
Le dentifrice chinois à l'antigel fait des vagues à Pékin
Il y a quelque chose de fascinant à voir la gestion politique catastrophique, par les autorités chinoises, de l’affaire du "dentifrice à l’antigel". Le gouvernement chinois a toujours eu un coup de retard, et a donné la désagréable impression d’être à la traîne des Etats-Unis, même lorsqu’il s’agit de la santé publique de ses propres citoyens.
Pékin s’est finalement résolu à fermer en fin de semaine les trois usines qui produisaient du dentifrice à l’Ethilène-glycol, un produit chimique qui, mélangé à l’eau, produit de l’antigel. Les Etats-Unis avaient déjà interdit ces dentifrices chinois qui ont été repérés également en Amérique centrale et dans certains pays européens. La Chine a d’autant plus été embarrassée par cette affaire qu’elle coïncidait avec d’autres cas de sécurité alimentaire ou industrielle qui ont fait les gros titres des journaux américains : des aliments empoisonnés pour chiens et chats, de la peinture cancérigène sur des jouets, des pneus provoquant des accidents et qui ont été retirés de la vente, des fruits de mer toxiques…
Pour être honnête, la Chine n’est pas la première à utiliser ce produit chimique à la légère : il y a vingt ans, un énorme scandale avait éclaté en Autriche autour du "vin blanc à l’antigel", lorsque des producteurs avaient ajouté à l’Ethilène-glycol pour rendre leur vin plus liquoreux… Les doses n’étaient pas dangereuses, mais ce produit chimique est potentiellement mortel et est interdit dans de nombreux pays dans l’alimentation.
La réaction chinoise a d’abord été politique : un communiqué virulent de l’ambassade de Chine aux Etats-Unis appelant les Américains à regarder aussi leurs propres problèmes de sécurité alimentaire (ce qui est vrai ! ). Et il y a eu l’exécution spectaculaire, le 10 juillet, de l’ancien chef de l’administration chargée de la sécurité alimentaire et sanitaire (SFDA), Zheng Xiaoyu, qui avait été condamné à mort pour corruption dans une affaire de médicaments. Le message était clair : soyez rassurés, nous faisons le ménage chez nous. Message d’autant plus urgent à envoyer à l’étranger qu’on est à un an des jeux Olympiques de Pékin, et que la Chine espère attirer des millions de visiteurs chez elle.
Mais cela n’a pas suffi à rassurer les consommateurs… chinois. Ceux-ci ont commencé à se demander, sur les forums internet, pourquoi des produits jugés impropres à la consommation ou à l’utilisation aux Etats-Unis continuaient à être disponibles en Chine. Surtout quand, dans un geste incohérent, les autorités ont interdit la production des fameux dentifrices, sans pour autant contraindre les entreprises à retirer les stocks existants de la vente. Pour aboutir, quelques jours plus tard, à ce virage complet et à la fermeture des usines concernées.
Malgré la "perte de face" du gouvernement, ce qui n’est pas anodin en Chine, de nombreux Chinois voient une dimension positive dans cette affaire. Au moins, disent-ils, ces pressions venues de l’étranger forceront-elles la Chine à prendre des mesures plus énergiques pour imposer des normes de sécurité alimentaire et sanitaire non seulement insuffisantes, mais surtout pas appliquées.
Il est peu probable, toutefois, qu’elle adopte une mesure qui changerait radicalement la donne : la liberté de la presse, qui permettrait aux journalistes d’enquêter sur ces questions de santé publique. Kristin Jones, du Comité pour la protection des journalistes de New York, évoquait récemment dans le Wall Street Journal les nombreux cas de censure de journalistes chinois écrivant sur ces questions. Tel Zhou Kai, journaliste au China Youth Daily, organe de la Ligue de la jeunesse du Parti communiste, qui avait découvert en avril dernier qu’un hôpital du Shandong traitait ses patients avec de faux médicaments. Son article a été bloqué par sa direction, et en remerciement l’hôpital a acheté une page de publicité dans le quotidien… Son article s’est tout de même retrouvé sur l’Internet chinois, devenu le refuge des opinions bannies. "Une presse libre a les moyens de faire sortir la vérité la plus brutale plus vite que les bureaucrates, qu’ils soient nationaux ou étrangers", concluait Kristin Jones.
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Conclusion de l’article qui nous rappelle que c’est sur Internet que va se jouer la *vraie* information dans les années à venir avec des « journalistes » (sans carte) qui seront des citoyens comme vous et moi. Un tri sera à opérer et le réflex de corroborer les sources deviendra 2nde nature. (voir Agoravox)
Il est rassurant de voir que malgré la censure certains chinois peuvent qd-mm publier et lire sur ce medium…
Restons vigilants tous les jours pour qu’Internet reste un espace ouvert et qu’il ne devienne pas QUE un espace marchand (et donc verouillé et sous influence).
J’ai perdu un bout d’une molaire a cause de ce dentifrice…que j’adorais !
Comme le gout etait fort , j’avais l’impression de bien decaper mes dents et mes gencives ;-)
J’ai trouve ce dentifrice dans les hotels de hangzhou ou je vais regulierement en week end quand j’en ai marre de shanghai et depuis je suis devenu accroc a l’antigel-dentifrice !
Les chinois me le deconseillaient ( ca fait longtemps que certains etaient au courant).
Mais moi , j’adorais ce dentifrice !
faux dentifrice,faux journaleu sur le net, fausse liberté d expression,faux médocs pour faux dopages olympik et fausse info sur ru89 meme moi chui faux (ku69) :
kèlèl probleme ?
faux problème.vrai fric des vrais endettements occidentaux.ça roule (sec ,pour pas utiliser un terme à sec) et enfarine (rime avec vazline) avant les soldes 2008.