
Le Tibet révèle l'impasse entre Chine et Occident
A quatre mois des JO, cette crise met en évidence un malaise aux racines bien plus profondes. Decryptage.

Les Jeux de Pékin devaient marquer le retour de la Chine au centre du monde, le moment symbolique de sa reconnaissance comme grande puissance en devenir. Le rendez-vous du mois d'août a toutes les chances d'être une occasion ratée, le point culminant de tous les malentendus entre la Chine et le monde occidental. Décryptage d'une impasse.
Info et intox
Plus de deux semaines après les violents incidents de Lhassa, le 14 mars, c'est version contre version, préjugé contre préjugé. Pour l'immense majorité des Chinois, ce sont eux, les Han (ethnie dominante en Chine), les victimes des émeutes survenues dans la capitale tibétaine. Alors que si on faisait un sondage dans les pays occidentaux, il ne fait aucun doute que les Tibétains seraient présentés comme les victimes d'une sauvage répression chinoise.
Paradoxalement, il ne s'agit pas que de manipulation. Mais aussi de perceptions. Les Chinois ont factuellement raison : les premières victimes ont été des Han lynchés dans la rue par la foule tibétaine en révolte, ou, brûlés vifs comme les cinq employés (quatre Han, une Tibétaine) du magasin Yishion de Lhassa, devenus des martyrs pleurés par toute la Chine. Cette dimension n'a pas été immédiatement perceptible dans les informations diffusées par les médias occidentaux (Rue89 en a parlé dès le 16 mars, grâce au témoignage d'un touriste français qui a, parmi les premiers, parlé de » lynchages » dont il avait été le témoin).
La raison : il n'y avait alors qu'un seul journaliste étranger sur place, James Miles, de The Economist, et les correspondants qui ont voulu s'y rendre en ont été empêchés. Reste que, pour avoir privilégié les informations sans confirmation sur la répression terrible des protestations tibétaines, les médias occidentaux, CNN en tête, font l'objet d'une violente campagne hostile en Chine (voir le site » anti-CNN.com). D'autres sont montrés du doigt pour avoir utilisé les images de matraquages de moines au… Népal voisin, pour illustrer la répression au Tibet, restée sans images !
Deux semaines après, on ne sait toujours pas si le bilan de ces événements est bien de 19 morts, majoritairement Han, comme l'affirme Pékin, ou de 140, comme l'affirme le gouvernement tibétain en exil. Des photos de corps de Tibétains tués par balles circulent sur Internet, semble-t-il tués dans les provinces avoisinantes comme le Sichuan, le Gansu ou le plateau du Qinghai, mais pas à Lhassa.
Deux semaines après, personne n'est encore en mesure d'enquêter librement sur place : les journalistes étrangers emmenés cette semaine au Tibet étaient soigneusement encadrés par les autorités, tout comme les diplomates, dans un voyage séparé. Le mal est donc fait : les Chinois, certes exposés à peu d'informations contradictoires, s'estiment les victimes et ne comprennent pas que le reste du monde ne le reconnaisse pas…
Dans un syndrome colonial classique, ils s'arrêtent à la violence commise par les » colonisés » et ne la comprennent pas » alors qu'on leur a tout donné » .. Le reste du monde, lui, surtout en Occident, considère comme acquis que les Tibétains sont opprimés et se sont révoltés, et que la Chine a réprimé violemment leurs protestations. Ce fossé-là mettra du temps à se combler.
le rapport de force a changé
Au moment de la répression dans le sang du » Printemps de Pékin » , place Tiananmen, en 1989, la Chine pouvait être montrée du doigt par le reste du monde, elle ne pesait pas lourd. Aujourd'hui, le rapport de force a changé.
Cette équation différente explique l'embarras colossal des dirigeants occidentaux, qui se trouvent en porte-à-faux avec leurs opinions publiques, sensibles à la personnalité du dalaï lama, au message bouddhiste et à leur perception de la répression sanglante de Lhassa, qui se rapproche dans les esprits de celle de Rangoon. A l'époque, on avait vu Nicolas Sarkozy recevoir à l'Elysée le chef du gouvernement birman en exil et Bernard Kouchner prendre des airs tragiques pour évoquer le martyr des moines birmans.
Aujourd'hui, le même Bernard Kouchner reconnait que le poids des relations économiques avec la Chine (nucléaire, Airbus, TGV…) pèse sur les choix du gouvernement. Il faut y ajouter que la Chine est devenue incontournable sur les grands dossiers diplomatiques de l'heure, Darfour, Iran, Corée du nord… Le New York Times faisait observer samedi que lorsque George Bush a téléphoné à Hu Jintao pour lui faire part de sa » préoccupation » (ah le langage diplomatique ! …) sur le Tibet, il en a profité pour lui parler aussi du nucléaire nord-coréen.
