parvenir à faire passer, c'est qu'une démocratie à la chinoise ne sera pas un ennemi pour le pouvoir en place, mais lui sera au contraire un soutien inestimable pour poursuivre le développement de ce grand pays.
De citizenblaise
05H51 | 31/03/2008 |
Bonjour,
L'analyse de Pierre Haski est très pertinente et le choix du mot impasse est très juste. Je travaille en Chine depuis plus d'un an et demi et je me rends de plus en plus compte de cette impasse.
Comme l'a dit plus haut Barsouk, je suis aussi très frappé de voir des chinois avec de très haut niveau d'étude défendre la Chine bec et ongle sans aucun argument derrière.
Les propos peuvent se retourner en éclair et devenir d'une extrême violence dès qu'il s'agit de l'image de la chine.
Ils faut dire que la propagande marche très bien, les média repasse en boucle les images des Han qui on perdu la vie à Lhassa, des moines qui pillent les magasins et si je n'avais pas accès à quelque rare média en français (ou en anglais, ce qui est de plus en plus rare) pour pouvoir m'informer j'en serai vite réduit à penser comme les chinois.
Et je ne suis ici que depuis 1 an et demi, alors pour les gens naît ici et n'ayant toujours qu'un seul son de cloche il est bien difficile de faire preuve ne serai ce que d'une once d'esprit critique vis-à-vis du régime chinois. D'un autre coté il y a certain grand média occidentaux qui méconnaissent la chine et ont été un peu vite en besogne ce qui a permis et aux médias chinois de pointer insidieusement les incompétentes des occidentaux alors que certaines analyses sont pourtant très juste.
Donner les JO à Pékin sans contrepartie était une grosse erreur et faisait preuve d'une certaine naïveté de la part des Occidentaux.
Les chinois avaient promis de s'ouvrir si ils avaient les jeux, maintenant ils les ont et ils sont fidèles à eux même. Le plus important est de sauver la face, peu importe qu'ils respectent ou non leur engagements de toute façon ils étaient restés très flou sur la définition même de »l'ouverture ».
L'indulgence Occidentale commence à se payer aujourd'hui, le réveil est brutal certes mais ce n'est que le début, et il n'y a qu'à voir ce qui arrive à Danone en ce moment en Chine pour avoir un avant goût de ce qui attends les Occidentaux dans les prochaines années.
Ce n'est pas un fossé qui sépare la Chine de l'occident mais belle et bien un gouffre.
à citizenblaise
De pene-r
08H54 | 31/03/2008 |
Donner les JO à Pékin sans contrepartie était une grosse erreur et faisait preuve d'une certaine naïveté de la part des Occidentaux.
Je crois qu'on est un peu idéaliste sur ce genre de propos.
Le CIO n'a pas donné les jeux à Pékin sans contre partie, il les lui a donné en échange d'une ouverture à un gigantesque marché pour ses sponsors (c'est d'ailleurs eux qui ont surement appuyé le plus la candidature de Pékin).
Sans contre partie « droit de l'hommiste » peut être mais ce n'est pas un sujet porteur, pour les décisionnaires à mon avis.
De julien krier
observateur en Chine | 07H15 | 31/03/2008 |
Boycottage ou non, la question n est plus trop d'actualite, les jeux auront bien lieux. Les precedents evenements n'ont fait que renforcer la confiance des dirigeants chinois. Les autres dirigeants eux, jouent la diplomatie « la retenue » et le cirage de pompes (comme l'a fait l ambassade de France en Chine, en publiant un communique qui felicitait le gouvernement chinois)…….Pardonnez mon langage, mais j'ai envie de vomir.
L'empire du milieu dirige le reste du monde,mais pour peu de temps. Il suffit simplement d'imaginer ce que represente une manifestation telle que les JO, et l'ampleur mediatique qu'elle genere, pour prendre conscience de ce qu'il risque de se passer.
Meme en exercant une censure etouffante sur les medias etrangers pendant les jeux (je rappelle que la retransmission en direct n existe pas en Chine), n'est-il pas inconcevable de croire qu'une telle oppression est realisable ? ? ? ?
Il faut etre optimiste quand a la suite des evenements.Les activistes et defenseurs de la liberte d'expression ne sont pas pres de declarer forfait.
Merci a rue89 et RSF.
Veuillez excuser l'absence d'accents, je tape avec un clavier chinois.
De lumiere333
07H30 | 31/03/2008 |
Je condamne la violence, en général, peu importe de quelle côté elle vienne, de certains Tibétains ou de l'armée chinoise.
Aucun média, chinois ou occidental, ne peut prétendre être à 100% objectif.
Ayant vécu à Beijing pendant un an en 2006/2007, je peux témoigner des efforts qui ont été entrepris par la population chinoise pour accueillir les JO et la motivation des habitants.
Ce que je trouve injuste ou inapproprié c'est que la façon dont certains médias occidentaux traitent les évènements au Tibet tend à condamner la population chinoise, or, je pense qu'il faut faire une distinction entre le gouvernement chinois et sa population. Boycotter les JO affectera beaucoup plus le peuple chinois que le gouvernement, et ne donnera aucun résultat constructif.
