Le Grand Ricci reçoit la bénédiction du pape

Quelle meilleure publicité pour un dictionnaire conçu et réalisé par des missionnaires jésuites que d'avoir le pape sur la photo ! C'est ce qu'a fait l'équipe du dictionnaire Ricci, le plus grand dictionnaire entre le Chinois et une langue étrangère, en l'occurence le Français, en allant le présenter à Benoît XVI, au Vatican, la semaine dernière.

Le Grand Ricci, c'est une incroyable aventure humaine, qui a mis plus de 40 ans à accoucher d'un ouvrage sans équivalent, salué par tous les utilisateurs de la langue chinoise au niveau le plus élevé. Le projet est né de l'oisiveté des missionnaires jésuites après leur expulsion de Chine continentale après la victoire de Mao Zedong sur le continent chinois. Réfugiés à Taiwan, ils ont entamé un travail de fourmi sur ce dictionnaire, remplissant des milliers de fiches cartonnées, un projet plusieurs fois abandonné par manque de fonds, puis informatisé et mené à bien par des générations successives de jésuites. Résultat : quelque 13500 mots et des milliers d'expressions chinoises traduites et décrites dans leur évolution, des carapaces de tortue des temps anciens à nos jours.

A gauche de la photo, Benoît Vermander, directeur de l'Institut Ricci de Taipei, est l'héritier de cette tradition de jésuites sinologues, qui a commencé avec l'homme qui a donné son nom à l'Institut : Matteo Ricci, missionnaire italien du XVI° siècle, devenu influent à la cour impériale à Pékin et enterré dans la capitale chinoise, dans les jardins de ... l'école du parti communiste ! Ayant appris le chinois dans le Sichuan, Benoît Vermander a repris le flambeau : il anime un mensuel électronique en anglais et chinois, eRenlai, et vient de publier, aux Presses de Sciences Po, un essai intitulé « Chine brune ou Chine verte, les dilemmes de l'Etat-parti », dans lequel il analyse les défis auxquels doit faire face le pouvoir communiste à Pékin.

L'homme cravaté qui présente le dictionnaire à Benoît XVI sur la photo a, pour sa part, un autre profil : Claude Haberer est banquier, installé à Hongkong. Mais il partage la même passion pour la Chine dont il parle couramment la langue. Et il préside l'Association Ricci pour le grand dictionnaire français de la langue chinoise, qui cherche notamment les soutiens financiers pour développer ce projet et sa prochaine étape, une version électronique qui en rendra l'usage plus aisé.

L'histoire ne dit pas si le pape, qui ambitionne de réconcilier le Vatican avec la Chine, a commencé à apprendre le mandarin afin de préparer le voyage qu'il ambitionne d'accomplir dans l'empire du Milieu. Sur les traces de Mattéo Ricci.

► Le Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise, 2002, ed. Desclée de Brouwer, 6 volumes de 1216 pages et 1 volume d'annexes.

Mattéo Ricci


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pikasso02
15H33 29/10/2007

Voilà des livres qu’il doit être intéressant de VOIR. Une écriture où le geste est toujours vivant depuis la nuit des temps. Celui présent dans la langue des signes. « L’art est le langage des signes » d’après Picasso. Mon blog ne fait que constater que tout chez Picasso est d’exprimer du sens dans un geste ou un signe compréhensible par tous. Hélas, cette compréhension a disparu. Pas chez les chinois lettrés ceux qui ont la chance de pouvoir écrire et dessiner en même temps.

http://pikasso02.skyrock.com/

 
ebolavir | Tianjin
09H51 30/10/2007

Apprenez le chinois et ne rêvez plus.

Surtout, ne confondez pas la calligraphie (art pratiqué par des millions de gens; comme le papier est cher, ceux qui aiment écrire grand vont dans les jardins publics écrire sur les dalles des allées avec un pinceau trempé dans l’eau claire) avec l’écriture au quotidien, qui est un cauchemar à relire.

D’ailleurs les Chinois se sont précipités sur l’ordinateur qui dispense d’écrire, et perdent la connaissance de l’écriture à la main. Bientôt, la plupart sauront seulement lire.

 
pikasso02
12H05 30/10/2007

Si c’est à moi que vous vous adressez, ebolavir, pourquoi ce « Apprenez le chinois et ne rêvez plus »?
Au final, nous sommes d’accord et ne rêvons pas, ou alors nous sommes deux à rêver; oui, bientôt, les chinois ne sauront plus écrire, comme nous, ne savons plus lire Picasso. Et ce, pour la même raison: la non pratique du dessin à l’école. Mais est-ce si grave? Pour moi, oui!

http://pikasso02.skyrock.com/

 
ebolavir | Tianjin
09H56 30/10/2007

On peut encore voter pour soi-même. Je viens de le faire par distraction. Pourtant j’avais cru que ce menu bug fonctionnel était corrigé.

 
Pierre Haski | Rue89
16H22 30/10/2007

Je vois que vous ne changez pas, vous préférez les dictionnaires qui ne traduisent pas le mot « démocratie »… ou qui ajoutent automatiquement « aux caractéristiques chinoises ». Plus sérieusement, ne faites pas dans le culturalisme, vous méritez mieux que ça.

 
Pierre Haski | Rue89
19H04 30/10/2007

Parce que je « connais » Haina depuis mon précédent blog sur la Chine, que j’ai eu quelques bagarres avec lui, et que je crois sincèrement qu’il se laisse aveugler par sa passion pour une Chine mythique qui n’existe pas et que, oui, il mérite mieux que ça…