Mais surtout, ce qui est sous-estimé en Europe, c'est à quel point l'état d'esprit chinois a changé : les dirigeants, mais aussi l'élite urbaine, ne sont plus d'humeur à se laisser donner des leçons par un Occident largement dévalorisé à leurs yeux. Dès lors que Nicolas sarkozy a un peu haussé le ton sur le Tibet, pour répondre à l'attente de l'opinion, il s'est attiré une volée de bois vert à Pékin pour le remettre à sa place. Et ce sentiment est partagé par l'élite chinoise qui, si elle apprécie de faire du tourisme à Paris et de faire ses courses chez Louis Vuitton, a acquis un sentiment de supériorité aussi fort que la croissance économique de son pays comparée à la nôtre…
Ce rapport de force est la principale différence avec la période de Tiananmen. Elle explique que les 27 ministres des Affaires étrangères européens qui se sont réunis ce weekend en Slovénie n'ont … rien décidé ! Pas un mot sur un éventuel boycottage de la cérémonie d'ouverture (relevons quand même que ce sont les anciens pays communistes, Pologne et Republique tchèque, qui ont pris l'initiative et ont annoncé qu'ils n'iraient pas à la cérémonie), mais un voeux pieux de » dialogue constructif » entre la Chine et le dalaï lama. En priant secrètement pour que tout rentre dans l'ordre d'ici au mois d'août et que les opinions auront » oublié » .

L'illusion de l'influence
Avec le plus grand sérieux, les responsables français expliquent qu'ils ont offert leurs bons offices pour servir de médiateurs entre Pékin et le dalaï lama, exilé à Dharramsala. Il faut espérer qu'ils ne se font pas d'illusions, sinon leur réveil sera douloureux.
Deux mille ans d'histoire des relations sino-tibétaines sont là pour attester que la Chine n'acceptera pas que le reste du monde se mêle de cette affaire. La campagne menée par Pékin contre le dalaï lama, avec des accents dignes de la Révolution culturelle, ne laisse pas beaucoup d'espace au » dialogue » que les Européens appelaient de leurs voeux samedi. Et on voit mal ce qui, d'ici au 8 août, ferait changer d'avis des dirigeants chinois qui ont diabolisé le leader tibétain au-delà du raisonnable.
De fait, le scénario qui se déroule est la répétition de ce qui s'est produit avec le panchen lama, le deuxième personnage de la hiérarchie du bouddhisme tibétain. Lorsque le dalaï lama a désigné un jeune Tibétain comme » réincarnation » du précédent dalaï lama, en 1995, cet enfant de 6 ans a été kidnappé par les autorités chinoises qui ont fait sélectionner un autre jeune. Ce dernier est aujourd'hui entre les mains du pouvoir chinois et il a sévèrement condamné les événements du 14 mars, tandis que plus personne n'a plus jamais entendu parler de l'autre enfant.
La Chine espère renouveler l'exercice à la disparition de l'actuel dalaï lama, en manipulant le processus traditionnel de » réincarnation » . Le Parti communiste, le plus sérieusement du monde, a interdit de proclamer un » bouddha vivant » sans son accord !
La toîle de fond de cette crise est que la Chine, communiste ou impériale, ne renoncera pas au territoire tibétain. Et elle ne tolèrera pas le retour du dalaï lama qui serait alors le seul » contre pouvoir » à l'intérieur d'un pays qui n'en compte aujourd'hui aucun.
Le seul problème est que le dalaï lama est un leader autant politique que religieux, et qu'il est, de ce fait, un redoutable adversaire, qui a su tisser des réseaux de soutien puissants à travers le monde. Sa venue à Nantes, cet été, rassemblera ainsi des milliers de personnes. Appeler au dialogue comme le font les Occidentaux relève donc largement du déclamatoire.
Que feront les dirigeants occidentaux quand ils trouveront porte close à ce » dialogue » ? Fort prudemment, ils ne disent rien de leurs intentions car, vraisemblablement, ils n'en savent rien eux-mêmes. A travers cette crise, c'est tout l'équilibre des relations à venir entre la Chine et les autres puissances mondiales qui se joue, c'est la tonalité de ce » XXI° siècle chinois » qui se dessine.
Et maintenant ?
Les événements des dernières semaines étaient assurément prévisibles. Tout remonte à la faute originelle qu'a représentée cette décision du Comité international olympique, en 2001, d'attribuer les JO à la Chine sans autre contrepartie, attiré par le potentiel fabuleux de sponsoring. Accordons à certains le bénéfice du doute : probablement espéraient-ils que les Jeux pousseraient la Chine à plus d'ouverture…
La société chinoise a assurément changé ces dix dernières années, mais ce n'est pas sous la pression des JO : l'urbanisation, l'enrichissement d'une partie de la population, la circulation plus grande d'information et de population ont eu leur effet. Les Chinois n'avaient rien promis de concret, et personne ne s'est préoccupé de cette question pendant des années : le réveil est douloureux. La complaisance d'alors se paye aujourd'hui au prix fort.
La Chine doit assurer le triomphe de ses JO, c'est la fierté du régime qui est en jeu. Que les Occidentaux gâchent la fête (le reste du monde viendra, devenu » client » de la Chine comme l'Afrique, ou par réaction hostile à un Occident jugé trop arrogant), et ce sera une déferlante nationaliste sur une population déjà passablement chauffée à blanc par les événements du Tibet.