On peut s'offusquer des actes de violence des émeutiers tibétains comme de la répression des officiers chinois, on peut critiquer le gouvernement chinois sur les droits de l'homme, les libertés, etc. Mais on ne peut pas stigmatiser, juger et critiquer les Chinois, or j'ai l'impression qu'avec ce qui se passe, on a tendance à « diaboliser » non pas seulement le régime chinois mais aussi sa population, alors que tous n'adhèrent pas forcément au régime et qu'ils en sont plus victimes. En réponse à cela, les Chinois aussi critiquent les médias occidentaux et finalement, de la même façon, le peuple occidental en général.
Finalement, en réagissant ainsi, on ne fait qu'attiser la haine entre les peuples et entre les cultures et ceux qui se battent vraiment pour un monde plus juste et plus respectueux de l'humain devrait tenter de trouver des terrains d'entente plutôt que d'insister sur les obstacles à celle-ci, insister sur les similarités plutôt que sur les différences, et surtout ne pas juger une culture autre que la sienne avec sa propre vision des choses, sa propre grille de lecture.
J'assume complètement le fait d'être idéaliste ou naïve mais c'est en croyant à nos rêves que l'on peut changer le monde petit à petit…
à lumiere333
De Aargh
du Vaucluse | 11H23 | 31/03/2008 |
D'accord avec vous pour ne pas stigmatiser les chinois dans leur ensemble, c'est idiot.
Mais dire, il y a la version chinoise et la version occidentale, c'est un peu comme dire, il y a des affirmations pour dire que la terre est ronde, et d'autres selon lesquelles elle est plate, point. Et c'est reprendre la propagande du régime chinois qui nous assène que nous sommes mal informés ou des menteurs.
Pourtant nous avons des témoignages de tibétains torturés, de sinisation du Tibet, de marginalisation des tibétains (trouver un travail au tibet sans savoir parler chinois par exemple) et ainsi de suite. Mais contre toute évidence, la propagande chinoise nous dit que le Dalaï-Lama est un séparatiste et un agitateur. Et l'immense majorité des chinois qui s'expriment sur le web sont sur cette ligne et reprennent mot pour mot cette langue de bois infâme.
Quel terrain d'entente est possible ? C'est comme un pot de terre contre un pot de fer. En face, que ce soit par désinformation ou par mauvaise foi, on ne donne aucune prise aux arguments rationnels. En conséquence, celui qui tente de comprendre et se montre conciliant va forcément devoir en rabattre, parce qu'en face c'est un mur, et aboutir à appeler à la « retenue » dans la répression !
Je ne vois pas de dialogue possible ; seulement la réaffirmation tenace que nous n'avalons pas ce discours de propagande.
à Aargh
De cywd
21H21 | 01/04/2008 |
Vous semblez ignorer que vous aussi, êtes un victime de la propagande occidentale qui n'hésitent pas à utiliser les photos de la police du Népal pour illuster leurs commentaires sur la répression soit-disant sanglante de l'armée chinoise.
Dire que le Dalai-lama est un sépratiste et un agitateur n'a rien de mensonger. Combien d'entre vous ont lu la « Constitution d'indépendance » préparée Dalai et compagnie ? Ce n'est pas difficile de trouver cette constituion écrit en langue tibétaine dans les sites internet des indépendantistes. Pourtant la presse occidentale n'en a jamais parlé. Quant à l'aspect agitateur, voir ce documentaire sur les relations entre DALAI et la CIA.
Oui à version contre version, mais d'où vient cette certitude que votre version présente de la vérité absolue ?
( The CIA in TIBET 1 )
http://www.youtube.com/v/tOhDBo6x2ZY
( The CIA in TIBET 2 )
http://www.youtube.com/v/Iwu5qYosTo0
( The CIA in TIBET 3 )
http://www.youtube.com/v/b2iaIcoHBl4
( The CIA in TIBET 4 )
http://www.youtube.com/v/zJYamwYSe2M
( The CIA in TIBET 5 )
http://www.youtube.com/v/FviSTNWRgHU
( The CIA in TIBET 6 )
http://www.youtube.com/v/8yMV0-KOY1k
De Suzanne Citron
Historienne et auteure | 07H50 | 31/03/2008 |
Justement, quelles informations a-t-on sur une éventuelle dissidence de point de vue du côté chinois et dans quels milieux= étudiants, universitaires, artistes, internautes ? ? ?
De Harmonisons_nous
08H17 | 31/03/2008 |
à Harmonisons_nous
De jcb29arz
Retraité à Dijon (Bourgogne) | 23H18 | 31/03/2008 |
PETITION CONTRE LE TIGRE CHINOIS…
SOUTENONS LE PEUPLE TIBETAIN
1,445,749 personnes ont signé la pétition !
ET VOUS ?
http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/98.php/ ? CLICK…
« Soyons tous des “Dalaï Lama” à notre niveau… Résistons contre le tigre chinois… Les Tibétains doivent nous servir d'exemple… Le Tibet doit être LIBRE…
Mesdames, Messieurs les Maires de France, et nous tous, sur nos véhicules, sur nos maisons… partout où c'est possible, comme André Rossinot sur la Mairie de Nancy et Jean-Marc Ayraut, sur la maire de Nantes… Brandissons le drapeau Tibétain ! »
http://img208.imageshack.us/img208/9012/thibetflagsc2.jpg
« On s'intéresse à ses membres comme parties de son corps, pourquoi pas aux hommes comme parties de l'humanité ? » Dalaï Lama.
BOYCOOT DE LA CEREMONIE D'OUVERTURE DES J.O. DE PEKIN… C'est un minimum !