Comment faire passer le message à la population chinoise du décalage perçu à l'extérieur entre la nature du système chinois -et pas seulement au Tibet- et l' » esprit olympique » ? C'est tout l'enjeu pour les organisations de défense des droits de l'homme et la société civile mobilisées autour de cette question (voir ici le discours de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen). Ce devrait être aussi celui des gouvernements qui ne veulent pas remettre en cause leurs relations, devenues trop importantes, avec la puissance chinoise, mais qui ne pourront pas faire comme si de rien n'était le 8 août.
La vision de Nicolas Sarkozy, George Bush et quelques autres dirigeants, assistant sans broncher au spectacle kitschissime que nous prépare le cinéaste Zhang Yimou (privé de Steven Spielberg) pour la cérémonie d'ouverture, risque d'être dur pour leur image. Il leur reste un peu plus de quatre mois pour sortir de l'impasse.
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De bloqué le 24.09.09
15H18 | 30/03/2008 |
Merci pour cet article pertinent, qui travaille à faire comprendre les différents points de vue.
Mais laisser reposer l'avenir sur l'espoir que Sarkozy et Bush fassent preuve d'habilité politique au service de la bonne compréhension entre les peuples, et de la progression des droits de l'homme, c'est un peu rude.
Ca ne laisse pas grande place à l'optimisme.
à bloqué le 24.09.09
De citoyensly
16H57 | 30/03/2008 |
Attention ! Bruits de bottes inquiétants…
La menace d'une Guerre contre l'Iran s'accroît de jour en jour. Un sousmarin nucléaire US se dirige vers le Golfe Persique. Il est urgent de remobiliser toutes les forces anti-guerre partout dans le monde. Attention aux « fausses mobilisations » type « indépendance du Tibet », c'est l'écran de fumée qui cache la vraie menace, celle d'une Troisième Guerre Mondiale.
l article complet sur http://vigicitoyen.canalblog.com/
à citoyensly
De NosLibertes
Collectif national pour la préserva... | 21H19 | 30/03/2008 |
« Attention aux “ fausses mobilisations ” type “ indépendance du Tibet ”, c'est l'écran de fumée. »
Oui, c'est le grand débat de la semaine, autorisé par les politiques et les médias, que Rue89 suit docilement.
Mais l'uranium « appauvri » en Irak n'est pas un sujet d'actualité, comme les menaces sur l'Iran ne sont pas d'actualité.
Rayons vite ce pays de la carte, qui a trop de culture, de pétrole et de puissance pour les États-Unis, avec le soutien des deux caniches : l'Angleterre et désormais gâce à Sarkozy 1er, la France.
Après le génocide de l'Irak, vivement celui de l'Iran…
Français, dormez tranquille, tout va bien, les médias vous informent…
à bloqué le 24.09.09
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H08 | 30/03/2008 |
La réponse n'est-elle pas dans l'article ?
« Aujourd'hui, le même Bernard Kouchner reconnait que le poids des relations économiques avec la Chine (nucléaire, Airbus, TGV…) pèse sur les choix du gouvernement. “
L'argent n'est-il pas le ‘nerf’ du capitalisme ?
N'avons-nous pas un nounel exemple d'un des travers du capitalisme ?
Pourquoi les JO ont-ils été attribués à la Chine ?
Si vous ne trouvez pas la réponse, demandez aux sponsors ! !
De Peureux anonyme
15H23 | 30/03/2008 |
Si je comprends bien, on reconnait que les médias occidentaux ont fait de l'intox à destination de leurs lecteurs ou auditeurs. Serait ce la Chine qu'il faudrait condamner ou l'Occident ?
Quant au Dalaï Lama, est il réellement aimé des Tibétains ? Le Tibet ancien était une société de servage au profit des moines et des monastères. Il n'est pas sûr que les serfs et leurs descendants le regrettent beaucoup.
à Peureux anonyme
De myriam.s
15H44 | 30/03/2008 |
Le servage au profit du capitalisme sauvage chinois représente vraiment une avancée !
Remontez simplement au XIXème siècle français et à la condition des ouvriers de cette époque avant de tenir des discours sur le servage en Tibet ancien.
« Quant au Dalaï Lama, est il réellement aimé des Tibétains ? » demandez-vous
Les tibétains en prison pour avoir simplement possédé une photo de leur chef spirituel vous remercient de cette question.
à myriam.s
De Aargh
du Vaucluse | 10H05 | 31/03/2008 |
tout-à-fait d'accord. On reste pantois devant l'argument selon lequel c'est la « modernisation » chinoise ou la théocratie et le servage. Et si on demandait leur avis aux intéressés tout simplement ! même si cela apparaît archaïque ou obscurantiste à certains, qui d'ailleurs ne sont pas forcément bien informés sur la nature de leurs croyances et de leurs pratiques religieuses.
L'attachement persistant des tibétains au Dalaï-Lama, après 50 ans d'oppressions et d'interdictions en dit long sur le crédit qu'ils lui portent. faut-il croire que ce sont des masochistes ou des primitifs qui cherchent refuge dans la domination de leurs élites religieuses ?
Libre à chacun d'avoir des doutes sur le Dalaï-Lama, mais en s'en tenant aux faits. A chacun de juger, non pas en cynique, mais honnêtement de la valeur de ses propos et de son humanisme profond. On pourra par exemple se référer à son dernier message http://www.tibet.de/tib/erklaerung_dl_chinese_people_08.html pour juger si c'est un « loup déguisé en mouton » ou si son message a une portée universelle qui en fait un exemple pour tous les humains.
à Peureux anonyme
De Francois Toulouse
16H19 | 30/03/2008 |
je partage vos doutes sur le Dalaï lama. Je m'empresse de vous le dire, car il ne fait pas bon de le soupçonner, et votre post va bientôt être replié… Ce qui ne veux pas dire que le gouvernement chinois est bon, pas plus que sa politique de répression au Tibet n'est justifiable ! Enfin, la légende veut qu'en face du méchant, il y ait un bon…
L'émission rendez-vous avec X d'hier doit toujours être disponible sur le site de France Inter, et les liens du parti du lama pas content avec la CIA y sont ouvertement décrits.. Liens avérés qui ne seront que rarement évoqués par les médias…
Pourquoi parle t'on et se mobilise t'on davantage au sujet des Tibétains qu'au sujet des Kurdes réprimés par les Turcs ? Ah oui, c'est vrai, la Turquie est alliée des Etats-Unis, tandis que la Chine s'apprête à les menacer… Et un Tibet indépendant, après un Kosovo indépendant, ça permettra de diviser des empires concurrents..
EDIT :
Arf arf, déjà des votes négatifs pour mon post…
Ce qui montre bien les conséquences du matraquage médiatique, à savoir l'obligation morale d'être favorable au dalaï lama, et le fait qu'on sera obligatoirement identifié à la dictature chinoise si on a des réserves sur le personnage !
à Francois Toulouse
De yamato
16H55 | 30/03/2008 |
non,non - je vote positif
à Francois Toulouse
De JCVION
06H37 | 01/04/2008 |
Non, votre analyse est pertinente. Je suis personnellement dans une situation de doute particulièrement désagréable en ce qui concerne le Dalai Lama. Je fréquente des moines Tibétains et ceux ci vénèrent bien évidemment le Dalai Lama et pourtant je ne peux m'empecher de penser que cette divinité a quelque chose d'obscure…
Sa récente rencontre avec l'un des plus importants criminels de cette décennie, je parle bien évidemment de Georges Bush n'a fait que renforcer ce doute…Le Dalai Lama ne pouvait il pas attendre l'arrivée au pouvoir de Hillary ou Barack ? Ou fallait il vraiment qu'il s'associe au diable américain avant les JO ? …
à Peureux anonyme
De Sacha25
16H45 | 30/03/2008 |
Le dalaï lama est surement un home très « grand »
Mais c'est un chef de droit divin, et son capitanat et l'amour qui y est associé s'appuient sur une culture, une éducation, ici religieuse et on peut comprendre que, pour certains d'entre nous, soient sujets à caution
Le dalaï lama est surement un homme très bon.
Mais c'est parce qu'il en a les moyens. Il a des moyens qu'il s'est donnés et d'autres qui lui ont été donnés. D'où, de qui, plus, ou moins volontairement ? Pour certains d'entre nous, ça peut poser quelques questions
à Peureux anonyme
De TARPON
18H37 | 30/03/2008 |
Les tibets ont plus envie de voir la societe de consommation que de revoir le dalai lama.
Un parallele avec le Maroc où la France est allée chercher un roi en exil pour se debarasser de cette colonie avec le resultat que l'on sait,le Maroc etant aujourd'hui une democratie avancee ,tres avancée même dans la privation des libertés individuelles.On a le tyran qu'on merite.
à TARPON
De batila
entrepreneur international | 18H46 | 30/03/2008 |
M6 un tyran ?
C'est risible…
à TARPON
De Aargh
du Vaucluse | 17H48 | 03/04/2008 |
« Les tibets ont plus envie de voir la societe de consommation que de revoir le dalai lama. »
comment le savez-vous ? Vous êtes fortiche si vous avez accès à des statistiques sur le sujet vu l'opacité qui règne grâce aux « modernisateurs » chinois ! C'est plutôt votre réalité qui ne voit pas d'au-delà de la société de consommation.
Pour les tibétains, on pourrait leur demander leur avis tout simplement, au lieu de faire l'hypothèse qu'ils adorent le régime que les chinois leur impose, non ?
Certaines manifestations, répétées de manière tenace vu les conditions difficiles et dangereuses pour s'exprimer librement au Tibet, montrent qu'au contraire les Tibétains expriment de manière constante leur attachement au Dalaï-Lama (voir l'article du Monde à ce sujet : La semaine qui ébranla le Tibet, http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/04/03/la-semaine-qui-e…)
En bref, ça sert à quoi des opinions de ce genre là, sinon de participer aux attaques ad hominen de la propagande chinoise ? D'ailleurs, on se demande à quoi ils pensent nos amis chinois en jouant à lancer ces attaques sur une personnalité des plus respectées dans le monde. On se dit qu'ils vont se ridiculiser à peu de frais (« un loup déguisé en mouton » par exemple) et se décrébiliser. Mais non, il y en a pour reprendre le truc, pour exprimer la bouche en coeur des doutes ou des réserves sur le Dalaï-lama, comme si on leur demandait de jouer au juge d'une personnalité qui prône la non-violence depuis 50 ans face à une oppression continuelle… Vous reprendrez bien un petit peu de collaboration ?
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H32 | 30/03/2008 |
Étant musicien, Le violon n'étant pas mon instrument, bien que l'on dise que c'est l'un des plus difficile à pratiquer, je ne désire donc pas en jouer pour vous féliciter d'avoir écrit la plus intelligente des « contributions » parmi les nombreuses que je lis depuis des mois sur ce sujet.
Merci, tout est dit, vous avez tout dit et magistralement sérié les différents aspects de cet événement proche !
« Tout remonte à la faute originelle qu'a représentée cette décision du Comité international olympique, en 2001… »
Et oui, c'est évident !
Vous avez je crois vécu de longues années dans ce pays, et parlant régulièrement avec un ami médecin africain, y résident actuellement à Chengdu, vos propos rejoignent les siens, quand je lui demande des explications.
Les autorités Olympiques se sont quelque peu fourvoyées et « faites rouler dans la farine » !
Il n'y a rien à rejeter à votre analyse, sinon s'il le faut, la relire au moins deux fois pour tout comprendre, assimiler, avoir une expertise correcte du problème et de ce qu'il reste à faire pour essayer comme vous le dites « sortir de cette impasse ». Merci.
De BarsouK
Nanochercheur à New York | 16H25 | 30/03/2008 |
Je travaille pour quelques années aux Etats-Unis et il se trouve qu'une forte proportion de mes collègues sont chinois (et ont grandi dans ce pays…). A la suite des évènements de Lhassa j'ai vite constaté la complexité du dialogue au quotidien entre le monde occidental et la société chinoise.
Il est difficile d'imaginer que de jeunes adultes surdiplomés, disposant de plusieurs sources d'information internationales affichent un soutien presque inconditionnel au gouvernement chinois.
Pour cela, j'ai trouvé l'analyse de Pierre Haski très pertinente.
à BarsouK
De yamato
17H07 | 30/03/2008 |
Désolé Barsouk…Mais il n'y a même pas besoin d'imaginer. Une palanquée de prix Nobel (sciences dures, physique, chimie) ont soutenu le régime nazi sans hésitations.
On sait depuis longtemps que la culture, et même l'intelligence, n'offrent l'assurance ni de l'humanisme,ni de la morale, ni de la tolérance.
Pour mémoire, science sans conscience….
à BarsouK
De Numa Parpaillot
18H10 | 30/03/2008 |
@ BarsouK :
Vous écrivez :
« Il est difficile d'imaginer que de jeunes adultes surdiplomés, disposant de plusieurs sources d'information internationales affichent un soutien presque inconditionnel au gouvernement chinois. »
Je n'en suis absolument pas surpris. En effet, les Chinois installés à l'étranger vivent souvent en communautés et font preuve d'un nationalisme chauvin exacerbé qui commence à poser des problèmes en Occident. Rappelez-vous les incidents d'avril 2007 à Milan, qui ont opposé la communauté chinoise aux forces de l'ordre italiennes à la suite d'un banal incident urbain :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20070413.OBS1902…
@ Auteur :
Article très objectif !
Que dire cependant de l'inquiétant silence, pour ne pas parler de la lâcheté du CIO et de son président Jacques Rogge, face au déni des droits humains et à l'interdiction faite aux journalistes étrangers de faire leur métier en toute liberté … ?
De myriam.s
15H36 | 30/03/2008 |
« Personne n'est pour le boycott des Jeux Olympiques (…) et quant à la cérémonie d'ouverture, personne n'a voulu en parler », a assuré le ministre français Bernard Kouchner : Quand cesseront ces rodomontades et ce silence de mort(s) ?
De kkadim
service public rhone alpes | 15H43 | 30/03/2008 |
ou qu'il est le représentant de la communauté européenne que la pseudo constitution votée dans le plus pur mépris de la philosophie démocratique occidentale devait mettre en place.
nul part, car une fois de plus il n'est question ici que de chiffre d'affaire.
à kkadim
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H13 | 30/03/2008 |
Je n'ai aucune sympathie pour « la pseudo constitution », mais dans la mesure où le processus de ratification n'est pas achevé dans tous les pays d'Europe, je ne vois pas bien comment un(e) quelconque représentant(e) (j'imagine que vous voulez parler de celui ou celle qui causera affaires étrangères ? ) aurait pu être simplement nommé(e), élu(e), désigné(e)… enfin, bref, ça n'existe pas encore.
à thierry reboud
De daryo
16H55 | 30/03/2008 |
Elle entrera en vigueur le 1er Janvier 2009.
Mais encore fallait-il préciser :
• Ce n'est ni une pseudo ni une constitution mais un traité.
• Elle a tout les attributs de la démocratie puisqu'elle a été signé par des chefs d'états et de gouvernements élus, et sera ratifié par des assemblées élues (et par référendum dans certains pays).
Les leçons consternantes de démocratie du « Professeur » Etienne Chouard ont bien infusées dans l'opinion publique je vois…
à daryo
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H06 | 30/03/2008 |
Hé ho, mollo ! Je n'ai fait que reprendre les termes cités, et d'une.
Et de deux, ça m'étonnerait que ce texte concentre en lui tous les défauts politiques du monde.
Et de trois, son caractère démocratique me paraît sujet à caution, au moins en France, puisque l'expression démocratique à son sujet a été purement et simplement bafouée (qu'on soit ou non favorable à ce traité qui reprend l'essentiel de ce qui a été refusé naguère).
C'est les Tibétains qui vont être contents de voir qu'on s'intéresse à eux : -) !
à thierry reboud
De daryo
17H53 | 30/03/2008 |
En effet ce n'était pas le meilleur endroit pour rebondir sur ce sujet.
Ces malheureux tibétains font partie d'une problématique globale, qui inclus aussi bien Taïwan que le Darfour, et qui peut se résumer assez simplement :
l'occident à désormais comme seule politique vis à vis de la Chine de s'agenouiller devant un marché de 1,3 Milliards de consommateurs, et de fermer les yeux sur le fait que ce pays n'est rien d'autre qu'une dictature, avec toutes les joyeusetés qui vont avec.
à daryo
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H40 | 30/03/2008 |
En fait, je crois bien que, plus fondamentalement encore, il ne reste plus à l'Occident qu'à apprendre à vivre à côté d'autres manières de penser et d'autres cadres de référence politique. Que ces nouveautés nous plaisent ou non, c'est encore un autre sujet.
De ce point de vue, la seule nouveauté qu'apporte la Chine, c'est qu'elle a les moyens de faire valoir son optique et ses intérêts stratégiques, y compris quand ils contrarient les nôtres.
C'est pourquoi finalement je trouve cette histoire de Jeux Olympiques très exemplaire : ils auront lieu, et nous le savons tous très bien, et ils se dérouleront sans heurts.
Ce que nous apprend cet épisode tibétain, c'est que notre hégémonie politique et culturelle est peut-être en train de finir. Nos standards sont probablement en train de passer de mode, et c'est aussi l'un des effets de la mondialisation.
S'il faut s'en désoler ou s'en réjouir… Un peu des deux, sans doute.
De DidierB63
Devant un écran | 15H46 | 30/03/2008 |
Bien. Donc, les chinois et les tibétains ne veulent plus dialoguer à cause de 2000 ans d'histoire, les chinois voient les JO comme une question de fierté nationale et les occidentaux ne veulent rien faire qui pourrait nuire au commerce avec la Chine.
Tout ça pour un problème qui n'existe que dans la tète des quelques journalistes en mal de sensationnel…
Alors, on fait quoi nous ? On n'y pense plus et on regarde nos JO CocaCola comme tout le monde ?
Je reste persuadé que le boycott commercial est l'unique chose qui arrivera à changer quelque chose. Les produits que nous achetons en Chine, on peut les trouver ailleurs. En revanche, les Chinois ne peuvent pas vendre ailleurs.
Face à la diplomatie du porte monnaie, je doute que les dirigeants chinois restent bien longtemps arcboutés sur leurs positions colonialistes.
Et au diable les contrats d'Areva et d'Alsthom pour du nucléaire et des trains, qui en plus s'accompagnent de transferts de technologie avec lesquels les chinois viendront, d'ici à 20 ans, concurrencer les entreprises occidentales.
http://polemiquons.over-blog.com/
à DidierB63
De Aargh
du Vaucluse | 19H32 | 30/03/2008 |
je suis moi aussi persuadé que le boycott commercial est notre seul moyen de pression à long terme.
A court terme, on observe que le régime chinois se montre très sensible à ce qui se dit sur cette crise. Une véritable opération de propagande tout azimuths se déroule sur les divers lieux d'expression du web, tout y passe. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils ont recours à des arguments déroutants et qui fleurent bon la propagande stalinienne ou mao des années 60. C'est tellement « langue de bois » qu'on se demande comment ils font pour ne pas s'apercevoir qu'ils se décrédibilisent. Sans doute leur longue pratique de la désinformation et de la propagande interieure leur fait-elle croire qu'il suffira de marteler le même message suffisamment longtemps pour qu'on se lasse ou qu'on y croit, croulant sous le nombre. C'est pour cela qu'il m'apparaît si important de montrer de la résistance à cette propagande éhontée, qu'il faut parler du tibet, qu'il faut argumenter.
On observe aussi que la position digne et courageuse d'Angela Merkel ne semble pas conduire à une moindre considération du régime chinois, là où les soupçons de critique de Sarkozy lui attirent la vindicte. Ce régime ne respectent pas ceux qui ne lui résistent pas ; contrairemeent à l'affirmation « Deux mille ans d'histoire des relations sino-tibétaines sont là pour attester que la Chine n'acceptera pas que le reste du monde se mêle de cette affaire » (et sur deux mille ans, peut-on parler d'une logique unique de réaction quand le pays a subi moultes régimes et contours ? ), le régime actuel se montre, en dépit de sa propagande, très attentif à sa réputation, d'où l'importance de politiques courageux comme Merkel.
Mais pour revenir à ma position sur le long terme, le boycott commercial, ce n'est pas de nos politiques actuels ou de nos businessmen qu'il faut attendre une défense de nos valeurs ou de nos emplois : ils suivent d'un même mouvement panurgique la pente apparemment la plus facile (délocaliser serait la seule façon de s'en sortir et de rester performants). Si par contre en tant que citoyens, consommateurs et travailleurs nous agissons en nous détournant des produits chinois, nous envoyons un message direct aux dirigeant chinois mais surtout, nous agissons sur ceux qui nous disent que la globalisation, les délocalisations, le réalisme etc sont incontournables. C'est notre levier le plus fort pour saper ce statut naturalisé d'état de fait incontournable.
Bien sûr, il n'est plus évident désormais d'identifier les produits chinois tant ils sont de plus en plus intégrés dans nos processus industriels (ceux qui demeurent encore). Mais c'est un signal qui peut montrer, à partir d'une certaine ampleur, que produire chinois et vendre en Europe ne passera pas toujours comme une lettre à la poste.
à DidierB63
De Bambou sans frontière
11H19 | 31/03/2008 |
Boycotter les JO de Pékin ? ? ?
Voir quelques extraits d'un article très éclairant sur cette question :
Nico Hirtt (Membre fondateur de l'Appel pour une école démocratique, Belgique) : « Ces intellectuels de gauche qui croient savoir tout sur la Chine… - 2008-03-27, sur le site de Mondialisation.ca
Le gouvernement chinois tenterait, nous dit ce texte, de “briser tout ce que la Chine compte d'intellectuels critiques”. Ce n'est pas l'image que m'a laissé mon dernier passage dans ce pays, il y a un an. Le colloque sur le thème “Education et globalisation” auquel j'ai participé à l'université de Pékin m'a donné l'occasion de rencontrer des dizaines d'intellectuels, d'étudiants, de chercheurs et de hauts fonctionnaires du gouvernement, qui jetaient un regard lucide et assurément critique sur les risques de “marchandisation” de l'enseignement supérieur en Chine.
Le gouvernement chinois pratiquerait, dit encore le texte de l'appel, une “urbanisation sauvage dirigée contre les populations” et accélérerait la “destruction de quartiers populaires et de sites historiques”. Les auteurs de ce document doivent n'avoir jamais mis les pieds dans un pays du tiers-monde pour affirmer cela, du fond de leur douillet salon parisien ! La Chine a un revenu par habitant de l'ordre de 3500 $ par habitant. Elle tente de sortir de ce sous-développement, au prix d'une croissance déjà affolante et difficilement contrôlable, aux effets sociaux et écologiques inquiétants. Mais elle reste un pays extrêmement pauvre. Malgré les efforts du gouvernement pour freiner l'exode rural, la crise du logement est énorme à Pékin. La rénovation de tous les vieux quartiers (hutongs) est financièrement impossible et serait de toute façon insuffisante. Une partie des vieux quartiers a été préservée et est en voie de réhabilitation. Mais une autre partie, importante, est effectivement rasée et remplacée par des logements modernes. L » « intellectuel critique » occidental peut s'en offusquer, regretter la perte de ces quartiers où il aurait été bon de flâner comme touriste. Mais que propose-t-il aux Pékinois qui attendent un toit ? Et à ceux qui ont un toit (en tôle ondulée) mais pas d'eau courante, ni d'égouts, ni de gaz, ni de rues permettant le passage des bennes à ordures ? Que propose-t-il pour chauffer un hutong construit en torchis et en panneaux de bois de quelques centimètres d'épaisseur, tout en réduisant les émissions de CO2 ? Je n'affirme pas quant à moi que les tours en béton de 15 étages soient forcément la bonne solution à ce problème. Peut-être vaudrait-il mieux en revenir aux pistes des années 60 et 70, qui réglementaient strictement les mouvements de populations. Mais gageons que là encore on entendrait les cris indignés de ceux qui n'envisagent les droits de l'homme qu'à travers la lunette déformante de leur propre condition sociale privilégiée. Ayons la modestie de ne pas juger à la légère de situations dont nous ne mesurons ni la complexité ni les enjeux.
Le texte évoque bien évidemment la « colonisation » du Tibet, allant jusqu'à prétendre qu'elle « prend une tournure de génocide ». C'est un peu comme si la France était accusée d'avoir colonisé la Savoie, la Vendée, la Bretagne et l'Alsace. Rappelons d'abord que le Tibet a très longtemps fait partie de l'Empire du Milieu, jusqu'en 1911. Cette année-là, quand la Chine s'est libérée de la domination féodale Mandchoue, la caste dirigeante autocratique des moines et des seigneurs féodaux tibétains a unilatéralement proclamé l'indépendance du Tibet. Ceci fut réalisé avec l'aide et à l'instigation des Britanniques qui avaient déjà par trois fois tenté d'envahir la région à partir de l'Inde et qui voyaient (à juste titre) dans la révolution démocratique bourgeoise de 1911 une menace contre leurs intérêts économiques en Chine. Ces territoires sont ainsi restés à l'état féodal jusqu'à leur libération par les troupes communistes en 1951. Rappelons encore que durant la deuxième guerre mondiale, les autorités locales tibétaines, bien qu'officiellement neutres, ont objectivement soutenu l'axe Berlin-Tokyo en empêchant l'approvisionnement des armées chinoises par la route, à partir de l'Inde. Rappelons enfin que le Tibet d'avant 1951 n'avait rien du paradis que se plaisent à nous dépeindre certains adeptes des sectes bouddhistes. C'était un pays féodal, pratiquant le servage et même l'esclavage à grande échelle. Une minorité de propriétaires de serfs — nobles, autorités locales et chefs de monastères — possédait toute la terre et les forêts ainsi que la majeure partie du bétail. Quelques 200 à 300 familles dominaient le Tibet. Au sommet, le Dalaï Lama, grand propriétaire, chef religieux et chef politique auto-proclamé. Sans doute y a-t-il aujourd'hui une partie de la population tibétaine qui souhaite davantage d'autonomie, voire l'indépendance. Sans doute font-ils l'objet de mesures de répression de la part du gouvernement chinois. Mais il n'y a assurément aucun « génocide » ni rien qui y ressemble. Galvauder ainsi ce terme me semble indigne d'un intellectuel. Je me suis toujours interdit de parler de « génocide du peuple palestinien », ou de « génocide du peuple irakien ». En revanche, il y a bien eu génocide du peuple Apache, voici à peine plus de cent ans, pas très loin de Los Angeles, ce qui n'a empêché personne d'y participer aux Jeux Olympiques… J'ose à peine m'attarder sur le passage du texte où l'on affirme que « la Chine a des visées de conquête sur Taïwan » et où l'on évoque son « offensive diplomatico-guerrière à l'encontre du Japon ». Taïwan est un territoire chinois contrôlé par un régime fantoche qui n'est reconnu par quasiment aucun Etat ou gouvernement et qui ne doit son existence qu'a des décennies d'appui militaire, économique et politique de la part des Etats Unis. La revendication chinoise sur ce territoire est parfaitement légitime et on ne peut que louer la retenue extrême dont a fait preuve le gouvernement chinois dans cette question durant les soixante dernières années. Quant au Japon, faut-il encore rappeler que ce pays ne s'est jamais acquitté de sa dette envers la Chine ? Six millions de civils chinois ont été massacrés durant la Deuxième Guerre Mondiale et quatre millions de soldats nationalistes ou de miliciens communistes chinois sont morts pour libérer leur pays de l'occupation fasciste japonaise. Pour ces faits, le gouvernement japonais n'a jamais versé le moindre dédommagement, n'a jamais présenté la moindre excuse sérieuse. Le regain de tension entre les deux pays est précisément lié, comme vous le savez, au révisionnisme flagrant des livres d'histoire utilisés au Japon. Que dirions nous si le gouvernement allemand décidait de rayer l'holocauste des manuels d'histoire ?
Le plus important n'est évidemment pas là. Le texte de l'Appel au Boycott des Jeux Olympiques de Pékin n'est pas seulement un document truffé de contre-vérités flagrantes. Il participe surtout d'une stratégie idéologique visant à présenter la République Populaire de Chine comme le plus grand ennemi de l'humanité, un « régime totalitaire et esclavagiste », qui « développe une géopolitique d'agressions » et s'engage dans « une course aux armements (contre) le reste du monde » ! Comment ne pas voir par qui ces mots-là ont été écrits et qui ils devraient légitimement désigner ? La dictature économique du grand capital, qui ravage la planète, qui brise les chances de développement des pays les plus pauvres, qui plonge des millions d'enfants dans la malnutrition, l'analphabétisme, la maladie, la prostitution. Quoi que l'on pense des institutions chinoises, l'honnêteté intellectuelle nous force à reconnaître que chacun des citoyens de ce pays, fut-il tibétain, a bien davantage de pouvoir démocratique pour peser sur son gouvernement que n'en ont les populations du monde pour peser sur les multinationales industrielles ou financières occidentales. Quoi que l'on pense des tours et détours de la politique du Parti Communiste chinois, force est de reconnaître qu'il a su faire passer un milliard d'hommes de la misère totale et de l'analphabétisme à l'accès généralisé aux soins de santé, à une alimentation stable et à un niveau d'enseignement sans comparaison avec celui d'autres pays du tiers-monde (excepté Cuba sans doute). Et il l'a fait sans se soumettre aux ordres des puissances occidentales et de leurs institutions. Voilà sans doute ce que les ennemis de la Chine ne peuvent lui pardonner.
à Bambou sans frontière
De Aargh
du Vaucluse | 17H44 | 31/03/2008 |
bonne propagande pro-chinoise. Bravo pour votre serviabilité vis-à-vis de la République Populaire de Chine.
Notons le « Rappelons d'abord que le Tibet a très longtemps fait partie de l'Empire du Milieu, jusqu'en 1911 » au cas où certains auraient loupé la leçon. (rassurez-vous, il suffit de chercher deux secondes pour voir que les relations sont bien plus complexes entre Amban et pouvoir tibétain).
notons aussi la nécessaire dénonciation de l'« urbanisation sauvage dirigée contre les populations » : se reporter au dessous des cartes qui vient d'être diffusé sur Arte pour s'en convaincre.
Of course, si c'est le grand capital qui est derrière tout cela, la RPC ne peut pas être le régime fascite et colonialiste que décrit l'occident, au lieu de voir la poutre qu'elle a dans l'oeil !
à Aargh
De Bambou sans frontière
18H18 | 31/03/2008 |
J'accepte volontiers votre « Bravo » mais refuse l'étiquette de la « propagande » que vous collez si allégrement sur tout opinion différent du vôtre.
Quant à la nature du « régime » de la RPC, il suffit d'aller voir sur place pour vous en convaincre.